The Streamliner

The Streamliner présente "Moon's Bride"

En septembre dernier je découvrais pour la première fois en live The Streamliner, un power trio rock stoner de la région parisienne. Je me souviens avoir pris une grosse claque sonore et visuelle avec leur prestation au Dropkick Bar de Reims ce soir-là, et il me tardait de pouvoir retrouver le groupe à d’autres occasions (une galerie photo du concert est d’ailleurs disponible ici).

Vendredi dernier, le trio sortait son tout premier clip sur le titre “Moon’s Bride”, extrait de l’EP “You Look Nice Today” annoncé pour la fin du mois de février. La vidéo est superbement réalisée et musicalement, on en prend plein la gueule à coup de grosse disto baveuse. En bref, “Moon’s Bride” te donne la patate pendant un peu plus de quatre minutes, et tu te surprendras certainement à balancer la tête et hurler sur certains passages. The Streamliner a mis les petits plats dans les grands pour offrir à son public une première vidéo de qualité qui mérite d’être vue, revue et partagée. Et ça fait du bien de voir des groupes comme ça se sortir les doigts de là où tu sais.

J’en ai donc profité pour interpeller les trois musiciens dans une interview afin d’en savoir un peu plus sur le groupe, le clip, et leurs projets à venir.

The Streamliner

Présentez nous The Streamliner en quelques mots.

Le nom The Streamliner est inspiré des dragsters et des voitures de courses de vitesse sur les lacs asséchés de l’ouest américain. Cela symbolise la recherche de vitesse et un attrait pour le désert et les grands espaces. C’est là que sont les origines du desert-rock et du stoner des 90’s.
On prône un certain esprit de liberté, de création et de construction collective, sans barrières. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est vraiment un travail d’équipe, d’écoute et de partage.

The Streamliner c’est trois musiciens, trois personnages. Qui êtes-vous ?

On est un power trio et on a voulu rester sur cette configuration pour garder un son brut. 
Darkim à la basse et au chant, qui paraît toute douce quand elle monte sur scène mais te balance un scream dès les premières notes. Ça annonce direct la couleur pour la suite ! Axel à la guitare est notre riff maker. On l’appelle aussi Peï Meï (Kill Bill) quand il est en mode tyran de la répéte. Et enfin Benji, notre bûcheron à mi-temps, qui un jour passera à travers les peaux de ses fûts de batterie !

A quel point êtes-vous impliqués dans la réalisation du clip de « Moon’s Bride » ?

« Moon’s Bride » est notre premier clip et on l’a voulu à l’image de notre groupe et de notre son, c’est-à-dire brut avec un montage très cut et un visuel fort. 
On s’est complètement investis dans le clip, de A à Z, en mode Do It Yourself. Il a été tourné en co-réal entre notre bassiste-chanteuse Darkim et Felix Dumas, un pote de longue date vidéaste avec qui on a déjà partagé la scène.
Au niveau du lieu on cherchait un endroit roots, typé underground. Le hangar juste à côté de notre studio de répète et de notre asso Eightball Society, qui est un peu notre source, (ON est nés là-bas quoi! ) était tout indiqué.
Pour l’idée de la séquence dans la boîte noire, on souhaitait quelque chose de plus monochrone, éthéré, avec une couleur rouge sang qui fait écho à la pochette du CD. La réalisation de cette scène a été possible grâce à David Wibaux et toute sa science des lumières. Il y a une bonne inspiration post-apo et SF qui est globalement le fil conducteur de l’EP et de The Streamliner de manière générale, tant au niveau des textes que du son.
Il existe bien sûr une trame derrière ce clip liée à ce que raconte le morceau mais nous préférons laisser au spectateur sa libre interprétation.

Le titre « Moon’s Bride » est issu de votre second EP qui doit sortir bientôt. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet EP ? Pourquoi avoir choisi « Moon’s Bride » pour l’illustrer ?

On voulait un premier morceau qui reflète pleinement les deux facettes de notre son. D’un côté faire du catchy et rythmé, et de l’autre du lourd et puissant. Clairement, on est en plein dedans avec celui-ci. « Moon’s Bride » est un concentré de The Streamliner.
De plus Darkim avait vraiment des images précises sur ce qu’elle souhaitait faire sur ce morceau avec ce côté “grosse claque” sur la deuxième partie.
Concernant l’EP, il a été enregistré en plusieurs sessions pendant la période Covid avec Duff de Mejej Studio, qu’on embrasse tendrement. Il a su mixer sonorités vintage et lourdeurs lovecraftiennes avec un chant entre fragilité et scream écorché.

Que peut-on attendre de The Streamliner en 2022 ?

Déjà la sortie de notre EP, « You Look Nice Today », pour le 25 février prochain. Ensuite, le plus de dates possibles pour remonter sur scène après deux années de semi-vide musical. Le contact avec le public et les moments live nous ont manqué. Évidemment nous ne sommes pas restés dans notre cave à attendre que le temps passe. On a eu le temps de préparer pas mal de surprises pour les futurs scènes et on a hâte de partager notre énergie, distribuer des gros riffs, et défendre cet EP comme il se doit.


Photos par Kevin Dicop

Le premier EP de The Streamliner est disponible sur Bandcamp :

https://thestreamliner.bandcamp.com/releases

 

Pour suivre leur actualité :


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Omega Diatribe - Liberating Madness Tour

Il y a quelques temps déjà, j’ai eu l’occasion de me rendre au MCP Apache pour assister à une super chouette soirée de concerts.

Je tenais d’ailleurs à remercier Béa et Yoh pour leur accueil chaleureux (comme toujours). Quant aux groupes, je les remercie aussi pour leur super prestation qui nous a permis, le temps d’un instant, d’oublier que c’était l’apocalypse !

Pour les événements du MCP, consultez leur page Facebook !

Commençons par une petite présentation du groupe, qui êtes-vous ?

Akos : Salut à tous ! Nous sommes Omega Diatribe, un groupe de groove metal extrême de Hongrie. Une bande de folles âmes qui tentent d’échapper à l’ordinaire. Si vous souhaitez en savoir plus sur nous, vous pouvez vous rendre sur www.omegadiatribe.com.

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Qu’est-ce que ça fait de pouvoir tourner à nouveau ?

Hajer : Ça fait tellement de bien, on aime vraiment être sur les routes ! Sans oublier que notre tournée actuelle #LiberatingMadnessTour 2021 rencontre un énorme succès. Le public est génial et les salles sont quasi toutes remplies. On ne pourra jamais assez remercier nos fans pour leur présence à nos shows malgré cette situation pandémique assez folle.

Tamas : Vraiment génial ! Etre à nouveau sur les routes avec ma deuxième famille est toujours amusant.

Akos : Nous venions seulement de commencer à travailler avec notre nouvelle agence de  booking et nous avions dû reporter les dates de tournée à plusieurs reprises. C’est un véritable soulagement que de pouvoir tourner à nouveau.

Si vous deviez décrire Omega Diatribe en quelques mots, que diriez-vous ?

Hajer : Puissance. Énergie. Groove.

Tamas : Des tonnes de litres de bière.

Akos : Thérapie, bulldozer, une deuxième batterie d’énergie dans nos vies.

Dans votre musique, je sens quelque chose qui ressemble un peu à du Meshuggah. Est-ce qu’il s’agit d’une de vos sources d’inspiration musicale ? Sinon, qu’est-ce vous inspire musicalement parlant ?

Daniel : En réalité, certains d’entre nous sont fans de Meshuggah. Surtout moi, car je suis un fan inconditionnel de Thomas Haake. Je pense que nous puisons nos influences principales dans le nu-metal et le groove des années 90, ainsi que dans certains sous-genres metal qui comportent un son progressif/low.

Hajer : Oui, Meshuggah est clairement un groupe favori pour la majorité d’entre nous ! Mais, au fil du temps, nous essayons de trouver notre propre identité et nous tentons de laisser cette étiquette de « Meshuggah hongrois » derrière nous. Je pense que nous commençons à trouver notre propre style depuis notre troisième sortie Trinity. Cette identité sonore s’est vraiment cristallisée dans notre dernier album Metanoia, où je pense que nous avons trouvé cette vibe spéciale qui nous définit en tant que groupe.

  Vous êtes ici en Belgique pour défendre votre album Metanoia, quel en est le sujet principal, y-a-t-il une sorte de fil rouge ?

Akos : Metanoia est une pierre angulaire importante dans notre cheminement en tant que groupe. Je pense que c’est l’album où nous avons enfin trouvé notre propre voix. Ce n’est pas un concept album, mais il parle de tous nos combats et difficultés au quotidien.

OMEGA_DIATRIBE_Interview 2

Si vous deviez recommander 1 à 3 chansons à nos lecteurs pour leur faire découvrir Omega Diatribe, que choisiriez-vous ?

Hajer : Je leur conseillerais de faire tourner ‘Parallel’, ‘You Can’t Save Me’ et ‘Trinity’. Ces chansons reflètent, selon moi, nos meilleurs vibes. En plus, ce sont des morceaux qui fonctionnent très bien en live !

Tamas : Je choisis ‘Divine of Nature’, ‘Global Fire’, et ‘Mirror Neuron’. Je pense que ces trois morceaux montrent bien ce qu’est Omega Diatribe en 2021.

Akos : Ok, alors je choisis ‘Global Fire’, ‘Replace Your Fear’ et ‘Contrist’ pour décrire le groupe.

Que peut-on attendre d’Omega Diatribe en 2022 ?

Daniel : Je ne sais pas si je peux en parler, mais, nous serons en tournée une grande partie de l’année si cette foutue pandémie nous le permet.

Akos : Nous avons aussi d’autres plans comme de nouvelles chansons et un vidéoclip. Nous verrons ce que l’on peut accomplir concrètement.

 Quelles sont vos attentes personnelles pour l’année à venir ?

Tamas : Tourner le plus possible, nous essayons d’aller dans de nouveaux endroits, dans lesquels nous ne nous sommes pas encore rendus. Nous aimerions faire monter le groupe au niveau supérieur.

Qu’avez-vous pensé de votre show en Belgique ?

Hajer : Nous aimons toujours voyager dans des pays où nous n’avons pas encore eu l’occasion de jouer. C’était notre premier concert en Belgique et c’était le feu ! Le public était vraiment avec nous dans cette performance live et ils nous ont soutenus en achetant beaucoup de notre merchandising. Belgique, nous nous reverrons ! À bientôt.

Akos : Nous avons passé un excellent moment en Belgique avec vous. Merci pour votre accueil.

  Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Hajer : Merci à tous ceux qui soutiennent le groupe depuis toutes ces années et qui nous maintiennent en vie ! Ça signifie beaucoup pour nous ! On se revoit en tournée, continuez à diffuser nos morceaux !

Daniel : N’hésitez pas à nous amener un peu de « médecine locale » et venez faire la fête avec nous !

Akos : Chers amis du monde entier, on se retrouve sur nos réseaux sociaux. Nous essayerons de vous rejoindre en vrai pour faire la fête avec vous en live ! Prenez soin de vous et soutenez la musique live.

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Photos Omega Diatribe

Vous voulez en savoir plus sur Omega Diatribe ?


Firemaster Convention

Les coulisses de la Firemaster Convention, entretien avec Joffrey et Elodie

Il y a quelques temps on vous avait rapidement parlé de la Firemaster Convention qui avait pris place au début du mois de mai à Châteauroux, dans le Centre de la France (ici, dans cette news). Cette deuxième édition était déclinée en version “online” afin de respecter les restrictions en vigueur à cette période. Ce format nous avait donné l’occasion d’y participer virtuellement malgré la distance, et comme on a aimé, on a voulu en savoir un peu plus sur le sur le sujet.

Pour satisfaire notre curiosité, on s’est entretenu avec Joffrey Dériaud et Elodie Briffard, respectivement directeur et attachée de presse de la Firemaster Convention.

Firemaster Convention

Pour commencer, pourriez-vous nous parler un peu du concept initial de la Firemaster Convention. D’où est venue cette idée d’événement et quelles sont ses valeurs ?

Joffrey (directeur de la FireMaster Convention) : L’idée de départ était de proposer un événement avec une forte valeur ajoutée. L’association pour laquelle je travaille, Tonnerre Productions, organise des concerts Musiques Actuelles depuis fin 2012. L’équipe a toujours eu l’envie de proposer et de porter des concepts via ses divers événements, c’est une façon de toujours mettre en action nos neurones et nous pousser dans la voie du développement. Aussi, avec notre ami Kermhit de France Metal, nous voulions organiser un projet ensemble. Après une courte réflexion, offrir un événement qui puisse d’une façon large s’enquérir du sujet « metal » via d’autres spectres que celui du pur live nous paraissait pertinent. Cette culture et sa communauté ont tellement de choses à partager qu’il semble qu’un programme varié d’activités et d’animations pour pouvoir la saisir ou la développer est une bonne chose. Les valeurs que nous souhaitons insuffler à cet événement sont bien sûr celles prônées par le metal en général : le partage et l’amitié. Cet événement est donc un lieu où nous souhaitons accueillir le plus grand nombre de headbangers pour le simple plaisir de se rencontrer et d’échanger. La convention se tient chaque année à Châteauroux pour une question d’opportunité économique et logistique. La ville se situe en plein cœur de France donc c’est un emplacement idéal, loin de rien, proche de tout.

Cette année l’événement a eu lieu en streaming. Hormis le fait qu’il n’était pas possible d’accueillir le public sur place, quels changements avez-vous dû apporter pour cette édition ?

Elodie (attachée de presse de la FMC) :  Je laisse Joffrey te raconter les changements scéniques mais de mon côté à la promo, c’est devenu n’importe quoi ! Comme on ne pouvait pas inviter les journalistes bénévoles (qui sont très nombreux) à cause des normes sanitaires, j’ai repris mon premier métier de journaliste et j’ai fait les interviews de l’ensemble des groupes de la convention. C’était super cool de préparer ces interviews et je pense que cela a pu apporter un petit plus pour le public.  C’était aussi l’occasion de repenser la partie animation de la convention. On avait même un Bingo où tu pouvais gagner plein de trucs cool y compris une guitare dédicacée de Didier Wampas. 

Joffrey : Il a fallu repenser entièrement l’événement tout en essayant de garder son intégrité, mais aussi son intérêt. Si nous n’avions pas pu assurer cela, nous aurions annulé. Le projet de digitalisation nous plaisait bien pour son côté challenge d’une part, mais aussi pour son intérêt professionnel pour tous les intervenants. Bien sûr, à deux mois de la date, garder le bateau à flot et ne pas être submergé par les éléments négatifs extérieurs fut très complexe. Nous ne sommes pas des professionnels de l’audiovisuel, mais du spectacle vivant, donc pour réussir notre projet, il a fallu compléter nos équipes par des spécialistes qui ont fait un travail remarquable (réalisateurs, cadreurs…). Nous avons alterné lives et enregistrements dans une danse constante et équilibrée durant les trois jours. Pour cela, il a fallu partir durant les deux mois précédant le rendez-vous pour faire des reportages et des captations afin de créer des contenus originaux. À réfléchir, c’était complètement dingue voir presque inconscient de faire cela…

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La première édition a eu lieu l’année dernière il me semble. Avez-vous déjà pu apporter des améliorations par rapport à la convention de 2020 ?

Elodie :  L’équipe a grandi ! Typiquement l’année d’avant je donnais juste une conférence. C’était le cas aussi pour Corentin Charbonnier (auteur et anthropologue) qui s’est occupé de toute la programmation des conférences par exemple. Je pense que cette nouvelle équipe plus nombreuse a pu permettre à l’équipe déjà en place de moins se disperser et de mieux gérer tout ce qu’ils avaient à faire.  

Joffrey : Effectivement, nous avons complété notre équipe et agrandi la famille. Néanmoins, comme l’événement a eu lieu en digital, les choses ont été pensées différemment. Les véritables améliorations, nous les verrons en 2022, en présentiel. Nous y réfléchissons d’ores et déjà car ça arrive vite. Ce qui est sûr, c’est que nous voulons rendre la convention plus attractive et plus scénographiée dans le but de s’évader de ce monde anxiogène. Le metal est aussi un exutoire pour beaucoup, alors cet outil doit être en accord avec cela.

Le choix des intervenants de cette année a-t-il été impacté par le format streaming : y a-t-il eu des intervenants qui ont décliné à cause du format ? La période de confinement a-t-elle posé problème pour certains intervenants ?

Joffrey : Nous avons gardé le format identique au niveau des intervenants. Comme je disais, il s’agit de conserver le programme initial pour respecter cette édition. Après, effectivement, des artistes n’ont pas souhaité venir pour des raisons qui leur sont propres et respectables comme Titan ou même Heavenly. Sur les douze groupes, seuls trois ont décliné leur venue. Pour le coup, les artistes ont vraiment joué le jeu et c’est rien de le dire. Pour le reste, nous avons dû annuler quelques ateliers, car le format digital ne permettait pas d’être cohérent. Par exemple, l’atelier sérigraphie doit se faire en physique, les participants doivent pratiquer et cela ne peut se faire que sur place. La période de confinement a été vécue différemment par les intervenants, mais les plus impactés sont les artistes qui ne pouvaient plus se rencontrer dans le cadre de leur pratique musicale. Donc le défi fut immense pour eux, ils ont pris énormément de risques.

Firemaster Convention

Les intervenants de la convention 2021 étaient tous français. Est-ce une volonté de votre part de ne promouvoir que des artistes français ou était-ce une restriction du fait de la période de pandémie ?

Elodie :  En ce qui me concerne c’est une volonté. Mais ce n’est peut-être pas ce que le chef va dire, hein chef ?

Joffrey : Nous avons de très bons groupes Français, il faut donc les mettre en valeur. Nous souhaitons aussi inviter des groupes étrangers mais la crise du COVID ne le permettait pas donc c’est bien sûr du 100% Français que nous avons proposé. Nous souhaitons aussi promouvoir les groupes de la Région Centre-Val de Loire qui a de très bonnes formations en punk et hardcore notamment.

Financièrement, avez-vous dû faire face à des pertes conséquentes par rapport au format “présentiel” ? Le streaming a-t-il engendré des coûts supplémentaires ?

Joffrey : C’est ce que l’on peut appeler clairement un événement non-rentable (rires) ! Mais là n’était pas le but. L’idée était de se prouver et de se sentir capable de relever de nouveaux défis, en somme de se sentir vivant après des mois de rien. Nous avons souhaité un événement gratuit et accessible à tous car en format payant, je pense que ça n’aurait que moyennement fonctionné. Le point positif avec un événement sans revenu particulier à part les partenariats privés et publics, c’est que le budget est cadré dès le départ, très peu de ressources sont basées sur des recettes aléatoires en relation avec la consommation du public (bar, billetterie, merch…). Donc théoriquement il y a peu d’impondérables financiers si on anticipe les charges. Le streaming coûte cher, très cher. Il ne suffit pas de venir avec une caméra et un ordinateur et de se brancher sur la prise RJ45 de sa box, il y a tellement de choses à mettre en place. Le plus difficile, c’était notamment de garantir un flux important de qualité pour envoyer les données sur Internet et ça, ça coûte cher…

Avez-vous été confrontés à des incidents techniques ?

Elodie:  Évidemment ! Mais pas tant que ça pour une première fois. On a par contre eu un vrai problème avec la diffusion de clips sur le flux de facebook. On a été coupé pendant presque 1h le dimanche à cause de ça.  

Joffrey : Comme le dit fort bien Elodie, oui, il y en a eu. Parfois le public ne le savait pas, parfois ça se voyait. Mais rien de bien grave. C’est là le résultat du travail d’une équipe de choc composée de professionnels. Lorsqu’on est bien entouré, on diminue grandement les problèmes, ou tout au moins on augmente les chances de les solutionner rapidement.

La diffusion en streaming de cette édition a permis de rallier un public plus large qui n’aurait peut-être pas pu se déplacer jusqu’à Châteauroux. Est-ce que vous songez à faire un double format pour les prochaines éditions, présentiel/streaming ?

Joffrey : Nous ne savons pas encore ce que nous ferons en 2022 concernant le digital. Ce qui est sûr c’est que nous voulons revoir notre public. Le numérique coûte cher et à moins d’avoir de grandes ressources, c’est un investissement fort pour les petites structures comme la nôtre. Nous avons ce désir de pouvoir garder une part de numérique, mais comment ? Nous ne le savons pas encore. Ce que nous ne souhaitons pas, c’est en tout cas supplanter le live par le numérique à distance.

Elodie :  Le format hybride reste une possibilité, mais on est des fervents défenseurs du live. Du coup, c’est évident que nous ne proposerons pas les mêmes choses à ceux qui se déplacent.  

Firemaster Convention

Auriez-vous quelques chiffres à nous communiquer concernant le nombre de participants sur le weekend ?

Elodie :  C’est dommage que Karen ne soit pas venue ! (Ndlr : la responsable communication de la convention et également la modératrice de cette édition 2.0). Patron un petit mot ?

Joffrey : Nous avons fait presque 14 500 clics sur les trois jours. Un clic peut être la conséquence d’une ou plusieurs personnes et une vidéo peut être vue dix secondes comme une heure donc potentiellement 21 000 personnes peuvent avoir vu ne serait-ce que quelques secondes de nos productions (lol).

Pour terminer, quel bilan tirez-vous de cette édition online ? Les points positifs et les points négatifs ? Avez-vous des regrets ou au contraire êtes-vous totalement satisfaits d’avoir pris la décision de maintenir l’événement en l’adaptant à la situation ?

Elodie :  On regrette de ne pas vous avoir vu … Néanmoins, je suis presque sûre qu’on aurait pas eu les 5000 personnes du vendredi si on l’avait fait en réel. Je pense que la direction de la Firemaster Convention a bien fait de choisir dès janvier de passer au format livestream. On ne risquait plus de se faire annuler ainsi et du coup nous avons pu avancer et tout préparer pour que l’événement se passe au mieux.  

J’espère à titre personnel que cette édition particulière vous donnera envie de venir l’année prochaine ! En tant que parisienne, je peux te dire que c’est juste à trois heures de chez toi pour un week-end super sympa !

Joffrey : Une grande satisfaction du travail accompli, mais surtout un plaisir énorme et indescriptible d’avoir revu des amis, des artistes, des techniciens, et des gens s’affairer pour la réussite d’un projet. C’était énorme de voir cette ruche dynamique s’agiter partout et de voir le plaisir émaner des gens. Alors oui, même si nous aurions pu faire plus de connexions, nous avons été utiles pour beaucoup. Je pense que nous avons aussi été pionniers en France sur ce format-là : trois jours de livestream gratuit, soit plus de vingt-et-une heures de vidéos avec des concerts en direct, c’était inédit. Alors nous sommes satisfaits de cela. Les retombés se feront ressentir en 2022 peut-être. Juste un peu déçu que certains grands médias rock/metal ne se soient pas plus emparés du projet mais rien d’étonnant ici. On a eu Augustin Trapenard et ça, ça vaut de l’or. Merci Elodie et Karen !

Firemaster Convention

Si tu as manqué la Firemaster Convention Online, les replays des concerts et des documentaires sont publiés chaque mardi depuis quelques semaines. Ils restent accessibles sur le site internet de l’événement. On peut également s’y procurer des t-shirts, gobelets et médiators à l’effigie de cette édition 2021 pour soutenir le projet.

Rendez-vous sur https://www.firemaster-convention.fr/

Et sur la page Facebook : https://www.facebook.com/firemasterconvention

Et à l’année prochaine !

 

 

Vanessa & Délia


Normandie

Normandie : Les secrets de Philip

Salut Philip, comment vas-tu ? Nous sommes très heureux de vous avoir ici sur notre webzine.

Salut ! Merci de me recevoir! Je vais bien merci!

Peux-tu s’il te plaît décrire ton groupe pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore? Peux-tu aussi nous expliquer pourquoi vous avez appelé votre groupe « Normandie »? Est-ce lié à la région française?

Nous sommes un groupe de rock suédois qui est assez lourd pour avoir des fans de death metal mais assez pop pour être le groupe préféré de vos parents haha. Nous voulions juste un nom qui sonnait bien quand on le dit et qui avait une sorte de pouvoir de connexion. Un autre grand nom pour le groupe était Napoleon alors nous avons décidé de choisir quelque chose en N. C’était une bonne chose car Normands signifie les gens du nord, et nous sommes de Suède.

Il a fallu que tu ailles au plus profond de toi pour cet album et faire face à des expériences personnelles qui étaient cachées. Comment as-tu fais cela? As-tu des conseils pour que nous puissions également le faire pour nous?

C’était beaucoup d’essais et d’erreurs, mais le fait d’écrire les choses a vraiment aidé. Le simple fait de s’asseoir et de réfléchir fait que votre cerveau va partout, mais si vous écrivez dans une direction, il est plus facile de rester concentré. Je l’ai fait en écrivant la musique en studio.

J’ai vu, dans un descriptif de l’album, l’explication suivante pour le nom de l’album:
« La raison pour laquelle on l’appelle « Dark & Beautiful Secrets » est que l’obscurité n’a pas vraiment besoin d’être laide ou négative. »
Qu’as-tu trouvé de beau pendant ton introspection et dans tes secrets cachés? Que penses-tu de tout le travail que tu as fait à ce sujet?

Beaucoup de choses vraiment. Quand j’étais enfant, j’avais très honte de mon éducation religieuse. La Suède est très athée, donc j’étais à peu près le seul enfant ouvertement chrétien. Maintenant, je suis fier de cette éducation car elle m’a donné beaucoup de bons côtés comme la compassion et une réflexion plus profonde.

Presque chaque chanson est liée à un secret ou à un événement qui t’est arrivé. Est-ce vrai? Peux-tu nous donner quelques exemples? Quels messages ou valeurs aimerais-tu transmettre avec cet album en voyant cela?

Ouais! Il y a un tas d’histoires différentes, qui mènent toutes à la même conclusion que vous êtes qui vous êtes grâce à votre passé, et les erreurs que vous avez commises peuvent vous apprendre à vivre pour un avenir meilleur.
C’est un album sur l’ouverture et la révélation de votre passé pour que vous n’ayez pas à tout porter vous-même.
« Holy Water » parle de mon expérience en tant qu’enfant dans la religion, « Babylon » est à propos de toutes les différentes identités que j’ai essayées, « Hostage » parle de mes expériences avec la dépression et « Mission Control » est de rater le divin.

Quelle chanson recommanderiez-vous pour commencer à écouter votre musique? Quelle est votre préférée et pourquoi?

J’essaierais probablement Hostage, White Flag, Babylon et ensuite Holy Water. Peut être un bon mélange de hooky et de heavy.

Réalisez-vous vous-même vos vidéoclips? Comment trouves-tu un moyen d’interpréter ton expérience personnelle?

Oui, la plupart du temps, je dessine une image que j’ai en tête et ensuite nous voyons si nous pouvons donner vie à cela. Avec « Hostage » je voulais une séance de thérapie avec moi-même à différentes étapes de ma vie, « Holy Water » je voulais avoir des danseurs marchant sur l’eau comme Jésus et pour « Babylon » je voulais avoir comme une maison de poupée où les différentes pièces représentaient des expériences différentes. Je ne sais pas comment cela me vient à l’esprit, mais il s’agit simplement d’écouter la chanson et d’imaginer.

Vous serez en tournée avec « Thousand Below » et « Captives » pendant votre tournée européenne et britannique. Est-ce votre choix? Où les avez-vous rencontrés?

Je ne parle pas trop des tournées car je me concentre sur le côté musical des choses. C’est aussi très difficile quand beaucoup de groupes veulent venir et que je ne sais pas dire non alors je laisse juste les autres avoir ces discussions. Je connais le manager de Captives et j’ai travaillé avec eux sur leur nouvel album.

J’ai vu que nous vous entendrons comme vous êtes vraiment pour la première fois. Jouerez-vous toujours de vieilles chansons lors de la prochaine tournée?

Bien sûr! Ça va être très difficile de faire une setlist mais…

Y a-t-il une date en discussion en Belgique? Êtes-vous déjà prêt à partir en tournée? La setlist est-elle préparée?

Malheureusement non. Je pense que les gens devront prendre un train pour Cologne, ce spectacle est généralement l’un des meilleurs de la tournée. Nous n’avons pas encore vraiment commencé à planifier, mais cela se produira dans les prochains mois.

Y a-t-il un endroit où vous rêvez de jouer? Des objectifs ou un rêve pour le groupe?

En ce moment, j’aimerais jouer à Glastonbury, c’est le dernier festival qui reste au Royaume-Uni (corrigez-moi là-dessus) que nous n’avons pas encore fait après Reading / Leeds, Download, 2000 trees et Slam Dunk.

On vous laisse les derniers mots de cette interview pour dire tout ce que vous voulez à vos fans mais aussi à tous nos lecteurs qui découvrent votre groupe en ce moment?

Faites-vous vacciner et nous nous reverrons en octobre!


Vous voulez en savoir plus sur Normandie?


Max Goemaere Chloé JazzySnake

Chloé, Max, et leurs histoires de fûts ...

Pour cette deuxième interview croisée, j’ai choisi de m’intéresser à deux batteurs qui ont fait de leur passion un métier. J’ai rencontré Max Goemaere il y a quelques années lorsque je poussais pour la première fois les portes de la Drumlive Academy, son école de batterie dans le Nord de la France. Et il y a quelques mois je découvrais Jades, un groupe de Rock 100% féminin de la région parisienne, doté d’une batteuse à chapeau qui ne me laissa point indifférente : Chloé « JazzySnake » Jalquin.

Entre humour et réflexion, rencontre avec deux musiciens d’exception …

Pour commencer, je vous laisse vous présenter et nous expliquer votre parcours.

Chloé : Je viens d’une famille de musiciens et très jeune j’ai eu envie de jouer d’un instrument. Ma maman m’a d’abord appris un peu le violon et puis je crois que la batterie m’est venue parce que c’est un instrument assez éclectique, on peut jouer de tout. Au début, j’ai pris des cours de percussion classique, puis j’ai fait du jazz, puis les deux en même temps. C’était difficile d’assurer les deux à haut niveau, alors j’ai dû faire un choix. Je me suis orientée vers la batterie qui me paraissait plus sympa pour accompagner d’autres musiciens, je ne me voyais pas derrière un orchestre à attendre des mesures et des mesures pour jouer. Mes premiers cours de batterie, c’était dans les magasins Milonga, avec un jeune prof qui m’a beaucoup appris, puis plus tard je suis allée au CRD (Conservatoire à Rayonnement Départemental) où j’ai passé mon Diplôme d’Etudes Musicales… Et jusqu’à l’année dernière j’étais au CMDL, c’est l’école de Didier Lockwood, un grand violoniste de jazz. Finalement, je me suis mise assez tard à tout ce qui est rock et musiques actuelles.

Aujourd’hui, je donne des cours de batterie et d’éveil musical, et j’interviens également dans les écoles primaires et élémentaires. Niveau groupes, on va dire que j’ai deux projets principaux. Une formation jazz qui s’appelle Up Trio, et un groupe de rock’n’roll qui s’appelle Jades. Je joue aussi dans un groupe de jazz manouche engagé dans la culture bio (oui, ça existe !) qui se produit plutôt dans les Estivales, dans des endroits un peu étranges, et dans une fanfare de filles. Ensuite, j’ai un groupe orienté pop, avec une chanteuse qui s’appelle Kat Galie. C’est assez libre entre le jazz, le rock et la pop, ça me correspond bien.

Max : Tu arrives bien à gérer tout ça niveau planning ?

Chloé : En ce moment oui ! En temps normal, il y a des week-ends où c’est chargé. Quand tu as deux concerts le même jour ou le même soir, il faut de l’organisation. Pour les concerts, en général, je privilégie plutôt Jades parce que nous n’avons pas vraiment de remplaçant, ce sont nos compos, alors qu’en jazz, si ce sont des standards, je peux demander à quelqu’un pour me remplacer. Ce sont des choix, ça dépend vraiment de la situation : qui m’a appelée en premier, si c’est vraiment important …

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Jades - Photo : Faallaway
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Up Trio

Max : Je m’appelle Max Goemaere, j’ai 33 ans. J’ai débuté la musique il y a 25 ans, au conservatoire, dans une classe de percussions. J’ai détesté ça pendant longtemps parce que ce que je voulais moi, c’était FRAPPER, faire du bruit. Avec le recul je suis content d’avoir fait des percussions, ça a développé mon oreille et aujourd’hui dès que j’entends une musique que je n’ai jamais écoutée, je peux improviser dessus. J’ai fait partie d’un orchestre où on était quatre-vingt musiciens. On jouait du classique, des musiques de film et des choses un peu plus modernes. C’était une super expérience mais je me suis fait virer du conservatoire quand j’avais 16-17 ans parce que je frappais trop fort sur la batterie… Je ne rentrais pas assez dans le cadre, je pense ! Du coup, j’ai décidé de continuer à apprendre la batterie tout seul. A cette époque il n’y avait pas YouTube, juste Emule ou KaZaa. Quand tu téléchargeais une vidéo de batterie, une fois sur deux tu avais un film de boules à la place. Donc j’ai appris en jouant sur des disques, à l’ancienne.

Mon premier groupe s’appelait Slaughtered, un mix entre Pantera et Gojira, puis j’ai eu mon premier groupe pro, Nightshade, en 2007 il me semble, du deathcore. On a ouvert plusieurs fois pour Dagoba et on a joué dans pas mal de festivals. Ensuite, j’ai joué avec Dunkelnacht, un groupe de metal extrême. On a enregistré un album et un cinq titres, on a fait beaucoup de concerts, des tournées partout en Europe, c’était encore un peu plus pro avec des effets sur scène… Et puis j’en ai eu un peu marre du metal extrême, et de leur côté ils avaient d’autres aspirations. J’écoute du metal, mais je prends autant de plaisir à écouter un album d’Alain Caron, du Beyonce, ou de la musique electro. Le problème du metal extrême c’est que c’est très demandant, il faut jouer tous les jours pour entretenir l’endurance, la puissance, la vitesse… Je n’avais pas le temps de jouer autre chose et ça commençait à me griser. Après une grosse année sans groupe où je me suis concentré sur mon école de batterie Tama, la Drumlive Academy (qui a fêté ses 10 ans cette année), j’ai commencé à reprendre quelques projets, faire des remplacements. Et depuis environ trois ans je suis avec Death Structure, un groupe de metal mais beaucoup moins extrême. La batterie de leur EP a été enregistrée par Romain Goulon, il a fait des parties très compliquées que j’ai mis environ quatre mois à me réapproprier. C’est moins rapide et moins dur physiquement que mon précédent projet mais mentalement, c’est une autre difficulté. 

J’ai fait aussi quelques team building. J’intervenais en entreprise et j’appliquais les préceptes de la musique au monde professionnel : l’écoute, l’entraide, le fait de travailler dur, d’utiliser les qualités de l’un ou de l’autre, … Tout ce qui peut faire de nous un bon musicien, j’ai appliqué ça au monde de l’entreprise. 

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Death Structure
Death Structure - Photo : Christophe Leroy

Parle-nous un peu de ton matos.

Max : Je joue sur une batterie Tama Starclassic en bouleau et noyer. J’ai une caisse claire Tama SLP en 14×8, bien profonde, et une double pédale Tama Speed Cobra qui me plaît bien. Globalement, j’aime bien quand il y a de la résistance, qu’il faut frapper fort pour que ça sonne bien. 

En cymbales, je suis chez Meinl, essentiellement la série Byzance. J’ai une ride de jazz, elle sonne terrible. Je suis en partenariat avec Tama et Meinl, ainsi que les ear-monitors Legrand, et Cympad. Ce sont des mousses de cymbales super jolies et des pads que tu peux mettre en-dessous des cymbales pour diminuer un peu le son.

Chloé : Pour faire plaisir à tout le monde …

Max : Voilà, pour éviter de casser les oreilles à tout le monde quand tu joues dans des petits lieux où dès que tu mets un coup de crash on te dit : « Ça va trop FORT ! ».

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Le kit de Max
Kit Max arriere

Chloé : Alors moi, je vais te mettre au défi de jouer sur ma première batterie : une petite jazzette Manu Katché que j’aime beaucoup. Elle est très résistante parce que je la trimballe partout dans mon coffre où elle rentre intégralement. C’est ma batterie de jazz… et de transport. Dans les petits bars, c’est très pratique. J’ai aussi une Gretsch Renown Maple en 22 pouces. J’ai fait refaire la caisse claire et le tom basse qui ne sonnait pas très bien par un luthier basé en Angleterre, Bay Custom. Le fils du gérant était au CMDL où j’étudiais et il m’a bien expliqué comment étaient fabriqués ses fûts. Contrairement à d’autres marques, ils effectuent toute la fabrication eux-mêmes. J’ai une autre caisse claire signature « Benny Greb », pratique pour le jazz et qui se règle très bien. Mes cymbales sont plutôt typées jazz, y compris les crashs, mais elles sonnent bien en rock quand même. Justement les ingés son les aiment bien parce qu’elles ne font pas « psssscccchhh » dans leurs oreilles. J’ai du Sabian et une marque peu connue : les cymbales Impression, qui viennent de Turquie. Elles sonnent bien, il n’y a pas d’harmonique qui sort de nulle part. En jazz on est plutôt attachés aux vieilles cymbales d’occasion que quelqu’un te redonne et t’es là : « Ouah ! C’était la cymbale que je voulais ! ». Toutes les cymbales que j’ai achetées sont des cymbales de batteurs que j’ai déjà écoutés pendant des heures et donc, je sais que je vais la prendre après.

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La Jazette de Chloé
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Le kit Gretsch de Chloé

Depuis février dernier je suis endorsée chez ProOrca, avec mes baguettes JazzySnake qui sont magnifiques. J’en ai des vertes et des … Pas vertes, pour le jazz. Les vertes sont un peu plus grosses et elles s’illuminent dans le noir, c’est fabuleux !

Chloé ProOrca

La place de batteur est un peu particulière sur scène. Comment la décrirais-tu pour l’expliquer à quelqu’un qui ne l’a jamais vécu ? Et comment le vis tu personnellement ?

Max : Ça me dérange et en même temps ça ne m’a jamais posé problème. Pour moi, un concert c’est un show. S’il n’y pas un minimum de jeu de scène ou que tu joues ta musique en étant complètement vide, sans émotion, tu vas très vite t’ennuyer et le public aussi. Ça me gêne un peu quand j’arrive et qu’il n’y a pas de lumières sur scène, mais je prends ça aussi comme un défi dans le sens où je suis tout seul au fond, à moi de faire en sorte que les gens me regardent. Ça a peut-être un côté égocentrique, mais dès que j’ai commencé j’aimais bien que les gens me regardent, alors j’ai bossé mon jeu de scène. Quand le jeu le permet, je vais jouer en levant les bras, jongler avec les baguettes, … Ça m’éclate même si ça ne sert à rien pour le jeu en lui-même. En général, ça plaît aux gens et tant pis pour ceux à qui ça ne plaît pas. Il faut faire rêver les gens, de par la musique et la mise en scène, le visuel, etc. 

Pour décrire le ressenti derrière la batterie, je dirais que soit tu te sens le maître du monde parce que t’es un petit peu au-dessus avec les projecteurs qui sont vers toi et tu as l’impression que tout le monde te regarde (ce qui est faux puisqu’on sait très bien que c’est le chanteur et le guitariste qui ont tous les regards, ahah !), soit tu as l’impression d’être seul au monde. Je me souviens d’un live qui m’a marqué à Nantes avec Nightshade. J’avais une estrade qui était environ à deux mètres de haut et je ne voyais pas du tout les autres musiciens. Le guitariste est venu me faire un coucou et jouer à côté de moi à un moment, mais c’est le seul gars que j’ai vu pendant 55 minutes de scène. C’était bizarre, pas franchement une bonne expérience. En plus, j’ai le vertige et je ne m’attendais pas du tout à ça. Quand je suis monté j’avais les jambes qui tremblaient ! 

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Photo : Nicolas Chaigneau
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Photo : Ybu

Et quand ce sont des petites scènes tu ne vois que des culs…

Max : Oui ou même parfois tu ne vois que le dos du guitariste, qui fait tomber une cymbale en se retournant, ou qui vient taper sur ta batterie avec son manche. Il y a aussi une fois où j’ai joué avec un plexiglass tout autour !

Chloé : Ah c’est horrible !

Max : Oui parce que les gens nous voient, c’est transparent, mais nous on voit tous les reflets des lumières.

Chloé : Et en plus tu n’entends vraiment rien ! Pour moi, le pire c’était avec un plexi énorme, il y avait carrément une porte pour y entrer. Ils t’enferment, t’es coupé du monde et tu n’as aucun rapport avec le public ! Je me disais : « OK, je suis en train d’enregistrer en studio… Mais il y a quand même des gens devant, bizarre… ». Tu vois les autres musiciens qui courent sur scène et toi t’es là derrière ton plexi. Les photographes font des photos de merde du coup. Et pour couronner le tout, mon retour avait lâché donc je n’entendais rien du tout.

Max : Moi je me souviens que les mecs du groupe avaient balancé une banane !

Chloé : De mon côté, à part ce petit moment au Pacific Rock avec le plexi, je ne me suis jamais vraiment sentie seule. Peut-être que ça vient de la musique que j’ai jouée en amont. En jazz, tu écoutes beaucoup les musiciens qui sont autour de toi, donc même si c’est une grande scène, on se positionne de façon groupée. Dans un trio jazz, tu as une contrebasse à ta gauche, une guitare à ta droite et on ne va pas se mettre à cinq mètres les uns des autres. Dans les autres groupes, souvent on vient me voir donc je suis bien entourée. Au début, j’étais très crispée derrière ma batterie, je pense que mon groupe de rock m’a décoincée. Tu te dis que t’es sur une scène et que tu ne vas pas rester à faire la gueule derrière ta batterie. En jazz ce n’est pas forcément qu’on fait la tête, je sais que j’aime bien regarder les spectateurs, voir s’ils sont dans le truc. Ce n’est pas la même approche, mais tu peux aussi t’amuser à faire le show à un concert de jazz. Et à la limite je préfère être à ma place qu’à celle du chanteur qui est tout devant !

Est-ce que tu pratiques un autre instrument ? Si non, est-ce qu’il y a un autre instrument dont tu aimerais jouer ?

Chloé : Je me mets à la guitare… C’est compliqué. Il y a des choses que j’ai envie de faire mais mes doigts ne suivent pas forcément, ou alors je sais très bien quelle note c’est mais mes doigts ne suivent pas. J’espère que ça va progresser.

Max : Je compte m’acheter un piano. J’en avais fait un peu il y a quelques années et j’aimerais bien m’y remettre, ça me détend énormément. Pas pour jouer des choses compliquées, rien que de faire quelques accords, juste pour le son, c’est un autre rapport à la musique. Et j’aimerais avoir un harmonica aussi. C’est tout petit, tu peux l’emmener partout. J’adore le blues et c’est un des instruments prépondérants dans ce style de musique, tu peux faire des trucs chouettes assez rapidement.

Chloé : Pour moi la guitare c’est un peu dans ton optique du transport. Une guitare, par rapport à une batterie, c’est quand même rien. Au début, je voulais faire de la contrebasse mais je me suis dit : « Une batterie et une contrebasse dans une même voiture ça ne rentre pas ». Enfin si, ça rentre, mais tu voyages tout seul, ce n’est pas drôle.

Est-ce que tu participes au processus de compo de tes projets ?

Chloé : Ça dépend du groupe. En jazz on faisait des compos à deux avec le guitariste où j’apportais plutôt les mélodies. Parfois, il y a des choses qui me viennent mais je ne sais pas forcément quels accords mettre en dessous. Après, toujours avec Up Trio, on a commencé à faire des musiques d’ambiance. Il y avait des musiques sur la forêt, sur le cheval… Sur des thèmes assez insolites. On a dû puiser nos idées très loin.

Dans Jades, c’est souvent la chanteuse qui compose. Tout le monde donne son idée. Il y a une base et ensuite on ajoute un riff, des accords, une idée rythmique… Pour la batterie, il arrive qu’on m’envoie une petite idée et puis après on essaie sur place et je fais autre chose… Ahah !

Max : Dans Death Structure, les mecs du groupe ramènent des morceaux qui sont finis à 80%, avec une batterie programmée. Dans le metal, il y a un peu moins de liberté donc je respecte en grande partie ce qui est proposé et puis je crée toutes les petites subtilités auxquelles un autre batteur n’aurait peut-être pas forcément pensé : des coups de cymbale, tout ce qui est ghost notes ou ostinato avec la cloche de la ride ou un déplacement, etc. Hormis cela, je ne compose pas. J’ai parfois quelques idées mais je ne sais pas vraiment les matérialiser. J’ai plus d’idées en arrangement par contre. Le guitariste nous envoie les morceaux et en les écoutant je me dis : « Si là il changeait telle chose, si on ajoutait un son avec du piano ou des cordes ou si on stoppait à tel endroit pour reprendre à tel endroit »… Et quand je fais des remplacements pour d’autres groupes, j’ai souvent eu la chance qu’on me contacte pour avoir mon style, pas juste pour avoir un batteur. Et c’est très bien parce qu’en plus d’être valorisant, je n’ai pas à me forcer à adopter le jeu d’un autre.

Qu’est-ce que te plaît dans la batterie ?

Max : J’aime bien pouvoir exprimer toutes les facettes de ma personnalité à travers mon jeu. Autant je peux tout tabasser, frapper comme un porc et exprimer toute ma haine, ma rage et mon énergie, autant je peux jouer des trucs super doux, posés, parce qu’à ce moment-là j’ai envie de m’exprimer différemment. La batterie, et les instruments à percussions en général, c’est un des seuls instruments où tu peux passer du son quasiment imperceptible, ne serait-ce qu’en caressant ta peau sans balais, juste avec les doigts dessus, à un rimshot de l’espace en prenant ta baguette et en frappant super fort ! Alors perso je n’ai jamais caressé ma peau pour faire de la musique mais j’ai déjà vu des gars le faire.

Chloé : Moi je l’ai déjà fait !

Max : Quand j’ai vu ça je me suis dit : « Le mec il caresse sa peau et t’es transporté ! Il ne joue pas de la batterie là en fait, il fait de la musique mais sans jouer de la batterie ». Tu vois, c’est ça, c’est toute la palette qui s’offre à nous, c’est très vaste.

Chloé : Ce qui me plaît le plus, c’est un peu le côté défouloir, qu’on ne peut pas faire avec une flûte, par exemple… Sinon ça risque de ne va pas être très joli. Quand tu fais une grosse balance sur une bonne scène, t’es bien quand même. Et puis le fait d’accompagner je dirais. C’est un peu le seul instrument où tu peux écouter tous les instruments, t’es un peu le « chef » du groupe, sans être non plus égocentrique, mais tu écoutes forcément toutes les parties puisque tu mets tel coup de cymbale avec tel truc de guitare, tu sais que là tu dois baisser un peu la nuance parce que le chant rentre… Et puis aussi, tu peux jouer avec une grosse batterie mais tu peux tout à fait jouer juste avec une cymbale et une caisse claire et vas-y, challenge, sors-nous un truc. Le pire que j’ai fait (parce que ce n’était pas un choix pour le coup), c’était le jour de la fête de la musique. Le conservatoire devait amener la batterie, sauf qu’ils avaient oublié les cymbales et la caisse claire. Et moi j’avais oublié mes baguettes. J’ai réussi à retrouver des baguettes un peu pourries dans un magasin pas loin mais je n’avais quand même pas de cymbales et pas de caisse claire. Je devais avoir à peine 18 ans et je n’avais pas trop l’habitude de faire face à ce genre de situation. Et justement là tu te dis : « Bon, il faut être inventif ».

Après, quand tu arrives sur une scène, tu n’as pas forcément la même batterie à chaque fois. Tu découvres les cymbales de l’autre batteur, il y a une sorte d’échange entre les batteurs que tu n’as pas toujours chez les autres musiciens. Le guitariste ne va pas forcément prêter sa guitare pour le show d’après. Alors que la batterie, c’est souvent le cas. Sauf quand tu as tes roadies qui apportent ta batterie !

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Photo : Nicolas Chaigneau
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Raconte-nous un de tes meilleurs souvenirs en tant que batteur ?

Max : Une des plus grosses scènes que j’ai faites avec les meilleures conditions, c’était avec Nightshade, aux Hivernautes. Il y avait Dagoba en tête d’affiche, T.A.N.K en deuxième et on jouait en premier. La scène était immense, avec de gros décors. Il devait y avoir un peu moins de 1000 personnes et dans les loges il y avait une masseuse ! Après le concert, je suis allé prendre ma douche et je suis allé avec ma petite serviette me faire masser. J’ai regardé le concert de Dagoba depuis les backstages, une des meilleures scènes que j’ai faites.

Et aussi la fois où j’ai passé la journée avec Thomas Lang, mon batteur favori, à Paris. Il jouait avec Paul Gilbert, un grand guitar hero. J’ai passé toute la journée avec lui, j’ai assisté aux balances et ensuite j’ai pu jouer sur son kit. C’était génial de pouvoir jouer sur la batterie de son idole et de passer toute la journée avec lui, de voir comment il faisait ses balances.

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Max et Thomas Lang

Chloé : Je dirais que j’en ai deux. Un peu de la même manière que Max, à moindre échelle, quand on avait joué avec Jades au Mennecy Metal Fest. Quand on est arrivées, il y avait cinq roadies qui transportaient notre matériel. J’étais sur le podium de batterie : il y en a un qui mettait mes cymbales, un qui mettait ma caisse claire, trois qui déplaçaient le podium, et puis il y en a un qui me dit : « Vous voulez quelque chose ? » « Bah non, je n’ai rien à faire ! ». On était vraiment bien accueillies, c’était assez fou. On a fait de bonnes balances, dans de bonnes conditions, un bon concert et on a eu de bons retours.

Et puis l’autre souvenir, c’est un moment de jeu, quand j’avais fait le concert avec le Big Band de l’école. Tu te sens un peu le maître du monde quand t’es batteur dans un Big Band et que tu as tous les musiciens derrière toi, tu fais ton solo et ils envoient des pêches, c’était sympa.

Max, en tant que batteur, que penses-tu des femmes qui font de la batterie ? Et Chloé, comment te sens-tu en tant que batteuse ?

[Moment de silence …] Et là Max se dit « Je suis face à deux femmes, il faut que je fasse attention à ce que je dis » …

Chloé : Du coup je vais te laisser répondre en premier …

Max : Ahah ! Il y a de plus en plus de batteuses et c’est une bonne chose. Je ne vois pas pourquoi une batteuse serait moins douée parce que c’est une femme. Ce qui m’agace un peu par contre c’est quand je vois les filles sur YouTube qui mettent un décolleté pas possible et qui jouent sans que ça soit forcément la folie, mais qui mettent plus en avant leurs attributs… Je trouve ça un peu dommage, je n’ai même pas envie de m’intéresser à son jeu ni à la personne. D’ailleurs, les plus grandes batteuses, par exemple Anika Nilles ou Emmanuelle Caplette, ne sont pas du tout comme ça, aussi belles qu’elles puissent être. Ceci dit, si une femme jouait même à moitié nue et qu’elle jouait du feu de Dieu, ça ne me poserait aucun problème ! 

Le seul défaut que je remarque aux batteuses en général, même quand elles jouent terrible, je trouve que ça manque de frappe. J’aime bien quand un jeu est nuancé, mais parfois j’aimerais que ça tabasse un peu plus. Je ne pense pas que ça soit une question de physique parce que c’est la souplesse qui donne la force et le claquant.

Par contre, une fois je recherchais un second prof pour mon école et j’avais auditionné une nana qui jouait surtout du jazz. Elle a joué des balais, c’était très sensuel. C’était beau à l’oreille et aussi pour les yeux, juste pour la sensualité du geste, et je me suis dit : « Je n’ai jamais vu un mec jouer des balais comme ça ».

Il y a quand même pas mal d’élèves féminines à la Drumlive Academy. Tu as du succès auprès des femmes…

Max : Si c’est pour ma pédagogie… Je préfère que ça soit pour ça plutôt que pour mon physique plaisant, n’est-ce pas ? Mais oui, je le vois dans mes cours, j’ai beaucoup de femmes. A un moment je devais avoir quelque chose comme 40 ou 45% de femmes. Et comme je dis toujours : c’est mieux d’avoir une femme en face de toi plutôt qu’un gros barbu !

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Photo : Ybu
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Photo : Nicolas Chaigneau

Chloé : De mon côté, je dirais qu’il y a encore du chemin à faire. On se prend toujours des remarques, quasiment à chaque concert. Il y a forcément une fois dans la soirée où quelqu’un qui te dit : « Ah c’est bien une fille à la batterie ».

Max : Mais ce n’est pas forcément négatif, ça …

Chloé : Oui mais pourquoi dire ça ? On va te dire : « Oh c’est super un barbu qui n’a pas de cheveux à la batterie ! ». Tu vas dire : « Et alors, j’ai pas de cheveux… C’est bien ».

Max : Ahah ! Non, mais tu vois, c’est le genre de truc que je peux dire parce que je trouve ça bien qu’il y ait de plus en plus de femmes qui jouent de la batterie…

Chloé : Venant d’un batteur, peut-être, ce n’est pas pareil. Alors qu’une personne lambda qui est dans le public et qui vient après le concert… Tu vois, ce n’est pas le même ressenti.

Max : J’ai plein de femmes qui sont venues prendre des cours avec moi et qui m’ont dit qu’elles voulaient s’y mettre plus jeunes mais qu’elles avaient entendu : « Non, la batterie c’est pour les garçons, fais du violon ou du piano ». Je trouve ça bien qu’il y ait de plus en plus de femmes qui n’en ont rien à faire et qui ne se posent même pas la question. Je pense que c’est peut-être plus dans ce sens qu’on te dit ça. Après, tout dépend comment c’est dit effectivement…

Chloé : Dans notre groupe Jades on n’est pas trop dans le truc girl power à fond. On y est un petit peu du fait qu’on est quand même un groupe de quatre nanas donc forcément on nous en parle à chaque fois. Il y a du chemin à faire parce que les gens voient toujours cette séparation homme/femme… Une fois, je suis allée dans une jam et on m’a dit : « Tu vas chanter quoi ? » « Bah rien, t’inquiète, je vais juste te casser les oreilles ». Quand je suis allée m’asseoir, le gars qui m’avait posé la question était très gêné. Après, ils se sentent obligés de se justifier et tu pars dans un truc pas possible… 

Donc ça c’est plutôt par rapport au public, mais est-ce que tu t’es déjà faite bouder par d’autres batteurs lors d’un concert où vous partagiez la scène par exemple ? 

Chloé : Oui, je dirais que oui. Ou justement, on est venu après et on m’a dit : « Ah ouais, je ne pensais pas que tu allais jouer comme ça ». Ou alors, comme on joue sur la même batterie, le gars à qui appartient la batterie qui te dit : « Non mais vas-y t’inquiète, je suis sûr que tu ne vas pas la casser… ». Genre toi tu peux y aller mais le batteur d’après non. Du coup t’es là : « Bah merci… ». Mais en fait je devrais faire exprès de casser une cymbale. Je vais la garder celle-là du coup ! Ahah !

Est-ce que tu as d’autres hobbies ?

Max : Oui, trop ! Malheureusement, je n’ai pas le temps de m’y adonner autant que je voudrais. Le sport, pour commencer. Quand les salles étaient encore ouvertes j’y allais trois fois par semaine, toute la matinée. C’est un exutoire et ça devient un besoin. Je fais un peu de tout : course, muscu… En ce moment, comme les salles de sport sont fermées, je fais du crossfit à la maison. Et c’est aussi par besoin parce que si je ne fais pas de sport je grossis directement, donc je n’ai pas le choix que de me bouger si je ne veux pas exploser !

Ensuite, il y a la moto. On va dire que je ne travaille que pour ça, pour pouvoir partir à moto et rouler le plus possible, dès que le temps le permet. Parce qu’on est dans le Nord ici, ce n’est pas toujours évident ! J’essaie de partir en roadtrip au moins une semaine par an. C’est un peu similaire à la musique en fait, tu fais plein de rencontres, tu vas à plein d’endroits différents, comme quand tu pars en tournée.

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Le Yamaha Stryker de Max

Et puis les tatouages, les cigares. 

Chloé : Et l’alcool…

Max : C’est un peu ça, pas l’alcool mais les BONS alcools : les bons rhums, les bons whiskys… Toutes sortes d’alcool, tant que c’est un produit noble. Les bons vins aussi.

Et j’ai beaucoup de respect pour les tatoueurs parce qu’ils sont un peu comme nous musiciens, c’est beaucoup de travail et ce sont des artistes à part entière, j’aime beaucoup ça.

Chloé : Je fais beaucoup de musique dans mes journées, en fait… Je ne fais pas trop de sport, j’avoue, à part du Pilates et un peu de vélo. J’aime bien cuisiner. On peut dire que c’est ça ma seconde passion. Si je devais faire autre chose, dans une cuisine je pourrais me plaire. C’est dans mon tempérament, j’aime bien la variété des musiques, j’aime bien la variété de ce que je mange, découvrir plein de choses, plein de saveurs.

On va terminer sur vos actualités, projets à venir …

Max : C’est-à-dire qu’en ce moment…

Chloé : On peut mettre une photo avec un flou…

Max : Avec Death Structure, on prépare le premier album. Normalement je rentre en studio le premier, en avril. On a décidé de prendre une semaine pour enregistrer la batterie, ce qui est très bien parce que dans les projets que j’ai eus avant, c’était : « Tu as trois jours » ! Ça va être un super album. Niveau musique, c’est le seul projet puisqu’on ne sait pas quand on sera autorisés à rejouer en concert. Après, pour mon école, j’ai plein d’idées. Quand on pourra reprendre normalement, il y aura des ateliers collectifs. Je vais faire des ateliers d’étude de styles dédiés à un artiste, pas forcément un batteur. Peut-être aussi changer mes formules, essayer de faire un stage mais cette fois-ci collectif pour l’été prochain. J’ai un autre projet qui me prend beaucoup de temps mais je n’ai pas envie d’en parler plus que ça pour le moment parce que ça ne se fera peut-être pas, mais si ça se fait ça sera bien. Quelque chose en rapport avec la pédagogie, mais pas une méthode de batterie, ça il y en a déjà suffisamment.

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Death Structure - Photo : Bright Nebula

Chloé : Pour ma part, c’est un peu flou… En jazz, on est un peu à l’arrêt parce que ce qu’on comptait faire c’était vraiment jouer dans l’événementiel qui est complètement fermé actuellement. Essayer de finir notre intermittence comme on peut aussi, on verra comment on va gérer ça.

Avec Jades, on a sorti un clip pendant le premier confinement, « Be my Freak ». C’était un peu la galère pour faire le montage parce qu’on était chacun dans notre coin, on faisait des réunions de trois heures pour le montage du clip… Cet été, tout le monde était un peu de son côté, puis en septembre on s’est revues quelques fois et rebelote, nouveau confinement. Donc j’en profite pour commencer à travailler la double pédale et revenir à fond quand on pourra, pour essayer de nouvelles choses, des compos peut-être un peu plus punchy dans la continuité du clip. On a une BD qui va sortir aussi, qui s’appellera « Rockpleaser » et dont on est les héroïnes. Le dessinateur, Thomas, nous a fait une sorte d’histoire avec des serpents, c’est très imaginaire : des serpents, des sorcières… J’ai vu qu’il allait faire une BD avec Ultra Vomit aussi. On est impatientes parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a dans l’histoire, on n’a vu que quelques pages par-ci par-là, on va découvrir avec tout le monde. Et normalement cet été, on devrait peut-être faire une mini tournée en Angleterre je crois, je ne sais pas du tout ce qu’il en est.

Dans le groupe de pop c’est un peu pareil en fait, on voulait se lancer avec des vidéos en live et on les a sorties récemment parce qu’il s’est passé plein de choses entre temps qui nous ont un peu ralentis. Il faut que ça se décoince un peu et puis on va mettre le paquet après. Ça fait bizarre quand tu passes de 2-3 concerts en une semaine à rien.

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Jades - Photo : Nicolas Chaigneau

Photos : Jump Cut Event (Max) et Jean Louis Sammut (Chloé)

Pour suivre leurs différents projets :

Jades : https://www.facebook.com/JADESband

Up Trio : https://www.facebook.com/Up-Trio-1990068257742052

Kat Galie : https://www.facebook.com/katgaliemusic

Death Structue : https://www.facebook.com/deathstructure

La Drumlive Academy : https://www.facebook.com/DrumliveAcademyDrumSchool


Fafa & Crypp : ces chers bassistes …

Fafa & Crypp : ces chers bassistes …

Pour cette nouvelle interview nous testons un nouveau concept : l’interview croisée. Le principe est simple : vous faire découvrir des musiciens, leur côté humain, leur personnalité. Pour rendre le tout encore un peu plus intéressant, nous mettons face à face deux musiciens de groupes différents qui répondent aux mêmes questions. Et qui de mieux pour commencer que deux bassistes, ceux dont on ne parle que très rarement mais qui pourtant ont une place fondamentale au sein d’un groupe.

Rencontre avec Fafa et Crypp, deux musiciens aussi adorables que talentueux …

 Salut ! On va commencer par faire les présentations …

Fafa : Honneur aux dames, donc Crypp vas-y je te laisse commencer …

Crypp : Ah ah ! Très bien … Je suis Crypp Mor, je ne suis pas une femme, contrairement à ce que dit Fafa, et aujourd’hui je joue essentiellement dans deux formations : Except One, dont l’album est sorti il y a bientôt deux ans, et un tout nouveau projet qui vient de naître, EHP (Explicit Human Porn). On sort l’EP en septembre. Je fais aussi un peu de session pour des studios de Hip-Hop.

Fafa : Je suis Fafa, bassiste dans Monolyth, groupe de death mélodique. On a sorti notre premier album il y a environ deux ans. J’ai également fait un peu de chant dans divers projets.

Fafa - Lykh'Arts
Fafa - Photo : Lykh'Arts
Crypp - Juliette Plachez
Crypp - Photo : Juliette Plachez

Quel est ton parcours musical ?

Fafa : J’ai commencé par le chant, vers l’âge de 14 ans, quand ma prof de chant au collège m’a dit que je chantais très bien, elle m’a donné plus de confiance en moi. Quelques années plus tard je me suis mise à la basse un peu par hasard, c’est un instrument qui m’a toujours intéressée. Un jour on se baladait dans le métro avec mon père et on est tombés sur un duo basse/guitare acoustiques. Je suis devenue trop fan du bassiste que je voyais et mon père m’a dit : « ça ne te tente pas de jouer de ça ? ». Je lui ai répondu : « si carrément » et on est allés acheter une basse. Je suis totalement autodidacte. J’ai eu mon premier groupe vers l’âge de 19 ans, directement dans le death metal. Et puis j’ai eu un gros souci au poignet qui m’a contrainte à arrêter la basse pendant près de trois ans. Ensuite, j’ai fait pas mal de blues rock, et puis je suis revenue au metal. Aujourd’hui, j’ai toujours ce souci au poignet mais je fais avec, ça me gêne pour certaines techniques mais globalement ça va. J’ai trouvé une solution avec les fanned fret, parce que ça suit le mouvement du coude et du bras.

Crypp : J’ai commencé la basse à 18 ans. Je n’avais pas vraiment envie de faire de la musique mais ça n’allait pas très bien dans ma vie à ce moment-là. Un jour, je suis allé voir un groupe et l’un des musiciens m’a dit : « si ça ne va pas, joue de la musique ». J’étais très attiré par les basses fréquences et gros fan de neo metal où la basse est très importante. Donc le lendemain, avec ma première paye, je me suis offert le pack basse Ibanez avec le petit ampli 15 w et la housse matelassée !

Je suis autodidacte aussi, mais j’ai eu la chance de côtoyer beaucoup de bassistes et dans ce milieu, les gens sont très pédagogues. Toutes les techniques que je connais aujourd’hui, ce sont principalement d’autres bassistes qui me les ont apprises. Ça fait 15 ans que je fais de la basse et je cherche toujours à apprendre et m’améliorer au quotidien.

Parle-nous un peu de ton matos …

Crypp : Je joue essentiellement sur des basses ESP, j’ai beaucoup de série F sur lesquelles je monte des cordes Skull Strings avec un tirant un peu particulier. J’aime bien avoir des grosses cordes parce que j’attaque beaucoup et j’ai besoin de quelque chose qui tient bien. Au niveau des effets je suis chez Darkglass, j’ai une panoplie de pédales, de la B7K Utlra jusqu’à l’Alpha Omega. En terme d’ampli je joue avec un tech21 sansAmp RBI, c’est un petit rack mais il est monstrueux ! Et pour terminer je joue avec une simulation d’ampli Two Notes, le petit « bass cab m », ce qui me permet de ne plus transporter 30 kg de baffle, je me branche directement sur la sono. Donc il y a le Preamp qui fait très bien le boulot, les Darkglass qui font les simulations de lampes, et le Two Notes qui donne tout le grain que pourrait avoir un Gallien Krueger par exemple, que j’affectionne particulièrement.

Fafa : Niveau basse j’ai toujours apprécié Ibanez parce que les manches sont très fins et par rapport à mon souci de poignet ça me va bien. Ma basse actuelle avec les fanned fret c’est la SRFF805, qui est vraiment mon bébé, j’adore le manche et elle a un super son. En termes d’ampli, je suis très fan de Orange qui donne des sons très ronds et très profonds. J’ai des pédales, mais je ne saurais même pas te les citer parce que je m’en fiche tant que mon son me plaît. C’est terrible mais c’est comme ça ! J’ai gardé une sorte de je-m’en-foutisme qu’il y a beaucoup dans le blues rock.

Comment tu caractérises ton son ?

Fafa : Un son très rond, très mate et avec un peu de disto. En gros dans ma tête je matérialise mon son comme une grosse boule noire mate, il faut que mon son ressemble à ça quand il sort de l’ampli. J’ai besoin de cette rondeur, cette profondeur, que je trouve vraiment importante quel que soit le style de musique. Vous connaissez la synesthésie ? C’est par exemple quand tu vois des couleurs en écoutant de la musique. J’ai ce truc-là, et il faut que mon son ait une couleur et une forme quand il sort de l’ampli.

Crypp : Pour moi ça dépend vraiment de quoi je joue. Dans Except One ça sera un son très sec avec beaucoup de basses et de hauts mediums, il faut que ça soit très tranchant et puissant. Sur EHP c’est un peu comme Fafa, un peu grunge, Rock n’Roll, un peu rond tout en étant un peu sale. Ensuite ça dépend, selon si je fais de la Funk ou du Rap je change, je vais chercher le son qui fait plaisir.

La grosse question : plutôt doigts ou médiator ?

Fafa : Je joue uniquement au doigt, avec quelques techniques comme le tapping, etc. Mais jamais au médiator, tout simplement parce que je n’aime pas ça.

Crypp : Doigt et médiator. J’ai une préférence pour le doigt (et essentiellement le slap) mais c’est vrai qu’arrivé à une certaine vitesse, je manque d’attaque avec les doigts, donc le médiator me permet d’avoir la même attaque tout le temps. Par contre je rejoins Fafa sur le fait que le doigt c’est sacré et il y a plein de bassistes qui jouent super vite au doigt.

Le petit truc en toi qui fait que … C’est sûr, tu es bassiste ?

Fafa : Je ne suis pas chiante ! Ah ah !!! Non mais c’est vrai, quand tu regardes, les gratteux c’est toujours relou, le chanteur je ne t’en parle même pas, et les batteurs ont vraiment leur côté princesse aussi. Quand t’es pas chiant, t’es bassiste !

Crypp : Je pense que ce que j’aime chez les bassistes c’est la simplicité. J’ai remarqué que tous les bassistes que j’ai rencontré sont des gens extrêmement simples, mais dans le bon sens du terme.

Fafa : C’est vrai, ils ne se prennent pas la tête. Je le voyais notamment pour les prêts de matos. Si tu te retrouves en galère pour une raison ou pour une autre à un concert, rares sont les cas qui ont rechigné à prêter leur matos. En général, on va plutôt s’arranger pour jouer tous sur le même matos.

Est-ce que tu as des habitudes, des rituels avant de monter sur scène ? Est-ce que tu pratiques un échauffement ?

Crypp : Je peux passer cinq minutes à m’échauffer les mains, il y a plein de techniques. Je ne veux pas me faire mal, et surtout tu remarques que quand tu t’échauffes, tu joues mieux. Quand j’étais plus jeune j’arrivais sur scène sans m’échauffer et j’attrapais très mal aux mains. En plus de l’échauffement, j’ai besoin de rentrer dans mon personnage. Je repense à tout ce qui m’énerve et comme je monte sur scène j’ai la capacité d’être au-dessus de tout ça, c’est comme si je donnais des coups à tous mes problèmes.

Fafa : Échauffement des bras, des mains, de la nuque, etc. J’applique du baume du tigre sur tout l’avant-bras et le poignet. C’est un baume à base de camphre qui te chauffe les articulations et les muscles … Ensuite, on se réunit avec le groupe et on se marre cinq minutes pour se booster les uns les autres. Et surtout : se préparer une bière, c’est important.

Juste avant de monter sur scène (à l’époque où on pouvait), tu es plutôt stressé ou détendu ?

Fafa : Ça dépend des configurations, je vais plus stresser dans des petites salles où on est proche du public. Sur les grandes scènes il y a une distance et je me sens plus à l’aise. Mais de manière générale, je suis vraiment détendue à la basse. Au chant beaucoup moins, parce que tu es en position de front, à la basse on est plus en retrait. Je pense que je suis peu stressée parce que je vois ça comme un moment que je vais vivre avec mes potes et je suis trop contente de le vivre.

Crypp : Je suis méga stressé, qu’importe la scène. Je ne dis pas que je perds mes moyens mais je suis très excité. Je gère mon stress avec mes rituels. D’un sens j’aime ce stress, et je pense que tout musicien aime ce stress, ça montre que c’est important. A chaque fois c’est comme sauter d’un plongeoir, tu le fais parce que tu aimes cette sensation mais d’un sens c’est quand même haut.

As-tu un autre rôle au sein du groupe ?

Fafa : Driver ! Enfin, avant les concerts je suis driver … Après les concerts je suis bourrée ! Plus sérieusement, je ne sais pas si c’est le fait que je sois la seule femme parce que je ne suis pas du tout considérée comme « La gonzesse du groupe », mais j’ai un côté un peu rassurant pour eux. Je leur fais du bien spirituellement du fait d’être détendue.

Crypp : Dans Except One je fais beaucoup de trucs administratifs (SACEM, papiers, etc). Je suis un vrai psychorigide. On a un serveur partagé et je suis le mec qui range tout, qui nettoie tout, qui fait en sorte que tout soit à sa place. Dans EHP, on n’est que quatre membres, je m’occupe aussi de tout ce qui est administratif, mais également stratégie commerciale, marketing. On a un très bon compositeur, un très bon graphiste, un super mec qui fait tout ce qu’il faut sur Internet et moi je m’occupe de tout ce qui va être la communication, les publications, les échanges …

Ta place et ton attitude sur scène ?

Fafa : Je sais qu’avec Crypp on est le même genre de personne !

Crypp : Ah oui ! Surtout Monolyth et Except One parce que ce sont des groupes avec deux guitaristes, et forcément ils prennent les 2 coins donc toi t’es en train de te balader à chercher ta place !

Fafa : C’est ça ! C’est marrant parce que comme dit Crypp, on a chacun dans une de nos formations deux gratteux qui prennent les deux coins de la scène, et chaque fois au moment des balances on commence par le batteur, après ce sont les gratteux : « tu veux quoi dans les retours gna gna gna », et toi en tant que bassiste tu n’as pas forcément de retour, et on te dit : « tu veux te mettre sur quel retour ? ». Alors je dis : « tu me mets de la basse dans TOUS les retours parce que de toute façon je ne tiens pas en place, je vais me balader partout ». Je ne peux pas rester au même endroit, c’est impossible.

Crypp : C’est l’horreur, surtout sur les petites scènes où t’es obligé !

Fafa : Oui, du coup tu fais d’avant en arrière, c’est chiant … Le Klub à Paris par exemple, les coups de manche que j’ai mis dans la tronche des autres parce que je voulais bouger !

Crypp : C’est vrai qu’on a un grand manche, et qu’on soit droitier ou gaucher, il y a toujours un musicien du mauvais côté. Chaque fois, quand on veut repartir en arrière, c’est l’angoisse ! En plus je ne fais pas des choses compliquées à la basse donc je peux bouger facilement.

Fafa : Pareil, c’est pas du tout compliqué ce que je fais à la basse, je peux aller embêter un guitariste en plein solo, arriver derrière et lui lécher l’oreille …

Ta plus belle scène ?

Fafa : En vrai il y en a eu pas mal de catastrophiques mais il y en a eu pas mal de bonnes aussi … Crypp quand tu as joué à l’Empreinte en première partie de Lacuna Coil ça a dû être top. C’est une salle que je connais très bien, dans laquelle j’ai déjà joué, et je sais que les conditions sont vraiment top là-bas.

Crypp : Les conditions étaient top, on avait un son de furieux, on était très excités. En plus Lacuna Coil c’est un groupe que j’écoute depuis que je suis môme, bien avant d’avoir commencé la basse. Le bassiste est très bon, et il était là en face de moi, on a discuté, c’était super …

Par contre, une des scènes les plus dingues humainement parlant, ça a été le dernier concert de la tournée qu’on a fait avec HateSphere. C’était la première tournée, on avait fait plein de dates avant, et ce soir-là il n’y avait pas spécialement de monde, c’était notre dernière date et je peux t’assurer qu’on a tout donné. On avait passé une douzaine de jours ensemble, on picolait tous les soirs, on se réveillait ensemble tous les jours, on connaissait l’odeur des pieds de tout le monde ! Et lors de notre dernier concert, tu vois CE dernier concert, on s’est totalement lâchés. Ça reste un de mes plus beaux souvenirs. J’ai adoré cette communion, on se regardait sur scène, il n’y avait pas besoin de mots, de communication ou de chorégraphie, on faisait ce qu’on aimait le plus faire.

Fafa : Je te rejoins un peu parce que, en réfléchissant, oui il y a eu des concerts où les conditions étaient vraiment top au niveau du son, de l’accueil, etc, notamment au Lions Metal Fest l’année dernière avec Monolyth, mais je reste sur les tournées que j’ai fait avec eux. Quand tu t’entends bien avec les mecs de ton groupe, tu as une osmose qui se met en place. Peu importe les scènes que tu fais, tu es en tournée avec ton groupe et en gros ça devient ta famille pendant une dizaine de jours ou plus. Quand je suis rentrée dans le groupe je ne connaissais que Julien, le guitariste rythmique. Je suis partie avec des mecs que je ne connaissais pas du tout. Je ne leur ai pas forcément fait une bonne impression dès le premier soir mais on est partis en ne se connaissant pas et on est revenus en frangins.

Fafa Live 4 - Fred Bikerkiss
Photo : Fred Bikerkiss

Ta période préférée : compo, enregistrement, tournée ?

Fafa : J’aime beaucoup les trois. Je compose très peu dans Monolyth, c’est vraiment plus Amaury, notre chanteur, et les guitaristes qui composent. Je ne suis pas très forte pour ça, je ne vais pas m’en cacher. J’aime beaucoup les enregistrements, et par contre les tournées … Si je ne pouvais faire que ça, je ne ferais que ça !

Crypp : Je suis plutôt enthousiaste sur les trois. Je rajoute un autre aspect que j’aime beaucoup, ce sont les réunions. C’est le moment où tu te projettes dans plein de délires, plein de trucs parfois inaccessibles … J’adore, il y a l’émotion. Ça c’est vraiment ma période préférée où tout le monde commence à avoir plein d’idées. Sinon, je vais être franc, les tournées, le studio, les concerts, c’est toujours selon avec qui tu es. Je sais que l’enregistrement dans certains de mes anciens groupes, ce n’était pas la partie la plus amusante. Le metal, ce n’est pas vraiment le style à enregistrer le plus amusant, réellement pas. Je bosse dans d’autres styles où je me marre mille fois plus.

Fafa : Pareil, c’est vrai que le metal ce n’est pas super intéressant à enregistrer. Par contre, ma meilleure expérience c’était dans le blues rock où on faisait des enregistrements live et c’était vraiment intéressant.

Crypp : Je suis d’accord avec toi. Avec certains groupes ça va être plus marrant de faire du studio que du live parce que ça s’arrange tout le temps à la toute dernière minute, c’est genre : « cette note, écoute comment ça sonne », « mais mec, on a fait trois putain de sessions de pré-prod, pourquoi on change encore maintenant ?! ». Je travaille dans des studios de hip-hop où quand j’arrive il y a déjà une ligne de basse, je prends le morceau et j’arrange la basse. A chaque fois on redécouvre des choses.

En fait, tous les aspects d’un groupe sont importants du moment que tu as cette part de rêve, et cette part de rêve elle s’entretient avec les bonnes personnes.

Il y a des moments moins drôles dans la vie d’un groupe, c’est normal. Il t’arrive une merde, ou on n’était pas d’accord sur ci ou ça mais ça passe vite.

Un truc que tu as très envie de réaliser en tant que bassiste ? (hormis une interview croisée dans Metal Overload bien sûr !)

Fafa : Pour le coup je n’ai jamais été bonne au slap. Je sais que Crypp est extrêmement doué. Peut-être qu’un jour quand j’aurais la motivation … Savoir bien jouer du slap.

Crypp : J’aimerais bien faire autre chose qu’une fondamentale !

Sérieusement, il y a un truc que j’aimerais savoir vraiment faire techniquement à la basse pour ne plus jouer au médiator, c’est le slap aller/retour. Je sais slapper, je peux aller assez vite, mais slap aller/retour c’est vraiment un confort de jeu pour obtenir de la vitesse, ou même une rythmique totalement différente.

Après, grâce à Except One, et je remercie vraiment ce groupe de m’avoir autant apporté que ça soit humainement que musicalement, j’ai accompli énormément de mes rêves. J’ai fait mon premier clip avec eux, mon premier album, j’ai fait des tas de scènes, ma première tournée, mon premier festival. Aujourd’hui, ce que j’aimerais qu’on fasse, c’est un gros festival, même à 10h du matin peu importe, mais je rêverais de faire un Motocultor ou un HellFest, un Wacken.

Fafa : J’avoue, je l’ai fait au chant et c’était énorme ! J’étais choriste ! C’est fou quand t’as 5000 personnes devant toi qui hurlent.

As-tu d’autres hobbies ?

Fafa : Beaucoup trop ! Je me tape des pulsions obsessionnelles régulièrement. Il y a un moment dans ma vie où je vais vouloir absolument faire du dessin, d’un seul coup j’ai envie de créer des bijoux, puis après j’ai envie de faire de la peinture … Ca reste dans la création. J’en ai un qui reste, c’est la photo. J’ai d’ailleurs fait un shooting de Crypp.

Crypp : Je suis en kiff de tes photos Fafa. Elles sont géniales !

Fafa : Ah merci beaucoup ! Et Crypp est un excellent modèle.

Crypp : Mon premier hobby reste la basse. A côté de ça j’adore tout ce qui est DC, Marvel, j’ai pas mal de bouquins, de figurines, etc … Je fais aussi beaucoup de sport. J’adore les séries. Je suis comme Fafa, mais en moins manuel ! J’adore les jeux de rôles, les jeux de cartes, j’aimerais essayer Dungeon and Dragons. Et dernièrement, j’ai découvert l’ébénisterie. Sinon, le truc que vous allez trouver un peu étrange, mais mon premier hobby en plus de la musique, c’est mon travail. C’est mon équilibre.

Crypp by Fafa
Crypp by Fafa

Est-ce que tu as animal de compagnie ou un Doudou ?

Crypp saisi une grosse peluche Yoshi qui se trouve juste à côté de lui.

Fafa : Donc a priori Crypp c’est Yoshi ! Moi j’ai un bouledogue français qui répond au nom de Noob ou Boudin pour les intimes. Et par procuration, mon copain a deux chiens qui sont mes doudous aussi. Un croisé boxer-labrador et l’autre qui est croisé staff malinois. On a ce petit trio qu’on adore.

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chiens Fafa

La période est propice, tes vacances préférées ?

 Fafa : Je suis actuellement en road trip. On a un camion aménagé et on se ballade un peu partout au jour le jour avec notre camion, c’est ça que j’aime : faire ce qu’on veut quand on veut. Je ne supporte pas les contraintes.

Crypp : Avec deux groupes de musique, j’ai beaucoup de congés qui sont partis dans des enregistrements et des concerts, donc peu de vacances. Sinon je suis plutôt comme Fafa, j’adore partir à l’aventure. J’aime beaucoup les maisons d’hôtes ou dormir chez l’habitant. Je n’ai pas réellement de programme, mais je ne pourrai jamais me mettre dans un hôtel en me disant : « je vais faire tel musée demain, tel site, etc. ».

Nous arrivons au moment fatidique où nous allons nous quitter. Un grand merci à vous pour cette première expérience de l’interview croisée. Pour finir, ton actu dans les mois qui viennent ?

Fafa : Chez Monolyth on est en fin de composition. Je pense qu’il y a une éventualité pour que l’album sorte au printemps 2021. Il y a aussi des dates de concerts qui sont confirmées mais qui ne sont pas encore communiquées donc on ne peut pas trop en parler. Mais pour la fin d’année, si concerts possibles, il y en aura du côté de Monolyth c’est sûr.

Crypp :  Avec Except One on est en train d’enregistrer l’album. Je pense qu’on va avoir une belle surprise avec le dernier line-up. Je ne peux pas vous dire quand il va sortir mais c’est pour bientôt. Et chez EHP, l’EP sort le 9 septembre, et s’en suivra d’autres choses. On prépare pas mal de choses, hormis des dates. Il faut être honnête, aujourd’hui un groupe qui démarre, pour trouver des dates, ce n’est pas impossible, mais je pense qu’il y a d’autres groupes qui méritent plus la place que nous. Dans l’immédiat on va continuer à bosser, et si on trouve des opportunités on les fera. On a décalé les dates de l’EP à cause du Covid et à cause de censures YouTube sur notre clip. Les dates qu’on commençait à avoir sont annulées progressivement. On ne vit pas ça comme un stress mais plutôt comme une bonne expérience parce que malgré tout, l’EP est super. La période n’est pas propice aux concerts mais si on nous propose des dates, on court ! On a eu la chance de faire notre résidence à l’Usine à chapeaux, c’est une immense salle qui est vraiment bien. On a un show rodé, on sait quoi faire sur scène.

A côté de ça, c’est une actualité que peu de gens savent, il y aura un album solo. J’adore la funk et les morceaux des années 90 et 2000. Ça fait deux ans que je travaille sur un projet et j’enregistre l’année prochaine. J’attends de voir avec qui je vais bosser en studio puis je contacterai d’autres musiciens. C’est un truc qui me turlupine depuis quelques années. Ça sera un album concept juste pour me marrer … Et pour perdre beaucoup d’argent. Je n’ai pas envie que ça aille sur scène, c’est vraiment un truc studio, un délire.

Crypp Live 2 - Djinn Photography
Photo : Djinn Photography
Fafa Live - Freddy Gheorghe
Photo : Freddy Gheorghe

Photos : La Dame Blanche Photography (Crypp) & Laura Lazurite (Fafa)


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Raconte-moi 33 concerts

C’est une interview concernant un projet un peu différent que je vous propose via cet article.
Loïc STEPHAN fait un passage sur Metal Overload pour parler de son livre « Raconte-moi 33 concerts ».

Bonjour Loïc.
Avant tout, sauriez-vous nous parler un peu de vous ? Quel est votre parcours dans le milieu de la musique ?

Bonjour. Mon parcours dans le milieu de la musique commence quand je croise la route de RadioMetal, en 2009. Au départ, je m’amuse à discuter sur leur forum, à dire des bêtises. Je m’aperçois qu’ils sont basés à Lyon et par militantisme pour la cause metal, on va dire, je leur propose mes services pour distribuer des flyers sur les concerts parisiens. Evidemment, ils sautent sur l’opportunité en me disant que j’aurai des places gratuites pour les concerts sur lesquels je distribuerai des flyers. Ce qui était plutôt pas mal, je ne demandais pas grand-chose et après ils me demandent si je sais faire de la photo.

Donc voilà, c’est parti comme ça en 2009, mon expérience du monde de la musique en tant que « plus que spectateur de concert », même si je vais à des concerts depuis que je suis gosse. 2009, un début dans le monde professionnel même si cela reste du bénévolat. J’interviens en tant que photographe et chroniqueur de concert.

Jouez-vous d’un instrument ?

Non, pas du tout. Quand j’étais petit, j’ai pris des leçons de piano. J’ai dû en prendre deux ans. Je crois que je me débrouillais, je n’étais pas un virtuose mais j’arrivais à faire des trucs. Le virus n’a pas pris. Peut-être qu’à cette époque-là, je n’avais pas encore rencontré les groupes qui m’auraient intéressé, des groupes comme Madness ou Jerry Lee Lewis qui ont des gros passages au piano. Donc, non, ce n’est pas parti par là. Puis plus tard, quand j’étais plus grand, adolescent, un voisin m’avait prêté une guitare électrique. C’était vraiment une guitare très metal, avec la forme qui va bien et le drapeau japonais. Même là, alors que j’étais déjà en plein dans la musique, je n’ai pas accroché. Alors que dès que j’ai eu un appareil photo, c’est parti direct ! Donc non, pas musicien mais je suis ancré dans la passion de la musique depuis très longtemps.

Avez-vous ou faites-vous partie d’un média ?

Oui, je suis dans les structures bénévoles qui existent aujourd’hui avec les sites internet. Je collabore beaucoup avec RadioMetal. Evidemment, en ce moment, avec les concerts qui sont annulés, il ne se passe plus grand-chose. Dommage pour 2020 d’ailleurs car il y avait vraiment de très très beaux artistes, du KISS, du Pearl Jam, du Queen, une année magnifique.

Je collabore aussi plus ponctuellement avec AmongTheLiving, j’ai fait aussi une collaboration ponctuelle avec RockUrLife. A une époque j’ai aussi beaucoup couvert de concerts pour un webzine qui malheureusement n’est plus en activité, qui s’appelait Fonkadelica, qui était plus branché soul et funk, avec lequel j’ai beaucoup traîné au New Morning à Paris.

Ce sont des collaborations basées sur la passion des uns et des autres.

Quel est le concept derrière « Raconte-Moi 33 concerts » ?

Le concept est de partager une passion, la passion de la musique et particulièrement la musique en concert. Il y a des artistes dans le livre que je n’écoute pas chez moi. Je pense par exemple à Caravan Palace que je n’écoute pas trop à la maison mais en concert, c’est un groupe qui procure des sensations, qui a une pêche, une prestance, qui propose une prestation vraiment agréable et c’est ça le but du livre, retranscrire l’émotion du concert, essayer de la faire partager au lecteur. Il y a des groupes aussi que je ne connaissais pas avant d’entrer dans la salle dont je suis devenu fan après le concert. Je pense à Flying Colors. C’est ça le but. Amener le lecteur dans un beau voyage, avec des illustrations qui puissent faire travailler un peu l’imaginaire. Evidemment, je fais de la photo de concert par ailleurs, on peut se poser la question de savoir pourquoi je n’ai pas mis les photos. Déjà, la première réponse est le droit à l’image. Ce n’est pas forcément évident d’obtenir les validations pour du KISS, du Korn, etc. Et finalement, cela m’a fait travailler autre chose, et une photo, c’est tout de suite très illustratif, très significatif, alors que les illustrations, de mon point de vue, peuvent amener un autre regard, peuvent proposer un autre voyage, laisser travailler un peu l’imaginaire. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas en tête d’utiliser mes photos un jour.

Après, « Raconte-Moi 33 Concerts », c’est une marque que j’ai déposée. Il y a un premier volume que j’ai sorti en auto-édition. J’aimerais développer la collection, faire un « Raconte-Moi 33 Concerts » spécial Metal, style qui reste mon premier amour musical. Il est là, il est prêt, on verra un peu ce que l’avenir dit pour sa réalisation.

D’où vous est venue l’idée de ce livre et pourquoi 33 concerts ?

L’idée du livre, elle vient de loin. Je suis salarié, j’ai fait des études dans l’informatique, bien loin de toute sphère artistique et musicale. J’ai une grande angoisse, passer ma vie du lundi au vendredi, avec la phrase la plus terrible : « Comment ça va ? Comme un lundi », très défaitiste en attendant deux jours de week-end. Donc, j’ai toujours voulu faire quelque chose à côté de mon job. J’ai cherché des choses dans la photo, dans l’écriture et un jour la pièce est tombée sur cette idée de « Raconte-Moi 33 Concerts » qui est un concept comme tu le disais tout à l’heure. Pourquoi cette pièce est tombée, je n’en sais trop rien. J’avais eu des bons retours sur mes comptes-rendus, les gens disaient qu’ils étaient agréables à lire.

Pourquoi 33 ? Très clairement, c’est un hommage au vinyle. Le livre reprend le format d’une pochette vinyle et 33 concerts par rapport à la notion de 33 tours.

J’ai aussi une autre idée, « Montre-Moi 45 Concerts », qui est aussi une marque que j’ai déposée, et qui serait au format 45 tours avec uniquement des photos. Je mets au conditionnel car cela reste des projets.

Raconte moi 33 concerts

Où avez-vous rencontré Charlotte Rodon (illustratrice) et Lamy Tcha (maquettiste) ? Comment s’est passée votre collaboration ?

Je les ai rencontrés par le truchement de Fabian Fischer et de son agence. J’avais été mis en relation avec Fabian Fischer par des connaissances communes. Au travers de son agence, il fédère plusieurs artistes. C’est donc par Fabian que j’ai pu travailler avec Charlotte et Lamy.

La collaboration s’est extrêmement bien passée. Côté illustrations, Charlotte a eu un cahier des charges assez précis. J’avais conçu les illustrations, j’en avais fait un brouillon avec mes petits moyens de dessinateur que je n’ai pas. Elle avait donc un cadre très précis dans lequel elle devait évoluer. Lamy, lui, n’avait pas de consignes pour la maquette et il a sorti des trucs de « ouf », c’était exactement ce que je voulais sans le savoir. C’était bien agréable.

Avec Charlotte, nous avons travaillé pendant au moins 6 mois ; elle est sur Bourges, donc ce n’était pas forcément évident à distance. Nous nous sommes rencontrés quelque fois sur Paris ou sur Bourges.

Ce qui a été très intéressant, c’est qu’en fait les gens ont choisi le projet. Dans mon métier alimentaire, je suis amené à beaucoup piloter de projets mais c’est dans l’entreprise, les gens n’y choisissent pas totalement d’y être et cela change totalement les relations.

Pour mon projet de livre, les gens l’avaient choisi, étaient contents d’être là – ils pourront me contredire si jamais je me trompe. C’était quand même moi le directeur artistique de la chose, c’était moi le financier, donc j’avais entre guillemets la direction et le dernier mot, c’était mon projet. Ca l’est toujours. Mais cela a été une collaboration très très fructueuse, très agréable, avec des gens motivés et très talentueux. C’est assez rare.

Comment avez-vous choisi les concerts / artistes dont vous avez parlé ?

C’est un premier ouvrage, donc, d’une collection qui, si les dieux me sont favorables, évoluera sur d’autres choses. Le premier bouquin, je voulais qu’il soit éclectique, qu’il me corresponde en fait, parce qu’en concert, je suis assez curieux, je peux aimer tous les styles. Du Toots And The Maytals, du Oum ou du Morbid Angel peuvent toutes et tous me procurer des émotions très fortes en concerts. Je voulais que cet ouvrage représente cette diversité d’état d’esprit. Je voulais aussi que les différents médias avec lesquels j’ai collaboré soient représentés. Voilà. Il fallait aussi que les concerts m’aient plu. Ce sont 33 concerts coup de cœur. Hors de question de mettre un concert qui m’a saoulé.

Si vous deviez choisir un seul concert, lequel serait-ce et pourquoi ?

La réponse est assez facile en fait et la question est intéressante. Cela serait Flying Colors parce qu’il représente vraiment l’esprit du livre. C’est un concert que j’ai couvert pour RadioMetal. Pour expliquer un peu le fonctionnement avec RadioMetal, comme c’est du bénévolat et que j’ai aussi d’autres contraintes, on va dire que dans la mesure du possible, je vais choisir les concerts que je vais couvrir. Celui-là, je ne l’avais pas du tout identifié et RadioMetal m’a demandé de le couvrir. OK, pourquoi pas, ce n’est pas non plus désagréable d’aller faire un concert ; cela ne m’arrangeait pas vraiment, la salle c’est l’Alhambra à Paris, c’est loin de chez moi, du coup, j’étais un peu fainéant et je m’étais dit, je ferai les trois premières chansons en photo et je m’en irai. En fait, le groupe m’a tellement scotché que je suis resté tout le concert, j’étais bluffé tellement c’était beau. Derrière, j’ai acheté leur disque et je l’ai écouté en boucle un bon moment. C’est typiquement ce que j’adore dans un concert, c’est qu’en rentrant dans la salle, on ne sait pas du tout ce qui peut se produire. C’est rare que je me sois ennuyé dans une salle de concert. Tous les concerts ne sont pas forcément extraordinaires, mais là, c’était vraiment très très beau, une musique magnifique, jouée par des artistes très talentueux. Quand on met ensemble du Mike Portnoy, du Steve Morse, du Neal Morse, cela peut donner quelque chose de très très beau.

Avez-vous des groupes qu’on vous a recommandé d’aller voir pour ce livre et qui ont été une véritable surprise pour vous ?

Des groupes que l’on m’a recommandés, pas forcément. A part le cas d’un Flying Colors où l’on me demande de le couvrir même si je ne l’avais pas prévu. Mais on ne me l’a pas recommandé pour mon livre. RadioMetal était intéressé pour couvrir le concert pour son site. Pour préciser, avant tout, les concerts que j’ai faits ont été couverts pour des médias. Donc au départ, c’est dans le cadre d’un média. Il doit y avoir Matmatah, Oum et Toots que j’ai dû couvrir en mon nom propre, ce qui est assez rare. C’est quelque part valorisant d’avoir une accréditation qu’en son nom [Loïc STEPHAN et non Raconte-Moi 33 Concerts, pour être clair et précis].

Ensuite, des groupes que je n’ai pas vus en concert et dont j’aurai aimé parler, oui et non. Je vais voir des concerts depuis… Mon premier concert a été Dire Straits sur la tournée « Love Over Gold » au Palais des Sports à Paris. Cela commence à dater.

Y a-t-il des groupes que vous n’avez pas eu l’occasion de voir en concert et dont vous auriez aimé parler ?

Alors, globalement, à quelques exceptions près, j’ai vu quasiment tous les groupes que je voulais voir en concert que cela soit en tant que spectateur ou chroniqueur / photographe. C’est donc plus des groupes que j’ai vus à une époque où je ne faisais pas de compte-rendu que j’aurai bien aimé chroniquer. Du Dire Straits, AC/DC aussi sur la tournée BallBreaker, le concert des Stones au Parc des Princes sur la tournée Steel Wheels, c’était la première fois que je voyais les Stones. Metallica à l’époque du Black Album.

Globalement, c’est plus des concerts que j’ai vus que j’aurai aimé chroniquer plutôt que des groupes que je n’ai pas vus. Cela répond un peu à côté de ta question mais c’est ma réponse [rires].

En fait les groupes que vous aimez, vous les avez tous vus en concert ?

Que cela soit en fan ou en chroniqueur, oui. Une exception, le concert de Motley Crue avec les Guns en première partie qui a été annulé pour cause d’overdose de Nikki Sixx. Sur la tournée « Girls, Girls, Girls » ou « Dr. Feelgood », je ne sais plus trop.

Ah, aussi, j’aurais bien aimé chroniquer le concert que Pearl Jam avait donné au Mainsquare il y a quelques années. C’était énorme ce concert. Dommage que le coronavirus ait annulé leur tournée et leur concert du Lollapalooza à Paris.

Pour nos lecteurs belges, où peut-on se procurer votre livre ?

Bonjour à mes amis belges, déjà. Pour répondre à ta question, par correspondance, forcément. Il faudrait m’envoyer un message, mon site ne prend que des commandes pour la France Métropolitaine, et que l’on voit un paiement par virement en direct. Les frais de port sont assez élevés malheureusement, dans les 20 euros ! N’étant pas Amazon, je n’ai pas la puissance financière pour les offrir. Pour un livre à 35 euros, je conçois que cela soit cher. Après, je suis auto-édité et l’équation économique est très tendue.

A ce sujet, il y a un concert en Belgique parmi les 33 concerts. Le dernier concert européen de Twisted Sister à l’Alcatraz !

D’autres livres/ projets sont-ils envisagés ? Si oui, sur quoi porteront-ils ?

Oui, comme je le disais précédemment, essayer de lancer un « Raconte-Moi 33 Concerts » Spécial Metal. Donc, si un éditeur lit cette interview, qu’il me contacte le plus rapidement possible [rires]. J’aimerais bien aussi développer un « Montre-Moi 45 Concerts », Spécial Femmes, uniquement avec des photos d’artistes féminines. C’est un projet que j’ai en tête depuis longtemps, qui ne surfe pas [intentionnellement en tous les cas] sur l’époque actuelle et les débats des relations homme/femme [très intéressants dans l’absolu]. C’est toujours une idée que j’ai eu en tête, vous vous doutez bien que le projet ne s’est pas fait en deux jours.

Voilà pour les projets en espérant qu’ils se concrétisent.

Je vous laisse le mot de la fin pour parler à nos lecteurs et vos fans.

Merci de m’avoir accordé cette interview. Merci de m’avoir écouté. N’hésitez pas à me contacter pour acheter le livre. Et surtout, portez-vous bien en ces périodes un peu bizarres. A bientôt dans une salle de concert, même si je ne bouge pas trop à l’international. Pourquoi pas à un Alcatraz [quand le covid nous laissera tranquille] ?


Vous voulez en savoir plus sur « Raconte-moi 33 concerts » ?


Interview Pensées Nocturnes 1

Pensées Nocturnes, l'orchestre infernal

Pensées Nocturnes, aussi étonnant que cela puisse paraître compte-tenu de la complexité et de la finesse de cette musique, c’est le projet d’un seul homme, Vaerohn. Il a accepté de répondre à quelques questions concernant Pensées Nocturnes, un projet qui vous retournera certainement le cerveau et vous transpercera l’âme. Amateurs de Freak Show et de Black Metal à l’âme torturée, leur dernier album « Grand Guignol Orchestra » est fait pour vous !

Pour commencer, quelle est l’histoire de Pensées Nocturnes ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette paire de mots bien mystérieuse ?

PN est initialement un projet solo et ce n’est qu’en 2017 que d’autres membres ont rejoint le projet pour les lives, le studio restant pour le moment un travail majoritairement solitaire. Le projet s’autorise toutes les libertés possibles et imaginables pour peu qu’une matière cohérente et logique résulte de ce travail.

De nombreux instruments et des influences diverses sont ainsi employés pour obtenir des effets relativement surprenants pour une musique ayant pour racine le Black Metal. Ayant débuté en 2008, la dernière sortie, « Grand Guignol Orchestra », est le sixième album de PN et développe une ambiance de cirque maudit.

Pourquoi as-tu choisi de monter ce projet seul ?

En parallèle des groupes dans lesquels j’évoluais à l’époque (il y a presque 12 ans !) je ressentais le besoin de pouvoir produire en totale liberté, d’être totalement satisfait de tous les choix effectués sans avoir à négocier ni avoir à justifier toutes les décisions.

Œuvrer à plusieurs est une démarche évidemment plus créative mais implique d’accepter les concessions, ce qui est peu évident dans le domaine artistique. PN me permet de laisser libre cours à mon imagination, sans avoir à prendre en compte d’autres facteurs que mes divagations. Y prennent donc place les genres avec lesquels j’ai des affinités, l’objectif étant de coller au mieux à mes aspirations.

Malgré son efficacité indiscutable, le Black Metal tourne autour d’un spectre d’émotions trop restreint et diversifier les sonorités permet de coller au mieux à l’esprit. Le fait d’être seul entraîne une liberté indéniable, au niveau de la composition mais surtout dans le choix des instruments.

Interview Pensées Nocturnes 3

On note une évolution, musicalement et stylistiquement parlant, chez Pensées Nocturnes, c’est passé d’un DSBM à une sorte de cirque-opéra black metal grandiose. Qu’est-ce qui t’a poussé à « changer de cap » ?

Une œuvre est toujours à l’image d’un artiste, d’un point de vue culturel évidemment mais aussi en termes d’équilibre émotionnel. Les 3 premiers albums, et plus particulièrement le premier, « Vacuum », sont l’œuvre d’une personne en recherche de définition de soi, des autres, c’est l’expression d’un profond vide et le besoin de l’exprimer.

Aujourd’hui j’ai réellement honte de ce petit pleurnichard et de ces albums car en grandissant, en prenant du recul, on se rend rapidement compte que tout le monde se moque des pleureuses de service et de leur déjections.

Les gens suivent ceux envers qui ils ont un intérêt, les leaders, les puissants, les gens forts, en bonne santé, rayonnants et souriants.

Ainsi au final, quitte à vivre, autant répondre à ce vide existentiel par le rire, la moquerie, la destruction des certitudes ancrées des formalismes. Un rire moqueur, provocateur et belliqueux. Voilà ce qu’est PN aujourd’hui. Sans pour autant perdre de vue l’aspect vain de tout cela finalement, en conservant une vision tragique de la vie.

Bien que tu sois seul derrière Pensées Nocturnes, tu as choisi de t’entourer de musiciens pour rendre le projet vivant en concert. Comment as-tu effectué le choix des musiciens qui t’accompagnent pour emmener le public dans un cirque malsain le temps d’une soirée ?

Il s’agit uniquement de véritables tueurs dans leurs domaines respectifs. Je les connaissais déjà personnellement pour avoir pas mal évolué ensemble dans d’autres formations et c’est ce lien qui permet d’obtenir cette cohésion et cette fluidité aussi rapidement, tant sur scène que dans la vie de groupe.

Le public ressent cette volonté commune de lui démonter la cervelle dans le même sens et cela fonctionne vraiment très bien. Il y a pas mal de parties d’impro en live et il était nécessaire de développer cette complicité et cette fluidité pour que la mayonnaise prenne.

Interview Pensées Nocturnes 2

Pour « Grand Guignol Orchestra », le dernier album, tu as choisi l’univers d’un cirque d’une époque passée allié à un genre de jazz et à un black metal torturé. D’où te viennent tes inspirations et comment parviens-tu à faire se rassembler des univers si différents pour créer un tout cohérent et harmonieux ?

Je dirais que la trame des morceaux est en général définie par la place qu’ils tiennent dans l’album mais que les détails sont eux pensés secondairement, durant la composition : un peu comme un peintre tracerait les gros traits de son tableau avant d’emprunter les pointes fines. Pour schématiser, la destination est connue mais pas forcément les chemins à emprunter, le parcours se dessinant au fur et à mesure. L’expérimentation étant prédominante dans PN il est pratiquement impossible de savoir à quoi ressemblera un morceau et c’est d’ailleurs tout ce qui fait le charme du projet : le fond est déjà pensé, ne reste plus qu’à lui trouver la forme la plus adéquate.

Pour « GGO », certains passages datent de plus de deux ans. Fidèle à mon habitude, je pétris, travaille, retouche et remodèle sans arrêt les différents passages. PN est une pâte feuilletée que je ne cesse de plier, les couches s’empilent et s’additionnent sans répit. Jamais un morceau ne tombe du ciel tout cru, tout est le résultat d’un travail de tous les instants. La conséquence en est une densité certaine mais également un contrôle parfait de chaque détail. Tout est traité, jaugé, écouté et réécouté des dizaines de fois.

Interview PN4

Pourrais-tu me citer entre 3 et 5 albums ou groupes qui ont marqué et influencé ta carrière musicale en expliquant pourquoi ?

Diapsiquir – « ANTI » : pour le côté ultra dissonant / crade et cette créativité hors normes.

Peste Noire – « L’Ordure à l’Etat Pur » : pour cette provocation permanente et le manque de respect total pour la scène et le genre qui l’a bercé.

Unexpect – « In a Flesh Aquarium » : pour la créativité et la multitude d’instrus et de couches dans tous les sens, sans aucun répit.

Circus contraption – « Our Latest Catalogue » : la révélation pour moi en termes de d’influence cabaret / cirque.

Shostakovitch – 1er concerto pour violoncelle : pour la folie qui se dégage du début à la fin.

Lors des concerts, et sur l’album aussi, de « Grand Guignol Orchestra », tu utilises un mégaphone en guise de micro à certains moments. D’où t’est venue cette idée et comment gères-tu ce petit outil capricieux ? Tu es satisfait du rendu ?

Il s’agit effectivement de l’outil avec lequel j’ai le plus de soucis techniques en concert car sur scène, on n’a absolument pas de retour de ce qui en sort, ou pas… Il m’est arrivé à plusieurs reprises de donner tout ce que j’avais à travers l’engin pour au final me rendre compte qu’un mauvais contact bloquait tout, et pendant un moment…

En live il n’est pas vraiment utile de reprendre le mégaphone au micro et cette liberté est assez plaisante. Un peu comme avec la trompette dans une petite salle où il n’est pas utile de repiquer le son.

Mais au-delà de l’aspect bricolage et bourrin de l’ustensile, c’est le timbre et l’aspect saturé / très compressé, de la voix qui en ressort qui m’intéresse. Une voix chantée, avec pas mal de grain, saturée par le mégaphone s’intègre à mon sens vraiment très bien à un mix BM.

Quelle est la chanson que tu préfères jouer en live, celle sur laquelle tu te sens le plus à l’aise ou dont tu es le plus fier ?

Pour la préférence, cela dépend du contexte et du public. Rien de plus exaltant que de jouer du reggae sur une affiche de BM pur et dur avec « Le Marionnettiste », par exemple ! Ou du tango avec « Poil de Lune ». Mais en termes de plaisir et d’aisance personnels je pencherais sûrement pour « Les Yeux Boiteux » avec une montée en puissance de la musique, du tempo et des chœurs pour un final du set bien costaud, après avoir enchaînés les passages très lents et complètement pétés.

Tu as fait pas mal de dates avec Pensées Nocturnes en 2019, est-ce que l’une d’entre-elles t’a particulièrement marquée et pourquoi ?

Nos meilleurs souvenirs de concerts, et qui le resteront pendant un bon moment je pense, sont nos deux participations à Beltane, dont la dernière en mai 2019. Nous avions surpris tout le monde en 2017 entraînant une réaction vraiment hors norme et exaltante de la part du public.

En 2019, lors de notre deuxième apparition au fest, nous étions attendus et la fête a bien été au rendez-vous. Il est un peu triste de se dire que ce petit fest si particulier a pris fin aujourd’hui, mais je suppose que c’est pour laisser place à encore plus très prochainement.

Quelle est la suite du programme pour Pensées Nocturnes ?

Le COVID a un peu stoppé notre lancée mais nous a moins affectés que le reste de la scène car nous étions en période de creux, entre deux albums. Il a dû être fatal aux groupes qui venaient de sortir leurs albums ainsi qu’aux labels qui les produisent.

Nous travaillons donc plus paisiblement sur la composition et l’enregistrement du prochain album, sans trop de distraction et c’est plutôt agréable. Nous reprendrons ensuite la route une fois que tout sera finalisé.

C’est la dernière « question ». Je te laisse champ libre pour laisser un dernier mot de ton choix, quelque chose qui te tient à cœur ou que je n’ai pas abordé.

Merci à toi pour le temps consacré à PN. Bonne continuation à Metal Overload et à très bientôt sous le chapiteau !


Photos Pensées Nocturnes & Les Acteurs de l’Ombre Production

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Interview Slaughter Messiah 5

Slaughter Messiah's "Cursed to the Pyre"

Il y a déjà un moment, j’ai eu l’occasion d’interviewer Slaughter Messiah à l’occasion de la sortie de leur dernier album « Cursed To The Pyre ». Confinement oblige, c’est par clavier interposé que T. Exhumator, second guitariste du groupe, a pris un peu de son temps pour répondre à mes questions concernant ce nouvel opus.

En tant que grande amatrice de Black et de Thrash, je ne peux que vous recommander de vous laisser séduire par ces hommes vêtus de cuir dont la musique vous fera pousser des couilles cloutées (même si vous êtes une gonzesse) et adorer Satan.

Interview Slaughter Messiah 5

Qui êtes-vous et quel est votre rôle dans Slaughter Messiah ?

Je suis THOMAS (THE BLASPHEMOUS) EXHUMATOR, acté comme second guitariste dans ce groupe à l’an 2012 !

Comment le groupe est-il né ? Quelle est son histoire ? Quel était votre but, vos envies derrière ce projet ?

SLAUGHTER MESSIAH a vu la nuit vers 2008. À l’époque, Rod Ironbitch Desecrator (guitares, dictature) et E. Sodomaniak (batterie, perversion) voulaient créer un groupe de black metal. Après avoir galéré avec d’obscurs membres, ils se rendirent compte qu’un bassiste/chanteur/leader était ce qui faisait défaut à ce groupe pourri. Ils ont finalement pris le pli d’enrôler SABATHAN au chant et à la basse. Le gars accusait déjà un solide CV du fait de son implication dans quelques autres hordes maudites (MORBID DEATH, ENTHRONED, DAWN OF CRUCIFIXION…).

Le groupe a finalement pris une tournure plus “old school” en voulant célébrer les grands noms du metal. Ça s’est ressenti dans le style qui a viré sur quelque chose de plus speed metal. Leur idée était de raviver la flamme du metal pur – et de botter des culs aux côtés du diable. Une première démo a vu le jour…

J’ai troqué mon âme au projet en 2012, car ils voulaient renforcer le tranchant des guitares en ajoutant un quatrième membre. Ils m’ont appâté avec de la bière bon marché et la promesse de virées nocturnes sauvages. Nous avons sorti 3 EPS avec ce line up.

En 2015, Sodomaniak était devenu assez incontrôlable et menaçait sa propre intégrité (physique/psychique) et celle du groupe. John Berry (batteur de GAE BOLGA) nous est venu des Flandres et a rapidement récupéré le trône de cuir qui est posé derrière la Gatling.

Depuis, nous sillonnons l’Europe avec notre black/death/thrash metal et nous avons sorti notre premier album il y a peu.

Interview Slaughter Messiah 3

D’où vous est venue l’idée de « Slaughter Messiah » comme nom pour le groupe ?

Les deux fondateurs en état d’ébriété voulaient, je cite : “un nom qui ne pique pas aux oreilles”. Le premier nébuleux chanteur/bassiste proposait, je cite : “Infernal Messiah Of Hell” (« infernal » et « of hell » ramenant à la même chose, il me semble). Ils se seraient fait remarquer, mais le nom était un peu exagéré peut-être, ils ont donc opté pour SLAUGHTER MESSIAH.

Quelles sont vos influences musicales (metal ou non-metal) et artistiques (cinéma, littérature ou autre) pour Slaughter Messiah ?

Nos huit oreilles sont sensibles à beaucoup de créations metal et non-metal; mais dans le cadre de SLAUGHTER MESSIAH cela reste clair : il s’agit du point G, équidistant entre le death, le black et le thrash metal. En bref toutes les extensions les plus sauvages du heavy metal primordial. Citons HOLY TERROR, HELLHAMMER, SADISTIK EXEKUTION, VENOM, MORBID ANGEL, SODOM,…

Le groupe a été relativement inspiré par des œuvres obscures (surtout à l’époque de Sodomaniak qui portait alors la casquette de parolier). Ça allait piocher dans le Lovecraft, et aussi de nombreux films d’horreur. À titre personnel, je ne suis pas avide de ces œuvres dites cultes pour les amateurs de l’ombre. J’aime surtout les récits d’exploration, d’aventure, de contemplation,…

A l’instar de la bouffe, j’adore écouter la musique spécifique de l’endroit où je me trouve, tous styles confondus… Elle fait partie de l’âme des lieux. Enfin, niveau metal, je suis assez sensible au black metal scandinave, et aux scènes extrêmes d’Amérique latine et d’Australie ; ces deux dernières partagent la furie.

Parlons maintenant de votre dernier album « Cursed To The Pyre ». D’abord, quelle est la thématique abordée ? Y a-t-il une sorte de fil rouge ou d’histoire liée à cet album ?

Pas vraiment de fil rouge, c’est plutôt un recueil de nos riffs les plus sauvages, et de textes qui ont jailli à l’écoute des premières rushes. De manière générale ça envoie de la mort, du feu et du chaos. J’ai écrit la majorité des paroles de cet album. C’est une ode au carnage, une pierre à l’édifice du metal extrême, bourré de gnole et de flammes.

Interview Slaughter Messiah 4

Avez-vous gardé la même recette pour « Cursed To The Pyre » que pour vos autres productions ou avez-vous modifié certains ingrédients ? Si oui, lesquels ?

On peut dire que les morceaux sont plus matures, et on voit pointer une touche plus écrasante de death metal. Dans l’ensemble on sent qu’on a toujours affaire au même groupe, mais comme le répète un pote de POSSESSION : on a retiré du “yeah!” pour ajouter du “ugh!”.

Le travail à deux guitares a été plus pensé afin de créer davantage de (non) harmonies et de profondeur. Y’a aussi quelques passages lents, ça c’est nouveau !

Enfin, ce sont les premiers morceaux sur lesquels John Berry peut s’exprimer pleinement, car il a fait partie intégrante de la composition. Son jeu plus old school a pu éventuellement aérer les morceaux et ouvrir de nouvelles portes.

« Cursed To The Pyre » est sorti au mois de février. Est-ce que vous avez eu l’occasion de présenter l’album en live avant le confinement ? Si oui, qu’avez-vous pensé du rendu de l’album en live ? Le public a-t-il été réceptif à ce nouvel album ?

Certains morceaux étaient déjà présentés en live (« From The Tomb », « Pouring Chaos », « The Hammer », …, etc.). Mais à part ça, nous n’avons pas vraiment eu l’occasion de défendre et répandre l’album dans le contexte de concerts. Le release show officiel devait avoir lieu début avril.

Avant tout ce bazar, nous avons juste eu l’occasion de jouer à Eindhoven avec l’album dans les mains. De manière générale, les gens semblaient contents et bourrés; et la table de merch a attiré l’attention.

Interview Slaughter Messiah 2

Qu’en est-il des critiques et feedbacks reçus pour « Cursed To The Pyre » ? Est-ce que vous prêtez attention à ce genre de retours ou pas du tout et pourquoi ?

Depuis sa sortie, nous recevons de nombreuses critiques positives de « Cursed » ! On sait qu’il s’agit de l’avis de personnes pas toujours objectives, et a priori d’emblée sensibles au style dont il est question, mais ça fait toujours plaisir à lire. Ça fait aussi plaisir de lire ceux qui n’ont pas aimé, afin de savoir pourquoi.

Dans les deux cas : certains avis sont éclairés et enrichissants pour se voir dans la glace et prendre du recul. Et d’autres sont des torchons !

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cet album et du futur de Slaughter Messiah ?

L’idée était de répandre notre humble réalisation, et écumer les bars et les salles pour s’arracher la gueule et faire des concerts violents. On a quelques dates prévues qui ont sauté. On essayait de prévoir une tournée dans les Balkans et une en Amérique du sud, mais tout semble compromis pour cette année maudite. De nombreux groupes sont dans cette situation, mais je pense que d’autres entités et surtout personnes sont dans des travers bien plus réels et merdiques que l’annulation de quelques joyeusetés.

Je dirais qu’on va en profiter pour se consacrer à nous-mêmes. Et aussi pour concevoir une petite sœur pour « Cursed » !

Dans toute votre production musicale, y a-t-il un morceau en particulier que vous aimez plus que les autres ? Si oui, lequel et pourquoi ?

C’est difficile à dire, sur cet album on les apprécie tous car ils sont nouveaux et l’enthousiasme de notre premier full lenght est encore vibrant. Je me fie donc aux auditeurs, ce qui nous amène à la chanson “Hideous Affliction” : ce titre-là est souvent ressorti dans les reviews.

Période de confinement oblige, nous sommes quasi tous enfermés à la maison. Si vous deviez nous recommander 3 albums à découvrir pendant cette période, lesquels serait-ce et pourquoi ?

J’ai récemment écouté le dernier AGGRESSIVE PERFECTOR (« Havoc ») qui est une pure branlée. Pour parler du Plat Pays, nos compère des BÜTCHER ont sorti une tuerie (« 666 Goats ») et intéressez-vous tout de suite à TERRIFIANT et son album éponyme ! Je triche, quatre, mais j’adore le dernier Misþyrming, n’efface pas ça, j’ai galéré pour trouver le “þ” !

Et n’oubliez pas d’écouter MOTÖRHEAD de temps en temps !


Crédits photos SLAUGHTER MESSIAH

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INCANTATION sort son nouvel album « Sect of Vile Divinities » entre sorcellerie et death metal old school

INCANTATION sort son nouvel album « Sect of Vile Divinities » entre sorcellerie et death metal old school

À l’occasion de la sortie de « Sect of Vile Divinities » nous avons interviewé Chuck Sherwood et John McEntee, retour sur 30 ans de carrière et un album puissamment inspiré.

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Salut John et Chuck ! Comment allez-vous ? Comment s’en tire le groupe avec cette situation un peu particulière du Covid-19 ? Est-ce inspirant dans un certain sens ? Avez-vous développé de nouvelles façons de communiquer avec vos fans ?

Chuck: Salut ! Nous passons le temps en étant essentiellement productifs alors que le monde est en confinement. Nous nous concentrons davantage sur l’écriture et la réalisation de vidéos jusqu’à ce que l’épidémie cesse et que nous puissions reprendre la route. Les visioconférences via Zoom pour des sessions “Questions/réponses” ont été un très bon moyen pour rester en contact avec nos fans.

 

Pourriez-vous nous en dire plus sur votre processus de création en tant que groupe ? Change-t-il d’album en album ? Comment s’est-il déroulé pour “Sect of Vile Divinities” ?

Chuck: Notre processus est principalement le même d’un album à l’autre, nous y contribuons tous. Que ça soit pour un riff, un enchainement de riffs ou même des morceaux complets, nous y contribuons tous individuellement dans un premier temps. Ensuite, nous retravaillons l’ensemble pour qu’il corresponde aux goûts de chacun afin d’avoir un rendu plus cohérent qu’une simple succession des différentes parties déjà composées. L’ego n’a ici aucune place ce qui explique pourquoi on se retrouve avec autant de matière. C’est comme ça que ça se passe concernant la musique, pour ce qui est des paroles, quand l’inspiration est là, je peux écrire des albums entiers. Ensuite, John, Kyle et moi-même nous arrangeons la cadence et la syncope en fonction de la musique. Nous sommes dans un flot constant d’idées c’est pourquoi nous gardons les “retouches” pour la fin. Nous avons travaillé de la même façon avec “Sect” que nous avions déjà pratiquement terminé il y a deux ans. Si on réécoute un morceau et qu’il nous semble trop long c’est qu’on peut encore l’améliorer.

 

L’album “Sect of Vile Divinities” a-t-il un concept en particulier ? Où avez-vous puisé votre inspiration cette fois ?

Chuck: Conceptuellement parlant, les entités et les déités mentionnées dans l’album sont assemblées dans un temple oublié comme une sorte de secte, comme le représente la pochette. Elles partagent toutes une nature “vile” contre les religions opposées (ou les éthiques religieuses opposées) et les erreurs de l’humanité. Pour cet album en particulier, j’ai puisé dans mes muses habituelles mais j’ai aussi ajouté des sujets qui me sont moins familiers. Une façon de me plonger dans de nouveaux intérêts et d’explorer mon subconscient avec le Death Metal comme catalyseur. On y retrouve du folklore, de la mythologie, de l’histoire, de l’occultisme et mes rêves, comme dans ce que j’ai apporté en matière de paroles dans nos 4 derniers albums.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le clip de “Entrails of the Hag Queen”, qui est sorti la semaine dernière ? Comment s’est passée la collaboration avec Nader Sadek comme réalisateur ? Comment s’est construit le scenario ?

Chuck: “Entrails of the Hag Queen” est inspiré d’une légende balinaise/hindoue qui raconte que durant le règne de Airlangga, à la fin du 10ème siècle, la fille d’une sorcière ne pouvait être mariée, sa mère faisant mauvais usage de la sorcellerie. La sorcière, depuis qu’elle était devenue veuve, détruisait les récoltes, causant la maladie et des inondations. Indignée qu’aucun ne veuille épouser sa fille, elle sacrifia un enfant au “temple de la mort” à la démone Rangda, qui dévorait les enfants et qui se trouvait à la tête d’une armée de Leyaks qu’elle dressa alors contre Barong (le dieu protecteur). Les Leyaks ont une apparence humaine durant la journée, mais la nuit leur tête se décolle et leurs entrailles sortent de leur corps cherchant à sucer le sang des bébés ou à dévorer les nouveau-nés qui sont encore dans l’utérus de leur mère. Je ne sais pas si vous avez déjà vu le film “Mystics in Bali” ? Il s’inspire grosso modo de la même histoire.

Travailler avec Nader a été une super expérience, nous étions sur la même longueur d’onde. Nous étions tout aussi inspirés et enthousiastes à l’idée de sortir la vidéo. Après une courte introduction par visioconférence sur Zoom, il s’est mis au travail sans relâche pour créer le script. Le laps de temps très court dont nous disposions a créé quelques inquiétudes et problèmes, ce qui ne l’a pas empêché de persévérer pour notre plus grande gratitude. On retrouve les signes distinctifs de son travail ainsi que chaque aspect de l’histoire susmentionnée. À nos yeux, le résultat est fantastique, nous aimerions travailler encore avec lui dans le futur.

 

Avez-vous déjà de nouvelles compositions ou idées pour un prochain album ? Ou des compositions que vous n’avez pas utilisées sur cet album qui sortiraient dans le futur ?

En effet, on a déjà presque 10 nouvelles compositions. Certaines sont déjà complètes alors que d’autres ont juste une structure et nous devons encore nous pencher dessus. Les paroles sont déjà complètement écrites et elles doivent maintenant être arrangées en fonction de la matière. Mais certaines sont déjà achevées à ce stade. Nous avons épuisé la plupart de notre stock de compo inutilisées. N’en gardant qu’une qui va être retouchée dans le futur.

Incantation a gagné une place majeure dans la scène underground depuis déjà plusieurs années. Après 30 ans de carrière, comment expliquez-vous l’attachement que vous portent les fans des premières heures et les nouveaux fans plus récents ? Vous avez acquis un statut culte avec « Onward to Golgotha » cependant vous donnez l’impression de ne jamais vous reposer sur vos lauriers, je me trompe ?

Chuck: Il est pour le moins impossible de prédire les hauts et les bas de la scène ou de la fan base. Bien que j’aie pu remarquer qu’il y avait trois périodes distinctes qui suscitent l’intérêt des gens, qui peuvent alors être exclusifs ou les aimer toutes. Cela dit, ces dix dernières années, ça a été un honneur pour nous de constater que nous suscitions un nouvel intérêt chez les plus jeunes. Mais tous nous font preuve d’une fervente admiration qui n’est jamais ignorée.

 

INCANTATION-band

Avez-vous l’impression qu’Incantation est devenu quelque chose de plus gros depuis que vous avez signé à nouveau avec Relapse Record en 2016 ?

Chuck: Il est difficile de parler de “sa” popularité sans tomber dans l’égocentrisme. Nous avons connu un soutien considérable ces dernières années mais l’attribuer à un seul facteur ne serait pas correct. Nous sommes reconnaissants d’avoir le soutien de Relapse. C’est génial, autant pour leur communication, ils nous tiennent au courant de chaque étape, que la volonté de nous aider et la compréhension dont ils font preuve quand nous ne sommes pas tout à fait sur la même longueur d’onde. Nous sommes vraiment chanceux, c’est le moins qu’on puisse dire.

Pour revenir sur votre carrière musicale, quelle a été votre plus grande réussite après toutes ces années ?

John: Franchement, juste le fait d’être toujours là après 30 ans. Nous avons beaucoup de choses dont nous pouvons être fiers, mais la plus importante c’est notre détermination pour notre style et la volonté de transcender toutes les tendances dans le metal.

 

Que pensez-vous de la scène underground actuelle ? Quels seraient vos conseils pour les nouveaux groupes qui tentent d’émerger ?

Chuck : Je suis toujours impressionné de voir que la scène perdure malgré les changements de goûts, les variantes qui apparaissent dans le style ou même les pandémies. Beaucoup de groupes remarquables sont apparus ces dernières années, on peut donc envisager un futur stable pour la scène.

Pour les nouveaux groupes, je dirais de rester inspirés, de se concentrer sur les choses que vous aimez vraiment. Jusqu’à ressentir l’envie de toujours apprendre et d’aller de l’avant afin de ne pas stagner. La quantité de tablatures qui sont mises à notre disposition de nos jours est impressionnante. Cultivez et nourrissez votre talent et peu importe si cela vient rapidement ou plus lentement. Il y aura toujours quelqu’un de meilleur si on compare. Simplement, aime ton art et fais-le.

Voudriez-vous ajouter quelque chose ?

Chuck: Merci beaucoup pour l’interview, on espère vous croiser sur la tournée de “Sect of Vile Divinities”, le plus tôt possible espérons-le. “Crush souls with sorcery, crush skulls with death metal” (ndl: on vous le laisse en anglais). À la prochaine !

Merci à vous ! On vous souhaite le meilleur et on espère vous voir bien vite sur scène au Mass Deathtruction en Novembre

massdeath2020

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