Acus Vacuum: Charlotte nous en dit plus sur les "Bourses Vides"

Acus Vacuum: Charlotte nous en dit plus sur les "Bourses Vides"

Metalleuses, Metalleux, je vous salue!

Aujourd’hui, confinement oblige, je n’ai pas vraiment de galeries photos à vous proposer. Dès lors, c’est en tant qu’interviewer que je vous propose du contenu.
J’ai décidé de m’intéresser à un groupe belge, venant plus précisement de Bastogne et bien connu de la scène metal, sans qu’ils n’appartiennent pour autant à cette mouvence musicale.
Je parle d’Acus Vacuum ! Quelles sont leurs origines, leurs projets… ?

Le groupe créé en 2012 se compose de 5 membres, deux percussionnistes : Charlotte et Arhur, deux sonneurs de cornemuses : Simon et Lucas et leur danseuse : Samantha.
On en apprend un peu plus sur eux avec Charlotte.

Salut Charlotte! Dans un premier temps, peux tu nous dire qui tu es et quel est ton rôle au sein d’Acus Vacuum ?

Bonjour Laurent, comme tu l’as toi-même écrit en introduction, je suis l’une des percussionnistes d’Acus Vacuum et cela fait plus de 7 ans maintenant que je tiens ce rôle au sein du groupe.

Comment est né Acus Vacuum, que signifie ce nom et quelle est son histoire ?

Acus Vacuum est né en 2012. A la base, c’était un projet en duo entre Simon et son frère Nicolas.
J’ai, par la suite, été accueillie au sein du groupe, suivie par Steeven (ancien souffleur de cornemuse) et c’est ainsi que fut lancé Acus Vacuum.
Pour ce qui est du nom du groupe, Simon a cherché un nom qui sonnait « sérieux » de prime abord, mais en tentant de garder un petit coté décalé, de par sa signification.
En latin, Acus Vacuum, signifie : « Les Bourses Vides ».

Comment qualifierais-tu le style d’Acus Vacuum, quelle est sa force selon toi ?

On peut qualifier Acus Vacuum comme étant un savant mélange de néo-médiéval, de pagan festif, et de folk. Notre musique a également un côté instinctif.
Dans notre formation actuelle, nous sommes tous issus de milieux différents, chacun de nous apporte à sa façon sa petite touche, son expérience personnelle.

Ce qui est génial, c’est qu’avec notre style, nous pouvons nous permettre de nous diversifier, de nous adapter, et de jouer dans plusieurs styles d’événements et donc, cela nous permet de toucher un public relativement large.

En dehors des fêtes médiévales, on vous croise surtout dans les concerts et festivals de metal. D’où vient l’engouement du public metal pour Acus Vacuum ? Les membres d’Acus Vacuum sont-ils tou(te)s des metalleux(euses) dans l’âme ?

On va dire que dans le groupe, on a toujours globalement été des metalleux.
Je pense que le dynamisme musical d’Acus Vacuum, ainsi que notre présentation physique, nos costumes, nos accesoires, l’ambiance, (l’hypocras?)… Cela nous permet de nous rapprocher davantage de la scène metal que des danses folkloriques.

Lors de la création du groupe, aviez-vous déjà de telles ambitions, pensiez-vous rencontrer un tel succès ?

Pas du tout ! Et ce fut une belle surprise de voir qu’au fil des années, l’engouement à notre égard de la part du public, mais aussi des organisateurs d’événements n’a fait que s’accroître.

Il y a quelques mois, vous avez réalisé le clip de « Cernunnos », titre issu de votre second album « Viribus Naturae ». Peux-tu nous parler de cette expérience, comment met-on un tel projet en place ? Que retiens-tu de ce tournage ?

Une superbe expérience et croyez moi, c’était une sacrée organisation ! C’étaient deux journées intenses de tournage et ce, sur deux endroits magnifiques.
Nous avions choisi le « Native-Village » à Neihaischen, ainsi que les forêts avoisinant Laroche en Ardennes pour tourner le clip de « Cernunnos », ces endroits se prêtaient parfaitement à la réalisaton de ce clip.
Une belle collaboration avec Brice Hincker (qui a, entre autres réalisé des clips pour Dagoba, Smash Hit Combo, …),des figurants passionnés aussi bien professionnels que néophytes, mais tous ayant cette motivation, cette volonté de partager un beau moment avec nous.
Un très beau travail artistique, nous sommes super heureux de la réalisation. Encore une fois, MERCI à toutes et tous pour votre participation.

Acus Vacuum: Charlotte nous en dit plus sur les "Bourses Vides"

Quels sont vos projets pour l’avenir d’Acus Vacuum ?

Hahaaaaaa, nous avons quelques surprises pour vous.
Nous travaillons d’arrache pied sur de nouveaux morceaux et prévoyons quelques belles dates à vous proposer !
On vous en dit plus très prochainement, mais on a beaucoup de fiestas à rattraper et n’ayez crainte, on le fera en votre compagnie !

Voilà, je clôturerai donc cette interview en remerciant bien entendu Charlotte pour sa participation, et en vous invitant, si ce n’est déjà fait, à aller voir Acus Vacuum lors de l’une de leurs prestations.
Rendez-vous également sur leur site Internet www.acusvacuum.com et sur les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram.

Sur ce, je vous laisse en vous offrant le clip de « Cernunnos ».

En vous souhaitant une excellente soirée.
Prenez soin de vous,

Lau


Dear Mother, nouveau bébé de Merel Bechtold

Dear Mother, nouveau bébé de Merel Bechtold

Le 5 mars dernier commençait la campagne de crowdfunding d’un tout nouveau groupe : Dear Mother. Nous retrouvons à la tête de ce projet Merel Bechtold, guitariste dans MaYaN et ex-guitariste du groupe de metal symphonique Delain. À ses côtés, c’est Joey Marin (Delain) qui s’installe à la batterie, et le chanteur russe David Hruska (Deadly Circus Fire) complète le trio.

Le groupe annonce un style modern metalcore. Une preview de quelques secondes comprenant des extraits de trois titres laisse effectivement présager des sonorités modernes, avec des riffs bien lourds sur lesquels on pourra headbanguer à souhait, accompagnés de passages plus planant.

Le crowdfunding se terminait le 1er avril. Mais dans la soirée du 24 mars nous apprenions pendant un direct Facebook de Merel Bechtold que les 100% des fonds espérés étaient atteints. Félicitations ! Le groupe avait annoncé que s’il y avait du surplus, celui-ci servirait à réaliser une autre vidéo. Ce n’est donc pas un, mais bien deux clips que nous pouvons espérer pour ce premier album.

Parmi les contreparties disponibles, il y avait bien entendu les grands classiques : photobook, albums dédicacés, t-shirts, baguettes, médiators, cours d’instrument par Skype, … Mais le trio avait également fait preuve d’originalité puisqu’on pouvait s’offrir, par exemple, un bracelet en corde de guitare fabriqué par Merel, une participation à la composition d’une chanson, une partie de jeu vidéo en ligne avec le groupe, ou encore une balade à moto en compagnie de Merel.

L’enregistrement de l’album est imminent. La sortie est annoncée pour février 2021 et un premier single devrait être révélé en septembre 2020.

La chaîne YouTube du groupe (Dear Mother Official) est déjà très complète. Merel, Joey et David assurent pour le moment eux-mêmes la promotion du projet et nous avons régulièrement droit à des vidéos explicatives sur les treize titres qui composeront l’album.

J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Joey Marin sur Skype à propos de ce premier album. Ci-après, notre conversation.


« Dear Mother » ça n’est pas commun comme nom pour un groupe de metal. Tu peux nous expliquer ?

Merel est arrivée avec le nom.

Tout le monde a sa propre histoire avec ce nom, parce que chacun a ou a eu une mère, fondamentalement.

Ça sonne bien !

Comment s’organise la composition ? Qui écrit les paroles ?

David, notre chanteur, a écrit toutes les paroles pour cet album.

Merel est le compositeur principal, et David et moi ajoutons ou modifions nos parties.

C’est une collaboration entre nous tous.

Quels sont les thèmes abordés dans cet album ? Vos inspirations ?

C’est personnel à David.

Il y a des chansons qui parlent de suicide par exemple, ou du monde d’une manière générale.

Ce n’est pas un concept album avec un thème principal.

Quand penses-tu enregistrer la batterie ?

Nous allons enregistrer la batterie dès que nous le pourrons. Pour le moment il y a des restrictions à cause de la crise du CoronaVirus. J’espère que ça sera très bientôt, nous allons essayer durant le mois d’avril.

Avez-vous déjà choisi quel serait le premier single ?

Nous n’avons pas encore officiellement décidé, mais la plus forte probabilité est « 12 Years In Exile ». Nous devons choisir le titre qui est le plus représentatif de Dear Mother, le titre qui touchera le plus le public. Je peux te dire maintenant : « c’est cette chanson » et peut-être, un peu plus tard ça sera une autre. Nous attendons que tout soit enregistré pour avoir le rendu final de tout l’album et pouvoir choisir ce qui nous semblera le mieux. Donc, rien de définitif pour le moment.

Quels sont vos projets pour 2021 ? Pensez-vous vous produire sur scène avant la sortie de l’album ?

Je pense que nous allons faire quelques lives « test » pour la sortie de l’album. Cela dépendra de quand nous pourrons répéter. 2021 sera consacrée aux concerts et à la promotion de l’album.

Super ! On sera là !

La question suivante n’est pas en rapport avec la musique mais c’est certainement la plus importante pour nos lecteurs métalleux ? Quelle est ta bière préférée ?

Hum … Je dirais … la Corona ! Et ce n’est pas en rapport avec la situation actuelle. Oui, je pense que la Corona est ma préférée.

Le mot de la fin est pour toi, que voudrais-tu dire à nos lecteurs ?

Merci d’avoir suivi cette interview. Gardez un œil sur Dear Mother, on espère vous voir tous en 2021 !


Photo : Dave Pelham Photography

 

Pour rester informé sur Dear Mother :


Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Nightwish. Véritable monument dans le monde symphonique, le groupe est sur le point de sortir son neuvième album studio, « Human :||: Nature ». C’est probablement l’un des disques les plus attendus de l’année. Pour l’occasion, nous avons eu la chance de rencontrer le mastermind lui-même, Tuomas Holopainen (claviers) et le multi-instrumentiste Troy Donockley pour discuter de cette sortie. Tous deux sont restés assez discrets sur leurs secrets, mais ils nous ont donné quelques indices pour mieux comprendre leur vision du groupe et la façon dont ils ont mené cette entité à ce qu’elle est aujourd’hui.

Vous avez mis cinq ans pour sortir ce nouvel album. Cinq ans pendant lesquels vous avez fait le tour du monde, réalisé des projets personnels, sorti un best-of, refait le tour du monde… Quel voyage ! A-t-il été difficile de revenir à la composition ?

Tuomas : Non, c’était merveilleux, en fait ! Après avoir terminé l’album précédent, « Endless Forms Most Beautiful », je me suis senti satisfait et je savais déjà, à ce moment-là, qu’il fallait prendre un peu de répit pour garder le tout intéressant. J’en ai parlé avec les autres membres du groupe et tout le monde était d’accord : « Prenons une année de congé ! » Parce que nous n’avons jamais pris de pause en vingt ans, c’était le moment. Nous avons donc pris cette année de congé et tous les membres du groupe ont fait leurs propres petits projets. Ensuite, nous avons fait cette tournée nostalgique spéciale, « Decades », en jouant nos morceaux plus anciens. C’était très amusant ! Mais à un certain moment de cette tournée, nous nous sommes à nouveau tournés vers l’avenir et j’ai commencé à composer des chansons, j’ai à nouveau apprécié le processus. Parfois, il faut donner du temps à ces choses, parce que la dernière chose que vous voulez faire est de vous forcer à créer et rien de bon ne sort de cette manière.

En général, comment travaillez-vous sur les nouvelles chansons ? Y a-t-il un secret pour créer un nouvel album de Nightwish ?

Tuomas : Une méthode secrète ? Non… (rires) Il faut juste ressentir quelque chose. Il est nécessaire d’être inspiré, il faut de bonnes histoires à raconter et, comme je viens de le dire, il ne faut pas créer si l’envie n’est pas là. C’est ça le plus important et aussi, il faut le faire pour soi-même, ne jamais suivre les tendances, ne pas imaginer ce que les gens pourraient penser de cela, même les autres membres du groupe. C’est la seule façon de garder l’art, la musique qui est créée, authentique et réelle. C’est le principe de base de mon travail d’écriture et aussi, simplement, apprécier le processus.

Avez-vous écrit cet album l’année dernière ou avez-vous rassemblé les idées au cours des cinq dernières années ?

Tuomas : J’ai commencé à collecter les idées au début de 2018, pendant la tournée « nostalgique ». Cela a pris environ un an, puis j’ai commencé à discuter des thèmes avec les autres membres, j’ai montré quelques paroles, et tout le monde s’est montré favorable. Ce n’était pas vraiment de l’écriture de chansons, c’était plutôt de la collecte d’idées. Puis, l’année dernière, de janvier à mai, j’ai écrit toutes les chansons. Donc, dans l’ensemble, cela a pris environ un an et demi.

Tu es le compositeur principal, mais pour les paroles, as-tu partagé le travail avec quelqu’un d’autre dans le groupe ?

Tuomas : Eh bien, pour cet album, j’ai fait toute la musique et les paroles.

« Human :||: Nature ». Cela sonne vraiment comme un concept, alors que peux-tu me dire à ce sujet ?

Tuomas : Je n’appellerais pas ça un album concept, parce que toutes les chansons sont individuelles, mais c’est un album thématique, car il y a un thème récurrent qui traverse toutes les chansons… En fait, je n’aime pas utiliser le mot « concept ». Nous en avons parlé hier, c’est plus un album thématique, parce que les chansons ne sont pas reliées entre elles de manière à raconter une seule grande histoire.

C’est peut-être plus le cas pour la deuxième partie de l’album, alors ? J’ai lu que c’est une lettre d’amour à la Terre, c’est bien ça ?

Tuomas : C’est une belle façon de le dire. Je pense que c’est la lettre d’amour de Nightwish à la planète Terre. Et je la considère comme une seule chanson, pas huit. Nous mettons juste les index entre les différentes parties si les gens veulent passer à leur partie préférée, ça rend les choses un peu plus faciles, mais il faut vraiment la considérer comme une seule chanson.

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Qu’est-ce qui vous a amené à écrire cela ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

Troy : Nous sommes très intéressés par le monde, l’humanité, la science et tout ce qui s’y rapporte d’une manière holistique. Nous sommes très engagés dans ce domaine. Et nous aimons en parler quand nous sommes ensemble. C’est aussi une sorte de prolongement de « The Greatest Show On Earth », qui était le dernier morceau de notre dernier album (« Endless Forms Most Beautiful », 2015). Et il se transforme magnifiquement en « Human :|| : Nature ». Mais ces choses ont juste évolué. On fait les choses comme elles doivent être aujourd’hui, et ça ne va pas changer. Tout est dans un état de flux, n’est-ce pas ? Un flux musical.

Tuomas : Je suis toujours surpris de constater que les gens pensent que nous calculons ces choses avec beaucoup de soin. Comme si avant de commencer à faire un album, nous pensions à l’avance : faisons un album plus lourd, prenons cette direction, faisons ceci ou cela… Ce n’est jamais comme ça, c’est un flux d’esprit. On choisit juste quelque chose qui nous intéresse et on part de là.

Troy : C’est ça ! Et alors quelque chose de magique se produit. C’est pourquoi, avec cet album, nous avons exploré de nouveaux sons. Il y a beaucoup de directions que nous n’avions jamais prises auparavant. Et encore une fois, ce n’était pas une décision consciente car nous n’avons pas choisi ce que nous allions faire, comme les harmonies en trois parties sur chaque chanson. Cela nous a juste dit ce que nous devions faire. La direction nous a été donnée à travers la musique, à travers les chansons.

Tuomas : C’est une bonne façon de le dire. Vous devez écouter les chansons, ce qu’elles vous disent réellement et comment voulez-vous qu’elles soient présentées. Elles ont une essence qui leur est propre.

Troy : Elles ont une vie qui leur est propre. Une fois que la chanson commence, ce qui est la base de tout, c’est comme le feuillage, les fleurs et les plantes qui commencent à pousser autour, depuis sa source et toutes les fleurs et les plantes représentent tous les arrangements et les couleurs que nous apportons. Mais elles se développent en quelque sorte à partir de la chanson, à partir de la musique. Et c’est l’une des choses vraiment excitantes pour nous dans Nightwish, c’est que nous ne nous voyons pas limités. Avec cela, il n’y a pas de limites pour nous. Je veux dire que le deuxième disque est un contrepoint au premier. Mais certaines personnes peuvent penser qu’il est vraiment bizarre de présenter huit chansons comme une suite orchestrale massive, mais entre nous, c’était la chose absolument naturelle à faire et la seule à faire. Et cela devait être fait comme je le vois, comme une chose à venir. C’était inévitable. On le savait depuis longtemps, surtout sur un sujet aussi noble que la nature et le monde.

Ma question suivante porte sur le titre « Noise ». D’après ce que vous venez de dire, il semble que ce soit un pur hasard que cette chanson sonne vraiment comme du Nightwish ?

Tuomas : Ce n’est pas calculé.

Donc, cela n’a rien à voir avec le fait de vouloir rassurer les fans ?

Tuomas : Non, nous ne pensons pas du tout à ce genre de choses. Mais quand il y a un auteur-compositeur principal dans le groupe, il a ses manières, pour ainsi dire. C’est la même chose avec tous les artistes du monde.

Troy : C’est vraiment le cas et c’est identifiable. C’est intrinsèque à Nightwish que Tuomas écrive les chansons et il serait fou d’essayer de lui enlever son noyau, son essence en essayant d’être autre chose. C’est une autre chose à laquelle nous croyons fortement, c’est la liberté de l’art, la liberté de faire exactement ce que nous voulons sans la considération de la critique ou de l’adulation, des compliments tout le temps. Cela n’a aucun intérêt. Nous devons juste faire la musique que nous aimons pour être nous-mêmes et espérer que les gens aient les mêmes sentiments que nous.

Tuomas : Un groupe ne devrait jamais être emprisonné dans un genre qui doit sonner comme ceci ou cela. Cela n’existe pas. Un groupe, c’est un ensemble de personnes qui font exactement ce qu’elles veulent faire.

Oui, mais je pense qu’il y a des groupes qui ne sont pas comme ça, qui font ce que leurs fans veulent entendre.

Tuomas : Oui, mais je dois juste être poliment en désaccord avec eux. Je ne pense pas qu’un groupe artistique ait besoin d’être lié à un certain genre ou à une certaine façon de faire les choses.

Troy : Nous ne le sommes certainement pas. Et je pense que c’est ce qui fait, même objectivement, de Nightwish quelque chose de vraiment intéressant, une entité. Je n’y pense même plus comme à un groupe. C’est un véhicule pour la liberté de l’art et de la musique.

Donc, vous avez sorti « Noise » au début du mois et vous avez déjà atteint presque 2 millions de vues sur YouTube. Est-ce une surprise ?

Tuomas : Je n’y ai pas pensé à l’avance, donc je ne sais pas. C’est un grand nombre, donc… Ça m’a fait l’effet « waow ». Je ne m’attendais à rien, alors ça m’a juste fait lever les sourcils.

En général, n’êtes-vous pas sensible aux statistiques sur le web, aux commentaires ou aux réactions des fans ?

Troy : Oh, non. Je pense que vous vous mettez dans le pétrin si vous commencez à trop vous impliquer et à croire au battage médiatique, à croire Internet… C’est un monstre ! J’ai regardé les commentaires et des choses comme ça sur le web, et c’est toujours la même chose : celui-là dit que c’est brillant, celui-là dit que c’est de la merde. Celui-là dit que c’est fabuleux, celui-là dit que c’est pourri. Vous devez être en dehors de tout ça pour observer et ne pas se laisser influencer sur ce que vous faites. Sinon, il y a de quoi devenir fou.

Tuomas : Une chose que j’ai faite en écrivant les paroles de la chanson « Noise », et c’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, et je l’ai fait délibérément : j’ai passé environ une semaine dans les forums de discussion et les sections de commentaires de YouTube sur Internet, juste pour me plonger dans cette obscurité, pour pouvoir écrire ces paroles comme elles venaient.

Troy : Vraiment ?

Tuomas : Oui. Je suis allé sur les forums de discussion de Nightwish, j’ai lu tout ce qui était sur notre page Facebook. En étant là pendant une heure, j’avais l’impression d’avoir pris une douche et d’avoir le cerveau rincé, mais il fallait que je le fasse et voir ce monde pour pouvoir créer la chanson.

Troy : Génial ! Je ne savais pas que tu avais fait ça. Vraiment, c’est la façon parfaite de le faire.

Les gens sur Internet sont toujours en train de parler, de donner leur avis,…

Tuomas : Ça en fait partie, non seulement cela, mais aussi le flux constant d’informations en provenance de partout.

Troy : Cela vient de tous les côtés, et trouver seulement un grain de vérité dans tout ce qui se trouve sur Internet… Il y a tellement de bruit pour trouver la vérité, c’est une chose vraiment difficile à faire. C’est une compétence, en fait, il faut l’apprendre. Et l’ironie, c’est que vous ne pouvez pas apprendre à traverser le bruit sans ce bruit. Vous ne pouvez pas le faire sur Internet, vous devez le faire en dehors d’Internet.

Tuomas : Pour certaines personnes, Internet est un oreiller public duquel ils se servent pour hurler. Et comme tu l’as dit, il est très difficile de trouver la vérité dans tout ce bruit. Et les fausses nouvelles circulent beaucoup plus vite que les vraies.

Troy : Oui, les mauvaises et les fausses nouvelles sont celles qui ont le plus de pouvoir.

Je pense qu’on pourrait faire une interview complète sur la vidéo que vous avez sorti. Est-ce que l’idée, l’histoire, vient du groupe, de vous ?

Troy : Oui, ça vient de nous. Et encore une fois, on parle beaucoup de ce genre de choses, ça nous intéresse vraiment et on adore ça. Donc, oui, tout cela est né d’un énorme intérêt de notre part.

Tuomas : Et puis, le réalisateur de la vidéo, Stobe Harju, y a aussi mis beaucoup de ses propres idées en termes d’éléments visuels.

Et pouvez-vous me dire quels sont vos personnages ? Les avez-vous choisis ?

Tuomas : En fait, ils ont été écrits par le réalisateur et c’est à vous de les interpréter. Si nous entrons trop dans les détails ici, cela enlèverait quelque chose à l’expérience du visionnage de la vidéo.

Troy : Cela causerait encore plus de bruit ! (rires)

Même si le sujet est assez sombre ici, je suppose que vous vous êtes amusés pendant le tournage.

Troy : Eh bien, Tuomas avait une très mauvaise toux. Il avait un rhume très agressif. Alors il s’est assis dans le bain, couvert d’huile, se sentant vraiment mal avec un masque à gaz. Et je partais, j’allais prendre mon vol de retour, et je l’ai regardé et il était comme… (Troy a fait une drôle de tête, les deux rient)

Tuomas : J’ai headbangué dans cette baignoire, oui, avec toute cette huile… A la fin de la vidéo, vous pouvez en fait voir un aperçu de moi sans le masque à gaz brandissant mon canard en caoutchouc en dans les airs. C’est donc la révélation que l’on peut voir.

Et vous avez deux nouveaux membres dans le groupe, maintenant ?

Tuomas : Qui ? !

Troy : Elle veut dire la petite fille et la grande fille… Ce sont des actrices qui ont été amenées par le réalisateur.

Je croyais que la petite fille était la fille de Floor.

Tuomas : Oh non, elle ne ferait jamais ça ! Mais en fait, la fille blonde, c’est probablement la plus célèbre star finlandaise d’Instagram, Jessica Edström. Elle a d’ailleurs accepté de venir se parodier dans la vidéo.

D’autre part, vous avez travaillé avec « notre » Tim Tronckoe pour les photos de l’album…

Tuomas : Oui, le bon vieux Tim ! C’est un vrai artiste !

Comment l’avez-vous choisi ?

Tuomas : Nous avions déjà travaillé avec lui pour quelques séances photos et nous avons simplement aimé sa personnalité et sa façon de prendre des photos.

Troy : Et il est rapide, c’est vraiment incroyable ! Parce que nous sommes passés par des photographes qui ont pris des heures et des heures et qui ont pris beaucoup trop de photos parmi lesquelles choisir. Tim s’installe et c’est tout !  C’est vraiment rafraîchissant à voir.

Tuomas : Et il est toujours très bien préparé. Tout avait été mis en place quand nous sommes allés là-bas et cela a pris environ 15 minutes.

Troy : Nous avons fait des prises de vue à différents endroits, mais pour le Musée d’Histoire Naturelle où nous avons fait les prises de vue avec Tim, il y est allé plus tôt quand c’était plein de public, c’était rempli de touristes. Et il a vérifié les angles et allumé les lumières… Il est tout simplement brillant et c’est aussi un gars très gentil.

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

C’est une question que la plupart des artistes détestent, mais je la pose quand même : avez-vous déjà une chanson préférée de ce nouvel album ?

Tuomas : Non.

Troy : Non, aucune chance. Nous avons des moments préférés, mais pas de chanson préférée, ce n’est pas possible. En plus, contrarierait les autres chansons. (les deux rient)

Une chanteuse m’a dit un jour que ses chansons étaient comme ses enfants, qu’elle ne pouvait pas préférer un de ses enfants.

Troy : Oh oui, c’est une chose courante chez les auteurs de chansons, ils disent toujours ça.

Tuomas : Ils disent aussi ça à propos de leurs albums, qu’ils sont leurs enfants. Je comprends un peu la métaphore mais c’est un peu ringard, je pense.

Donc, je ne peux pas vous demander si vous avez une chanson préférée de toute l’histoire de Nightwish ?

Tuomas : Ces choses changent avec le temps. Je veux dire, tu pourrais me demander quelle chanson j’apporterais avec moi sur une île déserte, peut-être que je pourrais répondre. Mais une seule favorite, ce n’est pas possible de la choisir.

Sais-tu laquelle tu aimerais emmener sur une île déserte, alors ?

Tuomas : Je pense que ce serait « The Greatest Show On Earth ».

Troy : Pareil.

Vous jouez souvent en Belgique, y a-t-il des choses particulières que vous aimez ici ?

Tuomas : J’aime bien Tim !

Troy : Je l’aime bien aussi. Et j’aimais bien le magasin d’alimentation du coin, vraiment bien. (Je crois qu’il parle du Carrefour Market près de l’hôtel, en fait)

Tuomas : J’aime aussi beaucoup Hercule Poirot, c’est un Belge et c’est probablement mon truc belge préféré. Mais oubliez sa nouvelle version, David Suchet était le meilleur.

J’ai donc eu la chance d’écouter votre nouvel album juste avant, ce qui était un peu difficile. Mais une chanson a particulièrement retenu mon attention : « Harvest ». Elle sonne complètement différemment et m’a presque fait penser à une chanson de Disney, d’une manière positive. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette chanson ?

Tuomas : C’est intéressant de voir que tu la vois de cette façon. C’est une chose merveilleuse dans les interviews, c’est qu’on obtient beaucoup d’approches différentes, beaucoup de réponses différentes aux chansons. Pour nous, personnellement, je ne vois pas ça du tout.

Troy : Je vois quelque chose de plus fédérateur et classique avec « Harvest ». Pour moi, la nature de la chanson, c’est une chanson folk classique, c’est l’essence même de ça. C’est le genre de morceau où l’on attend avec impatience le refrain parce qu’au niveau communautaire, les gens veulent avoir un refrain qu’ils peuvent chanter ensemble et « Harvest » est l’un d’entre eux. J’imagine que ce sera un des moments préférés du public et qu’il sera intéressant de l’entendre chanter. En même temps, « Harvest » est plein de mouvements musicaux incroyables. C’est splendide et c’est délicat, et c’est à la fois bizarre, difficile et vraiment facile. C’est un peu tout ce qu’il y a là-dedans, non ?

Tuomas : Et une fois que tu auras compris les paroles et que tu auras réécouté la chanson, ça peut changer ta perspective sur ce qui se passe. Tout sera certainement plus clair. En fait, ce n’est vraiment pas juste pour tout le monde d’écouter l’album une fois et de devoir s’en faire une opinion.

Je n’ai pas reconnu la voix de Marco sur l’album…

Tuomas : Il chante sur chaque chanson de l’album, sauf sur « Procession » et il fait les chœurs. Il chante également la dernière chanson, « Endlessness ». C’est un peu comme son show solo sur l’album.

Troy : Eh bien, il la chante assez intensément quand on l’écoute à nouveau, il la chante avec un peu de venin dans sa voix, en fait. Mais les refrains sont magnifiques et il y a un merveilleux contraste entre le refrain et les couplets. Quand tu l’entendras à nouveau, tu verras.

Je vous remercie. J’ai donc une dernière question pour vous qui n’a rien à voir avec Nightwish, mais prévoyez-vous une nouvelle sortie avec Auri dans le futur ?

Tuomas : Oui !

Troy : Définitivement oui, nous avons de la matière pour Auri. Quand le vaisseau de Nightwish accostera, nous en descendrons et nous ferons plus d’Auri.

Tuomas : Je pense qu’une sortie en 2021 est possible.

Est-ce que vous prenez parfois de vraies vacances, sans musique ?

Troy : Nous avons eu une année de vacances il y a cinq ans, mais nous avons des aventures en dehors de la musique… Même si la musique est toujours un peu là, nous avons des aventures.


Photos : Tim Tronckoe

Pour suivre Nightwish :


PORN

No monsters in PORN's eyes

Il y a un an, nous vous proposions en interview Philippe Deschemin a.k.a. Mr Strangler, chanteur du groupe PORN à l’occasion de la sortie de « The Darkest Part Of Human Desires – Act II ».

Aujourd’hui, je vous propose de débriefer les événements qui ont eu lieu depuis la release et de vous présenter leur troisième album qui sortira le 27 mars 2020 !

Bonjour, comment allez-vous ? Êtes-vous impatient de présenter votre nouvel album « No monsters in God’s eyes – Act III » ? Quels sentiments éprouvez-vous vis-à-vis de la clôture de cette trilogie ?

Enfin une interview en français ! On vient de donner une série d’interviews en anglais pour plusieurs radios et magazines américains, anglais, canadiens et allemands. C’est toujours agréable de discuter avec des médias français, et cela dans la langue de Molière.

On pourrait parler d’un sentiment mitigé. A la fois de la tristesse mais aussi de bonheur et de fierté d’avoir enfanté une complète trilogie qui a trouvé écho auprès d’un public qui, avec tout notre étonnement, ne cesse de croître de manière exponentielle depuis la sortie du premier acte : « The Ogre Inside ».
Je discutais récemment avec Chris Vrenna (Nine Inch Nails, Marilyn Manson) qui me faisait part de son admiration. Il me parlait des sessions d’enregistrement de « Downward Spiral » de NIN, qui est aussi un concept album ainsi que d’ « Antichrist Superstar » de Manson sur lequel il a également travaillé.
Trouver écho auprès du public et de musiciens que tu admires est certainement la plus grande des satisfactions qu’un musicien puisse avoir. Entendre Chris Vrenna me dire que c’est incroyable… Cela est aujourd’hui possible grâce à Mr Strangler, et avec ce nouvel opus s’achève notre aventure avec lui.

Il y a donc un peu de tristesse, mais il faut savoir dire adieu. Tout a une fin.

PORN - No Monsters in God's Eyes

Avant d’en parler plus longuement, comment s’est déroulée la tournée qui a suivi la sortie de « The Darkest Of Human Desires – Act II » ? Avez-vous des concerts, des moments mémorables que vous voudriez nous partager ? Avez-vous eu l’opportunité de jouer dans de nouveaux pays ?

Nous avons donné une série de concerts dont une belle date à Paris au FGO, toutefois toutes les dates restent de bons souvenirs.

Nous avons des fans déments, à l’image des personnages que nous incarnons avec PORN ! Nous avons également collaboré avec plusieurs groupes dans le cadre de remixes (« Hante », « Fragrance », « Entropy Zero », « An Erotic End Of Times »,…). C’est une super expérience. Et aussi une sensation étrange car entendre ses propres morceaux remixés et réarrangés de manière différente est au départ toujours déstabilisant. Mais cela fait partie de la tradition du rock indus, alors nous nous prêtons à cela avec grand plaisir.
Nous sommes allés tourner des clips en Californie et du côté de Zurich. Ce sont des moments forts et qui nous permettent de gagner en expérience car le meilleur moyen de se former est de travailler avec ceux qui travaillent avec les plus grands. On a eu la chance de bosser avec Tom Baker sur l’Act II. Ce mec a bossé avec NIN, Ministry, Rob Zombie, Alice Cooper, Marilyn Manson… Pour le nouvel album, nous avons collaboré avec Brian Lucey qui, lui, a travaillé avec Ghost, Manson, Depeche Mode… Nous sommes si peu de groupes français à avoir ce privilège, avec la particularité chez PORN que nous sommes un groupe indé et DIY… Tout cela est possible grâce à nos fans de par le monde, nous en sommes conscients et savourons tous les instants…

De nouvelles portes, jusqu’à présent fermées, se sont-elles ouvertes pour vous ? (Festivals, magazines, radios,…)

Nous n’avons jamais eu le sentiment d’avoir des portes fermées. Ou alors elles le sont mais nous ne sommes pas au courant. Pour le savoir il faudrait qu’on tente d’ouvrir la porte. Pour le moment aucune porte n’est restée fermée lorsqu’on a essayé de l’ouvrir. Pour dire vrai, nous ne faisons pas les choses comme les autres, nous suivons notre propre chemin, essentiellement hors de France comme tu le sais. Par conséquent, il y a des portes que l’on ne regarde pas…
Je sais néanmoins que notre marginalité nous vaut des inimitiés dans le «milieu», il y a pas mal de jalousie malheureusement. Alors qu’il devrait y avoir de l’entraide… Mais quand tu tournes depuis des années avec comme seul objectif de décrocher une intermittence, que tu ne vends pas assez ou ne streames pas assez pour produire des clips, travailler avec des grands producteurs… Je comprends que tu puisses devenir un hater. Je conseillerai à ces personnes de se plonger dans Kropotkine «L’Entraide, un facteur de l’évolution».
Il y a toutefois un bon noyau de groupes français motivés et de bonne volonté en France, c’est extrêmement motivant. On fait peu attention à la négativité et à la frustration, nous tendons la main à tous.

Ensemble nous sommes toujours plus forts.

Dans la précédente interview, vous nous disiez que Mr Stangler, interprété par vous, luttait contre cet ogre qui était en lui et que l’ogre avait fini par gagner laissant Mr Strangler s’adonner au meurtre pour le plaisir. Étant donné que vous êtes Mr Strangler, si vous pouviez tuer n’importe qui de la manière de votre choix sans aucune répercussion derrière. Qui serait-il et comment le tueriez-vous ?

Je pense que je tuerais beaucoup de monde… Avec les mains bien entendu. Un étranglement certainement, de type Baseball Choke ou Ezekiel pour voir les yeux paniqués de ma victime. Le nom de Mr Strangler vient de là, de mon goût pour les étranglements dans les sports de combats, BJJ (Brazilian Jiu-Jitsu) et Grappling essentiellement.

Les morceaux du troisième album étaient quasi tous écrits à l’époque. Y avez-vous changé quelque chose depuis ou le temps vous a-t-il conforté dans vos idées ?

Non, il n y a pas eu de changement particulier.

Si on en suit les clips et les paroles des trois morceaux « High Summer Sun », « A Lovely Day » et « Some Happy Moments », Mr Strangler se serait fait attraper et serait passé de la colère à la remise en question :

« I feel the end but I am not sorry. How could I be ? Teach me, I am not sorry. But I am ready for it »
Tiré de « Some Happy Moments »

Pourriez-vous nous en dire plus sur ces étapes et sur son histoire depuis le second album ?

Dans le deuxième acte, Mr Strangler arrive à l’âge adulte, et il s’accepte. Après avoir lutté avec sa nature propre personnifiée par l’ogre intérieur (« The Ogre Inside »), il fait la paix avec lui-même et devient Mr Strangler. Il se laisse aller à ses désirs meurtriers. Ces désirs qu’il refrénait dans l’acte I, comprenant qu’il était un tueur, mais ne l’acceptant pas par pression sociale. Ainsi, durant tout l’acte II il s’adonne à sa passion avec son équipe et finit par se faire attraper. Il finit en prison dans ce nouvel album.

L’acte III est un album sur l’enfermement, la prison, l’internement psychiatrique. Il fait face à sa mort, coupé de la société. Le passage auquel tu fais allusion exprime son impossibilité à être empathique. Il en fait le constat. Il souhaite être désolé, mais il ne peut l’être. Considéré comme un monstre, un non-humain, il rappelle qu’il est un être de Dieu et qu’ainsi, nous sommes tous les créatures de Dieu. Même le pire des monstres est une créature de Dieu. Je ne crois pas en Dieu. Mais je trouve amusant de rappeler cela aux croyants, qui ont cette tendance à considérer celui qui ne croit pas comme eux comme étant hors de l’humanité… Cela évoque aussi un peu le Nécessitarisme en philosophie…

Vous m’aviez aussi dit que vous aviez créé une trilogie car vous vous sentiez limité par le nombre de chansons qu’un seul album permettait pour exprimer votre concept. Maintenant que le troisième et dernier album est terminé, pensez-vous avoir pu exprimer tout ce que vous vouliez ?

Non pas entièrement car il y a des choses qui restent inexpliquées dans la trilogie et dont j’ai les réponses. Comme l’envie irrépressible de Strangler de tuer… Donc on retrouvera Strangler afin que l’on puisse aller plus loin dans l’histoire. Peut être dans un roman, un comic book…

Votre prochaine tournée « No Monsters In God’s Eyes Tour 2020 » passera par Milan, Lyon, Paris et Nantes. Pouvez-vous déjà nous révéler d’autres dates confirmées ou nous dire quel(s) autre(s) pays vous pourriez couvrir ? Pensez-vous qu’une date en Belgique sera prévue ?

Nous sommes très concentrés sur le studio. Nous tournons, mais privilégions les belles dates dans de belles salles afin d’être en mesure de délivrer un show digne de ce nom à nos fans. Nous sommes plus intéressés par la satisfaction de nos fans que par aller gratter un cachet. Nous avons une fanbase solide qui permet d’assurer la pérennité du groupe sans être obligés d’aller jouer dans des festivals hors de propos ou dans des fests à 10h du matin en t’imaginant que ça va booster ta carrière… Après, tu finis par chialer car tu as toujours pas plus de 1000 auditeurs sur Spotify… Avec PORN pas de ça. On respecte nos fans plus qu’on a besoin de gratter de la fausse visibilité et nous préférons la qualité à la quantité.

Qu’en sera-t-il de l’avenir de PORN maintenant que cette trilogie est terminée ? Pensez-vous dans le futur repartir sur le même style de concept avec une histoire ? Ou peut-être avez-vous déjà en tête quelque chose de différent ?

Tout d’abord comme pour les précédents opus de la trilogie, nous allons sortir des remixes de l’Act III. Nous avons eu l’honneur de mettre à contribution des groupes comme Combichrist, Orgy, Stabbing Westward, Chris Vrenna de NIN, Jimmy Urine de Mindless Self Indulgence, The Anix, Ash Code, Lluther… Nous en sommes très fiers ! Et quel meilleur moyen de rendre hommage au dernier souffle de Mr Strangler que de faire participer tous ces grands groupes ?
Ensuite une nouvelle histoire va commencer, je ne vais pas en dire plus, mais cela va arriver très vite.

Comme d’habitude nous vous laissons le mot de la fin pour parler à vos fans et à nos lecteurs.

Nous sommes PORN, vous êtes PORN. Vous êtes Mr Strangler.


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Antiq-interview

Rencontre avec Léon d'Antiq Records

Aujourd’hui, nous avons décidé d’aborder d’autres acteurs de la scène musicale : les labels. Nous vous proposons l’interview d’Antiq Records, un label français qui propose des groupes divers et variés en valorisant aussi la scène locale. Avides de découvertes ? Feuilletez leur catalogue !

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein du label Antiq ?

Je suis Léon et mon rôle pourrait s’assimiler à celui d’un label manager, couplé à celui d’un directeur artistique. Je suis accompagné d’Adrien et de Joanna.

Brièvement, comment est venue l’idée de créer ce label ? Quelle est son histoire ?

Antiq est au départ venu d’un besoin de produire nos projets selon notre vision du monde de la musique.

Un petit collectif en quasi-autarcie, sans presque aucun lien avec le reste du monde professionnel de la musique. Au départ, nous étions trois, dont Adrien et moi, et gravitaient autour de nous plusieurs de nos amis impliqués dans des projets personnels.

Puis, assez rapidement, nous sommes passés à deux pendant 4 ans avant d’intégrer Joanna. Mais nous avions déjà ouvert notre ligne éditoriale dès la deuxième année.

Quels sont vos maîtres-mots ou vos valeurs ?

L’œuvre d’art totale, et tendre vers la cohérence entre les paroles, l’imagerie et le concept avec les sentiments que véhicule la musique.

Comment se passe la sélection des groupes chez Antiq ? Les groupes posent-il leur candidature pour être soutenus ou est-ce vous qui les contactez ?

Les deux cas de figure peuvent se présenter. Mais malgré notre statut et notre taille de tout petit label, il faut bien comprendre que notre sélection est draconienne : aujourd’hui nous recevons entre 3 et 5 candidatures par semaine, cela fait beaucoup.

D’abord, parce qu’il y a de plus en plus de groupes, et d’autre part, avec notre évolution nous touchons plus de monde. La sélection est difficile car il y a beaucoup de groupes. Nous voulons rester à une cadence de 6 à 8 sorties par an, notre planification est maintenant vue longtemps à l’avance.

Et enfin, il faut que le groupe rentre dans notre ligne éditoriale, en gros qu’il soit compatible avec l’univers que nous voulons promouvoir. Ah, et aussi, il faut qu’il nous plaise, ça paraît évident.

Quel est votre top 3 dans les groupes (et leurs albums) que vous avez produits en 2019 ?

Oh alors là, impossible de te répondre en n’en gardant que trois en tête. J’adore Véhémence et Malenuit, et l’univers musical développé par Dorminn, le son et les compos, si particuliers, qui me happent dans Tan Kozh. Je suis aussi très fier du split Incipient Chaos / Defenestration.

Mais cela, c’est en faisant abstraction de Grylle, modestie oblige, et d’une autre sortie qui n’est pas encore arrivée. En fait, j’aime de façon égale toutes nos sorties, car il y a une cohérence commune entre les projets, sinon nous ne les ferions pas. Donc, pas de top 3, plutôt un top-tout !

Quelle est la chose que vous préférez au sein d’Antiq ?

Le frisson de la créativité. Tu le ressens quand un groupe connu (et bon) te contacte ou te répond, quand un groupe moins connu t’envoie des pistes qui tuent, quand un nouveau visuel d’une production à venir, dont tu fredonnes déjà les chansons, tombe dans ta boîte et que tu es scotché par la force du truc. Quand tu envoies les fichiers à la fabrication avec cette légère appréhension, normale au demeurant, d’avoir tout bien fait. Quand les paquets arrivent enfin et que tu les ouvres, fébrilement, comme un kid qui reçoit son premier disque. Quand les chroniques tombent et qu’elles sont bonnes, quand les clients viennent te voir et te remercient pour ces nouveautés.

En fait, là encore, tout. À chaque étape, tu te dis que le vrai plaisir c’est ce que tu es en train de faire, avant de découvrir que l’étape d’après est encore plus agréable. C’est un enchaînement de frissons crescendo, tous différents mais avec chacun leur part d’inconnu, et cela se renouvelle sans cesse.

A tout travail, il y a des points positifs et négatifs. Nous avons abordé ce que vous préférez dans votre travail. Qu’en est-il de la pire chose ou de ce que vous détestez le plus faire au sein du label ?

Hmm… Comme tu as pu le comprendre, ça va être difficile de répondre, compte tenu que j’adore chaque volet de mon travail. La pire chose, c’est probablement devoir quitter l’ambiance d’un festival quand on vient en exposant. L’atmosphère d’un festival, les petites routines du stand et les discussions avec les clients, c’est un tel plaisir du partage, le quitter c’est toujours un peu déroutant.

Quand j’interviewe des groupes, je leur demande quels sont leurs projets pour l’année à venir. Je suppose que même au sein des labels, vous avez des attentes et des projets chaque année… Qu’en est-il pour Antiq pour l’année à venir ?

Oh, oui, plein de gros, de beaux et de fascinants projets. Là nous avons notre dernière sortie de l’année qui arrive, un split d’un style ambiant particulièrement bien exécuté. Ah, et aussi, l’édition double vinyle de Grylle, un très très bel objet qui voit le jour. Pour l’an prochain, du black d’avant-garde, du black un peu punk plus crade, du black à ambiance d’un pays froid, et toujours de l’ambiance.

Existe-t-il un groupe que vous auriez rêvé d’inclure dans votre label mais qui n’y est pas ? Si oui, pourquoi ce groupe en particulier ?

Ça doit faire au moins dix ans que je réponds Borgia. Ce maelstrom de black death alchimique, servi par des paroles historicistes déclamées, n’avait rien à voir avec les concepts boiteux auxquels on assimile souvent le style. C’était faire de l’histoire sans faire un cours d’histoire, c’était écouter une violence dont le raffinement élevait le groupe au degré du sublime.

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

Interview originale, je me suis bien plu à y répondre, je crois que tu as tout abordé. Je voudrais ajouter que toutes nos productions sont faciles à trouver pour les écouter et qu’elles ne demandent qu’à ce qu’on s’y penche pour en découvrir les attraits, et que malgré quelques difficultés actuelles notre site sera bientôt rénové pour un fonctionnement optimal. Merci à tous les lecteurs, merci à toi Délia.

Nous terminons cette interview avec un extrait musical de Grylle, groupe produit par Antiq Records.


Photo d’Antiq sur la page Antiq Label

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SETH-Interview

SETH célèbre ses 20 ans de blasphème

SETH, groupe de black metal français, fête les 20 ans de son album « Les Blessures de l’Âme ». A cette occasion, le groupe a sorti une édition live de cet album appelée « Les Blessures de L’Âme – XX ans de Blasphème » sous le label Les Acteurs de l’ombre. Je vous emmène dans leur univers avec une interview de Heimoth, un des membres fondateurs du groupe.

Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ? Qui êtes-vous et quel est votre rôle dans SETH ?

Heimoth, membre originel, guitares.

En quelques mots, qu’est-ce que SETH ? Quelle est l’histoire du groupe ?

En quelques mots ? Un peu difficile de résumer une carrière de 25 ans. On a débuté dans le sud-ouest de la France à répéter du black metal, chose que peu de monde connaissait en 1995. Il y avait des groupes qui se distinguaient tels que Marduk ou Emperor. C’était très motivant de naître dans une époque où les groupes dans le style pouvaient encore se manifester authentiquement sans être trop éclipsés par la quantité de formations environnantes.

Après une démo nous avons été approchés par Season of Mist, parmi ses premiers groupes, pour arriver sur Osmose lors de notre deuxième album en 2000. On a eu pas mal de reconnaissance dès les premières années du groupe car je pense qu’on se distinguait des autres Français grâce à un BM très intense, rapide dont les mélodies restaient très assumées. Notre chant en français a su également s’établir comme pierre angulaire du style dès 1998.

En d’autres termes, on est sorti naturellement de l’underground quand certains groupes de l’époque critiquaient ouvertement nos interviews sollicitées par de gros magazines. Par la suite, tous les groupes ont suivi ces mêmes traces. Aujourd’hui, certains parlent de nous comme les pionniers français.

Pourquoi avoir choisi de rendre honneur à cet album en particulier, 20 ans après sa sortie ?

Le groupe a sorti des albums très différents les uns des autres à travers toutes ces années. Après vingt ans, il nous a semblé naturel de rendre hommage à ce qui constituait la source vivante de notre périple, en ravivant les racines de notre entité, en célébrant un anniversaire entièrement fidèle à l’essence de l’esprit de l’époque. Une époque trop souvent caricaturée qu’on a souhaité faire revivre de manière assumée. C’est un plaisir pour nous de pouvoir proposer ce spectacle.

A l’occasion de cet anniversaire tout particulier, vous avez décidé de sortir une édition live des « Blessures de l’Âme » appelée « Les Blessures de L’Âme – XX ans de Blasphème ». Pourquoi avoir choisi d’enregistrer l’album aux Feux De Beltane (mai 2019) ?

On ne l’a pas prémédité c’est en fait une idée de LADLO. Suite à notre prestation, on nous a fait écouter un enregistrement, Gérald du label nous a proposé de lui-même de sortir ceci sous version CD par son label. On a gardé notre ingé son live pour remixer les bandes et nous avons été séduits par la qualité de l’enregistrement.

Aujourd’hui nous pouvons enfin présenter cet album sous une version différente, bien loin du son très compressé du CD originel. C’est très enthousiasmant de pouvoir proposer un nouveau son à ces morceaux, légèrement plus actuels et bien meilleur à mon goût.

En 1998, « Les Blessures de l’Âme » était sorti chez Season of Mist. Pourquoi avoir choisi le label Les Acteurs de l’ombre pour l’édition live de 2019 ?

Comme je l’ai dit plus haut, c’est un concours de circonstances, une idée des Acteurs à la base. Gérald a contacté Season par la suite et il n’y a eu aucun souci.

En 2012, Season of Mist a sorti une réédition de l’album. Était-ce suite à votre demande ou à celle du label ? Pourquoi avoir remasterisé l’album ?

Nous avions fait un break de quelques années avant de 2012. On avait prévu de revenir sur Season qui a proposé de rééditer cet album car je crois savoir qu’il n’était plus disponible. Par la suite, on a sorti notre cinquième album, « The Howling Spirit ».

Certains groupes me disent parfois qu’ils se lassent de jouer tel ou tel morceau de leur set mais qu’ils continuent de le faire pour satisfaire leur public. Et vous, y-a-t-il un morceau (ou plusieurs) dont vous vous lassez mais que vous jouez malgré tout ?

Pas vraiment car on ne fait pas partie des groupes qui sont toujours sur la route. On joue assez occasionnellement donc on ne se sent pas forcément las de jouer tel ou tel titre.

Comment fait-on pour faire garder cette même fraîcheur, cette même puissance émotionnelle à un album qui a 20 ans ?

On a réfléchi quelque peu à la meilleure des manières de magnifier l’esprit représenté par cet album. On a privilégié la sobriété avec quelques cierges et un backdrop rappelant directement la pochette. Il n’était pas de notre souhait d’apporter une quelconque touche de modernité – pas de kakemonos ni d’artifices trop récents. Tout ceci s’est fait naturellement grâce entre autres au charisme de notre chanteur Saint Vincent. Certains de nos membres récents ont aussi en effet poussé à raviver la flamme des « Blessures ».

Lors de l’écoute d’un album, il nous arrive souvent d’avoir notre petit morceau préféré, cette petite pépite qui nous fait voyager encore plus loin que les autres. Qu’en est-il pour vous ? Y-a-t-il un morceau en particulier sur « Les Blessures de l’Âme » qui vous fait plus vibrer que les autres et pourquoi ?

« A la mémoire de nos frères » ne me laisse bien sûr pas indifférent car c’est celui qui avait été mis en avant en 1998. C’est pour beaucoup un titre incontournable de la scène BM française et ça se ressent lorsque nous sommes sur scène.

Vous avez déjà pas mal de belles dates à votre actif, une certaine expérience aussi… Est-ce qu’il vous reste tout de même des rêves à réaliser, des objectifs à atteindre avec SETH ? (Concert ultime, label de vos rêves, groupe(s) avec qui vous rêveriez de jouer, …)

C’est toujours sympa de pouvoir faire de bons festivals sans perdre de vue l’aspect intimiste des petites salles. Cette année on nous propose le Hellfest pour faire « Les Blessures de l’Âme » et c’est franchement un certain aboutissement que de pouvoir présenter cet album devant des dizaines de milliers de personnes sur le sol français. Vivement ! Il n’y a pas de label ultime, il n’y a que des maisons de disque qui soient motivés à sortir un groupe spécifiquement. C’est ça qu’on recherche, un label dont la motivation se ressent.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview afin de vous permettre de la clore comme bon vous semble et en vous laissant l’opportunité de délivrer un message qui vous tient à cœur.

Cet anniversaire de l’album se finit cette année, ne manquez pas nos dernières prestations pour faire vivre à jamais « Les Blessures de l’Âme » !

Je clos cette interview avec une vidéo du live donné par SETH au Tyrant Fest en 2019.


Photo par © Thomas Mazerolles

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Ye Banished Privateers

Ye Banished Privateers déclaré Hostis Humani Generis

Si vous aimez boire du rhum, chanter comme un pirate et crier « Walk the plank ! » quand votre ami fait une blague pas drôle : Ye Banished Privateers est fait pour vous ! J’ai interviewé Magda Malvina Märlprim, guitariste et chanteuse du groupe et lui ai posé quelques questions pour vous faire découvrir son groupe et leur passé, mais aussi leur nouvel album « Hostis Humani Generis ».

Salut comment allez-vous ? Êtes-vous impatients de présenter « Hostis Humani Generis » ?

Salut, nous allons vraiment bien, merci. Nous sommes vraiment impatients de laisser nos fans écouter notre meilleur album jusqu’à présent et d’obtenir une réponse à tout le travail acharné que nous avons mis dans ce projet.

Avant d’en parler, je voudrais vous poser quelques questions sur ce qui vous a amené où vous en êtes aujourd’hui. La première est simplement, qu’est-ce qui vous a amenés à faire du « pirate folk » ? Vous vouliez faire du folk et le thème des pirates est venu après ? Un groupe vous a-t-il inspiré ?

En fait, nous avons commencé avec le thème des pirates avec Peter portant un joli costume et de la barbe. Puis il s’est avéré que Björn avait de belles chansons qu’il avait écrites il y a des années.

Notre inspiration musicale était assez variée puisque les membres originaux venaient de traditions metal, folk, punk et auteur-compositeur-interprète. Ce n’est qu’après quelques années en tant que groupe que nous avons réalisé qu’il y avait d’autres groupes de pirates actifs autour. Maintenant, onze ans plus tard, c’est un genre à part entière, ce qui est énorme.

De quoi parlent les paroles de vos albums ? Racontent-ils la même histoire ? Plusieurs histoires ? Ou s’agit-il principalement de la vie de pirate ?

Notre dernier album, « First Night Back In Port », était consacré au retour de vos proches après une dure vie en mer, apportant de l’or et des histoires de grande aventure.

Cette fois, la piraterie n’est pas uniquement fun et un jeu. La fin de l’âge d’or de la piraterie approche à grands pas et les chasseurs de pirates et les flottes des grandes nations maritimes font de la vie des pirates une entreprise dangereuse et souvent brève. « Hostis Humani Generis » raconte comment la fin approche et comment chaque jour en tant que pirate peut être votre dernier. Nous essayons de dresser un tableau nuancé des méchants idolâtrés et stéréotypés du début du XVIIIe siècle, à la fois en incluant tout le rhum et le côté fanfaron, mais aussi en donnant la parole aux opprimés, à ceux laissés sur le rivage et aux luttes humaines à l’époque du nationalisme féodal.

Comment avez-vous choisi vos costumes ? Est-ce basé sur un personnage que vous avez créé pour le groupe ou est-ce basé sur un GN datant d’avant la formation du groupe ? Si c’est spécifique au groupe, pourquoi avez-vous choisi ce costume spécifiquement ?

Chaque membre a une histoire personnelle sur son costume, à la fois liée à un personnage de scène avec des tâches spécifiques dans l’équipage pirate qui est Ye Banished Privateers, et au fait que passer dix ans dans un groupe de pirates ajoute de l’attitude, des détails et beaucoup de patine à tout ce que vous portez. La plupart des taches sont là parce que quelque chose s’est passé…

J’ai vu que le groupe comptait beaucoup de membres, 20 si je ne me trompe pas, avez-vous déjà eu des problèmes avec cela ? Voyagez-vous en entier pour chaque concert ? N’est-ce pas compliqué de réunir tout le monde pour les répétitions ?

Je pense que nous avons été 27 membres sur scène une fois. La plupart du temps, nous sommes de 10 à 12 lorsque nous partons en tournée. Parfois, ça peut être vraiment bondé sur scène, mais la plupart du temps ça va. La scène est en fait plus ou moins notre salle de répétition, car nos membres sont dispersés dans toute la Suède à ce stade. Être un grand équipage est très amusant, mais cela rend les voyages plus difficiles. Alestorm a dit qu’il ne voulait pas faire de tournée avec nous. Ils avaient peur que l’on mange toute leur restauration.

Si on vous proposait un spectacle américain avec tous les effets spéciaux et décorations que vous aimeriez, quel serait le spectacle idéal pour vous ?

Nous construirions une réplique du navire de guerre suédois Wasa, le monterions comme un bateau pirate, le placerions sur une scène avec des lance-flammes et finirions le spectacle en le faisant exploser avec de la poudre à canon.

Parlons de votre nouvel album « Hostis Humani Generis ». De quoi les paroles vont-elles parler ? Sont-elles liées au titre et à la notion d’ennemi de l’humanité ?

Toutes les paroles suivent le thème de la dualité de la piraterie. Aujourd’hui, nous considérons les pirates comme des personnages armés de pistolets avec des cartes au trésor et des troncs d’or cachés. Nous essayons de nous concentrer davantage sur les vrais humains derrière le mythe. Aux yeux de beaucoup, les pirates étaient des criminels violents sans grand respect pour la vie humaine. Pour d’autres, les pirates étaient des pères, des frères et des sœurs dévoués, qui n’avaient d’autre choix que d’enfreindre la loi pour survivre ou subvenir aux besoins de leur famille. Derrière chaque personne qualifiée d’ennemi de l’humanité tout entière, il y a généralement une histoire profondément tragique à raconter. Dans notre album, nous nous concentrons sur quelques-uns de ces individus et leur chemin vers la potence.

Ce sera votre deuxième album chez Napalm Records, comment se passe cette collaboration et vous a-t-elle apporté quelque chose par rapport au label précédent ?

Notre équipe chez Napalm est vraiment bonne dans ce qu’ils font. Des réservations aux réseaux sociaux en passant par la presse. Pour nous qui sommes habitués à tout faire nous-mêmes, c’est une expérience cool de faire partie d’un label majeur. Nous contrôlons toujours tout ce qui est créatif et ils ont un grand respect pour nos valeurs, c’est important et c’est ce qui fait le succès de notre collaboration.

D’où vient le dessin / la peinture qui servait de pochette d’album ?

La pochette de l’album a été créée par l’artiste talentueux Eliran Kantor. Il a vraiment capturé l’essence de « Hostis Humani Generis ».

Ye Banished Privateers - Hostis Humani Generis

Est-ce la même personne / organisation qui a créé la lyrics vidéo de la chanson « Elephants Dance » ? Avez-vous apporté une contribution ou est-ce quelque chose qui a été géré par le label ?

La vidéo pour « Elephant’s Dance » a été produite par 4inch Media, en utilisant les illustrations à l’intérieur du livret du CD dessiné par Felix Jonathan Jenkins. Nous sommes impliqués dans tout ce qui est sorti au nom du groupe, donc nous l’avons définitivement envoyé plusieurs fois avant la fin de la vidéo.

À l’exception d’une date en Allemagne, aucune date de tournée n’a encore été annoncée. Avez-vous une idée de s’il y aura une tournée et si oui, où allez vous aller ?

Nous avons beaucoup de dates en préparation, mais nous attendons toujours le feu vert des promoteurs pour les rendre publiques. Si vous voulez rester à jour, gardez un œil derrière votre cache-œil et l’autre sur nos réseaux sociaux.

Nous arrivons à la fin de cette interview. Avez-vous quelque chose à dire à nos lecteurs et / ou à vos fans ?

Merci pour tout votre soutien au fil des ans. Il se trouve qu’être musicien est un dur labeur, mais vous en valez la peine à chaque seconde. Nous espérons vraiment que vous allez aimer notre album et nous aider à diffuser notre musique en haute mer !

En dehors de cela, rappelez-vous que la piraterie consiste à combattre les gros poissons, à remettre en question les normes oppressives et à survivre.

Soyez un pirate !


« Hostis Humani Generis » sortira le 7 février 2020 ! Si vous avez aimé l’interview, vous savez quoi faire !

Photo de Samuel Pettersson

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SCD - interview

SCD's Misleading Weapons au MassDeathtruction 2019

Au MassDeathtruction 2019, j’ai rencontré et interviewé le charmant Seb, chanteur du groupe de death grind français Sublime Cadaveric Decomposition (SCD). Via ces quelques lignes, je vous propose d’en apprendre un peu plus sur le groupe mais aussi sur l’univers musical qui les inspire à travers des extraits musicaux des groupes dont nous parle Seb pendant l’interview. N’oubliez pas d’aller jeter un œil à leur page Facebook mais surtout de les soutenir en allant les voir en concert s’ils passent près de chez vous.

Avant d’enchaîner sur l’interview de Seb, je souhaite remercier Pedro, l’organisateur du MassDeath pour son accueil et pour m’avoir permis d’interviewer Seb dans un cadre professionnel. Soutenez les orgas locales comme celle de Pedro et du MassDeath, c’est grâce à tous ces gens qu’on peut encore assister à d’excellents événements abordables près de chez nous !

Commençons par les présentations. Qui es-tu et quel est ton rôle dans Sublime Cadaveric Decomposition ?

Je suis Seb, chanteur de SCD depuis 1996. Donc ça va bientôt faire 25 ans, sachant que depuis 25 ans, il y a eu des petits changements de line-up au sein du groupe. Le guitariste et le batteur actuels sont présents depuis 16 ans environ.

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, qu’est-ce que SCD ?

Donc, on vient de Paris. On a fait le groupe avec des potes qu’on avait rencontrés en concert quand on était ados et puis on a décidé de monter SCD sachant qu’à l’époque dans le même groupe il y avait le batteur et le guitariste qui ont fait Arkhon Infaustus (black metal) et Antaeus (black metal), donc on partageait le même studio vu qu’on avait des membres en commun. À l’époque pour SCD, c’était vraiment toute la scène underground grind, crust, gore, porno gore avec des groupes comme Catasexual Urge Motivation, Gut, Last Days of Humanity, etc. Plus toute la scène death qu’on a écoutée quand on était gamins. On était dans la scène depuis pas mal d’années et on avait envie de participer au truc sans savoir que des années plus tard on continuerait à le faire.

Comment vous sentez-vous après ce passage sur scène ? Qu’avez-vous pensé de votre prestation, de l’ambiance et du public ?

C’est sympa de venir ici parce que c’est la troisième fois qu’on fait le MassDeath. On a joué l’année où il y avait Entombed (2011) et on l’a fait l’année suivante (2012) avec Obituary. À l’époque, ce n’était pas dans le même endroit. Puis le MassDeath s’est arrêté quelques années et quand on a vu que Pedro a recommencé à le faire, on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on y soit. Maintenant on est des habitués. On avait aussi envie de découvrir le nouvel endroit. Si j’ai bien compris, c’est le troisième concert qui se fait ici. On nous a dit qu’il y avait eu Casse-Noisette avant. Donc il nous semblait qu’après Casse-Noisette, il fallait au moins SCD, sinon ce n’était pas un vrai baptême de la salle. Donc, on est super contents de venir ici.

Et puis en plus quand on a commencé à écouter du grindcore, du death, etc, il n’y avait pas énormément de concerts en France et on venait souvent en Belgique à Ypres, Gand, etc, où on allait voir plein de groupes. C’étaient des petites salles super underground mais il se passait beaucoup plus de choses en Belgique qu’en France à l’époque. Il y avait très très peu de choses. Enfin, il y avait tous les gros groupes qui jouaient mais dans les scènes vraiment underground extrêmes, il n’y avait pas grand-chose. C’était principalement en Belgique que ça se passait. Il y avait notamment Agathoclès qui organisait le festival Wee Lawaat à Zichem où on allait tous les ans.

On finissait par faire plus de concerts en Belgique qu’en France sur certaines années. Ça a pas mal changé ces dernières années. Il y a eu beaucoup plus de hardcore qui est arrivé, j’ai l’impression, et du coup moins dans la scène goregrind. Là je crois que pour cet album, par exemple, c’est le premier concert qu’on fait en Belgique alors qu’on a déjà fait une tournée aux États-Unis, des dates au Canada, le Hellfest pour la deuxième fois, l’Obscene Extreme Festival pour la troisième fois et le SWR Barroselas Metalfest au Portugal pour la troisième fois.

Franchement, on était super contents de revenir en Belgique parce que c’est quand même un festival où il y a plein de monde, où les conditions sont vraiment géniales. Et puis en plus ça fait pas mal de temps qu’on n’était pas venus finalement. Ça fait toujours plaisir de revenir et puis, on est quand même voisins donc on se considère un petit peu chez nous.

Vous voulez voir ce que donnait SCD au MassDeath en 2011 ? C’est par ici et c’est filmé par 666Vassil.

https://www.youtube.com/watch?v=oW80_1Z6WFA

A l’occasion de ce MassDeaththruction 2019, avez-vous joué « Misleading Weapons Of Mass Destruction » (Inventory of Fixtures, 2007) ?

On ne l’a pas jouée aujourd’hui, il faudra qu’on revienne. C’était un des prétextes qu’on avait imaginés. Pour la setlist d’aujourd’hui, on a commencé par des morceaux des premiers albums puis chronologiquement on avançait. On a quand même joué deux morceaux d' »Inventory of Fixtures ». Ensuite, on a poursuivi pendant à peu près la moitié du set avec des morceaux du dernier album.

2019 a été une année riche en très belles dates avec notamment le Hellfest et l’Obscene Extreme Festival. Du coup, y a-t-il encore des endroits après des dates aussi grosses où vous rêveriez jouer ?

Franchement, il y en a encore plein. Disons qu’en Allemagne il y a quand même énormément de gros festivals et on n’y joue pas énormément. On a fait le Berlin Deathfest il n’y a pas longtemps mais les très grands festivals, on ne les a pas faits. Donc, ça serait super sympa d’y jouer. Le Japon, on était en train d’en discuter parce qu’on a fait la tournée américaine avec Viscera Infest, un groupe japonais. Et en fait, leur manager c’est Naru qui était dans C.S.S.O., qu’on connaît depuis des années. On s’est rencontrés en Allemagne au Fuck the Commerce où on jouait en 2001 avec C.S.S.O. notamment. Donc ça commence aussi à faire un petit paquet d’années.

Donc aux États-Unis, Naru accompagnait Viscera Infest. On a parlé de refaire des dates Japon, ce qui est un peu plus compliqué parce qu’aujourd’hui, clairement la scène européenne, c’est une des meilleures au monde entre le nombre de festivals, le nombre de personnes qui viennent à chaque concert et festival, les gens qui achètent du merch, les conditions d’accueil qui sont presque incomparables avec d’autres endroits…

On se dit souvent que les Etats-Unis c’est génial mais ce n’est pas la même chose non plus. Même le Maryland Deathfest où on a rejoué pour la deuxième fois, ce n’est pas pareil, je dirais qu’il y a 3 000 personnes peut-être. Quand on compare avec ce qu’on peut avoir avec le Hellfest où on a environ 50 000 personnes sur trois jours… Même le Motocultor je crois que c’était 42 000 personnes l’année dernière.

Nous, ce qu’on aimerait vraiment faire aussi, c’est tout le nord de l’Europe avec la Norvège, la Finlande,… On n’a pas souvent été là-bas et ce sont des endroits qui ont plein de trucs géniaux dans la scène crust et death. Donc oui, ce sont des scènes où on n’a pas encore été suffisamment.

Quelle est la date qui vous a le plus marqués cette année ?

Le Hellfest, honnêtement ça reste extraordinaire. Quand on écoute les groupes, c’est quand même un truc qu’on ne voit pas tout le temps. Il faut savoir que maintenant les tentes Altar et Temple c’est environ 10 000 personnes. De plus, avec l’écran géant au fond de la salle, il y a encore du monde derrière et c’est rempli. C’est juste incroyable parce que même des gros groupes qui tournent beaucoup, ils jouent rarement devant 10 000 personnes.

C’était la deuxième fois pour nous donc on a pu le savourer différemment que la première fois où on était un peu pris dans le machin. Là, on l’avait anticipé, on a pu faire filmer par les gars d’Arte, enfin, Sombrero Production qui travaillent pour Arte. On a fait prendre le son par l’ingénieur son de la salle. Donc il y avait un peu d’organisation en amont et c’est très minuté aussi pour pouvoir le faire. Ce n’est pas qu’il y ait une pression particulière c’est juste qu’on sait que le Hellfest, il faut partir en se disant que ça s’est bien passé.

De plus, ça dépasse complètement le milieu du metal. Ce festival-là au boulot, ou n’importe où d’ailleurs, il y a des gens qui n’écoutent pas du tout, qui ne connaissent pas le metal mais connaissent complètement le Hellfest et en parlent. Donc en y jouant, il y avait vraiment tout le monde qui savait qu’on allait y jouer et qui voyait ce que c’était.

L’Obscene Extreme c’est génial aussi parce que c’est plus orienté dans le style qu’on fait. Et puis c’est une ambiance différente. Le public peut monter sur scène donc on est encore dans autre chose. Cela étant, on est beaucoup plus habitués à ce festival vu que c’est la troisième fois qu’on y joue. On commence à vraiment bien le connaître.

À chaque fois, c’est différent, ce ne sont pas du tout les mêmes choses mais on en garde un souvenir super mémorable.

Le Hellfest, c’est génial mais à la fois je suis presque sûr que tu mets un groupe qui joue aux échecs sur scène, tu as 10 000 personnes qui viennent les voir. Au Saint Vitus, tu es dans une salle où les gens se sont déplacés pour voir la tête affiche à New York. Donc, ça, c’est un super souvenir.

New York m’a plus plu que le Maryland Deathfest. New York c’était vraiment sympa parce qu’on était tête d’affiche au Saint Vitus, une salle à Brooklyn où Joan Jett a joué, par exemple. Donc, tu es content d’y aller parce que c’est une salle qui a marqué la musique et c’était rempli, on avait un super son et en plus les gens venaient vraiment nous voir.

Votre dernier album « Raping Angels In Hell » est sorti en 2017. Du coup, à quoi peut-on s’attendre pour 2020 ?

On a encore plein de concerts. Certains sont annoncés, d’autres sont encore en négociation mais on a encore plein de trucs en 2020. Je pense qu’on va tourner toute l’année. En revanche, on commence déjà à se projeter et à se dire qu’ il faudrait quand même qu’on commence à imaginer se mettre en mode composition aussi. C’est assez compliqué actuellement avec toutes les dates qu’on a parce qu’on joue quasiment tous les week-ends. Donc on il est compliqué de réussir à bosser plus ces nouveaux morceaux mais on commence à l’avoir dans un coin de la tête et c’est devenu une actualité.

Avec un nom comme Sublime Cadaveric Decomposition, je me demande où vous trouvez votre inspiration et quels sont les thèmes que vous abordez dans vos chansons ?

On a eu une période plutôt orientée crust qui reste aussi une grosse influence qu’on avait à l’époque. Ensuite on est devenus un peu plus death, on va dire, et sur le dernier vraiment on a essayé de revenir aux racines. Donc, un mélange de tout mais avec des textes plutôt porno gore.

C’est principalement du porno gore sur le dernier album. Cependant, ça a changé pas mal au niveau de la dénomination du style. Les trois premiers albums n’avaient pas de textes donc c’était vraiment que les pochettes et les graphismes qui donnaient la teinte avec en plus la musique. Là, on était vraiment dans du porno gore.

En matière d’influences, je dirais que ça concerne tout ce qui a trait à la sale ambiance que même-moi je retrouvais dans des groupes qui m’ont hyper influencé comme Gut qui a vu le jour en Allemagne et avec qui on a d’ailleurs joué en Hollande. C’est la première fois qu’on a joué avec eux. C’était culte comme moment. On s’est rencontrés dans les loges, je ne les connaissais pas. Du coup j’ai été porter des T-shirt religieusement pour leur donner. Du coup ils nous ont proposé de nous servir dans leur merch et on a fait des photos ensemble. Franchement ils sont super sympas en plus. D’ailleurs le guitariste a joué avec notre T-shirt sur scène,  un grand moment d’émotion. C’était l’accomplissement total. Maintenant ce qu’on fait, c’est un peu toutes ces influences qu’on avait quand on a commencé.

C’est quoi votre meilleur et votre pire souvenir en tant que membre de SCD ?

Alors, c’est à la fois le meilleur et aussi le pire parce qu’avec le recul on a fini par en rire. On avait une tournée qui devait faire Canada, Etats-Unis, Canada. C’était vers 2008, un truc comme ça. Cette tournée devait durer environ 4 à 5 semaines. On prenait l’avion pour aller à Montréal, on avait des dates au Canada. Ensuite, on devait prendre l’avion pour les États-Unis puis on avait les dates aux États-Unis. Après ça, on retournait au Canada pour y jouer quelques dates avant de revenir en France. Jusque-là, tout est impeccable.

On prend l’avion, on arrive à Montréal et on nous indique que les instruments de musique sont à récupérer sur l’autre tapis roulant. Donc, on y va, on récupère les instruments de musique et là, des flics en civil nous arrêtent pour nous emmener à la douane. Arrivés à la douane on nous demande si on est bien Sublime Cadaveric Decomposition et si on va bien jouer à tel et tel endroit.

Pour remettre les choses dans leur contexte, à l’époque, il ne fallait pas les mêmes autorisations pour jouer dans des salles qui vendaient de l’alcool ou de la bouffe.

Donc pour en revenir à la douane, on leur répond « Oui, peut-être, ça dépend des organisateurs. Il faut leur poser la question. » Là ils nous ont dit d’arrêter de les bassiner et ils nous ont placés en détention et nous avons été interdits de territoire au Canada. Ils nous ont mis en cellule derrière le truc de la douane à l’aéroport. On a eu droit aux photos avec les petites plaquettes puis on a passé la journée en cellule.

À la fin de notre détention, ils nous ont dit: « Soit on vous envoie ce soir à Marseille puis vous vous démerdez pour revenir à Paris et vous êtes interdits de territoire. Soit, vous discutez, vous êtes interdits 10 ans de territoire. Soit, vous voulez repartir à Paris et on vous garde une semaine en détention. » Finalement on est repartis à Marseille et sans avoir dormi on a fait Paris-Montréal, une journée à Montréal. Puis, Montréal-Marseille et de Marseille, on a repris le train pour revenir à Paris et la tournée était terminée.

On est quand même allés à l’ambassade canadienne à Paris pour essayer de négocier. Ils nous ont dit: « Vous n’êtes pas Aznavour alors c’est fini. »

L’année dernière, quand on y est retournés, même si on avait tous les papiers en règle et que la réglementation avait complètement changé, on n’était pas rassurés.

Aujourd’hui c’est beaucoup plus simple mais quand on est passé à la douane, on a encore été bloqués. Les douaniers nous ont demandé si on était déjà venus. On leur a expliqué qu’on avait été expulsés et on a présenté les papiers. Comme les lois n’existent plus aujourd’hui dans le Code canadien, ils ne trouvaient pas le motif de l’expulsion et ils ne comprenaient pas pourquoi on avait été expulsés donc nous avons été à nouveau bloqués pendant un petit moment. C’est donc un bon et un mauvais souvenir à la fois pour nous.

Quel est le morceau, l’album qui vous rend complètement dingue ?

Alors, il y en a plusieurs. D’abord, l’album « The Global Cannibal » (2003) de Behind Enemy Lines qui est vraiment génial du début à la fin. Ensuite, il y a toujours Nasum avec l’album « Helvete » (2003). Puis, il y a « Bolt Thrower » qui du début à la fin est un chef d’œuvre. Enfin, il y a aussi Napalm Death et son fabuleux « The Harmony Corruption » (1990).

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

On se quitte avec un extrait vidéo de la prestation de SCD au MassDeathtruction 2019 filmée par Yohann Thibaut.

https://www.youtube.com/watch?v=Xm8916waxxw

Je souhaite d’abord dire merci à tous les lecteurs dont certains nous suivent peut-être maintenant depuis pas mal d’années. Sinon, aujourd’hui j’ai 45 ans dont 24 ans de chanteur de Sublime Cadaveric Decomposition et ce que j’espère c’est que dans 24 ans je ferai encore la même chose. Et ça c’est grâce à tous ceux qu’on rencontre ici. Merci à tous.


Vidéo de SCD au MassDeath en 2011 par 666Vassil.

Vidéo de SCD au MassDeath en 2019 par Yohann Thibaut.

Photo par SCD

Vous voulez en savoir plus sur Sublime Cadaveric Decomposition ?


Brutal Sphincter - interview

Nos 5 étoiles montantes: Brutal Sphincter

Depuis quelques temps, ils font parler d’eux et ce de plus en plus fort. Nous avons interviewé pour vous Spermain de Brutal Sphincter, groupe de goregrind belge qui s’est vu octroyer une place sur l’affiche du célèbre festival Hellfest (Clisson, France). De l’underground à un des plus gros et des plus populaires festivals metal d’Europe, comment en sont-ils arrivés là ? Spermain nous dit tout dans cette interview.

Pour commencer, qui se cache derrière Brutal Sphincter et quel est votre job dans le groupe ?

Brutal Sphincter est un groupe composé de 5 membres, à savoir : Spermain (basse), GG Stalin (chant avec effet), Major Diarrhea (chant sans effet), Leopoold II (batterie) et Corde Sensible (guitare).

Dans le groupe, chacun a son rôle. Personnellement, je m’occupe d’écrire la musique (basse + guitare) et la structure des morceaux, du management du groupe (répartition des tâches, réunions, etc), du booking, de la page Facebook, des mails, de la gestion budgétaire et du merch (commandes et envois).

GG Stalin se charge de collecter les infos pour le bon déroulement du concert (rider tech, hospitality rider, accommodation, etc) et d’écrire les paroles pour les morceaux.

Major Diarrhea écrit également les paroles, s’occupe de tout ce qui tourne autour de l’utilisation du logiciel Photoshop (design, memes, flyers, banners, etc), de la masterisation (parfois du recording) de nos morceaux et des problèmes techniques (live, internet, etc).

Leopoold, quant à lui, écrit les parties batterie, gère notre l’Instagram et s’occupe de relancer régulièrement les festivals qui n’ont pas répondu à nos mails.

Enfin, Corde Sensible m’aide dans la composition des morceaux et gère la chaîne YouTube via la création de contenus.

Comment en êtes-vous venus à créer Brutal Sphincter, dans quel but ?

La création du groupe a, en réalité, émergé d’une blague avec l’un des (ex-)membres fondateurs du groupe (Jason ANANIA). Lors de nos études d’assistants sociaux, nous étudiions (trop) souvent la psychanalyse selon Sigmund Freud. Celui-ci parlait sans arrêt du stade anal et du contrôle sphinctérien. Dès lors, nous pensions que ce serait drôle d’appeler un groupe de goregrind Brutal Sphincter.

Quelques mois après, le délire a vu le jour. Je recherchais personnellement un groupe plus extrême que ce que proposait la scène liégeoise à l’époque. De plus, je voulais en être le créateur afin de pouvoir le diriger où je le désirais… Je n’aurais jamais pensé que le groupe fonctionnerait aussi bien, par contre.

Musicalement parlant, vous définissez le groupe comme un groupe de « POOlitical » goregrind. Le goregrind, je vois de quoi il en retourne. Qu’en est-il de la mention « POOlitical » ?

À vrai dire, les groupes de la scène ont tendance à toujours décrire leur goregrind avec des adjectifs débiles. Généralement, les thématiques du porno/gore grind tournent autour de tout ce qui est fécal, sexuel, maladif ou gore… Ici, sans pour autant renier là d’où on vient (LE CACAAA), avec notre second album « AnalHu Akbar », nous avons désiré changer le jeu car nous trouvions les précédentes thématiques ennuyeuses.

Nous pensons que le goregrind doit être choquant comme le death metal l’a été à une époque et comme le style l’était en lui-même lorsqu’il a émergé dans les années 90. Quoi de mieux pour offenser les gens que de blaguer sur des sujets politiques sensibles comme l’Islam, la pédophilie, le nazisme et autres?

Cependant, même si les titres sont extrêmement provocateurs, les paroles derrière restent sensées. Il s’agit généralement de critiques, de constats ou simplement de trollages massifs. Il aurait été idiot de provoquer sans vouloir faire réfléchir…

Par ailleurs, nos paroles devraient bientôt être uploadées sur certains sites dédiés aux lyrics.

Depuis la sortie de votre second album « AnalHu Akbar », le groupe ne cesse de gagner en popularité. Comment expliquez-vous ce succès ?

Tout d’abord, il y a l’élément musical. Nous avons, je pense, créé une forme de goregrind assez unique. Les structures des morceaux sont assez complexes et les riffs plus ou moins techniques comparés au reste de la scène. Ensuite, nous nous sommes rendus dans un studio professionnel (Blind & Lost Studios) qui nous a fait une production aux petits oignons. Rajoutez à cela des thématiques originales et des vocalises variées et nous obtenons la patte Brutal Sphincter. C’est cela qui nous a permis de nous démarquer dans la scène.

Cependant, la musique ne se suffit pas à elle-même. L’image et la réputation du groupe doivent être soignées. Il est important d’être bien perçu par le public et de créer de bonnes relations. Il s’agit de se créer un réseau.

Enfin, ajouter des heures de networking et de management, par semaine. C’est un travail constant qui demande une grande assiduité. C’est bien pour cela que la plupart des gros groupes ont des managers… Cela prend un temps monstre.

Vous avez fait quelques belles scènes cette année dont l’Obscene Extreme, un des plus grands festivals du genre en Europe. Que vous reste-t-il à accomplir ou plutôt à conquérir ?

Nous avons vu l’OEF comme une scène tremplin. C’était un show très important pour notre crédibilité auprès du grand public.

Cette interview m’a été adressée, il y a quelques mois. Fin décembre, je trouve seulement le temps d’y répondre. Il y a quelques mois, j’aurais dit que j’aurais désiré jouer des grosses scènes comme le Netherlands Deathfest, le Summer Breeze, le Brutal Assault, etc.

À ce jour, nous sommes confirmés pour le Hellfest et pour le Netherlands Deathfest. Bien que cela soit toujours surréaliste pour nous, nous ne désirons pas nous arrêter là. Nous désirons faire de nos participations à des événements mainstream quelque chose de régulier. D’autres continents restent également à conquérir.

Niveau popularité, nous aimerions devenir une référence du style. Ce qui peut paraître sans doute un brin prétentieux.

Vous avez sorti un clip plutôt « cartoonesque » mais assez « trash » pour la chanson « Make Goregrind Great Again », quels ont étés les retours à ce propos ?

Environ 4 mois sont passés depuis sa sortie et les réactions ont été démesurées… Pas moins de 220 000 vues, plus de 16 000 likes, des milliers de partages. Ce clip, nous a permis d’encore plus nous affirmer et d’acquérir beaucoup de visibilité.

En plus de ces avantages, le clip a permis aux nouveaux talents belges de Shit Knuckles d’être mis au-devant de la scène alors que c’était leur première vidéo. Nous continuons, par ailleurs, à travailler avec eux.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

Jouer le plus de concerts possibles, gagner en popularité, créer une lyrics vidéo pour notre morceau « Autistic Meltdown », cliper « Prohibit Anime », réenregistrer un des morceaux « cultes » du premier album, créer du nouveau merch et… Ecrire des nouveaux morceaux pour notre troisième album.

S’il y a une chose que l’on doit retenir de Brutal Sphincter, laquelle serait-ce ?

Venez faire la fête à nos concerts et venez boire des coups avec nous. Vous verrez, on est des gars sympas !

Si vous deviez recommander un album ou un groupe pour se lancer dans la découverte du goregrind, lequel serait-ce (en dehors de vous bien entendu) ?

« Shit Beast » de Gutalax. Les copains de Gutalax sont sans doute la porte d’entrée la plus facilement utilisable pour rentrer dans le goregrind. Leur musique est simple, groovy, efficace et personnelle. Notons tout de même qu’ils auraient plus tendance à se décrire comme du gore’n’roll. Il y a effectivement peu d’éléments goregrind musicalement parlant.

Des albums comme « Paraphelic Elegies » de Spasm, « Splatter Tekk » d’Ahumado Granujo, « Keep On Smiling » de Rectal Smegma ou « Gargle Cummics » de Rompeprop restent d’excellentes alternatives. Ceux-ci sont des choix personnels, bénéficient d’une bonne production et équilibrent parfaitement les passages blastés et plus groovy.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Il serait chouette d’avoir plus de groupes de goregrind en Belgique. Lancez-vous et venez twerker sur scènes avec nous.


Photo par J.Huyssens Photography.

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Imperium Dekadenz - Interview

Authenticité, un mot pour Imperium Dekadenz

Pendant le Night Fest Metal X, j’ai eu l’occasion de rencontrer Vespasian, Horaz et les gars de Vagsheim qui représentent la formation live d’Imperium Dekadenz. Le groupe était à ce moment-là en tournée pour présenter et défendre leur dernier album « When We Are Forgotten » qui propose une approche plus intime qu’auparavant. Laissant derrière lui son passé historique, Imperium Dekadenz approfondit un aspect émotionnel sans oublier son authenticité.

Commençons d’abord par une brève présentation du groupe. Qui êtes-vous et quel est votre rôle Imperium Dekadenz ?

Horaz: Je suis Horaz, le chanteur. Nous avons fondé le groupe en 2004, il n’y avait que moi et Vespasian. Vespasian et moi venons du sud-ouest de l’Allemagne, de Baden-Württemberg, dans une région appelée la Forêt-Noire.

Après deux albums, nous avons trouvé les gars de Vargsheim pour nous rejoindre sur scène. Ils viennent de Würzburg, une ville du centre de l’Allemagne. Depuis qu’ils nous ont rejoints, nous avons joué dans beaucoup de festivals et nous avons signé avec le label français Season of Mist.

Pour la dernière version de « When We Are Forgotten », nous avons signé sur Napalm Records, un label autrichien.

Vespasian: Je m’appelle Vespasian et je joue de la batterie. En matière de studio, nous partageons les guitares; je joue de la basse et nous jouons tous les deux du synthétiseur. Donc, toute la production est réalisée par nos soins.

Je pense que toutes les activités en direct ont été faites avec les gars de Vargsheim pendant environ onze ans. Ils nous ont donc donné l’occasion de monter sur scène. Avant de les rencontrer, nous n’avions sorti que deux albums: « … Und die Welt ward kalt und leer » et « Dämmerung der Szenarien ». Mais c’était la plus grosse étape à suivre pour rendre le live possible.

Nous avons deux objectifs principaux en ce qui concerne la musique live : c’est le facteur rock n’ roll et l’action sur scène. Vous ne pouvez pas faire ça avec seulement deux gars sur scène. C’est possible, mais ce n’est pas amusant parce que vous avez besoin de samples de claviers et ce genre de choses, et ce n’est pas ce que j’entends en matière de rock n’ roll.

Donc, ces gars (Vargsheim), ils ont leur propre groupe. Nous sommes immédiatement devenus de très bons amis et nous avons passé beaucoup de temps ensemble sur la route ces onze dernières années et c’est très amusant.

C’est l’autre côté de l’Imperium Dekadenz. Il y a la partie créative : albums, disques, composition, paroles, etc. L’autre partie consiste à monter sur scène où notre musique est plus brute. En live, vous avez ces deux guitares, mais parfois, sur l’album, vous avez une tonne de guitares. Nous devons donc le réduire à l’atmosphère que nous souhaitons communiquer quand il s’agit du live.

Pour être honnête, les gars de Vargsheim comprennent parfaitement ce qu’ils entendent dans un album pour le rendre fonctionnel en situation réelle.

Vargsheim ont-ils leur mot à dire sur la composition ou pas ?

Vespasian: Pour être honnête, non !

Horaz: Mais tout ce qui se passe en live, ils ont un mot à dire parce qu’ils doivent gérer ce qu’ils font. Vous savez, écrire des chansons et jouer ces chansons en live, c’est complètement différent. Ils doivent réfléchir à la manière de faire vivre cette chanson sur scène. Donc, ils doivent gérer toutes nos pistes de guitare et ils le font brillamment selon moi.

Vespasian: Nous avons une petite tradition avec Vargsheim et Imperium Dekadenz. Si un album est enregistré, nous en avons la toute première écoute une fois qu’il est terminé et inversement. Mais comme Horaz l’a déjà dit, lorsque nous sommes dans la salle de répétition et que nous discutons de certaines parties, ils ont bien sûr leur mot à dire.

Horaz: Et à propos de la performance d’aujourd’hui, n’oubliez pas que nous avions un ingénieur du son qui n’était pas habitué à notre musique et qui ne savait pas comment nous sonnions. Donc, il faisait ses propres trucs et il mixait tout en espérant que ça sonnerait bien. Et du coup, cela pouvait être différent de l’album. Si nous avions eu l’ingénieur du son de l’album, cela lui aurait ressemblé.

Vespasian: Mais il y a toujours des opinions différentes à ce sujet. Certaines personnes disent que cela ne ressemble pas à l’album et qu’elles aiment beaucoup plus la version de l’album. D’autres personnes disent aimer davantage cette version plus brute. Donc, tout le monde a son opinion à ce sujet.

Horaz: Parfois, c’est mieux pour les groupes quand ça sonne plus brut et parfois pas.

Selon vous, quel est le meilleur choix pour votre groupe ?

Horaz: Nous faisons ce que nous voulons faire. Nous nous sentons comme un groupe de metal. C’est du black metal mais nous sommes nous-mêmes. Nous pourrions porter du maquillage et des costumes, mais ce n’est pas ce que nous sommes. Nous montons simplement sur scène comme nous voulons et il ne s’agit que de nos émotions et de nos ressentis. Si vous regardez les autres groupes, ils ne sont pas vraiment dans le headbanging et l’image rock n’ roll. Mais nous, nous faisons cela. Après, peut-être que cela ne correspond pas à l’atmosphère de l’album, je ne sais pas.

Mais c’est ce que nous sommes et certaines personnes disent : « Hé, c’est Imperium Dekadenz. Je ne m’attendais pas à ça. Ils sont putain de rock n’ roll et ils font du metal. » D’autres disent : « Ce n’est pas ce que j’aime. J’avais imaginé des gars plus stables, faisant des choses plus atmosphériques. » Mais nous faisons ce qui nous plaît, ce que nous voulons et ce que nous ressentons, c’est tout. Nous ne le changerons jamais; les gens peuvent l’accepter ou pas.

Imperium Dekadenz (2) - Interview

En ce qui concerne la composition et les paroles, quelles sont vos sources d’inspiration ? Y a-t-il l’un de vous responsable de la composition et l’autre des paroles ou coopérez-vous ?

Vespasian : C’est toujours mélangé. Nous nous inspirons tous les deux des films, des livres mais aussi la vie quotidienne, qui est peut-être la plus grande inspiration. Les émotions que l’on vit jour et nuit. Je pense que l’on ne peut pas séparer la musique et les paroles. Parfois c’est comme une bataille d’inspiration : si j’écris un riff, il a de l’inspiration pour certaines paroles et vice-versa.

Horaz: Le fait est que chacun de nous a un home studio. Donc, je rentre du travail ou je suis assis à la maison le week-end, je prends ma guitare et je commence à travailler sur une nouvelle chanson. Lorsque j’ai l’impression que c’est une bonne chanson, je l’envoie à Vespasian. Donc, il est le premier à écouter la chanson, puis il dit : « Hé, la chanson est merdique » (rires) ou, pour être amical, il dit : « La chanson est bonne, peut-être qu’on peut y récupérer quelque chose de cool. »

Donc, nous nous envoyons du matériel et ce n’est que la première étape pour décider si une chanson vient sur l’album ou pas. En ce qui concerne les paroles, pour le dernier album, la plupart sont venues de moi parce que je suis chanteur et que c’est un bon entrainement d’écrire les paroles moi-même, car il m’est plus facile de les mettre en rythme et de donner vie à la chanson sur scène. Mais il (Vespasian) a écrit ses propres paroles pour des chansons auxquelles il est très attaché.

Vespasian: En fin de compte, l’objectif principal est que nous soyons tous deux satisfaits à 100%.

Vous défendez actuellement votre dernier opus « When We Are Forgotten ». De quoi parle cet album ?

Vespasian: Je pense d’abord que nous devons jeter un coup d’œil sur les albums précédents car leurs thèmes lyriques étaient liés à des événements historiques. Cette fois, nous voulions changer, nous voulions avoir une atmosphère plus intime, penser plus à nous-mêmes, pas à ce contexte historique à propos de Rome ou de choses du genre. Nous voulions réduire le côté épique pour ainsi dire. Nous voulions aller plus loin dans l’émotion.

Horaz: Lorsque nous avons écouté « Dis Manibvs », nous avons remarqué que les chansons sont assez longues et que l’album entier résulte finalement d’une succession extrêmement épique de chansons. Nous avons donc décidé que cette fois, nous voulions être plus compact, plus rock n’ roll, plus old school et plus intimiste.

Par le passé, nous utilisions toujours le contexte historique pour les paroles mais cette fois nous avons décidé de faire des paroles sur nous-mêmes, sur ce que nous pensons. Je pense que ce sera la façon dont nous allons continuer parce que nous sommes plus satisfaits de la chanson. Nous aimons toujours les trucs old school des années 90 et nous avons décidé de retourner à des trucs plus old school.

Vespasian: Maintenant, nous devons faire quelque chose de différent. Nous ne voulons pas le répéter. Nous voulons nous mettre au défi. Donc, c’était un défi pour nous de nous faire plaisir avec de nouvelles choses.

Êtes-vous satisfaits de cette nouveauté et pensez-vous que vous allez continuer de cette façon ?

Vespasian: Oui, absolument. Nous pensons maintenant que le moment est venu de faire des expériences, de faire des choses que nous n’avons jamais faites auparavant. Selon moi, nous avons plus de liberté que jamais. Je m’en fous si les gens veulent acheter l’ancien Imperium Dekadenz parce qu’ils s’attendent à ce qu’il en soit ainsi. Ils ont déjà six albums dans leur collection. Mais pour nous, nous voyons ces nouvelles choses différemment, nous avons un réel sentiment de progression.

Quels sont vos espoirs et vos projets pour l’année à venir (2020) ?

Vespasian: Il y a d’autres choses à venir mais nous ne pouvons pas encore les annoncer.

Horaz: Nous venons de sortir le nouvel album, mais nous avons déjà commencé avec l’écriture de nouvelles chansons.

Comment s’est passé le show d’aujourd’hui ?

Horaz: C’était la première fois pour nous en Belgique, donc nous étions très excités de ce qui allait se passer. Il y avait beaucoup de gens qui sont venus voir Imperium Dekadenz.

Êtes-vous satisfaits de la réaction du public ?

Horaz: Oui, très. Je pense que pendant la première chanson, certaines personnes sont entrées pour nous découvrir. Elles n’avaient probablement jamais écouté nos morceaux.

Y avait-il plus de personnes que vous ne le pensiez ou non ?

Horaz: Non, parce que j’ai regardé les autres groupes jouer depuis que nous sommes ici et il y avait beaucoup de gens dans la salle qui regardaient le concert. Et j’étais presque sûr qu’ils allaient venir voir ce que nous faisons.

Vespasian: Nous jouons en live depuis dix ans maintenant, mais c’est toujours un grand plaisir, une grande surprise quand vous entrez pour la première fois dans un pays étranger. Il y a des gens intéressés par la musique. C’est génial. On a commencé en Forêt-Noire en tant que duo et maintenant nous sommes ici en Belgique, en train de répondre à tes questions. C’est toujours un grand plaisir pour nous parce que je pense que ce sont des expériences que la plupart des humains ne connaîtront jamais.

Horaz: Il est également dit que les Belges aiment vraiment les concerts. Vous êtes plus concentrés sur ce qui se passe. Je pensais que beaucoup de gens viendraient pour voir le groupe 1914. Ils sont vraiment géniaux, beaucoup de gens les aiment. Ils parlent de la Première Guerre Mondiale. Je parlais à ces gars et ils sont très passionnés par leur truc.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview.

Vespasian: Si nous voulions nous voir comme des partenaires commerciaux, cela ne fonctionnerait pas parce qu’il y a tellement d’émotions dans la musique et les paroles. C’est comme un voyage. Nous traversons l’enfer et nous entrons au paradis. Je pense que c’est plutôt romantique. Le dernier sujet romantique de ce soir c’est la magie. Connaissez-vous autant de groupes qui ont joué ensemble pendant douze ans ? Ce n’est pas habituel. Donc, pour moi, nous pouvons résumer les choses de la manière suivante pour Imperium Dekadenz : l’authenticité, l’amitié et la magie.

Horaz: Toute la semaine, je me réjouissais de faire le trajet pour venir ici. Il nous fallait quatre heures pour venir ici. J’attendais de m’asseoir dans ce nouveau van et d’écouter de la musique et de parler de toutes les choses folles dont nous parlons avec les mecs. Nous sommes en tournée avec des amis, pas seulement des mercenaires qui jouent nos chansons et qui retournent à l’hôtel après le spectacle. Nous sommes toujours là et une fois l’interview terminée, nous boirons des bières, du vin et nous fumerons des cigarettes ensemble. Nous marchons ensemble et nous tombons ensemble.

Vespasian: L’objectif principal d’Imperium Dekadenz est de rester vrai. La chose la plus importante, c’est l’amitié. Nous ne sommes pas des businessmen qui essaient de gagner le plus d’argent possible et qui changent leurs musiciens. Nous sommes une poignée de très bons amis et c’est beaucoup plus important pour nous que d’être le groupe le plus parfait d’un point de vue technique.

Tout est une question d’émotions, parce que le concert est un temps fort de la journée. Mais je peux t’assurer que conduire jusqu’ici avec cette poignée de gars, c’est toujours un moment fort.


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