Report Night Fest X - Saor

Suivons les chemins oubliés avec Saor

Lors du Night Fest X, nous avons rencontré et interviewé Andy Marshall, l’homme derrière le groupe Saor. Si vous voulez en savoir plus sur lui, lisez cette interview.

Tout d’abord, comment allez-vous et comment vous sentez-vous à l’idée de jouer ici ce soir?

Je vais bien, merci. Nous avons vraiment hâte de jouer ce soir.

Avez-vous l’impression que Saor convient à l’affiche ce soir? Je veux dire, croyez-vous que cela correspond aux autres groupes du concert de ce soir et pourquoi?

Oui et non. La plupart des autres groupes sont beaucoup plus extrêmes que nous et nous utilisons beaucoup plus d’éléments folkloriques dans notre musique. Nous avons des influences de black metal, mais je ne dirais pas que nous sommes un groupe de black metal.

Quelle est l’histoire de Saor? Comment avez-vous créé ce projet?

J’ai commencé en 2013 parce que je voulais mélanger des éléments folkloriques écossais avec de la musique metal.

Comment décririez-vous le groupe musicalement parlant?

Metal calédonien. Un mélange de metal atmosphérique et d’éléments folk écossais.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour la composition et les paroles ?

Je m’inspire des paysages, de la nature et de l’histoire de l’Ecosse. Je trouve également beaucoup d’inspiration pour les paroles dans la poésie traditionnelle.

Vous présentez votre dernier album « Forgotten Paths ». De quoi s’agit-il?

Les chemins oubliés que nous avons empruntés par le passé.

J’ai lu que Neige de Alcest avait contribué à cet album. En quoi? Comment s’est passée votre collaboration ensemble?

Ça s’est bien passé. Nous sommes de bons amis et travaillons bien ensemble. Ce fut un honneur de l’avoir sur l’album. Il a l’une des meilleures voix en metal.

Vous êtes seul sur la composition (paroles + musique), vous avez des musiciens de session avec vous quand vous en avez besoin. Pourquoi avez-vous choisi de travailler seul et non avec un «groupe complet»?

« Trop de cuisiniers gâtent la sauce ».

Quels sont vos projets pour l’année à venir (2020)?

Jouer plus de spectacles et de festivals et continuer à écrire le prochain album.

Avez-vous quelque chose à dire pour terminer cette interview?

Merci pour votre soutien et nous espérons vous voir l’année prochaine !


Photo de LauPi Photo

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NorthTale

Retour à l'essence du power metal avec NorthTale

À travers cette interview, le chanteur suédois Christian Eriksson (ex-Twilight Force) nous présente le nouveau groupe qu’il a formé avec le guitariste américain Bill Hudson (Trans-Siberian Orchestra, UDO, Savatage, …) : NorthTale. À ce moment-là, le groupe composé de musiciens connus et expérimentés s’apprêtait à sortir son premier album, « Welcome To Paradise », et à jouer sa première scène sous ce nouveau nom. Depuis, tout semble rouler pour eux !

Ma première question est très simple : « Welcome To Paradise » sort dans quelques jours… Alors, comment te sens-tu ?

Je commence à être un peu nerveux. Parce que pendant la période où nous avons lancé le projet et enregistré l’album, je n’ai même pas pensé qu’on le sortirait. Et maintenant, c’est dans une semaine… Je commence à sentir mes nerfs. Mais c’est pas grave. C’est beaucoup d’anticipation de ma part. La seule chose que nous pouvons faire maintenant est d’espérer que les gens l’aimeront !

Mais vous avez déjà eu beaucoup de retours sur votre premier single et ils semblent très positifs.

Oui, il y a beaucoup de positivité ! Bien sûr, nous en sommes très heureux. Nous avons également reçu beaucoup de reviews et la majorité d’entre elles nous donnent dix sur dix ou presque. On ne devrait pas se plaindre, je suppose. (rires)

Apparemment, Bill et toi vous êtes rencontrés lors d’un festival en Suède l’année dernière et c’est ainsi que le projet a commencé. À partir de là, peux-tu résumer la formation du groupe ?

Nous nous sommes rencontrés dans ma ville natale cet été-là, en 2017. Mais c’était juste une discussion, au début Bill voulait que je chante sur son album solo, mais j’ai refusé parce que j’étais trop occupé avec Twilight Force et qu’il était aussi trop occupé avec ses affaires. Et puis, après mon départ de Twilight Force, Bill m’a appelé et Patrick (batterie) aussi, parce que Patrick et moi sommes de la même ville et nous parlions de former un groupe depuis 10 ans, mais cela ne s’est jamais produit. Bill et Patrick m’ont donc appelé et m’ont dit la même chose indépendamment l’un de l’autre. Ils ont dit : quand tu seras de nouveau prêt, on fera ça, faisons-le pour de bon. Au début, j’étais tellement fatigué que je ne voulais plus continuer la musique. Mais j’y ai réfléchi et j’ai pensé que si nous pouvions écrire et enregistrer un album dont nous pouvions être fiers, que si nous avions 14 ans, nous aurions fait dans notre froc si nous l’avions entendu, nous devions le faire. C’était le but pour ce groupe. Nous avons donc décidé de le créer, mais nous avions besoin de membres. J’ai donc fait venir Mikael, le bassiste, et Bill a fait venir Jimmy (claviers) parce que nous les connaissions d’avant. Après ça, on avait besoin d’un nom, parce qu’on n’avait rien trouvé. Alors on s’est dit : essayons d’en faire un concours. Nous avons remarqué que nous avions des fans autour de ce groupe qui n’avait encore rien sorti. Nous avons donc annoncé un concours et nous avons pensé que nous pourrions peut-être recevoir 20 noms, mais nous avons reçu 1500 noms ! C’est à peu près comme ça qu’on a fini en tant que groupe et avec le nom NorthTale.

Comment avez-vous fait pour que votre premier album soit prêt si vite ? Pourriez-vous en résumer le processus de création?

En fait, avant-hier, j’ai reçu le CD du label, j’étais assis sur mon canapé et je l’ai tenu dans ma main et je me suis dit : comment on a réussi à faire ça en un an et demi, putain ? (rires) Mais d’une façon ou d’une autre nous l’avons fait ! Principalement, c’était Bill et moi qui écrivions toutes les chansons et nous nous envoyions le matériel en ligne. Le fait est que nous avons exactement la même vision de ce que nous voulons faire avec la musique. Donc, c’était super facile en fait, même si toutes les chances étaient contre nous puisqu’on vit de part et d’autre de la mer.

C’était une question pour Bill en fait, concernant les parties de guitare, mais tu peux peut-être répondre pour vous deux si tu le sais. Qu’est-ce qui vous a inspirés quand vous avez écrit cet album ?

En fait, j’ai aussi composé de la musique. Bill et moi avons écrit l’album et il y a quelques chansons sur lesquelles j’ai écrit toute la musique et toutes les paroles et quelques chansons sur lesquelles Bill a écrit toute la musique et aussi les paroles. Nous pouvons dire qu’il s’agit d’un travail à 50-50 et c’est ce que nous voulions. Si vous regardez le power metal d’il y a 20 ou 30 ans et si vous pensez au power metal aujourd’hui, notre metal peut être tellement de choses différentes. Mais nous voulions revenir à ce que nous, nous appelons le power metal. Je veux dire, cette époque de l’ancien Helloween, Gamma Ray, Stratovarius, mais aussi d’autres influences comme Judas Priest ou Yngwie Malmsteen. Nous voulions un album que nous voulions entendre, avec des éléments des groupes que nous aimons depuis des années.

Concernant ce que tu viens de dire, est-ce que tu trouves que le power metal est moins riche ou moins intéressant de nos jours ?

Non, pas du tout. Je ne sais pas comment dire ça sans avoir l’air grossier ! (rires) Mais je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de groupes essaient de passer à la vitesse supérieure, de s’habiller en costumes, de mettre des tas de trucs sur scène, ou peu importe, mais de tout faire monter en puissance. Mais à mon avis, le sommet a déjà été atteint et pour nous, je pense que nous voulions juste nous concentrer sur de bonnes chansons et non sur du superflu ou… Nous voulons juste jouer de la musique. Je ne dis pas que les autres groupes ne font pas de la bonne musique. Nous n’essayons pas de réinventer la roue parce que nous savons que cela a déjà été fait, mais nous espérons pouvoir saisir l’essence de ce qu’est NorthTale et créer quelque chose de personnel.

Si tu me permets un commentaire personnel, j’ai été vraiment surprise par l’album parce que je m’attendais à une sorte de cliché de power metal, si tu vois ce que je veux dire. Mais la musique est vraiment riche, les guitares sont vraiment folles et les refrains sont incroyables. Tout est très puissant.

Merci, nous apprécions beaucoup cela. C’est exactement ce que nous voulions faire avec cet album. Et si vous écoutez l’album, vous pouvez entendre que c’est un album très diversifié. Nous prenons beaucoup de directions différentes parce que nous ne voulions pas écrire des chansons comme ça ou comme ça, nous voulions explorer et le ciel était la limite. Parce que si vous écoutez des groupes des années 70, il y a une énorme variété dans les chansons, elles ne suivent pas un certain modèle. Et c’est sur cela que nous voulions nous concentrer.

D’autre part, a-t-il été difficile de convaincre Nuclear Blast de vous signer avec ce nouveau projet ?

Non… (rires) C’était aussi un peu surréaliste, parce qu’au début on avait dit qu’on sortirait l’album par nous-mêmes. Parce que, au départ, nous avons écrit un EP et nous l’avons enregistré. Alors on s’est dit : on va le sortir seuls. Mais nous avons commencé à recevoir des offres de petits labels indépendants qui voulaient nous signer sans même entendre un mot ou une note… Nous avons alors réalisé que nous avions de bonnes relations avec Nuclear Blast. Nous avons donc décidé d’essayer. Mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils nous signent, nous n’étions personne, nous sommes un nouveau groupe et nous n’avons rien sorti. Mais ils se sont montrés super intéressés tout de suite. C’était une expérience vraiment cool ! Ensuite, nous avons dû continuer à travailler sur un album complet. Je ne dis pas que cela n’a pas pris de temps, mais nous n’avons pas eu à nous mettre à genoux pour supplier. On se présentait, on leur demandait s’ils voulaient travailler avec nous et ils ont dit oui. Donc oui, nous avons été surpris et très heureux.

Tu en as parlé un peu tout à l’heure, mais si ça n’a pas été si difficile avec la maison de disques, qu’en est-il du public ? Parce que, comme tu l’as dit, c’est un nouveau groupe. Alors, est-ce difficile de démarrer un tout nouveau groupe, surtout de nos jours, et de se construire une nouvelle fanbase ?

Je ne sais pas, en fait. Comme je l’ai dit plus tôt avec le nom et le concours, nous avons vu que nous avions des followers dès le début. Il y a beaucoup de fans et d’amis de longue date, de Twilight Force, et beaucoup de fans du côté de Bill, d’UDO, du Trans-Siberian Orchestra et aussi de Patrick avec Yngwie Malmsteen. Donc nous les avons réunis en quelque sorte et les gens ont commencé à montrer de l’intérêt à nous voir juste ensemble. Mais c’est super bizarre parce que je ne sais pas comment c’est arrivé. Maintenant le single « Higher » a atteint 60 000 vues sur YouTube ou quelque chose comme ça et c’est de bon augure pour l’album.

Justement, l’album s’appelle « Welcome To Paradise », mais la pochette a l’air un peu sombre et froide, ce qui ne représente pas l’idée que nous nous faisons du paradis, ou du moins pour moi… As-tu un commentaire à faire à ce sujet ?

Ouais, c’est exactement ce qu’on voulait ! Je veux dire, qu’est-ce que le paradis pour toi ? Qu’est-ce que le paradis pour moi ? Nous espérons que les gens y réfléchissent. Parce que mon paradis, j’en suis sûr, n’est pas le même que le tien. Le paradis peut être n’importe quoi. Et ce titre est tiré du morceau d’ouverture de l’album où le paradis représente quelque chose de vraiment mauvais selon moi, parce que cette chanson parle de ce que j’appelle une secte dans laquelle j’ai grandi. Mais pour ceux qui s’y trouvaient et qui la dirigeaient, ils y voyaient un paradis parfait. C’est pourquoi nous voulions appeler l’album « Welcome To Paradise », on remarque tout de suite que ce n’est pas le paradis mais ça pourrait l’être pour certaines personnes.

NorthTale Cover

Donc, quand tu écris des paroles, tu t’inspires toujours d’événements ou d’expériences personnels ?

Ouais, toujours. Les sujets font partie de la vie. Par exemple, « Time To Rise », c’est comme si je chantais pour moi-même quand j’étais enfant parce que j’ai été harcelé à l’école pendant un certain temps. Et le message avec cette chanson est qu’il est temps de se lever, ce ne sera pas toujours comme ça. Il y a un avenir meilleur qui se prépare. « Siren’s Fall » parle de la façon dont je vis les crises d’angoisse, parce que j’en ai depuis que je suis enfant et que je peux les gérer aujourd’hui. Mais je voulais aussi mettre cela en parole parce que je crois que si je chante sur quelque chose qui me tient à cœur, c’est émotionnel, je chante mieux, j’espère. (rires)

C’est vraiment intéressant parce que quand on entend les chansons pour la première fois, on ne fait pas particulièrement attention aux sujets. Je le ferai la prochaine fois que j’écouterai l’album. Mais maintenant, tu sais de quoi parlent les chansons de Bill ?

« If Angels Are Real », par exemple, cette chanson est dédiée à son ami décédé. Ils ont joué ensemble dans Circle II Circle et il lui rend hommage. Il s’agit donc d’expériences de la vie réelle. C’est aussi une chose dont nous voulons nous éloigner, nous ne sommes pas un groupe de fantasy. Je respecte les gars qui font ça, mais on veut essayer d’écrire sur des trucs réels.

Et c’est aussi quelque chose qui ne fait pas passer le groupe pour un cliché, en fait. C’est vraiment intéressant. Maintenant voici une question que la plupart des artistes détestent : as-tu une chanson préférée sur cet album ?

En fait, cela dépend beaucoup de mon humeur du jour. C’est dur, mais les chansons que j’écoute le plus sont « Bring Down The Mountain » et « The Rhythm Of Life ». Toutes les chansons sont personnelles, donc c’est très difficile de choisir une chanson préférée mais pour moi aujourd’hui, ce serait « The Rhythm Of Life ».

Vous allez jouer quelques festivals en août et surtout le Sabaton Open Air. Alors comment avez-vous eu l’opportunité d’y jouer ? J’ai eu une interview avec le bassiste de Sabaton il y a quelques semaines qui disait qu’il est très important pour lui de soutenir de nouveaux groupes pour garder la scène vivante.

Sabaton et moi avons grandi dans la même ville, j’ai même chanté avec Sabaton à l’époque. Nous avons toujours été amis. Ils ont créé quelque chose, Sabaton est un groupe unique, il y a quelque chose de spécial avec eux. Ils ont créé un grand festival et ils ont toujours voulu travailler avec des produits locaux, de la nourriture locale aux groupes locaux. C’est formidable pour nous qu’ils croient en nous et qu’ils aient voulu nous accueillir pour notre première mondiale.

Alors, comment vous préparez-vous pour ce premier show ?

Tout d’abord, ça commence à devenir réel : on va vraiment jouer ce premier concert ! Nous étions dans cette bulle où on se disait que nous allions jouer en live plus tard… Et là, c’est déjà dans trois semaines ! (rires) Maintenant, nous devons commencer à répéter pour de bon, tout le monde répète à la maison pour l’instant, puis nous nous retrouverons une semaine avant le festival pour quelques répétitions de production. Et j’espère qu’on ne sera pas merdiques ! (rires)

Au fait, penses-tu qu’on peut vous qualifier de super groupe ?

Non ! (rires) Je sais que nous avons été étiquetés comme un super groupe. Mais le fait est que nous ne nous sommes jamais définis comme super groupe et nous ne le ferons jamais. Mais qu’est-ce qu’un super groupe ? On est juste cinq gars qui aiment la même musique et qui travaillent ensemble.

Donc, après quelques festivals que vous allez jouer le mois prochain. Avez-vous déjà des projets de tournée après la saison ?

Oui, on y travaille. Je peux dire que nous avons une agence de booking qui veut travailler avec nous, mais je ne peux pas mentionner les noms pour le moment. Mais les choses s’annoncent bien !

J’en ai maintenant terminé avec mes questions, alors je te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

La seule chose que je peux dire, c’est que j’espère vraiment que vous allez aimer l’album. Et j’espère vous voir bientôt ! Notre travail est terminé. Maintenant, nous ne pouvons qu’espérer. Je ne vais pas dire « si vous nous aimez faites ceci ou cela blablabla… » Jetez-y juste une oreille si ça vous dit de le faire !


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L’Œuvre au Noir, une artiste envoûtante

Depuis quelque temps, je suis la page de l’illustratrice L’Œuvre au Noir sur Facebook. Vu que son style a un lien avec l’art noir et qu’elle a déjà réalisé des artworks pour des groupes de metal, j’ai choisi de mettre cette illustratrice belge à l’honneur. Talentueuse, sympathique et humble sont pour moi les trois mots qui caractérisent Natacha. Je vous invite à vous rendre sur sa page et à découvrir son univers envoûtant.

Tout d’abord, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Natacha, j’ai 30 ans. Damrémoise de naissance, je vis actuellement du côté de Ciney. J’ai suivi des études en publicité, agencement de l’espace, web design et web développement. J’aime les longues balades en forêt, observer les oiseaux, le vin rouge, la phytothérapie, les fêtes de famille, mon chat, l’orage, les fous rires, la folie…

L’Œuvre au Noir, qu’est-ce que c’est ? Comment t’es venue l’idée de créer ce projet ?

J’ai créé ce projet un peu par hasard… Début 2018, j’ai ressenti l’envie de me remettre au dessin. J’ai créé une page Facebook dans la foulée, sans objectif particulier, et ai reçu très rapidement une première demande de la part d’un groupe pour un design de t-shirt.

Le nom “L’ Œuvre au Noir” correspond, en alchimie, à la première étape du Grand Œuvre (celui-ci a pour but la réalisation de la Pierre Philosophale). Cette étape renvoie à la mort, la putréfaction, la dissolution. D’un point de vue psychologique, il s’agit d’un épisode inconfortable de prise de conscience de nos souffrances profondes, d’un lent processus de déconstruction de notre nature première, animale et chaotique.

Qu’est-ce qui t’inspire dans tes créations ?

J’ai toujours été attirée par les gravures que je trouvais dans les anciens traités d’alchimie, comme ceux de Basile Valentin ou Johann Daniel Mylius. Le symbolisme derrière chaque élément dessiné m’intéresse vraiment beaucoup.

De manière générale, l’hermétisme et tout ce qui touche de près ou de loin aux sciences occultes est source d’inspiration pour moi.

D’un autre côté, je suis aussi avec grand intérêt le travail de nombreux artistes comme Adrian Baxter, David S. Herrerías ou encore Artem Grigoryev.

Tu as créé des visuels pour le groupe de death metal belge Exuviated. Est-ce que tu aimerais t’orienter vers l’illustration musicale ?

En effet, le milieu musical, et en particulier celui du metal, est un terrain plutôt propice et assez ouvert à ce type d’illustration et de thématique. Continuer dans ce sens et recevoir de nouvelles commandes de groupes, quels qu’ils soient, serait pour moi un réel plaisir.

Comment fait-on pour te contacter si on a envie de faire appel à toi pour créer des artworks pour un groupe ?

On peut me contacter par e-mail ou via les différents réseaux sociaux, tous les liens nécessaires se trouvent sur www.loeuvreaunoir.be.

Quels autres types de créations/services proposes-tu mis à part les visuels pour les groupes ?

Je suis ouverte à toutes les demandes possibles et imaginables, tant que celles-ci ne s’éloignent pas trop de mon esthétique et que je me sente capable de réaliser le projet jusqu’au bout.

Quelle est ta création préférée et pourquoi ?

Ma création préférée est ma toute première commande de design de t-shirt de la part d’un groupe, Oldd Wvrms. Premièrement car je ne m’attendais pas du tout à recevoir une demande après avoir posté seulement trois dessins sur ma page Facebook et, deuxièmement, car ils m’ont laissé carte blanche sur le visuel, en m’imposant simplement le thème général, qui était par ailleurs loin de me déplaire.

Malheureusement, le groupe s’est séparé avant d’avoir pu sortir ce t-shirt. Un des membres m’a cependant demandé de garder l’illustration au chaud pour un, peut-être, futur projet musical… Je ne peux donc pas encore dévoiler le dessin en entier.

Natacha nous a tout de même fourni un petit aperçu du design qu’elle mentionne ci-avant.

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Y a-t-il un groupe pour lequel tu rêverais de faire de l’illustration ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Le premier groupe qui me vient directement en tête est Der Weg Einer Freiheit. Pour l’émotion que je ressens dès leurs premières notes, pour les passages tantôt explosifs, tantôt mélancoliques qui s’enchaînent de façon remarquable. Leur musique m’hypnotise.

As-tu des attentes ou des objectifs que tu souhaiterais atteindre durant l’année à venir ?

Je n’ai pas d’objectif à atteindre à proprement parler, mais je souhaiterais sincèrement que quelques-unes des différentes demandes reçues ces dernières semaines se concrétisent et débouchent sur de fructueuses collaborations.

J’ai également dans l’idée de sortir, à intervalles plus ou moins réguliers et si les gens y sont réceptifs, des articles aux couleurs de L’Œuvre au Noir. La série de trois marque-pages illustrant les étapes du Grand Œuvre en était l’amorçage.

En dehors de l’Œuvre au Noir, as-tu d’autres projets artistiques ? Si oui, lesquels ?

Oui, j’ai deux autres projets avec mon compagnon, Jean-Philippe.

Depuis quelques années, actifs dans le milieu metal sous le nom “Threadbare Artwork”, nous proposons d’autres types de visuels, la réalisation de logos, sites web, ainsi que l’impression sur toute une série de supports (t-shirts, backdrops, etc).

Notre second studio de graphisme se nomme “TagoraSign”. Au sein de celui-ci, nous offrons des services plus “corporate” pour les entreprises et petits indépendants (création d’identités visuelles complètes, sites web, cartes de visite, etc).

Je fais aussi un peu de photo à l’occasion, sous le pseudo “La Jusquiame Noire” (cela en totale amatrice).

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je ne peux rester insensible aux marques d’intérêt. J’aimerais pour cela remercier toutes les personnes qui m’ont témoigné leur soutien, encouragement et confiance, de quelque manière que ce soit. J’en suis profondément reconnaissante.

Pour les plus curieux, je peux déjà vous annoncer la sortie de tote bags L’Œuvre au Noir en pur coton bio pour les fêtes de fin d’année.


Photos par l’Œuvre au Noir.

Vous voulez découvrir le travail de Natacha plus en détails ? Suivez les liens ci-dessous.


The Agonist

« Tout va bien se passer à la fin de la journée » : une interview avec Vicky Psarakis de The Agonist à propos d’« Orphans »

Le mois dernier, les Canadiens de The Agonist ont sorti leur sixième album studio, « Orphans », via Napalm Records. C’était l’occasion pour nous de discuter de cet opus avec leur chanteuse américaine Vicky Psarakis. Le groupe vient juste de terminer quelques release shows et se prépare maintenant à partir en tournée européenne avec leurs comparses de Jinjer.

« Orphans » est sorti depuis quelques jours maintenant, comment te sens-tu ? Quels en sont les feedbacks jusqu’à présent ? Aussi, vous venez juste de finir quelques concerts de release, alors comment c’était ?

C’était fantastique, en fait ! C’est probablement la première fois que je suis aussi excitée pour un album et après sa sortie. Les retours ont été vraiment très positifs et ce que j’ai lors des release shows, c’est que nous avons joué de nouvelles chansons et le public connaissait déjà les paroles. La foule chantait en choeur, ce qui était fou à voir parce que je ne pense pas que ça m’était jamais arrivé auparavant. Alors oui, tout a été très positif jusqu’à présent, c’est super !

C’est génial ! Avez-vous des attentes particulières avec cette nouvelle sortie ?

J’espère le meilleur, évidemment. Chaque fois qu’un groupe sort un nouvel album, il y a toujours cette anticipation de voir comment les fans et les auditeurs en général vont le recevoir. Et il semble que c’est le meilleur feeback que nous ayons jamais eu. Beaucoup de gens disent que c’est notre meilleur album. Donc, nos attentes sont de plus en plus grandes à cause de cela. Maintenant, nous espérons tourner autant que possible et visiter des endroits que nous n’avons jamais visités auparavant, peut-être et… Ouais, nous espérons vraiment le meilleur !

Plus à propos de l’album maintenant. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai entendu « In Vertigo » c’était : OMG ça me rappelle les débuts de The Agonist, pour ainsi dire ! Et j’étais vraiment excitée à cette idée. Tu en penses quoi ? Etait-ce un choix délibéré de revenir aux racines du groupe ou c’est arrivé comme ça, pendant le processus de création ?

Je pense que c’était une combinaison des deux. Je pense que tout le monde dans le groupe a eu le sentiment que pour cet album, nous devions rester fidèles à nous-mêmes et faire ce qui nous semble naturel. Et c’est ce que je pense, comme tu l’as mentionné, qu’il y a des éléments d’anciens albums, peut-être mélangés à quelques nouveaux éléments aussi. Et je pense que c’est un son très mature pour ce groupe. C’est la direction qui nous convient et vers laquelle nous devrions nous diriger à partir de maintenant. Et pour moi, c’était vraiment un défi parce que les chansons étaient plus lourdes et plus rapides que tout ce que j’avais fait au chant jusqu’à présent. Mais c’était aussi très gratifiant. Je veux dire, quand je terminais une chanson et que je l’écoutais, je me sentais vraiment très bien, très fortement positive. Donc, je pense que c’est un bon sentiment à avoir. Tu sais, quand tu as fini quelque chose et que tu te sens à l’aise et heureuse avec ça.

Oui, je pense que c’est vraiment plus violent que les albums précédents ! Tu viens de parler de ton chant, alors parlons-en davantage. Je suis vraiment très impressionnée et j’ai l’impression que tu fais de plus en plus de choses avec ta voix et je pense surtout aux growls profonds et démoniaques que tu fais parfois, ils sont énormes ! Mais comment as-tu travaillé sur ces nouvelles compétences ? Tu as travaillé avec quelqu’un ?

Non, je suis complètement autodidacte. Je pense que c’est juste que j’ai toujours été très curieuse en tant que chanteuse de connaître les différentes techniques vocales, tant pour chanter que pour crier. Et je pense qu’après de nombreuses années à chanter et à comprendre exactement ce que je fais, j’ai décidé de me concentrer davantage sur mes cris ces dernières années. J’ai observé d’autres chanteurs de metal que j’admire et dont j’adore les compétences, leur façon de crier etc. J’ai ensuite essayé de comprendre comment ils s’y prennent et, comme tout, je pense qu’il est important d’essayer des choses et d’expérimenter. Il faut aussi se rendre compte que ça ne va pas toujours bien sonner au début, il faut y travailler. Et c’est essentiellement ce que j’ai fait. Je pense qu’une combinaison de cette mentalité que j’ai avec le chant et l’écriture de ces chansons-là spécifiquement, ont permis ça. J’ai senti que la musique me poussait à le faire, comme si c’était évident. Je devais le faire, je l’ai fait ! Ça convenait vraiment à l’ambiance d’ici.

Ok, c’est vraiment impressionnant ! On a parlé que des growls, mais tu chantes aussi des parties plus lyriques, si tu vois ce que je veux dire. Tu as aussi travaillé ces parties seules ?

Oui ! Tout ce que j’ai fait est autodidacte ! J’ai l’impression que chanter et crier, c’est un peu comme être actrice, mais avec la voix, tu sais, ton oreille doit capter certaines choses et ensuite tu dois trouver comment les transmettre avec ta propre voix. Et je pense que j’ai toujours eu cette curiosité et que j’aime énormément de genres musicaux différents, donc, bien sûr, j’ai toujours envie de le faire moi-même. Et je pense que cet album était un très bon album pour montrer cette diversité vocale.

Parlons maintenant du processus de création de l’album. Vous avez beaucoup tourné entre la sortie de « Five » et celle-ci, alors comment avez-vous travaillé sur ce nouvel album ? Combien de temps cela a-t-il pris ?

Je ne sais pas pour la musique, parce que de la façon dont on travaille, c’est Danny qui fait la plupart des instrumentaux. Il les écrit à la maison et nous les envoie ensuite. Donc, il m’envoyait constamment des chansons, mais je n’ai vraiment commencé à travailler dessus qu’une fois que j’ai eu neuf ou dix chansons. Là, je me suis dit qu’il était temps de commencer à travailler sur le chant et les paroles. J’ai peut-être commencé vers février 2018 et j’ai probablement fini vers avril, donc ça m’a pris peut-être trois à quatre mois, je dirais, pour faire le chant et les paroles de cet album.

Est-ce que « Orphans » est un concept album ? Sinon, quels sont les thèmes que tu as choisis d’aborder cette fois-ci ?

Ce n’est pas un album concept. Il y a beaucoup d’histoires différentes. Certaines d’entre elles sont basées sur des expériences personnelles ou des expériences avec le groupe. Beaucoup d’entre elles sont basées sur des histoires fictives, des livres et d’autres choses du genre, et certaines sont basées sur des tragédies de la vie réelle qui se sont produites dans le monde. Donc, ce sont juste des chansons différentes et des ambiances différentes. Mais je dirais que le point commun entre toutes les chansons est qu’il y a généralement ce thème très sombre, une sorte de violence sinistre, dans les paroles. On parle de quelque chose de désagréable en général, mais il faut en parler. Et je pense que le point commun est qu’il y a toujours une partie de la chanson qui transmet de la positivité et le sentiment que tout ira bien à la fin de la journée, ce qui est, je pense, le message le plus important qu’on peut transmettre dans nos chansons. Je parle de quelque chose de sérieux et c’est quelque chose à laquelle tout le monde peut s’identifier, mais au bout du compte, je veux donner l’espoir et la foi que tout ira bien.

C’est un beau message ! As-tu déjà une chanson préférée de « Orphans » ou il est encore trop tôt ?

Oui, c’est toujours difficile de choisir. Et j’ai l’impression que plus l’album est vieux et plus on écoute les chansons, plus on réalise lesquelles on préfère. Tu découvres aussi que tu pourrais te lasser, il y en a qui sont plus rapides que d’autres. Je dirais que dans l’ensemble, selon mon goût personnel, je choisirais probablement « Orphans » comme chanson préférée. C’est vraiment très « Vicky », je suppose ! (rires)

D’ailleurs, as-tu une chanson préférée de toute la discographie du groupe, peut-être une que tu aimes chanter sur scène ?

C’est encore plus difficile à choisir. En fait, je dirais que les chansons que nous avons jouées en concert ne sont pas forcément mes préférées, peut-être parce que nous les jouons énormément et parfois on en a marre d’elles. Il y a beaucoup de bonnes chansons live, donc c’est assez difficile à choisir. Si je devais choisir une chanson que j’aime vraiment et que nous n’avons jamais jouée en concert, je pense que c’est une belle chanson, je dirais « As Above So Below » qui est sur « Eye Of Providence ».

Et donc, tu en as marre de certaines chansons, on peut en connaître une ?

Oh tu sais quand je dis que j’en ai marre, je veux dire que je suis juste un peu lassée. Peut-être que les chansons plus anciennes comme celles que je n’ai pas écrites, parce que ce sont surtout celles que nous avons le plus jouées. Mais, je ne sais pas, peut-être « Thank You Pain ». C’est une super chanson, ne vous méprenez pas, mais nous l’avons jouée tellement de fois…

Je comprends, le public s’attend toujours à ce que vous jouiez celle-là.

Exactement ! Et évidemment, au moment où tu la joues, c’est chouette. Mais quand tu le mets sur la setlist, tu es comme : cette chanson, encore ?! (rires)

D’un autre côté, avez-vous travaillé avec de nouvelles personnes les enregistrements etc. pour cet album ?

Non, en fait, pour celui-ci, nous sommes retournés vers notre producteur de longue date Christian Donaldson du The Grid Studio. Et à chaque fois que nous travaillons avec lui, c’est de mieux en mieux. On a ce sentiment d’être à l’aise avec lui parce qu’il est pratiquement le sixième membre du groupe maintenant. Nous voyons aussi qu’avec le temps, il s’améliore de plus en plus dans ce qu’il fait et il nous dit que nous nous améliorons dans ce que nous faisons aussi. Il semble donc que chaque fois que nous faisons un nouvel album avec lui, c’est toujours mieux.

As-tu un commentaire à faire sur l’artwork qui est vraiment sympa mais aussi très simple cette fois-ci ?

Oui, c’était un peu intentionnel. Nous avons eu toute une discussion sur l’artwork par le biais d’une chaîne de courriels et personne n’a vraiment trouvé une idée folle qui convenait à la musique. Et je ne me souviens pas exactement, mais je pense que c’est Danny qui nous a demandé ce qu’on pensait de faire un fond noir basique avec notre logo dessus et d’avoir juste quelques images dans le livret. Et nous avons pensé que c’était la voie à suivre pour cet album, comme pour laisser la musique parler d’elle-même et avoir une pochette appropriée, pas trop flashy ou folle. Peut-être que ce n’était pas la peine cette fois-ci.

« Tout va bien se passer à la fin de la journée » : une interview avec Vicky Psarakis de The Agonist à propos d’« Orphans »

Sinon, vous êtes sur le point de tourner avec Jinjer. Comment s’est passé le deal ? Et je suis juste curieuse, mais que penses-tu de leur musique ?

Tout a commencé lorsque nous avons joué un concert avec eux en 2016 en Europe et nous nous sommes tout de suite connectés en tant que personnes et nous sommes restés en contact depuis lors. Nous avions cette discussion depuis longtemps, nous devions tourner ensemble, nous devions faire quelque chose ensemble et c’est tout simplement arrivé : les étoiles se sont alignées et nous avons sorti un nouvel album. Leur album sort très bientôt et nous avons entendu via leur management, qui est le même que le nôtre, qu’ils planifiaient une tournée européenne mais qu’ils n’avaient pas encore de groupe en réserve. Nous les avons donc contactés directement et leur avons demandé et ils étaient très heureux de nous avoir. Alors, c’est génial. Je pense que ça va être une très bonne tournée parce que les deux groupes ont certaines similitudes, mais nous sommes aussi très différents en même temps. Donc, je pense que ce sera bon pour le public, ils vont avoir une ambiance différente avec nous et une autre avec Jinjer, donc c’est plutôt rafraîchissant. Et puis, personnellement, je dirais que j’aime beaucoup leur musique. Je pense qu’à chaque sortie, ils s’améliorent de plus en plus. Et ils ont vraiment trouvé leur propre style qui fonctionne vraiment pour eux, les gens aiment vraiment ça. C’est génial de voir des groupes qu’on a rencontrés grandir, gagner une fanbase etc.

D’un autre côté, il y a un sujet dont j’aimerais discuter avec toi, mais je comprendrai si tu ne le souhaites pas. Malheureusement, tu as vécu une sorte de mauvais buzz récemment. Comment tu t’en es sortie ? Je veux dire, les gens peuvent être horribles et surtout sur internet…

Je pense que c’est une combinaison des deux, tu sais. Lorsque tu mets quelque chose sur internet, ça génère un large éventail de réactions. Il y en aura d’extrêmement horribles, comme tu l’as mentionné, mais il y en aura aussi d’extrêmement positives et d’un grand soutien. Et tu sais, quand c’est arrivé, j’étais ok avec ça. J’ai vu une énorme réaction de nos fans et d’autres pairs de l’industrie, comme les gens avec qui nous avons tourné… Nous ne parlons pas trop, mais ils m’ont contactée et m’ont envoyé des messages et m’ont dit des choses très positives. C’était donc vraiment bon de voir qu’à la fin de la journée, on n’est pas seul dans quoi que ce soit. Comme beaucoup de gens m’ont dit qu’ils avaient vécu des expériences similaires et qu’ils comprenaient vraiment. Alors, c’était vraiment bien. Je ne me sens pas mal à propos de ça. Je pense que tout le monde doit pouvoir être libre et être soi-même et accepter tous les commentaires que vous recevez, qu’ils soient critiques ou positifs lorsqu’ils se présentent à vous.

Ce qui est triste, c’est que tu n’as rien dit de mal et ça a dérapé… Mais heureusement, tout va bien maintenant !

Ouais, c’est le truc classique du clickbait : vous faites une interview complète et ils vont prendre cette petite chose et la faire exploser de façon disproportionnée pour que les gens fassent des commentaires et likent. Mais je m’attendais à ce que cela se produise un jour et ça se reproduira à l’avenir. Tu sais, quand tu es une personnalité publique, il n’y a aucun moyen d’y échapper. Donc, je suis vraiment ok avec ça.

Maintenant, comme nous avons encore un peu de temps, veux-tu prendre une minute pour parler de ta passion pour les puzzles ?

Oh les puzzles ! Je ne m’attendais pas à ça ! Tu as fait tes recherches ! (rires) Mais c’est juste une de ces choses que j’aime faire quand je veux m’échapper de tout. Je ne fais pas ça souvent, ce n’est pas comme si chaque semaine je faisais un nouveau puzzle. Mais je pense que lorsqu’on travaille sur un casse-tête, notre cerveau est vraiment concentré là-dessus et on ne pense pas vraiment dans toutes ces autres pensées. Je pense que c’est une combinaison de ma capacité à me couper de tout ce qui se passe dans le monde, mais c’est aussi un retour à mon enfance et peut-être à l’enfance de beaucoup d’enfants des années 90, avant toute cette ère de technologie. Il fallait faire des choses comme ça, jouer à des jeux de société, faire des puzzles ou à d’autres jeux de divertissement. Donc oui, c’est un mélange de nostalgie et d’évasion de tout ce qui se passe.

Plus sérieusement, veux-tu ajouter quelque pour vos fans belges pour finir cette interview ?

Je veux juste remercier nos fans belges et je verrai tout le monde très bientôt, car nous allons jouer en Belgique. Je me souviens que nous avons joué là-bas et que ça a toujours été fantastique et que le public est formidable, alors j’ai vraiment hâte d’y être. Et finalement, un grand merci pour votre soutien au fil des ans et j’espère que vous apprécierez vraiment « Orphans ».


En savoir plus sur The Agonist :


Wind Rose

Wintersaga, l'univers nain de Wind Rose

Wintersaga, le nouvel album de Wind Rose est sorti le 27 septembre. Francesco, le chanteur du groupe, a répondu à nos questions sur cet album, le groupe, leurs clips et la manière dont ils travaillent sur leurs albums.

Bonjour, comment allez-vous ?

Bien, merci!

Où avez-vous eu l’idée de créer un groupe mêlant les histoires de JRR Tolkien au power metal? Et pourquoi l’avez-vous appelé « Wind Rose »?

Pour être honnête, rien n’a été inventé. Nous sommes de grands fans de Blind Guardian et nous avons suivi leur chemin, avec des histoires originales au début et plus tard dans Tolkien. Wind Rose nous a procuré un sentiment de liberté et il est très facile de s’en souvenir, alors c’est tout 😀

Pour les paroles, comment les créez-vous? Vous inspirez-vous de ses histoires ou de son univers pour les créer?

J’avais l’habitude de m’inspirer des histoires / mythes et légendes de Tolkien pour écrire mes paroles, et j’ai apporté aux histoires une vision personnelle.

En ce qui concerne le nouvel album « Wintersaga » qui est sorti le 27 septembre, de quoi parlent les paroles? Y a-t-il une histoire derrière?

Tout l’album «Wintersaga» est basé sur la tradition naine de Tolkien et d’autres légendes fantastiques, quelque chose d’anciens mythes et légendes païennes.

Nous trouvons dans cet album une chanson spéciale d’Internet: Diggy Diggy Hole. Pourquoi avez-vous repris cette chanson? Avez-vous eu des commentaires de son auteur original: Yogscast?

Nous avons eu l’idée de le faire pendant des années, beaucoup de gens l’ont demandé, même en direct, alors nous avons saisi le moment de percuter le grand business de la musique comme un marteau sur une enclume. Évidemment, nous avions déjà trouvé un accord avec Yogscast et nous avons commencé à réorganiser quelque chose qui était déjà amusant et puissant. Il était difficile d’égaler l’original, mais nous l’avons sûrement fait.

Avez-vous changé votre façon de travailler vis à vis des derniers albums?

Non, notre façon de travailler est la même: moi, Claudio (guitare) et Federico (clavier) devant un ordinateur avec des instruments et des bières. Le résultat est et sera toujours ce que nous sommes à ce moment là, aussi longtemps que nous vivons. Nous expérimentons, nous changeons et nos idées / styles changent aussi.

Comment s’est passé la collaboration avec Napalm Records comparée aux labels précédents?

Napalm Records pour nous est la meilleure affaire que nous puissions avoir, ils ont un nom et les moyens de nous faire grandir. C’est ce que nous recherchions également dans le passé, sans succès ni moyens de nous développer, jusqu’à ce que nous atteignions le monde de la musique professionnelle.

Est-ce vos idées que l’on retrouve dans les clips ou avez-vous été aidé? Si vous avez été conseillé, par qui? Comment se passent les enregistrements en général? Combien de temps prenez-vous pour tourner un clip?

À l’heure actuelle, toutes les vidéos que vous pouvez trouver sur YouTube ont été gérées et inventées par nous. Mais l’expérience et le talent de Tommy Antonini nous a beaucoup aidé à expliquer ce que nous voulions montrer dans nos vidéos. Habituellement, le tournage d’un clip prend environ 2 jours, cela dépend de ce que nous devons faire et de l’endroit où nous devons aller.

J’ai eu la chance de regarder votre clip « Drunken Dwarves », certaines scènes semblent irréalisables (ou compliquées) à refaire s’il y a une erreur. N’était-ce pas trop compliqué à enregistrer?

Ca l’est. Nous avons tout réalisé dès la première prise parce que nous avions saccagé toute une taverne. Nous n’étions donc pas en mesure de tout nettoyer et de le refaire 😀 Comme je l’ai dit, notre vidéaste sait quoi faire, il est important que des professionnels soient présents lorsque vous faites quelque chose. Cela doit être parfait (ou presque).

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, quelle chanson leur recommanderiez-vous? Est-ce votre préférée? Si non, laquelle est-ce?

Je recommande d’écouter tout l’album, mais de passer plus de temps sur les chansons qui ne sont pas sorties en single, car vous pouvez y trouver des tonnes de détails que vous aimerez.

Nous vous laissons les derniers mots de cette interview pour dire ce que vous voulez à vos fans et à nos lecteurs.

Heureux d’avoir répondu à vos questions et j’espère vous voir tous quand nous jouerons dans vos pays 😉 !


Ils joueront le 19 janvier 2020 au Trix à Anvers, Belgique. Allez les voir en direct!

GloryHammer Tour

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Brujeria

Brujeria, LE groupe contre la stupidité politique

J’ai rencontré Juan Brujo, chanteur et leader du groupe Brujeria lorsqu’ils sont venus jouer à Liège à La Zone. Que sont-ils ? Un mélange authentique et intéressant entre grind (et d’autres plaisirs musicaux extrêmes) et des paroles engagées. Brujeria est contre toute forme de stupidité et de haine venant du monde politique.

Vous voulez ravir vos oreilles avec quelque chose d’extrême mais cohérent et vous avez un amour secret pour l’espagnol? Alors allez-y!

Commençons par une brève présentation. Qui êtes-vous et qu’y a-t-il derrière le nom Brujeria?

Je suis Juan Brujo, chanteur. « Bruja » signifie quelque chose comme sorcellerie, magie. Ce thème a commencé à être utilisé pour couvrir les gens qui voulaient faire passer de la drogue à travers la frontière du Mexique aux Etats-Unis. C’est une histoire qui remonte à la fin des années 80.

Comment définiriez-vous Brujeria musicalement parlant?

Eh bien, concernant la musique, c’est comme du grind, un peu de punk et un peu de métal. C’est une sorte de mélange, mais au niveau des paroles, c’est un peu extrême à cause de ce que ça dit. Le message que nous essayons de faire passer est un peu plus extrême. Il n’y a pas de case, je pense, dans laquelle vous pourriez nous mettre mais la musique pourrait ressembler à du grind, du hardcore, du punk: un peu de tout.

Quels sont les messages que vous souhaitez transmettre à travers votre musique?

Sur le plan politique, lorsque nous découvrons qu’un candidat qui se présente aux États-Unis est un raciste, ou que ce n’est pas bien pour les personnes latines qui sont très présentes aux États-Unis, nous en discutons et le chantons.

Il y avait un gouverneur de la Californie, Pete Wilson, que j’ai rencontré face à face lors d’une soirée Grammy. La soirée Grammy était en mode smoking, cravates, etc… Je portais juste une veste en cuir. Peu importe, alors que nous marchons dans la foule, nous arrivons face à lui et je me dis « Oh, le gouverneur! » et je récupère mes amis et je les repousse pour le laisser passer. Là, il me regarde, il se retourne et couvre sa femme comme si j’allais l’attaquer. Je me suis dit: « Qu’est-ce qui vient de se passer? » Et ils m’ont juste escorté. Parce que le gouverneur n’était pas habitué à voir un mexicain. J’étais le seul Mexicain de l’assemblée. Deux mois plus tard, il présente ses lois totalement anti-mexicaines. Une des lois condamnant les Mexicains qui traversent la frontière à être déportés avec leurs enfants.

Et quand j’ai entendu dire qu’il essayait de faire adopter ces lois, nous avons composé une chanson intitulée Pete Wilson dans laquelle Jello Biafra a parlé comme lui, puis nous l’avons tué (Pete Wilson) à la fin de l’intro. Donc, on devient extrême à ce point parce que les gens ont des comportement racistes injustifiés. Les lois qu’il a adoptées ont été annulées par la Cour suprême. Et la Cour suprême est arrivée et a dit non, ces lois ne sont pas bonnes et c’est dire si elles étaient mauvaises.

On a commencé avec lui et maintenant c’est Donald Trump, c’est la même chose mais en plus gros. Nous ne pouvons donc pas rester assis sans laisser les gens savoir ce que nous ressentons.

Et espérez-vous que votre musique encouragera peut-être la population à se battre contre ces gens?

Oui, parce que vous savez que beaucoup d’entre eux ne sauraient pas qui ces gens sont ni ce qu’ils font jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Je veux juste leur dire que ces gars-là ne sont pas les bons, mais les méchants. Vous savez, si je n’avais pas rencontré le gouverneur et vu ce qu’il m’a fait, je n’aurais jamais su à quel point il était raciste.

Vous venez tous de groupes variés. Comment gérez-vous le fait de faire partie de groupes qui sont tous célèbres mais pas au même niveau?

En fait, c’est comme si tout le monde dans le groupe avait commencé avec Brujeria et était ensuite devenu grand et célèbre dans un autre groupe. Vous savez, il n’y avait pas de Fear Factory au début de Brujeria. Et même un membre de Faith No More était dans le groupe et il disait « je vais quitter Faith No More juste parce que ça ne marche pas ». C’était il y a très longtemps. Quelques mois plus tard, ils ont été nominés pour un Grammy et tout le reste.

Tous ceux qui rejoignent Brujeria deviennent riches et célèbres après cela. Je suis le seul gars qui n’est pas dans plusieurs projets. Brujeria est mon seul groupe.

Comment se passe la tournée jusqu’à présent?

Eh bien ça se passe bien. Nous jouons dans beaucoup d’endroits où nous n’avions jamais joué auparavant. Lorsque vous jouez les lundis et les mardis, pas le week-end, vous arrivez dans de petites villes et c’est très intéressant. Et ils ne parlent même pas l’espagnol. C’est amusant.

Parler espagnol est différent. Personne ne te comprend. Il est difficile d’amener les gens où on veut les emmener. Cependant, beaucoup de gens chantent les chansons alors qu’ils ne connaissent pas l’espagnol. C’est intéressant de leur parler dans une langue qu’ils ne connaissent pas du tout.

Alors, estimez-vous que les Européens sont réceptifs à votre musique?

Ouais. Pendant les spectacles, ça bouge plus que jamais. C’est un peu comme s’ils comprenaient de quoi parle la chanson. Ils ne savent pas ce que ça dit, mais ils comprennent de quoi il s’agit.

Nous faisons notre travail sur scène en jouant, en dansant et en leur donnant tous les signes pour qu’ils en aient la sensation, l’essence du morceau. Nous allons vous apprendre l’espagnol. Nous utilisons des mots comme marijuana (que tout le monde connait).

Comment vous sentez-vous à propos de l’endroit d’aujourd’hui?

Je ne l’ai pas encore vu. J’ai entendu dire que c’est une petite boîte mais cela ne me dérange pas du tout. Nous avons joué dans des cours de maisons. Donc, cela n’a pas vraiment d’importance. Nous allons toujours faire nos spectacles que ça soit dans des endroits comme celui-ci ou ailleurs.

Que peux-tu me dire sur « Amaricon Czar »?

Trump est associé avec les Russes. Il est ami avec Poutine et il crée des scandales notamment avec des prostituées, c’est juste ridicule ce qu’il fait. C’est le pire président de tous les temps. Et il est mêlé à ces gars-là et il les soutient et il agit en communiste puis en raciste, riche et blanc. Chaque jour, il tweete quelque chose de stupide et en tant que président, il n’a rien fait: ni signature, ni construction, ni loin, RIEN. Tout ce qu’il fait, c’est reprendre tout ce que Obama a fait avant lui. Tout ce qu’il a fait est de supprimer ce qui avait été fait auparavant, ce qui a pris beaucoup de temps à être mis en place. Il est à la présidence depuis trois ans et les réélections ont lieu l’année prochaine, il n’a rien fait pendant tout ce temps. Si les gens sont vraiment stupides, il est réélu, alors l’Amérique serait la pire des choses. Elle sera plus bas que jamais.

Le single, le russe, ils l’ont banni des ventes sur Internet. Ils nous l’ont fait enlever parce qu’il ne marche pas. Vous ne pouvez pas montrer Trump comme un communiste.

Quelle est la suite pour 2019 et 2020 ?

Oh, nous faisons un nouvel album. C’est presque fini. Nous sommes en train de terminer l’approvisionnement en enregistrement. Il sera peut-être sorti d’ici la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview.

Nous avons peut-être l’air de n’être que beaucoup de haine et de colère, mais si vous assistez à nos spectacles, vous verrez que c’est un bon moment. Tout le monde part heureux, de bonne humeur. Nous n’essayons pas de rendre les gens contrariés ou fous. Nous essayons de les rendre heureux et de faire en sorte qu’ils passent un bon moment, fassent la fête et partent heureux. Ils se souviendront de nous quand ils nous auront vu une fois dans leur vie.


Photo deBrujeria


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Sercati

Sercati, à la découverte de tout un univers

Dans le cadre du festival Oug’Rock 2019, j’ai eu l’occasion de rencontrer le groupe Sercati et d’assister à leur performance qui ouvrait la deuxième journée du festival. Sercati, ce n’est pas juste un groupe de Black Metal, c’est un véritable univers qui se diffuse de plusieurs manières: la musique, l’écrit et le visuel. Je vous propose une interview de ce très intéressant groupe local. N’hésitez pas à aller les écouter et à les suivre sur les différents réseaux sociaux.

Pour commencer, quel est le concept caché derrière le nom « Sercati » ? Quelle est la signification de « Sercati » ?

Steve : Le concept du groupe tourne autour de l’histoire du Nightstalker. Un ange descendu du ciel afin d’aider l’humanité qui a été abandonnée à son propre sort contre Lucifer. Nous tentons de nous « étaler » sur différents médias afin de propager au maximum l’histoire que nous narrons.

Sercati, ce n’est pas seulement un groupe mais aussi des livres, des comics, des films … Comment fait-on au quotidien pour gérer un tel projet ?

Yan : Steve a arrêté de dormir il y a déjà plusieurs années…

Steve : Bon, soyons sérieux. L’envie de découvrir de nouveaux médias ou de nouvelles façons d’illustrer l’histoire est forte en chacun de nous.

Le livre était la première étape afin de retranscrire le contenu des paroles en un texte plus complet. Une vraie histoire beaucoup plus suivie, me permettant de combler les trous. Ensuite, les courts-métrages et les clips vidéos ont suivi au début comme matériel promotionnel et finalement, je me suis bien plu derrière la caméra et l’envie d’essayer et d’aller encore plus loin m’a amené à lancer cette idée de long métrage.

Le comic, c’est un rêve d’enfant afin de revenir à ma première inspiration qui est Batman.

L’essentiel reste pour moi de garder à l’esprit où je vais afin de ne pas me perdre. C’est dans cette optique que nous avons créé les groupes de musique annexes :

– The Nightstalker (dark metal)
– Hezaliel (dark ambiant)

Quelles sont vos sources d’inspirations (pas seulement musicales) pour alimenter un univers aussi étendu que celui qui tourne autour de Sercati ?

Steve : L’univers qui gravite autour de Batman et le cinéma se rapportant à lui. Musicalement, je reste un grand admirateur de Satanic Warmaster et Sinister Frost.

Parlons de votre prestation à l’Oug’Rock, vous ouvriez la deuxième journée du festival, comment cela s’est-il passé pour vous ?

Impeccablement bien, le son était très agréable et nous nous entendions très bien. Le contexte était très chouette et l’ambiance au beau-fixe.

Lors de votre prestations, vous faites appel à des « acteurs » pour incarner les rôles de deux de vos personnages principaux « l’anesthésiste » et « le Nightstalker ». Sur le long terme, souhaitez-vous intégrer d’autres éléments visuels à vos prestations live ? Si oui, lesquels ?

Yan : Évidemment, nous avons un tas d’idées mais il est toujours compliqué de pouvoir tout mettre en place. Nous aimerions avoir de plus en plus d’acteurs avec nous et un décor « urbain » sur scène contextualisant la ville dans laquelle se passent les événements. Nous voudrions également pouvoir projeter les dessins ainsi que certains passages de nos vidéos pour accompagner le show.

Steve : Trouver en effet le moyen d’aller encore plus loin dans la narration de l’histoire afin d’arriver à quelque chose de plus complet.

Selon vous, quelles sont les conditions de live idéales pour Sercati ?

Simon : Un public réceptif et des bons techniciens à notre écoute.

Yan : De la place sur scène et surtout bien s’entendre sur scène.

Steve : Garder à l’esprit de passer un bon moment avec le public et de bons techniciens à notre écoute.

Avez-vous un rêve ultime concernant le groupe ? LA chose que vous rêveriez de faire avec le groupe ?

Simon : En temps que Belge, fouler la scène du Graspop.

Yan : Pouvoir prévoir une tournée à l’étranger.

Steve : Trouver le moyen d’allier la musique et l’histoire de la meilleure façon qui soit.

Qu’avez-vous prévu pour l’année à venir ?

Steve : Nous avons beaucoup de choses qui se mettent en place. Nous avons en tête un deuxième métrage et commencer à jouer de nouveaux morceaux et prévoir un nouvel album.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Que le Nightstalker veille sur vous et n’hésitez pas à nous retrouver sur nos réseaux sociaux…


Je vous propose un petit extrait musical pour vous faire découvrir le groupe:


Photo: tous droits réservés à Sercati

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Hyrgal

Le black metal comme récipient culturel avec Hyrgal

Au Hellfest 2019, j’ai eu l’occasion de rencontrer la tête pensante du groupe de black metal français Hyrgal : Clément Flandrois. Nous avons pu échanger quelques mots au sujet de son groupe. Une interview où j’ai pu ressentir tout l’investissement et toute la passion de Clément. En plus d’être le compositeur d’un projet extrêmement abouti, il parvient à donner une dimension profonde et riche au black metal qu’il vous propose.

Commençons d’abord par une brève présentation.

Alors, moi je suis Clément. Je suis guitariste chanteur compositeur, créateur du groupe, instigateur de tout ce qu’il y a derrière Hyrgal, la tête pensante.

Qu’est-ce que signifie « Hyrgal » et comment définiriez-vous le groupe en quelques mots ?

Alors c’est l’assemblage de deux runes. Parce qu’à l’époque où j’ai créé le groupe j’avais envie d’une sonorité ancestrale avec des choses très primitives et à l’époque j’étais vraiment axé sur l’utilisation des runes et sur toute la mythologie nordique. Moins aujourd’hui même si j’ai encore beaucoup de connections et ces runes veulent beaucoup dire j’ai utilisé l’assemblage de deux runes qui sont « Tyr », rune du dieu Thor et « Hagal », la rune principale. Selon moi ça faisait un bon mix j’ai fait une sorte de « Boggel » là-dedans et je trouvais que c’était très primitif, que ça sonnait très brutal et ça m’a plu.

Et après j’avais arrêté le groupe pendant pas mal d’années mais j’ai décidé de garder le même nom parce que quand j’ai remonté le groupe, ça me parlait encore, je trouvais ça très juste.

Musicalement parlant, on fait du black metal, le plus simple possible, le plus honnête possible, curieux et primitif.

Quelles sont vos sources d’inspiration en dehors des runes et de la mythologie nordique ?

Pour cet album-là, la chose principale, c’est mon pays, ma culture française, ma région d’origine, la Savoie, la nature, les montagnes tout ça. C’est aussi un héritage familial, parce que ce sont des gens qui sont là-haut et j’ai fait un mix de tout ça.

Quand j’ai fait Serpentine, il n’y a rien à voir avec la mythologie nordique. Il y a uniquement le nom parce que ces runes me parlent et sont importantes pour moi donc je les ai gardés mais il n’y a rien, je dirais, de viking derrière tout ça. On pourrait peut-être plus faire des rapports avec la culture celtique, puisque c’est aussi la culture de mon pays. C’est une culture française. Les Celtes ont été aussi présents dans les Alpes, il y a eu un gros héritage à ce niveau-là. Donc on va dire celtes et français, ce sont les principales choses qui m’ont amené à composer ça. Et un sentiment d’urgence et de furie.

Quelles sont vos inspirations musicales ?

Pour composer de la musique je ne fais pas forcément appel à mes influences directes. Je m’en fous, je prends une guitare et je compose des riffs que j’ai envie de faire, que j’ai envie d’écouter et surtout qui me semblent en adéquation avec ce que j’ai envie de dire à ce moment-là.

Après oui, j’écoute beaucoup de musiques différentes. Enormément de black metal, c’est évident. C’est un style qui m’a possédé depuis mon adolescence donc ça, ça ne changera jamais.

J’écoute beaucoup de musique baroque, beaucoup d’ambiant, beaucoup de dark ambiant. Le travail de Pauline Oliveros, notamment, qui a été une des pionnières de la musique ambiant à San Francisco avec notamment un album qui s’appelle « Deep Listening » qui me plaît beaucoup. Des accordéons atonals, des sons très spéciaux.

J’écoute beaucoup de folk aussi dans le sens guitare chant, pas biniou et cornemuse, ce n’est pas quelque chose qui me parle beaucoup. Beaucoup de musiques traditionnelles aussi de différents pays: musique traditionnelle mongole, musiques traditionnelles Viking, les musiques traditionnelles de tous les pays me plaisent beaucoup justement dans cette approche honnête et primitive ça.

J’essaye d’avoir un panel étendu. En tant que amoureux de la musique et amateur de musique, on se doit d’avoir un panel divers et varié. Et puis surtout beaucoup de choses me plaisent donc je ne me limite pas, je n’ai pas envie de me limiter, ça m’emmerde les limites.

Après deux ans, quels sont les retours que vous avez reçu vis-à-vis de votre album « Serpentine » ? Etes-vous satisfait de la manière dont l’album a été reçu ?

Le retour , il est ce qu’il est. Ça ce n’est pas forcément quelque chose qui me parle beaucoup. Je suis très content que les gens partagent la même vision. Je pense qu’il a été bien reçu. Des chroniques que j’en ai lu, les gens ont réussi à capter un peu l’essence de ce que j’ai voulu dire. Donc ça m’a beaucoup touché parce que c’est quand même pour ça que j’ai fait cet album-là. Donc oui, les retours sont bons et je suis très content. Après je ne regarde pas trop ce genre de truc.

Comment s’est déroulée votre prestation d’aujourd’hui au Hellfest ?

Ça s’est bien passé, un peu chaud, un peu dur parce que ce sont des prestations qui sont très intenses. On arrive, on est un peu largué dans tout ça avec une technique qui va très vite: il faut faire un soundcheck très rapidement, c’est très rapide pour nous et c’est parfois compliqué de se mettre dedans. Par contre, on a surtout essayé d’y prendre un maximum de plaisir et de rendre hommage aux choses qu’on a à l’intérieur de nos ventres et de nos tripes. Et je pense que ça a été fait, notamment pour ma part. Il y a beaucoup de choses qui se passent quand je fais un show d’Hyrgal. Ce n’est pas juste faire de la musique en face des autres, il y a aussi une sorte de catharsis derrière tout ça qui est importante et qui est, pour moi, vitale. Cette catharsis a été faite et les hommages que j’ai dû rendre au fond de mes tripes ont été faits aussi donc je suis très content. Et c’est le principal.

Qu’avez-vous prévu pour la suite de l’année 2019-2020?

Il y a le nouvel album. Il n’y a pas encore de date de sortie, il n’y a pas encore de choses de prévues. Je le finis dans mon coin. Et il y a encore moins de gens dessus qu’avant. Donc, on est que deux cette fois-ci avec Nico, que vous avez vu à la batterie aujourd’hui qui m’a vu en détresse que je n’aie plus batteur etc. Donc qui s’est intégré à la chose et il me donne un sérieux coup de main. Je ne saurais comment le remercier. On va faire cet album à deux et on va vous mettre une colère comme ce n’est pas permis là-dedans.

Donc on va espérer le sortir peut-être au deuxième trimestre 2020. On verra, pour l’instant, rien n’est défini, rien n’est fixe. Pour l’instant l’album se termine, j’arrive au bout et il n’y aura plus qu’après à travailler avec les Acteurs de l’ombre pour pouvoir le sortir de la meilleure manière possible.

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

Je n’aurai pas la prétention de pousser des coups de gueule parce que, qui suis-je pour le faire ? Chacun voit midi à sa porte. On peut s’y retrouver, on peut ne pas s’y retrouver. Surtout une chose, que ceux qui aiment cette musique faite par les tripes ne se perdent pas, qu’ils restent fidèles à ce qu’ils aiment, à ce qu’ils croient et qu’ils continuent à aimer cette musique là au plus profond d’eux-mêmes, parce que c’est comme ça que cette scène elle vit. Elle vit dans le cœur des gens et pas sur des planches.

Photos par Stephan Birlouez pour www.amongtheliving.fr

 

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Coilguns HF

Rencontre avec Coilguns au Hellfest

Au Hellfest 2019, j’ai eu l’occasion de rencontrer Louis et Jona de Coilguns. Je partage avec vous ce petit moment d’échange bien agréable que j’ai eu avec eux. Je vous recommande vraiment d’aller écouter ce « rock fâché » qui nous vient tout droit de Suisse. Ils ont des choses vachement intéressantes à vous dire.

Tout d’abord, commençons par les présentations. Qui êtes-vous et quel est votre job dans Coilguns ?

Jona : Je suis Jona Nido et je fais de la guitare.

Louis : Je m’appelle Louis Jucker et je suis le chanteur.

Comment définiriez-vous Coilguns musicalement parlant ?

Jona : Moi je dis systématiquement qu’on fait du rock vénère parce qu’on mélange quand même pas mal de trucs. Je ne dis pas ça pour dire qu’on fait spécialement quelque chose en mélangeant les influences de chacun mais c’est un fait qu’on va chercher un peu à tous les râteliers.

On n’aime pas trop se poser de limites. Du coup, on peut avoir des éléments autant grind que punk, que hardcore, que noise mais quand même avec une base très rock énervé j’ai l’impression.

Au niveau des chansons, avez-vous des thèmes de prédilection ou thèmes récurrents ?

Louis : Le dernier album qu’on a sorti, il s’appelle « Millennials ». C’est un nom que les gens auraient donné à la génération qui nous concerne. Je trouve ça assez fort de donner un nom à une génération qui est « en cours » surtout qu’elle n’a pas vraiment de lien entre elle à part tout ce qui nous entoure. C’est un peu la génération Internet. C’est un peu ça qui nous relie.

Evidemment qu’avec un titre d’album comme ça, toutes les chansons vont vraiment questionner ce qui nous relie, qu’est-ce qui fait qu’on ait quelque chose ensemble avec tous les problèmes que ça suppose puis la lâcheté qu’on peut avoir par rapport à ça.

Puis, après, sans du tout vouloir faire du conspirationnisme ou quoi que ce soit; cet album sert aussi à pouvoir exorciser aussi cette impression d’être une espèce de mini fourmi dans une fourmilière mais sans piger dans quel sens il faut marcher dans cette fourmilière. C’est aussi pour exorciser ça, crier ces questions qui tournent dans la tête. Ça parle du marché de l’emploi, de nos libertés individuelles, notre rapport à l’amour, au désir, nos sources de peur… C’est une musique hyper violente, désagréable, bruitiste mais elle permet de porter.

Pour ma part, je vous ai découvert dans une petite salle. Lors de la prestation tu (Louis) avais un contact assez rapproché avec ton public, il y avait vraiment beaucoup d’interaction physique avec les spectateurs. Je me demandais comment vous alliez gérer ça demain, sur une scène si éloignée du public.

Louis : Moi ce que je travaille, c’est un truc assez proche de l’instant présent. Je ne cherche pas forcément à choquer les gens, à les brusquer ou à les forcer à écouter. Je cherche vraiment à trouver justement une manière d’être au même moment à un endroit et passe souvent par des gestes mais qui sont improvisés au fil des concerts parce qu’ils ne seront peut-être pas les mêmes à Liège qu’ailleurs.

Ici, au Hellfest ça va encore être différent parce que c’est public qui va être bizarre: c’est une grosse assemblée avec plein de gens qui nous connaissent, d’autres qui ne connaissent pas et qui viennent tous d’horizons différents. Moi je pense que ça va être difficile de créer de l’instant présent. Surtout que je pense que les gens qui sont ici, attendent qu’il y ait quelque chose qui se passe. Je ne suis pas sûr qu’il y aura besoin de descendre dans le public, de toucher les gens puisque de toute façon, tous les toucher ça va prendre beaucoup de temps. On verra, de toute façon, ce n’est pas quelque chose que je peux trop préparer vu que ça doit rester naturel et dans l’instant présent.

Est-ce que vous attendez quelque chose en particulier de cette prestation au Hellfest ? Toucher un nouveau public, avoir une meilleure visibilité. C’est peut-être aussi un rêve pour vous de jouer sur une scène comme celle-ci ?

Jona : Là où on en est, je ne dirais pas que c’est un rêve. C’est plutôt la continuité de ce qu’on a entamé comme travail depuis qu’on a monté le groupe. C’est-à-dire qu’avec le dernier album, c’est vraiment quelque chose qu’on s’était fixé comme objectif. Parce que c’est clair que c’est une vie peu compliquée de tourner au niveau où on tourne. On ne joue pas devant des centaines de personnes tous les soirs et pourtant c’est ça qu’on fait à temps plein. Et puis du coup, quelque part des festivals comme le Hellfest ça crédibilise, ça valide un peu le travail.

Quand on a sorti le dernier disque « Millenials », on s’est dit que si on était programmés au Hellfest, ça nous donnerait un peu de jus. Evidemment, il y a plein d’autres choses qui nous donnent de l’énergie et qui nous donnent envie de continuer. Mais là, c’est vrai que ça faisait quelques années déjà qu’on essayait d’y jouer et qu’il n’y avait peut-être pas des arguments pour le faire. Et là, je ne sais pas comment la décision s’est faite mais ce qui est sûr c’est qu’on a sorti ce nouvel album. Nous on a l’impression qu’il y a une évolution, qu’il y a eu du développement. Et puis comme par hasard on est booké au Hellfest donc, c’est pas du tout pour paraître prétentieux, mais moi, ça me paraît naturel dans la continuité de ce qu’on a mis en place d’y arriver.

Après c’est assez intéressant de voir qu’on joue à 10 heures et demie du matin. Ce qui moi me faisait rire, mais en causant avec des gens, je me rends compte que c’est quand même une position qui met en lumière le groupe parce que du coup c’est le groupe qui joue à 10 heures et demie du mat. J’ai pas l’impression qu’il y aura un public de gens qui ne connaissent pas du tout, mais, par effet boule de neige, on va sans doute bien sûr être exposés à beaucoup de gens qui ne connaissent pas ou qui n’ont jamais eu l’opportunité de nous voir mais qui nous connaissent. Et après ce que cela ouvre, j’ai l’impression que c’est plus du côté « pro »: ça va peut-être impressionner un ou deux ou deux mecs qui viennent à des concerts si on leur dit qu’on a joué au Hellfest mais je me rends compte pour avoir vu d’autres groupes dont c’était le cas que l’on peut jouer à des gros festivals mais continuer de jouer devant 150 personnes dans des clubs en tournées.

Louis : Il y a tout qui est hors de proportion. Moi je trouve ça assez cool qu’on soit placé à un endroit chelou du programme, ça nous correspond assez bien. Et puis j’ai regardé, il y avait un gars qui avait un t-shirt avec la programmation et on est tout en bas on est en bas au centre. Moi je trouve que c’est exactement ce qu’on est et puis on n’a pas du tout de rêves de grandeur ou de trucs comme ça. J’espère juste qu’on va pouvoir prouver un petit truc qui faire que ça ouvre bien la journée.

Qu’est-ce que vous préférez: un festival ou une petite salle ? Qu’est ce qui, selon vous, met le mieux Coilguns en valeur ?

Louis : Justement, on avait été programmé alors qu’on était en pause. On avait été programmé au Paléo Festival qui est un des plus gros festivals de musique tout public en Suisse. Ils nous avaient programmé pour clôturer une des soirées. Moi c’était plutôt un truc que j’appréhendais. Je me demandais si c’était vraiment une si bonne idée que ça. Surtout qu’en plus là c’est un public qui ne connaît pas cette musique-là, donc on ne sait pas comment il va réagir. Je n’avais pas du tout envie de faire la bête de foire ou l’animal en cage ou le freak show ou un produit exotique. Je pense que ce n’était pas du tout l’intention des programmateurs. Ce qu’on fait c’est spectaculaire: parce qu’on joue très fort, on bouge beaucoup, on crie très fort. Il y a quelque chose de spectaculaire mais ce n’est pas du tout un spectacle qui se veut être une source de fascination. On veut partager de l’énergie. Je n’avais pas trouvé le résultat si concluant que ça. Après, c’est une période où on tournait peu.

Plus tard, il y a un autre festival, un peu plus petit mais de même genre qui nous avait programmé. Et là, on avait longuement causé avec le programmateur et on était aussi à un autre moment de confiance de notre jeu scénique. Et ça s’est super bien passé.

Moi j’ai l’impression que maintenant, on peut jouer n’importe où. Qu’on joue devant cinq personnes ou dans un club vide, embarrassant tellement il est vide ou dans un club hyper plein ou dans un festival: ce ne sont que des matières différentes avec lesquelles on peut jouer donc j’ai l’impression qu’on peut passer un peu partout. Notre musique marche de mieux en mieux dans des grands haut-parleurs. Au début, il y avait tellement de cymbales et puis juste de la guitare avec des riffs que personne ne peut piger. Je pense que maintenant on va dans des directions qui sont souvent plus proches de chansons et je crois que ça, ça peut aussi rendre le truc plus intéressant à jouer.

Je ne crois pas qu’on ait la volonté de faire de la musique de niche. Enfin pour nous ça ne devrait pas être de la niche ce qu’on fait mais à voir ce que c’est la musique qui n’est pas de la niche, alors on veut bien faire de la niche.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview.

Louis : ça me donne la même impression que si tu me demandais d’enregistrer un truc pour le mettre dans un satellite puis de l’envoyer très loin. Moi je me demande qui lit encore ces magazines, qui s’intéresse à ça. Puis, vu qu’ils nous lisent, bah je le félicite de nous manifester de l’intérêt, de se documenter et d’avoir cette curiosité parce que je trouve ça magnifique. Donc, juste merci de s’intéresser à ça.

 

Photo de Tigroo Photo pour All Rock


Diamond Head

Diamond Head: un groupe de la nouvelle vague de heavy metal britannique

Diamond Head: toujours un groupe que vous ne connaissez peut-être pas même s’ils existent probablement depuis plus longtemps que vous … Brian Tatler et Rasmus Bom Andersen répondent à nos questions sur leur carrière, l’intégration de Rasmus dans le groupe ainsi que sur leur nouvel album. : the Coffin Train!

Salut comment allez-vous? Comment te sens-tu de jouer ici, au Hellfest?

– Brian Tatler
Oui, merci. Je n’ai jamais joué au Hellfest auparavant. Je suis ici depuis quelques heures et je n’ai pas encore eu l’occasion de regarder autour de moi. Nous n’avons pas encore atteint le stade où nous allons jouer. Cela ressemble à un site fantastique. Je n’ai jamais rien vu de tel. Nous voulions jouer ici depuis plusieurs années et l’occasion vient tout juste de se présenter. Vous devez donc en tirer le meilleur parti. Nous avons 50 minutes et nous allons jouer trois nouvelles chansons du nouvel album. Je pense que ça va être génial.

Vous faites partie de la nouvelle vague de British Heavy Metal, pouvez-vous nous en dire plus?

– Brian Tatler
Eh bien, ça a commencé vers 1979. Je pense qu’il y a beaucoup de groupes partout au Royaume-Uni qui essayaient de jouer du rock comme les groupes classiques des années 70. Tant de grands groupes sortent dans les années soixante-dix, comme vous le savez. C’est toujours ma décennie préférée de musique. Nous faisions donc partie des groupes, nous étions originaires des Midlands et nous voulions simplement jouer un genre de musique similaire. Nous avions vu ces groupes comme Black Sabbath, Judas Priest, … Nous voulions juste faire quelque chose dans ce sens mais être original. Nous avons adopté un peu de punk rock dans notre style parce que ça avait été énorme au Royaume-Uni deux ans plus tôt et que ça me plaisait. Je n’étais pas au courant de tous ces autres groupes au Royaume-Uni. Je ne connaissais que les Midlands, et quand cela est passé dans le magazine Science, ils ont appelé cela une nouvelle vague de British Heavy Metal. Soudain, on m’a présenté Saxon, Iron Maiden et Samson, et comme tout le monde avait droit à une couverture, je me suis dit: « Waouh, c’est l’occasion parfaite pour nous d’obtenir un contrat d’enregistrement et de nous faire remarquer ». J’espèrais juste que c’est ce qui allait se passer.

Y a-t-il quelque chose de drôle ou d’impressionnant qui vous est arrivé ou quel est l’événement le plus impressionnant ou le plus drôle?

– Brian Tatler
Eh bien, je me souviens de certains festivals que nous avons organisés: nous avons joué à Reading, Sonisphere, Wacken et quelques fois Sweden Rock. Certains de ces concerts sont si grands et monumentaux qu’ils vous en tiennent à l’esprit. J’ai toujours aimé cette sensation de terminer un album et vous obtenez un produit fini entre vos mains. Essayer d’écrire une chanson pour la mettre dans un cd est un long chemin. C’est un grand sentiment de satisfaction pour moi de savoir que c’est fait, que les gens peuvent l’écouter et que je n’ai pas à m’en inquiéter ni à le tripoter plus longtemps. Ce sont des bébés chanceux: vous y consacrez beaucoup de temps et espérez qu’ils vont sortir, faire le tour du monde et que les gens vont les aimer.

Depuis votre album éponyme, vous travaillez avec un chanteur indépendant, Rasmus Bom Andersen, comment l’avez-vous choisi?

– Brian Tatler
Simplement tout simplement, un ami d’un ami d’un ami l’a recommandé en quelque sorte. Il vivait à Londres, on ne se connaissait pas, je l’ai appelé, il est venu dans les Midlands et a auditionné pour Diamond Head. Nous avons parcouru de vieilles chansons. Je pense que vous pouvez obtenir les paroles sur le site Web ou quelque chose comme … Deux chansons sont arrivées et il était fantastique. Après environ une demi-heure, je me suis dit: « Ouais, ça va aller ». Je n’avais pas vraiment pensé à écrire avec lui ou à faire de nouveaux disques à ce stade de 2014. Au départ, c’était juste pour jouer en live: nous avions des concerts à venir. Ensuite, nous avons vu si nous pouvions écrire des chansons ensemble et en 2016, nous avons sorti un album éponyme suivi du Coffin Train. Donc, il a fait deux albums avec nous et c’est un chanteur fantastique et très talentueux. Il est également le producteur de cet album et il l’a mixé. Donc, c’est un talent incroyable.

Vous avez décidé de faire du 7ème album un album éponyme, comment avez-vous choisi le moment propice pour réaliser cet album? Est-ce parce que vous pensez être à votre meilleur?

– Brian Tatler
Pas vraiment. Je ne me suis pas soucié de faire un autre album. Nous en avons fait deux avec Nick, puis Nick a émigré à Brisbane en 2009. Cela rend donc très difficile de voler en arrière pour les concerts. Je pensais qu’il ne valait pas la peine d’essayer de faire un album si le chanteur vit en Australie. Donc après un moment, nous avons dit, essayons de trouver un chanteur qui vit au Royaume-Uni. Voici comment nous avons trouvé Rasmus. Puis, à un moment où nous étions en tournée, il a commencé à suggérer que nous pourrions écrire des chansons et que nous devrions essayer. Je me suis dit: « OK, essayons! Si ça ne marche pas, ça marche pas, on s’en va et on se dit » bon, on a essayé! « Mais ça a marché et dans environ une semaine, j’ai réalisé que ça allait être vraiment bon. Nous avons plein de bons matériaux avec de très bonnes idées venant de tout le monde. Nous nous sommes mis en route pour faire un album. Nous avons trouvé comment nous pourrions le faire et où nous pourrions l’enregistrer: les détails techniques Cela a été très bien et nous avons eu un label appelé « Dissonance Productions » pour le sortir. C’était génial, la presse et la réaction ont été fantastiques.

En ce qui concerne « The Coffin Train », qu’est-ce qui vous a inspiré cet album et pourquoi avoir choisi ce nom?

– Brian Tatler
Ouais. Le titre vient d’un des rêves de Ross. Il avait dit qu’il rêvait qu’un train se dirigeait vers lui. Toutes les voitures ressemblaient à des cercueils. Nous espérons simplement que c’est un âge de jeu vraiment fort et que nous avons eu quelques titres. Mais nous avons pensé, de tous les titres, que Coffin Train semble avoir le plus de pouvoir et la meilleure image car nous pouvions imaginer un train sur la couverture. Nous avons commencé à créer des idées et des images concernant les trains et ce genre de choses. Cela a très bien fonctionné. Rasmus vient de nous rejoindre ici. Il vient de nous demander ce qui a inspiré the Coffin Train. J’ai en quelque sorte expliqué le titre et tout ça. Donc, si tu veux continuer …

– Rasmus Bom Andersen
Oui. Donc, ça venait d’un rêve alors que nous étions en tournée et j’ai vu ce genre de train arriver avec le crâne, ces gros cercueils pour les calèches et les parties du corps qui s’envolaient. C’était en quelque sorte fuir ce champignon géant, puis cette poussière orange partout. Ce spectacle vient d’inspirer cette image et d’indiquer le genre du thème principal de la chanson. Nous apportons cela autour de notre propre fin. C’est à peu près ce que nous allons sur une piste de cercueils si nous ne nous arrêtons pas. Essentiellement ça.

Diamond Head - The Coffin Train

Quelle a été votre approche pour la création de cet album par rapport aux précédents? Avez-vous changé votre façon de travailler?

– Both
Rien qu’un peu!

– Brian Tatler
Tout commence toujours par des riffs. J’essaie de créer un riff de guitare et de créer une démo. Mais ce que nous avons fait cette fois-ci, comme le suggérait Rasmus, c’est: j’ai craqué et essayé de travailler ensemble sur des idées de chansons. Nous réécrivions des choses, ajoutions des choses, faisions de nouvelles démos et de nouveaux riffs, puis nous pouvions éventuellement aller dans la salle de répétition et commencer à essayer des choses avec le groupe: ajuster le ton, le tempo, etc. Rasmus est également le producteur de cet album et il l’a mixé. Donc, c’est différent du dernier mais ça sonne tellement mieux pour lui.

– Rasmus Bom Andersen
Je suis sûr que je t’ai rendu fou Brian: combien de temps ai-je dépensé mais je pense que nous sommes contents de ce que ce sera de toute façon.

– Brian Tatler
Je savais que tu pouvais faire du bon travail et je savais que tu essayais de le rendre aussi bon que possible, alors … je me le disais tout seul. Je ne peux pas discuter avec cela et vous essayez seulement de le rendre aussi bon que possible. Je dois juste être patient. Je sais que ça va être génial. Je suis plus impatient que Rasmus. Je serais un peu frustré. chaque fois qu’il disait BMX, je savais que ça allait être fantastique: c’est brillant. Une semaine plus tard, il envoie un autre mix. J’avais confiance en Rasmus et je le laissais juste le faire.

– Rasmus Bom Andersen
Nous nous sommes contentés de le faire et avons essayé de faire de notre mieux. Prochainement. Mais je sais que j’ai passé beaucoup de temps à essayer de l’améliorer au mieux de mes capacités. Finalement, vous deviez toujours laisser tomber parce que vous ne pouviez pas continuer à mélanger, à toucher et à peaufiner … Parfois, Brian dit: « Assez Ras ‘, c’est bon maintenant! »

– Brian Tatler
J’ai probablement essayé d’empêcher Ras de devenir fou. Je dirais: « Regarde, tu vas te rendre fou! Tu dois arrêter! » Nous avons même réservé le mastering pour dire: « C’est le jour où il sera maîtrisé, donc vous devez terminer pour ce jour. »

– Rasmus Bom Andersen
Nous avons ré-enregistré la totalité des voix. Je suis heureux de l’avoir réenregistré parce que, maintenant, lorsque j’écoute l’autre version, je me dis: « C’est de la merde! Le nouveau est génial!

– Brian Tatler
Vous n’avez jamais regretté de passer ce temps.

– Rasmus Bom Andersen
Non non. C’était l’un des meilleurs choix que j’ai fait sur cet album.

Pour le clip « The Coffin Train », était-ce votre propre idée ou avez-vous reçu de l’aide pour la concevoir et la réaliser?

– Rasmus Bom Andersen
Non, nous avons contacté une entreprise que j’avais trouvée et qui est basée en République Tchèque. Ils ont fait cette animation pour un autre artiste pour lequel ils ont travaillé et je pensais que c’était une très bonne idée. Je leur ai demandé de suivre les paroles et de suivre ce qui était là, mais ils ont en quelque sorte transformé une œuvre d’art en œuvre d’art, comme ils le disent. Je pense que ça s’est vraiment bien passé. C’est très puissant. Ils ont utilisé beaucoup d’images puissantes et je pense que la chanson n’en est que le pouvoir. Les gens écoutent maintenant et lisent davantage les paroles et l’histoire qui les sous-tend. Je sais que nous avons eu des problèmes avec cela parce que c’est trop politique mais ce ne sont pas des questions politiques qui sont controversées parce que c’est ce qui se passe. C’est l’intérêt d’écrire une chanson, comme d’autres choses, pour transmettre un message. C’était une compagnie appelée « All4Band« en République Tchèque et ils sont en ligne. Ils font du bon travail! Je suis très content de ce qu’ils ont fait.

https://www.youtube.com/watch?v=YFsC6M7x32g

Votre clip dégage une atmosphère sombre. Pourriez-vous nous en dire plus sur les paroles et le message que vous souhaitez transmettre à travers ce clip et cette chanson?

– Rasmus Bom Andersen
Nous avons abordé le sujet … Il s’agit de l’endroit où l’humanité se pousse. Si nous ne comprenons pas que nous ne pouvons pas continuer à vivre comme nous le faisons, nous créerons finalement notre propre fin. Ce n’est pas à propos de « si »; il s’agit de « quand » car les chiffres parlent d’eux-mêmes. À moins que quelque chose … le cataclysmique n’arrive à l’avance pour rétablir l’équilibre, nous finirons par nous retrouver dans un train de cercueils.

Nous arrivons à la fin de cette interview et comme toujours, nous vous laissons les derniers mots de celle-ci.

– Brian Tatler
D’ACCORD! Eh bien, nous avons beaucoup de festivals à venir. Nous attendons vraiment avec impatience de jouer au Hellfest aujourd’hui, nous avons Wacken qui arrive et nous avons ensuite des dates avec Saxon et Black Star Riders plus tard dans l’année. Beaucoup d’autres festivals au Royaume-Uni et en Europe. Nous espérons donc pouvoir sortir aux États-Unis et au Canada l’année prochaine. Donc ça va vraiment bien. Nous avons maintenant une gestion professionnelle et nous avons un excellent label pour le nouvel album. On dirait que toutes les étoiles sont alignées et que tout va vraiment bien pour le moment. Un message: si vous n’avez pas entendu le nouvel album, allez le voir! Il est sorti depuis quelques semaines maintenant et s’appelle « The Coffin Train ».


Photo de Stephan Birlouez pour www.amongtheliving.fr

 

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