Fafa & Crypp : ces chers bassistes …

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …

Pour cette nouvelle interview nous testons un nouveau concept : l’interview croisée. Le principe est simple : vous faire découvrir des musiciens, leur côté humain, leur personnalité. Pour rendre le tout encore un peu plus intéressant, nous mettons face à face deux musiciens de groupes différents qui répondent aux mêmes questions. Et qui de mieux pour commencer que deux bassistes, ceux dont on ne parle que très rarement mais qui pourtant ont une place fondamentale au sein d’un groupe.

Rencontre avec Fafa et Crypp, deux musiciens aussi adorables que talentueux …

 Salut ! On va commencer par faire les présentations …

Fafa : Honneur aux dames, donc Crypp vas-y je te laisse commencer …

Crypp : Ah ah ! Très bien … Je suis Crypp Mor, je ne suis pas une femme, contrairement à ce que dit Fafa, et aujourd’hui je joue essentiellement dans deux formations : Except One, dont l’album est sorti il y a bientôt deux ans, et un tout nouveau projet qui vient de naître, EHP (Explicit Human Porn). On sort l’EP en septembre. Je fais aussi un peu de session pour des studios de Hip-Hop.

Fafa : Je suis Fafa, bassiste dans Monolyth, groupe de death mélodique. On a sorti notre premier album il y a environ deux ans. J’ai également fait un peu de chant dans divers projets.

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Fafa - Photo : Lykh'Arts
Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Crypp - Photo : Juliette Plachez

Quel est ton parcours musical ?

Fafa : J’ai commencé par le chant, vers l’âge de 14 ans, quand ma prof de chant au collège m’a dit que je chantais très bien, elle m’a donné plus de confiance en moi. Quelques années plus tard je me suis mise à la basse un peu par hasard, c’est un instrument qui m’a toujours intéressée. Un jour on se baladait dans le métro avec mon père et on est tombés sur un duo basse/guitare acoustiques. Je suis devenue trop fan du bassiste que je voyais et mon père m’a dit : « ça ne te tente pas de jouer de ça ? ». Je lui ai répondu : « si carrément » et on est allés acheter une basse. Je suis totalement autodidacte. J’ai eu mon premier groupe vers l’âge de 19 ans, directement dans le death metal. Et puis j’ai eu un gros souci au poignet qui m’a contrainte à arrêter la basse pendant près de trois ans. Ensuite, j’ai fait pas mal de blues rock, et puis je suis revenue au metal. Aujourd’hui, j’ai toujours ce souci au poignet mais je fais avec, ça me gêne pour certaines techniques mais globalement ça va. J’ai trouvé une solution avec les fanned fret, parce que ça suit le mouvement du coude et du bras.

Crypp : J’ai commencé la basse à 18 ans. Je n’avais pas vraiment envie de faire de la musique mais ça n’allait pas très bien dans ma vie à ce moment-là. Un jour, je suis allé voir un groupe et l’un des musiciens m’a dit : « si ça ne va pas, joue de la musique ». J’étais très attiré par les basses fréquences et gros fan de neo metal où la basse est très importante. Donc le lendemain, avec ma première paye, je me suis offert le pack basse Ibanez avec le petit ampli 15 w et la housse matelassée !

Je suis autodidacte aussi, mais j’ai eu la chance de côtoyer beaucoup de bassistes et dans ce milieu, les gens sont très pédagogues. Toutes les techniques que je connais aujourd’hui, ce sont principalement d’autres bassistes qui me les ont apprises. Ça fait 15 ans que je fais de la basse et je cherche toujours à apprendre et m’améliorer au quotidien.

Parle-nous un peu de ton matos …

Crypp : Je joue essentiellement sur des basses ESP, j’ai beaucoup de série F sur lesquelles je monte des cordes Skull Strings avec un tirant un peu particulier. J’aime bien avoir des grosses cordes parce que j’attaque beaucoup et j’ai besoin de quelque chose qui tient bien. Au niveau des effets je suis chez Darkglass, j’ai une panoplie de pédales, de la B7K Utlra jusqu’à l’Alpha Omega. En terme d’ampli je joue avec un tech21 sansAmp RBI, c’est un petit rack mais il est monstrueux ! Et pour terminer je joue avec une simulation d’ampli Two Notes, le petit « bass cab m », ce qui me permet de ne plus transporter 30 kg de baffle, je me branche directement sur la sono. Donc il y a le Preamp qui fait très bien le boulot, les Darkglass qui font les simulations de lampes, et le Two Notes qui donne tout le grain que pourrait avoir un Gallien Krueger par exemple, que j’affectionne particulièrement.

Fafa : Niveau basse j’ai toujours apprécié Ibanez parce que les manches sont très fins et par rapport à mon souci de poignet ça me va bien. Ma basse actuelle avec les fanned fret c’est la SRFF805, qui est vraiment mon bébé, j’adore le manche et elle a un super son. En termes d’ampli, je suis très fan de Orange qui donne des sons très ronds et très profonds. J’ai des pédales, mais je ne saurais même pas te les citer parce que je m’en fiche tant que mon son me plaît. C’est terrible mais c’est comme ça ! J’ai gardé une sorte de je-m’en-foutisme qu’il y a beaucoup dans le blues rock.

Comment tu caractérises ton son ?

Fafa : Un son très rond, très mate et avec un peu de disto. En gros dans ma tête je matérialise mon son comme une grosse boule noire mate, il faut que mon son ressemble à ça quand il sort de l’ampli. J’ai besoin de cette rondeur, cette profondeur, que je trouve vraiment importante quel que soit le style de musique. Vous connaissez la synesthésie ? C’est par exemple quand tu vois des couleurs en écoutant de la musique. J’ai ce truc-là, et il faut que mon son ait une couleur et une forme quand il sort de l’ampli.

Crypp : Pour moi ça dépend vraiment de quoi je joue. Dans Except One ça sera un son très sec avec beaucoup de basses et de hauts mediums, il faut que ça soit très tranchant et puissant. Sur EHP c’est un peu comme Fafa, un peu grunge, Rock n’Roll, un peu rond tout en étant un peu sale. Ensuite ça dépend, selon si je fais de la Funk ou du Rap je change, je vais chercher le son qui fait plaisir.

La grosse question : plutôt doigts ou médiator ?

Fafa : Je joue uniquement au doigt, avec quelques techniques comme le tapping, etc. Mais jamais au médiator, tout simplement parce que je n’aime pas ça.

Crypp : Doigt et médiator. J’ai une préférence pour le doigt (et essentiellement le slap) mais c’est vrai qu’arrivé à une certaine vitesse, je manque d’attaque avec les doigts, donc le médiator me permet d’avoir la même attaque tout le temps. Par contre je rejoins Fafa sur le fait que le doigt c’est sacré et il y a plein de bassistes qui jouent super vite au doigt.

Le petit truc en toi qui fait que … C’est sûr, tu es bassiste ?

Fafa : Je ne suis pas chiante ! Ah ah !!! Non mais c’est vrai, quand tu regardes, les gratteux c’est toujours relou, le chanteur je ne t’en parle même pas, et les batteurs ont vraiment leur côté princesse aussi. Quand t’es pas chiant, t’es bassiste !

Crypp : Je pense que ce que j’aime chez les bassistes c’est la simplicité. J’ai remarqué que tous les bassistes que j’ai rencontré sont des gens extrêmement simples, mais dans le bon sens du terme.

Fafa : C’est vrai, ils ne se prennent pas la tête. Je le voyais notamment pour les prêts de matos. Si tu te retrouves en galère pour une raison ou pour une autre à un concert, rares sont les cas qui ont rechigné à prêter leur matos. En général, on va plutôt s’arranger pour jouer tous sur le même matos.

Est-ce que tu as des habitudes, des rituels avant de monter sur scène ? Est-ce que tu pratiques un échauffement ?

Crypp : Je peux passer cinq minutes à m’échauffer les mains, il y a plein de techniques. Je ne veux pas me faire mal, et surtout tu remarques que quand tu t’échauffes, tu joues mieux. Quand j’étais plus jeune j’arrivais sur scène sans m’échauffer et j’attrapais très mal aux mains. En plus de l’échauffement, j’ai besoin de rentrer dans mon personnage. Je repense à tout ce qui m’énerve et comme je monte sur scène j’ai la capacité d’être au-dessus de tout ça, c’est comme si je donnais des coups à tous mes problèmes.

Fafa : Échauffement des bras, des mains, de la nuque, etc. J’applique du baume du tigre sur tout l’avant-bras et le poignet. C’est un baume à base de camphre qui te chauffe les articulations et les muscles … Ensuite, on se réunit avec le groupe et on se marre cinq minutes pour se booster les uns les autres. Et surtout : se préparer une bière, c’est important.

Juste avant de monter sur scène (à l’époque où on pouvait), tu es plutôt stressé ou détendu ?

Fafa : Ça dépend des configurations, je vais plus stresser dans des petites salles où on est proche du public. Sur les grandes scènes il y a une distance et je me sens plus à l’aise. Mais de manière générale, je suis vraiment détendue à la basse. Au chant beaucoup moins, parce que tu es en position de front, à la basse on est plus en retrait. Je pense que je suis peu stressée parce que je vois ça comme un moment que je vais vivre avec mes potes et je suis trop contente de le vivre.

Crypp : Je suis méga stressé, qu’importe la scène. Je ne dis pas que je perds mes moyens mais je suis très excité. Je gère mon stress avec mes rituels. D’un sens j’aime ce stress, et je pense que tout musicien aime ce stress, ça montre que c’est important. A chaque fois c’est comme sauter d’un plongeoir, tu le fais parce que tu aimes cette sensation mais d’un sens c’est quand même haut.

As-tu un autre rôle au sein du groupe ?

Fafa : Driver ! Enfin, avant les concerts je suis driver … Après les concerts je suis bourrée ! Plus sérieusement, je ne sais pas si c’est le fait que je sois la seule femme parce que je ne suis pas du tout considérée comme « La gonzesse du groupe », mais j’ai un côté un peu rassurant pour eux. Je leur fais du bien spirituellement du fait d’être détendue.

Crypp : Dans Except One je fais beaucoup de trucs administratifs (SACEM, papiers, etc). Je suis un vrai psychorigide. On a un serveur partagé et je suis le mec qui range tout, qui nettoie tout, qui fait en sorte que tout soit à sa place. Dans EHP, on n’est que quatre membres, je m’occupe aussi de tout ce qui est administratif, mais également stratégie commerciale, marketing. On a un très bon compositeur, un très bon graphiste, un super mec qui fait tout ce qu’il faut sur Internet et moi je m’occupe de tout ce qui va être la communication, les publications, les échanges …

Ta place et ton attitude sur scène ?

Fafa : Je sais qu’avec Crypp on est le même genre de personne !

Crypp : Ah oui ! Surtout Monolyth et Except One parce que ce sont des groupes avec deux guitaristes, et forcément ils prennent les 2 coins donc toi t’es en train de te balader à chercher ta place !

Fafa : C’est ça ! C’est marrant parce que comme dit Crypp, on a chacun dans une de nos formations deux gratteux qui prennent les deux coins de la scène, et chaque fois au moment des balances on commence par le batteur, après ce sont les gratteux : « tu veux quoi dans les retours gna gna gna », et toi en tant que bassiste tu n’as pas forcément de retour, et on te dit : « tu veux te mettre sur quel retour ? ». Alors je dis : « tu me mets de la basse dans TOUS les retours parce que de toute façon je ne tiens pas en place, je vais me balader partout ». Je ne peux pas rester au même endroit, c’est impossible.

Crypp : C’est l’horreur, surtout sur les petites scènes où t’es obligé !

Fafa : Oui, du coup tu fais d’avant en arrière, c’est chiant … Le Klub à Paris par exemple, les coups de manche que j’ai mis dans la tronche des autres parce que je voulais bouger !

Crypp : C’est vrai qu’on a un grand manche, et qu’on soit droitier ou gaucher, il y a toujours un musicien du mauvais côté. Chaque fois, quand on veut repartir en arrière, c’est l’angoisse ! En plus je ne fais pas des choses compliquées à la basse donc je peux bouger facilement.

Fafa : Pareil, c’est pas du tout compliqué ce que je fais à la basse, je peux aller embêter un guitariste en plein solo, arriver derrière et lui lécher l’oreille …

Ta plus belle scène ?

Fafa : En vrai il y en a eu pas mal de catastrophiques mais il y en a eu pas mal de bonnes aussi … Crypp quand tu as joué à l’Empreinte en première partie de Lacuna Coil ça a dû être top. C’est une salle que je connais très bien, dans laquelle j’ai déjà joué, et je sais que les conditions sont vraiment top là-bas.

Crypp : Les conditions étaient top, on avait un son de furieux, on était très excités. En plus Lacuna Coil c’est un groupe que j’écoute depuis que je suis môme, bien avant d’avoir commencé la basse. Le bassiste est très bon, et il était là en face de moi, on a discuté, c’était super …

Par contre, une des scènes les plus dingues humainement parlant, ça a été le dernier concert de la tournée qu’on a fait avec HateSphere. C’était la première tournée, on avait fait plein de dates avant, et ce soir-là il n’y avait pas spécialement de monde, c’était notre dernière date et je peux t’assurer qu’on a tout donné. On avait passé une douzaine de jours ensemble, on picolait tous les soirs, on se réveillait ensemble tous les jours, on connaissait l’odeur des pieds de tout le monde ! Et lors de notre dernier concert, tu vois CE dernier concert, on s’est totalement lâchés. Ça reste un de mes plus beaux souvenirs. J’ai adoré cette communion, on se regardait sur scène, il n’y avait pas besoin de mots, de communication ou de chorégraphie, on faisait ce qu’on aimait le plus faire.

Fafa : Je te rejoins un peu parce que, en réfléchissant, oui il y a eu des concerts où les conditions étaient vraiment top au niveau du son, de l’accueil, etc, notamment au Lions Metal Fest l’année dernière avec Monolyth, mais je reste sur les tournées que j’ai fait avec eux. Quand tu t’entends bien avec les mecs de ton groupe, tu as une osmose qui se met en place. Peu importe les scènes que tu fais, tu es en tournée avec ton groupe et en gros ça devient ta famille pendant une dizaine de jours ou plus. Quand je suis rentrée dans le groupe je ne connaissais que Julien, le guitariste rythmique. Je suis partie avec des mecs que je ne connaissais pas du tout. Je ne leur ai pas forcément fait une bonne impression dès le premier soir mais on est partis en ne se connaissant pas et on est revenus en frangins.

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Photo : Fred Bikerkiss

Ta période préférée : compo, enregistrement, tournée ?

Fafa : J’aime beaucoup les trois. Je compose très peu dans Monolyth, c’est vraiment plus Amaury, notre chanteur, et les guitaristes qui composent. Je ne suis pas très forte pour ça, je ne vais pas m’en cacher. J’aime beaucoup les enregistrements, et par contre les tournées … Si je ne pouvais faire que ça, je ne ferais que ça !

Crypp : Je suis plutôt enthousiaste sur les trois. Je rajoute un autre aspect que j’aime beaucoup, ce sont les réunions. C’est le moment où tu te projettes dans plein de délires, plein de trucs parfois inaccessibles … J’adore, il y a l’émotion. Ça c’est vraiment ma période préférée où tout le monde commence à avoir plein d’idées. Sinon, je vais être franc, les tournées, le studio, les concerts, c’est toujours selon avec qui tu es. Je sais que l’enregistrement dans certains de mes anciens groupes, ce n’était pas la partie la plus amusante. Le metal, ce n’est pas vraiment le style à enregistrer le plus amusant, réellement pas. Je bosse dans d’autres styles où je me marre mille fois plus.

Fafa : Pareil, c’est vrai que le metal ce n’est pas super intéressant à enregistrer. Par contre, ma meilleure expérience c’était dans le blues rock où on faisait des enregistrements live et c’était vraiment intéressant.

Crypp : Je suis d’accord avec toi. Avec certains groupes ça va être plus marrant de faire du studio que du live parce que ça s’arrange tout le temps à la toute dernière minute, c’est genre : « cette note, écoute comment ça sonne », « mais mec, on a fait trois putain de sessions de pré-prod, pourquoi on change encore maintenant ?! ». Je travaille dans des studios de hip-hop où quand j’arrive il y a déjà une ligne de basse, je prends le morceau et j’arrange la basse. A chaque fois on redécouvre des choses.

En fait, tous les aspects d’un groupe sont importants du moment que tu as cette part de rêve, et cette part de rêve elle s’entretient avec les bonnes personnes.

Il y a des moments moins drôles dans la vie d’un groupe, c’est normal. Il t’arrive une merde, ou on n’était pas d’accord sur ci ou ça mais ça passe vite.

Un truc que tu as très envie de réaliser en tant que bassiste ? (hormis une interview croisée dans Metal Overload bien sûr !)

Fafa : Pour le coup je n’ai jamais été bonne au slap. Je sais que Crypp est extrêmement doué. Peut-être qu’un jour quand j’aurais la motivation … Savoir bien jouer du slap.

Crypp : J’aimerais bien faire autre chose qu’une fondamentale !

Sérieusement, il y a un truc que j’aimerais savoir vraiment faire techniquement à la basse pour ne plus jouer au médiator, c’est le slap aller/retour. Je sais slapper, je peux aller assez vite, mais slap aller/retour c’est vraiment un confort de jeu pour obtenir de la vitesse, ou même une rythmique totalement différente.

Après, grâce à Except One, et je remercie vraiment ce groupe de m’avoir autant apporté que ça soit humainement que musicalement, j’ai accompli énormément de mes rêves. J’ai fait mon premier clip avec eux, mon premier album, j’ai fait des tas de scènes, ma première tournée, mon premier festival. Aujourd’hui, ce que j’aimerais qu’on fasse, c’est un gros festival, même à 10h du matin peu importe, mais je rêverais de faire un Motocultor ou un HellFest, un Wacken.

Fafa : J’avoue, je l’ai fait au chant et c’était énorme ! J’étais choriste ! C’est fou quand t’as 5000 personnes devant toi qui hurlent.

As-tu d’autres hobbies ?

Fafa : Beaucoup trop ! Je me tape des pulsions obsessionnelles régulièrement. Il y a un moment dans ma vie où je vais vouloir absolument faire du dessin, d’un seul coup j’ai envie de créer des bijoux, puis après j’ai envie de faire de la peinture … Ca reste dans la création. J’en ai un qui reste, c’est la photo. J’ai d’ailleurs fait un shooting de Crypp.

Crypp : Je suis en kiff de tes photos Fafa. Elles sont géniales !

Fafa : Ah merci beaucoup ! Et Crypp est un excellent modèle.

Crypp : Mon premier hobby reste la basse. A côté de ça j’adore tout ce qui est DC, Marvel, j’ai pas mal de bouquins, de figurines, etc … Je fais aussi beaucoup de sport. J’adore les séries. Je suis comme Fafa, mais en moins manuel ! J’adore les jeux de rôles, les jeux de cartes, j’aimerais essayer Dungeon and Dragons. Et dernièrement, j’ai découvert l’ébénisterie. Sinon, le truc que vous allez trouver un peu étrange, mais mon premier hobby en plus de la musique, c’est mon travail. C’est mon équilibre.

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Crypp by Fafa

Est-ce que tu as animal de compagnie ou un Doudou ?

Crypp saisi une grosse peluche Yoshi qui se trouve juste à côté de lui.

Fafa : Donc a priori Crypp c’est Yoshi ! Moi j’ai un bouledogue français qui répond au nom de Noob ou Boudin pour les intimes. Et par procuration, mon copain a deux chiens qui sont mes doudous aussi. Un croisé boxer-labrador et l’autre qui est croisé staff malinois. On a ce petit trio qu’on adore.

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Fafa & Crypp : ces chers bassistes …

La période est propice, tes vacances préférées ?

 Fafa : Je suis actuellement en road trip. On a un camion aménagé et on se ballade un peu partout au jour le jour avec notre camion, c’est ça que j’aime : faire ce qu’on veut quand on veut. Je ne supporte pas les contraintes.

Crypp : Avec deux groupes de musique, j’ai beaucoup de congés qui sont partis dans des enregistrements et des concerts, donc peu de vacances. Sinon je suis plutôt comme Fafa, j’adore partir à l’aventure. J’aime beaucoup les maisons d’hôtes ou dormir chez l’habitant. Je n’ai pas réellement de programme, mais je ne pourrai jamais me mettre dans un hôtel en me disant : « je vais faire tel musée demain, tel site, etc. ».

Nous arrivons au moment fatidique où nous allons nous quitter. Un grand merci à vous pour cette première expérience de l’interview croisée. Pour finir, ton actu dans les mois qui viennent ?

Fafa : Chez Monolyth on est en fin de composition. Je pense qu’il y a une éventualité pour que l’album sorte au printemps 2021. Il y a aussi des dates de concerts qui sont confirmées mais qui ne sont pas encore communiquées donc on ne peut pas trop en parler. Mais pour la fin d’année, si concerts possibles, il y en aura du côté de Monolyth c’est sûr.

Crypp :  Avec Except One on est en train d’enregistrer l’album. Je pense qu’on va avoir une belle surprise avec le dernier line-up. Je ne peux pas vous dire quand il va sortir mais c’est pour bientôt. Et chez EHP, l’EP sort le 9 septembre, et s’en suivra d’autres choses. On prépare pas mal de choses, hormis des dates. Il faut être honnête, aujourd’hui un groupe qui démarre, pour trouver des dates, ce n’est pas impossible, mais je pense qu’il y a d’autres groupes qui méritent plus la place que nous. Dans l’immédiat on va continuer à bosser, et si on trouve des opportunités on les fera. On a décalé les dates de l’EP à cause du Covid et à cause de censures YouTube sur notre clip. Les dates qu’on commençait à avoir sont annulées progressivement. On ne vit pas ça comme un stress mais plutôt comme une bonne expérience parce que malgré tout, l’EP est super. La période n’est pas propice aux concerts mais si on nous propose des dates, on court ! On a eu la chance de faire notre résidence à l’Usine à chapeaux, c’est une immense salle qui est vraiment bien. On a un show rodé, on sait quoi faire sur scène.

A côté de ça, c’est une actualité que peu de gens savent, il y aura un album solo. J’adore la funk et les morceaux des années 90 et 2000. Ça fait deux ans que je travaille sur un projet et j’enregistre l’année prochaine. J’attends de voir avec qui je vais bosser en studio puis je contacterai d’autres musiciens. C’est un truc qui me turlupine depuis quelques années. Ça sera un album concept juste pour me marrer … Et pour perdre beaucoup d’argent. Je n’ai pas envie que ça aille sur scène, c’est vraiment un truc studio, un délire.

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Photo : Djinn Photography
Fafa & Crypp : ces chers bassistes …
Photo : Freddy Gheorghe

Photos : La Dame Blanche Photography (Crypp) & Laura Lazurite (Fafa)


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Raconte-moi 33 concerts

C’est une interview concernant un projet un peu différent que je vous propose via cet article.
Loïc STEPHAN fait un passage sur Metal Overload pour parler de son livre « Raconte-moi 33 concerts ».

Bonjour Loïc.
Avant tout, sauriez-vous nous parler un peu de vous ? Quel est votre parcours dans le milieu de la musique ?

Bonjour. Mon parcours dans le milieu de la musique commence quand je croise la route de RadioMetal, en 2009. Au départ, je m’amuse à discuter sur leur forum, à dire des bêtises. Je m’aperçois qu’ils sont basés à Lyon et par militantisme pour la cause metal, on va dire, je leur propose mes services pour distribuer des flyers sur les concerts parisiens. Evidemment, ils sautent sur l’opportunité en me disant que j’aurai des places gratuites pour les concerts sur lesquels je distribuerai des flyers. Ce qui était plutôt pas mal, je ne demandais pas grand-chose et après ils me demandent si je sais faire de la photo.

Donc voilà, c’est parti comme ça en 2009, mon expérience du monde de la musique en tant que « plus que spectateur de concert », même si je vais à des concerts depuis que je suis gosse. 2009, un début dans le monde professionnel même si cela reste du bénévolat. J’interviens en tant que photographe et chroniqueur de concert.

Jouez-vous d’un instrument ?

Non, pas du tout. Quand j’étais petit, j’ai pris des leçons de piano. J’ai dû en prendre deux ans. Je crois que je me débrouillais, je n’étais pas un virtuose mais j’arrivais à faire des trucs. Le virus n’a pas pris. Peut-être qu’à cette époque-là, je n’avais pas encore rencontré les groupes qui m’auraient intéressé, des groupes comme Madness ou Jerry Lee Lewis qui ont des gros passages au piano. Donc, non, ce n’est pas parti par là. Puis plus tard, quand j’étais plus grand, adolescent, un voisin m’avait prêté une guitare électrique. C’était vraiment une guitare très metal, avec la forme qui va bien et le drapeau japonais. Même là, alors que j’étais déjà en plein dans la musique, je n’ai pas accroché. Alors que dès que j’ai eu un appareil photo, c’est parti direct ! Donc non, pas musicien mais je suis ancré dans la passion de la musique depuis très longtemps.

Avez-vous ou faites-vous partie d’un média ?

Oui, je suis dans les structures bénévoles qui existent aujourd’hui avec les sites internet. Je collabore beaucoup avec RadioMetal. Evidemment, en ce moment, avec les concerts qui sont annulés, il ne se passe plus grand-chose. Dommage pour 2020 d’ailleurs car il y avait vraiment de très très beaux artistes, du KISS, du Pearl Jam, du Queen, une année magnifique.

Je collabore aussi plus ponctuellement avec AmongTheLiving, j’ai fait aussi une collaboration ponctuelle avec RockUrLife. A une époque j’ai aussi beaucoup couvert de concerts pour un webzine qui malheureusement n’est plus en activité, qui s’appelait Fonkadelica, qui était plus branché soul et funk, avec lequel j’ai beaucoup traîné au New Morning à Paris.

Ce sont des collaborations basées sur la passion des uns et des autres.

Quel est le concept derrière « Raconte-Moi 33 concerts » ?

Le concept est de partager une passion, la passion de la musique et particulièrement la musique en concert. Il y a des artistes dans le livre que je n’écoute pas chez moi. Je pense par exemple à Caravan Palace que je n’écoute pas trop à la maison mais en concert, c’est un groupe qui procure des sensations, qui a une pêche, une prestance, qui propose une prestation vraiment agréable et c’est ça le but du livre, retranscrire l’émotion du concert, essayer de la faire partager au lecteur. Il y a des groupes aussi que je ne connaissais pas avant d’entrer dans la salle dont je suis devenu fan après le concert. Je pense à Flying Colors. C’est ça le but. Amener le lecteur dans un beau voyage, avec des illustrations qui puissent faire travailler un peu l’imaginaire. Evidemment, je fais de la photo de concert par ailleurs, on peut se poser la question de savoir pourquoi je n’ai pas mis les photos. Déjà, la première réponse est le droit à l’image. Ce n’est pas forcément évident d’obtenir les validations pour du KISS, du Korn, etc. Et finalement, cela m’a fait travailler autre chose, et une photo, c’est tout de suite très illustratif, très significatif, alors que les illustrations, de mon point de vue, peuvent amener un autre regard, peuvent proposer un autre voyage, laisser travailler un peu l’imaginaire. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas en tête d’utiliser mes photos un jour.

Après, « Raconte-Moi 33 Concerts », c’est une marque que j’ai déposée. Il y a un premier volume que j’ai sorti en auto-édition. J’aimerais développer la collection, faire un « Raconte-Moi 33 Concerts » spécial Metal, style qui reste mon premier amour musical. Il est là, il est prêt, on verra un peu ce que l’avenir dit pour sa réalisation.

D’où vous est venue l’idée de ce livre et pourquoi 33 concerts ?

L’idée du livre, elle vient de loin. Je suis salarié, j’ai fait des études dans l’informatique, bien loin de toute sphère artistique et musicale. J’ai une grande angoisse, passer ma vie du lundi au vendredi, avec la phrase la plus terrible : « Comment ça va ? Comme un lundi », très défaitiste en attendant deux jours de week-end. Donc, j’ai toujours voulu faire quelque chose à côté de mon job. J’ai cherché des choses dans la photo, dans l’écriture et un jour la pièce est tombée sur cette idée de « Raconte-Moi 33 Concerts » qui est un concept comme tu le disais tout à l’heure. Pourquoi cette pièce est tombée, je n’en sais trop rien. J’avais eu des bons retours sur mes comptes-rendus, les gens disaient qu’ils étaient agréables à lire.

Pourquoi 33 ? Très clairement, c’est un hommage au vinyle. Le livre reprend le format d’une pochette vinyle et 33 concerts par rapport à la notion de 33 tours.

J’ai aussi une autre idée, « Montre-Moi 45 Concerts », qui est aussi une marque que j’ai déposée, et qui serait au format 45 tours avec uniquement des photos. Je mets au conditionnel car cela reste des projets.

Raconte moi 33 concerts

Où avez-vous rencontré Charlotte Rodon (illustratrice) et Lamy Tcha (maquettiste) ? Comment s’est passée votre collaboration ?

Je les ai rencontrés par le truchement de Fabian Fischer et de son agence. J’avais été mis en relation avec Fabian Fischer par des connaissances communes. Au travers de son agence, il fédère plusieurs artistes. C’est donc par Fabian que j’ai pu travailler avec Charlotte et Lamy.

La collaboration s’est extrêmement bien passée. Côté illustrations, Charlotte a eu un cahier des charges assez précis. J’avais conçu les illustrations, j’en avais fait un brouillon avec mes petits moyens de dessinateur que je n’ai pas. Elle avait donc un cadre très précis dans lequel elle devait évoluer. Lamy, lui, n’avait pas de consignes pour la maquette et il a sorti des trucs de « ouf », c’était exactement ce que je voulais sans le savoir. C’était bien agréable.

Avec Charlotte, nous avons travaillé pendant au moins 6 mois ; elle est sur Bourges, donc ce n’était pas forcément évident à distance. Nous nous sommes rencontrés quelque fois sur Paris ou sur Bourges.

Ce qui a été très intéressant, c’est qu’en fait les gens ont choisi le projet. Dans mon métier alimentaire, je suis amené à beaucoup piloter de projets mais c’est dans l’entreprise, les gens n’y choisissent pas totalement d’y être et cela change totalement les relations.

Pour mon projet de livre, les gens l’avaient choisi, étaient contents d’être là – ils pourront me contredire si jamais je me trompe. C’était quand même moi le directeur artistique de la chose, c’était moi le financier, donc j’avais entre guillemets la direction et le dernier mot, c’était mon projet. Ca l’est toujours. Mais cela a été une collaboration très très fructueuse, très agréable, avec des gens motivés et très talentueux. C’est assez rare.

Comment avez-vous choisi les concerts / artistes dont vous avez parlé ?

C’est un premier ouvrage, donc, d’une collection qui, si les dieux me sont favorables, évoluera sur d’autres choses. Le premier bouquin, je voulais qu’il soit éclectique, qu’il me corresponde en fait, parce qu’en concert, je suis assez curieux, je peux aimer tous les styles. Du Toots And The Maytals, du Oum ou du Morbid Angel peuvent toutes et tous me procurer des émotions très fortes en concerts. Je voulais que cet ouvrage représente cette diversité d’état d’esprit. Je voulais aussi que les différents médias avec lesquels j’ai collaboré soient représentés. Voilà. Il fallait aussi que les concerts m’aient plu. Ce sont 33 concerts coup de cœur. Hors de question de mettre un concert qui m’a saoulé.

Si vous deviez choisir un seul concert, lequel serait-ce et pourquoi ?

La réponse est assez facile en fait et la question est intéressante. Cela serait Flying Colors parce qu’il représente vraiment l’esprit du livre. C’est un concert que j’ai couvert pour RadioMetal. Pour expliquer un peu le fonctionnement avec RadioMetal, comme c’est du bénévolat et que j’ai aussi d’autres contraintes, on va dire que dans la mesure du possible, je vais choisir les concerts que je vais couvrir. Celui-là, je ne l’avais pas du tout identifié et RadioMetal m’a demandé de le couvrir. OK, pourquoi pas, ce n’est pas non plus désagréable d’aller faire un concert ; cela ne m’arrangeait pas vraiment, la salle c’est l’Alhambra à Paris, c’est loin de chez moi, du coup, j’étais un peu fainéant et je m’étais dit, je ferai les trois premières chansons en photo et je m’en irai. En fait, le groupe m’a tellement scotché que je suis resté tout le concert, j’étais bluffé tellement c’était beau. Derrière, j’ai acheté leur disque et je l’ai écouté en boucle un bon moment. C’est typiquement ce que j’adore dans un concert, c’est qu’en rentrant dans la salle, on ne sait pas du tout ce qui peut se produire. C’est rare que je me sois ennuyé dans une salle de concert. Tous les concerts ne sont pas forcément extraordinaires, mais là, c’était vraiment très très beau, une musique magnifique, jouée par des artistes très talentueux. Quand on met ensemble du Mike Portnoy, du Steve Morse, du Neal Morse, cela peut donner quelque chose de très très beau.

Avez-vous des groupes qu’on vous a recommandé d’aller voir pour ce livre et qui ont été une véritable surprise pour vous ?

Des groupes que l’on m’a recommandés, pas forcément. A part le cas d’un Flying Colors où l’on me demande de le couvrir même si je ne l’avais pas prévu. Mais on ne me l’a pas recommandé pour mon livre. RadioMetal était intéressé pour couvrir le concert pour son site. Pour préciser, avant tout, les concerts que j’ai faits ont été couverts pour des médias. Donc au départ, c’est dans le cadre d’un média. Il doit y avoir Matmatah, Oum et Toots que j’ai dû couvrir en mon nom propre, ce qui est assez rare. C’est quelque part valorisant d’avoir une accréditation qu’en son nom [Loïc STEPHAN et non Raconte-Moi 33 Concerts, pour être clair et précis].

Ensuite, des groupes que je n’ai pas vus en concert et dont j’aurai aimé parler, oui et non. Je vais voir des concerts depuis… Mon premier concert a été Dire Straits sur la tournée « Love Over Gold » au Palais des Sports à Paris. Cela commence à dater.

Y a-t-il des groupes que vous n’avez pas eu l’occasion de voir en concert et dont vous auriez aimé parler ?

Alors, globalement, à quelques exceptions près, j’ai vu quasiment tous les groupes que je voulais voir en concert que cela soit en tant que spectateur ou chroniqueur / photographe. C’est donc plus des groupes que j’ai vus à une époque où je ne faisais pas de compte-rendu que j’aurai bien aimé chroniquer. Du Dire Straits, AC/DC aussi sur la tournée BallBreaker, le concert des Stones au Parc des Princes sur la tournée Steel Wheels, c’était la première fois que je voyais les Stones. Metallica à l’époque du Black Album.

Globalement, c’est plus des concerts que j’ai vus que j’aurai aimé chroniquer plutôt que des groupes que je n’ai pas vus. Cela répond un peu à côté de ta question mais c’est ma réponse [rires].

En fait les groupes que vous aimez, vous les avez tous vus en concert ?

Que cela soit en fan ou en chroniqueur, oui. Une exception, le concert de Motley Crue avec les Guns en première partie qui a été annulé pour cause d’overdose de Nikki Sixx. Sur la tournée « Girls, Girls, Girls » ou « Dr. Feelgood », je ne sais plus trop.

Ah, aussi, j’aurais bien aimé chroniquer le concert que Pearl Jam avait donné au Mainsquare il y a quelques années. C’était énorme ce concert. Dommage que le coronavirus ait annulé leur tournée et leur concert du Lollapalooza à Paris.

Pour nos lecteurs belges, où peut-on se procurer votre livre ?

Bonjour à mes amis belges, déjà. Pour répondre à ta question, par correspondance, forcément. Il faudrait m’envoyer un message, mon site ne prend que des commandes pour la France Métropolitaine, et que l’on voit un paiement par virement en direct. Les frais de port sont assez élevés malheureusement, dans les 20 euros ! N’étant pas Amazon, je n’ai pas la puissance financière pour les offrir. Pour un livre à 35 euros, je conçois que cela soit cher. Après, je suis auto-édité et l’équation économique est très tendue.

A ce sujet, il y a un concert en Belgique parmi les 33 concerts. Le dernier concert européen de Twisted Sister à l’Alcatraz !

D’autres livres/ projets sont-ils envisagés ? Si oui, sur quoi porteront-ils ?

Oui, comme je le disais précédemment, essayer de lancer un « Raconte-Moi 33 Concerts » Spécial Metal. Donc, si un éditeur lit cette interview, qu’il me contacte le plus rapidement possible [rires]. J’aimerais bien aussi développer un « Montre-Moi 45 Concerts », Spécial Femmes, uniquement avec des photos d’artistes féminines. C’est un projet que j’ai en tête depuis longtemps, qui ne surfe pas [intentionnellement en tous les cas] sur l’époque actuelle et les débats des relations homme/femme [très intéressants dans l’absolu]. C’est toujours une idée que j’ai eu en tête, vous vous doutez bien que le projet ne s’est pas fait en deux jours.

Voilà pour les projets en espérant qu’ils se concrétisent.

Je vous laisse le mot de la fin pour parler à nos lecteurs et vos fans.

Merci de m’avoir accordé cette interview. Merci de m’avoir écouté. N’hésitez pas à me contacter pour acheter le livre. Et surtout, portez-vous bien en ces périodes un peu bizarres. A bientôt dans une salle de concert, même si je ne bouge pas trop à l’international. Pourquoi pas à un Alcatraz [quand le covid nous laissera tranquille] ?


Vous voulez en savoir plus sur « Raconte-moi 33 concerts » ?


Interview Pensées Nocturnes 1

Pensées Nocturnes, l'orchestre infernal

Pensées Nocturnes, aussi étonnant que cela puisse paraître compte-tenu de la complexité et de la finesse de cette musique, c’est le projet d’un seul homme, Vaerohn. Il a accepté de répondre à quelques questions concernant Pensées Nocturnes, un projet qui vous retournera certainement le cerveau et vous transpercera l’âme. Amateurs de Freak Show et de Black Metal à l’âme torturée, leur dernier album « Grand Guignol Orchestra » est fait pour vous !

Pour commencer, quelle est l’histoire de Pensées Nocturnes ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette paire de mots bien mystérieuse ?

PN est initialement un projet solo et ce n’est qu’en 2017 que d’autres membres ont rejoint le projet pour les lives, le studio restant pour le moment un travail majoritairement solitaire. Le projet s’autorise toutes les libertés possibles et imaginables pour peu qu’une matière cohérente et logique résulte de ce travail.

De nombreux instruments et des influences diverses sont ainsi employés pour obtenir des effets relativement surprenants pour une musique ayant pour racine le Black Metal. Ayant débuté en 2008, la dernière sortie, « Grand Guignol Orchestra », est le sixième album de PN et développe une ambiance de cirque maudit.

Pourquoi as-tu choisi de monter ce projet seul ?

En parallèle des groupes dans lesquels j’évoluais à l’époque (il y a presque 12 ans !) je ressentais le besoin de pouvoir produire en totale liberté, d’être totalement satisfait de tous les choix effectués sans avoir à négocier ni avoir à justifier toutes les décisions.

Œuvrer à plusieurs est une démarche évidemment plus créative mais implique d’accepter les concessions, ce qui est peu évident dans le domaine artistique. PN me permet de laisser libre cours à mon imagination, sans avoir à prendre en compte d’autres facteurs que mes divagations. Y prennent donc place les genres avec lesquels j’ai des affinités, l’objectif étant de coller au mieux à mes aspirations.

Malgré son efficacité indiscutable, le Black Metal tourne autour d’un spectre d’émotions trop restreint et diversifier les sonorités permet de coller au mieux à l’esprit. Le fait d’être seul entraîne une liberté indéniable, au niveau de la composition mais surtout dans le choix des instruments.

Interview Pensées Nocturnes 3

On note une évolution, musicalement et stylistiquement parlant, chez Pensées Nocturnes, c’est passé d’un DSBM à une sorte de cirque-opéra black metal grandiose. Qu’est-ce qui t’a poussé à « changer de cap » ?

Une œuvre est toujours à l’image d’un artiste, d’un point de vue culturel évidemment mais aussi en termes d’équilibre émotionnel. Les 3 premiers albums, et plus particulièrement le premier, « Vacuum », sont l’œuvre d’une personne en recherche de définition de soi, des autres, c’est l’expression d’un profond vide et le besoin de l’exprimer.

Aujourd’hui j’ai réellement honte de ce petit pleurnichard et de ces albums car en grandissant, en prenant du recul, on se rend rapidement compte que tout le monde se moque des pleureuses de service et de leur déjections.

Les gens suivent ceux envers qui ils ont un intérêt, les leaders, les puissants, les gens forts, en bonne santé, rayonnants et souriants.

Ainsi au final, quitte à vivre, autant répondre à ce vide existentiel par le rire, la moquerie, la destruction des certitudes ancrées des formalismes. Un rire moqueur, provocateur et belliqueux. Voilà ce qu’est PN aujourd’hui. Sans pour autant perdre de vue l’aspect vain de tout cela finalement, en conservant une vision tragique de la vie.

Bien que tu sois seul derrière Pensées Nocturnes, tu as choisi de t’entourer de musiciens pour rendre le projet vivant en concert. Comment as-tu effectué le choix des musiciens qui t’accompagnent pour emmener le public dans un cirque malsain le temps d’une soirée ?

Il s’agit uniquement de véritables tueurs dans leurs domaines respectifs. Je les connaissais déjà personnellement pour avoir pas mal évolué ensemble dans d’autres formations et c’est ce lien qui permet d’obtenir cette cohésion et cette fluidité aussi rapidement, tant sur scène que dans la vie de groupe.

Le public ressent cette volonté commune de lui démonter la cervelle dans le même sens et cela fonctionne vraiment très bien. Il y a pas mal de parties d’impro en live et il était nécessaire de développer cette complicité et cette fluidité pour que la mayonnaise prenne.

Interview Pensées Nocturnes 2

Pour « Grand Guignol Orchestra », le dernier album, tu as choisi l’univers d’un cirque d’une époque passée allié à un genre de jazz et à un black metal torturé. D’où te viennent tes inspirations et comment parviens-tu à faire se rassembler des univers si différents pour créer un tout cohérent et harmonieux ?

Je dirais que la trame des morceaux est en général définie par la place qu’ils tiennent dans l’album mais que les détails sont eux pensés secondairement, durant la composition : un peu comme un peintre tracerait les gros traits de son tableau avant d’emprunter les pointes fines. Pour schématiser, la destination est connue mais pas forcément les chemins à emprunter, le parcours se dessinant au fur et à mesure. L’expérimentation étant prédominante dans PN il est pratiquement impossible de savoir à quoi ressemblera un morceau et c’est d’ailleurs tout ce qui fait le charme du projet : le fond est déjà pensé, ne reste plus qu’à lui trouver la forme la plus adéquate.

Pour « GGO », certains passages datent de plus de deux ans. Fidèle à mon habitude, je pétris, travaille, retouche et remodèle sans arrêt les différents passages. PN est une pâte feuilletée que je ne cesse de plier, les couches s’empilent et s’additionnent sans répit. Jamais un morceau ne tombe du ciel tout cru, tout est le résultat d’un travail de tous les instants. La conséquence en est une densité certaine mais également un contrôle parfait de chaque détail. Tout est traité, jaugé, écouté et réécouté des dizaines de fois.

Pensées Nocturnes, l'orchestre infernal

Pourrais-tu me citer entre 3 et 5 albums ou groupes qui ont marqué et influencé ta carrière musicale en expliquant pourquoi ?

Diapsiquir – « ANTI » : pour le côté ultra dissonant / crade et cette créativité hors normes.

https://www.youtube.com/watch?v=jCwO5q3f25E

Peste Noire – « L’Ordure à l’Etat Pur » : pour cette provocation permanente et le manque de respect total pour la scène et le genre qui l’a bercé.

https://www.youtube.com/watch?v=UfSjaLgO3kI

Unexpect – « In a Flesh Aquarium » : pour la créativité et la multitude d’instrus et de couches dans tous les sens, sans aucun répit.

https://youtu.be/N0GKw_1zAMY

Circus contraption – « Our Latest Catalogue » : la révélation pour moi en termes de d’influence cabaret / cirque.

https://youtu.be/kRa7mo2rVWo

Shostakovitch – 1er concerto pour violoncelle : pour la folie qui se dégage du début à la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=h23WjKXDe4w

Lors des concerts, et sur l’album aussi, de « Grand Guignol Orchestra », tu utilises un mégaphone en guise de micro à certains moments. D’où t’est venue cette idée et comment gères-tu ce petit outil capricieux ? Tu es satisfait du rendu ?

Il s’agit effectivement de l’outil avec lequel j’ai le plus de soucis techniques en concert car sur scène, on n’a absolument pas de retour de ce qui en sort, ou pas… Il m’est arrivé à plusieurs reprises de donner tout ce que j’avais à travers l’engin pour au final me rendre compte qu’un mauvais contact bloquait tout, et pendant un moment…

En live il n’est pas vraiment utile de reprendre le mégaphone au micro et cette liberté est assez plaisante. Un peu comme avec la trompette dans une petite salle où il n’est pas utile de repiquer le son.

Mais au-delà de l’aspect bricolage et bourrin de l’ustensile, c’est le timbre et l’aspect saturé / très compressé, de la voix qui en ressort qui m’intéresse. Une voix chantée, avec pas mal de grain, saturée par le mégaphone s’intègre à mon sens vraiment très bien à un mix BM.

Quelle est la chanson que tu préfères jouer en live, celle sur laquelle tu te sens le plus à l’aise ou dont tu es le plus fier ?

Pour la préférence, cela dépend du contexte et du public. Rien de plus exaltant que de jouer du reggae sur une affiche de BM pur et dur avec « Le Marionnettiste », par exemple ! Ou du tango avec « Poil de Lune ». Mais en termes de plaisir et d’aisance personnels je pencherais sûrement pour « Les Yeux Boiteux » avec une montée en puissance de la musique, du tempo et des chœurs pour un final du set bien costaud, après avoir enchaînés les passages très lents et complètement pétés.

Tu as fait pas mal de dates avec Pensées Nocturnes en 2019, est-ce que l’une d’entre-elles t’a particulièrement marquée et pourquoi ?

Nos meilleurs souvenirs de concerts, et qui le resteront pendant un bon moment je pense, sont nos deux participations à Beltane, dont la dernière en mai 2019. Nous avions surpris tout le monde en 2017 entraînant une réaction vraiment hors norme et exaltante de la part du public.

En 2019, lors de notre deuxième apparition au fest, nous étions attendus et la fête a bien été au rendez-vous. Il est un peu triste de se dire que ce petit fest si particulier a pris fin aujourd’hui, mais je suppose que c’est pour laisser place à encore plus très prochainement.

Quelle est la suite du programme pour Pensées Nocturnes ?

Le COVID a un peu stoppé notre lancée mais nous a moins affectés que le reste de la scène car nous étions en période de creux, entre deux albums. Il a dû être fatal aux groupes qui venaient de sortir leurs albums ainsi qu’aux labels qui les produisent.

Nous travaillons donc plus paisiblement sur la composition et l’enregistrement du prochain album, sans trop de distraction et c’est plutôt agréable. Nous reprendrons ensuite la route une fois que tout sera finalisé.

C’est la dernière « question ». Je te laisse champ libre pour laisser un dernier mot de ton choix, quelque chose qui te tient à cœur ou que je n’ai pas abordé.

Merci à toi pour le temps consacré à PN. Bonne continuation à Metal Overload et à très bientôt sous le chapiteau !


Photos Pensées Nocturnes & Les Acteurs de l’Ombre Production

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Interview Slaughter Messiah 5

Slaughter Messiah's "Cursed to the Pyre"

Il y a déjà un moment, j’ai eu l’occasion d’interviewer Slaughter Messiah à l’occasion de la sortie de leur dernier album « Cursed To The Pyre ». Confinement oblige, c’est par clavier interposé que T. Exhumator, second guitariste du groupe, a pris un peu de son temps pour répondre à mes questions concernant ce nouvel opus.

En tant que grande amatrice de Black et de Thrash, je ne peux que vous recommander de vous laisser séduire par ces hommes vêtus de cuir dont la musique vous fera pousser des couilles cloutées (même si vous êtes une gonzesse) et adorer Satan.

Interview Slaughter Messiah 5

Qui êtes-vous et quel est votre rôle dans Slaughter Messiah ?

Je suis THOMAS (THE BLASPHEMOUS) EXHUMATOR, acté comme second guitariste dans ce groupe à l’an 2012 !

Comment le groupe est-il né ? Quelle est son histoire ? Quel était votre but, vos envies derrière ce projet ?

SLAUGHTER MESSIAH a vu la nuit vers 2008. À l’époque, Rod Ironbitch Desecrator (guitares, dictature) et E. Sodomaniak (batterie, perversion) voulaient créer un groupe de black metal. Après avoir galéré avec d’obscurs membres, ils se rendirent compte qu’un bassiste/chanteur/leader était ce qui faisait défaut à ce groupe pourri. Ils ont finalement pris le pli d’enrôler SABATHAN au chant et à la basse. Le gars accusait déjà un solide CV du fait de son implication dans quelques autres hordes maudites (MORBID DEATH, ENTHRONED, DAWN OF CRUCIFIXION…).

Le groupe a finalement pris une tournure plus “old school” en voulant célébrer les grands noms du metal. Ça s’est ressenti dans le style qui a viré sur quelque chose de plus speed metal. Leur idée était de raviver la flamme du metal pur – et de botter des culs aux côtés du diable. Une première démo a vu le jour…

J’ai troqué mon âme au projet en 2012, car ils voulaient renforcer le tranchant des guitares en ajoutant un quatrième membre. Ils m’ont appâté avec de la bière bon marché et la promesse de virées nocturnes sauvages. Nous avons sorti 3 EPS avec ce line up.

En 2015, Sodomaniak était devenu assez incontrôlable et menaçait sa propre intégrité (physique/psychique) et celle du groupe. John Berry (batteur de GAE BOLGA) nous est venu des Flandres et a rapidement récupéré le trône de cuir qui est posé derrière la Gatling.

Depuis, nous sillonnons l’Europe avec notre black/death/thrash metal et nous avons sorti notre premier album il y a peu.

Interview Slaughter Messiah 3

D’où vous est venue l’idée de « Slaughter Messiah » comme nom pour le groupe ?

Les deux fondateurs en état d’ébriété voulaient, je cite : “un nom qui ne pique pas aux oreilles”. Le premier nébuleux chanteur/bassiste proposait, je cite : “Infernal Messiah Of Hell” (« infernal » et « of hell » ramenant à la même chose, il me semble). Ils se seraient fait remarquer, mais le nom était un peu exagéré peut-être, ils ont donc opté pour SLAUGHTER MESSIAH.

Quelles sont vos influences musicales (metal ou non-metal) et artistiques (cinéma, littérature ou autre) pour Slaughter Messiah ?

Nos huit oreilles sont sensibles à beaucoup de créations metal et non-metal; mais dans le cadre de SLAUGHTER MESSIAH cela reste clair : il s’agit du point G, équidistant entre le death, le black et le thrash metal. En bref toutes les extensions les plus sauvages du heavy metal primordial. Citons HOLY TERROR, HELLHAMMER, SADISTIK EXEKUTION, VENOM, MORBID ANGEL, SODOM,…

Le groupe a été relativement inspiré par des œuvres obscures (surtout à l’époque de Sodomaniak qui portait alors la casquette de parolier). Ça allait piocher dans le Lovecraft, et aussi de nombreux films d’horreur. À titre personnel, je ne suis pas avide de ces œuvres dites cultes pour les amateurs de l’ombre. J’aime surtout les récits d’exploration, d’aventure, de contemplation,…

A l’instar de la bouffe, j’adore écouter la musique spécifique de l’endroit où je me trouve, tous styles confondus… Elle fait partie de l’âme des lieux. Enfin, niveau metal, je suis assez sensible au black metal scandinave, et aux scènes extrêmes d’Amérique latine et d’Australie ; ces deux dernières partagent la furie.

Parlons maintenant de votre dernier album « Cursed To The Pyre ». D’abord, quelle est la thématique abordée ? Y a-t-il une sorte de fil rouge ou d’histoire liée à cet album ?

Pas vraiment de fil rouge, c’est plutôt un recueil de nos riffs les plus sauvages, et de textes qui ont jailli à l’écoute des premières rushes. De manière générale ça envoie de la mort, du feu et du chaos. J’ai écrit la majorité des paroles de cet album. C’est une ode au carnage, une pierre à l’édifice du metal extrême, bourré de gnole et de flammes.

Interview Slaughter Messiah 4

Avez-vous gardé la même recette pour « Cursed To The Pyre » que pour vos autres productions ou avez-vous modifié certains ingrédients ? Si oui, lesquels ?

On peut dire que les morceaux sont plus matures, et on voit pointer une touche plus écrasante de death metal. Dans l’ensemble on sent qu’on a toujours affaire au même groupe, mais comme le répète un pote de POSSESSION : on a retiré du “yeah!” pour ajouter du “ugh!”.

Le travail à deux guitares a été plus pensé afin de créer davantage de (non) harmonies et de profondeur. Y’a aussi quelques passages lents, ça c’est nouveau !

Enfin, ce sont les premiers morceaux sur lesquels John Berry peut s’exprimer pleinement, car il a fait partie intégrante de la composition. Son jeu plus old school a pu éventuellement aérer les morceaux et ouvrir de nouvelles portes.

« Cursed To The Pyre » est sorti au mois de février. Est-ce que vous avez eu l’occasion de présenter l’album en live avant le confinement ? Si oui, qu’avez-vous pensé du rendu de l’album en live ? Le public a-t-il été réceptif à ce nouvel album ?

Certains morceaux étaient déjà présentés en live (« From The Tomb », « Pouring Chaos », « The Hammer », …, etc.). Mais à part ça, nous n’avons pas vraiment eu l’occasion de défendre et répandre l’album dans le contexte de concerts. Le release show officiel devait avoir lieu début avril.

Avant tout ce bazar, nous avons juste eu l’occasion de jouer à Eindhoven avec l’album dans les mains. De manière générale, les gens semblaient contents et bourrés; et la table de merch a attiré l’attention.

Interview Slaughter Messiah 2

Qu’en est-il des critiques et feedbacks reçus pour « Cursed To The Pyre » ? Est-ce que vous prêtez attention à ce genre de retours ou pas du tout et pourquoi ?

Depuis sa sortie, nous recevons de nombreuses critiques positives de « Cursed » ! On sait qu’il s’agit de l’avis de personnes pas toujours objectives, et a priori d’emblée sensibles au style dont il est question, mais ça fait toujours plaisir à lire. Ça fait aussi plaisir de lire ceux qui n’ont pas aimé, afin de savoir pourquoi.

Dans les deux cas : certains avis sont éclairés et enrichissants pour se voir dans la glace et prendre du recul. Et d’autres sont des torchons !

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cet album et du futur de Slaughter Messiah ?

L’idée était de répandre notre humble réalisation, et écumer les bars et les salles pour s’arracher la gueule et faire des concerts violents. On a quelques dates prévues qui ont sauté. On essayait de prévoir une tournée dans les Balkans et une en Amérique du sud, mais tout semble compromis pour cette année maudite. De nombreux groupes sont dans cette situation, mais je pense que d’autres entités et surtout personnes sont dans des travers bien plus réels et merdiques que l’annulation de quelques joyeusetés.

Je dirais qu’on va en profiter pour se consacrer à nous-mêmes. Et aussi pour concevoir une petite sœur pour « Cursed » !

Dans toute votre production musicale, y a-t-il un morceau en particulier que vous aimez plus que les autres ? Si oui, lequel et pourquoi ?

C’est difficile à dire, sur cet album on les apprécie tous car ils sont nouveaux et l’enthousiasme de notre premier full lenght est encore vibrant. Je me fie donc aux auditeurs, ce qui nous amène à la chanson “Hideous Affliction” : ce titre-là est souvent ressorti dans les reviews.

Période de confinement oblige, nous sommes quasi tous enfermés à la maison. Si vous deviez nous recommander 3 albums à découvrir pendant cette période, lesquels serait-ce et pourquoi ?

J’ai récemment écouté le dernier AGGRESSIVE PERFECTOR (« Havoc ») qui est une pure branlée. Pour parler du Plat Pays, nos compère des BÜTCHER ont sorti une tuerie (« 666 Goats ») et intéressez-vous tout de suite à TERRIFIANT et son album éponyme ! Je triche, quatre, mais j’adore le dernier Misþyrming, n’efface pas ça, j’ai galéré pour trouver le “þ” !

Et n’oubliez pas d’écouter MOTÖRHEAD de temps en temps !


Crédits photos SLAUGHTER MESSIAH

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INCANTATION sort son nouvel album « Sect of Vile Divinities » entre sorcellerie et death metal old school

INCANTATION sort son nouvel album « Sect of Vile Divinities » entre sorcellerie et death metal old school

À l’occasion de la sortie de « Sect of Vile Divinities » nous avons interviewé Chuck Sherwood et John McEntee, retour sur 30 ans de carrière et un album puissamment inspiré.

INCANTATION sort son nouvel album « Sect of Vile Divinities » entre sorcellerie et death metal old school

Salut John et Chuck ! Comment allez-vous ? Comment s’en tire le groupe avec cette situation un peu particulière du Covid-19 ? Est-ce inspirant dans un certain sens ? Avez-vous développé de nouvelles façons de communiquer avec vos fans ?

Chuck: Salut ! Nous passons le temps en étant essentiellement productifs alors que le monde est en confinement. Nous nous concentrons davantage sur l’écriture et la réalisation de vidéos jusqu’à ce que l’épidémie cesse et que nous puissions reprendre la route. Les visioconférences via Zoom pour des sessions “Questions/réponses” ont été un très bon moyen pour rester en contact avec nos fans.

 

Pourriez-vous nous en dire plus sur votre processus de création en tant que groupe ? Change-t-il d’album en album ? Comment s’est-il déroulé pour “Sect of Vile Divinities” ?

Chuck: Notre processus est principalement le même d’un album à l’autre, nous y contribuons tous. Que ça soit pour un riff, un enchainement de riffs ou même des morceaux complets, nous y contribuons tous individuellement dans un premier temps. Ensuite, nous retravaillons l’ensemble pour qu’il corresponde aux goûts de chacun afin d’avoir un rendu plus cohérent qu’une simple succession des différentes parties déjà composées. L’ego n’a ici aucune place ce qui explique pourquoi on se retrouve avec autant de matière. C’est comme ça que ça se passe concernant la musique, pour ce qui est des paroles, quand l’inspiration est là, je peux écrire des albums entiers. Ensuite, John, Kyle et moi-même nous arrangeons la cadence et la syncope en fonction de la musique. Nous sommes dans un flot constant d’idées c’est pourquoi nous gardons les “retouches” pour la fin. Nous avons travaillé de la même façon avec “Sect” que nous avions déjà pratiquement terminé il y a deux ans. Si on réécoute un morceau et qu’il nous semble trop long c’est qu’on peut encore l’améliorer.

 

L’album “Sect of Vile Divinities” a-t-il un concept en particulier ? Où avez-vous puisé votre inspiration cette fois ?

Chuck: Conceptuellement parlant, les entités et les déités mentionnées dans l’album sont assemblées dans un temple oublié comme une sorte de secte, comme le représente la pochette. Elles partagent toutes une nature “vile” contre les religions opposées (ou les éthiques religieuses opposées) et les erreurs de l’humanité. Pour cet album en particulier, j’ai puisé dans mes muses habituelles mais j’ai aussi ajouté des sujets qui me sont moins familiers. Une façon de me plonger dans de nouveaux intérêts et d’explorer mon subconscient avec le Death Metal comme catalyseur. On y retrouve du folklore, de la mythologie, de l’histoire, de l’occultisme et mes rêves, comme dans ce que j’ai apporté en matière de paroles dans nos 4 derniers albums.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le clip de “Entrails of the Hag Queen”, qui est sorti la semaine dernière ? Comment s’est passée la collaboration avec Nader Sadek comme réalisateur ? Comment s’est construit le scenario ?

Chuck: “Entrails of the Hag Queen” est inspiré d’une légende balinaise/hindoue qui raconte que durant le règne de Airlangga, à la fin du 10ème siècle, la fille d’une sorcière ne pouvait être mariée, sa mère faisant mauvais usage de la sorcellerie. La sorcière, depuis qu’elle était devenue veuve, détruisait les récoltes, causant la maladie et des inondations. Indignée qu’aucun ne veuille épouser sa fille, elle sacrifia un enfant au “temple de la mort” à la démone Rangda, qui dévorait les enfants et qui se trouvait à la tête d’une armée de Leyaks qu’elle dressa alors contre Barong (le dieu protecteur). Les Leyaks ont une apparence humaine durant la journée, mais la nuit leur tête se décolle et leurs entrailles sortent de leur corps cherchant à sucer le sang des bébés ou à dévorer les nouveau-nés qui sont encore dans l’utérus de leur mère. Je ne sais pas si vous avez déjà vu le film “Mystics in Bali” ? Il s’inspire grosso modo de la même histoire.

Travailler avec Nader a été une super expérience, nous étions sur la même longueur d’onde. Nous étions tout aussi inspirés et enthousiastes à l’idée de sortir la vidéo. Après une courte introduction par visioconférence sur Zoom, il s’est mis au travail sans relâche pour créer le script. Le laps de temps très court dont nous disposions a créé quelques inquiétudes et problèmes, ce qui ne l’a pas empêché de persévérer pour notre plus grande gratitude. On retrouve les signes distinctifs de son travail ainsi que chaque aspect de l’histoire susmentionnée. À nos yeux, le résultat est fantastique, nous aimerions travailler encore avec lui dans le futur.

 

Avez-vous déjà de nouvelles compositions ou idées pour un prochain album ? Ou des compositions que vous n’avez pas utilisées sur cet album qui sortiraient dans le futur ?

En effet, on a déjà presque 10 nouvelles compositions. Certaines sont déjà complètes alors que d’autres ont juste une structure et nous devons encore nous pencher dessus. Les paroles sont déjà complètement écrites et elles doivent maintenant être arrangées en fonction de la matière. Mais certaines sont déjà achevées à ce stade. Nous avons épuisé la plupart de notre stock de compo inutilisées. N’en gardant qu’une qui va être retouchée dans le futur.

Incantation a gagné une place majeure dans la scène underground depuis déjà plusieurs années. Après 30 ans de carrière, comment expliquez-vous l’attachement que vous portent les fans des premières heures et les nouveaux fans plus récents ? Vous avez acquis un statut culte avec « Onward to Golgotha » cependant vous donnez l’impression de ne jamais vous reposer sur vos lauriers, je me trompe ?

Chuck: Il est pour le moins impossible de prédire les hauts et les bas de la scène ou de la fan base. Bien que j’aie pu remarquer qu’il y avait trois périodes distinctes qui suscitent l’intérêt des gens, qui peuvent alors être exclusifs ou les aimer toutes. Cela dit, ces dix dernières années, ça a été un honneur pour nous de constater que nous suscitions un nouvel intérêt chez les plus jeunes. Mais tous nous font preuve d’une fervente admiration qui n’est jamais ignorée.

 

INCANTATION sort son nouvel album « Sect of Vile Divinities » entre sorcellerie et death metal old school

Avez-vous l’impression qu’Incantation est devenu quelque chose de plus gros depuis que vous avez signé à nouveau avec Relapse Record en 2016 ?

Chuck: Il est difficile de parler de “sa” popularité sans tomber dans l’égocentrisme. Nous avons connu un soutien considérable ces dernières années mais l’attribuer à un seul facteur ne serait pas correct. Nous sommes reconnaissants d’avoir le soutien de Relapse. C’est génial, autant pour leur communication, ils nous tiennent au courant de chaque étape, que la volonté de nous aider et la compréhension dont ils font preuve quand nous ne sommes pas tout à fait sur la même longueur d’onde. Nous sommes vraiment chanceux, c’est le moins qu’on puisse dire.

Pour revenir sur votre carrière musicale, quelle a été votre plus grande réussite après toutes ces années ?

John: Franchement, juste le fait d’être toujours là après 30 ans. Nous avons beaucoup de choses dont nous pouvons être fiers, mais la plus importante c’est notre détermination pour notre style et la volonté de transcender toutes les tendances dans le metal.

 

Que pensez-vous de la scène underground actuelle ? Quels seraient vos conseils pour les nouveaux groupes qui tentent d’émerger ?

Chuck : Je suis toujours impressionné de voir que la scène perdure malgré les changements de goûts, les variantes qui apparaissent dans le style ou même les pandémies. Beaucoup de groupes remarquables sont apparus ces dernières années, on peut donc envisager un futur stable pour la scène.

Pour les nouveaux groupes, je dirais de rester inspirés, de se concentrer sur les choses que vous aimez vraiment. Jusqu’à ressentir l’envie de toujours apprendre et d’aller de l’avant afin de ne pas stagner. La quantité de tablatures qui sont mises à notre disposition de nos jours est impressionnante. Cultivez et nourrissez votre talent et peu importe si cela vient rapidement ou plus lentement. Il y aura toujours quelqu’un de meilleur si on compare. Simplement, aime ton art et fais-le.

Voudriez-vous ajouter quelque chose ?

Chuck: Merci beaucoup pour l’interview, on espère vous croiser sur la tournée de “Sect of Vile Divinities”, le plus tôt possible espérons-le. “Crush souls with sorcery, crush skulls with death metal” (ndl: on vous le laisse en anglais). À la prochaine !

Merci à vous ! On vous souhaite le meilleur et on espère vous voir bien vite sur scène au Mass Deathtruction en Novembre

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Jungle Underground

Découverte : Avec Jungle Underground, c'est toujours la fête !

Aujourd’hui, nous vous présentons Jungle Underground, groupe de rock Liégois en compagnie de François, chanteur, John, batteur, et enfin Kuff, guitariste du groupe.
Fan de Rage Against The Machine, ce groupe est fait pour vous et nous allons donc vous les présenter via une interview pleine d’humour et de vannes à leur image!

Parlez-nous un peu de vous. Quels sont vos parcours musicaux ? Avez-vous eu d’autres projets auparavant ? Où vous êtes-vous rencontrés ?

John : Toutes les histoires se relient en fait.

Kuff : On est tous des consanguins de groupe en fait.

François : Pour commencer, John et moi, on a commencé un groupe il y a déjà quelques années. Il y a 10 ans.

John : Il y a 10 ans précisément.

François : 10 ans, 10 ans, 10 ans. *Joue avec le micro*

Kuff : 9, 8, 7, 6 ….

François :
Un groupe qui s’appelait « Back to Bac » avec lequel on a commencé, on a fait un peu nos débuts, nos premières scènes, etc. Cela a duré cinq ans quand même et on a rencontré Kuff subrepticement, lors … il fallait le placer celui là. On faisait une release party à la caserne de Fonck et notre ancien bassiste, à l’époque, connaissait Kuff. Il est venu jouer un morceau avec nous et c’est la première fois où l’on s’est rencontré..

Back to bac

John : L’idée de la release party était de prendre des gens de groupes qu’on connaissait. Quelques temps plus tard, « Back to Bac » s’est arrêté …

François : Pourquoi ?! *rires*

John : Chacun a pris des chemins différents au niveau musical

François :
Et du coup, John est allé rejoindre Kuff dans son groupe qui s’appelait « The Clinche’s » et pour ma part, je suis parti avec un autre ami. On a créé un autre groupe qui s’appelait « Last Night Session« . Ca a tourné deux ans comme ça : séparé. Moi j’ai été séparé de John pendant 2 ans, ça a été très dur. J’ai pleuré énormément. *rires*

Kuff : Moi, j’étais content *rires*

The Clinche's
Last Night Session

François : Plus tard, les deux projet « Last Night Session » et « The Clinche’s » se sont plus ou moins arrêtés en même temps.

John :
L’idée de base, c’était de faire un duo mais on s’est rendu compte qu’on ne savait pas chanter … Quand notre groupe s’est arrêté, on était trois dans le groupe. On a essayé d’être quatre mais on n’a jamais trouvé de chanteur qui collait convenablement avec notre style musical et au final, on a décidé d’arrêter. Le bassiste est parti de son côté et n’avait pas spécialement envie de continuer à s’investir autant dans la musique autant que nous on le voulait en tout cas. Donc tous les deux de notre côté, on a continué, on a composé des morceaux. On était vraiment partis en mode duo et on s’est rendu compte qu’on ne savait pas chanter.

Kuff : Pourtant on a essayé ! C’était très drôle !

François : Il y avait des enregistrements de ça ? vous avez essayé ?

Kuff : Chut chut !

John : On en parlera entre nous !

François : Même moi j’suis pas au courant ! Je serais très curieux d’entendre ça !

John : Du coup, je me suis dit « Je vais un peu demander à François s’il ne serait pas chaud de venir au moins essayer » Je savais bien qu’il s’arrêtait avec « Last Night »

François : Pourquoi ?! *rires

John : Un pote de longue date , ancien groupe ensemble,… Je me suis je vais sonner à François ! On avait un concert trois semaines plus tard pour les fêtes de la musique.

François :
Les fêtes de la musique, c’était à l’auberge Georges Simenon. C’était fait par le 6K Fest et il restait 3 semaines. C’était les « clinche’s » qui, à la base, était demandés. Il n’y avait plus de « clinche’s ». Et eux, ils jouaient toujours.

Kuff : On s’est dit « Nous on va reprendre le concert ». On va essayer, on va faire un test.

François : Trois semaines pour essayer de bidouiller un truc. Soyons très honnêtes, c’était vraiment ça.

John : Au final, il n’y a pas tant de morceaux du premier concert qu’on a gardé. On a peut-être trois morceaux qui sont restés.

François : Du coup, je débarque là-bas : bonne énergie, etc. Ça me fait penser à pas mal de choses et « Ouais, pourquoi pas essayer? ». On est partis là-dessus.

D’où vous est venu l’idée de créer Jungle Underground avec ce style de musique et pourquoi ce nom ?

John : C’est venu tout seul. Le style est réellement venu tout seul.

Kuff : Nous, on voulait faire du Stoner à la base avec John. On a fait notre style. Je ne sais même pas comment on peut appeler ça.

François : Je pense que ça reste du néo metal.

Kuff : Puis François est arrivé et il a directement dit « Oui, je vais faire ça ».

John : Ce qui est assez drôle, c’est que, niveau musical, on est tous les trois assez différents dans ce qu’on écoute au quotidien. Les trois styles mélangés ensemble de ce qu’on aime, ça donne ça.

François :
Je pense qu’après analyse aussi, on s’est rendu compte qu’on jouait une espèce de musique qu’on écoutait quand on était adolescent: Rage Against The Machine, Limp Bizkit, System Of A down, … des trucs qu’on a écouté et qu’on écoute toujours. Involontairement, on a reproduit un style de musique qui ressemble fort à ça.

Kuff :
Pour le nom du coup, on avait notre concert dans les 3 semaines qui suivent et j’ai Nico du 6K Fest qui me dit : « Ecoute, il me faut un nom pour demain ! ». On a passé une soirée autour d’un feu tous les trois.

François : Ce qu’on conseille d’ailleurs de faire à tous les groupes qui cherchent un nom.

Kuff :
A boire des bières et de débiter des noms sans arrêt. Un grand brainstorming de pété autour d’un feu.  Fin de soirée, on a rien trouvé. *rires* Le lendemain, Nico me redemande… « Bon, les gars je dis « Jungle Underground » ? OK, c’est bon ! Emballé c’est pesé! »

John : On s’était dit au début qu’on allait peut être changer après que c’est pas parce qu’on donne un nom une fois qu’on ne pourrait plus changer. Au final, on l’a gardé.

François :
On s’y est tellement habitué… Il faut dire quand même qu’à la base de la recherche du nom, on est parti sur « Fireball Superstar 3000 » … John n’était pas d’accord. Il y a eu de tout, vraiment un peu de tout !

Comment créez-vous vos morceaux au sein du groupe ? Est-ce le rythme qui apporte les paroles ou l’inverse ? Et que racontent celles-ci ?

John :
En général, ce qui se passe, c’est que Kuff arrive avec un riff ou plutôt un panel de riffs, etc… qu’il aura composé de son côté ou des idées qui lui viennent comme ça en début de répètes. On essaye et dès qu’il y a un truc qui plaît, on va travailler dessus. Moi, je suis plus dans la partie agencement du morceau, etc. On va bosser ça tous les deux de notre côté. François arrive nous donner un coup de main quand on bûche et lui pose des paroles dessus.

Guillaume (Rédacteur) : Et les paroles racontent quoi, en général ?

François :
En général, il y a deux choses dans les paroles. Il y a beaucoup : Nous en fait. Dans certaines chansons, on parle de « Jungle », c’est de l’autopromotion finalement. Le fait de dire que nous, on avance, on a envie d’avancer, on a envie d’aller plus loin… et du coup, tu pourras avoir une chanson qui va juste parler de « Jungle » et son envie d’avancer dans la musique. Et puis après tu as tout ce qui se passe dans le monde, tout ce qui me fait chier en règle générale et que tu as envie de taper sur papier : ça peut aller de la politique, à l’attitude des gens … Et là je crois que c’est à peu près comme tout le monde. Comme tout chanteur finalement qui a envie d’exprimer quelque chose. Y a tellement de connerie dans le monde en ce moment que l’inspiration est permanente ! *rires*

2 EP en 2 ans, c’est productif pour un groupe Liégeois. Quel est votre secret ?

Kuff : La bière …

John : Le talent !

Guillaume (Rédacteur) : Une troisième idée pour aller avec les deux autres ?

François : La drogue !

Kuff : Le secret en vrai, c’est juste : On est ambitieux, on a des idées, on a des envies, on se donne les moyens pour les concrétiser…. On met de notre poche … Dans les Ep par exemple ….

François :
Je crois que le gros problème dans les groupes qui essayent de vraiment grandir : au départ, c’est vraiment le pognon. C’est toujours le pognon le problème! Si on veut faire de la pub, il faut mettre de la thune. L’avantage qu’on a c’est qu’on est un petit peu plus vieux et qu’on avait tous des jobs. Donc on pouvait mettre de l’argent directement pour aller en studio, pour aller enregistrer et du coup, ça nous enlevait une épine du pied en disant « Bein voilà on met chacun de la thune pour faire en sorte qu’on puisse produire ça ». Ce qui, des fois, prend un an, deux ans, si on fait des crowdfunding aussi, ça peut prendre énormément de temps.

Kuff : J’ajouterai aussi que l’important, c’est qu’on est 3 super potes et qu’on veut tous la même chose : avancer…. Sauf lui c’est un connard ! (François) .

François : J’étais sûr qu’il allait balancer la première insulte ! *rires*

John : Le truc aussi c’est qu’on a fait 2 EPs mais ils ne nous ont pas coûté si cher que ça non plus… On a énormément bossé sur nos morceaux avant d’arriver au studio. Les deux EPs ont été bouclés chaque fois en 1 week-end. Une ou deux prises et c’était bon.

En parlant de studio, comment s’est passé la collaboration avec le Studio 5 pour l’enregistrement de ceux-ci ? Avez-vous apporter des modifications à vos morceaux enregistrés par rapports aux versions jouées en live ?

François : La collaboration s’est passée très très mal… On a rencontré un mec, Maxime Wathieu. Dégueulasse .. *rires*

John : On a rencontré Maxime et on est tombés amoureux directement. Il a vu qu’on était des gros veaux et il nous a fait un son de gros veaux.

François :
On l’a mis un peu au défi aussi. Parce que lui même, il nous croyait pas spécialement qu’en un week end on pourrait enregistrer quatre morceaux. Enregistrer, mixer, masteriser : ça représente quand même, en règle générale, une petite semaine de travail pour quatre morceaux. Et même lui, il nous disait : « Les gars … ça ne sera pas assez ! ». « Oui, tracasse on va y aller ». Je pense qu’on l’a un peu mis dans une ambiance où … On l’a peut-être un peu violer je pense … * rires*

John :
Il a donné de sa personne aussi au final, parce qu’il a quand même débordé sur ses heures. Mais je crois qu’on lui a plu ainsi que notre optique de vie, etc… Notre musique…. La deuxième fois qu’on est arrivé au studio, vu que ce qu’on fait lui fait penser à Rage Against The Machine, il avait préparé tous les albums de Rage sur la table de mixage. Il était déjà chaud patate.

John :
La deuxième fois s’est fait encore plus vite que la première, finalement. Il connaissait un peu le style. Il avait déjà écouté des enregistrements un peu dégueulasse mais bon. Il avait déjà une idée et c’était parti ! Il savait qu’on allait arriver là en mode « Allez, Go ! » Et donc du coup, Maxime, c’est une crème. C’est un houmous !

Kuff : Et c’est un enculé de Vegan … *rires* Coupe ! Coupe ! ( Et non je ne coupe pas ! )

François : Deuxième insulte !

Kuff : Quoi Vegan ? * rires*

Ambiance lounge au #studio5 avec Jungle Underground. Recorded by Maxime Wathieu.

Posted by Le Studio 5 on Saturday, September 22, 2018

Si vous deviez présenter l’un de vos morceaux à nos lecteurs afin qu’ils vous découvrent lequel serait-ce? Et Pourquoi?

Général : Impossible! Impossible!

John : On a réfléchi justement avant l’interview.

François : Parce que oui, on a eu les questions avant l’interview. On est des gros cheaters ! *rires*

John : On s’est dit : « Ah oui mais ce morceau là il est bien ! Celui là est bien ! Celui là est bien ! … »

Kuff : En fait il n’y a aucun morceau qui nous correspond…

François : Non ! Ils sont tous nuls ! *rires*

Guillaume : Et un par personne non plus alors ?

Général : Ha !…. Ha! Ha! … Là tu vas créer le bordel …

John : Alors moi je me lance je dis « T » !

Kuff : Ah je le savais ! Moi aussi c’est ce que j’allais dire !

François : Moi, je partirais sur « Fuck Trump » vu comme ça reste le morceau sur lequel je me suis le plus déchaîné. Et toujours maintenant, il est encore d’actualité, ce qui est merveilleux.

Kuff : J’hésite entre « Tournez les serviettes » et euh …. *rires* … Allez je dirais « Badass » !

François : C’est un peu ta vie ça *rires*

Vous êtes là pour faire la fête et vous amusez sur scène, avez-vous des anecdotes de choses incroyables ou drôles qui vous seraient arrivées en concerts / backstages ?

Kuff : Ah ! Très bonne anecdote !

Les autres : J’étais sûr qu’il allait en parler !

François : C’est moi qui doit la dire ?

Les autres : Tu dois la raconter comme tantôt !

François :
On devait jouer au « Home Made Music Festival« . Et d’ailleurs, on salue Gilles et Sun ! Du coup, on avait dans l’idée de faire un feu d’artifice derrière la scène. On s’était un peu renseigné et il y a des batteries de feu d’artifice comme ça où ça pète. Et franchement, on a passé une semaine à regarder des feux d’artifices avec des noms improbables…. On tombe sur un feu d’artifice où il y avait des vidéos et tout ça … « Oh ca va haut ! »

Kuff : Mieux que le 15 août quoi !

François :
Ca va être génial quoi ! Fin du concert, quelqu’un derrière allume le bazar et « Boum! ». Je soumets l’idée aux organisateurs du « Home Made Music Festival » et le gars m’envoie une photo de la scène. Là tu vois plein d’arbres mais avec franchement que des arbres autour de la scène… Et là il me dit « Votre idée est chouette mais on n’aura jamais l’autorisation des pompiers. Et là, c’est pour foutre le feu au festival votre idée. » Du coup, on s’est dit « OK, ça va… Mais on prévoit quelque chose d’autre … et on ne te le dit pas !  » « Et du coup, c’est quoi? ». « Non, on ne dit rien! » On est resté sur l’idée de feux d’artifice.

John :
On va juste dire que, avant de donner la chute, l’organisateur du festival m’a dit, après le concert, « Ah putain, je t’ai vu arriver sur la fin du concert, toi, avec ton lance-flammes et j’ai commencé à me chier dessus! » *rires*

François :
Du coup, on part sur une idée quand même de feux d’artifice mais on peut pas faire un truc qui pète énormément donc …. On s’est dit  » Mais sinon, vous savez, les petits tubes avec les petites boules qui partent là … C’est marrant quand tu en as un mais si tu en as 6 dans chaque main… Est ce que ça ne peut pas faire l’ambiance un petit peu …  » Et donc, on a fait des petits tests dans le jardin de John pour voir comment ça allait … 1, ça allait …2,3,4,5,6 … On s’est dit « Allez, on va scotcher tout ça! Et comment est-ce qu’on allume ça? » Et John : « C’est bon, hein ! J’ai un lance-flammes …  » *rires* Et donc fin du concert, on avait programmé une petite musique d’ambiance, etc.

Kuff : Ambiance de dubstep … *rires*

François :
Fini de jouer, John sort son lance-flammes Et je pense que c’est là que Gilles s’est dit « Qu’est ce qu’il va se passer ? ». Et on commence à allumer chacun les mèches et c’est parti … Franchement, ça a super bien marché !

Kuff : On a commencé à danser et à mettre l’ambiance.

François :
Une des dernières boules qui est partie a failli tuer quelqu’un dans le public, je pense … *rires* On a rabaissé trop tôt le bazar à la dernière. Bon, heureusement, personne n’est mort ! Personne n’est mort et tout le monde s’est bien amusé ! Et nous, on s’est marré comme des porcs à préparer ça. C’était vraiment extraordinaire! La prochaine fois, on mettra le feu d’artifice au nom improbable.

Home Made Music Festival - Jungle Underground
Jungle Underground au Home Made Music Festival

Avec les problèmes liés au COVID-19, comment se passe votre confinement? Avez-vous des dates où on pourrait vous découvrir en live ? En 2021 peut-être ?

John : Des dates, on en avait en tout cas …

François :
Déjà, on devait jouer en juin et en juillet. Tout ça est tombé à l’eau, forcément… On était tous… un peu chez nous. Du coup, ouai, il y a la guerre des Gaules qui devrait arriver au mois de novembre…. On est en attente… C’est une attente permanente sans savoir si, à un moment, on pourra ou pas le faire. Donc c’est prévu : on doit jouer à la guerre des Gaules le 14 novembre au centre culturel de Chênée. Entre temps, pour le mois de septembre, il y a à « La Zone » un concert qui est aussi sur les rails mais, là aussi, on attend encore. On ne sait pas trop. Et peut-être pour l’anniversaire de « Primitive Music » aussi…. Il y a des plans, mais on est toujours un peu…. On ne sait pas …

John : Il y a des plans, il y a des trucs en vue mais ….

François : Et pour l’année 2021, y a des gens qui regardent un peu…

Guillaume (Rédacteur) : Et en terme de productivité ? Avez-vous eu le temps de travailler sur de nouvelles chansons ?

John :
Du coup, durant le confinement, on a fait un morceau qu’on a composé, enregistré, masterisé nous-mêmes. Voilà on l’a fait comme on a pu, avec les moyens du bord, chacun chez soi. On travaillait en s’envoyant des morceaux sur notre drive, etc…. Je pense qu’on ne s’est pas trop mal débrouillé pour le niveau, qui est égal à zéro, qu’on a pour tout ça. Le morceau est visible sur YouTube d’ailleurs avec une petite vidéo qu’on a fait au moment du déconfinement, où on a pu retourner aux locaux de Répétitions…

François : Libération ! On s’est dit « Autant profiter qu’on soit tous les trois là pour filmer. »

Kuff : Et depuis le temps, on se consacre à de nouvelles compos pour un éventuel nouvel album.

François :
En 2064 ! *rires* Mais non, c’est vrai que, là, on en profite un peu pour commencer à réfléchir à d’autres morceaux et répéter, éventuellement, pour d’autres concerts… Mais on sait pas. C’est difficile.

Kuff :
On a envie de continuer à kiffer la zik mais ce n’est pas facile quand on sait que tous nos concerts vont être supprimés. Bordel ! Enculé de COVID de merde ! *rires*

François :
3 ème ! Ce qui est frustrant surtout, c’est qu’on a toujours fonctionné sur les deux premières années… parce qu’on a dépassé les deux premières années du groupe…. sur une dynamique ultra agressive. On fait des concerts, on enregistre, on fait ça… on enchaîne, on enchaîne parce qu’on aime bien ça, finalement. On a envie d’être productif, on a envie…. et tout ça nous a mis un coup dans la gueule et nous a un peu freinés. Donc, on essaye de reprendre timidement le truc parce qu’on ne peut pas y aller à fond comme on le faisait avant. Donc… wait and see.

On vous laisse le mot de la fin pour dire ce que vous voulez à nos lecteurs / vos fans. Donc, là je pense qu’on va augmenter le compteur d’insultes ! *rires*

Kuff : Alors, je vends une Punto, 6 portes, de 1982 avec subwoofer … Contactez moi au 04 … 42 37.

François : Et profitez de la vie tant qu’on peut.

Kuff : … Punto *rires*

François : On me dit que la Punto est vendue ! *rires*

John : Merci à tous !

François : Merci à Metal Overload !

Kuff : Merci à Primitive Music !

François : Merci au bureau bweeeeeuuurkkkkk !

Kuff : Merci à ma maman ! Coucou maman !

François : Salut maman ! Je la connais bien aussi ! Et merci Guigui !


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Ethmebb, voyage en Etrangerie

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Il y a quelques temps, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres un bien étrange objet. Tout scintillant au soleil, c’était « La Quête du Saint Grind », dernier concept-album du groupe français Ethmebb. Après cette aventure musicale, j’avais quelques questions à poser à cette bande de joyeux lurons. Je leur ai donc envoyé une interview. Maintenant que j’ai reçu leurs réponses, je peux enfin vous en dire un peu plus sur Ethmebb et leur fameuse quête !

Tout d’abord, que veut dire Ethmebb ? Comment avez-vous choisi ce nom pour le groupe ?

Ethmebb c’est l’anagramme de The Bemb.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Pourriez-vous nous faire un petit topo sur la genèse du groupe ? Qui êtes-vous, d’où venez-vous ? Quelles ont été vos motivations pour créer ce groupe ?

Le groupe a un peu démarré comme une blague à l’initiative de Rémi Molette à la fin de sa puberté. Il a toujours voulu faire de la musique pour se la raconter et impressionner les meufs.

Au départ c’était un groupe de Grind tout pété qu’on avait nommé Ethmeb. Plusieurs line-ups de joyeux drilles se sont succédés jusqu’en 2013 avec l’arrivée d’un line-up stable ainsi qu’un claviériste pour donner une dimension un peu plus épique à notre musique. C’est aussi à ce moment-là qu’Ethmeb est devenu Ethmebb, abandonnant le Grind pour faire des trucs plus stylés.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Quel était le projet de base, l’histoire derrière « La Quête du Saint Grind » ?

L’idée c’était de faire un concept album qui raconte une aventure tout au long des morceaux.

La Quête du Saint Grind parle des aventures de Tathor, un chevalier qui se réveille un matin et qui a perdu son “Grind”. Il est super vénère et on comprend rapidement que son Grind lui permettait de draguer toutes les minettes du royaume. Il va donc entreprendre un voyage pour tenter de le retrouver jusqu’à se rendre compte qu’en fait il n’en n’a pas besoin et que sa vie est meilleure sans.

Au final c’est un peu l’histoire d’Ethmebb qu’on raconte, avec ses débuts en Grind et son évolution musicale sans limite !

Quand on s’apprête à écouter « La Quête du Saint Grind », on s’attend à avoir une majorité de Grind dans l’album. Au contraire, le Grind est, selon mon expérience personnelle, assez minoritaire et on retrouve pleins d’influences diverses et variées. Quelles ont été vos sources d’inspiration musicale et pourquoi avoir choisi le « Saint Grind » et pas autre chose ?

Les différences de chacun influencent grandement notre musique, c’est évident.

On est tous issu d’univers différent. Par exemple, Rémi aime bien entasser des figurines de jeux vidéo dans ses vitrines et s’acheter des voitures hors de prix alors que François préfère passer tout son temps à la campagne en charentaises avec un plaid sur les genoux… Damien c’est plus le genre de gars à se buter aux jeux vidéos et à se plaindre quand personne ne l’aide à monter son matos sur scène… Et puis Victor bah il joue de la guitare, c’est pour ça qu’il est super fort.

En dehors de la musique, vous apportez quelques touches de pop culture dans votre « quête ». Quelles ont été vos influences pour l’écriture des textes ?

Parmi les plus influenceurs : La cité de la peur, les Monthy Piton, Dragolebol zed, Enjoyphoenix, l’Assommoir de Zola, et surtout les Feux de l’Amour sur TF1 le midi (en plus dedans y’a Victor Newman, qu’a le même prénom que Victor, quelle histoire…).

Ethmebb, voyage en Etrangerie

On va pas cacher aussi qu’on est aussi (un peu) inspiré par, notamment, l’histoire du gars qui tombe amoureux d’une bague et qui insulte ses potes, ou bien de l’histoire de ceux qui “devraient venir de ce côté parce qu’ils sont trop dans la lumière” mais qui essayent de résister, ou encore – pour finir – de l’histoire du boute-en-train pas très fairplay mais vachement charismatique, qui est dégouté parce que son bateau est dans une bouteille avec un singe zombie miniature.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Aux vues de l’éclectisme de cet album, est-ce qu’il est difficile à jouer en live ou vous parvenez à rendre l’album dans toute sa complexité sur scène ?

On a le droit de dire qu’on a arrêté l’éclectisme depuis longtemps parce que ça fait trop transpirer ? C’est un peu une victoire personnelle de le caler.

Depuis le temps qu’on joue l’album, on commence à maitriser les parties. Par contre, on ne va pas se mentir, y’en a toujours un qui joue plus le rôle boulanger que de musicien.

Mais ce qu’on travaille depuis quelques temps maintenant, c’est tout ce qui est scénographie, création et interaction des personnages, etc. ça rend le spectacle beaucoup plus intéressant pour tout le monde et même si on avait une cape sur scène au début (qu’on a laissé tomber parce que fait trop chaud là dessous), on n’avait jamais vraiment poussé le truc plus loin. Et voir Victor débouler sur scène en mini campeur poilu, ça n’a pas de prix.

J’ai lu sur votre page Facebook que vous recommenciez à fouler les scènes cette année et que le prochain album était en cours d’écriture. Que pouvez-vous me dire de plus aux sujet des futurs concerts et de ce prochain album ?

Après s’être focalisé sur la composition du second album, on voulait reprendre la scène (qui nous manque à tous) et trouver des dates pour se faire plaisir et faire (re)découvrir la quête du Saint Grind à ceux qui auraient le culot de prétendre le contraire !

On avait booké une date à la Boîte de Concerts à Pontault-Combault (qui est un peu le fief d’une partie d’entre nous), dans une salle flambant neuve qu’on a eu le plaisir d’utiliser pour nous entraîner sur scène. Dans le même temps, on était programmé à Rouen au Pagan Nordmanni Fest avec d’autres groupe pas dégueus du tout. On avait tellement hâte de tout ça !

Mais, entre les deux, y’a eu le confinement. Du coup on a dû tout annuler courant mars. Genre juste avant les concerts prévus. Donc on est dégoûtés.

Alors on attend avec impatience la reprise des activités pour jouer de nouveau devant des foules – qui auront triplé de volume à cause du confinement – c’est toujours bon pour nous, ça donne l’impression qu’il y a plus de monde.

Si on se projette encore plus loin quel est le but ultime d’Ethmebb (concert de vos rêves, festival, label, …) ?

J’aimerais tellement qu’on arrive à ranger le matos en moins de trois quart d’heure en répète parce que la moitié du groupe s’est barré à ce moment-là… (on peut voir ici la redondance du sujet)

D’éventuelles dates prévues pour la Belgique cette année ?

Ce serait avec un grand plaisir qu’on viendrait jouer en Belgique. Malheureusement, rien de prévu pour le moment.

Nous arrivons à la fin de cette interview. Je vous laisse le mot de la fin.

Chasuble.

Oui parce qu’en fait, c’est important de le mentionner, et on oublie de le faire la plupart du temps. Je me souviens quand on était petit, on s’en mettait pour courir après une balle. D’ailleurs, je me dois de saluer les designers, qui ont su choisir les bons tissus – ceux qui collent mais qui ne laissent pas de marque.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Ça marque aussi le début de la vraie compétition entre les joyeux bambins, entre ceux qui ont les couleurs flashy tout neufs et ceux qui ont les vieux trucs pourris qui sentent la transpiration de la classe d’avant.

Déjà à l’époque, on faisait une sélection pour une éducation à deux vitesses. Alors qu’en vrai, deux vitesses, ça ne suffit pas. Regardez, on aurait l’air con sur autoroute en voiture si on avait que la première et la deuxième.

Les gars ont été vachement malins sur ce coup. On voit qu’avant, ils réfléchissaient vachement au rapport masse/puissance/célérité qui prend en compte la dérivée de p=mg, avec g = 9,81 quelque chose, et tous les trucs du genre.

Aujourd’hui, on s’en fout que ça roule, faut juste que ça capte la 4G. Ça nous arrange pas mal, parce que tout le monde peut écouter notre album partout comme ça.

Ah, la vie est belle ! On pourra toujours dire que certains tirent les ficelles, que d’autres décident de tout et de rien… Bah nous ce qui nous intéresse surtout, c’est de vendre nos CD, parce que pour être honnête, on n’a pas encore eu le retour sur investissement qu’on espérait, et j’aimerais bien manger autre chose que du céleri.


Photo par Deuskin Photography

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Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

Asylum Pyre fait partie de ces groupes qui ne laissent pas indifférent et dont on a peu de mal à se souvenir. Découvert pour ma part il y deux ans lors de leur unique date dans le Nord de la France, je me rappelle avoir été impressionnée par leur capacité à s’approprier les lieux et à captiver le public. Dès les premières secondes du show, le groupe déverse une énergie époustouflante dans toute la salle, sans jamais la relâcher. Et plus les titres défilent, plus on en redemande. Il en est de même pour leur quatrième album intitulé tout simplement « N°4 », sorti il y a un peu plus d’un an chez M&O Music.
« N°4 » est un concept album qui nous propulse en 2052 dans un monde dévasté. Chaque membre du groupe représente un personnage d’une association de résistants, défenseurs de Mère Nature. L’album nous raconte leur histoire, leur combat. L’intro sonne comme la première page d’un livre qui s’ouvre tout en douceur, on sent que c’est le calme avant la tempête. Avec ses allures de comptine, cette première piste nous permet très rapidement de faire connaissance avec les deux voix principales de cet album. Il s’agit du premier opus avec la chanteuse Ombeline Duprat, alias Oxy Hart. Avec les onze titres qui suivent, on est ballottés entre des morceaux très puissants comme « Dearth », « Lady Ivy » ou « The Right To Pain », et d’autres petites douceurs comme « Into The Wild » ou « On First Earth » (qui a récemment fait l’objet d’une « vidéo de confinement »). Deux singles sont sortis peu de temps avant l’album : « Sex, Drugs & Scars », sous forme de lyrics video, avec la participation du chanteur de Beast In Black, Yannis Papadopoulos, et « One Day » avec un clip digne des plus grosses productions, où l’on peut découvrir les différents personnages incarnés par les membres du groupe.

Musicalement parlant, cet album regorge de surprises. A la batterie, oubliez les tapis de double ou les blast beats, c’est à coup de gros patterns groovy qu’on vous botte les fesses. La basse est bien présente et donne toute la profondeur au son, tout en s’accordant une chouette petite partie solo sur « One Day ». Côté guitare, on est clairement sur de l’incisif à grosse disto, avec une mention spéciale pour le début fracassant de « Lady Ivy ». Les solos sont réalisés par Nils Courbaron (Sirenia, T.A.N.K). Le tout est agrémenté de nombreux sons de synthé qui donnent un côté électro moderne à l’album. Au niveau des voix, Oxy nous dévoile ici l’étendue de ses capacités. On la sent à l’aise aussi bien sur des parties calmes et posées où on a presque l’impression qu’elle chuchote à notre oreille, que sur des passages où elle peut laisser éclater toute sa puissance comme sur l’après-solo de « Lady Ivy ». Les parties vocales masculines sont assurées par Johann Cadot, guitariste, principal compositeur et auteur, et autant dire que la symbiose entre les deux chanteurs est remarquable.
L’album s’achève sur « Cemetary Road », une pépite selon moi, qui nous permet une fois de plus d’apprécier la diversité du chant d’Oxy et le travail de nuances apporté par l’ensemble du groupe.
En résumé, ce « N°4 », c’est l’album qu’il te faut quand tu as besoin d’une grosse claque musicale … Mais attention, futur « Fighter », lorsque tu auras appuyé sur « play », tu ne pourras plus t’en passer.

Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

Il y a quelques jours j’ai rencontré virtuellement Ombeline, confinée en Bosnie, et Johann. Ils nous en disent un peu plus sur le groupe et les projets à venir.

Asylum Pyre a 10 ans ! Johann, lorsque tu as démarré le projet, tu imaginais que ça irait aussi loin ?

J. En fait ça n’a jamais été vraiment réfléchi, je n’ai même jamais pensé avoir de groupe quand ça s’est fait. C’était juste des gens que j’ai rencontré plusieurs fois par hasard, on a fait un bœuf un jour, et peu à peu on a amené une compo, on s’est trouvé un nom, on a fait une démo … Aujourd’hui on pense quasiment à l’album d’après alors qu’on est en train d’enregistrer l’actuel mais au début pas du tout, on ne savait pas du tout ce qu’on faisait, où on allait … On ne savait pas jouer … (rires)

Si tu devais recommencer, est-ce que tu referais tout de la même manière ? Que voudrais-tu changer ?

J. Je pense que je travaillerais un peu plus la théorie et l’instrument avant de me lancer. Il y a eu pas mal d’erreurs dans l’histoire du groupe. Certains choix de personnes n’ont pas été les bons à un certain moment, certains comportements non plus, moi y compris. Prendre plus de recul, essayer d’avoir plus confiance à certains moments … Je n’ai pas la réponse en fait. A part un album qu’on aurait dû arrêter en cours d’enregistrement, se reposer et recommencer depuis le début (Spirited Away), le reste finalement c’était l’évolution naturelle des choses.

J’aurais aimé que le premier bassiste, Julien, puisse rester dans le groupe. J’adore les membres du groupe aujourd’hui, je n’ai aucun problème, au contraire, mais c’est vrai que c’est quelqu’un avec qui on a construit le groupe et qui apportait quelque chose d’autre au projet, quelqu’un d’intéressant, et je regrette d’avoir perdu ce contact-là. J’aimerais l’avoir en plus mais je n’en enlèverais aucun dans l’équipe actuelle.

Ombeline, tu as rejoint le projet assez récemment, il y a deux-trois ans je crois ?

O. Même d’avantage maintenant, fin 2016. Ça commence à dater ! J’ai l’impression effectivement que c’était il y a deux ans mais ça va faire quatre ans cette année. Johann commençait juste à faire les maquettes de N°4 quand on s’est rencontrés.

Qu’est-ce qui t’as donné envie d’intégrer le groupe ? Comment cela s’est -il passé : est-ce que c’est toi qui t’es positionnée ou est-ce que c’est le groupe qui est venu vers toi ?

O. Ça a été une recommandation. Je connaissais déjà Asylum, j’avais vu le groupe jouer auparavant et j’étais super contente quand Johann m’a contactée. C’est un ami, Steve, bien connu de la scène metal parisienne, qui a dit à Johann de s’adresser à moi quand il recherchait une chanteuse. Un jour j’étais au travail et j’ai reçu un message de Johann : « Bonjour, j’aimerais te parler » [lol]. Ensuite j’ai passé une audition. Ce jour-là je suis partie de chez Johann je faisais plus que la gueule, je n’étais pas du tout contente. Il faut quand même dire que Johann a une façon assez particulière de faire passer des auditions. Je suis arrivée chez lui et il m’a présenté les nouveaux morceaux. Il m’en a donné un et m’a dit « tiens vas-y, chante ! ». En gros ça s’est passé un peu comme ça. Je pense qu’on est restés au moins deux ou trois heures ensemble et je suis repartie sans même lui dire au revoir [lol]. Ce n’était pas envers lui c’était envers moi, je pensais vraiment ne pas avoir été à la hauteur.

Vous avez une belle équipe avec vous, pouvez-vous nous parler un peu des autres musiciens ?

J. Non … [lol]

O. On les aime beaucoup, ils nous manquent énormément.

J. En fait le plus ancien dans le groupe après moi c’est Thomas, qui est arrivé 7-8 mois avant Ombeline, quand on préparait les deux tournées avec Stream of Passion et Luca Turilli. Excellent batteur qui amène une touche rock et énormément de groove dans la musique.

O. Et tribal, une touche Rock et Tribal je dirais.

J. Il apporte vraiment quelque chose d’intéressant à Asylum. C’est d’ailleurs à partir d’un de ses patterns de batterie qu’on a quasiment revu toute la copie sur Dearth qui est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Au début il y avait un truc dont on n’était pas contents. On a revu certains passages avec Thomas, et puis le refrain et d’autres passages avec Ombeline, et finalement le morceau n’a plus rien à voir avec sa première version.

Ensuite il y a notre ami P.E à la basse … Alors à la basse et puis maintenant à la guitare, puisqu’il est arrivé d’abord en tant que bassiste, puis il est parti, puis il est revenu. Il a dû partir à cause de problèmes personnels, nous n’étions pas fâchés, il n’avait plus le temps. Et puis finalement il a de nouveau eu le temps et il est revenu en tant que guitariste, ce qui a été une grosse surprise. On l’a réintégré et on est ravis de pouvoir le retrouver. Il a une grosse expérience, il a été dans un groupe qui s’appelle Heavenly très connu des amateurs de Power Metal, il a fait des grosses tournées avec Stratovarius par exemple, ou Edguy à l’époque. Excellent musicien aussi.

Et le petit dernier, Fab, autrement appelé « Le Saumon », qui nous a rejoint depuis notre petite expédition en Slovénie pour les MetalDays où il avait dû justement remplacer P.E à la basse, et qui, depuis nous a rejoint en tant que fier bassiste. Excellent musicien, super sympa également.

Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

De quoi êtes-vous le plus fier concernant Asylum Pyre ? Qu’est-ce qui fait votre force, selon vous ?

O. Alors si je peux me permettre, je ne peux évidemment pas parler pour toute la carrière du groupe, mais à titre personnel c’est le dernier album et surtout le fait que, pour celui qui arrive, on a tous appris à se connaître. Avec N°4 on a fait un premier essai des influences des uns et des autres, et Johann a réussi à se les approprier et à les combiner tout en gardant le style Asylum Pyre. Parfois quand tu as un compositeur, tu reconnais sa propre patte et c’est tout, mais Johann est hyper ouvert sur ce qu’on peut apporter. Il inclut toutes les idées, on les retravaille, et ça c’est vraiment chouette. Du coup, il y a quand même la patte de Johann qu’on reconnait parfaitement en tant qu’auteur et essentiellement compositeur, mais aussi par exemple le côté un peu fusion, rythmique africaine de Thomas dont je parlais tout à l’heure. Johann est très ouvert par rapport à ça et c’est un vrai plaisir de pouvoir avoir des patterns … tu vois « Toum toukoutou koum » [Ombeline nous chante une rythmique de percussions africaines … un vrai bonheur].

J. Effectivement, je dirais réussir à mélanger les influences de tout le monde. Je viens de nulle part niveau musical, je n’ai aucune base, je n’ai pas pris de cours, je suis parti de zéro … Comme disais un très bon pote qui est passé dans Asylum en tant que bassiste : « Etre arrivé là où tu es avec ce que tu connais c’est incroyable ». C’est peut-être un peu ça la fierté du groupe, en partant de rien du tout et avec très peu de bases, d’arriver à faire quelque chose de sympa et d’avoir pu faire des albums (notamment le dernier) qui ont de la gueule, d’avoir pu jouer l’année dernière dans des salles de 1500 personnes avec un accueil chaleureux, ça c’est une vraie satisfaction pour le groupe.

O. Petit aparté, je rebondis sur ce que disais Johann, il y a quand même aussi quelque chose de très franco-français où tu dois avoir fait des études de musique etc. Tu as toujours le syndrome de l’imposteur : parce que tu n’auras pas fait telle classe de musique, on va te le faire remarquer parfois. Pour moi c’est une question d’écoute, d’assimilation de ce que tu as déjà pu écouter, après bien sûr il y a la part de talent qui fait que tu vas savoir assembler les choses. C’est aussi le rôle de Johann, le chef d’orchestre, de parvenir à mélanger tout ça.

Avec l’album N°4 vous avez amené tout un univers avec des tenues de scène qui sont plutôt d’actualité. D’où est venu ce concept ?

J. C’est une évolution depuis le début du groupe. Quand on regarde les paroles dès le début ça parlait déjà un peu de ces choses-là. L’année dernière on a d’ailleurs fait un historique de ce que raconte chaque album, et même si ce n’était pas forcément conscient on se rendait compte qu’il y avait une évolution des thématiques assez naturelle depuis la prise de conscience jusqu’au futur proche, jusqu’à une hypothèse du futur plus ou moins proche. Et après ça a été des échanges, des discussions sur ces sujets liés à l’environnement, à la protection de la planète qui me touchent beaucoup. On parle souvent de ces choses-là dans le groupe, on peut déconner un instant et puis tout d’un coup parler politique ou de l’avenir du monde. On ne s’ennuie jamais niveau sujet de conversation. On a beaucoup échangé sur cet univers-là, notamment en discutant de la pochette et de ce que les paroles traduisaient. Donc c’est un peu une maturation longue et commune.

O. C’est ça, ça suit aussi l’évolution de la société, les prises de conscience plus ou moins récentes. De mon côté déjà avant de rejoindre le groupe j’étais déjà consciente, je militais pour WWF notamment, donc les thèmes abordés par Johann ce sont des problématiques que je connais depuis une dizaine d’années voire plus. Il y a une conscience écologique et de devenir du monde, c’est l’avantage de cet album et aussi de l’album à suivre et des prochains, c’est que nous suivons nos propres cheminements. Concernant le masque et le fait que ça ait été designé comme ça pour la pochette, on a un esprit assez cynique, il faut le reconnaître. Pas dans le mauvais sens du terme à toujours tout critiquer, mais plutôt mettre les choses en observation, les confronter. J’avais vu que Louis Vuitton proposait des masques en Chine avec leur acronyme, et c’est assez intéressant de voir que cet outil qui n’est pas du tout esthétique était finalement devenu un outil fashion. C’est complètement cynique quand tu regardes la façon dont ils sont fabriqués, c’est proprement toxique, c’est une catastrophe écologique, mais à côté de ça tu restes quand même dans le côté Fancy et ça corrobore exactement ce qu’on pouvait dire dans les paroles. Il y a toujours des messages à double sens, tu peux comprendre les paroles de façon détachée comme si c’était une histoire, mais si tu creuses un peu tu as énormément de références à plein de choses actuelles.

J. C’est vrai que le coup du masque qui devient un accessoire de mode on ne pensait pas qu’il viendrait aussi vite !

J’ai entendu dire que le prochain album était déjà bien avancé. Que pouvez-vous nous dire sur celui-ci ?

J. Déjà il est très probable qu’il y ait une part I et une part II parce qu’on a déjà pas mal de titres initialisés. Donc même si on va certainement retravailler dessus il y a au moins la base pour une vingtaine de titres. On va les enregistrer comme deux albums, mais comme thématiquement ça va se rapprocher, il y a l’idée d’avoir deux parties. Niveau histoire ça va être la suite de ce qu’on a fait sur N°4. Niveau musique il y a encore des évolutions, encore un peu plus de tribal. On s’était amusés à trouver un nom de style un jour. Comme on n’arrivait pas à définir notre style on disait modern power metal, mais c’est très résumé. Alors on avait dit qu’on faisait du modern and traditionnal power speed electro pop metal avec des touches tribales. Donc ça va être à peu près ça.

Ombeline, sur l’album N°4 tout était déjà quasiment fait quand tu es arrivée, cette fois est-ce que c’est toi qui va composer les parties de chant intégralement ?

O. Non c’est Johann parce qu’il a de bien meilleures idées que moi en matière de chant, si j’ai des propositions bien sûr je vais lui en faire part. Là où je ne suis pas mal c’est pour faire tout ce qui est double voix, et les petits arrangements du fait de mes influences mais ça ça viendra après, dans un second temps.

J. Il y a une vraie touche World que Ombeline apporte sur certains passages.

O. Et Jazz ! C’est ce que Johann appelle « Oxyser » le morceau. Je suis saxophoniste de formation, donc forcément il y a des trucs un peu … ça swing ! C’est ma spécialité.

J. Il y aura encore plus de mélange qu’avant en fait, il y aura quelques petits passages qui vont surprendre les gens je pense.

O. On pourra dire à nouveau qu’on fait du « putassier ».

Quelles sont vos ambitions pour ce nouvel album, et de manière plus générale, pour le groupe dans les quelques années qui viennent ?

O. En toute logique évidemment ça serait de pouvoir défendre l’album. Ensuite je pense que ce sur quoi il faut qu’on mûrisse ce sont les éléments scéniques, renforcer le visuel qui a déjà été développé. Ce n’est pas donné à tout le monde, il faut pouvoir penser les choses graphiquement, il faut avoir une idée de la scénographie, et quand ce n’est pas ton métier ce n’est pas toujours évident de l’envisager.

J. Pour l’instant on ne sait pas trop quand les concerts vont pouvoir revenir. On a un certain nombre de concerts qui sont tombés à l’eau, on en a un en Angleterre normalement en septembre mais il y a de gros risques pour qu’il soit annulé aussi. Donc c’est compliqué aujourd’hui d’avoir cette visibilité-là malheureusement.

O. Je pense aussi qu’en ce qui concerne Asylum, il faut essayer d’utiliser les nouveaux outils médiatiques. Comme l’a dit Johann on ne sait pas quand vont reprendre les concerts, et on devrait profiter de ce temps-là pour mieux se positionner d’un point de vue digital. Ça peut faire partie aussi des projets du groupe.

Cette période de confinement vous a-t-elle permis de réaliser des choses que vous aviez laissées de côté auparavant, pour Asylum Pyre et/ou pour d’autres projets ?

J. Pas mal oui … ranger, déjà ! Et puis personnellement j’ai avancé sur plein de projets, du coup là j’ai 5-6 albums qui n’attendent plus qu’à être enregistrés et arrangés.

O. C’est tout ?

J. Oui je parle pour ceux qui sont finis.

O. J’étais un peu déçue à vrai dire.

J. Non sinon il y en a 17 ! Je ne compte que les chansons qui sont à peu près structurées, si on ajoute toutes les idées, les choses où il n’y a que des bouts ou un refrain, on peut multiplier par deux. Et toi Ombeline ?

O. C’était bien de pouvoir enfin se poser pour pouvoir faire des petits trucs, ne serait-ce que revoir les maquettes, tout ce qui a déjà été fait, etc. En règle générale je manque de temps. Et à côté du groupe, j’ai des projets de série. J’ai enfin pu me poser, et vu que j’avais pris mes caméras avant de partir, j’en profite d’être en Bosnie pour pouvoir tourner ce que j’avais en tête. Finalement c’est du temps de gagner sur la suite, quand il va falloir se remettre à temps plein. J’avais aussi un projet de websérie sur la Bosnie sur lequel on a vraiment bien avancé. Et j’ai remis à jour mon site, bref plein de petites choses. Ça a été profitable pour ça.

On a tous rangé un peu autour de nous finalement …

O. Oui d’un point de vue physique et mental aussi !

Ça a permis de faire un recentrage, de s’apercevoir des petites choses qu’on a tendance à oublier surtout en région parisienne je trouve. Finalement tu t’attaches à des choses beaucoup trop matérielles, des comparaisons avec autrui. Hier il faisait orage, j’étais dans le lit et je me disais « mais ça c’est vraiment le bonheur ultime » quand tu peux commencer à t’endormir avec l’orage et la flotte, qu’est-ce que t’as besoin de plus ! C’est le genre de chose quand tu es trop dans un tumulte, et notamment à Paris, tu finis même plus par l’apprécier, tu ne t’aperçois même pas que tu as ça autour de toi. Le fait que les choses aillent un peu plus lentement, en tout cas de mon côté, ça a permis une espèce de recentrage qui était absolument nécessaire.

J. Je suis assez d’accord avec ce que tu dis là, et ça me fait penser à un jeu de mot que j’ai vu passer il n’y a pas longtemps : « Je ne veux pas revenir à l’anormal » et c’est un peu ça. Quand j’ai vu les gens dans les rues, toutes les voitures, je me suis dit « non je ne veux pas revenir à ça ».

Merci beaucoup d’avoir répondu à ces quelques questions. Nous avons hâte de découvrir ce cinquième album et de vous retrouver sur scène. Un dernier mot pour terminer ?

O. J’ai coutume de dire « restez curieux ». On parlait des effets positifs de la quarantaine, en tout cas pour ceux qui ont eu la chance de ne pas avoir de proches malades, il y a justement le fait d’avoir pu découvrir des choses. Certes il y a des gens qui se sont ennuyés, mais pour la plupart ils ont commencé à apprendre une nouvelle langue, ou à se remettre à un instrument. Donc : essayons de faire en sorte que ce qu’on a pu apprendre pendant la quarantaine puisse continuer, restons curieux.J’ai coutume de dire « restez curieux ». On parlait des effets positifs de la quarantaine, en tout cas pour ceux qui ont eu la chance de ne pas avoir de proches malades, il y a justement le fait d’avoir pu découvrir des choses. Certes il y a des gens qui se sont ennuyés, mais pour la plupart ils ont commencé à apprendre une nouvelle langue, ou à se remettre à un instrument. Donc : essayons de faire en sorte que ce qu’on a pu apprendre pendant la quarantaine puisse continuer, restons curieux.

J. Pas mieux !


Photos : Alban Verneret

Pour suivre l’actualité d’Asylum Pyre :


Four Year Strong

Connaissez-vous ... Four Year Strong et Brain Pain ?

Il y a des groupes comme ça où on ne sait pas à quoi s’attendre et qu’on découvre avec surprise. Four Year Strong a été l’un d’entre eux. Dès les premiers morceaux je me suis dit que je me devais de vous les présenter mais aussi leur nouvel album ! Alan Day, chanteur et guitariste du groupe répond à quelques unes de nos questions sur leur actualité.

Bonjour comment-allez vous? Votre nouvel album « Brain Pain » est sorti le 28 février, qu’en pensez-vous? Quelles ont été les premières réactions de vos fans?

Je suis vraiment excité par la sortie de Brain Pain. C’est mon album préféré parmi ceux que nous ayons fait, mais évidemment je ne suis pas objectif. La réaction des fans a été meilleure que ce que nous espérions.

Une petite question sur votre passé, quelles sont les influences qui vous ont inspirées pour créer le groupe que vous êtes aujourd’hui?

Quand nous avons commencé le groupe, je venais d’un milieu assez punk / alternatif et Dan était dans un groupe hardcore. Quand nous nous sommes rencontrés, je commençais tout juste à me lancer dans le hardcore / metal et Dan commençait à faire des trucs emo / punk, alors nous avons pensé à créer un groupe qui mélangerait les deux ensemble. Cela a définitivement commencé plus du côté emo avec un côté un peu lourd, mais au fil du temps nous avons écrit de plus en plus de chansons. Le côté lourd a juste fait son chemin et a commencé à jouer un rôle énorme dans le son. Au début, les gens détestaient vraiment ça, les gens des spectacles locaux ne semblaient pas vraiment comprendre. Mais cela nous semblait juste, alors nous avons continué avec cela, essayant toujours de l’affiner et de lui donner plus de sens pour l’auditeur. Je suis content que nous ayons gardé notre instinct et il a finalement commencé à se manifester 6 ans plus tard.

Comment créez-vous vos chansons? Commencez-vous par la musique elle-même ou par les paroles? Pour les paroles, trouvez-vous un thème et créez-vous autour de ce thème ou travaillez-vous autour d’une phrase d’accroche?

On commence toujours par la musique. Cela commence généralement par un riff de guitare et un « thème » musical sur lequel nous baserons la chanson. Une fois que l’ambiance de celle-ci commence à prendre forme, nous essayons d’écrire des voix qui correspondent à la sensation qu’on éprouve en l’entendant, en commençant généralement par une mélodie de base. Le contenu lyrique viendra généralement par hasard lorsque nous improvisons autour d’une idée de mélodie vocale puis les choses commenceront à se rejoindre. Mais c’est juste le scénario le plus courant, nous avons écrit des chansons de différentes manières au fil des ans.

J’ai vu que vous ne vouliez pas de date limite pour cet album et que vous vouliez prendre votre temps pour le faire correctement? Quand et pourquoi vous êtes-vous dit « OK, c’est le moment de le publier »?

Oui c’est vrai, nous n’étions PAS pressés de sortir un album. Nous voulions juste nous assurer que nous sortions le bon album, peu importe le temps qu’il fallait. Je pense que nous avons fini par réserver du temps en studio avec Will Putney quand nous avions une poignée de chansons qui allaient figurer sur l’album. À ce moment-là, je crois que nous avions écrit « Get Out Of My Head », « Talking Myself In Circles », « Learn To Love The Lie », « Worst Part About Me » et quelques autres, alors nous nous sentions comme si nous étions en bonne position pour commencer à aller de l’avant.

À part cela, avez-vous changé votre façon de travailler pour cet album par rapport au précédent? Si oui, comment?

La plus grande différence entre cet album et les autres est le nombre de chansons que nous avons écrites. Nous avions probablement entre 40 et 50 idées de chansons. J’ai toujours connu l’avantage d’écrire plus de chansons : plus vous écrivez, meilleures sont les chances d’écrire quelque chose de génial. Mais jusqu’à « Brain Pain », nous n’avions jamais pratiqué cette méthode. Sur notre album éponyme, nous n’avions écrit que les 10 chansons qui se trouvent sur l’album, et une fois l’enregistrement terminé, cela ne nous a pas semblé suffisant et nous avons simplement ajouté « Go Down In History » de notre EP. Nous n’avions tout simplement pas eu l’impression que nous y avions mis notre cœur, nous voulions donc y remédier et travailler plus dur que nous l’avions fait depuis des ANNÉES pour écrire des chansons qui nous convenaient.

J’ai également vu le clip « Lean To Love The Lie » où vous avez expliqué:

« It’s about being stuck in a mutually miserable relationship, but you’re both too much of a coward to leave. If you’re going to lie to yourself about being happy, you might as well learn to love it. Lets not kid ourselves…We’ve all been there »
(Il s’agit d’être coincé dans une relation mutuellement misérable, mais vous êtes tous les deux trop lâches pour partir. Si vous allez vous mentir pour être heureux, vous pourriez aussi bien apprendre à l’aimer. Ne nous leurrons pas … Nous avons tous été là)

Avez-vous appris à aimer le mensonge dans votre vie ou avez-vous eu le courage de partir?

Cette chanson était vaguement basée sur des événements de la vie réelle et était un récit écrit sur des situations dans lesquelles nous avons vu nos amis et notre famille. C’est un événement tellement courant et un excellent thème pour une chanson à laquelle les gens pourraient se connecter.

Vous aviez annoncé 6 spectacles / festivals en Europe. Savez-vous si vous aurez plus de dates en Europe ou peut-être en Belgique pour nos lecteurs?

Nous allons certainement faire plus de spectacles en Europe sur le cycle de « Brain Pain », mais il n’y a aucun plan actuellement en raison de la situation de COVID-19. Avec un peu de chance, les choses reviendront à la normale bientôt et tout le monde pourra retourner en toute sécurité aux spectacles!

Dans quel(s) pays rêvez-vous de jouer et pourquoi?

Nous avons eu la chance de jouer dans de nombreux pays incroyables et nous espérons continuer à nous étendre là où nous pourrons jouer. Je sais que ce n’est pas un pays, mais un endroit où nous avons toujours voulu jouer et où nous n’avons pas encore pu est Hawaï.

Nous vous laissons les derniers mots de l’interview pour dire tout ce que vous voulez à vos fans ou / et à nos lecteurs.

Nous voulons juste que tout le monde écoute notre nouvel album et nous garde à l’œil quand les concerts recommenceront. Nous avons hâte de jouer à nouveau pour vous tous!


Photo: Gavin Smith

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Les Acteurs de L'Ombre -INTERVIEW-2

Rencontre avec Gérald du label Les Acteurs de L'Ombre

Il y a quelque temps, nous avions contacté Les Acteurs de L’Ombre et c’est Gérald, label manager, qui a pris le temps de répondre à nos questions concernant ce label français axé black metal et metal extrême. En fin d’interview, vous pourrez consulter les liens vers leurs réseaux et leur catalogue où vous trouverez certainement de quoi ravir vos oreilles ! Nous avions publié précédemment plusieurs interviews de groupes liés aux Acteurs de L’Ombre dont Hyrgal, Aorlhac et SETH.

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein des Acteurs de L’Ombre ?

Bonjour, je suis Gérald, label manager du label que j’ai créé en 2008.

Les Acteurs de L'Ombre -INTERVIEW

Les Acteurs de l’Ombre, comment avez-vous choisi ce nom ?

J’ai créé Les Acteurs de L’Ombre en 2001 avec 3 amis. J’ai proposé ce nom lors de notre première réunion. L’idée était de trouver un nom qui rappelle à la fois les acteurs de la scène underground et ceux qui la défendent dans l’ombre. Un nom qui nous rassemble dans notre passion et notre activisme pour la défendre et la faire vivre.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement l’histoire du label ?

Suite à une mutation professionnelle en 2008, j’ai dû laisser la présidence de l’association LES ACTEURS DE L’OMBRE créée en 2001, et j’en ai profité pour lancer le label pour l’association de manière autonome. Je suis un passionné de black metal depuis 94. Je n’ai jamais cessé de m’investir dans la scène, au travers de groupes, un fanzine, un webzine, une organisation de concerts et de festivals. En 2011, la branche organisation de spectacles et le label ont été scindés en 2 entités différentes et autogérées.

En quoi la situation actuelle qui plonge le monde dans un certain sommeil a une incidence sur le label ?

Nous sommes impactés comme tout le monde dans l’industrie de la musique et du spectacle. Tout est en standby, comme si le monde s’était endormi. Outre le fait que la distribution physique est presque à l’arrêt car les magasins sont fermés, les gens commandent moins sur internet et j’ai appris qu’Amazon se mettait en pause. Du fait de l’annulation des tournées, des festivals, nous ne pourrons pas tenir les stands prévus. Cela va engendrer un énorme manque à gagner qui met en péril les sorties qui suivent l’été. Nous devons trouver une solution pour générer assez de trésorerie pour ne pas les reporter.

Quels sont les critères de LADLO concernant les groupes que vous intégrez au label ?

Il y a beaucoup de critères à prendre en compte, bien évidemment la qualité artistique et musicale d’un groupe est la chose la plus déterminante. Mais nous devons avoir une vision globale, car ce qui a souvent fait la différence chez nous, c’est le sérieux du groupe allié à sa motivation. Le feeling dans nos échanges prend aussi une bonne part d’importance. Lorsqu’un groupe vient vers nous en démontrant une vraie volonté de collaborer avec nous tout en abordant notre collaboration éventuelle de manière professionnelle, cela nous laisse porter plus de crédit à chaque application. J’entends par là, un groupe qui vient avec un concept et univers graphique abouti, une vision à moyen et long terme de sa carrière, une volonté de faire du live avec une vraie scénographie et qui a su s’entourer de personnes compétentes pour développer son art. Il doit aussi s’engager à nous appuyer dans la promotion et se montrer disponible. À contrario, il nous arrive de signer des groupes qui ont besoin de management, ainsi, nous les mettons en contact avec des graphistes, photographes, studios d’enregistrement, bookers et nous les accompagnons à différents niveaux.

Y a-t-il un groupe auquel vous n’avez pas cru dès le départ mais qui vous a plus qu’agréablement surpris au niveau de son évolution ?

Nous ne collaborons pas avec des groupes qui nous proposent un album qui ne nous plairait pas, nous croyons dans chaque sortie. Y compris les groupes dans notre roster car nous ne nous engageons que pour un seul album à la fois. Nous sommes tous bénévoles et puisque nos avis ont tous le même poids, nous choisissons nos sorties en votant à la majorité. Ainsi, certains travaillent sur des sorties dont ils ne sont pas particulièrement fans, mais ça tourne puisque à l’image de nos goûts, nous produisons des albums très variés. Cependant, il peut arriver que des groupes dépassent nos espérances en termes d’accueil et de retour du public.

Quelles sont les 3 meilleures sorties de cette année au sein de LADLO ?

De mon point de vue, nous proposons un panel plutôt large de ce que l’on peut trouver dans le metal extrême à tendance black metal et toutes nos sorties méritent la même attention. Je pense qu’il y en a pour tous les goûts ou presque. J’ai le sentiment que notre catalogue propose de la qualité et une vraie diversité. C’est le retour que nous font les gens qui nous suivent, ils peuvent acheter nos sorties les yeux fermés. Je n’ai jamais de regret sur nos choix de sortie, même ancienne, car nous menons le label avec sincérité.

Aussi, je ne pourrais te dire telle sortie est meilleure qu’une autre, elles sont toutes différentes, et je suis fier de chacune d’entre elles. J’ai mis beaucoup de temps à répondre à ton interview puisque envoyée fin 2019, du coup, j’adapte ma réponse. Actuellement, nous avons 3 sorties réalisées en 2020 :

MONOLITHE, huitième album, « Okta Khora », sorti le 31 Janvier 2020 (progressive doom metal)

https://www.youtube.com/watch?v=71MNLpWD1_Y

SONS OF WANTED MAN, premier album, « Kenoma », sorti le 7 Février 2020 (blackened post metal)

https://www.youtube.com/watch?v=-eBrpfEYFqo

BORGNE, neuvième album, « Y », sorti le 6 mars 2020 (industriel black metal)

https://www.youtube.com/watch?v=XZ0tpf5a_nQ

Et je bloque pas mal sur l’album à venir de GRAVE CIRCLES, « Tome II ». GRAVE CIRCLES est l’un de nos artistes qui restent les plus fidèles au style originel, sans s’y limiter. S’il ne révolutionne pas le genre, il a su trouver son identité à travers diverses influences. Il en résulte un black metal torturé à l’image des thèmes abordés dans les paroles. Un album intense et varié, aux structures parfois complexes et aux riffs brutaux, mais aussi lancinants ou mélodiques, aux ambiances aériennes et occultes. Une bête souterraine, rampante et dissonante, rythmée par une batterie infaillible et des incantations presque rituelles.

Si vous pouviez changer une chose à l’industrie musicale, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Je dirais qu’à la fois c’est un rouage qui s’est fait avec le temps, qu’il est difficilement modulable, et aussi, qu’il essaye de s’adapter au mieux à l’évolution continuelle des modes de communications et diffusions. Il y aurait plein de choses à changer car il y a beaucoup d’inégalités, mais à notre niveau, le problème auquel nous sommes régulièrement confrontés est celui des droits des artistes et de leurs rétributions. Beaucoup chez nous ne sont pas affiliés SACEM, ça peut poser des soucis à certains niveaux, à contrario nous avons des frais supplémentaires pour ceux qui le sont. Et ce n’est pas toujours évident car nous fonctionnons en totale autogestion, et du fait que nous ne sommes pas dans le circuit, et ne bénéficions pas des aides et accords avec les différents organismes, pour nous c’est un coût. Sans compter que les artistes un peu novices ont un peu de mal à récupérer leurs droits du fait de leur désorganisation. Et je ne parle même pas des royalties ridicules sur le streaming…

Est-ce qu’il vous arrive de travailler avec d’autres labels ? Comment est l’entente entre les différents labels français ?

Oui, plusieurs fois, mais cela n’a jamais été une bonne expérience. Collaborer sur une sortie implique une certaine organisation, rigueur et synchronisation entre les deux labels. Malheureusement, les choses sont telles que les fonctionnements internes de chacun ne sont pas forcément en adéquation et compliquent le processus général. On a souvent de mauvaises surprises avec des malfaçons suivant qui a géré quoi. Et puis, il faut se mettre d’accord sur les deals, les visuels, les supports, le merchandising, la distribution… Toujours assez galère.

L’entente entre les labels français est plutôt bonne, on se file des coups de main, on fait la bringue ensemble. Nous ne sommes pas concurrents et nous nous connaissons pour beaucoup de longue date.

Quels sont vos attentes et vos objectifs pour l’année à venir ?

Je souhaite juste que nous puissions continuer notre activité autant de temps que cela nous sera possible avec la même ferveur. Je rêve de toujours plus de collaborations enrichissantes et de moments mémorables. Étant donné la conjoncture actuelle, notre priorité est de trouver le moyen de pouvoir maintenir les sorties prévues après l’été. Nous réfléchissons actuellement à des alternatives, et relançons en ces temps de confinement, des projets restés en sommeil depuis des années. Il ne nous reste plus qu’à garder la foi et espérer que nous arriverons à combler le déficit au moins partiellement.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Merci à toi et à Metal Overload pour votre soutien. J’encourage juste les lecteurs à venir jeter une oreille à notre roster : https://ladlo.bandcamp.com Je pense que nos groupes sont encore trop largement méconnus et pourtant très méritants.


Photo de Gérald par Thomas Orlanth

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