Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

Asylum Pyre fait partie de ces groupes qui ne laissent pas indifférent et dont on a peu de mal à se souvenir. Découvert pour ma part il y deux ans lors de leur unique date dans le Nord de la France, je me rappelle avoir été impressionnée par leur capacité à s’approprier les lieux et à captiver le public. Dès les premières secondes du show, le groupe déverse une énergie époustouflante dans toute la salle, sans jamais la relâcher. Et plus les titres défilent, plus on en redemande. Il en est de même pour leur quatrième album intitulé tout simplement « N°4 », sorti il y a un peu plus d’un an chez M&O Music.
« N°4 » est un concept album qui nous propulse en 2052 dans un monde dévasté. Chaque membre du groupe représente un personnage d’une association de résistants, défenseurs de Mère Nature. L’album nous raconte leur histoire, leur combat. L’intro sonne comme la première page d’un livre qui s’ouvre tout en douceur, on sent que c’est le calme avant la tempête. Avec ses allures de comptine, cette première piste nous permet très rapidement de faire connaissance avec les deux voix principales de cet album. Il s’agit du premier opus avec la chanteuse Ombeline Duprat, alias Oxy Hart. Avec les onze titres qui suivent, on est ballottés entre des morceaux très puissants comme « Dearth », « Lady Ivy » ou « The Right To Pain », et d’autres petites douceurs comme « Into The Wild » ou « On First Earth » (qui a récemment fait l’objet d’une « vidéo de confinement »). Deux singles sont sortis peu de temps avant l’album : « Sex, Drugs & Scars », sous forme de lyrics video, avec la participation du chanteur de Beast In Black, Yannis Papadopoulos, et « One Day » avec un clip digne des plus grosses productions, où l’on peut découvrir les différents personnages incarnés par les membres du groupe.

Musicalement parlant, cet album regorge de surprises. A la batterie, oubliez les tapis de double ou les blast beats, c’est à coup de gros patterns groovy qu’on vous botte les fesses. La basse est bien présente et donne toute la profondeur au son, tout en s’accordant une chouette petite partie solo sur « One Day ». Côté guitare, on est clairement sur de l’incisif à grosse disto, avec une mention spéciale pour le début fracassant de « Lady Ivy ». Les solos sont réalisés par Nils Courbaron (Sirenia, T.A.N.K). Le tout est agrémenté de nombreux sons de synthé qui donnent un côté électro moderne à l’album. Au niveau des voix, Oxy nous dévoile ici l’étendue de ses capacités. On la sent à l’aise aussi bien sur des parties calmes et posées où on a presque l’impression qu’elle chuchote à notre oreille, que sur des passages où elle peut laisser éclater toute sa puissance comme sur l’après-solo de « Lady Ivy ». Les parties vocales masculines sont assurées par Johann Cadot, guitariste, principal compositeur et auteur, et autant dire que la symbiose entre les deux chanteurs est remarquable.
L’album s’achève sur « Cemetary Road », une pépite selon moi, qui nous permet une fois de plus d’apprécier la diversité du chant d’Oxy et le travail de nuances apporté par l’ensemble du groupe.
En résumé, ce « N°4 », c’est l’album qu’il te faut quand tu as besoin d’une grosse claque musicale … Mais attention, futur « Fighter », lorsque tu auras appuyé sur « play », tu ne pourras plus t’en passer.

Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

Il y a quelques jours j’ai rencontré virtuellement Ombeline, confinée en Bosnie, et Johann. Ils nous en disent un peu plus sur le groupe et les projets à venir.

Asylum Pyre a 10 ans ! Johann, lorsque tu as démarré le projet, tu imaginais que ça irait aussi loin ?

J. En fait ça n’a jamais été vraiment réfléchi, je n’ai même jamais pensé avoir de groupe quand ça s’est fait. C’était juste des gens que j’ai rencontré plusieurs fois par hasard, on a fait un bœuf un jour, et peu à peu on a amené une compo, on s’est trouvé un nom, on a fait une démo … Aujourd’hui on pense quasiment à l’album d’après alors qu’on est en train d’enregistrer l’actuel mais au début pas du tout, on ne savait pas du tout ce qu’on faisait, où on allait … On ne savait pas jouer … (rires)

Si tu devais recommencer, est-ce que tu referais tout de la même manière ? Que voudrais-tu changer ?

J. Je pense que je travaillerais un peu plus la théorie et l’instrument avant de me lancer. Il y a eu pas mal d’erreurs dans l’histoire du groupe. Certains choix de personnes n’ont pas été les bons à un certain moment, certains comportements non plus, moi y compris. Prendre plus de recul, essayer d’avoir plus confiance à certains moments … Je n’ai pas la réponse en fait. A part un album qu’on aurait dû arrêter en cours d’enregistrement, se reposer et recommencer depuis le début (Spirited Away), le reste finalement c’était l’évolution naturelle des choses.

J’aurais aimé que le premier bassiste, Julien, puisse rester dans le groupe. J’adore les membres du groupe aujourd’hui, je n’ai aucun problème, au contraire, mais c’est vrai que c’est quelqu’un avec qui on a construit le groupe et qui apportait quelque chose d’autre au projet, quelqu’un d’intéressant, et je regrette d’avoir perdu ce contact-là. J’aimerais l’avoir en plus mais je n’en enlèverais aucun dans l’équipe actuelle.

Ombeline, tu as rejoint le projet assez récemment, il y a deux-trois ans je crois ?

O. Même d’avantage maintenant, fin 2016. Ça commence à dater ! J’ai l’impression effectivement que c’était il y a deux ans mais ça va faire quatre ans cette année. Johann commençait juste à faire les maquettes de N°4 quand on s’est rencontrés.

Qu’est-ce qui t’as donné envie d’intégrer le groupe ? Comment cela s’est -il passé : est-ce que c’est toi qui t’es positionnée ou est-ce que c’est le groupe qui est venu vers toi ?

O. Ça a été une recommandation. Je connaissais déjà Asylum, j’avais vu le groupe jouer auparavant et j’étais super contente quand Johann m’a contactée. C’est un ami, Steve, bien connu de la scène metal parisienne, qui a dit à Johann de s’adresser à moi quand il recherchait une chanteuse. Un jour j’étais au travail et j’ai reçu un message de Johann : « Bonjour, j’aimerais te parler » [lol]. Ensuite j’ai passé une audition. Ce jour-là je suis partie de chez Johann je faisais plus que la gueule, je n’étais pas du tout contente. Il faut quand même dire que Johann a une façon assez particulière de faire passer des auditions. Je suis arrivée chez lui et il m’a présenté les nouveaux morceaux. Il m’en a donné un et m’a dit « tiens vas-y, chante ! ». En gros ça s’est passé un peu comme ça. Je pense qu’on est restés au moins deux ou trois heures ensemble et je suis repartie sans même lui dire au revoir [lol]. Ce n’était pas envers lui c’était envers moi, je pensais vraiment ne pas avoir été à la hauteur.

Vous avez une belle équipe avec vous, pouvez-vous nous parler un peu des autres musiciens ?

J. Non … [lol]

O. On les aime beaucoup, ils nous manquent énormément.

J. En fait le plus ancien dans le groupe après moi c’est Thomas, qui est arrivé 7-8 mois avant Ombeline, quand on préparait les deux tournées avec Stream of Passion et Luca Turilli. Excellent batteur qui amène une touche rock et énormément de groove dans la musique.

O. Et tribal, une touche Rock et Tribal je dirais.

J. Il apporte vraiment quelque chose d’intéressant à Asylum. C’est d’ailleurs à partir d’un de ses patterns de batterie qu’on a quasiment revu toute la copie sur Dearth qui est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Au début il y avait un truc dont on n’était pas contents. On a revu certains passages avec Thomas, et puis le refrain et d’autres passages avec Ombeline, et finalement le morceau n’a plus rien à voir avec sa première version.

Ensuite il y a notre ami P.E à la basse … Alors à la basse et puis maintenant à la guitare, puisqu’il est arrivé d’abord en tant que bassiste, puis il est parti, puis il est revenu. Il a dû partir à cause de problèmes personnels, nous n’étions pas fâchés, il n’avait plus le temps. Et puis finalement il a de nouveau eu le temps et il est revenu en tant que guitariste, ce qui a été une grosse surprise. On l’a réintégré et on est ravis de pouvoir le retrouver. Il a une grosse expérience, il a été dans un groupe qui s’appelle Heavenly très connu des amateurs de Power Metal, il a fait des grosses tournées avec Stratovarius par exemple, ou Edguy à l’époque. Excellent musicien aussi.

Et le petit dernier, Fab, autrement appelé « Le Saumon », qui nous a rejoint depuis notre petite expédition en Slovénie pour les MetalDays où il avait dû justement remplacer P.E à la basse, et qui, depuis nous a rejoint en tant que fier bassiste. Excellent musicien, super sympa également.

Asylum Pyre : Rejoignez la Résistance !

De quoi êtes-vous le plus fier concernant Asylum Pyre ? Qu’est-ce qui fait votre force, selon vous ?

O. Alors si je peux me permettre, je ne peux évidemment pas parler pour toute la carrière du groupe, mais à titre personnel c’est le dernier album et surtout le fait que, pour celui qui arrive, on a tous appris à se connaître. Avec N°4 on a fait un premier essai des influences des uns et des autres, et Johann a réussi à se les approprier et à les combiner tout en gardant le style Asylum Pyre. Parfois quand tu as un compositeur, tu reconnais sa propre patte et c’est tout, mais Johann est hyper ouvert sur ce qu’on peut apporter. Il inclut toutes les idées, on les retravaille, et ça c’est vraiment chouette. Du coup, il y a quand même la patte de Johann qu’on reconnait parfaitement en tant qu’auteur et essentiellement compositeur, mais aussi par exemple le côté un peu fusion, rythmique africaine de Thomas dont je parlais tout à l’heure. Johann est très ouvert par rapport à ça et c’est un vrai plaisir de pouvoir avoir des patterns … tu vois « Toum toukoutou koum » [Ombeline nous chante une rythmique de percussions africaines … un vrai bonheur].

J. Effectivement, je dirais réussir à mélanger les influences de tout le monde. Je viens de nulle part niveau musical, je n’ai aucune base, je n’ai pas pris de cours, je suis parti de zéro … Comme disais un très bon pote qui est passé dans Asylum en tant que bassiste : « Etre arrivé là où tu es avec ce que tu connais c’est incroyable ». C’est peut-être un peu ça la fierté du groupe, en partant de rien du tout et avec très peu de bases, d’arriver à faire quelque chose de sympa et d’avoir pu faire des albums (notamment le dernier) qui ont de la gueule, d’avoir pu jouer l’année dernière dans des salles de 1500 personnes avec un accueil chaleureux, ça c’est une vraie satisfaction pour le groupe.

O. Petit aparté, je rebondis sur ce que disais Johann, il y a quand même aussi quelque chose de très franco-français où tu dois avoir fait des études de musique etc. Tu as toujours le syndrome de l’imposteur : parce que tu n’auras pas fait telle classe de musique, on va te le faire remarquer parfois. Pour moi c’est une question d’écoute, d’assimilation de ce que tu as déjà pu écouter, après bien sûr il y a la part de talent qui fait que tu vas savoir assembler les choses. C’est aussi le rôle de Johann, le chef d’orchestre, de parvenir à mélanger tout ça.

Avec l’album N°4 vous avez amené tout un univers avec des tenues de scène qui sont plutôt d’actualité. D’où est venu ce concept ?

J. C’est une évolution depuis le début du groupe. Quand on regarde les paroles dès le début ça parlait déjà un peu de ces choses-là. L’année dernière on a d’ailleurs fait un historique de ce que raconte chaque album, et même si ce n’était pas forcément conscient on se rendait compte qu’il y avait une évolution des thématiques assez naturelle depuis la prise de conscience jusqu’au futur proche, jusqu’à une hypothèse du futur plus ou moins proche. Et après ça a été des échanges, des discussions sur ces sujets liés à l’environnement, à la protection de la planète qui me touchent beaucoup. On parle souvent de ces choses-là dans le groupe, on peut déconner un instant et puis tout d’un coup parler politique ou de l’avenir du monde. On ne s’ennuie jamais niveau sujet de conversation. On a beaucoup échangé sur cet univers-là, notamment en discutant de la pochette et de ce que les paroles traduisaient. Donc c’est un peu une maturation longue et commune.

O. C’est ça, ça suit aussi l’évolution de la société, les prises de conscience plus ou moins récentes. De mon côté déjà avant de rejoindre le groupe j’étais déjà consciente, je militais pour WWF notamment, donc les thèmes abordés par Johann ce sont des problématiques que je connais depuis une dizaine d’années voire plus. Il y a une conscience écologique et de devenir du monde, c’est l’avantage de cet album et aussi de l’album à suivre et des prochains, c’est que nous suivons nos propres cheminements. Concernant le masque et le fait que ça ait été designé comme ça pour la pochette, on a un esprit assez cynique, il faut le reconnaître. Pas dans le mauvais sens du terme à toujours tout critiquer, mais plutôt mettre les choses en observation, les confronter. J’avais vu que Louis Vuitton proposait des masques en Chine avec leur acronyme, et c’est assez intéressant de voir que cet outil qui n’est pas du tout esthétique était finalement devenu un outil fashion. C’est complètement cynique quand tu regardes la façon dont ils sont fabriqués, c’est proprement toxique, c’est une catastrophe écologique, mais à côté de ça tu restes quand même dans le côté Fancy et ça corrobore exactement ce qu’on pouvait dire dans les paroles. Il y a toujours des messages à double sens, tu peux comprendre les paroles de façon détachée comme si c’était une histoire, mais si tu creuses un peu tu as énormément de références à plein de choses actuelles.

J. C’est vrai que le coup du masque qui devient un accessoire de mode on ne pensait pas qu’il viendrait aussi vite !

J’ai entendu dire que le prochain album était déjà bien avancé. Que pouvez-vous nous dire sur celui-ci ?

J. Déjà il est très probable qu’il y ait une part I et une part II parce qu’on a déjà pas mal de titres initialisés. Donc même si on va certainement retravailler dessus il y a au moins la base pour une vingtaine de titres. On va les enregistrer comme deux albums, mais comme thématiquement ça va se rapprocher, il y a l’idée d’avoir deux parties. Niveau histoire ça va être la suite de ce qu’on a fait sur N°4. Niveau musique il y a encore des évolutions, encore un peu plus de tribal. On s’était amusés à trouver un nom de style un jour. Comme on n’arrivait pas à définir notre style on disait modern power metal, mais c’est très résumé. Alors on avait dit qu’on faisait du modern and traditionnal power speed electro pop metal avec des touches tribales. Donc ça va être à peu près ça.

Ombeline, sur l’album N°4 tout était déjà quasiment fait quand tu es arrivée, cette fois est-ce que c’est toi qui va composer les parties de chant intégralement ?

O. Non c’est Johann parce qu’il a de bien meilleures idées que moi en matière de chant, si j’ai des propositions bien sûr je vais lui en faire part. Là où je ne suis pas mal c’est pour faire tout ce qui est double voix, et les petits arrangements du fait de mes influences mais ça ça viendra après, dans un second temps.

J. Il y a une vraie touche World que Ombeline apporte sur certains passages.

O. Et Jazz ! C’est ce que Johann appelle « Oxyser » le morceau. Je suis saxophoniste de formation, donc forcément il y a des trucs un peu … ça swing ! C’est ma spécialité.

J. Il y aura encore plus de mélange qu’avant en fait, il y aura quelques petits passages qui vont surprendre les gens je pense.

O. On pourra dire à nouveau qu’on fait du « putassier ».

Quelles sont vos ambitions pour ce nouvel album, et de manière plus générale, pour le groupe dans les quelques années qui viennent ?

O. En toute logique évidemment ça serait de pouvoir défendre l’album. Ensuite je pense que ce sur quoi il faut qu’on mûrisse ce sont les éléments scéniques, renforcer le visuel qui a déjà été développé. Ce n’est pas donné à tout le monde, il faut pouvoir penser les choses graphiquement, il faut avoir une idée de la scénographie, et quand ce n’est pas ton métier ce n’est pas toujours évident de l’envisager.

J. Pour l’instant on ne sait pas trop quand les concerts vont pouvoir revenir. On a un certain nombre de concerts qui sont tombés à l’eau, on en a un en Angleterre normalement en septembre mais il y a de gros risques pour qu’il soit annulé aussi. Donc c’est compliqué aujourd’hui d’avoir cette visibilité-là malheureusement.

O. Je pense aussi qu’en ce qui concerne Asylum, il faut essayer d’utiliser les nouveaux outils médiatiques. Comme l’a dit Johann on ne sait pas quand vont reprendre les concerts, et on devrait profiter de ce temps-là pour mieux se positionner d’un point de vue digital. Ça peut faire partie aussi des projets du groupe.

Cette période de confinement vous a-t-elle permis de réaliser des choses que vous aviez laissées de côté auparavant, pour Asylum Pyre et/ou pour d’autres projets ?

J. Pas mal oui … ranger, déjà ! Et puis personnellement j’ai avancé sur plein de projets, du coup là j’ai 5-6 albums qui n’attendent plus qu’à être enregistrés et arrangés.

O. C’est tout ?

J. Oui je parle pour ceux qui sont finis.

O. J’étais un peu déçue à vrai dire.

J. Non sinon il y en a 17 ! Je ne compte que les chansons qui sont à peu près structurées, si on ajoute toutes les idées, les choses où il n’y a que des bouts ou un refrain, on peut multiplier par deux. Et toi Ombeline ?

O. C’était bien de pouvoir enfin se poser pour pouvoir faire des petits trucs, ne serait-ce que revoir les maquettes, tout ce qui a déjà été fait, etc. En règle générale je manque de temps. Et à côté du groupe, j’ai des projets de série. J’ai enfin pu me poser, et vu que j’avais pris mes caméras avant de partir, j’en profite d’être en Bosnie pour pouvoir tourner ce que j’avais en tête. Finalement c’est du temps de gagner sur la suite, quand il va falloir se remettre à temps plein. J’avais aussi un projet de websérie sur la Bosnie sur lequel on a vraiment bien avancé. Et j’ai remis à jour mon site, bref plein de petites choses. Ça a été profitable pour ça.

On a tous rangé un peu autour de nous finalement …

O. Oui d’un point de vue physique et mental aussi !

Ça a permis de faire un recentrage, de s’apercevoir des petites choses qu’on a tendance à oublier surtout en région parisienne je trouve. Finalement tu t’attaches à des choses beaucoup trop matérielles, des comparaisons avec autrui. Hier il faisait orage, j’étais dans le lit et je me disais « mais ça c’est vraiment le bonheur ultime » quand tu peux commencer à t’endormir avec l’orage et la flotte, qu’est-ce que t’as besoin de plus ! C’est le genre de chose quand tu es trop dans un tumulte, et notamment à Paris, tu finis même plus par l’apprécier, tu ne t’aperçois même pas que tu as ça autour de toi. Le fait que les choses aillent un peu plus lentement, en tout cas de mon côté, ça a permis une espèce de recentrage qui était absolument nécessaire.

J. Je suis assez d’accord avec ce que tu dis là, et ça me fait penser à un jeu de mot que j’ai vu passer il n’y a pas longtemps : « Je ne veux pas revenir à l’anormal » et c’est un peu ça. Quand j’ai vu les gens dans les rues, toutes les voitures, je me suis dit « non je ne veux pas revenir à ça ».

Merci beaucoup d’avoir répondu à ces quelques questions. Nous avons hâte de découvrir ce cinquième album et de vous retrouver sur scène. Un dernier mot pour terminer ?

O. J’ai coutume de dire « restez curieux ». On parlait des effets positifs de la quarantaine, en tout cas pour ceux qui ont eu la chance de ne pas avoir de proches malades, il y a justement le fait d’avoir pu découvrir des choses. Certes il y a des gens qui se sont ennuyés, mais pour la plupart ils ont commencé à apprendre une nouvelle langue, ou à se remettre à un instrument. Donc : essayons de faire en sorte que ce qu’on a pu apprendre pendant la quarantaine puisse continuer, restons curieux.J’ai coutume de dire « restez curieux ». On parlait des effets positifs de la quarantaine, en tout cas pour ceux qui ont eu la chance de ne pas avoir de proches malades, il y a justement le fait d’avoir pu découvrir des choses. Certes il y a des gens qui se sont ennuyés, mais pour la plupart ils ont commencé à apprendre une nouvelle langue, ou à se remettre à un instrument. Donc : essayons de faire en sorte que ce qu’on a pu apprendre pendant la quarantaine puisse continuer, restons curieux.

J. Pas mieux !


Photos : Alban Verneret

Pour suivre l’actualité d’Asylum Pyre :


Four Year Strong

Connaissez-vous ... Four Year Strong et Brain Pain ?

Il y a des groupes comme ça où on ne sait pas à quoi s’attendre et qu’on découvre avec surprise. Four Year Strong a été l’un d’entre eux. Dès les premiers morceaux je me suis dit que je me devais de vous les présenter mais aussi leur nouvel album ! Alan Day, chanteur et guitariste du groupe répond à quelques unes de nos questions sur leur actualité.

Bonjour comment-allez vous? Votre nouvel album « Brain Pain » est sorti le 28 février, qu’en pensez-vous? Quelles ont été les premières réactions de vos fans?

Je suis vraiment excité par la sortie de Brain Pain. C’est mon album préféré parmi ceux que nous ayons fait, mais évidemment je ne suis pas objectif. La réaction des fans a été meilleure que ce que nous espérions.

Une petite question sur votre passé, quelles sont les influences qui vous ont inspirées pour créer le groupe que vous êtes aujourd’hui?

Quand nous avons commencé le groupe, je venais d’un milieu assez punk / alternatif et Dan était dans un groupe hardcore. Quand nous nous sommes rencontrés, je commençais tout juste à me lancer dans le hardcore / metal et Dan commençait à faire des trucs emo / punk, alors nous avons pensé à créer un groupe qui mélangerait les deux ensemble. Cela a définitivement commencé plus du côté emo avec un côté un peu lourd, mais au fil du temps nous avons écrit de plus en plus de chansons. Le côté lourd a juste fait son chemin et a commencé à jouer un rôle énorme dans le son. Au début, les gens détestaient vraiment ça, les gens des spectacles locaux ne semblaient pas vraiment comprendre. Mais cela nous semblait juste, alors nous avons continué avec cela, essayant toujours de l’affiner et de lui donner plus de sens pour l’auditeur. Je suis content que nous ayons gardé notre instinct et il a finalement commencé à se manifester 6 ans plus tard.

Comment créez-vous vos chansons? Commencez-vous par la musique elle-même ou par les paroles? Pour les paroles, trouvez-vous un thème et créez-vous autour de ce thème ou travaillez-vous autour d’une phrase d’accroche?

On commence toujours par la musique. Cela commence généralement par un riff de guitare et un « thème » musical sur lequel nous baserons la chanson. Une fois que l’ambiance de celle-ci commence à prendre forme, nous essayons d’écrire des voix qui correspondent à la sensation qu’on éprouve en l’entendant, en commençant généralement par une mélodie de base. Le contenu lyrique viendra généralement par hasard lorsque nous improvisons autour d’une idée de mélodie vocale puis les choses commenceront à se rejoindre. Mais c’est juste le scénario le plus courant, nous avons écrit des chansons de différentes manières au fil des ans.

J’ai vu que vous ne vouliez pas de date limite pour cet album et que vous vouliez prendre votre temps pour le faire correctement? Quand et pourquoi vous êtes-vous dit « OK, c’est le moment de le publier »?

Oui c’est vrai, nous n’étions PAS pressés de sortir un album. Nous voulions juste nous assurer que nous sortions le bon album, peu importe le temps qu’il fallait. Je pense que nous avons fini par réserver du temps en studio avec Will Putney quand nous avions une poignée de chansons qui allaient figurer sur l’album. À ce moment-là, je crois que nous avions écrit « Get Out Of My Head », « Talking Myself In Circles », « Learn To Love The Lie », « Worst Part About Me » et quelques autres, alors nous nous sentions comme si nous étions en bonne position pour commencer à aller de l’avant.

À part cela, avez-vous changé votre façon de travailler pour cet album par rapport au précédent? Si oui, comment?

La plus grande différence entre cet album et les autres est le nombre de chansons que nous avons écrites. Nous avions probablement entre 40 et 50 idées de chansons. J’ai toujours connu l’avantage d’écrire plus de chansons : plus vous écrivez, meilleures sont les chances d’écrire quelque chose de génial. Mais jusqu’à « Brain Pain », nous n’avions jamais pratiqué cette méthode. Sur notre album éponyme, nous n’avions écrit que les 10 chansons qui se trouvent sur l’album, et une fois l’enregistrement terminé, cela ne nous a pas semblé suffisant et nous avons simplement ajouté « Go Down In History » de notre EP. Nous n’avions tout simplement pas eu l’impression que nous y avions mis notre cœur, nous voulions donc y remédier et travailler plus dur que nous l’avions fait depuis des ANNÉES pour écrire des chansons qui nous convenaient.

J’ai également vu le clip « Lean To Love The Lie » où vous avez expliqué:

« It’s about being stuck in a mutually miserable relationship, but you’re both too much of a coward to leave. If you’re going to lie to yourself about being happy, you might as well learn to love it. Lets not kid ourselves…We’ve all been there »
(Il s’agit d’être coincé dans une relation mutuellement misérable, mais vous êtes tous les deux trop lâches pour partir. Si vous allez vous mentir pour être heureux, vous pourriez aussi bien apprendre à l’aimer. Ne nous leurrons pas … Nous avons tous été là)

Avez-vous appris à aimer le mensonge dans votre vie ou avez-vous eu le courage de partir?

Cette chanson était vaguement basée sur des événements de la vie réelle et était un récit écrit sur des situations dans lesquelles nous avons vu nos amis et notre famille. C’est un événement tellement courant et un excellent thème pour une chanson à laquelle les gens pourraient se connecter.

Vous aviez annoncé 6 spectacles / festivals en Europe. Savez-vous si vous aurez plus de dates en Europe ou peut-être en Belgique pour nos lecteurs?

Nous allons certainement faire plus de spectacles en Europe sur le cycle de « Brain Pain », mais il n’y a aucun plan actuellement en raison de la situation de COVID-19. Avec un peu de chance, les choses reviendront à la normale bientôt et tout le monde pourra retourner en toute sécurité aux spectacles!

Dans quel(s) pays rêvez-vous de jouer et pourquoi?

Nous avons eu la chance de jouer dans de nombreux pays incroyables et nous espérons continuer à nous étendre là où nous pourrons jouer. Je sais que ce n’est pas un pays, mais un endroit où nous avons toujours voulu jouer et où nous n’avons pas encore pu est Hawaï.

Nous vous laissons les derniers mots de l’interview pour dire tout ce que vous voulez à vos fans ou / et à nos lecteurs.

Nous voulons juste que tout le monde écoute notre nouvel album et nous garde à l’œil quand les concerts recommenceront. Nous avons hâte de jouer à nouveau pour vous tous!


Photo: Gavin Smith

Vous voulez en savoir plus sur Four Year Strong?


Les Acteurs de L'Ombre -INTERVIEW-2

Rencontre avec Gérald du label Les Acteurs de L'Ombre

Il y a quelque temps, nous avions contacté Les Acteurs de L’Ombre et c’est Gérald, label manager, qui a pris le temps de répondre à nos questions concernant ce label français axé black metal et metal extrême. En fin d’interview, vous pourrez consulter les liens vers leurs réseaux et leur catalogue où vous trouverez certainement de quoi ravir vos oreilles ! Nous avions publié précédemment plusieurs interviews de groupes liés aux Acteurs de L’Ombre dont Hyrgal, Aorlhac et SETH.

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein des Acteurs de L’Ombre ?

Bonjour, je suis Gérald, label manager du label que j’ai créé en 2008.

Les Acteurs de L'Ombre -INTERVIEW

Les Acteurs de l’Ombre, comment avez-vous choisi ce nom ?

J’ai créé Les Acteurs de L’Ombre en 2001 avec 3 amis. J’ai proposé ce nom lors de notre première réunion. L’idée était de trouver un nom qui rappelle à la fois les acteurs de la scène underground et ceux qui la défendent dans l’ombre. Un nom qui nous rassemble dans notre passion et notre activisme pour la défendre et la faire vivre.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement l’histoire du label ?

Suite à une mutation professionnelle en 2008, j’ai dû laisser la présidence de l’association LES ACTEURS DE L’OMBRE créée en 2001, et j’en ai profité pour lancer le label pour l’association de manière autonome. Je suis un passionné de black metal depuis 94. Je n’ai jamais cessé de m’investir dans la scène, au travers de groupes, un fanzine, un webzine, une organisation de concerts et de festivals. En 2011, la branche organisation de spectacles et le label ont été scindés en 2 entités différentes et autogérées.

En quoi la situation actuelle qui plonge le monde dans un certain sommeil a une incidence sur le label ?

Nous sommes impactés comme tout le monde dans l’industrie de la musique et du spectacle. Tout est en standby, comme si le monde s’était endormi. Outre le fait que la distribution physique est presque à l’arrêt car les magasins sont fermés, les gens commandent moins sur internet et j’ai appris qu’Amazon se mettait en pause. Du fait de l’annulation des tournées, des festivals, nous ne pourrons pas tenir les stands prévus. Cela va engendrer un énorme manque à gagner qui met en péril les sorties qui suivent l’été. Nous devons trouver une solution pour générer assez de trésorerie pour ne pas les reporter.

Quels sont les critères de LADLO concernant les groupes que vous intégrez au label ?

Il y a beaucoup de critères à prendre en compte, bien évidemment la qualité artistique et musicale d’un groupe est la chose la plus déterminante. Mais nous devons avoir une vision globale, car ce qui a souvent fait la différence chez nous, c’est le sérieux du groupe allié à sa motivation. Le feeling dans nos échanges prend aussi une bonne part d’importance. Lorsqu’un groupe vient vers nous en démontrant une vraie volonté de collaborer avec nous tout en abordant notre collaboration éventuelle de manière professionnelle, cela nous laisse porter plus de crédit à chaque application. J’entends par là, un groupe qui vient avec un concept et univers graphique abouti, une vision à moyen et long terme de sa carrière, une volonté de faire du live avec une vraie scénographie et qui a su s’entourer de personnes compétentes pour développer son art. Il doit aussi s’engager à nous appuyer dans la promotion et se montrer disponible. À contrario, il nous arrive de signer des groupes qui ont besoin de management, ainsi, nous les mettons en contact avec des graphistes, photographes, studios d’enregistrement, bookers et nous les accompagnons à différents niveaux.

Y a-t-il un groupe auquel vous n’avez pas cru dès le départ mais qui vous a plus qu’agréablement surpris au niveau de son évolution ?

Nous ne collaborons pas avec des groupes qui nous proposent un album qui ne nous plairait pas, nous croyons dans chaque sortie. Y compris les groupes dans notre roster car nous ne nous engageons que pour un seul album à la fois. Nous sommes tous bénévoles et puisque nos avis ont tous le même poids, nous choisissons nos sorties en votant à la majorité. Ainsi, certains travaillent sur des sorties dont ils ne sont pas particulièrement fans, mais ça tourne puisque à l’image de nos goûts, nous produisons des albums très variés. Cependant, il peut arriver que des groupes dépassent nos espérances en termes d’accueil et de retour du public.

Quelles sont les 3 meilleures sorties de cette année au sein de LADLO ?

De mon point de vue, nous proposons un panel plutôt large de ce que l’on peut trouver dans le metal extrême à tendance black metal et toutes nos sorties méritent la même attention. Je pense qu’il y en a pour tous les goûts ou presque. J’ai le sentiment que notre catalogue propose de la qualité et une vraie diversité. C’est le retour que nous font les gens qui nous suivent, ils peuvent acheter nos sorties les yeux fermés. Je n’ai jamais de regret sur nos choix de sortie, même ancienne, car nous menons le label avec sincérité.

Aussi, je ne pourrais te dire telle sortie est meilleure qu’une autre, elles sont toutes différentes, et je suis fier de chacune d’entre elles. J’ai mis beaucoup de temps à répondre à ton interview puisque envoyée fin 2019, du coup, j’adapte ma réponse. Actuellement, nous avons 3 sorties réalisées en 2020 :

MONOLITHE, huitième album, « Okta Khora », sorti le 31 Janvier 2020 (progressive doom metal)

https://www.youtube.com/watch?v=71MNLpWD1_Y

SONS OF WANTED MAN, premier album, « Kenoma », sorti le 7 Février 2020 (blackened post metal)

https://www.youtube.com/watch?v=-eBrpfEYFqo

BORGNE, neuvième album, « Y », sorti le 6 mars 2020 (industriel black metal)

https://www.youtube.com/watch?v=XZ0tpf5a_nQ

Et je bloque pas mal sur l’album à venir de GRAVE CIRCLES, « Tome II ». GRAVE CIRCLES est l’un de nos artistes qui restent les plus fidèles au style originel, sans s’y limiter. S’il ne révolutionne pas le genre, il a su trouver son identité à travers diverses influences. Il en résulte un black metal torturé à l’image des thèmes abordés dans les paroles. Un album intense et varié, aux structures parfois complexes et aux riffs brutaux, mais aussi lancinants ou mélodiques, aux ambiances aériennes et occultes. Une bête souterraine, rampante et dissonante, rythmée par une batterie infaillible et des incantations presque rituelles.

Si vous pouviez changer une chose à l’industrie musicale, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Je dirais qu’à la fois c’est un rouage qui s’est fait avec le temps, qu’il est difficilement modulable, et aussi, qu’il essaye de s’adapter au mieux à l’évolution continuelle des modes de communications et diffusions. Il y aurait plein de choses à changer car il y a beaucoup d’inégalités, mais à notre niveau, le problème auquel nous sommes régulièrement confrontés est celui des droits des artistes et de leurs rétributions. Beaucoup chez nous ne sont pas affiliés SACEM, ça peut poser des soucis à certains niveaux, à contrario nous avons des frais supplémentaires pour ceux qui le sont. Et ce n’est pas toujours évident car nous fonctionnons en totale autogestion, et du fait que nous ne sommes pas dans le circuit, et ne bénéficions pas des aides et accords avec les différents organismes, pour nous c’est un coût. Sans compter que les artistes un peu novices ont un peu de mal à récupérer leurs droits du fait de leur désorganisation. Et je ne parle même pas des royalties ridicules sur le streaming…

Est-ce qu’il vous arrive de travailler avec d’autres labels ? Comment est l’entente entre les différents labels français ?

Oui, plusieurs fois, mais cela n’a jamais été une bonne expérience. Collaborer sur une sortie implique une certaine organisation, rigueur et synchronisation entre les deux labels. Malheureusement, les choses sont telles que les fonctionnements internes de chacun ne sont pas forcément en adéquation et compliquent le processus général. On a souvent de mauvaises surprises avec des malfaçons suivant qui a géré quoi. Et puis, il faut se mettre d’accord sur les deals, les visuels, les supports, le merchandising, la distribution… Toujours assez galère.

L’entente entre les labels français est plutôt bonne, on se file des coups de main, on fait la bringue ensemble. Nous ne sommes pas concurrents et nous nous connaissons pour beaucoup de longue date.

Quels sont vos attentes et vos objectifs pour l’année à venir ?

Je souhaite juste que nous puissions continuer notre activité autant de temps que cela nous sera possible avec la même ferveur. Je rêve de toujours plus de collaborations enrichissantes et de moments mémorables. Étant donné la conjoncture actuelle, notre priorité est de trouver le moyen de pouvoir maintenir les sorties prévues après l’été. Nous réfléchissons actuellement à des alternatives, et relançons en ces temps de confinement, des projets restés en sommeil depuis des années. Il ne nous reste plus qu’à garder la foi et espérer que nous arriverons à combler le déficit au moins partiellement.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Merci à toi et à Metal Overload pour votre soutien. J’encourage juste les lecteurs à venir jeter une oreille à notre roster : https://ladlo.bandcamp.com Je pense que nos groupes sont encore trop largement méconnus et pourtant très méritants.


Photo de Gérald par Thomas Orlanth

Vous voulez en savoir plus sur Les Acteurs de L’Ombre et leur programmation ?


Tersivel : un voyage à travers l'Histoire et les sentiments

Tersivel : un voyage à travers l'Histoire et les sentiments

Né en Argentine en 2004 et maintenant basé en Suède, Tersivel est un groupe de metal indépendant qui évolue dans un registre pagan/folk, pour le dire simplement. C’est Lian Gerbino (chant et guitares) qui nous présente ce projet unique qui mélange habilement Histoire et combats intérieurs sur un fond atmosphérique contrebalancé par des riffs profonds et lourds.

Pour commencer simplement, qui sont Tersivel ?

Nous sommes Franco Robert aux claviers, Danny Ebenholtz à la batterie, et moi-même, Lian Gerbino, au chant et à la guitare.

Que signifie « Tersivel » et comment avez-vous choisi ce nom en particulier ?

Pour faire court, Tersivel est un mot inventé que je rattache au mot « rassemblement ». J’ai beaucoup écrit à ce sujet, depuis des années, en essayant d’en peaufiner le sens et la signification. Une explication exploratoire approfondie sera disponible dans mon livre, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année 2020.

Comment ce nom est devenu celui du groupe… Je suppose qu’au début du groupe, nous étions un peu trop influencés par Tolkien. Personnellement, j’étais fasciné par la création de langues, de mots, de races et de lieux différents et, pour une raison quelconque, il me semblait juste de créer un nom pour le groupe, au lieu d’utiliser quelque chose qui existe déjà. Pour notre premier album, « For One Pagan Brotherhood », j’ai poursuivi cette tendance à créer des noms et des lieux, c’est ainsi que des personnages comme Vosslat et Brënn et des lieux comme Endera et Elveria ont été créés.

Tersivel : un voyage à travers l'Histoire et les sentiments

Vous êtes considérés comme l’un des premiers groupes pagan/folk d’Argentine. Qu’est-ce qui vous a amené à ce style en particulier et quelles ont été vos inspirations à cette époque ?

C’était une sorte d’évolution, je suppose. Ce n’est pas comme si j’avais décidé de former un « groupe pagan/folk metal » en soi, je voulais juste faire du bruit, vous savez, faire de la musique, m’exprimer, explorer. Aujourd’hui, 16 ans plus tard, cela a un sens complètement différent. À l’époque, je me souviens que j’étais (et, à bien des égards, je le suis toujours) très fragile émotionnellement et je ne savais pas comment gérer cela. Une sorte de vide me dévorant de l’intérieur. Alors, comme tout autre être humain, j’avais besoin de trouver un moyen de faire face au Chaos. La musique, la poésie et les livres, surtout concernant Rome et la Grèce antiques, ont commencé à combler ce vide et, pour le meilleur ou pour le pire, à me donner des réponses sur moi-même. Ce que j’aime, ce qui m’amuse, etc. En ce qui concerne la musique, je suis accro à la musique. Il y a tellement de disques que j’aime et dont je m’inspire, qu’il serait impossible de tous les évoquer.

Aussi, comment expliquez-vous le fait que vous ayez été les pionniers de ce style dans votre pays ?

Je pense que c’était une question de timing. Dans les années 2000, il y avait une demande de nouveauté. Grâce à la mondialisation, les films, les jeux et, bien sûr, la musique, les gens, surtout les adolescents, avaient plus de possibilités de divertissement. Leur goût était… Sophistiqué, pour ainsi dire, et cela a ouvert une brèche pour le folk metal en Argentine. J’avais l’habitude de dire : « Retirez le Seigneur des Anneaux de l’Histoire et probablement que vous retirez aussi le folk metal », du moins en Argentine, cela semble tout à fait vrai.

À l’époque, il n’y avait que trois groupes, dont nous, qui jouaient ce style de musique dans notre pays. Le terme pagan/folk metal est apparu des années plus tard. Nous étions simplement connus comme le groupe jouant en jupe (prétendus kilts) ou le groupe en costumes.

Vous êtes là depuis un certain temps maintenant, alors ce style est-il plus populaire en Argentine ? Y a-t-il d’autres groupes dans le même registre que vous pourriez nous recommander ?

Je ne pense pas qu’il soit plus populaire qu’avant. J’ose dire qu’il est même moins populaire. Vous vous souvenez de cette brèche pour le folk metal dont j’ai parlé plus tôt ? Eh bien, ce « gap » est vraiment un gap, pas un grand espace. Et à mon avis, ce fossé se referme maintenant que la nouveauté pour les groupes costumés est passée. Bien sûr, il y a des fans purs et durs qui ne laisseront pas le genre tomber dans l’oubli, mais le fossé se referme quand même. En ce qui concerne les groupes argentins : Skiltron, Tengwar, Cernunnos, Vorgrum, Einher Skald, Triddana et Wulfshon me viennent à l’esprit.

Tersivel existe déjà depuis 2004. Quels sont les highlights de votre carrière ?

Je ne sais pas, je suis le genre de gars qui regarde toujours vers l’avenir. Il m’est difficile de considérer quelque chose que j’ai fait comme un moment fort. Je suis fier de ce que nous avons fait jusqu’à présent, bien sûr. Notre catalogue comporte de bons moments. Nous avons aussi des clips sympas. Nous avons fait des tournées et rencontré des gens sympas. Mais encore une fois, je pense que le meilleur de Tersivel est encore à venir.

D’un autre côté, j’ai lu que vous êtes maintenant basés en Europe, que s’est-il passé ? La scène metal et la culture sont-elles différentes ici de celles de l’Amérique du Sud ?

Ce sont juste des aléas de la vie. Aucun d’entre nous ne vit du groupe, donc quand j’ai déménagé en Suède, il était logique de concentrer nos efforts ici. En ce qui concerne les différences entre l’Amérique du Sud et l’Europe, la culture n’est pas si différente. Surtout dans les villes. Je ne sais pas comment c’est dans les endroits reculés, bien sûr, mais en gros, le « Nouveau Monde » est surtout une extension de la civilisation occidentale. Quant aux différences spécifiques, je suis enclin à penser que la musique metal, en général, est bien plus populaire en Europe qu’en Amérique du Sud. Et cette popularité contribue à façonner une scène underground/moyenne plus saine. Vous avez peut-être vu Megadeth jouer à Buenos Aires devant 50 000 personnes, mais 99 % de ce public n’ira jamais voir des groupes underground/moyen. Vous voyez le tableau…

Vous décrivez votre musique comme « toujours changeante, parfois épique et ésotérique » et c’est drôle parce que c’est exactement ce que j’ai ressenti en écoutant votre dernier album « Worship Of The Gods » (2017). Pourriez-vous m’en dire plus sur cet album ? De quoi parle-t-il ?

Eh bien, tout ce qui nous entoure est en constante évolution. Nous, en tant qu’individus, nous changeons constamment. J’embrasse cela au lieu de me tromper sur les absolus. Si la musique est le langage de l’âme, et que mon âme est une manifestation immortelle d’une énergie indestructible, et que cette énergie coule éternellement à travers la rivière du temps, alors la création consciente ou divine d’un morceau de musique est un acte unique. Peut-être que l’aspect toujours changeant n’est qu’une allégorie de l’unicité.

Quant à « Worship Of The Gods », c’est un disque avec Julien l’Apostat comme personnage principal. Ce n’est pas une biographie textuelle mais un reflet des problèmes modernes et des sujets personnels avec lesquels je me débats. Il y a beaucoup de références historiques, mais ce n’est qu’une des couches. L’auditeur peut creuser plus profondément s’il le souhaite. J’ai même inclus une liste complète de biographies dans la version physique de « Worship Of The Gods », pour ceux qui sont assez intrigués pour y plonger.

Vous avez également sorti l’année dernière un single « Satyrs Wine Part II« . Quelle est l’histoire derrière cette longue chanson ?

C’est très personnel. Les paroles reflètent un moment particulier de ma vie. Des choses qui avaient besoin d’être enterrées. D’autres qui avaient besoin de naître. C’est un dialogue intérieur.

Vous aviez prévu de sortir un nouvel album cette année. Que pouvez-vous nous en dire actuellement ?

Nous y travaillons en ce moment même. Nous travaillons également sur un nouveau single indépendant qui ne fera partie d’aucun disque. Avec un peu de chance, il sortira très bientôt.

Enfin, avez-vous d’autres projets pour cette année ? Peut-on s’attendre à vous voir en tournée, par exemple ?

Seuls les dieux le savent maintenant. La crise du Covid fait des ravages. Nous avons ou avions prévu quelque chose dans un futur proche. J’espère que je pourrai bientôt vous donner des nouvelles à ce sujet.


Pour suivre  l’actu de Tersivel :


ShadoWhisperS : Un monde entre rêves et cauchemars

ShadoWhisperS : Un monde entre rêves et cauchemars

Le Luxembourg est un tout petit pays proche de la Belgique mais il semble que chaque groupe de metal qui s’y trouve soit plutôt bon ! Découvrons aujourd’hui l’un d’entre eux avec l’aide de leur chanteuse, Diane, et quelques mots de leur claviériste, Laurent, également : ShadoWhisperS. Le groupe, évoluant dans un registre symphonique teinté de fantaisie, a récemment sorti son premier full album, « Mara », qui explore le subconscient, de la lumière à l’obscurité.

Tout d’abord, pouvez-vous simplement présenter le groupe ?

ShadoWhisperS a été formé en 2009 et après de nombreux changements de line-up et quelques morceaux démo enregistrés en salle de répétition, nous avons sorti notre premier EP officiel, « A Tincture Of Gothic Fiction », en 2017 et notre premier album, « Mara », en 2019. ShadoWhisperS est un groupe de metal symphonique avec une pointe de fiction gothique, qui crée un genre hybride combinant du power metal et des éléments de musique classique orchestrale avec les atmosphères sombres du rock gothique. C’est une obscurité émotionnelle qui raconte des histoires épiques de batailles entre la lumière et l’obscurité, les luttes intérieures, les héros et les anti-héros et bien sûr, la vie et la mort. Nous sommes des ombres qui chuchotent des vérités et qui séduisent en levant le voile de vos yeux. Nous sommes : Diane Frisch (chant), Jean-Claude Sonnen (guitare), Laurent Schleck (clavier), Piquet Jung (basse) et Mot Speller (batterie).

ShadoWhisperS a été fondé en 2009. Quelles sont les grandes étapes de la carrière du groupe ?

En 2015, nous avons commencé à organiser notre festival « Shadows’ Night ». Une autre grande étape a certainement été la sortie de notre premier EP « A Tincture Of Gothic Fiction » en janvier 2017 et le clip vidéo de notre chanson « Slow Death » sorti en mars 2017. La vidéo a atteint la deuxième place des Viewer’s Choice Awards lors des Video Clip Awards du Luxembourg. Nous avons fait beaucoup de chouettes concerts au Luxembourg, en Belgique et en France, comme la convention Steampunk, nous avons participé à la battle du FemME et nous avons fait quelques shows avec des groupes locaux.

En 2017, nous avons fondé l’ASBL « Shadows’ Night » pour promouvoir le rock et le metal au Luxembourg et dans la grande région et avons porté notre festival « Shadows’ Night » à un niveau supérieur en organisant des ateliers pour les enfants, les adolescents et les adultes.

En 2018, ShadoWhisperS était présent sur deux samplers : Imperative Music Compilation Vol. 14 et Finest Noise – Der Luxemburgsampler.

En 2018 et 2019, nous avons lancé notre projet « Metal & Pipes » combinant la musique classique et la diversité de l’orgue à tuyaux avec les riffs sombres et lourds de la musique metal symphonique. Le répertoire des six musiciens comprend des morceaux d’orgue classiques populaires dans une nouvelle interprétation, ainsi que des compositions du groupe ShadoWhisperS réarrangées avec l’orgue et des improvisations libres de Paul Kayser.

Enfin, en 2019, nous avons sorti notre premier album « Mara » et avons eu l’occasion de partager la scène avec le super groupe de death metal mélodique, MaYaN.

Votre direction symphonique est-elle venue naturellement ou est-ce quelque chose que vous avez construit au fil du temps ?

Diane : La direction symphonique est une combinaison de musique classique et de musique rock/metal. C’est donc tout ce que j’aime. Je pense que c’était juste une conclusion logique.

Laurent : J’ai joué dans quelques groupes avant, mais en tant que claviériste, il est difficile de trouver un groupe qui joue de la musique heavy. J’ai donc décidé de fonder mon propre groupe et le choix du metal symphonique m’est venu tout naturellement en tant que claviériste. Mais trouver un line-up stable a été difficile.

Vous avez récemment sorti « Mara », comment décririez-vous personnellement cet album ?

L’album traite de pensées sombres, de rêves et de cauchemars, d’idées horribles, désagréables, sexuelles et curatives dans notre subconscient.

Lorsque vous avez écrit la musique et/ou les paroles de cet album, qu’est-ce qui vous a le plus inspiré ?

Diane : Les rêves en général sont très fascinants pour moi. Nous ne pouvons pas vraiment les contrôler et ils révèlent les pensées de notre subconscient. Tout le monde fait parfois des cauchemars. Et tout le monde a des pensées qu’il essaie de cacher. Nous savons tous combien les rêves peuvent être effrayants et réels. Il y a tellement d’idées de chansons intéressantes en chacun de nous.

Qui est Mara ? Quelle est son histoire ? En regardant l’artwork, je pense que c’est une succube, mais j’aimerais connaître votre version.

Diane : Quand Mara vient vous rendre visite, vous sentez un poids lourd, ça peut commencer par les pieds, mais ça se pose toujours sur votre poitrine, vous laissant paralysé ! Mara – Maere, Mahr, Mahrt, Mårt – quel que soit son nom, c’était et c’est toujours une créature terrifiante qui apporte des cauchemars.

Laurent : C’est bien que tu apprécies notre version, car nous avons essayé de donner à Mara un nouveau visuel, peut-être plus moderne. Nous ne voulions pas utiliser l’image d’une succube. Après un brainstorming dans notre pub préféré, j’ai eu cette idée, en essayant de respecter toutes les idées des autres membres du groupe.

ShadoWhisperS : Un monde entre rêves et cauchemars

Et au fait, l’album raconte-t-il une histoire ou les chansons sont individuelles ? Si oui, de quoi parlent-elles ?

L’album n’est pas un véritable album concept. Mais il y a « Mara » ou les cauchemars comme thèmes centraux. Toutes les paroles traitent du sujet des rêves et des pensées subconscientes, du côté sombre qui est en nous tous.

Jusqu’à présent, ma chanson préférée de « Mara » est « Distant Lovers ». En général, les artistes détestent cette question, mais avez-vous une chanson préférée de cet album ?

Diane : C’est une question très difficile, parce que, tout comme lorsque j’écris des paroles et des mélodies vocales, tout dépend de mon humeur. Quand j’écoute un album (même notre propre album), en fonction de mon humeur quotidienne, j’ai différentes chansons préférées. Quand je me sens agressive, ou quand je suis vraiment en colère, bien sûr, ce serait « Ghost Inside ». Quand je suis d’humeur plus mélancolique, je préfère « The Reign » par exemple, …

Laurent : C’est drôle. C’est la chanson que j’aime le moins. Elle a aussi subi beaucoup de changements jusqu’à ce qu’elle ait enfin le bon ton. Pour moi, c’est la plage titulaire. Elle a ouvert de nouvelles voies pour l’écriture de chansons car nous, en tant que groupe, nous avons réussi à jouer une chanson avec beaucoup de changements de tempo typiques et de tonalités. En plus, j’aime beaucoup l’ambiance et la dynamique de la chanson.

Au fait, j’ai remarqué que « Distant Lovers » et « The Last Whisper » sont des chansons sponsorisées, qu’est-ce que cela signifie ?

Quand nous avons commencé les enregistrements de l’album, nous avons remarqué qu’il était beaucoup plus cher de produire un album complet avec des enregistrements en studio qu’un EP avec des pistes de démo. C’est pourquoi nous avons cherché des idées pour réduire notre investissement financier personnel. Nos fans avaient la possibilité d’acheter l’album avant la sortie (une sorte de crowdfunding) ou même de sponsoriser une chanson entière et d’avoir leur nom dans le livret.

D’autre part, une chose amusante que j’ai remarquée sur votre page Facebook, c’est que vous appelez vos fans « Minions ». D’où cela vient-il ?

Laurent : Notre ancienne chanteuse avait commencé ça, bien avant que les petites créatures jaunes qui aiment les bananes soient célèbres, et nous nous y sommes tenus. D’autres groupes le font aussi, Slipknot appelle leurs fans « Maggots » et nous trouvions le terme “Minions” plutôt mignon.

Maintenant, j’aimerais en savoir plus sur toi, Diane, en tant que chanteuse. Quelle est ton histoire avec le chant ? Comment as-tu appris, comment est-tu arrivée au chant classique, etc.

J’ai commencé à jouer de la musique à l’âge de deux ans. Mes parents n’avaient pas de formation musicale, mais ils ont vécu à Vienne pendant quatre ans avant ma naissance. Vienne est connue pour de nombreux musiciens et artistes célèbres et c’est pourquoi l’éducation culturelle et musicale de leur enfant était très importante pour mes parents. J’ai commencé par le violon et j’ai joué de cet instrument pendant de nombreuses années. Mais je n’aimais pas beaucoup cet instrument. Dans ma jeunesse, j’ai essayé différentes choses, comme le saxophone, la batterie et le clavecin. Au Conservatoire de la Ville de Luxembourg, on pouvait intégrer la classe de chant classique à l’âge de 16 ans seulement. C’est là que j’ai commencé à prendre mes premiers vrais cours de chant et que j’ai enfin trouvé MON instrument. Je chantais dans différentes chorales nationales et internationales : « Faust » à la Philharmonie de Berlin ou la 8ème symphonie de Krzysztof Penderecki (décédé il y a quelques jours) pour l’ouverture de la Philharmonie de Luxembourg par exemple. A l’âge de 17 ans, j’ai commencé à chanter dans un groupe de funk/rock appelé Clandestinos. Nous avions des chansons avec des paroles comiques et je me souviens de concerts très drôles à la Kulturfabrik ou à la parade gay « Gay Mat », par exemple. Aujourd’hui, je prends des cours de chant moderne avec mon professeur et amie Hannah White pour apprendre les différentes techniques vocales.

Quels sont les chanteurs (sans genre particulier) qui t’inspirent ou t’influencent ?

C’est aussi une question très difficile… Je n’ai pas de véritable idole. Je dis toujours que je ne fais que choisir les meilleurs chocolats de la boîte au cours de ma vie. En tant que musiciens et artistes, j’aime beaucoup Marilyn Manson en passant par Nina Simone et Ella Fitzgerald jusqu’à J.S. Bach, Henry Purcell et Thomas Arne. J’aime les voix de Simone Simons et de Floor Jansen mais j’aime aussi la façon de chanter d’Ash Costello, de Marilyn Manson ou de Jonathan Davis.

Le chant et la voix elle-même sont quelque chose de très personnel. Ce n’est tout simplement pas quelque chose que l’on peut essayer de copier. Il y a certainement des techniques que vous pouvez apprendre et vous pouvez vous inspirer d’autres personnes. Mais je pense que la voix est différente des autres instruments. On ne peut pas acheter une nouvelle voix, quand on n’aime pas la sienne, on ne peut jamais la modifier de façon à ce qu’elle ressemble à celle d’un chanteur que l’on connaît.

J’ai vu sur Facebook que tu chantes aussi du cabaret. Peux-tu nous en dire plus ?

Comme mentionné précédemment, je prends des cours de chant pour les techniques musicales et rock depuis deux ans maintenant. Avec notre cours de chant, nous avons parfois aussi des concerts. C’est là que j’ai interprété la chanson « When You’re Good To Mama » de la comédie musicale « Chicago », qu’on peut voir sur Facebook. Comme mon mari est aussi musicien, nous essayons aussi de faire des concerts ensemble dans un répertoire classique et musical de temps en temps.

Pour en revenir au groupe maintenant, quels sont vos projets pour l’avenir ?

Pour l’instant, nous travaillons sur deux nouveaux albums. Le premier sera un album pour notre projet « Metal & Pipes » avec orgue à tuyaux. Et il y aura aussi un second album pour ShadoWhisperS, qui sera un album concept cette fois-ci.

Et enfin, avez-vous un mot à dire à nos lecteurs pour terminer cette interview ?

Diane : Chère Isabelle, merci beaucoup pour cette interview.

Laurent : Et, messieurs, merci pour votre soutien !


Photo : J.P. Frisch

Pour en savoir plus sur ShadoWhisperS :


Acus Vacuum: Charlotte nous en dit plus sur les "Bourses Vides"

Acus Vacuum: Charlotte nous en dit plus sur les "Bourses Vides"

Metalleuses, Metalleux, je vous salue!

Aujourd’hui, confinement oblige, je n’ai pas vraiment de galeries photos à vous proposer. Dès lors, c’est en tant qu’interviewer que je vous propose du contenu.
J’ai décidé de m’intéresser à un groupe belge, venant plus précisement de Bastogne et bien connu de la scène metal, sans qu’ils n’appartiennent pour autant à cette mouvence musicale.
Je parle d’Acus Vacuum ! Quelles sont leurs origines, leurs projets… ?

Le groupe créé en 2012 se compose de 5 membres, deux percussionnistes : Charlotte et Arhur, deux sonneurs de cornemuses : Simon et Lucas et leur danseuse : Samantha.
On en apprend un peu plus sur eux avec Charlotte.

Salut Charlotte! Dans un premier temps, peux tu nous dire qui tu es et quel est ton rôle au sein d’Acus Vacuum ?

Bonjour Laurent, comme tu l’as toi-même écrit en introduction, je suis l’une des percussionnistes d’Acus Vacuum et cela fait plus de 7 ans maintenant que je tiens ce rôle au sein du groupe.

Comment est né Acus Vacuum, que signifie ce nom et quelle est son histoire ?

Acus Vacuum est né en 2012. A la base, c’était un projet en duo entre Simon et son frère Nicolas.
J’ai, par la suite, été accueillie au sein du groupe, suivie par Steeven (ancien sonneur de cornemuse) et c’est ainsi que fut lancé Acus Vacuum.
Pour ce qui est du nom du groupe, Simon a cherché un nom qui sonnait « sérieux » de prime abord, mais en tentant de garder un petit coté décalé, de par sa signification.
En latin, Acus Vacuum, signifie : « Les Bourses Vides ».

Comment qualifierais-tu le style d’Acus Vacuum, quelle est sa force selon toi ?

On peut qualifier Acus Vacuum comme étant un savant mélange de néo-médiéval, de pagan festif, et de folk. Notre musique a également un côté instinctif.
Dans notre formation actuelle, nous sommes tous issus de milieux différents, chacun de nous apporte à sa façon sa petite touche, son expérience personnelle.

Ce qui est génial, c’est qu’avec notre style, nous pouvons nous permettre de nous diversifier, de nous adapter, et de jouer dans plusieurs styles d’événements et donc, cela nous permet de toucher un public relativement large.

En dehors des fêtes médiévales, on vous croise surtout dans les concerts et festivals de metal. D’où vient l’engouement du public metal pour Acus Vacuum ? Les membres d’Acus Vacuum sont-ils tou(te)s des metalleux(euses) dans l’âme ?

On va dire que dans le groupe, on a toujours globalement été des metalleux.
Je pense que le dynamisme musical d’Acus Vacuum, ainsi que notre présentation physique, nos costumes, nos accesoires, l’ambiance, (l’hypocras?)… Cela nous permet de nous rapprocher davantage de la scène metal que des danses folkloriques.

Lors de la création du groupe, aviez-vous déjà de telles ambitions, pensiez-vous rencontrer un tel succès ?

Pas du tout ! Et ce fut une belle surprise de voir qu’au fil des années, l’engouement à notre égard de la part du public, mais aussi des organisateurs d’événements n’a fait que s’accroître.

Il y a quelques mois, vous avez réalisé le clip de « Cernunnos », titre issu de votre second album « Viribus Naturae ». Peux-tu nous parler de cette expérience, comment met-on un tel projet en place ? Que retiens-tu de ce tournage ?

Une superbe expérience et croyez moi, c’était une sacrée organisation ! C’étaient deux journées intenses de tournage et ce, sur deux endroits magnifiques.
Nous avions choisi le « Native-Village » à Neihaischen, ainsi que les forêts avoisinant Laroche en Ardennes pour tourner le clip de « Cernunnos », ces endroits se prêtaient parfaitement à la réalisaton de ce clip.
Une belle collaboration avec Brice Hincker (qui a, entre autres réalisé des clips pour Dagoba, Smash Hit Combo, …),des figurants passionnés aussi bien professionnels que néophytes, mais tous ayant cette motivation, cette volonté de partager un beau moment avec nous.
Un très beau travail artistique, nous sommes super heureux de la réalisation. Encore une fois, MERCI à toutes et tous pour votre participation.

Acus Vacuum: Charlotte nous en dit plus sur les "Bourses Vides"

Quels sont vos projets pour l’avenir d’Acus Vacuum ?

Hahaaaaaa, nous avons quelques surprises pour vous.
Nous travaillons d’arrache pied sur de nouveaux morceaux et prévoyons quelques belles dates à vous proposer !
On vous en dit plus très prochainement, mais on a beaucoup de fiestas à rattraper et n’ayez crainte, on le fera en votre compagnie !

Voilà, je clôturerai donc cette interview en remerciant bien entendu Charlotte pour sa participation, et en vous invitant, si ce n’est déjà fait, à aller voir Acus Vacuum lors de l’une de leurs prestations.
Rendez-vous également sur leur site Internet www.acusvacuum.com et sur les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram.

Sur ce, je vous laisse en vous offrant le clip de « Cernunnos ».

En vous souhaitant une excellente soirée.
Prenez soin de vous,

Lau


Dear Mother, nouveau bébé de Merel Bechtold

Dear Mother, nouveau bébé de Merel Bechtold

Le 5 mars dernier commençait la campagne de crowdfunding d’un tout nouveau groupe : Dear Mother. Nous retrouvons à la tête de ce projet Merel Bechtold, guitariste dans MaYaN et ex-guitariste du groupe de metal symphonique Delain. À ses côtés, c’est Joey Marin (Delain) qui s’installe à la batterie, et le chanteur russe David Hruska (Deadly Circus Fire) complète le trio.

Le groupe annonce un style modern metalcore. Une preview de quelques secondes comprenant des extraits de trois titres laisse effectivement présager des sonorités modernes, avec des riffs bien lourds sur lesquels on pourra headbanguer à souhait, accompagnés de passages plus planant.

Le crowdfunding se terminait le 1er avril. Mais dans la soirée du 24 mars nous apprenions pendant un direct Facebook de Merel Bechtold que les 100% des fonds espérés étaient atteints. Félicitations ! Le groupe avait annoncé que s’il y avait du surplus, celui-ci servirait à réaliser une autre vidéo. Ce n’est donc pas un, mais bien deux clips que nous pouvons espérer pour ce premier album.

Parmi les contreparties disponibles, il y avait bien entendu les grands classiques : photobook, albums dédicacés, t-shirts, baguettes, médiators, cours d’instrument par Skype, … Mais le trio avait également fait preuve d’originalité puisqu’on pouvait s’offrir, par exemple, un bracelet en corde de guitare fabriqué par Merel, une participation à la composition d’une chanson, une partie de jeu vidéo en ligne avec le groupe, ou encore une balade à moto en compagnie de Merel.

L’enregistrement de l’album est imminent. La sortie est annoncée pour février 2021 et un premier single devrait être révélé en septembre 2020.

La chaîne YouTube du groupe (Dear Mother Official) est déjà très complète. Merel, Joey et David assurent pour le moment eux-mêmes la promotion du projet et nous avons régulièrement droit à des vidéos explicatives sur les treize titres qui composeront l’album.

J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Joey Marin sur Skype à propos de ce premier album. Ci-après, notre conversation.


« Dear Mother » ça n’est pas commun comme nom pour un groupe de metal. Tu peux nous expliquer ?

Merel est arrivée avec le nom.

Tout le monde a sa propre histoire avec ce nom, parce que chacun a ou a eu une mère, fondamentalement.

Ça sonne bien !

Comment s’organise la composition ? Qui écrit les paroles ?

David, notre chanteur, a écrit toutes les paroles pour cet album.

Merel est le compositeur principal, et David et moi ajoutons ou modifions nos parties.

C’est une collaboration entre nous tous.

Quels sont les thèmes abordés dans cet album ? Vos inspirations ?

C’est personnel à David.

Il y a des chansons qui parlent de suicide par exemple, ou du monde d’une manière générale.

Ce n’est pas un concept album avec un thème principal.

Quand penses-tu enregistrer la batterie ?

Nous allons enregistrer la batterie dès que nous le pourrons. Pour le moment il y a des restrictions à cause de la crise du CoronaVirus. J’espère que ça sera très bientôt, nous allons essayer durant le mois d’avril.

Avez-vous déjà choisi quel serait le premier single ?

Nous n’avons pas encore officiellement décidé, mais la plus forte probabilité est « 12 Years In Exile ». Nous devons choisir le titre qui est le plus représentatif de Dear Mother, le titre qui touchera le plus le public. Je peux te dire maintenant : « c’est cette chanson » et peut-être, un peu plus tard ça sera une autre. Nous attendons que tout soit enregistré pour avoir le rendu final de tout l’album et pouvoir choisir ce qui nous semblera le mieux. Donc, rien de définitif pour le moment.

Quels sont vos projets pour 2021 ? Pensez-vous vous produire sur scène avant la sortie de l’album ?

Je pense que nous allons faire quelques lives « test » pour la sortie de l’album. Cela dépendra de quand nous pourrons répéter. 2021 sera consacrée aux concerts et à la promotion de l’album.

Super ! On sera là !

La question suivante n’est pas en rapport avec la musique mais c’est certainement la plus importante pour nos lecteurs métalleux ? Quelle est ta bière préférée ?

Hum … Je dirais … la Corona ! Et ce n’est pas en rapport avec la situation actuelle. Oui, je pense que la Corona est ma préférée.

Le mot de la fin est pour toi, que voudrais-tu dire à nos lecteurs ?

Merci d’avoir suivi cette interview. Gardez un œil sur Dear Mother, on espère vous voir tous en 2021 !


Photo : Dave Pelham Photography

 

Pour rester informé sur Dear Mother :


Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Nightwish. Véritable monument dans le monde symphonique, le groupe est sur le point de sortir son neuvième album studio, « Human :||: Nature ». C’est probablement l’un des disques les plus attendus de l’année. Pour l’occasion, nous avons eu la chance de rencontrer le mastermind lui-même, Tuomas Holopainen (claviers) et le multi-instrumentiste Troy Donockley pour discuter de cette sortie. Tous deux sont restés assez discrets sur leurs secrets, mais ils nous ont donné quelques indices pour mieux comprendre leur vision du groupe et la façon dont ils ont mené cette entité à ce qu’elle est aujourd’hui.

Vous avez mis cinq ans pour sortir ce nouvel album. Cinq ans pendant lesquels vous avez fait le tour du monde, réalisé des projets personnels, sorti un best-of, refait le tour du monde… Quel voyage ! A-t-il été difficile de revenir à la composition ?

Tuomas : Non, c’était merveilleux, en fait ! Après avoir terminé l’album précédent, « Endless Forms Most Beautiful », je me suis senti satisfait et je savais déjà, à ce moment-là, qu’il fallait prendre un peu de répit pour garder le tout intéressant. J’en ai parlé avec les autres membres du groupe et tout le monde était d’accord : « Prenons une année de congé ! » Parce que nous n’avons jamais pris de pause en vingt ans, c’était le moment. Nous avons donc pris cette année de congé et tous les membres du groupe ont fait leurs propres petits projets. Ensuite, nous avons fait cette tournée nostalgique spéciale, « Decades », en jouant nos morceaux plus anciens. C’était très amusant ! Mais à un certain moment de cette tournée, nous nous sommes à nouveau tournés vers l’avenir et j’ai commencé à composer des chansons, j’ai à nouveau apprécié le processus. Parfois, il faut donner du temps à ces choses, parce que la dernière chose que vous voulez faire est de vous forcer à créer et rien de bon ne sort de cette manière.

En général, comment travaillez-vous sur les nouvelles chansons ? Y a-t-il un secret pour créer un nouvel album de Nightwish ?

Tuomas : Une méthode secrète ? Non… (rires) Il faut juste ressentir quelque chose. Il est nécessaire d’être inspiré, il faut de bonnes histoires à raconter et, comme je viens de le dire, il ne faut pas créer si l’envie n’est pas là. C’est ça le plus important et aussi, il faut le faire pour soi-même, ne jamais suivre les tendances, ne pas imaginer ce que les gens pourraient penser de cela, même les autres membres du groupe. C’est la seule façon de garder l’art, la musique qui est créée, authentique et réelle. C’est le principe de base de mon travail d’écriture et aussi, simplement, apprécier le processus.

Avez-vous écrit cet album l’année dernière ou avez-vous rassemblé les idées au cours des cinq dernières années ?

Tuomas : J’ai commencé à collecter les idées au début de 2018, pendant la tournée « nostalgique ». Cela a pris environ un an, puis j’ai commencé à discuter des thèmes avec les autres membres, j’ai montré quelques paroles, et tout le monde s’est montré favorable. Ce n’était pas vraiment de l’écriture de chansons, c’était plutôt de la collecte d’idées. Puis, l’année dernière, de janvier à mai, j’ai écrit toutes les chansons. Donc, dans l’ensemble, cela a pris environ un an et demi.

Tu es le compositeur principal, mais pour les paroles, as-tu partagé le travail avec quelqu’un d’autre dans le groupe ?

Tuomas : Eh bien, pour cet album, j’ai fait toute la musique et les paroles.

« Human :||: Nature ». Cela sonne vraiment comme un concept, alors que peux-tu me dire à ce sujet ?

Tuomas : Je n’appellerais pas ça un album concept, parce que toutes les chansons sont individuelles, mais c’est un album thématique, car il y a un thème récurrent qui traverse toutes les chansons… En fait, je n’aime pas utiliser le mot « concept ». Nous en avons parlé hier, c’est plus un album thématique, parce que les chansons ne sont pas reliées entre elles de manière à raconter une seule grande histoire.

C’est peut-être plus le cas pour la deuxième partie de l’album, alors ? J’ai lu que c’est une lettre d’amour à la Terre, c’est bien ça ?

Tuomas : C’est une belle façon de le dire. Je pense que c’est la lettre d’amour de Nightwish à la planète Terre. Et je la considère comme une seule chanson, pas huit. Nous mettons juste les index entre les différentes parties si les gens veulent passer à leur partie préférée, ça rend les choses un peu plus faciles, mais il faut vraiment la considérer comme une seule chanson.

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Qu’est-ce qui vous a amené à écrire cela ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

Troy : Nous sommes très intéressés par le monde, l’humanité, la science et tout ce qui s’y rapporte d’une manière holistique. Nous sommes très engagés dans ce domaine. Et nous aimons en parler quand nous sommes ensemble. C’est aussi une sorte de prolongement de « The Greatest Show On Earth », qui était le dernier morceau de notre dernier album (« Endless Forms Most Beautiful », 2015). Et il se transforme magnifiquement en « Human :|| : Nature ». Mais ces choses ont juste évolué. On fait les choses comme elles doivent être aujourd’hui, et ça ne va pas changer. Tout est dans un état de flux, n’est-ce pas ? Un flux musical.

Tuomas : Je suis toujours surpris de constater que les gens pensent que nous calculons ces choses avec beaucoup de soin. Comme si avant de commencer à faire un album, nous pensions à l’avance : faisons un album plus lourd, prenons cette direction, faisons ceci ou cela… Ce n’est jamais comme ça, c’est un flux d’esprit. On choisit juste quelque chose qui nous intéresse et on part de là.

Troy : C’est ça ! Et alors quelque chose de magique se produit. C’est pourquoi, avec cet album, nous avons exploré de nouveaux sons. Il y a beaucoup de directions que nous n’avions jamais prises auparavant. Et encore une fois, ce n’était pas une décision consciente car nous n’avons pas choisi ce que nous allions faire, comme les harmonies en trois parties sur chaque chanson. Cela nous a juste dit ce que nous devions faire. La direction nous a été donnée à travers la musique, à travers les chansons.

Tuomas : C’est une bonne façon de le dire. Vous devez écouter les chansons, ce qu’elles vous disent réellement et comment voulez-vous qu’elles soient présentées. Elles ont une essence qui leur est propre.

Troy : Elles ont une vie qui leur est propre. Une fois que la chanson commence, ce qui est la base de tout, c’est comme le feuillage, les fleurs et les plantes qui commencent à pousser autour, depuis sa source et toutes les fleurs et les plantes représentent tous les arrangements et les couleurs que nous apportons. Mais elles se développent en quelque sorte à partir de la chanson, à partir de la musique. Et c’est l’une des choses vraiment excitantes pour nous dans Nightwish, c’est que nous ne nous voyons pas limités. Avec cela, il n’y a pas de limites pour nous. Je veux dire que le deuxième disque est un contrepoint au premier. Mais certaines personnes peuvent penser qu’il est vraiment bizarre de présenter huit chansons comme une suite orchestrale massive, mais entre nous, c’était la chose absolument naturelle à faire et la seule à faire. Et cela devait être fait comme je le vois, comme une chose à venir. C’était inévitable. On le savait depuis longtemps, surtout sur un sujet aussi noble que la nature et le monde.

Ma question suivante porte sur le titre « Noise ». D’après ce que vous venez de dire, il semble que ce soit un pur hasard que cette chanson sonne vraiment comme du Nightwish ?

Tuomas : Ce n’est pas calculé.

Donc, cela n’a rien à voir avec le fait de vouloir rassurer les fans ?

Tuomas : Non, nous ne pensons pas du tout à ce genre de choses. Mais quand il y a un auteur-compositeur principal dans le groupe, il a ses manières, pour ainsi dire. C’est la même chose avec tous les artistes du monde.

Troy : C’est vraiment le cas et c’est identifiable. C’est intrinsèque à Nightwish que Tuomas écrive les chansons et il serait fou d’essayer de lui enlever son noyau, son essence en essayant d’être autre chose. C’est une autre chose à laquelle nous croyons fortement, c’est la liberté de l’art, la liberté de faire exactement ce que nous voulons sans la considération de la critique ou de l’adulation, des compliments tout le temps. Cela n’a aucun intérêt. Nous devons juste faire la musique que nous aimons pour être nous-mêmes et espérer que les gens aient les mêmes sentiments que nous.

Tuomas : Un groupe ne devrait jamais être emprisonné dans un genre qui doit sonner comme ceci ou cela. Cela n’existe pas. Un groupe, c’est un ensemble de personnes qui font exactement ce qu’elles veulent faire.

Oui, mais je pense qu’il y a des groupes qui ne sont pas comme ça, qui font ce que leurs fans veulent entendre.

Tuomas : Oui, mais je dois juste être poliment en désaccord avec eux. Je ne pense pas qu’un groupe artistique ait besoin d’être lié à un certain genre ou à une certaine façon de faire les choses.

Troy : Nous ne le sommes certainement pas. Et je pense que c’est ce qui fait, même objectivement, de Nightwish quelque chose de vraiment intéressant, une entité. Je n’y pense même plus comme à un groupe. C’est un véhicule pour la liberté de l’art et de la musique.

Donc, vous avez sorti « Noise » au début du mois et vous avez déjà atteint presque 2 millions de vues sur YouTube. Est-ce une surprise ?

Tuomas : Je n’y ai pas pensé à l’avance, donc je ne sais pas. C’est un grand nombre, donc… Ça m’a fait l’effet « waow ». Je ne m’attendais à rien, alors ça m’a juste fait lever les sourcils.

En général, n’êtes-vous pas sensible aux statistiques sur le web, aux commentaires ou aux réactions des fans ?

Troy : Oh, non. Je pense que vous vous mettez dans le pétrin si vous commencez à trop vous impliquer et à croire au battage médiatique, à croire Internet… C’est un monstre ! J’ai regardé les commentaires et des choses comme ça sur le web, et c’est toujours la même chose : celui-là dit que c’est brillant, celui-là dit que c’est de la merde. Celui-là dit que c’est fabuleux, celui-là dit que c’est pourri. Vous devez être en dehors de tout ça pour observer et ne pas se laisser influencer sur ce que vous faites. Sinon, il y a de quoi devenir fou.

Tuomas : Une chose que j’ai faite en écrivant les paroles de la chanson « Noise », et c’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, et je l’ai fait délibérément : j’ai passé environ une semaine dans les forums de discussion et les sections de commentaires de YouTube sur Internet, juste pour me plonger dans cette obscurité, pour pouvoir écrire ces paroles comme elles venaient.

Troy : Vraiment ?

Tuomas : Oui. Je suis allé sur les forums de discussion de Nightwish, j’ai lu tout ce qui était sur notre page Facebook. En étant là pendant une heure, j’avais l’impression d’avoir pris une douche et d’avoir le cerveau rincé, mais il fallait que je le fasse et voir ce monde pour pouvoir créer la chanson.

Troy : Génial ! Je ne savais pas que tu avais fait ça. Vraiment, c’est la façon parfaite de le faire.

Les gens sur Internet sont toujours en train de parler, de donner leur avis,…

Tuomas : Ça en fait partie, non seulement cela, mais aussi le flux constant d’informations en provenance de partout.

Troy : Cela vient de tous les côtés, et trouver seulement un grain de vérité dans tout ce qui se trouve sur Internet… Il y a tellement de bruit pour trouver la vérité, c’est une chose vraiment difficile à faire. C’est une compétence, en fait, il faut l’apprendre. Et l’ironie, c’est que vous ne pouvez pas apprendre à traverser le bruit sans ce bruit. Vous ne pouvez pas le faire sur Internet, vous devez le faire en dehors d’Internet.

Tuomas : Pour certaines personnes, Internet est un oreiller public duquel ils se servent pour hurler. Et comme tu l’as dit, il est très difficile de trouver la vérité dans tout ce bruit. Et les fausses nouvelles circulent beaucoup plus vite que les vraies.

Troy : Oui, les mauvaises et les fausses nouvelles sont celles qui ont le plus de pouvoir.

Je pense qu’on pourrait faire une interview complète sur la vidéo que vous avez sorti. Est-ce que l’idée, l’histoire, vient du groupe, de vous ?

Troy : Oui, ça vient de nous. Et encore une fois, on parle beaucoup de ce genre de choses, ça nous intéresse vraiment et on adore ça. Donc, oui, tout cela est né d’un énorme intérêt de notre part.

Tuomas : Et puis, le réalisateur de la vidéo, Stobe Harju, y a aussi mis beaucoup de ses propres idées en termes d’éléments visuels.

Et pouvez-vous me dire quels sont vos personnages ? Les avez-vous choisis ?

Tuomas : En fait, ils ont été écrits par le réalisateur et c’est à vous de les interpréter. Si nous entrons trop dans les détails ici, cela enlèverait quelque chose à l’expérience du visionnage de la vidéo.

Troy : Cela causerait encore plus de bruit ! (rires)

Même si le sujet est assez sombre ici, je suppose que vous vous êtes amusés pendant le tournage.

Troy : Eh bien, Tuomas avait une très mauvaise toux. Il avait un rhume très agressif. Alors il s’est assis dans le bain, couvert d’huile, se sentant vraiment mal avec un masque à gaz. Et je partais, j’allais prendre mon vol de retour, et je l’ai regardé et il était comme… (Troy a fait une drôle de tête, les deux rient)

Tuomas : J’ai headbangué dans cette baignoire, oui, avec toute cette huile… A la fin de la vidéo, vous pouvez en fait voir un aperçu de moi sans le masque à gaz brandissant mon canard en caoutchouc en dans les airs. C’est donc la révélation que l’on peut voir.

Et vous avez deux nouveaux membres dans le groupe, maintenant ?

Tuomas : Qui ? !

Troy : Elle veut dire la petite fille et la grande fille… Ce sont des actrices qui ont été amenées par le réalisateur.

Je croyais que la petite fille était la fille de Floor.

Tuomas : Oh non, elle ne ferait jamais ça ! Mais en fait, la fille blonde, c’est probablement la plus célèbre star finlandaise d’Instagram, Jessica Edström. Elle a d’ailleurs accepté de venir se parodier dans la vidéo.

D’autre part, vous avez travaillé avec « notre » Tim Tronckoe pour les photos de l’album…

Tuomas : Oui, le bon vieux Tim ! C’est un vrai artiste !

Comment l’avez-vous choisi ?

Tuomas : Nous avions déjà travaillé avec lui pour quelques séances photos et nous avons simplement aimé sa personnalité et sa façon de prendre des photos.

Troy : Et il est rapide, c’est vraiment incroyable ! Parce que nous sommes passés par des photographes qui ont pris des heures et des heures et qui ont pris beaucoup trop de photos parmi lesquelles choisir. Tim s’installe et c’est tout !  C’est vraiment rafraîchissant à voir.

Tuomas : Et il est toujours très bien préparé. Tout avait été mis en place quand nous sommes allés là-bas et cela a pris environ 15 minutes.

Troy : Nous avons fait des prises de vue à différents endroits, mais pour le Musée d’Histoire Naturelle où nous avons fait les prises de vue avec Tim, il y est allé plus tôt quand c’était plein de public, c’était rempli de touristes. Et il a vérifié les angles et allumé les lumières… Il est tout simplement brillant et c’est aussi un gars très gentil.

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

C’est une question que la plupart des artistes détestent, mais je la pose quand même : avez-vous déjà une chanson préférée de ce nouvel album ?

Tuomas : Non.

Troy : Non, aucune chance. Nous avons des moments préférés, mais pas de chanson préférée, ce n’est pas possible. En plus, contrarierait les autres chansons. (les deux rient)

Une chanteuse m’a dit un jour que ses chansons étaient comme ses enfants, qu’elle ne pouvait pas préférer un de ses enfants.

Troy : Oh oui, c’est une chose courante chez les auteurs de chansons, ils disent toujours ça.

Tuomas : Ils disent aussi ça à propos de leurs albums, qu’ils sont leurs enfants. Je comprends un peu la métaphore mais c’est un peu ringard, je pense.

Donc, je ne peux pas vous demander si vous avez une chanson préférée de toute l’histoire de Nightwish ?

Tuomas : Ces choses changent avec le temps. Je veux dire, tu pourrais me demander quelle chanson j’apporterais avec moi sur une île déserte, peut-être que je pourrais répondre. Mais une seule favorite, ce n’est pas possible de la choisir.

Sais-tu laquelle tu aimerais emmener sur une île déserte, alors ?

Tuomas : Je pense que ce serait « The Greatest Show On Earth ».

Troy : Pareil.

Vous jouez souvent en Belgique, y a-t-il des choses particulières que vous aimez ici ?

Tuomas : J’aime bien Tim !

Troy : Je l’aime bien aussi. Et j’aimais bien le magasin d’alimentation du coin, vraiment bien. (Je crois qu’il parle du Carrefour Market près de l’hôtel, en fait)

Tuomas : J’aime aussi beaucoup Hercule Poirot, c’est un Belge et c’est probablement mon truc belge préféré. Mais oubliez sa nouvelle version, David Suchet était le meilleur.

J’ai donc eu la chance d’écouter votre nouvel album juste avant, ce qui était un peu difficile. Mais une chanson a particulièrement retenu mon attention : « Harvest ». Elle sonne complètement différemment et m’a presque fait penser à une chanson de Disney, d’une manière positive. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette chanson ?

Tuomas : C’est intéressant de voir que tu la vois de cette façon. C’est une chose merveilleuse dans les interviews, c’est qu’on obtient beaucoup d’approches différentes, beaucoup de réponses différentes aux chansons. Pour nous, personnellement, je ne vois pas ça du tout.

Troy : Je vois quelque chose de plus fédérateur et classique avec « Harvest ». Pour moi, la nature de la chanson, c’est une chanson folk classique, c’est l’essence même de ça. C’est le genre de morceau où l’on attend avec impatience le refrain parce qu’au niveau communautaire, les gens veulent avoir un refrain qu’ils peuvent chanter ensemble et « Harvest » est l’un d’entre eux. J’imagine que ce sera un des moments préférés du public et qu’il sera intéressant de l’entendre chanter. En même temps, « Harvest » est plein de mouvements musicaux incroyables. C’est splendide et c’est délicat, et c’est à la fois bizarre, difficile et vraiment facile. C’est un peu tout ce qu’il y a là-dedans, non ?

Tuomas : Et une fois que tu auras compris les paroles et que tu auras réécouté la chanson, ça peut changer ta perspective sur ce qui se passe. Tout sera certainement plus clair. En fait, ce n’est vraiment pas juste pour tout le monde d’écouter l’album une fois et de devoir s’en faire une opinion.

Je n’ai pas reconnu la voix de Marco sur l’album…

Tuomas : Il chante sur chaque chanson de l’album, sauf sur « Procession » et il fait les chœurs. Il chante également la dernière chanson, « Endlessness ». C’est un peu comme son show solo sur l’album.

Troy : Eh bien, il la chante assez intensément quand on l’écoute à nouveau, il la chante avec un peu de venin dans sa voix, en fait. Mais les refrains sont magnifiques et il y a un merveilleux contraste entre le refrain et les couplets. Quand tu l’entendras à nouveau, tu verras.

Je vous remercie. J’ai donc une dernière question pour vous qui n’a rien à voir avec Nightwish, mais prévoyez-vous une nouvelle sortie avec Auri dans le futur ?

Tuomas : Oui !

Troy : Définitivement oui, nous avons de la matière pour Auri. Quand le vaisseau de Nightwish accostera, nous en descendrons et nous ferons plus d’Auri.

Tuomas : Je pense qu’une sortie en 2021 est possible.

Est-ce que vous prenez parfois de vraies vacances, sans musique ?

Troy : Nous avons eu une année de vacances il y a cinq ans, mais nous avons des aventures en dehors de la musique… Même si la musique est toujours un peu là, nous avons des aventures.


Photos : Tim Tronckoe

Pour suivre Nightwish :


PORN

No monsters in PORN's eyes

Il y a un an, nous vous proposions en interview Philippe Deschemin a.k.a. Mr Strangler, chanteur du groupe PORN à l’occasion de la sortie de « The Darkest Part Of Human Desires – Act II ».

Aujourd’hui, je vous propose de débriefer les événements qui ont eu lieu depuis la release et de vous présenter leur troisième album qui sortira le 27 mars 2020 !

Bonjour, comment allez-vous ? Êtes-vous impatient de présenter votre nouvel album « No monsters in God’s eyes – Act III » ? Quels sentiments éprouvez-vous vis-à-vis de la clôture de cette trilogie ?

Enfin une interview en français ! On vient de donner une série d’interviews en anglais pour plusieurs radios et magazines américains, anglais, canadiens et allemands. C’est toujours agréable de discuter avec des médias français, et cela dans la langue de Molière.

On pourrait parler d’un sentiment mitigé. A la fois de la tristesse mais aussi de bonheur et de fierté d’avoir enfanté une complète trilogie qui a trouvé écho auprès d’un public qui, avec tout notre étonnement, ne cesse de croître de manière exponentielle depuis la sortie du premier acte : « The Ogre Inside ».
Je discutais récemment avec Chris Vrenna (Nine Inch Nails, Marilyn Manson) qui me faisait part de son admiration. Il me parlait des sessions d’enregistrement de « Downward Spiral » de NIN, qui est aussi un concept album ainsi que d’ « Antichrist Superstar » de Manson sur lequel il a également travaillé.
Trouver écho auprès du public et de musiciens que tu admires est certainement la plus grande des satisfactions qu’un musicien puisse avoir. Entendre Chris Vrenna me dire que c’est incroyable… Cela est aujourd’hui possible grâce à Mr Strangler, et avec ce nouvel opus s’achève notre aventure avec lui.

Il y a donc un peu de tristesse, mais il faut savoir dire adieu. Tout a une fin.

PORN - No Monsters in God's Eyes

Avant d’en parler plus longuement, comment s’est déroulée la tournée qui a suivi la sortie de « The Darkest Of Human Desires – Act II » ? Avez-vous des concerts, des moments mémorables que vous voudriez nous partager ? Avez-vous eu l’opportunité de jouer dans de nouveaux pays ?

Nous avons donné une série de concerts dont une belle date à Paris au FGO, toutefois toutes les dates restent de bons souvenirs.

Nous avons des fans déments, à l’image des personnages que nous incarnons avec PORN ! Nous avons également collaboré avec plusieurs groupes dans le cadre de remixes (« Hante », « Fragrance », « Entropy Zero », « An Erotic End Of Times »,…). C’est une super expérience. Et aussi une sensation étrange car entendre ses propres morceaux remixés et réarrangés de manière différente est au départ toujours déstabilisant. Mais cela fait partie de la tradition du rock indus, alors nous nous prêtons à cela avec grand plaisir.
Nous sommes allés tourner des clips en Californie et du côté de Zurich. Ce sont des moments forts et qui nous permettent de gagner en expérience car le meilleur moyen de se former est de travailler avec ceux qui travaillent avec les plus grands. On a eu la chance de bosser avec Tom Baker sur l’Act II. Ce mec a bossé avec NIN, Ministry, Rob Zombie, Alice Cooper, Marilyn Manson… Pour le nouvel album, nous avons collaboré avec Brian Lucey qui, lui, a travaillé avec Ghost, Manson, Depeche Mode… Nous sommes si peu de groupes français à avoir ce privilège, avec la particularité chez PORN que nous sommes un groupe indé et DIY… Tout cela est possible grâce à nos fans de par le monde, nous en sommes conscients et savourons tous les instants…

De nouvelles portes, jusqu’à présent fermées, se sont-elles ouvertes pour vous ? (Festivals, magazines, radios,…)

Nous n’avons jamais eu le sentiment d’avoir des portes fermées. Ou alors elles le sont mais nous ne sommes pas au courant. Pour le savoir il faudrait qu’on tente d’ouvrir la porte. Pour le moment aucune porte n’est restée fermée lorsqu’on a essayé de l’ouvrir. Pour dire vrai, nous ne faisons pas les choses comme les autres, nous suivons notre propre chemin, essentiellement hors de France comme tu le sais. Par conséquent, il y a des portes que l’on ne regarde pas…
Je sais néanmoins que notre marginalité nous vaut des inimitiés dans le «milieu», il y a pas mal de jalousie malheureusement. Alors qu’il devrait y avoir de l’entraide… Mais quand tu tournes depuis des années avec comme seul objectif de décrocher une intermittence, que tu ne vends pas assez ou ne streames pas assez pour produire des clips, travailler avec des grands producteurs… Je comprends que tu puisses devenir un hater. Je conseillerai à ces personnes de se plonger dans Kropotkine «L’Entraide, un facteur de l’évolution».
Il y a toutefois un bon noyau de groupes français motivés et de bonne volonté en France, c’est extrêmement motivant. On fait peu attention à la négativité et à la frustration, nous tendons la main à tous.

Ensemble nous sommes toujours plus forts.

Dans la précédente interview, vous nous disiez que Mr Stangler, interprété par vous, luttait contre cet ogre qui était en lui et que l’ogre avait fini par gagner laissant Mr Strangler s’adonner au meurtre pour le plaisir. Étant donné que vous êtes Mr Strangler, si vous pouviez tuer n’importe qui de la manière de votre choix sans aucune répercussion derrière. Qui serait-il et comment le tueriez-vous ?

Je pense que je tuerais beaucoup de monde… Avec les mains bien entendu. Un étranglement certainement, de type Baseball Choke ou Ezekiel pour voir les yeux paniqués de ma victime. Le nom de Mr Strangler vient de là, de mon goût pour les étranglements dans les sports de combats, BJJ (Brazilian Jiu-Jitsu) et Grappling essentiellement.

Les morceaux du troisième album étaient quasi tous écrits à l’époque. Y avez-vous changé quelque chose depuis ou le temps vous a-t-il conforté dans vos idées ?

Non, il n y a pas eu de changement particulier.

Si on en suit les clips et les paroles des trois morceaux « High Summer Sun », « A Lovely Day » et « Some Happy Moments », Mr Strangler se serait fait attraper et serait passé de la colère à la remise en question :

« I feel the end but I am not sorry. How could I be ? Teach me, I am not sorry. But I am ready for it »
Tiré de « Some Happy Moments »

Pourriez-vous nous en dire plus sur ces étapes et sur son histoire depuis le second album ?

Dans le deuxième acte, Mr Strangler arrive à l’âge adulte, et il s’accepte. Après avoir lutté avec sa nature propre personnifiée par l’ogre intérieur (« The Ogre Inside »), il fait la paix avec lui-même et devient Mr Strangler. Il se laisse aller à ses désirs meurtriers. Ces désirs qu’il refrénait dans l’acte I, comprenant qu’il était un tueur, mais ne l’acceptant pas par pression sociale. Ainsi, durant tout l’acte II il s’adonne à sa passion avec son équipe et finit par se faire attraper. Il finit en prison dans ce nouvel album.

L’acte III est un album sur l’enfermement, la prison, l’internement psychiatrique. Il fait face à sa mort, coupé de la société. Le passage auquel tu fais allusion exprime son impossibilité à être empathique. Il en fait le constat. Il souhaite être désolé, mais il ne peut l’être. Considéré comme un monstre, un non-humain, il rappelle qu’il est un être de Dieu et qu’ainsi, nous sommes tous les créatures de Dieu. Même le pire des monstres est une créature de Dieu. Je ne crois pas en Dieu. Mais je trouve amusant de rappeler cela aux croyants, qui ont cette tendance à considérer celui qui ne croit pas comme eux comme étant hors de l’humanité… Cela évoque aussi un peu le Nécessitarisme en philosophie…

Vous m’aviez aussi dit que vous aviez créé une trilogie car vous vous sentiez limité par le nombre de chansons qu’un seul album permettait pour exprimer votre concept. Maintenant que le troisième et dernier album est terminé, pensez-vous avoir pu exprimer tout ce que vous vouliez ?

Non pas entièrement car il y a des choses qui restent inexpliquées dans la trilogie et dont j’ai les réponses. Comme l’envie irrépressible de Strangler de tuer… Donc on retrouvera Strangler afin que l’on puisse aller plus loin dans l’histoire. Peut être dans un roman, un comic book…

Votre prochaine tournée « No Monsters In God’s Eyes Tour 2020 » passera par Milan, Lyon, Paris et Nantes. Pouvez-vous déjà nous révéler d’autres dates confirmées ou nous dire quel(s) autre(s) pays vous pourriez couvrir ? Pensez-vous qu’une date en Belgique sera prévue ?

Nous sommes très concentrés sur le studio. Nous tournons, mais privilégions les belles dates dans de belles salles afin d’être en mesure de délivrer un show digne de ce nom à nos fans. Nous sommes plus intéressés par la satisfaction de nos fans que par aller gratter un cachet. Nous avons une fanbase solide qui permet d’assurer la pérennité du groupe sans être obligés d’aller jouer dans des festivals hors de propos ou dans des fests à 10h du matin en t’imaginant que ça va booster ta carrière… Après, tu finis par chialer car tu as toujours pas plus de 1000 auditeurs sur Spotify… Avec PORN pas de ça. On respecte nos fans plus qu’on a besoin de gratter de la fausse visibilité et nous préférons la qualité à la quantité.

Qu’en sera-t-il de l’avenir de PORN maintenant que cette trilogie est terminée ? Pensez-vous dans le futur repartir sur le même style de concept avec une histoire ? Ou peut-être avez-vous déjà en tête quelque chose de différent ?

Tout d’abord comme pour les précédents opus de la trilogie, nous allons sortir des remixes de l’Act III. Nous avons eu l’honneur de mettre à contribution des groupes comme Combichrist, Orgy, Stabbing Westward, Chris Vrenna de NIN, Jimmy Urine de Mindless Self Indulgence, The Anix, Ash Code, Lluther… Nous en sommes très fiers ! Et quel meilleur moyen de rendre hommage au dernier souffle de Mr Strangler que de faire participer tous ces grands groupes ?
Ensuite une nouvelle histoire va commencer, je ne vais pas en dire plus, mais cela va arriver très vite.

Comme d’habitude nous vous laissons le mot de la fin pour parler à vos fans et à nos lecteurs.

Nous sommes PORN, vous êtes PORN. Vous êtes Mr Strangler.


Vous voulez en savoir plus sur PORN ?


Antiq-interview

Rencontre avec Léon d'Antiq Records

Aujourd’hui, nous avons décidé d’aborder d’autres acteurs de la scène musicale : les labels. Nous vous proposons l’interview d’Antiq Records, un label français qui propose des groupes divers et variés en valorisant aussi la scène locale. Avides de découvertes ? Feuilletez leur catalogue !

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein du label Antiq ?

Je suis Léon et mon rôle pourrait s’assimiler à celui d’un label manager, couplé à celui d’un directeur artistique. Je suis accompagné d’Adrien et de Joanna.

Brièvement, comment est venue l’idée de créer ce label ? Quelle est son histoire ?

Antiq est au départ venu d’un besoin de produire nos projets selon notre vision du monde de la musique.

Un petit collectif en quasi-autarcie, sans presque aucun lien avec le reste du monde professionnel de la musique. Au départ, nous étions trois, dont Adrien et moi, et gravitaient autour de nous plusieurs de nos amis impliqués dans des projets personnels.

Puis, assez rapidement, nous sommes passés à deux pendant 4 ans avant d’intégrer Joanna. Mais nous avions déjà ouvert notre ligne éditoriale dès la deuxième année.

Quels sont vos maîtres-mots ou vos valeurs ?

L’œuvre d’art totale, et tendre vers la cohérence entre les paroles, l’imagerie et le concept avec les sentiments que véhicule la musique.

Comment se passe la sélection des groupes chez Antiq ? Les groupes posent-il leur candidature pour être soutenus ou est-ce vous qui les contactez ?

Les deux cas de figure peuvent se présenter. Mais malgré notre statut et notre taille de tout petit label, il faut bien comprendre que notre sélection est draconienne : aujourd’hui nous recevons entre 3 et 5 candidatures par semaine, cela fait beaucoup.

D’abord, parce qu’il y a de plus en plus de groupes, et d’autre part, avec notre évolution nous touchons plus de monde. La sélection est difficile car il y a beaucoup de groupes. Nous voulons rester à une cadence de 6 à 8 sorties par an, notre planification est maintenant vue longtemps à l’avance.

Et enfin, il faut que le groupe rentre dans notre ligne éditoriale, en gros qu’il soit compatible avec l’univers que nous voulons promouvoir. Ah, et aussi, il faut qu’il nous plaise, ça paraît évident.

Quel est votre top 3 dans les groupes (et leurs albums) que vous avez produits en 2019 ?

Oh alors là, impossible de te répondre en n’en gardant que trois en tête. J’adore Véhémence et Malenuit, et l’univers musical développé par Dorminn, le son et les compos, si particuliers, qui me happent dans Tan Kozh. Je suis aussi très fier du split Incipient Chaos / Defenestration.

Mais cela, c’est en faisant abstraction de Grylle, modestie oblige, et d’une autre sortie qui n’est pas encore arrivée. En fait, j’aime de façon égale toutes nos sorties, car il y a une cohérence commune entre les projets, sinon nous ne les ferions pas. Donc, pas de top 3, plutôt un top-tout !

Quelle est la chose que vous préférez au sein d’Antiq ?

Le frisson de la créativité. Tu le ressens quand un groupe connu (et bon) te contacte ou te répond, quand un groupe moins connu t’envoie des pistes qui tuent, quand un nouveau visuel d’une production à venir, dont tu fredonnes déjà les chansons, tombe dans ta boîte et que tu es scotché par la force du truc. Quand tu envoies les fichiers à la fabrication avec cette légère appréhension, normale au demeurant, d’avoir tout bien fait. Quand les paquets arrivent enfin et que tu les ouvres, fébrilement, comme un kid qui reçoit son premier disque. Quand les chroniques tombent et qu’elles sont bonnes, quand les clients viennent te voir et te remercient pour ces nouveautés.

En fait, là encore, tout. À chaque étape, tu te dis que le vrai plaisir c’est ce que tu es en train de faire, avant de découvrir que l’étape d’après est encore plus agréable. C’est un enchaînement de frissons crescendo, tous différents mais avec chacun leur part d’inconnu, et cela se renouvelle sans cesse.

A tout travail, il y a des points positifs et négatifs. Nous avons abordé ce que vous préférez dans votre travail. Qu’en est-il de la pire chose ou de ce que vous détestez le plus faire au sein du label ?

Hmm… Comme tu as pu le comprendre, ça va être difficile de répondre, compte tenu que j’adore chaque volet de mon travail. La pire chose, c’est probablement devoir quitter l’ambiance d’un festival quand on vient en exposant. L’atmosphère d’un festival, les petites routines du stand et les discussions avec les clients, c’est un tel plaisir du partage, le quitter c’est toujours un peu déroutant.

Quand j’interviewe des groupes, je leur demande quels sont leurs projets pour l’année à venir. Je suppose que même au sein des labels, vous avez des attentes et des projets chaque année… Qu’en est-il pour Antiq pour l’année à venir ?

Oh, oui, plein de gros, de beaux et de fascinants projets. Là nous avons notre dernière sortie de l’année qui arrive, un split d’un style ambiant particulièrement bien exécuté. Ah, et aussi, l’édition double vinyle de Grylle, un très très bel objet qui voit le jour. Pour l’an prochain, du black d’avant-garde, du black un peu punk plus crade, du black à ambiance d’un pays froid, et toujours de l’ambiance.

Existe-t-il un groupe que vous auriez rêvé d’inclure dans votre label mais qui n’y est pas ? Si oui, pourquoi ce groupe en particulier ?

Ça doit faire au moins dix ans que je réponds Borgia. Ce maelstrom de black death alchimique, servi par des paroles historicistes déclamées, n’avait rien à voir avec les concepts boiteux auxquels on assimile souvent le style. C’était faire de l’histoire sans faire un cours d’histoire, c’était écouter une violence dont le raffinement élevait le groupe au degré du sublime.

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

Interview originale, je me suis bien plu à y répondre, je crois que tu as tout abordé. Je voudrais ajouter que toutes nos productions sont faciles à trouver pour les écouter et qu’elles ne demandent qu’à ce qu’on s’y penche pour en découvrir les attraits, et que malgré quelques difficultés actuelles notre site sera bientôt rénové pour un fonctionnement optimal. Merci à tous les lecteurs, merci à toi Délia.

Nous terminons cette interview avec un extrait musical de Grylle, groupe produit par Antiq Records.


Photo d’Antiq sur la page Antiq Label

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