Antiq-interview

Rencontre avec Léon d'Antiq Records

Aujourd’hui, nous avons décidé d’aborder d’autres acteurs de la scène musicale : les labels. Nous vous proposons l’interview d’Antiq Records, un label français qui propose des groupes divers et variés en valorisant aussi la scène locale. Avides de découvertes ? Feuilletez leur catalogue !

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein du label Antiq ?

Je suis Léon et mon rôle pourrait s’assimiler à celui d’un label manager, couplé à celui d’un directeur artistique. Je suis accompagné d’Adrien et de Joanna.

Brièvement, comment est venue l’idée de créer ce label ? Quelle est son histoire ?

Antiq est au départ venu d’un besoin de produire nos projets selon notre vision du monde de la musique.

Un petit collectif en quasi-autarcie, sans presque aucun lien avec le reste du monde professionnel de la musique. Au départ, nous étions trois, dont Adrien et moi, et gravitaient autour de nous plusieurs de nos amis impliqués dans des projets personnels.

Puis, assez rapidement, nous sommes passés à deux pendant 4 ans avant d’intégrer Joanna. Mais nous avions déjà ouvert notre ligne éditoriale dès la deuxième année.

Quels sont vos maîtres-mots ou vos valeurs ?

L’œuvre d’art totale, et tendre vers la cohérence entre les paroles, l’imagerie et le concept avec les sentiments que véhicule la musique.

Comment se passe la sélection des groupes chez Antiq ? Les groupes posent-il leur candidature pour être soutenus ou est-ce vous qui les contactez ?

Les deux cas de figure peuvent se présenter. Mais malgré notre statut et notre taille de tout petit label, il faut bien comprendre que notre sélection est draconienne : aujourd’hui nous recevons entre 3 et 5 candidatures par semaine, cela fait beaucoup.

D’abord, parce qu’il y a de plus en plus de groupes, et d’autre part, avec notre évolution nous touchons plus de monde. La sélection est difficile car il y a beaucoup de groupes. Nous voulons rester à une cadence de 6 à 8 sorties par an, notre planification est maintenant vue longtemps à l’avance.

Et enfin, il faut que le groupe rentre dans notre ligne éditoriale, en gros qu’il soit compatible avec l’univers que nous voulons promouvoir. Ah, et aussi, il faut qu’il nous plaise, ça paraît évident.

Quel est votre top 3 dans les groupes (et leurs albums) que vous avez produits en 2019 ?

Oh alors là, impossible de te répondre en n’en gardant que trois en tête. J’adore Véhémence et Malenuit, et l’univers musical développé par Dorminn, le son et les compos, si particuliers, qui me happent dans Tan Kozh. Je suis aussi très fier du split Incipient Chaos / Defenestration.

Mais cela, c’est en faisant abstraction de Grylle, modestie oblige, et d’une autre sortie qui n’est pas encore arrivée. En fait, j’aime de façon égale toutes nos sorties, car il y a une cohérence commune entre les projets, sinon nous ne les ferions pas. Donc, pas de top 3, plutôt un top-tout !

Quelle est la chose que vous préférez au sein d’Antiq ?

Le frisson de la créativité. Tu le ressens quand un groupe connu (et bon) te contacte ou te répond, quand un groupe moins connu t’envoie des pistes qui tuent, quand un nouveau visuel d’une production à venir, dont tu fredonnes déjà les chansons, tombe dans ta boîte et que tu es scotché par la force du truc. Quand tu envoies les fichiers à la fabrication avec cette légère appréhension, normale au demeurant, d’avoir tout bien fait. Quand les paquets arrivent enfin et que tu les ouvres, fébrilement, comme un kid qui reçoit son premier disque. Quand les chroniques tombent et qu’elles sont bonnes, quand les clients viennent te voir et te remercient pour ces nouveautés.

En fait, là encore, tout. À chaque étape, tu te dis que le vrai plaisir c’est ce que tu es en train de faire, avant de découvrir que l’étape d’après est encore plus agréable. C’est un enchaînement de frissons crescendo, tous différents mais avec chacun leur part d’inconnu, et cela se renouvelle sans cesse.

A tout travail, il y a des points positifs et négatifs. Nous avons abordé ce que vous préférez dans votre travail. Qu’en est-il de la pire chose ou de ce que vous détestez le plus faire au sein du label ?

Hmm… Comme tu as pu le comprendre, ça va être difficile de répondre, compte tenu que j’adore chaque volet de mon travail. La pire chose, c’est probablement devoir quitter l’ambiance d’un festival quand on vient en exposant. L’atmosphère d’un festival, les petites routines du stand et les discussions avec les clients, c’est un tel plaisir du partage, le quitter c’est toujours un peu déroutant.

Quand j’interviewe des groupes, je leur demande quels sont leurs projets pour l’année à venir. Je suppose que même au sein des labels, vous avez des attentes et des projets chaque année… Qu’en est-il pour Antiq pour l’année à venir ?

Oh, oui, plein de gros, de beaux et de fascinants projets. Là nous avons notre dernière sortie de l’année qui arrive, un split d’un style ambiant particulièrement bien exécuté. Ah, et aussi, l’édition double vinyle de Grylle, un très très bel objet qui voit le jour. Pour l’an prochain, du black d’avant-garde, du black un peu punk plus crade, du black à ambiance d’un pays froid, et toujours de l’ambiance.

Existe-t-il un groupe que vous auriez rêvé d’inclure dans votre label mais qui n’y est pas ? Si oui, pourquoi ce groupe en particulier ?

Ça doit faire au moins dix ans que je réponds Borgia. Ce maelstrom de black death alchimique, servi par des paroles historicistes déclamées, n’avait rien à voir avec les concepts boiteux auxquels on assimile souvent le style. C’était faire de l’histoire sans faire un cours d’histoire, c’était écouter une violence dont le raffinement élevait le groupe au degré du sublime.

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

Interview originale, je me suis bien plu à y répondre, je crois que tu as tout abordé. Je voudrais ajouter que toutes nos productions sont faciles à trouver pour les écouter et qu’elles ne demandent qu’à ce qu’on s’y penche pour en découvrir les attraits, et que malgré quelques difficultés actuelles notre site sera bientôt rénové pour un fonctionnement optimal. Merci à tous les lecteurs, merci à toi Délia.

Nous terminons cette interview avec un extrait musical de Grylle, groupe produit par Antiq Records.


Photo d’Antiq sur la page Antiq Label

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SETH-Interview

SETH célèbre ses 20 ans de blasphème

SETH, groupe de black metal français, fête les 20 ans de son album « Les Blessures de l’Âme ». A cette occasion, le groupe a sorti une édition live de cet album appelée « Les Blessures de L’Âme – XX ans de Blasphème » sous le label Les Acteurs de l’ombre. Je vous emmène dans leur univers avec une interview de Heimoth, un des membres fondateurs du groupe.

Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ? Qui êtes-vous et quel est votre rôle dans SETH ?

Heimoth, membre originel, guitares.

En quelques mots, qu’est-ce que SETH ? Quelle est l’histoire du groupe ?

En quelques mots ? Un peu difficile de résumer une carrière de 25 ans. On a débuté dans le sud-ouest de la France à répéter du black metal, chose que peu de monde connaissait en 1995. Il y avait des groupes qui se distinguaient tels que Marduk ou Emperor. C’était très motivant de naître dans une époque où les groupes dans le style pouvaient encore se manifester authentiquement sans être trop éclipsés par la quantité de formations environnantes.

Après une démo nous avons été approchés par Season of Mist, parmi ses premiers groupes, pour arriver sur Osmose lors de notre deuxième album en 2000. On a eu pas mal de reconnaissance dès les premières années du groupe car je pense qu’on se distinguait des autres Français grâce à un BM très intense, rapide dont les mélodies restaient très assumées. Notre chant en français a su également s’établir comme pierre angulaire du style dès 1998.

En d’autres termes, on est sorti naturellement de l’underground quand certains groupes de l’époque critiquaient ouvertement nos interviews sollicitées par de gros magazines. Par la suite, tous les groupes ont suivi ces mêmes traces. Aujourd’hui, certains parlent de nous comme les pionniers français.

Pourquoi avoir choisi de rendre honneur à cet album en particulier, 20 ans après sa sortie ?

Le groupe a sorti des albums très différents les uns des autres à travers toutes ces années. Après vingt ans, il nous a semblé naturel de rendre hommage à ce qui constituait la source vivante de notre périple, en ravivant les racines de notre entité, en célébrant un anniversaire entièrement fidèle à l’essence de l’esprit de l’époque. Une époque trop souvent caricaturée qu’on a souhaité faire revivre de manière assumée. C’est un plaisir pour nous de pouvoir proposer ce spectacle.

A l’occasion de cet anniversaire tout particulier, vous avez décidé de sortir une édition live des « Blessures de l’Âme » appelée « Les Blessures de L’Âme – XX ans de Blasphème ». Pourquoi avoir choisi d’enregistrer l’album aux Feux De Beltane (mai 2019) ?

On ne l’a pas prémédité c’est en fait une idée de LADLO. Suite à notre prestation, on nous a fait écouter un enregistrement, Gérald du label nous a proposé de lui-même de sortir ceci sous version CD par son label. On a gardé notre ingé son live pour remixer les bandes et nous avons été séduits par la qualité de l’enregistrement.

Aujourd’hui nous pouvons enfin présenter cet album sous une version différente, bien loin du son très compressé du CD originel. C’est très enthousiasmant de pouvoir proposer un nouveau son à ces morceaux, légèrement plus actuels et bien meilleur à mon goût.

En 1998, « Les Blessures de l’Âme » était sorti chez Season of Mist. Pourquoi avoir choisi le label Les Acteurs de l’ombre pour l’édition live de 2019 ?

Comme je l’ai dit plus haut, c’est un concours de circonstances, une idée des Acteurs à la base. Gérald a contacté Season par la suite et il n’y a eu aucun souci.

En 2012, Season of Mist a sorti une réédition de l’album. Était-ce suite à votre demande ou à celle du label ? Pourquoi avoir remasterisé l’album ?

Nous avions fait un break de quelques années avant de 2012. On avait prévu de revenir sur Season qui a proposé de rééditer cet album car je crois savoir qu’il n’était plus disponible. Par la suite, on a sorti notre cinquième album, « The Howling Spirit ».

Certains groupes me disent parfois qu’ils se lassent de jouer tel ou tel morceau de leur set mais qu’ils continuent de le faire pour satisfaire leur public. Et vous, y-a-t-il un morceau (ou plusieurs) dont vous vous lassez mais que vous jouez malgré tout ?

Pas vraiment car on ne fait pas partie des groupes qui sont toujours sur la route. On joue assez occasionnellement donc on ne se sent pas forcément las de jouer tel ou tel titre.

Comment fait-on pour faire garder cette même fraîcheur, cette même puissance émotionnelle à un album qui a 20 ans ?

On a réfléchi quelque peu à la meilleure des manières de magnifier l’esprit représenté par cet album. On a privilégié la sobriété avec quelques cierges et un backdrop rappelant directement la pochette. Il n’était pas de notre souhait d’apporter une quelconque touche de modernité – pas de kakemonos ni d’artifices trop récents. Tout ceci s’est fait naturellement grâce entre autres au charisme de notre chanteur Saint Vincent. Certains de nos membres récents ont aussi en effet poussé à raviver la flamme des « Blessures ».

Lors de l’écoute d’un album, il nous arrive souvent d’avoir notre petit morceau préféré, cette petite pépite qui nous fait voyager encore plus loin que les autres. Qu’en est-il pour vous ? Y-a-t-il un morceau en particulier sur « Les Blessures de l’Âme » qui vous fait plus vibrer que les autres et pourquoi ?

« A la mémoire de nos frères » ne me laisse bien sûr pas indifférent car c’est celui qui avait été mis en avant en 1998. C’est pour beaucoup un titre incontournable de la scène BM française et ça se ressent lorsque nous sommes sur scène.

Vous avez déjà pas mal de belles dates à votre actif, une certaine expérience aussi… Est-ce qu’il vous reste tout de même des rêves à réaliser, des objectifs à atteindre avec SETH ? (Concert ultime, label de vos rêves, groupe(s) avec qui vous rêveriez de jouer, …)

C’est toujours sympa de pouvoir faire de bons festivals sans perdre de vue l’aspect intimiste des petites salles. Cette année on nous propose le Hellfest pour faire « Les Blessures de l’Âme » et c’est franchement un certain aboutissement que de pouvoir présenter cet album devant des dizaines de milliers de personnes sur le sol français. Vivement ! Il n’y a pas de label ultime, il n’y a que des maisons de disque qui soient motivés à sortir un groupe spécifiquement. C’est ça qu’on recherche, un label dont la motivation se ressent.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview afin de vous permettre de la clore comme bon vous semble et en vous laissant l’opportunité de délivrer un message qui vous tient à cœur.

Cet anniversaire de l’album se finit cette année, ne manquez pas nos dernières prestations pour faire vivre à jamais « Les Blessures de l’Âme » !

Je clos cette interview avec une vidéo du live donné par SETH au Tyrant Fest en 2019.


Photo par © Thomas Mazerolles

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Ye Banished Privateers

Ye Banished Privateers déclaré Hostis Humani Generis

Si vous aimez boire du rhum, chanter comme un pirate et crier « Walk the plank ! » quand votre ami fait une blague pas drôle : Ye Banished Privateers est fait pour vous ! J’ai interviewé Magda Malvina Märlprim, guitariste et chanteuse du groupe et lui ai posé quelques questions pour vous faire découvrir son groupe et leur passé, mais aussi leur nouvel album « Hostis Humani Generis ».

Salut comment allez-vous ? Êtes-vous impatients de présenter « Hostis Humani Generis » ?

Salut, nous allons vraiment bien, merci. Nous sommes vraiment impatients de laisser nos fans écouter notre meilleur album jusqu’à présent et d’obtenir une réponse à tout le travail acharné que nous avons mis dans ce projet.

Avant d’en parler, je voudrais vous poser quelques questions sur ce qui vous a amené où vous en êtes aujourd’hui. La première est simplement, qu’est-ce qui vous a amenés à faire du « pirate folk » ? Vous vouliez faire du folk et le thème des pirates est venu après ? Un groupe vous a-t-il inspiré ?

En fait, nous avons commencé avec le thème des pirates avec Peter portant un joli costume et de la barbe. Puis il s’est avéré que Björn avait de belles chansons qu’il avait écrites il y a des années.

Notre inspiration musicale était assez variée puisque les membres originaux venaient de traditions metal, folk, punk et auteur-compositeur-interprète. Ce n’est qu’après quelques années en tant que groupe que nous avons réalisé qu’il y avait d’autres groupes de pirates actifs autour. Maintenant, onze ans plus tard, c’est un genre à part entière, ce qui est énorme.

De quoi parlent les paroles de vos albums ? Racontent-ils la même histoire ? Plusieurs histoires ? Ou s’agit-il principalement de la vie de pirate ?

Notre dernier album, « First Night Back In Port », était consacré au retour de vos proches après une dure vie en mer, apportant de l’or et des histoires de grande aventure.

Cette fois, la piraterie n’est pas uniquement fun et un jeu. La fin de l’âge d’or de la piraterie approche à grands pas et les chasseurs de pirates et les flottes des grandes nations maritimes font de la vie des pirates une entreprise dangereuse et souvent brève. « Hostis Humani Generis » raconte comment la fin approche et comment chaque jour en tant que pirate peut être votre dernier. Nous essayons de dresser un tableau nuancé des méchants idolâtrés et stéréotypés du début du XVIIIe siècle, à la fois en incluant tout le rhum et le côté fanfaron, mais aussi en donnant la parole aux opprimés, à ceux laissés sur le rivage et aux luttes humaines à l’époque du nationalisme féodal.

Comment avez-vous choisi vos costumes ? Est-ce basé sur un personnage que vous avez créé pour le groupe ou est-ce basé sur un GN datant d’avant la formation du groupe ? Si c’est spécifique au groupe, pourquoi avez-vous choisi ce costume spécifiquement ?

Chaque membre a une histoire personnelle sur son costume, à la fois liée à un personnage de scène avec des tâches spécifiques dans l’équipage pirate qui est Ye Banished Privateers, et au fait que passer dix ans dans un groupe de pirates ajoute de l’attitude, des détails et beaucoup de patine à tout ce que vous portez. La plupart des taches sont là parce que quelque chose s’est passé…

J’ai vu que le groupe comptait beaucoup de membres, 20 si je ne me trompe pas, avez-vous déjà eu des problèmes avec cela ? Voyagez-vous en entier pour chaque concert ? N’est-ce pas compliqué de réunir tout le monde pour les répétitions ?

Je pense que nous avons été 27 membres sur scène une fois. La plupart du temps, nous sommes de 10 à 12 lorsque nous partons en tournée. Parfois, ça peut être vraiment bondé sur scène, mais la plupart du temps ça va. La scène est en fait plus ou moins notre salle de répétition, car nos membres sont dispersés dans toute la Suède à ce stade. Être un grand équipage est très amusant, mais cela rend les voyages plus difficiles. Alestorm a dit qu’il ne voulait pas faire de tournée avec nous. Ils avaient peur que l’on mange toute leur restauration.

Si on vous proposait un spectacle américain avec tous les effets spéciaux et décorations que vous aimeriez, quel serait le spectacle idéal pour vous ?

Nous construirions une réplique du navire de guerre suédois Wasa, le monterions comme un bateau pirate, le placerions sur une scène avec des lance-flammes et finirions le spectacle en le faisant exploser avec de la poudre à canon.

Parlons de votre nouvel album « Hostis Humani Generis ». De quoi les paroles vont-elles parler ? Sont-elles liées au titre et à la notion d’ennemi de l’humanité ?

Toutes les paroles suivent le thème de la dualité de la piraterie. Aujourd’hui, nous considérons les pirates comme des personnages armés de pistolets avec des cartes au trésor et des troncs d’or cachés. Nous essayons de nous concentrer davantage sur les vrais humains derrière le mythe. Aux yeux de beaucoup, les pirates étaient des criminels violents sans grand respect pour la vie humaine. Pour d’autres, les pirates étaient des pères, des frères et des sœurs dévoués, qui n’avaient d’autre choix que d’enfreindre la loi pour survivre ou subvenir aux besoins de leur famille. Derrière chaque personne qualifiée d’ennemi de l’humanité tout entière, il y a généralement une histoire profondément tragique à raconter. Dans notre album, nous nous concentrons sur quelques-uns de ces individus et leur chemin vers la potence.

Ce sera votre deuxième album chez Napalm Records, comment se passe cette collaboration et vous a-t-elle apporté quelque chose par rapport au label précédent ?

Notre équipe chez Napalm est vraiment bonne dans ce qu’ils font. Des réservations aux réseaux sociaux en passant par la presse. Pour nous qui sommes habitués à tout faire nous-mêmes, c’est une expérience cool de faire partie d’un label majeur. Nous contrôlons toujours tout ce qui est créatif et ils ont un grand respect pour nos valeurs, c’est important et c’est ce qui fait le succès de notre collaboration.

D’où vient le dessin / la peinture qui servait de pochette d’album ?

La pochette de l’album a été créée par l’artiste talentueux Eliran Kantor. Il a vraiment capturé l’essence de « Hostis Humani Generis ».

Ye Banished Privateers - Hostis Humani Generis

Est-ce la même personne / organisation qui a créé la lyrics vidéo de la chanson « Elephants Dance » ? Avez-vous apporté une contribution ou est-ce quelque chose qui a été géré par le label ?

La vidéo pour « Elephant’s Dance » a été produite par 4inch Media, en utilisant les illustrations à l’intérieur du livret du CD dessiné par Felix Jonathan Jenkins. Nous sommes impliqués dans tout ce qui est sorti au nom du groupe, donc nous l’avons définitivement envoyé plusieurs fois avant la fin de la vidéo.

À l’exception d’une date en Allemagne, aucune date de tournée n’a encore été annoncée. Avez-vous une idée de s’il y aura une tournée et si oui, où allez vous aller ?

Nous avons beaucoup de dates en préparation, mais nous attendons toujours le feu vert des promoteurs pour les rendre publiques. Si vous voulez rester à jour, gardez un œil derrière votre cache-œil et l’autre sur nos réseaux sociaux.

Nous arrivons à la fin de cette interview. Avez-vous quelque chose à dire à nos lecteurs et / ou à vos fans ?

Merci pour tout votre soutien au fil des ans. Il se trouve qu’être musicien est un dur labeur, mais vous en valez la peine à chaque seconde. Nous espérons vraiment que vous allez aimer notre album et nous aider à diffuser notre musique en haute mer !

En dehors de cela, rappelez-vous que la piraterie consiste à combattre les gros poissons, à remettre en question les normes oppressives et à survivre.

Soyez un pirate !


« Hostis Humani Generis » sortira le 7 février 2020 ! Si vous avez aimé l’interview, vous savez quoi faire !

Photo de Samuel Pettersson

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SCD - interview

SCD's Misleading Weapons au MassDeathtruction 2019

Au MassDeathtruction 2019, j’ai rencontré et interviewé le charmant Seb, chanteur du groupe de death grind français Sublime Cadaveric Decomposition (SCD). Via ces quelques lignes, je vous propose d’en apprendre un peu plus sur le groupe mais aussi sur l’univers musical qui les inspire à travers des extraits musicaux des groupes dont nous parle Seb pendant l’interview. N’oubliez pas d’aller jeter un œil à leur page Facebook mais surtout de les soutenir en allant les voir en concert s’ils passent près de chez vous.

Avant d’enchaîner sur l’interview de Seb, je souhaite remercier Pedro, l’organisateur du MassDeath pour son accueil et pour m’avoir permis d’interviewer Seb dans un cadre professionnel. Soutenez les orgas locales comme celle de Pedro et du MassDeath, c’est grâce à tous ces gens qu’on peut encore assister à d’excellents événements abordables près de chez nous !

Commençons par les présentations. Qui es-tu et quel est ton rôle dans Sublime Cadaveric Decomposition ?

Je suis Seb, chanteur de SCD depuis 1996. Donc ça va bientôt faire 25 ans, sachant que depuis 25 ans, il y a eu des petits changements de line-up au sein du groupe. Le guitariste et le batteur actuels sont présents depuis 16 ans environ.

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, qu’est-ce que SCD ?

Donc, on vient de Paris. On a fait le groupe avec des potes qu’on avait rencontrés en concert quand on était ados et puis on a décidé de monter SCD sachant qu’à l’époque dans le même groupe il y avait le batteur et le guitariste qui ont fait Arkhon Infaustus (black metal) et Antaeus (black metal), donc on partageait le même studio vu qu’on avait des membres en commun. À l’époque pour SCD, c’était vraiment toute la scène underground grind, crust, gore, porno gore avec des groupes comme Catasexual Urge Motivation, Gut, Last Days of Humanity, etc. Plus toute la scène death qu’on a écoutée quand on était gamins. On était dans la scène depuis pas mal d’années et on avait envie de participer au truc sans savoir que des années plus tard on continuerait à le faire.

Comment vous sentez-vous après ce passage sur scène ? Qu’avez-vous pensé de votre prestation, de l’ambiance et du public ?

C’est sympa de venir ici parce que c’est la troisième fois qu’on fait le MassDeath. On a joué l’année où il y avait Entombed (2011) et on l’a fait l’année suivante (2012) avec Obituary. À l’époque, ce n’était pas dans le même endroit. Puis le MassDeath s’est arrêté quelques années et quand on a vu que Pedro a recommencé à le faire, on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on y soit. Maintenant on est des habitués. On avait aussi envie de découvrir le nouvel endroit. Si j’ai bien compris, c’est le troisième concert qui se fait ici. On nous a dit qu’il y avait eu Casse-Noisette avant. Donc il nous semblait qu’après Casse-Noisette, il fallait au moins SCD, sinon ce n’était pas un vrai baptême de la salle. Donc, on est super contents de venir ici.

Et puis en plus quand on a commencé à écouter du grindcore, du death, etc, il n’y avait pas énormément de concerts en France et on venait souvent en Belgique à Ypres, Gand, etc, où on allait voir plein de groupes. C’étaient des petites salles super underground mais il se passait beaucoup plus de choses en Belgique qu’en France à l’époque. Il y avait très très peu de choses. Enfin, il y avait tous les gros groupes qui jouaient mais dans les scènes vraiment underground extrêmes, il n’y avait pas grand-chose. C’était principalement en Belgique que ça se passait. Il y avait notamment Agathoclès qui organisait le festival Wee Lawaat à Zichem où on allait tous les ans.

On finissait par faire plus de concerts en Belgique qu’en France sur certaines années. Ça a pas mal changé ces dernières années. Il y a eu beaucoup plus de hardcore qui est arrivé, j’ai l’impression, et du coup moins dans la scène goregrind. Là je crois que pour cet album, par exemple, c’est le premier concert qu’on fait en Belgique alors qu’on a déjà fait une tournée aux États-Unis, des dates au Canada, le Hellfest pour la deuxième fois, l’Obscene Extreme Festival pour la troisième fois et le SWR Barroselas Metalfest au Portugal pour la troisième fois.

Franchement, on était super contents de revenir en Belgique parce que c’est quand même un festival où il y a plein de monde, où les conditions sont vraiment géniales. Et puis en plus ça fait pas mal de temps qu’on n’était pas venus finalement. Ça fait toujours plaisir de revenir et puis, on est quand même voisins donc on se considère un petit peu chez nous.

Vous voulez voir ce que donnait SCD au MassDeath en 2011 ? C’est par ici et c’est filmé par 666Vassil.

https://www.youtube.com/watch?v=oW80_1Z6WFA

A l’occasion de ce MassDeaththruction 2019, avez-vous joué « Misleading Weapons Of Mass Destruction » (Inventory of Fixtures, 2007) ?

On ne l’a pas jouée aujourd’hui, il faudra qu’on revienne. C’était un des prétextes qu’on avait imaginés. Pour la setlist d’aujourd’hui, on a commencé par des morceaux des premiers albums puis chronologiquement on avançait. On a quand même joué deux morceaux d' »Inventory of Fixtures ». Ensuite, on a poursuivi pendant à peu près la moitié du set avec des morceaux du dernier album.

2019 a été une année riche en très belles dates avec notamment le Hellfest et l’Obscene Extreme Festival. Du coup, y a-t-il encore des endroits après des dates aussi grosses où vous rêveriez jouer ?

Franchement, il y en a encore plein. Disons qu’en Allemagne il y a quand même énormément de gros festivals et on n’y joue pas énormément. On a fait le Berlin Deathfest il n’y a pas longtemps mais les très grands festivals, on ne les a pas faits. Donc, ça serait super sympa d’y jouer. Le Japon, on était en train d’en discuter parce qu’on a fait la tournée américaine avec Viscera Infest, un groupe japonais. Et en fait, leur manager c’est Naru qui était dans C.S.S.O., qu’on connaît depuis des années. On s’est rencontrés en Allemagne au Fuck the Commerce où on jouait en 2001 avec C.S.S.O. notamment. Donc ça commence aussi à faire un petit paquet d’années.

Donc aux États-Unis, Naru accompagnait Viscera Infest. On a parlé de refaire des dates Japon, ce qui est un peu plus compliqué parce qu’aujourd’hui, clairement la scène européenne, c’est une des meilleures au monde entre le nombre de festivals, le nombre de personnes qui viennent à chaque concert et festival, les gens qui achètent du merch, les conditions d’accueil qui sont presque incomparables avec d’autres endroits…

On se dit souvent que les Etats-Unis c’est génial mais ce n’est pas la même chose non plus. Même le Maryland Deathfest où on a rejoué pour la deuxième fois, ce n’est pas pareil, je dirais qu’il y a 3 000 personnes peut-être. Quand on compare avec ce qu’on peut avoir avec le Hellfest où on a environ 50 000 personnes sur trois jours… Même le Motocultor je crois que c’était 42 000 personnes l’année dernière.

Nous, ce qu’on aimerait vraiment faire aussi, c’est tout le nord de l’Europe avec la Norvège, la Finlande,… On n’a pas souvent été là-bas et ce sont des endroits qui ont plein de trucs géniaux dans la scène crust et death. Donc oui, ce sont des scènes où on n’a pas encore été suffisamment.

Quelle est la date qui vous a le plus marqués cette année ?

Le Hellfest, honnêtement ça reste extraordinaire. Quand on écoute les groupes, c’est quand même un truc qu’on ne voit pas tout le temps. Il faut savoir que maintenant les tentes Altar et Temple c’est environ 10 000 personnes. De plus, avec l’écran géant au fond de la salle, il y a encore du monde derrière et c’est rempli. C’est juste incroyable parce que même des gros groupes qui tournent beaucoup, ils jouent rarement devant 10 000 personnes.

C’était la deuxième fois pour nous donc on a pu le savourer différemment que la première fois où on était un peu pris dans le machin. Là, on l’avait anticipé, on a pu faire filmer par les gars d’Arte, enfin, Sombrero Production qui travaillent pour Arte. On a fait prendre le son par l’ingénieur son de la salle. Donc il y avait un peu d’organisation en amont et c’est très minuté aussi pour pouvoir le faire. Ce n’est pas qu’il y ait une pression particulière c’est juste qu’on sait que le Hellfest, il faut partir en se disant que ça s’est bien passé.

De plus, ça dépasse complètement le milieu du metal. Ce festival-là au boulot, ou n’importe où d’ailleurs, il y a des gens qui n’écoutent pas du tout, qui ne connaissent pas le metal mais connaissent complètement le Hellfest et en parlent. Donc en y jouant, il y avait vraiment tout le monde qui savait qu’on allait y jouer et qui voyait ce que c’était.

L’Obscene Extreme c’est génial aussi parce que c’est plus orienté dans le style qu’on fait. Et puis c’est une ambiance différente. Le public peut monter sur scène donc on est encore dans autre chose. Cela étant, on est beaucoup plus habitués à ce festival vu que c’est la troisième fois qu’on y joue. On commence à vraiment bien le connaître.

À chaque fois, c’est différent, ce ne sont pas du tout les mêmes choses mais on en garde un souvenir super mémorable.

Le Hellfest, c’est génial mais à la fois je suis presque sûr que tu mets un groupe qui joue aux échecs sur scène, tu as 10 000 personnes qui viennent les voir. Au Saint Vitus, tu es dans une salle où les gens se sont déplacés pour voir la tête affiche à New York. Donc, ça, c’est un super souvenir.

New York m’a plus plu que le Maryland Deathfest. New York c’était vraiment sympa parce qu’on était tête d’affiche au Saint Vitus, une salle à Brooklyn où Joan Jett a joué, par exemple. Donc, tu es content d’y aller parce que c’est une salle qui a marqué la musique et c’était rempli, on avait un super son et en plus les gens venaient vraiment nous voir.

Votre dernier album « Raping Angels In Hell » est sorti en 2017. Du coup, à quoi peut-on s’attendre pour 2020 ?

On a encore plein de concerts. Certains sont annoncés, d’autres sont encore en négociation mais on a encore plein de trucs en 2020. Je pense qu’on va tourner toute l’année. En revanche, on commence déjà à se projeter et à se dire qu’ il faudrait quand même qu’on commence à imaginer se mettre en mode composition aussi. C’est assez compliqué actuellement avec toutes les dates qu’on a parce qu’on joue quasiment tous les week-ends. Donc on il est compliqué de réussir à bosser plus ces nouveaux morceaux mais on commence à l’avoir dans un coin de la tête et c’est devenu une actualité.

Avec un nom comme Sublime Cadaveric Decomposition, je me demande où vous trouvez votre inspiration et quels sont les thèmes que vous abordez dans vos chansons ?

On a eu une période plutôt orientée crust qui reste aussi une grosse influence qu’on avait à l’époque. Ensuite on est devenus un peu plus death, on va dire, et sur le dernier vraiment on a essayé de revenir aux racines. Donc, un mélange de tout mais avec des textes plutôt porno gore.

C’est principalement du porno gore sur le dernier album. Cependant, ça a changé pas mal au niveau de la dénomination du style. Les trois premiers albums n’avaient pas de textes donc c’était vraiment que les pochettes et les graphismes qui donnaient la teinte avec en plus la musique. Là, on était vraiment dans du porno gore.

En matière d’influences, je dirais que ça concerne tout ce qui a trait à la sale ambiance que même-moi je retrouvais dans des groupes qui m’ont hyper influencé comme Gut qui a vu le jour en Allemagne et avec qui on a d’ailleurs joué en Hollande. C’est la première fois qu’on a joué avec eux. C’était culte comme moment. On s’est rencontrés dans les loges, je ne les connaissais pas. Du coup j’ai été porter des T-shirt religieusement pour leur donner. Du coup ils nous ont proposé de nous servir dans leur merch et on a fait des photos ensemble. Franchement ils sont super sympas en plus. D’ailleurs le guitariste a joué avec notre T-shirt sur scène,  un grand moment d’émotion. C’était l’accomplissement total. Maintenant ce qu’on fait, c’est un peu toutes ces influences qu’on avait quand on a commencé.

C’est quoi votre meilleur et votre pire souvenir en tant que membre de SCD ?

Alors, c’est à la fois le meilleur et aussi le pire parce qu’avec le recul on a fini par en rire. On avait une tournée qui devait faire Canada, Etats-Unis, Canada. C’était vers 2008, un truc comme ça. Cette tournée devait durer environ 4 à 5 semaines. On prenait l’avion pour aller à Montréal, on avait des dates au Canada. Ensuite, on devait prendre l’avion pour les États-Unis puis on avait les dates aux États-Unis. Après ça, on retournait au Canada pour y jouer quelques dates avant de revenir en France. Jusque-là, tout est impeccable.

On prend l’avion, on arrive à Montréal et on nous indique que les instruments de musique sont à récupérer sur l’autre tapis roulant. Donc, on y va, on récupère les instruments de musique et là, des flics en civil nous arrêtent pour nous emmener à la douane. Arrivés à la douane on nous demande si on est bien Sublime Cadaveric Decomposition et si on va bien jouer à tel et tel endroit.

Pour remettre les choses dans leur contexte, à l’époque, il ne fallait pas les mêmes autorisations pour jouer dans des salles qui vendaient de l’alcool ou de la bouffe.

Donc pour en revenir à la douane, on leur répond « Oui, peut-être, ça dépend des organisateurs. Il faut leur poser la question. » Là ils nous ont dit d’arrêter de les bassiner et ils nous ont placés en détention et nous avons été interdits de territoire au Canada. Ils nous ont mis en cellule derrière le truc de la douane à l’aéroport. On a eu droit aux photos avec les petites plaquettes puis on a passé la journée en cellule.

À la fin de notre détention, ils nous ont dit: « Soit on vous envoie ce soir à Marseille puis vous vous démerdez pour revenir à Paris et vous êtes interdits de territoire. Soit, vous discutez, vous êtes interdits 10 ans de territoire. Soit, vous voulez repartir à Paris et on vous garde une semaine en détention. » Finalement on est repartis à Marseille et sans avoir dormi on a fait Paris-Montréal, une journée à Montréal. Puis, Montréal-Marseille et de Marseille, on a repris le train pour revenir à Paris et la tournée était terminée.

On est quand même allés à l’ambassade canadienne à Paris pour essayer de négocier. Ils nous ont dit: « Vous n’êtes pas Aznavour alors c’est fini. »

L’année dernière, quand on y est retournés, même si on avait tous les papiers en règle et que la réglementation avait complètement changé, on n’était pas rassurés.

Aujourd’hui c’est beaucoup plus simple mais quand on est passé à la douane, on a encore été bloqués. Les douaniers nous ont demandé si on était déjà venus. On leur a expliqué qu’on avait été expulsés et on a présenté les papiers. Comme les lois n’existent plus aujourd’hui dans le Code canadien, ils ne trouvaient pas le motif de l’expulsion et ils ne comprenaient pas pourquoi on avait été expulsés donc nous avons été à nouveau bloqués pendant un petit moment. C’est donc un bon et un mauvais souvenir à la fois pour nous.

Quel est le morceau, l’album qui vous rend complètement dingue ?

Alors, il y en a plusieurs. D’abord, l’album « The Global Cannibal » (2003) de Behind Enemy Lines qui est vraiment génial du début à la fin. Ensuite, il y a toujours Nasum avec l’album « Helvete » (2003). Puis, il y a « Bolt Thrower » qui du début à la fin est un chef d’œuvre. Enfin, il y a aussi Napalm Death et son fabuleux « The Harmony Corruption » (1990).

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

On se quitte avec un extrait vidéo de la prestation de SCD au MassDeathtruction 2019 filmée par Yohann Thibaut.

https://www.youtube.com/watch?v=Xm8916waxxw

Je souhaite d’abord dire merci à tous les lecteurs dont certains nous suivent peut-être maintenant depuis pas mal d’années. Sinon, aujourd’hui j’ai 45 ans dont 24 ans de chanteur de Sublime Cadaveric Decomposition et ce que j’espère c’est que dans 24 ans je ferai encore la même chose. Et ça c’est grâce à tous ceux qu’on rencontre ici. Merci à tous.


Vidéo de SCD au MassDeath en 2011 par 666Vassil.

Vidéo de SCD au MassDeath en 2019 par Yohann Thibaut.

Photo par SCD

Vous voulez en savoir plus sur Sublime Cadaveric Decomposition ?


Brutal Sphincter - interview

Nos 5 étoiles montantes: Brutal Sphincter

Depuis quelques temps, ils font parler d’eux et ce de plus en plus fort. Nous avons interviewé pour vous Spermain de Brutal Sphincter, groupe de goregrind belge qui s’est vu octroyer une place sur l’affiche du célèbre festival Hellfest (Clisson, France). De l’underground à un des plus gros et des plus populaires festivals metal d’Europe, comment en sont-ils arrivés là ? Spermain nous dit tout dans cette interview.

Pour commencer, qui se cache derrière Brutal Sphincter et quel est votre job dans le groupe ?

Brutal Sphincter est un groupe composé de 5 membres, à savoir : Spermain (basse), GG Stalin (chant avec effet), Major Diarrhea (chant sans effet), Leopoold II (batterie) et Corde Sensible (guitare).

Dans le groupe, chacun a son rôle. Personnellement, je m’occupe d’écrire la musique (basse + guitare) et la structure des morceaux, du management du groupe (répartition des tâches, réunions, etc), du booking, de la page Facebook, des mails, de la gestion budgétaire et du merch (commandes et envois).

GG Stalin se charge de collecter les infos pour le bon déroulement du concert (rider tech, hospitality rider, accommodation, etc) et d’écrire les paroles pour les morceaux.

Major Diarrhea écrit également les paroles, s’occupe de tout ce qui tourne autour de l’utilisation du logiciel Photoshop (design, memes, flyers, banners, etc), de la masterisation (parfois du recording) de nos morceaux et des problèmes techniques (live, internet, etc).

Leopoold, quant à lui, écrit les parties batterie, gère notre l’Instagram et s’occupe de relancer régulièrement les festivals qui n’ont pas répondu à nos mails.

Enfin, Corde Sensible m’aide dans la composition des morceaux et gère la chaîne YouTube via la création de contenus.

Comment en êtes-vous venus à créer Brutal Sphincter, dans quel but ?

La création du groupe a, en réalité, émergé d’une blague avec l’un des (ex-)membres fondateurs du groupe (Jason ANANIA). Lors de nos études d’assistants sociaux, nous étudiions (trop) souvent la psychanalyse selon Sigmund Freud. Celui-ci parlait sans arrêt du stade anal et du contrôle sphinctérien. Dès lors, nous pensions que ce serait drôle d’appeler un groupe de goregrind Brutal Sphincter.

Quelques mois après, le délire a vu le jour. Je recherchais personnellement un groupe plus extrême que ce que proposait la scène liégeoise à l’époque. De plus, je voulais en être le créateur afin de pouvoir le diriger où je le désirais… Je n’aurais jamais pensé que le groupe fonctionnerait aussi bien, par contre.

Musicalement parlant, vous définissez le groupe comme un groupe de « POOlitical » goregrind. Le goregrind, je vois de quoi il en retourne. Qu’en est-il de la mention « POOlitical » ?

À vrai dire, les groupes de la scène ont tendance à toujours décrire leur goregrind avec des adjectifs débiles. Généralement, les thématiques du porno/gore grind tournent autour de tout ce qui est fécal, sexuel, maladif ou gore… Ici, sans pour autant renier là d’où on vient (LE CACAAA), avec notre second album « AnalHu Akbar », nous avons désiré changer le jeu car nous trouvions les précédentes thématiques ennuyeuses.

Nous pensons que le goregrind doit être choquant comme le death metal l’a été à une époque et comme le style l’était en lui-même lorsqu’il a émergé dans les années 90. Quoi de mieux pour offenser les gens que de blaguer sur des sujets politiques sensibles comme l’Islam, la pédophilie, le nazisme et autres?

Cependant, même si les titres sont extrêmement provocateurs, les paroles derrière restent sensées. Il s’agit généralement de critiques, de constats ou simplement de trollages massifs. Il aurait été idiot de provoquer sans vouloir faire réfléchir…

Par ailleurs, nos paroles devraient bientôt être uploadées sur certains sites dédiés aux lyrics.

Depuis la sortie de votre second album « AnalHu Akbar », le groupe ne cesse de gagner en popularité. Comment expliquez-vous ce succès ?

Tout d’abord, il y a l’élément musical. Nous avons, je pense, créé une forme de goregrind assez unique. Les structures des morceaux sont assez complexes et les riffs plus ou moins techniques comparés au reste de la scène. Ensuite, nous nous sommes rendus dans un studio professionnel (Blind & Lost Studios) qui nous a fait une production aux petits oignons. Rajoutez à cela des thématiques originales et des vocalises variées et nous obtenons la patte Brutal Sphincter. C’est cela qui nous a permis de nous démarquer dans la scène.

Cependant, la musique ne se suffit pas à elle-même. L’image et la réputation du groupe doivent être soignées. Il est important d’être bien perçu par le public et de créer de bonnes relations. Il s’agit de se créer un réseau.

Enfin, ajouter des heures de networking et de management, par semaine. C’est un travail constant qui demande une grande assiduité. C’est bien pour cela que la plupart des gros groupes ont des managers… Cela prend un temps monstre.

Vous avez fait quelques belles scènes cette année dont l’Obscene Extreme, un des plus grands festivals du genre en Europe. Que vous reste-t-il à accomplir ou plutôt à conquérir ?

Nous avons vu l’OEF comme une scène tremplin. C’était un show très important pour notre crédibilité auprès du grand public.

Cette interview m’a été adressée, il y a quelques mois. Fin décembre, je trouve seulement le temps d’y répondre. Il y a quelques mois, j’aurais dit que j’aurais désiré jouer des grosses scènes comme le Netherlands Deathfest, le Summer Breeze, le Brutal Assault, etc.

À ce jour, nous sommes confirmés pour le Hellfest et pour le Netherlands Deathfest. Bien que cela soit toujours surréaliste pour nous, nous ne désirons pas nous arrêter là. Nous désirons faire de nos participations à des événements mainstream quelque chose de régulier. D’autres continents restent également à conquérir.

Niveau popularité, nous aimerions devenir une référence du style. Ce qui peut paraître sans doute un brin prétentieux.

Vous avez sorti un clip plutôt « cartoonesque » mais assez « trash » pour la chanson « Make Goregrind Great Again », quels ont étés les retours à ce propos ?

Environ 4 mois sont passés depuis sa sortie et les réactions ont été démesurées… Pas moins de 220 000 vues, plus de 16 000 likes, des milliers de partages. Ce clip, nous a permis d’encore plus nous affirmer et d’acquérir beaucoup de visibilité.

En plus de ces avantages, le clip a permis aux nouveaux talents belges de Shit Knuckles d’être mis au-devant de la scène alors que c’était leur première vidéo. Nous continuons, par ailleurs, à travailler avec eux.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

Jouer le plus de concerts possibles, gagner en popularité, créer une lyrics vidéo pour notre morceau « Autistic Meltdown », cliper « Prohibit Anime », réenregistrer un des morceaux « cultes » du premier album, créer du nouveau merch et… Ecrire des nouveaux morceaux pour notre troisième album.

S’il y a une chose que l’on doit retenir de Brutal Sphincter, laquelle serait-ce ?

Venez faire la fête à nos concerts et venez boire des coups avec nous. Vous verrez, on est des gars sympas !

Si vous deviez recommander un album ou un groupe pour se lancer dans la découverte du goregrind, lequel serait-ce (en dehors de vous bien entendu) ?

« Shit Beast » de Gutalax. Les copains de Gutalax sont sans doute la porte d’entrée la plus facilement utilisable pour rentrer dans le goregrind. Leur musique est simple, groovy, efficace et personnelle. Notons tout de même qu’ils auraient plus tendance à se décrire comme du gore’n’roll. Il y a effectivement peu d’éléments goregrind musicalement parlant.

Des albums comme « Paraphelic Elegies » de Spasm, « Splatter Tekk » d’Ahumado Granujo, « Keep On Smiling » de Rectal Smegma ou « Gargle Cummics » de Rompeprop restent d’excellentes alternatives. Ceux-ci sont des choix personnels, bénéficient d’une bonne production et équilibrent parfaitement les passages blastés et plus groovy.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Il serait chouette d’avoir plus de groupes de goregrind en Belgique. Lancez-vous et venez twerker sur scènes avec nous.


Photo par J.Huyssens Photography.

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Imperium Dekadenz - Interview

Authenticité, un mot pour Imperium Dekadenz

Pendant le Night Fest Metal X, j’ai eu l’occasion de rencontrer Vespasian, Horaz et les gars de Vagsheim qui représentent la formation live d’Imperium Dekadenz. Le groupe était à ce moment-là en tournée pour présenter et défendre leur dernier album « When We Are Forgotten » qui propose une approche plus intime qu’auparavant. Laissant derrière lui son passé historique, Imperium Dekadenz approfondit un aspect émotionnel sans oublier son authenticité.

Commençons d’abord par une brève présentation du groupe. Qui êtes-vous et quel est votre rôle Imperium Dekadenz ?

Horaz: Je suis Horaz, le chanteur. Nous avons fondé le groupe en 2004, il n’y avait que moi et Vespasian. Vespasian et moi venons du sud-ouest de l’Allemagne, de Baden-Württemberg, dans une région appelée la Forêt-Noire.

Après deux albums, nous avons trouvé les gars de Vargsheim pour nous rejoindre sur scène. Ils viennent de Würzburg, une ville du centre de l’Allemagne. Depuis qu’ils nous ont rejoints, nous avons joué dans beaucoup de festivals et nous avons signé avec le label français Season of Mist.

Pour la dernière version de « When We Are Forgotten », nous avons signé sur Napalm Records, un label autrichien.

Vespasian: Je m’appelle Vespasian et je joue de la batterie. En matière de studio, nous partageons les guitares; je joue de la basse et nous jouons tous les deux du synthétiseur. Donc, toute la production est réalisée par nos soins.

Je pense que toutes les activités en direct ont été faites avec les gars de Vargsheim pendant environ onze ans. Ils nous ont donc donné l’occasion de monter sur scène. Avant de les rencontrer, nous n’avions sorti que deux albums: « … Und die Welt ward kalt und leer » et « Dämmerung der Szenarien ». Mais c’était la plus grosse étape à suivre pour rendre le live possible.

Nous avons deux objectifs principaux en ce qui concerne la musique live : c’est le facteur rock n’ roll et l’action sur scène. Vous ne pouvez pas faire ça avec seulement deux gars sur scène. C’est possible, mais ce n’est pas amusant parce que vous avez besoin de samples de claviers et ce genre de choses, et ce n’est pas ce que j’entends en matière de rock n’ roll.

Donc, ces gars (Vargsheim), ils ont leur propre groupe. Nous sommes immédiatement devenus de très bons amis et nous avons passé beaucoup de temps ensemble sur la route ces onze dernières années et c’est très amusant.

C’est l’autre côté de l’Imperium Dekadenz. Il y a la partie créative : albums, disques, composition, paroles, etc. L’autre partie consiste à monter sur scène où notre musique est plus brute. En live, vous avez ces deux guitares, mais parfois, sur l’album, vous avez une tonne de guitares. Nous devons donc le réduire à l’atmosphère que nous souhaitons communiquer quand il s’agit du live.

Pour être honnête, les gars de Vargsheim comprennent parfaitement ce qu’ils entendent dans un album pour le rendre fonctionnel en situation réelle.

Vargsheim ont-ils leur mot à dire sur la composition ou pas ?

Vespasian: Pour être honnête, non !

Horaz: Mais tout ce qui se passe en live, ils ont un mot à dire parce qu’ils doivent gérer ce qu’ils font. Vous savez, écrire des chansons et jouer ces chansons en live, c’est complètement différent. Ils doivent réfléchir à la manière de faire vivre cette chanson sur scène. Donc, ils doivent gérer toutes nos pistes de guitare et ils le font brillamment selon moi.

Vespasian: Nous avons une petite tradition avec Vargsheim et Imperium Dekadenz. Si un album est enregistré, nous en avons la toute première écoute une fois qu’il est terminé et inversement. Mais comme Horaz l’a déjà dit, lorsque nous sommes dans la salle de répétition et que nous discutons de certaines parties, ils ont bien sûr leur mot à dire.

Horaz: Et à propos de la performance d’aujourd’hui, n’oubliez pas que nous avions un ingénieur du son qui n’était pas habitué à notre musique et qui ne savait pas comment nous sonnions. Donc, il faisait ses propres trucs et il mixait tout en espérant que ça sonnerait bien. Et du coup, cela pouvait être différent de l’album. Si nous avions eu l’ingénieur du son de l’album, cela lui aurait ressemblé.

Vespasian: Mais il y a toujours des opinions différentes à ce sujet. Certaines personnes disent que cela ne ressemble pas à l’album et qu’elles aiment beaucoup plus la version de l’album. D’autres personnes disent aimer davantage cette version plus brute. Donc, tout le monde a son opinion à ce sujet.

Horaz: Parfois, c’est mieux pour les groupes quand ça sonne plus brut et parfois pas.

Selon vous, quel est le meilleur choix pour votre groupe ?

Horaz: Nous faisons ce que nous voulons faire. Nous nous sentons comme un groupe de metal. C’est du black metal mais nous sommes nous-mêmes. Nous pourrions porter du maquillage et des costumes, mais ce n’est pas ce que nous sommes. Nous montons simplement sur scène comme nous voulons et il ne s’agit que de nos émotions et de nos ressentis. Si vous regardez les autres groupes, ils ne sont pas vraiment dans le headbanging et l’image rock n’ roll. Mais nous, nous faisons cela. Après, peut-être que cela ne correspond pas à l’atmosphère de l’album, je ne sais pas.

Mais c’est ce que nous sommes et certaines personnes disent : « Hé, c’est Imperium Dekadenz. Je ne m’attendais pas à ça. Ils sont putain de rock n’ roll et ils font du metal. » D’autres disent : « Ce n’est pas ce que j’aime. J’avais imaginé des gars plus stables, faisant des choses plus atmosphériques. » Mais nous faisons ce qui nous plaît, ce que nous voulons et ce que nous ressentons, c’est tout. Nous ne le changerons jamais; les gens peuvent l’accepter ou pas.

Imperium Dekadenz (2) - Interview

En ce qui concerne la composition et les paroles, quelles sont vos sources d’inspiration ? Y a-t-il l’un de vous responsable de la composition et l’autre des paroles ou coopérez-vous ?

Vespasian : C’est toujours mélangé. Nous nous inspirons tous les deux des films, des livres mais aussi la vie quotidienne, qui est peut-être la plus grande inspiration. Les émotions que l’on vit jour et nuit. Je pense que l’on ne peut pas séparer la musique et les paroles. Parfois c’est comme une bataille d’inspiration : si j’écris un riff, il a de l’inspiration pour certaines paroles et vice-versa.

Horaz: Le fait est que chacun de nous a un home studio. Donc, je rentre du travail ou je suis assis à la maison le week-end, je prends ma guitare et je commence à travailler sur une nouvelle chanson. Lorsque j’ai l’impression que c’est une bonne chanson, je l’envoie à Vespasian. Donc, il est le premier à écouter la chanson, puis il dit : « Hé, la chanson est merdique » (rires) ou, pour être amical, il dit : « La chanson est bonne, peut-être qu’on peut y récupérer quelque chose de cool. »

Donc, nous nous envoyons du matériel et ce n’est que la première étape pour décider si une chanson vient sur l’album ou pas. En ce qui concerne les paroles, pour le dernier album, la plupart sont venues de moi parce que je suis chanteur et que c’est un bon entrainement d’écrire les paroles moi-même, car il m’est plus facile de les mettre en rythme et de donner vie à la chanson sur scène. Mais il (Vespasian) a écrit ses propres paroles pour des chansons auxquelles il est très attaché.

Vespasian: En fin de compte, l’objectif principal est que nous soyons tous deux satisfaits à 100%.

Vous défendez actuellement votre dernier opus « When We Are Forgotten ». De quoi parle cet album ?

Vespasian: Je pense d’abord que nous devons jeter un coup d’œil sur les albums précédents car leurs thèmes lyriques étaient liés à des événements historiques. Cette fois, nous voulions changer, nous voulions avoir une atmosphère plus intime, penser plus à nous-mêmes, pas à ce contexte historique à propos de Rome ou de choses du genre. Nous voulions réduire le côté épique pour ainsi dire. Nous voulions aller plus loin dans l’émotion.

Horaz: Lorsque nous avons écouté « Dis Manibvs », nous avons remarqué que les chansons sont assez longues et que l’album entier résulte finalement d’une succession extrêmement épique de chansons. Nous avons donc décidé que cette fois, nous voulions être plus compact, plus rock n’ roll, plus old school et plus intimiste.

Par le passé, nous utilisions toujours le contexte historique pour les paroles mais cette fois nous avons décidé de faire des paroles sur nous-mêmes, sur ce que nous pensons. Je pense que ce sera la façon dont nous allons continuer parce que nous sommes plus satisfaits de la chanson. Nous aimons toujours les trucs old school des années 90 et nous avons décidé de retourner à des trucs plus old school.

Vespasian: Maintenant, nous devons faire quelque chose de différent. Nous ne voulons pas le répéter. Nous voulons nous mettre au défi. Donc, c’était un défi pour nous de nous faire plaisir avec de nouvelles choses.

Êtes-vous satisfaits de cette nouveauté et pensez-vous que vous allez continuer de cette façon ?

Vespasian: Oui, absolument. Nous pensons maintenant que le moment est venu de faire des expériences, de faire des choses que nous n’avons jamais faites auparavant. Selon moi, nous avons plus de liberté que jamais. Je m’en fous si les gens veulent acheter l’ancien Imperium Dekadenz parce qu’ils s’attendent à ce qu’il en soit ainsi. Ils ont déjà six albums dans leur collection. Mais pour nous, nous voyons ces nouvelles choses différemment, nous avons un réel sentiment de progression.

Quels sont vos espoirs et vos projets pour l’année à venir (2020) ?

Vespasian: Il y a d’autres choses à venir mais nous ne pouvons pas encore les annoncer.

Horaz: Nous venons de sortir le nouvel album, mais nous avons déjà commencé avec l’écriture de nouvelles chansons.

Comment s’est passé le show d’aujourd’hui ?

Horaz: C’était la première fois pour nous en Belgique, donc nous étions très excités de ce qui allait se passer. Il y avait beaucoup de gens qui sont venus voir Imperium Dekadenz.

Êtes-vous satisfaits de la réaction du public ?

Horaz: Oui, très. Je pense que pendant la première chanson, certaines personnes sont entrées pour nous découvrir. Elles n’avaient probablement jamais écouté nos morceaux.

Y avait-il plus de personnes que vous ne le pensiez ou non ?

Horaz: Non, parce que j’ai regardé les autres groupes jouer depuis que nous sommes ici et il y avait beaucoup de gens dans la salle qui regardaient le concert. Et j’étais presque sûr qu’ils allaient venir voir ce que nous faisons.

Vespasian: Nous jouons en live depuis dix ans maintenant, mais c’est toujours un grand plaisir, une grande surprise quand vous entrez pour la première fois dans un pays étranger. Il y a des gens intéressés par la musique. C’est génial. On a commencé en Forêt-Noire en tant que duo et maintenant nous sommes ici en Belgique, en train de répondre à tes questions. C’est toujours un grand plaisir pour nous parce que je pense que ce sont des expériences que la plupart des humains ne connaîtront jamais.

Horaz: Il est également dit que les Belges aiment vraiment les concerts. Vous êtes plus concentrés sur ce qui se passe. Je pensais que beaucoup de gens viendraient pour voir le groupe 1914. Ils sont vraiment géniaux, beaucoup de gens les aiment. Ils parlent de la Première Guerre Mondiale. Je parlais à ces gars et ils sont très passionnés par leur truc.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview.

Vespasian: Si nous voulions nous voir comme des partenaires commerciaux, cela ne fonctionnerait pas parce qu’il y a tellement d’émotions dans la musique et les paroles. C’est comme un voyage. Nous traversons l’enfer et nous entrons au paradis. Je pense que c’est plutôt romantique. Le dernier sujet romantique de ce soir c’est la magie. Connaissez-vous autant de groupes qui ont joué ensemble pendant douze ans ? Ce n’est pas habituel. Donc, pour moi, nous pouvons résumer les choses de la manière suivante pour Imperium Dekadenz : l’authenticité, l’amitié et la magie.

Horaz: Toute la semaine, je me réjouissais de faire le trajet pour venir ici. Il nous fallait quatre heures pour venir ici. J’attendais de m’asseoir dans ce nouveau van et d’écouter de la musique et de parler de toutes les choses folles dont nous parlons avec les mecs. Nous sommes en tournée avec des amis, pas seulement des mercenaires qui jouent nos chansons et qui retournent à l’hôtel après le spectacle. Nous sommes toujours là et une fois l’interview terminée, nous boirons des bières, du vin et nous fumerons des cigarettes ensemble. Nous marchons ensemble et nous tombons ensemble.

Vespasian: L’objectif principal d’Imperium Dekadenz est de rester vrai. La chose la plus importante, c’est l’amitié. Nous ne sommes pas des businessmen qui essaient de gagner le plus d’argent possible et qui changent leurs musiciens. Nous sommes une poignée de très bons amis et c’est beaucoup plus important pour nous que d’être le groupe le plus parfait d’un point de vue technique.

Tout est une question d’émotions, parce que le concert est un temps fort de la journée. Mais je peux t’assurer que conduire jusqu’ici avec cette poignée de gars, c’est toujours un moment fort.


Picture by LauPi Photo


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Brutality Over Belgium (6) - interview

Une orga 100% belge : Brutality Over Belgium

Depuis quelques temps, nous avons le plaisir de nous rendre aux concerts de l’équipe du Brutality Over Belgium pour y réaliser des interviews. Il nous semblait intéressant de vous présenter les personnes qui se cachent derrière ce nom, afin que vous puissiez en apprendre un peu plus sur leurs idées, leurs objectifs et leur programmation. Nous avons donc rencontré Willburn pour vous proposer une petite interview de cette organisation 100% belge.

Tout d’abord, qu’est-ce que le Brutality over Belgium ?

Le Brutality Over Belgium est une organisation de concerts en Belgique spécialisée dans le grindcore, goregrind, brutal death metal et slam death metal.

De qui est composée l’équipe du Brutality Over Belgium ?

Au début, en 2017, il y avait Willburn et Germain, de la région de Liège, ainsi que Roy, de Flandre. Puis, se sont ajoutés à l’équipe Yohann, Christophe (pendant un moment) et Marvin, de la région de Charleroi et pour finir, Jesse, de Flandre.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de ce projet ?

Moi (Willburn) et Germain avions dans l’idée de faire venir à Liège des groupes de goregrind d’un peu partout en Europe, car à l’époque, il y avait très peu de concerts de ce style en Belgique. Roy, étant motivé par le projet, a rejoint l’équipe dès le début et c’est à partir de ce moment qu’on a créé notre premier festival, le Brutality Over Belgium, à Liège.

Les autres membres se sont ajoutés à l’équipe au fur et à mesure car eux aussi organisaient des dates en Belgique et étaient motivés à rejoindre le Brutality Over Belgium.

Quelles sont les valeurs que vous souhaitez défendre ?

Je ne sais pas si on peut parler de valeurs, mais nous avions pour ultime but de faire venir de bons groupes de goregrind, slam death et dérivés en Belgique, et de faire se déplacer les gens pour ce genre de groupes. Dès la première édition, ça a marché, et nous avons donc continué à organiser des dates. Maintenant, les gens sont la plupart du temps présents, et d’autres organisations que la nôtre commencent à organiser de plus en plus de concerts de ce style. Nous en sommes très heureux et notre objectif a été atteint très rapidement.

Quel est votre meilleur et votre pire souvenir au sujet du Brutality Over Belgium ?

Même si faire venir Gutalax et faire un sold out en moins de deux semaines des mois avant l’événement, était sans doute un des meilleurs souvenirs, je ne pense pas qu’il y ait UN meilleur souvenir. Car à chaque fois qu’on fait venir des groupes qu’on adore dans notre région et qu’on voit du monde assister au concert et s’amuser, bouger et applaudir avec entrain, ça nous procure une sensation de bonheur et de satisfaction incroyable. Du moins pour moi (Will), mais je suis sûr que c’est pareil pour les autres, sinon ils ne consacreraient pas autant de temps à organiser des concerts.

A chaque fois que quelqu’un du public vient nous trouver pour nous remercier d’avoir organisé une date, c’est le meilleur souvenir.

Pour le pire, je pense que c’est la fois où quelqu’un s’est ouvert le crâne dans un moshpit et qu’on a dû appeler une ambulance. Mais ce sont des choses qui arrivent et il faut réagir en conséquence.

Quel est LE groupe que vous rêveriez faire jouer lors d’un de vos concerts ?

Pour les autres, je ne sais pas trop, mais pour moi, c’est sans hésiter Gronibard. Je les contacte à chaque édition, et depuis la première édition, mais ils sont très occupés et font très peu de dates. Ils sont malgré tout intéressés donc je ne perds pas espoir.

Quels sont vos objectifs et vos attentes pour l’année à venir ?

Nous aurions aimé une salle plus grosse à Liège mais nous ne parvenons pas à trouver une salle plus grande avec des conditions qui nous conviennent. Nous restons donc au Garage à Liège. La salle est petite mais on s’entend bien avec l’équipe. Nous avons aussi une grosse date qui arrive pour fin de l’été mais nous ne pouvons pas en dire plus pour le moment.

Quelle est la prochaine date de concert prévue ?

Le Brutality Over Belgium – south edition 2020. Elle se déroulera le samedi 21 mars au Garage à Liège. Il y aura aussi une pre-party en Flandre la veille, mais nous ne l’avons pas encore officiellement annoncée.

Un dernier mot pour la route ?

Merci à Metal Overload de nous avoir proposé cette interview, et merci aux lecteurs d’avoir lu ces lignes.

Venez aux concerts, que ce soit les nôtres ou ceux d’autres organisations, et parlez-en autour de vous, car c’est en ayant du public qu’on peut se permettre d’organiser plus de dates et faire venir de plus gros groupes.


Brutality Over Belgium (1) - Interview

Photos par JAN CHRSTN FOTOGRAFIKER.

Logo par Vaizal Rotten Art

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Report Night Fest X - Saor

Suivons les chemins oubliés avec Saor

Lors du Night Fest X, nous avons rencontré et interviewé Andy Marshall, l’homme derrière le groupe Saor. Si vous voulez en savoir plus sur lui, lisez cette interview.

Tout d’abord, comment allez-vous et comment vous sentez-vous à l’idée de jouer ici ce soir?

Je vais bien, merci. Nous avons vraiment hâte de jouer ce soir.

Avez-vous l’impression que Saor convient à l’affiche ce soir? Je veux dire, croyez-vous que cela correspond aux autres groupes du concert de ce soir et pourquoi?

Oui et non. La plupart des autres groupes sont beaucoup plus extrêmes que nous et nous utilisons beaucoup plus d’éléments folkloriques dans notre musique. Nous avons des influences de black metal, mais je ne dirais pas que nous sommes un groupe de black metal.

Quelle est l’histoire de Saor? Comment avez-vous créé ce projet?

J’ai commencé en 2013 parce que je voulais mélanger des éléments folkloriques écossais avec de la musique metal.

Comment décririez-vous le groupe musicalement parlant?

Metal calédonien. Un mélange de metal atmosphérique et d’éléments folk écossais.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour la composition et les paroles ?

Je m’inspire des paysages, de la nature et de l’histoire de l’Ecosse. Je trouve également beaucoup d’inspiration pour les paroles dans la poésie traditionnelle.

Vous présentez votre dernier album « Forgotten Paths ». De quoi s’agit-il?

Les chemins oubliés que nous avons empruntés par le passé.

J’ai lu que Neige de Alcest avait contribué à cet album. En quoi? Comment s’est passée votre collaboration ensemble?

Ça s’est bien passé. Nous sommes de bons amis et travaillons bien ensemble. Ce fut un honneur de l’avoir sur l’album. Il a l’une des meilleures voix en metal.

Vous êtes seul sur la composition (paroles + musique), vous avez des musiciens de session avec vous quand vous en avez besoin. Pourquoi avez-vous choisi de travailler seul et non avec un «groupe complet»?

« Trop de cuisiniers gâtent la sauce ».

Quels sont vos projets pour l’année à venir (2020)?

Jouer plus de spectacles et de festivals et continuer à écrire le prochain album.

Avez-vous quelque chose à dire pour terminer cette interview?

Merci pour votre soutien et nous espérons vous voir l’année prochaine !


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NorthTale

Retour à l'essence du power metal avec NorthTale

À travers cette interview, le chanteur suédois Christian Eriksson (ex-Twilight Force) nous présente le nouveau groupe qu’il a formé avec le guitariste américain Bill Hudson (Trans-Siberian Orchestra, UDO, Savatage, …) : NorthTale. À ce moment-là, le groupe composé de musiciens connus et expérimentés s’apprêtait à sortir son premier album, « Welcome To Paradise », et à jouer sa première scène sous ce nouveau nom. Depuis, tout semble rouler pour eux !

Ma première question est très simple : « Welcome To Paradise » sort dans quelques jours… Alors, comment te sens-tu ?

Je commence à être un peu nerveux. Parce que pendant la période où nous avons lancé le projet et enregistré l’album, je n’ai même pas pensé qu’on le sortirait. Et maintenant, c’est dans une semaine… Je commence à sentir mes nerfs. Mais c’est pas grave. C’est beaucoup d’anticipation de ma part. La seule chose que nous pouvons faire maintenant est d’espérer que les gens l’aimeront !

Mais vous avez déjà eu beaucoup de retours sur votre premier single et ils semblent très positifs.

Oui, il y a beaucoup de positivité ! Bien sûr, nous en sommes très heureux. Nous avons également reçu beaucoup de reviews et la majorité d’entre elles nous donnent dix sur dix ou presque. On ne devrait pas se plaindre, je suppose. (rires)

Apparemment, Bill et toi vous êtes rencontrés lors d’un festival en Suède l’année dernière et c’est ainsi que le projet a commencé. À partir de là, peux-tu résumer la formation du groupe ?

Nous nous sommes rencontrés dans ma ville natale cet été-là, en 2017. Mais c’était juste une discussion, au début Bill voulait que je chante sur son album solo, mais j’ai refusé parce que j’étais trop occupé avec Twilight Force et qu’il était aussi trop occupé avec ses affaires. Et puis, après mon départ de Twilight Force, Bill m’a appelé et Patrick (batterie) aussi, parce que Patrick et moi sommes de la même ville et nous parlions de former un groupe depuis 10 ans, mais cela ne s’est jamais produit. Bill et Patrick m’ont donc appelé et m’ont dit la même chose indépendamment l’un de l’autre. Ils ont dit : quand tu seras de nouveau prêt, on fera ça, faisons-le pour de bon. Au début, j’étais tellement fatigué que je ne voulais plus continuer la musique. Mais j’y ai réfléchi et j’ai pensé que si nous pouvions écrire et enregistrer un album dont nous pouvions être fiers, que si nous avions 14 ans, nous aurions fait dans notre froc si nous l’avions entendu, nous devions le faire. C’était le but pour ce groupe. Nous avons donc décidé de le créer, mais nous avions besoin de membres. J’ai donc fait venir Mikael, le bassiste, et Bill a fait venir Jimmy (claviers) parce que nous les connaissions d’avant. Après ça, on avait besoin d’un nom, parce qu’on n’avait rien trouvé. Alors on s’est dit : essayons d’en faire un concours. Nous avons remarqué que nous avions des fans autour de ce groupe qui n’avait encore rien sorti. Nous avons donc annoncé un concours et nous avons pensé que nous pourrions peut-être recevoir 20 noms, mais nous avons reçu 1500 noms ! C’est à peu près comme ça qu’on a fini en tant que groupe et avec le nom NorthTale.

Comment avez-vous fait pour que votre premier album soit prêt si vite ? Pourriez-vous en résumer le processus de création?

En fait, avant-hier, j’ai reçu le CD du label, j’étais assis sur mon canapé et je l’ai tenu dans ma main et je me suis dit : comment on a réussi à faire ça en un an et demi, putain ? (rires) Mais d’une façon ou d’une autre nous l’avons fait ! Principalement, c’était Bill et moi qui écrivions toutes les chansons et nous nous envoyions le matériel en ligne. Le fait est que nous avons exactement la même vision de ce que nous voulons faire avec la musique. Donc, c’était super facile en fait, même si toutes les chances étaient contre nous puisqu’on vit de part et d’autre de la mer.

C’était une question pour Bill en fait, concernant les parties de guitare, mais tu peux peut-être répondre pour vous deux si tu le sais. Qu’est-ce qui vous a inspirés quand vous avez écrit cet album ?

En fait, j’ai aussi composé de la musique. Bill et moi avons écrit l’album et il y a quelques chansons sur lesquelles j’ai écrit toute la musique et toutes les paroles et quelques chansons sur lesquelles Bill a écrit toute la musique et aussi les paroles. Nous pouvons dire qu’il s’agit d’un travail à 50-50 et c’est ce que nous voulions. Si vous regardez le power metal d’il y a 20 ou 30 ans et si vous pensez au power metal aujourd’hui, notre metal peut être tellement de choses différentes. Mais nous voulions revenir à ce que nous, nous appelons le power metal. Je veux dire, cette époque de l’ancien Helloween, Gamma Ray, Stratovarius, mais aussi d’autres influences comme Judas Priest ou Yngwie Malmsteen. Nous voulions un album que nous voulions entendre, avec des éléments des groupes que nous aimons depuis des années.

Concernant ce que tu viens de dire, est-ce que tu trouves que le power metal est moins riche ou moins intéressant de nos jours ?

Non, pas du tout. Je ne sais pas comment dire ça sans avoir l’air grossier ! (rires) Mais je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de groupes essaient de passer à la vitesse supérieure, de s’habiller en costumes, de mettre des tas de trucs sur scène, ou peu importe, mais de tout faire monter en puissance. Mais à mon avis, le sommet a déjà été atteint et pour nous, je pense que nous voulions juste nous concentrer sur de bonnes chansons et non sur du superflu ou… Nous voulons juste jouer de la musique. Je ne dis pas que les autres groupes ne font pas de la bonne musique. Nous n’essayons pas de réinventer la roue parce que nous savons que cela a déjà été fait, mais nous espérons pouvoir saisir l’essence de ce qu’est NorthTale et créer quelque chose de personnel.

Si tu me permets un commentaire personnel, j’ai été vraiment surprise par l’album parce que je m’attendais à une sorte de cliché de power metal, si tu vois ce que je veux dire. Mais la musique est vraiment riche, les guitares sont vraiment folles et les refrains sont incroyables. Tout est très puissant.

Merci, nous apprécions beaucoup cela. C’est exactement ce que nous voulions faire avec cet album. Et si vous écoutez l’album, vous pouvez entendre que c’est un album très diversifié. Nous prenons beaucoup de directions différentes parce que nous ne voulions pas écrire des chansons comme ça ou comme ça, nous voulions explorer et le ciel était la limite. Parce que si vous écoutez des groupes des années 70, il y a une énorme variété dans les chansons, elles ne suivent pas un certain modèle. Et c’est sur cela que nous voulions nous concentrer.

D’autre part, a-t-il été difficile de convaincre Nuclear Blast de vous signer avec ce nouveau projet ?

Non… (rires) C’était aussi un peu surréaliste, parce qu’au début on avait dit qu’on sortirait l’album par nous-mêmes. Parce que, au départ, nous avons écrit un EP et nous l’avons enregistré. Alors on s’est dit : on va le sortir seuls. Mais nous avons commencé à recevoir des offres de petits labels indépendants qui voulaient nous signer sans même entendre un mot ou une note… Nous avons alors réalisé que nous avions de bonnes relations avec Nuclear Blast. Nous avons donc décidé d’essayer. Mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils nous signent, nous n’étions personne, nous sommes un nouveau groupe et nous n’avons rien sorti. Mais ils se sont montrés super intéressés tout de suite. C’était une expérience vraiment cool ! Ensuite, nous avons dû continuer à travailler sur un album complet. Je ne dis pas que cela n’a pas pris de temps, mais nous n’avons pas eu à nous mettre à genoux pour supplier. On se présentait, on leur demandait s’ils voulaient travailler avec nous et ils ont dit oui. Donc oui, nous avons été surpris et très heureux.

Tu en as parlé un peu tout à l’heure, mais si ça n’a pas été si difficile avec la maison de disques, qu’en est-il du public ? Parce que, comme tu l’as dit, c’est un nouveau groupe. Alors, est-ce difficile de démarrer un tout nouveau groupe, surtout de nos jours, et de se construire une nouvelle fanbase ?

Je ne sais pas, en fait. Comme je l’ai dit plus tôt avec le nom et le concours, nous avons vu que nous avions des followers dès le début. Il y a beaucoup de fans et d’amis de longue date, de Twilight Force, et beaucoup de fans du côté de Bill, d’UDO, du Trans-Siberian Orchestra et aussi de Patrick avec Yngwie Malmsteen. Donc nous les avons réunis en quelque sorte et les gens ont commencé à montrer de l’intérêt à nous voir juste ensemble. Mais c’est super bizarre parce que je ne sais pas comment c’est arrivé. Maintenant le single « Higher » a atteint 60 000 vues sur YouTube ou quelque chose comme ça et c’est de bon augure pour l’album.

Justement, l’album s’appelle « Welcome To Paradise », mais la pochette a l’air un peu sombre et froide, ce qui ne représente pas l’idée que nous nous faisons du paradis, ou du moins pour moi… As-tu un commentaire à faire à ce sujet ?

Ouais, c’est exactement ce qu’on voulait ! Je veux dire, qu’est-ce que le paradis pour toi ? Qu’est-ce que le paradis pour moi ? Nous espérons que les gens y réfléchissent. Parce que mon paradis, j’en suis sûr, n’est pas le même que le tien. Le paradis peut être n’importe quoi. Et ce titre est tiré du morceau d’ouverture de l’album où le paradis représente quelque chose de vraiment mauvais selon moi, parce que cette chanson parle de ce que j’appelle une secte dans laquelle j’ai grandi. Mais pour ceux qui s’y trouvaient et qui la dirigeaient, ils y voyaient un paradis parfait. C’est pourquoi nous voulions appeler l’album « Welcome To Paradise », on remarque tout de suite que ce n’est pas le paradis mais ça pourrait l’être pour certaines personnes.

NorthTale Cover

Donc, quand tu écris des paroles, tu t’inspires toujours d’événements ou d’expériences personnels ?

Ouais, toujours. Les sujets font partie de la vie. Par exemple, « Time To Rise », c’est comme si je chantais pour moi-même quand j’étais enfant parce que j’ai été harcelé à l’école pendant un certain temps. Et le message avec cette chanson est qu’il est temps de se lever, ce ne sera pas toujours comme ça. Il y a un avenir meilleur qui se prépare. « Siren’s Fall » parle de la façon dont je vis les crises d’angoisse, parce que j’en ai depuis que je suis enfant et que je peux les gérer aujourd’hui. Mais je voulais aussi mettre cela en parole parce que je crois que si je chante sur quelque chose qui me tient à cœur, c’est émotionnel, je chante mieux, j’espère. (rires)

C’est vraiment intéressant parce que quand on entend les chansons pour la première fois, on ne fait pas particulièrement attention aux sujets. Je le ferai la prochaine fois que j’écouterai l’album. Mais maintenant, tu sais de quoi parlent les chansons de Bill ?

« If Angels Are Real », par exemple, cette chanson est dédiée à son ami décédé. Ils ont joué ensemble dans Circle II Circle et il lui rend hommage. Il s’agit donc d’expériences de la vie réelle. C’est aussi une chose dont nous voulons nous éloigner, nous ne sommes pas un groupe de fantasy. Je respecte les gars qui font ça, mais on veut essayer d’écrire sur des trucs réels.

Et c’est aussi quelque chose qui ne fait pas passer le groupe pour un cliché, en fait. C’est vraiment intéressant. Maintenant voici une question que la plupart des artistes détestent : as-tu une chanson préférée sur cet album ?

En fait, cela dépend beaucoup de mon humeur du jour. C’est dur, mais les chansons que j’écoute le plus sont « Bring Down The Mountain » et « The Rhythm Of Life ». Toutes les chansons sont personnelles, donc c’est très difficile de choisir une chanson préférée mais pour moi aujourd’hui, ce serait « The Rhythm Of Life ».

Vous allez jouer quelques festivals en août et surtout le Sabaton Open Air. Alors comment avez-vous eu l’opportunité d’y jouer ? J’ai eu une interview avec le bassiste de Sabaton il y a quelques semaines qui disait qu’il est très important pour lui de soutenir de nouveaux groupes pour garder la scène vivante.

Sabaton et moi avons grandi dans la même ville, j’ai même chanté avec Sabaton à l’époque. Nous avons toujours été amis. Ils ont créé quelque chose, Sabaton est un groupe unique, il y a quelque chose de spécial avec eux. Ils ont créé un grand festival et ils ont toujours voulu travailler avec des produits locaux, de la nourriture locale aux groupes locaux. C’est formidable pour nous qu’ils croient en nous et qu’ils aient voulu nous accueillir pour notre première mondiale.

Alors, comment vous préparez-vous pour ce premier show ?

Tout d’abord, ça commence à devenir réel : on va vraiment jouer ce premier concert ! Nous étions dans cette bulle où on se disait que nous allions jouer en live plus tard… Et là, c’est déjà dans trois semaines ! (rires) Maintenant, nous devons commencer à répéter pour de bon, tout le monde répète à la maison pour l’instant, puis nous nous retrouverons une semaine avant le festival pour quelques répétitions de production. Et j’espère qu’on ne sera pas merdiques ! (rires)

Au fait, penses-tu qu’on peut vous qualifier de super groupe ?

Non ! (rires) Je sais que nous avons été étiquetés comme un super groupe. Mais le fait est que nous ne nous sommes jamais définis comme super groupe et nous ne le ferons jamais. Mais qu’est-ce qu’un super groupe ? On est juste cinq gars qui aiment la même musique et qui travaillent ensemble.

Donc, après quelques festivals que vous allez jouer le mois prochain. Avez-vous déjà des projets de tournée après la saison ?

Oui, on y travaille. Je peux dire que nous avons une agence de booking qui veut travailler avec nous, mais je ne peux pas mentionner les noms pour le moment. Mais les choses s’annoncent bien !

J’en ai maintenant terminé avec mes questions, alors je te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

La seule chose que je peux dire, c’est que j’espère vraiment que vous allez aimer l’album. Et j’espère vous voir bientôt ! Notre travail est terminé. Maintenant, nous ne pouvons qu’espérer. Je ne vais pas dire « si vous nous aimez faites ceci ou cela blablabla… » Jetez-y juste une oreille si ça vous dit de le faire !


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L’Œuvre au Noir, une artiste envoûtante

Depuis quelque temps, je suis la page de l’illustratrice L’Œuvre au Noir sur Facebook. Vu que son style a un lien avec l’art noir et qu’elle a déjà réalisé des artworks pour des groupes de metal, j’ai choisi de mettre cette illustratrice belge à l’honneur. Talentueuse, sympathique et humble sont pour moi les trois mots qui caractérisent Natacha. Je vous invite à vous rendre sur sa page et à découvrir son univers envoûtant.

Tout d’abord, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Natacha, j’ai 30 ans. Damrémoise de naissance, je vis actuellement du côté de Ciney. J’ai suivi des études en publicité, agencement de l’espace, web design et web développement. J’aime les longues balades en forêt, observer les oiseaux, le vin rouge, la phytothérapie, les fêtes de famille, mon chat, l’orage, les fous rires, la folie…

L’Œuvre au Noir, qu’est-ce que c’est ? Comment t’es venue l’idée de créer ce projet ?

J’ai créé ce projet un peu par hasard… Début 2018, j’ai ressenti l’envie de me remettre au dessin. J’ai créé une page Facebook dans la foulée, sans objectif particulier, et ai reçu très rapidement une première demande de la part d’un groupe pour un design de t-shirt.

Le nom “L’ Œuvre au Noir” correspond, en alchimie, à la première étape du Grand Œuvre (celui-ci a pour but la réalisation de la Pierre Philosophale). Cette étape renvoie à la mort, la putréfaction, la dissolution. D’un point de vue psychologique, il s’agit d’un épisode inconfortable de prise de conscience de nos souffrances profondes, d’un lent processus de déconstruction de notre nature première, animale et chaotique.

Qu’est-ce qui t’inspire dans tes créations ?

J’ai toujours été attirée par les gravures que je trouvais dans les anciens traités d’alchimie, comme ceux de Basile Valentin ou Johann Daniel Mylius. Le symbolisme derrière chaque élément dessiné m’intéresse vraiment beaucoup.

De manière générale, l’hermétisme et tout ce qui touche de près ou de loin aux sciences occultes est source d’inspiration pour moi.

D’un autre côté, je suis aussi avec grand intérêt le travail de nombreux artistes comme Adrian Baxter, David S. Herrerías ou encore Artem Grigoryev.

Tu as créé des visuels pour le groupe de death metal belge Exuviated. Est-ce que tu aimerais t’orienter vers l’illustration musicale ?

En effet, le milieu musical, et en particulier celui du metal, est un terrain plutôt propice et assez ouvert à ce type d’illustration et de thématique. Continuer dans ce sens et recevoir de nouvelles commandes de groupes, quels qu’ils soient, serait pour moi un réel plaisir.

Comment fait-on pour te contacter si on a envie de faire appel à toi pour créer des artworks pour un groupe ?

On peut me contacter par e-mail ou via les différents réseaux sociaux, tous les liens nécessaires se trouvent sur www.loeuvreaunoir.be.

Quels autres types de créations/services proposes-tu mis à part les visuels pour les groupes ?

Je suis ouverte à toutes les demandes possibles et imaginables, tant que celles-ci ne s’éloignent pas trop de mon esthétique et que je me sente capable de réaliser le projet jusqu’au bout.

Quelle est ta création préférée et pourquoi ?

Ma création préférée est ma toute première commande de design de t-shirt de la part d’un groupe, Oldd Wvrms. Premièrement car je ne m’attendais pas du tout à recevoir une demande après avoir posté seulement trois dessins sur ma page Facebook et, deuxièmement, car ils m’ont laissé carte blanche sur le visuel, en m’imposant simplement le thème général, qui était par ailleurs loin de me déplaire.

Malheureusement, le groupe s’est séparé avant d’avoir pu sortir ce t-shirt. Un des membres m’a cependant demandé de garder l’illustration au chaud pour un, peut-être, futur projet musical… Je ne peux donc pas encore dévoiler le dessin en entier.

Natacha nous a tout de même fourni un petit aperçu du design qu’elle mentionne ci-avant.

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Y a-t-il un groupe pour lequel tu rêverais de faire de l’illustration ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Le premier groupe qui me vient directement en tête est Der Weg Einer Freiheit. Pour l’émotion que je ressens dès leurs premières notes, pour les passages tantôt explosifs, tantôt mélancoliques qui s’enchaînent de façon remarquable. Leur musique m’hypnotise.

As-tu des attentes ou des objectifs que tu souhaiterais atteindre durant l’année à venir ?

Je n’ai pas d’objectif à atteindre à proprement parler, mais je souhaiterais sincèrement que quelques-unes des différentes demandes reçues ces dernières semaines se concrétisent et débouchent sur de fructueuses collaborations.

J’ai également dans l’idée de sortir, à intervalles plus ou moins réguliers et si les gens y sont réceptifs, des articles aux couleurs de L’Œuvre au Noir. La série de trois marque-pages illustrant les étapes du Grand Œuvre en était l’amorçage.

En dehors de l’Œuvre au Noir, as-tu d’autres projets artistiques ? Si oui, lesquels ?

Oui, j’ai deux autres projets avec mon compagnon, Jean-Philippe.

Depuis quelques années, actifs dans le milieu metal sous le nom “Threadbare Artwork”, nous proposons d’autres types de visuels, la réalisation de logos, sites web, ainsi que l’impression sur toute une série de supports (t-shirts, backdrops, etc).

Notre second studio de graphisme se nomme “TagoraSign”. Au sein de celui-ci, nous offrons des services plus “corporate” pour les entreprises et petits indépendants (création d’identités visuelles complètes, sites web, cartes de visite, etc).

Je fais aussi un peu de photo à l’occasion, sous le pseudo “La Jusquiame Noire” (cela en totale amatrice).

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je ne peux rester insensible aux marques d’intérêt. J’aimerais pour cela remercier toutes les personnes qui m’ont témoigné leur soutien, encouragement et confiance, de quelque manière que ce soit. J’en suis profondément reconnaissante.

Pour les plus curieux, je peux déjà vous annoncer la sortie de tote bags L’Œuvre au Noir en pur coton bio pour les fêtes de fin d’année.


Photos par l’Œuvre au Noir.

Vous voulez découvrir le travail de Natacha plus en détails ? Suivez les liens ci-dessous.