Carach Angren nous plonge dans un nouveau cauchemar

Carach Angren nous plonge dans un nouveau cauchemar

Le groupe d’horror black metal néerlandais sort son nouvel album : Franckensteina Strataemontanus. Un opus qui conserve toutes les recettes des précédents albums tout en apportant du sang neuf.

L’album mixé par Robert Carranza (Marilyn Manson) s’ouvre avec une intro quasi religieuse, presque féérique. L’auditeur est directement plongé dans l’ambiance comme Carach l’a toujours si bien fait au fil de ses albums, avec une théâtralité souvent exacerbée, jamais « too much ».

L’atmosphère unique créée par les chœurs et le clavier dans « Here In German Woodland » ouvre donc les hostilités.

Sans transition, le batteur Namtar poursuit à la double pédale avec le titre « Scourged Ghoul Undead », qui ravira les fans d’un Carach Angren plus « brut ». Rappelons que Namtar est désormais remplacé par Michiel van der Plicht (God Dethroned). Dans ce morceau, nous avons même droit à des parties de flûte volontairement dissonantes.

Arrive en troisième place le titre éponyme, qui est pour moi sans nul doute le morceau avec la plus grosse influence metal industriel. Le piano lancinant rajoute un effet glaçant à un morceau cependant beaucoup moins complexe dans sa structure que les autres.

Sans la voix caractéristique de Seregor, on croirait écouter le dernier single de « Ghost » en écoutant le titre « The Necromancer ». Un titre qui tombe comme « un cheveu dans la soupe » mais qui a le mérite de briser la monotonie qui risque de s’installer lorsqu’on aborde un style aussi précis que celui des Néerlandais.

Dans « Sewn For Solitude », le violon rappelle fortement l’époque classique : on se croirait à un bal où Mozart lui-même aurait pris possession du piano. La chanson est émotionnellement très forte, et le sentiment de solitude est évident, avec des descentes chromatiques notamment.

« Operation Compass » est assez proche de ce que le groupe a déjà fait par le passé, avec cette fois une voix typiquement death metal.

“Monster”, la chanson dédiée à Frankenstein mais aussi plus globalement à tous les monstres, porte l’influence Marilyn Manson à son paroxysme. On sent bien dans la voix de Seregor toute l’horreur et la terreur du monstre qui prend conscience de lui-même.

L’album poursuit avec « Der Vampir von Nürnberg », qui rappelle fortement certains titres de l’album « Lammendam » (2008). Carach Angren nous explique ici l’histoire du nécrophile qui déterra des femmes pour leur ouvrir la gorge et boire leur sang. L’influence classique que nous évoquions dans le titre « Sewn For Solitude » est de retour dans ce titre, mais cette fois se situe plutôt dans la période romantique, notamment dans une transition très efficace.

« Skull With A Forked Tongue » est un bon exemple pour ceux qui affectionnent les guitares. Le jeu est en effet agile en plus d’être très précis. Un court solo, le seul de l’album, y apparaît même.

“Like a Conscious Parasite I Roam”, la dernière chanson de l’album (sans compter le bonus track « Frederick’s Experiments ») est bien plus calme que les autres, et conclut cet opus en installant une ambiance digne d’un film de Tim Burton.

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« Frankensteina Strataemontanus » est une « œuvre totale », comme l’aurait dit Wagner. La musique de Carach Angren a cette caractéristique presque magique de « donner à voir » au spectateur quelque chose qu’il ne fait pourtant qu’entendre, en le plongeant dans une narration et une ambiance particulière. Les Néerlandais utilisent les recettes qui fonctionnent (samples très creepy, piano et violon strident, orchestrations quasi opéra, …) tout en incorporant des influences metal industriel et une grande variété vocale.

J’admets être une auditrice difficile : je n’aime que rarement un album à la première écoute, mais celui-ci m’a immédiatement conquise. Mon seul petit regret concerne le mix, qui manque d’après moi de profondeur, pour une musique qui pourtant en réclame beaucoup. Peut-être encore davantage … Et c’est une impression qui traverse l’album de chanson en chanson.

On reconnaît le style typique de Carach Angren, mais même après six albums, ils arrivent encore à innover, en conservant la base black symphonique tout en glissant des influences industrielles. « Frankensteina Strataemontanus » est un album qui prend aux tripes. Et malgré la difficulté de rester au sommet après des albums aussi aboutis que « Lammendam » ou « Where the Corpse Sinks Forever » par exemple, Carach Angren arrive à montrer que la faucheuse est toujours bien présente !

Valentine Cordier


Poncharello offre un quatrième opus décoiffant

Poncharello offre un quatrième opus décoiffant

Le groupe de rock lillois sort (ou plutôt, balance !) son quatrième disque : « Four Wheel Overdrive ». Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça déménage ! Enregistrés, mixés et masterisés par Olivier T’Servrancx sur le label Antitune Records, les six titres de « rock’n’roll supersonique » s’enchaînent de manière très fluide, dans un ensemble cohérent de rock’n’roll mélangé à du punk saupoudré de stoner, le tout assez énergique, quoique pas encore assez à mon goût. Les titres s’enchaînent sans laisser le temps à mes oreilles de se reposer.

L’opus s’ouvre avec le titre éponyme. 1 minute 15 d’amuse-bouche, puisque le titre, sans partie vocale, donne le ton de ce qui suivra : une musique déterminée et précise. J’ai hâte de découvrir la suite !

Suit Question Mark, un titre très entraînant qui donne immédiatement envie de bouger. Les parties vocales, très douces, s’éloignent des codes du punk pour épouser un rock’n’roll plus traditionnel. A ce stade de mon écoute, je me dis « pourquoi pas ? ». La structure du morceau est surprenante, voire inattendue, mais aucune partie ne se démarque des autres, ce qui donne au final un titre sympa, sans plus.

Pop arrive un peu plus loin. Suis-je en train d’écouter du Rage Against The Machine ? L’intro commence super bien. Arrive ensuite la voix. Et là, c’est la cata. Toute l’ambiance du morceau retombe. Et elle ne reviendra jamais. Ce que je pensais au départ être un trait original qui viendrait chambouler un style punk trop « vu et revu » s’avère avoir pour effet contre-productif de casser l’énergie des morceaux. Cela peut être vu positivement, comme une approche audacieuse du style, mais ce n’est pas mon opinion. Peut-être est-ce là le point faible de Poncharello.

Give It Back sent le Sum 41 à leurs débuts. Pas de chance, je n’aime pas du tout Sum 41. Un mérite cependant : il s’agit d’un titre plus doux pour amener vers la fin de l’opus, qui je l’espère sera aussi bon et énergique que son début …

Déception avec Master, titre qui laisse pourtant imaginer un titre punk revendicateur. On est plutôt partis sur un étrange mélange de stoner et de Ghost (surtout sur le refrain).

Poncharello

Une écoute en demi-teinte

Les compositions de Poncharello ne sont pas très complexes, mais globalement tout fonctionne, entre énergie et agressivité. Disons pour faire simple que Poncharello utilise les recettes du punk en les adaptant à leur sauce pour en faire quelque chose d’original, avec une identité propre. La production très propre (pour du punk !) se marie à merveille au style du groupe. Ma déception vient plutôt du chant et de l’aspect « inabouti » de ce disque.

En résumé, « Four Wheel Overdrive » est un disque qui commence beaucoup mieux qu’il ne termine. J’aurais aimé plus de nervosité pour un groupe qui qualifie sa musique de « rock’n’roll supersonique ». Le disque est finalement assez déroutant (au sens positif du terme), puisqu’on oscille entre le Sum 41 et le Tagada Jones (s’il fallait vraiment faire une comparaison).

En 15 années d’existence, le groupe a notamment partagé les planches avec Jon Spencer Blues Explosion, Fatso Jetson, Peter Pan Speedrock, The Bronx, Burning Heads, Parabellum, Les Wampas, ou encore Mademoiselle K. Un joli CV, donc !

Poncharello, c’est donc du rock propre et sale à la fois. Cela reste une bonne découverte, mais je sors néanmoins de l’écoute de ce quatrième opus avec un goût de trop peu.

« Four wheel overdrive » peut s’écouter ici !

Valentine Cordier

 

Photo de couverture : (c) Alain Vandeville ; www.alainvandeville.com


Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts

Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts

Direction le Luxembourg cette fois (contrée fort fort lointaine pour la petite Belge francophone que je suis). Les fans de death des environs se sont donnés rendez-vous le samedi 29 février au Rock Box, lieu emblématique de la région proposant des soirées musicales diversifiées.

Une fois l’entrée (qui ressemble à celle d’une boîte de nuit) passée, une fois le petit escalier en bois grimpé et une fois le tampon d’accueil apposé sur ma main, je me retrouve dans une magnifique petite salle, à mi-chemin entre un grenier et un saloon. Comme d’ordinaire, tout le monde est accoudé au bar et tout le monde semble se connaître. L’ambiance est excellente.

Les presque deux heures de trajet me font arriver en retard et je rate malheureusement trois quarts du concert de Theophagist.

Kraton commence, proposant un death féroce et maîtrisé. Le groupe offre un set précis, à l’atmosphère planante et parfois pesante (le groupe dit vouloir inviter les spectateurs à une réflexion sur la condition humaine). Clin d’œil à la batteuse, dont l’énergie dégouline de ses cymbales ! Kraton signe définitivement ma découverte de cette soirée.

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Véronique derrière la batterie
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C’est au tour d’Infected de grimper sur scène. J’ai toujours eu tendance à dire que les groupes qui avaient seulement l’air d’une bande de copains d’école n’iraient pas loin. Mais dans le cas d’Infected, on fait face à une bande de potes composée de musiciens doués ! Si chez certains groupes on cherche la cohésion, l’amusement et parfois même, un sourire, avec Infected, on est inondés de fraternité et de joie. On peut se dire que le chanteur manque parfois un peu de sérieux, mais est-ce vraiment un problème ?

Le groupe, composé de musiciens ayant d’autres projets (Coalition, Ardenne Heavy, …) propose un mélange intéressant de thrash / death / groove, qui fonctionne très bien et m’a beaucoup plu. Au public aussi, au vu des acclamations.

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Retour oblige, je n’aurai pas l’occasion de revoir Desdemonia, que j’avais découvert aux Metaldays 2019 et qui m’avait laissé une impression géniale.

Le Headbanger Tour propose donc une affiche d’extrême qualité, dans un endroit bien choisi !

Valentine Cordier


The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles

The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles

Cologne. Je n’avais pas prévu de faire deux heures de route, même pour voir The Hu, dont je n’avais entendu parler qu’une ou deux fois. En général, les : « Quoi ? tu connais pas ? Mais c’est un phénomène, tu dois absolument aller écouter ! » ne m’attirent que très peu. Soit, je décide tout de même d’aller voir le groupe.

The Hu a attiré le regard de la planète metal avec un « coup de comm » monumental : personne n’a pu rater « Yuve Yuve Yu » sur ses réseaux sociaux. Et miracle, en scrutant les dates du groupe, on se rendait compte qu’ils passaient un peu partout dans les mois à venir. Très bien vu !

La salle (Die Kantine) est spacieuse, mais nous sommes quand même très serrés. Pour pallier à ça, et sans que je comprenne d’où il vient, un air frais arrive sur le public. Plutôt agréable ! C’est une salle aux activités diverses (discothèque, événements culturels en général, …), et aux très beaux extérieurs, dans un style industriel. Gros bémol : les consommations sont très chères ! Comptez 4,50 euros la bière, caution comprise. Autant dire qu’on n’est pas ressortis saouls.

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Le groupe sur la scène de "Die Kantine"

Mais, après ce petit tour du propriétaire, venons-en au cœur du sujet ! The Hu me laisse un goût bizarre, paradoxal. Un sentiment plutôt désagréable d’inachevé …

Un show en demi teinte

Globalement, et pour ne rien vous cacher, le show manque de puissance ! On pourrait dire que c’est la faute du style, je pense plutôt que c’est le choix du groupe d’enchaîner quatre morceaux très calmes qui laisse à désirer … Le public était malgré tout survolté et l’ambiance très bonne.

On n’entendait pas assez les instruments traditionnels mongols (morin khuur, tovshuur et tumur khuur). Décevant, vu que c’est la marque de fabrique du groupe. Au contraire, en termes scéniques, ils étaient trop mis en avant (RIP le bassiste et le guitariste tapis dans l’ombre toute la durée du concert). Je m’attendais à un groupe ultra soudé, et finalement, j’ai cherché l’interaction comme un GPS cherche la bonne adresse. Par contre, le chant diphonique reste impressionnant et prenant !

En résumé, le concept est excellent, mais mériterait d’être davantage poussé, par exemple via la mise en avant des percussions traditionnelles, ou encore via des décors de scène (il n’y en avait pour ainsi dire pas). Ma crainte principale concernant The Hu est que le public se détourne d’une musique qui pourrait devenir lassante. L’avenir nous dira si le groupe parvient à solidifier sa fanbase tout en renouvelant sa musique.

The Hu m’a malgré tout embarquée dans un voyage, mais un voyage un peu bancal …

Valentine Cordier

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Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Premier Damned Soul Fest de ma vie. Ce petit festival à la (déjà) grande réputation m’intrigue, et je décide donc de m’aventurer dans le magnifique petit village de Bomal sur Ourthe. A mon arrivée, le froid est déjà perçant. Une petite bière pour réchauffer tout ça, et c’est parti ! Je découvre la salle, minuscule mais très chaleureuse et accueillante, avec son côté « underground ». Qui dit petite salle, dit public serré. Mais pas ici ! Malgré la fréquentation importante, nous ne sommes pas les uns sur les autres.

A l’affiche, des groupes belges, mais pas seulement : Luxembourg, France ou encore Pays-Bas, les pays limitrophes sont fièrement représentés. Une diversité qui me plaît. Il y a une diversité de styles aussi : death, hardcore, rock n’roll, ou encore symphonique. Je ne connaissais que trois groupes de l’affiche. Tant mieux, j’aime les découvertes.

Je commence avec Dirty Wolfgang. Première fois que je les vois en live. Récemment, c’est un nouveau batteur qui a rejoint les rangs des « fils de pute » au rock dur version « loud ». La bande offre un set carré et énergique, mais assez peu naturel. Malgré la qualité des enchaînements, on sent que les trois musiciens doivent encore jouer ensemble avant d’acquérir une réelle cohésion. Mais mises à part les petites erreurs rythmiques, c’est prometteur ! Les influences du groupe sont multiples, mais Dirty Wolfgang arrive à les fusionner en un style propre, puissant, et crade à la fois. Bref, on aime !

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Les "fils de pute", comme ils s'appellent
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Nico Mike D. , nouveau batteur de Dirty Wolfgang

Anwynn enchaîne. Première fois que je revois le groupe  depuis que Kelly Thans de Pandora’s Key remplace « Bouc » au growl. C’était justement ce mélange de voix que j’aimais. Je suis donc sceptique. Mais je me rends vite compte que mes doutes étaient infondés, tant l’alchimie entre Kelly et Eline est intense ! Le mélange marche parfaitement bien. Par contre, toujours au niveau des voix, je ne change pas d’avis sur la voix d’Eline au fil des ans : ses notes méritent d’être mieux « posées ». Quant au reste de la bande, c’est toujours aussi bon et précis ! Peut être un petit regret : le set perd en constance et en énergie à sa deuxième moitié.

Anwynn
Anwynn

Ma découverte de cette édition

C’est devant Dysrancor que je prends une claque monumentale. J’avais déjà entendu parler d’eux, mais je ne m’attendais pas à ce que mes yeux soient scotchés à la scène de A à Z. Je suis plutôt du genre distraite. Donc, si le groupe qui joue ne me transporte pas, je décroche et ne raccroche jamais. Ce n’est pas le cas avec Dysrancor ! Pas grand chose à redire de leur set, plus que maîtrisé. Avec une bonne interaction entre musiciens et une énergie débordante, le groupe propose un mélange très original et convaincant de brutal death et de black sympho. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne !

Dysrancor

Je n’ai qu’un regret : ne pas avoir pu assister au concert des Français de Fractal Universe, qui a bénéficié de très bons échos. Globalement, le son et les lights étaient très bons. Et les prix des boissons et snacks, plus que raisonnables. En résumé, une troisième édition réussie ! Au total, ce sont près de 500 personnes qui ont fait le déplacement cette année.

Pour finir sur un mot de Matthieu Addonisio, l’organisateur : « Mes attentes sont comblées, et au niveau financier, c’est une édition plus que réussie ». Il faudra encore attendre quelques semaines pour savoir si une nouvelle édition aura lieu en 2021. Mais nous, on l’espère !

Valentine Cordier


Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai

Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai

La dernière fois que j’ai franchi les portes de la prison de l’Alcatraz Festival, c’était en 2015. Ce samedi matin d’août 2019, j’arrive après deux heures de route. Tout a changé. Il y a désormais trois scènes. En quatre ans, tout est devenu plus grand, plus peuplé, plus … cher.

Premier constat : 70 euros la journée. Heureusement que le line-up en vaut la peine.

A l’arrivée, 54 euros pour 20 jetons (une bière coûte un jeton, on ne va pas aller loin), et 15 euros le casier. Mon portefeuille tire déjà la gueule.

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Sanctuary commence sur la main stage. Le son est tellement atroce, qu’au bout de trois minutes, je fuis vers « El Presidio », un grand bar aménagé façon saloon. L’ambiance y est très agréable.

Je me dirige vers Soilwork, n’ayant pas pu les voir lors des Metaldays, en juillet dernier. Et je ne suis pas déçue. Je me retrouve face à des musiciens extrêmement doués. C’est surtout le batteur qui attire mon regard. Bastian Thuusgard n’a que 25 ans lorsqu’il intègre le groupe suédois en 2017. En deux ans, le jeune danois semble avoir trouvé ses marques.

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Soilwork

Prong commence. J’ai bon espoir que le son soit meilleur cette fois. Mais ce n’est pas le cas. Je m’interroge sur la raison d’un tel son. Mais au lieu de m’apitoyer, je fonce voir Black Mirrors sur la scène « La Morgue », petite scène charmante sous chapiteau. Intriguée par l’ « alternative rock shamanic psychedelia » (comme ils se définissent), je suis agréablement surprise devant ce rock dur et mélodique à la fois. Du « rock qui tache » en quelque sorte ! La chanteuse s’agite frénétiquement, comme en transe. Voilà donc d’où vient le terme « shamanic ». Se disant influencée par Janis Joplin, je la comparerais plutôt à une Cherrie Currie, en version moins sage. Ce groupe est une boule d’énergie, et impose son propre style.

Toute cette énergie m’a creusé le ventre. Que vais-je bien pouvoir trouver dans un budget raisonnable ? Trois euros le petit cornet de frites, sept euros les six spare-ribs, huit euros la (petite) pizza. Mon choix se portera donc sur les frites.

Petit tour aux toilettes. Et au risque d’être à contre-courant des commentaires des festivaliers, je les ai trouvées parfaitement propres. Pour m’assurer que ce n’était pas un coup de chance, j’ai tout de même ouvert d’autres portes. Même constat.

Thin Lizzy ne m’intéressant pas du tout, et « La Morgue » étant un lieu très agréable, je m’apprête à découvrir The Spirit. Avec un nom pareil, je m’attends à un groupe de black metal comme les autres. D’autant plus que la formation allemande est très jeune, puisqu’elle n’est active que depuis 2015. Mais dès les premières notes, j’assiste à un mélange très convaincant de blackened death, de doom, voire même de technical. La formation produit plus que du black metal, elle produit une musique sombre, obscure et très mélodique, qui prend aux tripes. Petit bonus pour le jeu de lumières, qui accentue encore davantage le côté sombre de leur musique.

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The Spirit

En direction du concert de Mayhem, une pensée me traverse l’esprit : pourquoi le sol est-il jonché de déchets plastiques et métalliques ? Les poubelles sont rares, mais il y en a quand même. Puis, je me rends compte que malheureusement, en 2019, il y a encore des personnes qui ignorent l’existence des matières biodégradables ou, du moins, des gobelets réutilisables. Je ne peux m’empêcher de comparer cette plaine au sol immaculé des Metaldays

Mais revenons à Mayhem. Le groupe formé en 1984 et à l’histoire sombre que l’on connaît, ne semble pas avoir renouvelé sa musique, malgré le renouvellement fréquent de ses membres. Après trois morceaux, ce black metal « old school » m’ennuie profondément. Il est des projets musicaux qu’il faut avoir le courage d’arrêter lorsque l’inspiration vient à manquer. Direction le bar. Puis direction la main stage.

Avatar est annoncé en grandes pompes par le staff du festival. L’arrivée des membres se fait de manière très théâtrale. Arrivée à la moitié du concert, je comprends que même si la musique du groupe, multi-influencée, ne parvient pas à me convaincre, le show est époustouflant. Les membres du groupe que je définirais de « metal théâtral » ont tous une présence scénique incroyable. Pyrotechnie, feux d’artifice, mises en scène, … C’est un régal pour les yeux.

Encore une fois, c’est le batteur qui me transcende le plus. Son jeu n’est pas incroyablement technique (au sens compliqué du terme), mais ce qu’il le fait, il le fait plus que bien.

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Avatar

La journée s’achève sous le signe du doom torturé avec les belges d’Amenra. La foule se presse. L’ambiance sombre est encore accentuée par le fait que le concert se déroule sous chapiteau. Ce concert, c’est ce que l’on pourrait appeler du « grand Amenra ». Des musiciens extrêmement doués, un chanteur à la voix transcendante. Quand le morceau « A solitary reign » retentit, mon ventre se noue, et une larme ruisselle sur ma joue. Et autour de moi, le silence.

Je rentre après avoir passé une très belle journée, avec des découvertes, et le soleil pour compagnie. Mais les points négatifs précédemment cités noircissent le tableau. Des prix élevés, une foule trop nombreuse, un son très mauvais sur la main stage pour les premiers concerts, …

L’Alcatraz Festival se muera-t-il bientôt en nouveau Graspop ? Ou parviendra-t-il à garder son allure de festival « de proximité », en prenant aussi des engagements écologiques ?


Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie

Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie

Chers lecteurs de Metal Overload,

Je vais vous conter mon séjour au cœur de la Slovénie, dans une vallée isolée, j’ai nommé : Tolmin ! C’est là que se déroulent les Metaldays, un festival unique en son genre. Si vous aimez le metal, la bière, le soleil, la nature, l’eau à 10°C et les licornes gonflables, cet article est fait pour vous !

Lundi, notre arrivée est marquée par une longue marche sous un soleil de plomb (qui perdurera tout le séjour). Le camping est immense et espacé, mais ne contient que deux malheureux arbres. On comprend mieux pourquoi les bois alentours sont colonisés par les tentes !
Voyageant avec une autre fille, nous décidons de chercher le camping réservés aux filles. Mais nous nous rendons compte, au bout de quatre demandes de renseignements aux gardes, que ceux-ci ignorent où il se trouve. Ce camping est-il inexistant ? Fatiguées, et accablées par ces 35°C, nous nous résignons à planter notre tente à un endroit au hasard.

A 20h, nous entendons While She Sleeps depuis la rivière Soca, qui longe tout le festival. 23 heures déjà : Arch Enemy retentit. Fan nostalgique de la période où Angela Gossow assurait le chant, le show me laisse une impression d’inachevé. Pas de grande présence scénique, pas de grande interaction. Et dans les yeux des musiciens, nulle trace de plaisir ou d’amusement. Michael Amott surtout, à l’air usé, éteint … tenant péniblement sa guitare. A cela s’ajoutent de nombreuses imprécisions rythmiques. Un peu plus tôt dans la journée, le groupe annulait sa séance de dédicaces aux Metaldays, à la dernière minute et sans une explication.

Le lendemain, je suis réveillée par une chaleur écrasante qui s’immisce doucement dans ma tente, dont j’ai décidé d’orienter l’entrée vers le nord. Tirée du lit (ou plutôt du matelas gonflable) à 7h30, je décide de goûter aux joies de la baignade dans l’eau limpide de la Soca.
Les abords de la rivière font chuter la température. Passer de 36°C à 16°C nous fait le plus grand bien. Je plains sincèrement les personnes vêtues intégralement de noir … L’eau des deux rivières avoisinantes (la Soca et la Tolminka) ne dépassent pas les 10°C. Un peu de courage, et hop, nous voici au milieu de licornes gonflables.

Metaldays

Nous décidons de manger de la pizza. 4€ la part près de la main stage, 8€ la pizza entière près de la deuxième scène. Le choix est vite fait. Cette pizza artisanale nous tiendra fraîches toute la journée.
En milieu d’après-midi, je décide d’assister au concert des compatriotes de Reject the Sickness. Ne connaissant pas du tout la musique du groupe formé en 2010, je m’approche de la scène, un peu hésitante. Mes oreilles repartent plus que satisfaites, nourries d’un son lourd et mélodique aux accents thrash. La voix de Guy Vercruysse me rappelle beaucoup celle de Jean-Philippe Sonnet, chanteur d’Exuviated (encore des belges).

Sur la main stage, la frontwoman d’Infected Rain nous attire instantanément. Le groupe propose un metalcore sans concession et revendicatif, très agréable à écouter.

Suivra à 20 heures le très attendu concert de Rise Of The Northstar. Immédiatement, une violence brutale s’installe, tant sur scène que dans le public. Les français ont réussi à créer une musique à nul autre pareil, avec des codes propres, et cette originalité se ressent aussi dans le show, très prenant.

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Peu après, sans savoir à quoi m’attendre, je me rends au concert d’Architects. Je ne connais pas leur musique, mais tout le monde autour de moi m’a conseillé d’aller les voir. Je m’exécute donc sagement. Après 1h20, le bilan est clair : même si leur musique ne m’a pas attirée, leur show était haut en couleurs à tout point de vue. Bémol : le chanteur est peu charismatique, et on dirait qu’il va cracher un poumon à chaque note. Pourtant amatrice de growl, je me demande pourquoi le groupe n’a pas davantage recours au chant clair, qui ajouterait quelque chose à un style déjà très mélodique mais assez indéfinissable, associant metalcore, post-hardcore et deathcore. Au vu du jeu de lumières impressionnant, pour assister à un concert des anglais, mieux vaut ne pas être épileptique. En résumé, lors de leur concert, c’est tout mon corps qui est pris par les basses et la technicité du batteur.

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Architects sur la main stage

Jour 3 aux Metaldays. Le réveil est rude. Prise d’un mal de nuque terrible (ça m’apprendra à headbanger), je décide d’aller explorer la zone des massages, et découvre avec effroi le prix de l’activité : 15€ les dix minutes, 40€ les trente minutes. A ce prix-là, je préfère encore ne plus headbanger. Même constat pour le tant attendu tournoi de lancer de haches : 12,5€ l’heure.

Je recule et décide de me contenter de repos au soleil. Evidemment, comme 99% des personnes présentes ici, je repartirai avec des coups de soleil. L’après-midi passe à une vitesse phénoménale. Je regarde Kalmah et Kvelertak sur la main stage, et n’en retire rien. Les deux groupes me laissent de marbre. Ils ne sont ni exceptionnels, ni mauvais …

En me plaçant sur l’immense talus bordant la main stage, j’assiste au concert de Rotting Christ dans une autre perspective. Une énergie indescriptible se dégage sur la plaine, dans ce qui se rapproche d’une messe noire. Malgré cet aspect sombre, le chanteur interagit beaucoup avec le public au cours d’un show complet intégrant des effets pyrotechniques. Je n’en attendais pas beaucoup, et je repars en direction de ma tente en ayant pris une claque ! Si, comme certains le pensent, le metal est la musique du diable ; alors Rotting Christ est le diable en personne ! Le concert est déjà fini, et je ne l’ai pas vu passer.

Trente minutes après, je reprends la même place. Enchaîner après une telle ambiance sur un groupe comme Dream Theater peut sembler risqué, voir étrange.
Déjà présents lors de l’édition 2015, les cinq musiciens reviennent en force au cœur de la vallée de Tolmin. Le show débute, et est immédiatement époustouflant, avec des musiciens qui s’amusent visiblement. Le batteur, Mike Mangini, fait sonner et « groover » sa batterie, étant un pilier à part entière d’une musique technique et recherchée. Il convaincra même les plus fervents adeptes de l’ancien batteur, Mike Portnoy.
Dans ce concert, rien de lassant, chaque morceau étant radicalement différent du précédent. Aucun musicien n’est occulté ou mis sur un piédestal.
Quand les premières notes d’ « Illumination Theory » retentissent, mon ventre se soulève, et l’émotion me submerge. Une fine pluie tombe sur des milliers de mains levées, se balançant de gauche à droite, et quelques gouttes, que je le veuille ou non, ruissellent sur mon visage.

On reproche souvent à Dream Theater d’avoir pris « la grosse tête ». Cela ne se voit pas sur scène. Et j’ajouterais que, quand on a atteint un tel niveau d’osmose entre musiciens, et une telle perfection technique, un peu de prétention est pardonnable.

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Jour 4. Aujourd’hui, je suis bien décidée à découvrir de nouveaux groupes. Je m’installe donc confortablement devant la « New Forces stage ».
L’après-midi commence avec les français de Lurking, qui produisent un death metal mélodique puissant et précis. Le groupe plus que prometteur est venu défendre leur premier album, Betrayed. Le groupe à chanteuse et inspiré de l’univers de Lovecraft est parvenu à attirer un certain public, le soleil n’ayant pas empêché les curieux de s’amasser.

Immortal Shadow poursuit avec un blackened death peu convaincant. Le groupe me fait penser à un « Dark Funeral » discount et techniquement inabouti. Je ne chercherai pas à les revoir.
Suivent les Slovènes de Captain Morgan’s Revenge, venus défendre un hard rock mélodique et lourd à l’influence punk très nette. Un concert sans prétention mais convaincant, donc.

Je me déplace vers la main stage pour assister au concert de Bloodshot Dawn, et je ne trouve rien d’exceptionnel. Au bout de 30 minutes pénibles, le groupe laisse l’impression de jouer une musique trop technique pour eux. Même si la deuxième partie du set est un peu plus énergique et mélodique, et que le groupe possède un excellent guitariste soliste, Bloodshot Dawn est un groupe de death comme il en existe des milliers. Un peu plus tard, lorsque je me déplacerai sur la deuxième scène, située au milieu des bois, j’assisterai à un death metal beaucoup plus maîtrisé de la part de Skeletal Remains.

Je sacrifie Soilwork et Hypocrisy, me disant que je pourrai les revoir quand bon me semblera.
Les anglais de Liquid Graveyard, qui suivent Skeletal Remains sur cette même scène, sont bien au point, offrant un death metal progressif carré et mesuré, aux influences grindcore. On voit tout de suite qu’ils savent ce qu’ils font, sans pour autant en faire trop.

Sur la New Forces stage, Swarm of Serpents me transcende avec un black metal maîtrisé, précis et puissant. Je les reverrai avec plaisir.

Arrive le concert tant attendu du mythique Ghaal, avec sa formation, terme qui prend tout son sens, puisque Ghaal se met énormément en avant, laissant ses musiciens (bons par ailleurs) de côté. Ghaals Wyrd offrira finalement un show monolithique et froid, tant au niveau de la musique que de l’interaction avec le public. Une chose effleure mon esprit : le silence quasi-religieux dont fait preuve le public. Comme si cette grande figure du black metal n’avait désormais plus rien à prouver, plus rien à faire, sinon à être écoutée sagement. Je ne suis pas de cet avis : un groupe, un artiste, pour mériter son public, doit chercher à se renouveler, lui prouver qu’il sait qu’il est là et qu’il est reconnaissant de sa présence. En ce 26 juillet 2019, Ghaal semblait fatigué, usé, désabusé. Peut-être en attendais-je trop en me rendant dans les bois ce soir-là …
A ce propos, une déception encore : j’avais comme a priori que voir du black metal dans ce cadre allait ajouter une certaine plus-value. Non seulement il n’en a rien été, mais en plus, les effets lumineux, qui auraient pu (et dû) produire un cadre sombre et intimiste, se sont transformés en effets dignes d’un concert techno, à grands coups de stroboscopes. Mes yeux épuisés m’empêcheront de voir la fin de ce concert que j’attendais tant …

Légèrement fatiguée par la courte nuit que je viens d’affronter, je décide malgré tout de me traîner jusqu’à la main stage, en me disant que le groupe de black metal symphonique qui allait commencer méritait qu’on lui donne sa chance. Je vais nonchalamment chercher un breuvage. Mon dévolu se jette sur un « Sex on the beach ». Je m’assieds assez loin de la scène, quand soudain les premières notes de Winterhorde retentissent. Immédiatement prise aux tripes par l’énergie et le son complexe du groupe, je m’avance. Malgré la trentaine de personnes présentes autour de moi, l’ambiance est au rendez-vous. Le public afflue petit à petit, attiré par le son mélodieux enrichit d’un violon et d’un clavier. Les deux types de voix (claire et growl) rajoutent encore une épaisseur à un son déjà bien riche. Tous les musiciens ont une bonne présence scénique. Je ne vois pas passer la demi-heure. Vous l’aurez compris, Winterhorde n’est pour moi ni plus ni moins que la révélation de cette édition !

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Winterhorde @Metaldays

En chemin vers la plage, je descends vers la plus petite scène et tombe sur Desdemonia, groupe luxembourgeois de death metal. Avec une musique sans chichis et aux bons riffs, le groupe me semble prometteur !

Korpiklaani ouvre la soirée sur la main stage. Fidèles à eux-mêmes, ils offrent un folk metal amusant mais basique, accessible. L’orage se rapproche et, en plein milieu du concert, c’est le black-out. Le public hurle et réclame le groupe. Le set se termine de manière expéditive, le groupe enchaînant ses morceaux les plus connus.

Dimmu Borgir suit avec vingt minutes de retard. Je dois bien avouer ne pas m’être rendue sur la plaine de la main stage pour y assister, ayant été fortement déçue de leur concert à l’Ancienne Belgique en décembre 2018. Nostalgique de ce que je pourrais appeler le « vieux Dimmu Borgir », c’est-à-dire jusqu’à l’album Abrahadabra (2010), je craignais d’être de nouveau déçue.

Ça y est, le jour du départ a sonné. La pluie se fait de plus en plus forte, comme pour forcer les festivaliers à rentrer chez eux. Mon seul regret est de ne pas avoir vu Alien Weaponry et In The Woods, qui ont tous deux obtenu d’excellents échos.
Mais une chose est sûre : après avoir goûté à l’expérience complète de ce festival, on n’a qu’une envie : y retourner !

Les Metaldays en résumé :

Ce festival pourrait se résumer dans le terme « Vacances metal », alliant nature et musique dans un cadre magnifique. C’est plus qu’un festival, c’est une expérience.
Entendre un groupe alors que tu nages dans une eau d’un bleu limpide est plutôt agréable.
Les alentours proposent de nombreuses activités : kayak, parapente, gorges de Tolmin ou encore la chute « Slap Kojzac » de Kobarid.

De l’eau fraîche est disponible partout au sein du festival, et les sanitaires sont bien plus propres qu’ailleurs. Les stands de fast-food ainsi que les bars affichent des prix très raisonnables, toujours en comparaison avec d’autres festivals.

A propos de l’alternance des groupes sur les trois scènes, une chose me plaît : jamais ne se suivent deux concerts du même genre sur la même scène. Si je devais faire un reproche à la programmation, je dirais que cette année était fortement axée sur le death metal. Avec Testament en tête d’affiche pour 2020, on peut raisonnablement penser que le festival s’apprête à prendre un virage thrash. Le son est excellent sur les trois scènes.

Les Metaldays sont une expérience unique, à vivre au moins une fois dans sa vie. Attention : suite à un projet routier, 2020 sera la dernière édition du festival à Tolmin. Ne reste plus qu’à espérer que ce « metal paradise » ne deviendra pas plus gros en se délocalisant, auquel cas il risquerait de perdre cet aspect intimiste et familial qui fait tout son charme. En effet, il n’est pas rare de voir des enfants, parfois en bas âge, gambader entre les festivaliers.

L’aftermovie, c’est par ici <— !