Amaranthe

Interview d' Olof Mörck (Amaranthe)

Amaranthe est de retour avec un nouvel album Helix sorti en automne dernier et est actuellement en tournée avec Powerwolf pour une seconde fois avec pas moins de dix dates en France. On a profité de leur escapade à Lille pour s’entretenir avec Olof Mörck le guitariste afin d’en savoir plus sur le groupe, leur nouvel album et la tournée : 


Pour commencer, quels sont les retours que vous avez reçu pour votre nouvel album "Helix" ? 

Jusqu’à présent, tout s’est très bien passé. Je pense que le dernier album était un peu plus mitigé si vous voyez ce que je veux dire. Certains fans l’adorent vraiment, d’autres pensent que c’est un peu différent des albums précédents. Mais pour celui-ci, il semble qu’ils l’aient beaucoup apprécié. Et nous avons aussi reçu de bonnes critiques de Metal Hammer en Allemagne et beaucoup de bonnes notes. Et surtout, la plupart des fans semblent vraiment aimer quand nous jouons les nouvelles chansons.


2) C'est votre premier album avec Nils au chant, comment s'est passé son intégration dans le groupe ? 

C’était vraiment très bien, il a joué son premier concert en 2017 et après quelques mois nous lui avons demandé de rejoindre le groupe. Il se sentait déjà, dès le début de la tournée que nous avons faite avec lui en tant qu’invité, un peu comme un membre à part entière du groupe. Nous sommes donc extrêmement heureux avec lui. Et c’est un chanteur fantastique et polyvalent, il peut faire pleins de choses différentes et il a une très grande gamme quand il s’agit de chanter. Et c’est aussi un très bon ami déjà. 


3) Vous avez enregistré cet album en environ quatre mois, ce qui est assez court, comment avez-vous réussi à le faire si vite ? 

Je pense juste que nous étions dans un moment inspirant parce que la maison de disques a posé la question au milieu de l’année 2017 : « Voulez-vous enregistrer l’album au printemps ou à l’automne ? Si vous l’enregistrez à l’automne, vous aurez huit mois pour enregistrer l’album ». Mais si nous avions réaliser l’album plus tard en 2018, nous aurions manqué des tournées et beaucoup d’opportunités en général. J’ai parlé à Elize d’écrire des chansons avec moi, et elle m’a dit : « Oh ok, on peut le faire. » Donc, nous avons commencé à travailler sur l’album au début de l’année dernière en janvier et nous sommes entrés en studio en mars avec plus de chansons que ce dont nous avions besoin en fait. Je pense que nous avons écrit beaucoup d’albums ensemble et nous savons ce que nous voulons entendre et nous en parlons aussi, donc c’était vraiment un processus créatif.


4) Quelle est votre chanson préférée sur "Helix" et pourquoi ? 

Beaucoup d’entre elles (rire). Mais je peux dire que la chanson « Helix » est devenue ma préférée. Parce que c’était déjà mon morceau préféré quand c’était une démo, j’ai vraiment aimé. Mais quand j’ai entendu le résultat final, je me suis dit : C’est beaucoup mieux que ce que nous attendions. Et je pense qu’il y a beaucoup d’éléments d’Amaranthe : Il y a de la pop, de la lourdeur et un peu de “désordre épique”. Et pour moi, c’est comme une chanson parfaite d’Amaranthe. 


5) J'ai l'impression, à travers vos albums, que votre son est encore plus avancé dans les différents genres que vous exploitez. Pensez-vous que vous n'avez aucune limite dans vos compositions ? 

Je pense qu’il y a une sorte de limite, et nous devons travailler avec un certain cadre sur ce qui constitue une chanson d’Amaranthe. Ce serait étrange, je ne sais pas, si je serais influencé par le Power Metal ou le Black Metal. Nous avons donc des limites, mais nous essayons de garder l’esprit très ouvert. Quand nous entendons quelque chose dans une chanson de death metal que nous aimons, nous pouvons être influencés par cela. Quand nous entendons quelque chose dans une chanson pop à la radio que nous aimons, nous pouvons aussi l’intégrer. Je pense que tout le monde dans le groupe est vraiment ouvert d’esprit, et c’est une de nos forces.


6) Amaranthe fête ses dix ans, ferez-vous quelque chose de spécial ? Que pensez-vous de cette longévité ? 

Intéressant. Cela dépend du moment où nous comptons, mais je pense que c’est le 1er octobre, donc ça fait dix ans qu’il y a vraiment eu le premier concert. Et c’est assez incroyable parce qu’on a l’impression que peu de temps s’est écoulé depuis, parce qu’en 2009, nous avons joué beaucoup de concerts et maintenant, dix ans plus tard, nous faisons toujours la même chose. Et on aime que ça aille très vite. Mais je pense que nous nous sentons toujours comme un concept nouveau et frais si vous voyez ce que je veux dire. Parce que dix ans c’est une longue période et qu’il y a eu beaucoup de tendances dans le metal, ça change très vite ces jours-ci. Et je pense que puisque nous avons fait nos preuves, je sais définitivement comment ne pas tourner en rond et être encore plus fort pour les dix prochaines années maintenant. Et si nous allons faire quelque chose pour les dix ans, peut-être (rire). 


7) Et je pense qu'en dix ans, il y a eu des changements. Votre musique mélange des styles normalement qui ne sont pas dans la musique Metal. Mais c'est de plus en plus courant et le Metal devient plus ouvert d'esprit : 

Oui, je pense qu’on a besoin de se développer, d’évoluer et d’être capable de survivre. Bien sûr, nous commençons tous par un groupe de Thrash Metal classique, ou quelque chose dans ce genre. Mais nous avons aussi besoin de nouvelles choses pour ne pas répéter les mêmes trucs encore et encore. 


8) Pourriez-vous me dire comment Amaranth est né ? 

Je joue dans un autre groupe appelé Dragonland depuis 1999 et aussi dans Nightrage, c’est du Death Metal. Notre batteur a aussi joué dans beaucoup de groupes de Death Metal. Elize a fait des spectacles de danse et des comédies musicales, quelque chose comme ça. Donc, au début, c’était intéressant d’essayer de faire quelque chose de nouveau. Je pense que c’était l’idée de départ :  combiner des guitares lourdes avec quelque chose de plus accrocheur et de plus pop. Surtout pour essayer de faire quelque chose de nouveau et nous nous sommes sentis vraiment inspirés et créatifs en général. Et aussi vraiment voir jusqu’où nous pouvons repousser les limites. Et c’était vraiment intéressant pour nous de faire notre premier concert en tant que groupe, les gens ont vraiment beaucoup aimé ça. Parce qu’on ne sait vraiment pas quand on fait quelque chose de nouveau comment les gens vont réagir, les gens peuvent aussi vraiment détester ça. L’accueil a été très bon, mais il y a toujours des gens qui sont plus conservateurs et je pense que nous allons loin en mélangeant toutes ces influences. Je pense qu’en général, les gens ont commencé à mieux accepter le fait qu’Amaranthe est vraiment un groupe parce qu’ils peuvent voir que nous tournons beaucoup, que nous faisons des sessions et que nous sommes vraiment dans le projet. Donc, en gros, c’était une sorte de création d’idée, et nous conservons juste cette aventure. 


9) Parlons maintenant de la tournée, vous avez été en tournée avec Powerwolf. C'est la deuxième fois, comment cela se passe-t-il jusqu'à présent ?

C’est vraiment très bien, en fait, comme tu l’as dis nous avons tourné pendant quatre mois l’an dernier avec Powerwolf. C’était vraiment de grands spectacles. Et je pense que Powerwolf a aussi le même genre de pubic qu’Amaranthe parce que le groupe a un côté un peu humoristique donc je pense que c’est ouvert d’esprit et peut-être un peu plus traditionnel en général. Mais c’était vraiment très bien de jouer devant cinq ou six milles personnes lors de la dernière tournée. La tournée qui a commencé cette année, est un peu plus petite mais nous prévoyons de nombreux concerts en France par exemple. Il y a une très bonne alchimie entre les groupes et aussi entre les équipes et tout le reste. Surtout parce que nous avons déjà fait une tournée auparavant et que tout le monde se connaît. Nous sommes donc au sixième concert de la tournée je pense, mais tout le monde a déjà l’impression que nous avons commencé la tournée il y a longtemps. Donc, c’est vraiment une très bonne tournée jusqu’à présent. 


10) La tournée précédente était presque complète à chaque date. Celle-ci semble suivre le même chemin. Qu'est-ce que tu en penses ? 

Oui, c’est incroyable et comme nous l’avons déjà dit, c’est évidemment le public de Powerwolf, mais je pense que c’était tout de même attendu. C’est vraiment une bonne sensation à chaque fois que vous montez sur scène pour faire face à de nombreuses personnes, vous savez que vous pouvez essayer de les convaincre et que vous espérez que votre musique leur plaira. C’est aussi l’acceptation par le public de Powerwolf et les fans, c’est vraiment génial aussi. Il y a donc des spectacles un peu mitigés dans certains pays, mais je tiens à dire qu’en général, c’est fantastique. 


11) Et pendant cette tournée, vous avez de nombreuses dates en France. Es-tu fier d'y jouer ? 

Absolument je veux dire pour moi j’aime vraiment la culture française en général. J’aime tout en général : la langue elle-même (malheureusement je ne parle pas français) mais aussi la cuisine française et le vin français en particulier. C’est vraiment bien de prendre le temps de visiter les villes aussi. Par exemple, c’est ma première fois à Lille, je me suis promené avant pour voir les belles architectures, les bâtiments. Et hier nous étions à Poitiers c’est une petite ville avec une belle architecture. Il y a beaucoup d’endroits que j’ai pu voir ici en France pendant cette tournée, on découvre de plus en plus le pays et on rencontre des gens du pays. C’est très amusant, c’est un peu comme une combinaison de vacances avec une tournée. 


12) Vous jouerez aussi cet été au Knotfest en France, comment vous sentez-vous d'y jouer ? 

Ça va être génial. Nous sommes des grands fans de Slipknot  surtout notre grunter Henrik, c’est peut-être son groupe préféré. Nous espérions jouer au Hellfest ces dix dernières années, mais malheureusement cela ne s’est jamais produit parce que nous faisions d’autres festivals, d’autres spectacles, et cela demande du travail et de la planification. Mais finalement, nous avons la chance d’être là même si ce n’est pas le Hellfest et il y a beaucoup de bons groupes aux côtés de Slipknot, donc ça va être très amusant.


13) Je vous laisse le mot de la fin pour terminer cet entretien :

Comme je l’ai dit juste avant : c’est fantastique d’être de retour en France, d’acquérir de l’expérience dans votre beau pays correctement cette fois-ci. Et nous nous attendons à voir tout le monde au Knotfest cet été, ce serait formidable ! 

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Crédit photo : Linnea-Frank


Interview de Grégoire Quartier batteur de Cortez

Interview de Grégoire Quartier batteur de Cortez

Les suisses de Cortez sont de retour pour faire du bruit avec un nouvel album « No More Conqueror » . Grégoire Quartier batteur et membre fondateur du groupe nous l’évoque : 


1) Pour commencer, je vous laisse présenter le groupe 

Hello. On est Cortez, groupe suisse né en 2001, on a fait 3 albums, 2 splits, et on a tourné un peu partout en Europe, et en Russie. On fait du math hardcore noise. 


2) Le fait d’être suisse est-il un atout ou au contraire un obstacle pour partager votre musique ? 

C’est singulier. La Suisse n’a pas de statut d’intermittent, alors c’est ennuyeux pour un groupe qui ne génère pas beaucoup d’argent. Par contre, on a des institutions qui nous aident pour tourner à l’international, ce qui est très bien. On est dans un petit pays à trois langues et trois cultures, donc on doit se bouger hors de Suisse rapidement et c’est très bien, je trouve. Ça nous confronte dans le fait que la Suisse est comme une île, et qu’elle est très loin de la réalité des autres pays. Comme pour Phoebus, notre nouveau disque était sur le net avant que je l’aie dans mes propres mains, donc j’imagine que le partage est facile pour qui sait où le chercher. 


3) Votre dernier album « No More Conqueror » est sorti au début du mois de Novembre. Quels retours avez-vous eu ? 

Très bons pour l’instant. Tout se passe pour le mieux, on est très satisfaits. 


4) Il s’est passé 5 ans entre le dernier et le nouvel album comment expliquez-vous ceci ? 

Nous ne sommes pas professionnels, on ne compte pas vraiment le devenir. Par contre, on a les compétences et la discipline des pros. Donc on prend notre temps, et on veut faire la meilleure musique possible. Là pour ce disque, on l’a composé en 2015, et on a changé de line up pour le live. Donc le temps de trouver de nouvelles personnes, et de terminer le disque, ça nous a fait perdre un peu de temps. Mais du temps on en a…alors c’est pas grave.


5) Le changement de line up est-il une des conséquences de ce laps de temps ou répond-t-il uniquement à de nouvelles envies ? 

Oui c’est une des conséquences. Sinon le disque aurait pu sortir un ou deux ans avant, je pense.


6) Vous pouvez nous en dire plus sur la pochette de « No More Conqueror » ? Qui l’a réalisé et ce qu’elle représente ? 

On a choisi de travailler avec un artiste, Henrij Preiss, un leton qui vit à Londres. Je l’ai découvert dans une expo, et j’ai vraiment accroché son style. On l’a contacté, et il nous a dit qu’on pouvait utiliser ce qu’on voulait pour le disque. Je pense qu’il a compris la démarche qu’on a, et qu’il la soutient. Au niveau de la représentation, je pense que ce qui est cool au départ, c’est que c’est un artiste indépendant de notre scène musical, mais dont certaines œuvres conviennent parfaitement à ce qu’on fait. C’est un mélange de formes, une construction architecturale et géométrique, avec un aspect symétrique. Il y a un coté « post hardcore », qui est notre scène d’origine, mais avec quelque chose en plus. C’est frais, et c’est aussi en couleur, ce qui change de nos sombres pochettes noires d’avant. Le tout est très classe, puissant, impactant, ciselé, travaillé. Ça nous correspond.


7) La nouveauté sur cet album est l’intégration de ligne de basse, comment vous est venue l’idée?

Cortez, depuis longtemps, c’est « ce groupe qui chie mais qui a pas de bassiste ». C’est notre marque de fabrique. Et là on s’est dit que ça serait cool d’intégrer de la basse dans le disque, pour avoir un vrai son, un vrai grain, et de l’impact. Et aussi Loic Grobéty a apporté sa vision de bassiste sur une musique déjà composée, ce qui est un plus. Par contre en live, on sera toujours trois, guitare, batterie, voix.


8) Votre musique est un Hardcore assez particulier, comment décrivez-vous ceci? 

C’est un mélange de hardcore, de mathcore, de noise, d’indie rock, de black metal, il y a des concepts qui viennent de la musique contemporaine, et aussi de la musique électronique. Le tout sous la bannière hardcore au final. C’est un mélange de styles et d’attitudes, c’est la digestion de nos influences, qui sont très éclectiques. Par contre c’est très important pour nous que ça soit fait de manière cohérente, et cette cohérence se trouve dans un style hardcore metal. 


9 Quels sont les artistes qui vous inspirent dans vos compositions ? 

Plein ! Ça dépend ce qui nous inspire. Des artistes sont impressionnants, d’autres puissants, d’autres mystérieux, d’autres brutaux, voluptueux, sensibles…etc. Si je devais citer quelques groupes, je dirais Botch, Meshuggah, Converge, Gorguts, Ken Mode, Arab on Radar, Daughters, Dillinger et Escape Plan.


10 ) Quels sont les projets qui vont suivre la sortie de l’album ?

On va tourner en Suisse, France, Russie, Chine, Canada pour commencer. Ça c’est a peu près sûr. Et d’ici un an, on verra ce qui se présente à nous, et comment on peut/veut le faire.


11) Cortez a tourné quelques dates en France et en Belgique il y a peu. Comment le groupe est-il reçu dans ces pays ? 

En France on a un très bon contact. Les gens aiment ce qu’on fait. On a depuis toujours eu au moins un label français, et on soigne la promo sur ce territoire. J’aime beaucoup la France, personnellement. Je m’y sens bien et les gens sont cools. En Belgique on n’a joué qu’à Bruxelles pour l’instant. On va y retourner en mars, et peut être aussi à Liège. C’est en préparation, on verra. On a un label belge sur ce disque, et on verra si ça peut nous apporter quelque chose ou non. Dans tous les cas c’est un petit label très bien que j’aime beaucoup, et je suis fier de bosser avec.


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Crédit photo : Stéphane Schmutz


Cortez - "No More Conqueror"

Cortez - "No More Conqueror"

Cortez no more conqueror

Sortie : 9 Novembre 2018

Style : Hardcore

Pays : Suisse

Cortez est un trio helvète puissant composé de Antoine LÄNG (Chant),  Samuel VANEY (Guitare), Grégoire QUARTIER (batterie) et pour la première fois, uniquement pour cet opus, s’invite, à la basse, Loic GROBETTY. Ils nous présentent leur nouvel album « No More Conqueror » : 

Dimension explosive de sonorités entre le Hardcore, le Mathcore et le Noise Rock. Cortez propose un son hargneux et agressif qui fait preuve de technicité et de maîtrise. Tout le long de l’opus se dégage une grande dynamique et une énergie détonante ravageant tout sur son passage. Une production massive de riffs robustes et de percussions frappant lourdement pour des répercussions fougueuses. La voix hurlée à distance apporte encore plus cette dimension de rage. A noter que cet album est le premier avec Antoine LÄNG au chant et qu’il assure avec brio et ténacité. Les titres s’enchainent avec une forte intensité emportant tout dans une violente tempête, le tout dévoré par une énergie haletante et stimulante toujours aussi agressive. Un ensemble concentré permettant de ressentir encore plus la frénésie qui les emparent. Grâce à des titres d’environ 3 à 4 minutes on va à l’essentiel et on frappe fort.

Cortez opère dans une magie de rage intense mélangeant technicité et son ravageur avec une grande habilité. « No More Conqueror » ne laisse pas indifférent et nous prend dans une dimension d’ardeur bouillonnante d’énergie. 

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Emmanuelle Zoldan évoque le dernier album de Sirenia

Emmanuelle Zoldan évoque le dernier album de Sirenia

Durant cet entretien avec Emmanuelle Zoldan , chanteuse de Sirenia , elle revient sur les détails de leur dernier album « Arcane Astral Aeons » mais également sur son intégration dans le groupe !


1) Pour commencer, comment tu te sens à la sortie du dernier album de Sirenia « Arcane Astral Aeons » ?

Très très bien et on est déjà très enthousiastes : la date de sortie de l’album était le 26 Octobre et on a déjà de très bons retours autant de la part des fans et des journalistes. Donc c’est très positif.


2) C’est ton second album avec Sirenia , on peut affirmer pour celui-ci que tu as pu participer pleinement au processus de création ?

Oui tout à fait, alors pleinement c’est un grand mot mais en tout cas sur cet album-là, personnellement j’ai pu participer à l’écriture des paroles sur deux chansons. Notamment une partie des paroles en français sur la chanson « Desire » et sur l’intégralité du texte de la chanson qui s’appelle « Nos Heures Sombres » qui est intégralement en français. Et j’ai pu aussi proposer mes lignes mélodiques donc c’est une très bonne chose et je suis assez contente. Et les garçons ont pu de leur côté participer également au processus créatif en proposant des solos de guitares sur certaines chansons aussi.


3) D’où est venue l’idée d’intégrer du chant et même un titre entièrement en français ?

Pour être honnête l’idée ne venait pas de moi mais de Morten qui a une affection particulière pour cette langue. Morten aime beaucoup la France et le français. Donc c’était l’occasion justement, étant donné que le line up d’aujourd’hui intègre deux membres français c’est important, je pense, de montrer une facette un peu « frenchie » sur cet album. L’idée est venue de Mortem initialement.


4) Cet album semble être très diversifié entre le chant en français ou encore quelques passages avec des sonorités plus électro et punchy, on sent qu’il y a vraiment quelque chose en plus ?

C’est un album assez varié, il y a beaucoup de chansons qui sont dans le même esprit et dans la même couleur, il y en a pour tous les goûts. Ça va du morceau vraiment heavy, d’ailleurs je pense que cet album est plus heavy que le précédent « Dim Days of Dolor » en règle générale. Ça va de chansons très heavy à des chansons qu’on peut considérer comme plus Pop Metal , qui vont être en tout cas plus plus accrocheuses , plus avec des mélodies plus pop. Mais en tout cas c’est très varié et il y en a vraiment pour tous les goûts dans cet album.


5) On peut dire que cela permet un peu de se régénérer, parce dans le Metal Symphonique c’est compliqué de trouver de nouvelles choses :

Exactement, notamment pour un groupe comme ça qui a une longévité aussi importante. Sirenia existe depuis longtemps et a su se renouveler au fur et à mesure des albums. Je pense que c’est aussi la force de Morten de savoir justement toujours se renouveler dans ses compositions.


6) Pour celui-ci vous avez collaborer avec le producteur Jacob Hansen, comment s’est passé cette collaboration ?

On avait déjà travaillé avec Jacob Hansen sur « Dim Days of Dolor », c’était quelqu’un avec qui on avait envie de travailler à nouveau parce qu’on était déjà très contents du mix sur le précédent album. On appréciait beaucoup son travail, c’est quelqu’un qui a une oreille assez phénoménale. Je n’ai pas pris personnellement part à cette étape-là du travail parce que Morten s’est rendu seul au Danemark pour le mixage. Il nous tenait au courant au fur et à mesure des morceaux. On avait déjà parlé en amont de ce qu’on voulait les uns et autres. Enfin c’est lui qui s’est déplacé seul au Danemark.


7) Pour financer l’album vous avez fait une campagne Pledge , peux-tu nous expliquer cette initiative ?

L’industrie du disque étant ce qu’elle est aujourd’hui, vivre uniquement de la vente des disques est extrêmement compliqué pour tous les groupes quelque que soit leur notoriété. Donc aujourd’hui malheureusement financièrement cela devient extrêmement compliqué de financer un album. Justement parce que les ventes sont plus difficiles avec le téléchargement et tout ce qui a autour. Donc pour la première fois sur cet album on a fait appel à la participation de nos fans, pour pouvoir justement se permettre de travailler avec Jacob Hansen. C’est vraiment notre priorité et c’est un des investissements les plus lourds pour cet album. On est extrêmement reconnaissants parce que les fans ont joué le jeu et ont été plus que généreux. Cela nous a permis on va dire d’accéder à la réalisation de cet album comme on en avait envie au départ.


8) Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Tu as été de nombreuses années aux choeurs avant de devenir la chanteuse principale du groupe?

C’est une histoire assez marrante, on travaille ensemble avec Morten depuis 2003. Donc on s’est rencontrés à Marseille puisqu’il venait régulièrement enregistrer des albums ici. Quand il a eu besoin de voix lyriques, il a demandé au directeur du studio de faire appel à des chanteurs du conservatoire, des gens qui sont allés en classe de chant classique parce qu’ils avaient vraiment besoin de voix lyriques. Ils sont venus faire leur marché au conservatoire et c’est comme ça qu’on a collaboré pour la première fois. Morten d’une part,  m’a rappelée régulièrement pour tous les albums qu’il a enregistré là-bas ensuite. Mais le directeur du studio a fait appel à moi assez régulièrement, donc j’enregistrais pour différents groupes de Metal aussi. C’est devenu une petite habitude annuelle d’enregistrer là-bas. J’ai enregistré de 2003 jusqu’à 2018 avec Morten sur tous les albums et on est restés en contact. Moi j’ai suivi l’évolution du groupe un petit peu de loin. Et après l’enregistrement des choeurs sur « Dim Days of Dolor », Morten m’a demandé : « j’ai un truc à te demander mais voilà, on a une date de concert qu’on ne peut pas annuler, et la chanteuse ne peut pas assurer ce concert-là. Est-ce que éventuellement tu pourrais assurer le remplacement de la chanteuse en tant que lead vocale ». J’ai accepté avec pas mal d’enthousiasme et les choses se sont enchaînées aussi vite. Et à la suite de ça ils m’ont demandé de rejoindre le groupe de manière définitive et c’est vrai que je n’ai pas hésité très longtemps parce que je me sentais déjà très investie dans le groupe depuis de nombreuses années donc pour moi c’était quelque chose d’assez logique en fait.


9) Et donc ton intégration dans le groupe s’est très bien passé au niveau des fans,  comment tu as été acceptée ? Parce que quand une nouvelle chanteuse arrive dans un groupe on peut voir que certains fans sont un peu réticents :

Clairement mon arrivée a été très rocambolesque, mais on s’y attendait ,on le savait déjà. Les garçons m’avaient prévenue que ce n’était pas aussi simple que d’arriver au devant de la scène avec son propre groupe, ses propres compositions. On arrive, on remplace quelqu’un qui était là déjà, depuis huit ans dans le cas de Ailyn, elle avait déjà remplacé quelqu’un qui était en place avant elle. C’est un groupe qui est connu pour avoir changé de chanteuse assez souvent. Donc tout ça j’en avais conscience dés le départ, je savais que j’allais me heurter à la réticence de certains et c’était le cas. Autant la plupart des gens m’ont accueillie à bras ouverts et d’autres ont été hyper réticents même hyper violents dans leur façon de m’accueillir, j’ai eu des messages d’insultes. Mais j’ai pris ça avec une certaine philosophie. Et puis je peux comprendre dans un sens, je pense que c’est compliqué, les gens ont besoin d’une certaine stabilité et s’attachent à une image. Je pense que moi-même en tant que fan de certains groupes j’aurai peut-être mal vécu le changement d’un chanteur principal, c’est normal comme réaction. Mais il a fallu du temps pour que les gens acceptent, pour que j’arrive à gagner ma place déjà au sein du groupe et pour trouver mes marques scéniquement parlant. Car même chose il faut trouver la complicité avec les autres sur scène et dans le cœur des gens aussi. Donc cela a pris du temps mais les gens ont compris que j’avais des choses à dire. Il y aura toujours ceux qui accepteront, ceux qui auront plus de mal mais voilà aujourd’hui je me sens à 300% à ma place et je reçois tous les jours des messages très très positifs. C’est le meilleur cadeau. 


10) Pour finir, parlons tournée , Sirenia a l’opportunité de tourner beaucoup y-a-t-il un lieu , une date qui t’a marqué particulièrement ?

Je crois qu’on est tous d’accord assez unanimement sur le fait que le pays qui a été le plus incroyable pour nous c’est l’Amérique du Sud en général : le Chili, le Pérou, la Bolivie … L’accueil là-bas est extraordinaire il y a quelque chose qui se produit. Il y a déjà l’attachement au Metal Symphonique qui est assez important et ils sont investis. Quand ils aiment une musique et des musiciens et ils ne le font pas à moitié et on s’est sentis vraiment accueillis d’une manière assez incroyable. Je pense que dans la foule les trois quarts des gens connaissaient toutes les chansons par cœur sans exception peut-être mieux que moi sur certains passages parce-que je venais juste de rejoindre le groupe et je savais que si j’avais un trou de mémoire je pouvais me rattraper en lisant sur lèvres du public. C’était assez incroyable et c’est très porteur, forcément on ressent toute cette énergie et tout cet amour. Donc oui l’Amérique du Sud c’était un moment assez extraordinaire pour tourner.


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Crédit photo : Béranger Bazin


Fabulae Dramatis - "Solar Time's Fables"

Fabulae Dramatis - "Solar Time's Fables"

fabulae dramatis solar time's fable

Sortie : 29 Septembre 2017

Style : Metal Progressive

Pays : Belgique

Le groupe belge Fabulae Dramatis , nous présente son second album sorti l’année dernière « Solar Time’s Fables », un mot pour le décrire : C’est la diversité autant dans le mélange de styles , mélange de cultures , d’instruments et de langages. Un vrai voyage au cœur de l’univers de Fabulae Dramatis et de leur opus concept autour de fables et d’histoires issus de cultures du monde qui cesse de nous surprendre au fil de l’écoute.

Si leur musique se décrit de Metal Progressif ou aussi d’Avant Gardiste ce qui représente la mixité de leur musique expérimentale une exposition d’un mélange de différents genres entre Metal Symphonique, Death, Power, Folk allié à de la musique du monde.  Chaque titre est différent et possède sa propre personnalité faisant la force de cet opus. Cette diversité est aussi renforcée avec l’alliance des voix d’Isabel Restrepo offrant une grande palette de sa voix mezzo-soprano et de growls, et Wesley Beernaert offrant aussi une belle alliance entre sa voix clean et hargneuse. Un autre point qui m’a marqué dans cet album est la qualité des nombreux solos de guitares dans les titres tel sur « Sati (Fire II) ou encore sur le titre final « Barren (Gravel).  Plus on s’aventure dans l’album, plus les titres sont expérimentaux et plus le voyage est intense. On retrouve pleins d’instruments variés : Du djembé, du Sitar, de l’harmonium, du saxophone, du violon, de l’accordéon  … On peut citer des titres offrant une belle originalité tels que : Le remarquable « Roble Para El Corazon » un tango rythmé et entremêlé de guitares et de ligne mélodique en subtilité.  Aussi avec « Sirius Wind » apportant une touche jazz et groovy grâce au saxophone et « Nok Terracottas » accentué de violon offrant un bon rythme. Pour finir « Forest » nous permet de rencontrer ce joli instrument le Sitar. Tous ces instruments accentuent et enrichissent les titres et apportent un rythme folk avec finesse et avec un côté mélodique.

Il est difficile d’extraire et d’évoquer toutes les subtilités de « Solar Time’s Fables » tellement il est riche en diversité.  Un voyage intense rempli de sensations, d’émotions et d’ambiances différentes. Fabulae Dramatis nous propose une musique éclectique entre différents genres de Metal et musique du monde surprenante et retentissante ne laissant pas insensible. La force de « Solar Time’s Fable » se trouve dans son originalité et sa diversité et cela nous captive du début à la fin de l’écoute.