En croisière avec Orkhys et Remember the Light

En croisière avec Orkhys et Remember the Light

La galerie de photos complète du concert est disponible ici.

C’est sous une météo grisonnante que je prends la route ce samedi 24 octobre en fin de matinée, direction Paris, pour assister à la release party du tout premier opus d’Orkhys : « Awakening ». Le concert était initialement prévu deux jours plus tôt, mais l’instauration soudaine d’un couvre-feu à 21 heures sur une partie du territoire français a bouleversé l’organisation de nombreux événements. Certains ont été reportés ou tout simplement annulés, mais Orkhys et Remember the Light, qui partagent l’affiche, montrent une véritable volonté de se battre et de maintenir l’événement coûte que coûte. Rien que pour cela, je tire mon chapeau à ces deux formations.

Le rendez-vous est fixé pour 16 heures à la péniche Antipode, sur les quais de Seine. Malheureusement, quelques incidents techniques surviennent durant les balances et nous montons à bord du bateau avec près de 45 minutes de retard. Je me résigne alors : il faudra inévitablement quitter la salle avant la fin du concert pour être rentrée avant le couvre-feu, également d’actualité dans le Nord-Pas-de-Calais. Tristesse …

Péniche Antipode
En croisière avec Orkhys et Remember the Light

Malgré le changement de date et l’horaire précoce, le public est au rendez-vous. Les soixante places disponibles ont été réservées, l’événement est sold-out dès le début de la semaine.

À peine entrée, j’esquisse un sourire en voyant la superbe batterie installée aux petits oignons sous les projecteurs. Un détail, me direz-vous ? Pas si sûre, la batterie fait partie intégrante de l’esthétique globale du show et là pour le coup, ça brille, ça attire l’œil et ça habille parfaitement le fond de scène dénué de backdrop et de roll-up.

Remember the Light

C’est devant une audience assise et masquée que Remember the Light entre en scène. Découvert pour ma part l’année dernière lors de leur unique date dans le Nord de la France, je suis ravie de les retrouver pour l’occasion. Le set débute avec « Blooming », dont le clip est sorti en 2019, puis vient « The Outcome ». J’apprécie particulièrement ce titre avec un thème jazzy magnifiquement interprété par Olivier au clavier.

Remember the Light
Stayn, Cécile, Grégoire, Bertrand

Les six musiciens affichent une bonne présence dès les premières notes. Pas de préchauffage, ça envoie tout de suite dans tous les sens en dépit de quelques soucis de son qui ne les déstabiliseront pas. Il s’agit du premier concert avec Axel à la batterie et Bertrand à la basse et growls. Malgré un changement de line-up récent, on devine une complicité grandissante entre les membres du groupe. Ils sont nombreux, mais chacun trouve sa place sur la scène qui pourtant n’est pas excessivement grande. Pas de timide chez Remember the Light, le partage de l’espace est équilibré et les interactions entre musiciens fréquentes. Les deux guitaristes charismatiques encadrent la scène et assurent le spectacle avec aisance, même sur les parties plus techniques, et on pourra compter sur la chanteuse et le bassiste pour le headbang. En fond de scène, batteur et claviériste expressifs, bien que cloués derrière leurs instruments, ne passent pas inaperçus non plus.

Remember the Light
Olivier
Remember the Light
Axel

La playlist comporte l’intégralité de l’EP « The Outcome » (2019), « I will Disappear », extrait de la première démo « Exilés » (2016), ainsi qu’un nouveau titre. En milieu de set, on nous propose une pause douceur avec une reprise de « Priscilla’s Song », tirée de la BO du jeu vidéo The Witcher, interprétée ici avec brio par Cécile et Stayn en duo voix/guitare acoustique.

À noter aussi, la participation de deux invités : Charlene Morgan (Priest of Steel, 22 Acacia Avenue) donne la réplique à Cécile sur « Stand Up For What You Are »; et Julien, ancien bassiste/growler du groupe sur « Heroes ». L’un comme l’autre marqueront les esprits par leur prestation parfaitement intégrée au reste du show.

Remember the Light
Julien
Remember the Light
Charlene

Musicalement, la recette Remember the Light est rodée : un metal mélodique travaillé qui laisse paraître les influences classiques du/des compositeur(s), des mélodies qu’on ne peut s’empêcher de fredonner plus tard combinées à des passages plus techniques, un chant tantôt lyrique, tantôt clair flirtant adroitement avec les aigus et pimenté de growls, le tout plongé dans un univers sombre. Les deux guitares gardent constamment l’équilibre, les soli se font entendre, c’est agréable ! On perd malheureusement la basse sur une partie du set suite à un problème matériel et on ne l’entend que trop peu le reste du temps. La batterie, dynamique et cohérente avec les autres instruments, se montre parfois très chargée et peu contrastée. Les orchestrations menées par le clavieriste surplombent subtilement le tout. Globalement le groupe s’en sort haut la main durant les 50 minutes de show qui passent vite, bien trop vite.

Le changement de plateau s’éternise un peu. Je vois l’heure tourner et Orkhys démarre finalement à l’heure où j’avais initialement prévu de partir pour être rentrée avant le couvre-feu. Je tire un peu sur ma marge « embouteillages » en croisant les doigts, j’ai vraiment trop hâte de découvrir ce tout nouveau projet sur scène.

Orkhys

Quoi de mieux pour lancer le set que le premier single du groupe, « The End Of Lies« , dont le clip a été dévoilé fin septembre ? Un titre pêchu aux sonorités heavy dont le refrain vous reste en tête au moins jusqu’au lendemain.
Le groupe n’ayant sorti pour le moment qu’un EP 3 titres, nous nous attendons à beaucoup d’inédits sur la setlist. Pour ma part, c’est uniquement sur les 20 premières minutes de la prestation que je devrai me faire un avis.

L’une des particularités d’Orkhys est l’introduction de parties de harpe, jouée par la chanteuse Laurene, sur certains titres. C’est le cas de « Guardians Of Our Lives« , également présent sur l’EP « Awakening » et interprété ici en début de set. Laurene est typiquement le genre de musicienne qui me captive. Je la vois prendre une grande respiration avant de commencer le morceau et puis c’est parti : les notes défilent avec une fluidité et une émotion déconcertantes, elle est concentrée mais semble détendue, parfaitement en phase avec son instrument. Instant magique.

Orkhys
Brice
Orkhys
Laurene

À la batterie, Jean Yves assure un jeu nuancé, ça tabasse aux blasts et tapis de double mais il sait se mettre en retrait sur les parties plus cool. Brice est le seul guitariste du groupe (mais aux multiples guitares !) ce qui laisse suffisamment de place à Julien pour se permettre quelques instants mélodiques à la basse. Le chant est principalement lyrique, parfois poussé à l’extrême, ponctué par des parties de voix claire. On aime ou pas, le rendu est cohérent, voire impressionnant.

Le jeu de scène se fait plus discret chez Orkhys, notamment guitare et basse, mais reste très prometteur pour les prestations futures.

Ce qui est plaisant avec Orkhys, c’est l’aisance avec laquelle ils mélangent les styles. C’est ainsi que pendant une partie de blast tu te dis : « Hey mais il y a 10 secondes on était sur un duo guitare acoustique/harpe, WTF ? ». On retrouve régulièrement une ambiance celte/médiévale comme le laisse deviner le logo du groupe, mais les amateurs de gros riffs agressifs et énergiques y trouvent également leur compte. En résumé, c’est varié et surprenant.

Orkhys
Julien
Orkhys
Jean-Yves

Tout au long du concert, je constate un public attentif et réceptif. Les conditions particulières ne laissent que trop peu de temps pour échanger vraiment avec les groupes et le fait de devoir surveiller l’heure et partir avant la fin me laisse un léger sentiment de frustration. Pour autant, je n’ai aucun regret d’avoir fait le trajet jusqu’à Paris pour ce show avec deux groupes de qualité dotés d’une motivation à toute épreuve.

Bien entendu, je repars avec quelques souvenirs.

En croisière avec Orkhys et Remember the Light

Shadow Pussies Live Lille

Shadow Pussies : Dernière Fête avant la Fin du Monde

En mars dernier avaient lieu les derniers concerts du monde « d’avant ». Depuis, les choses ont changé. Je profite aujourd’hui de ma double casquette rédactrice/bassiste pour vous proposer un Covid-Safe-Live-Report vu de l’intérieur.

Jeudi 1er octobre, 20h30. Je termine ma session de révision du set des Shadow Pussies, girlsband rock lillois que j’ai intégré cet été. Un coup de chiffon sur la Fender Precision avant de la glisser dans la housse, puis je prépare ampli, pedalboard et divers équipements à embarquer. Demain est un grand jour, nous jouons à la Gare Saint Sauveur à Lille. Mais alors, comment ça se passe les concerts Covid-Safe ?

Jusqu’au jour J, c’est la sensation d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La semaine précédant le show, le gouvernement français annonçait de nouvelles mesures restrictives pour lutter contre la propagation du Coronavirus, parmi lesquelles la fermeture des bars à 22 heures dans les grandes villes, Lille y compris. Malgré cela, notre concert, organisé par la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités et l’asso Koan dans le cadre de « La Dernière Fête avant la Fin du Monde », est maintenu.

Shadow Pussies
Shadow Pussies : Charlotte, Vanessa, Selene, Fanny juste avant le concert

Vendredi 2 octobre, ça y est, on y est ! Hier soir, l’événement était annoncé sold out, soit 80 personnes avec les restrictions actuelles. Nous jouerons dans la salle de projection, équipée de gradins, et le concert sera retransmis sur l’écran du bar. Depuis la veille au soir je piétine d’impatience. Je n’ai pas mis les pieds sur une « vraie » scène depuis plus de 9 mois et j’ai hâte de retrouver cette émotion si spéciale teintée d’euphorie, de stress et d’une sorte de fierté. Je termine ma journée de taf et je prends la route, direction Lille, pour rejoindre Charlotte, Selene et Fanny, respectivement guitariste/chanteuse, guitariste soliste et batteuse des Shadow Pussies.

Shadow Pussies : Dernière Fête avant la Fin du Monde

Vers 20h15, le public commence à s’installer. Environ 30 minutes plus tard, nous entrons en scène avec « Pussies in the Shadow », un titre assez bref, énergique et rythmé, parfait pour introduire le set. Le public est assis, masqué, et un siège vide sépare les groupes de personnes venues ensemble.

Depuis la scène on ne distingue que les premiers rangs, éblouies par les projecteurs. Mais dès la fin du premier titre les 80 personnes se font entendre : applaudissements et éclats de voix, nous sommes formidablement bien accueillies et on ne peut s’empêcher d’afficher toutes les quatre un large sourire.

La scène est bien grande, on a de la place pour se promener d’un bout à l’autre, sauter, secouer la tête, et il y a même une estrade pour la batterie où je peux aller squatter de temps en temps pour m’adonner à mon activité favorite sur scène : faire des grimaces à notre batteuse. Le son est très propre, l’ingé son nous a géré ça aux petits oignons.

Bien que le public soit cloué aux sièges, il ne se laisse pas prier pour participer en tapant des mains ou en chantant quand nous le sollicitons. On a l’impression d’avoir réussi à embarquer tout ce petit monde dans notre univers et, malgré la distanciation imposée, le courant passe vraiment bien.

Comme d’habitude, le set passe à une vitesse de dingue. Environ 50 minutes qui en paraissent à peine 15 quand on est sur scène et que tout se déroule bien. Notre dernier titre, une reprise du célèbre « Cherry Bomb » des Runaways, s’achève. Le public en redemande. Comblées, on se rééquipe et on entame « What You Lost » pour clôturer notre prestation.

Retour à la réalité, le bar ferme à 21h30, il est malheureusement trop tard pour partager une pinte avec les copains venus nous soutenir. Snif !

Hey, Charlotte (guitariste/chanteuse), t’en as pensé quoi de cette soirée ?

« Un concert Covid friendly ? Un peu bizarre sur le papier, mais quand on le vit, les choses sont plutôt bien faites ! Que ce soit l’accueil public qui devient assez protocolaire ou les spectateurs qui respectent généralement les gestes barrières. De plus, les gens sont tellement contents de pouvoir voir un concert après des mois d’abstinence que l’ambiance ne peut être que bonne ! »

Shadow Pussies : Dernière Fête avant la Fin du Monde

En conclusion, c’était vraiment très agréable de retrouver la scène avec des conditions aussi favorables, et ce malgré les restrictions en vigueur. Les occasions se faisant rares cette année, on se sent d’autant plus chanceux de pouvoir vivre ces instants remplis d’émotion, d’énergie et de complicité. Je vous invite fortement à vous rendre aux concerts organisés près de chez vous (ou loin si vous êtes du genre « rien ne m’arrête ! »), même si vous ne connaissez pas les groupes. Les organisateurs se donnent beaucoup de mal pour pouvoir rentrer dans les clous et faire en sorte que tout se passe bien. Leur plus belle récompense est de voir que le public est au rendez-vous et passe une bonne soirée tout en respectant les mesures mises en place. Je sais que le même soir, la Brat Cave, à Lille également, affichait complet pour une soirée metal avec les groupes Death Structure, In Hell et Virgil. Bravo à eux !

Shadow Pussies : Dernière Fête avant la Fin du Monde

Pour suivre Shadow Pussies sur les réseaux :


Cellar Darling en campagne puis en live !

Cellar Darling en campagne puis en live !

Le 13 avril dernier, devait avoir lieu le premier concert de la tournée européenne de Cellar Darling en compagnie du groupe Turilli / Lione Rhapsody. Pandémie oblige, toutes les dates sont annulées un mois plus tôt. Mais le trio ne se laisse pas abattre, tout de suite, ils proposent un live streaming pour compenser au mieux. La date annoncée est le dimanche 5 avril. Entre temps, les mesures de quarantaine prennent plus d’ampleur et il devient rapidement impossible de maintenir cette date. À force de propositions, Cellar Darling lance alors sa Lockdown Content Campaign.

La "Lockdown Content Campaign"

Il s’agit alors de faire patienter le public jusqu’au moment où le live streaming pourra avoir lieu, de rester proche des fans, de montrer qu’ils sont bien là, et qu’ils ont la niac. Et pour ce faire, le groupe va proposer pas moins d’une dizaine de vidéos durant tout le mois d’avril. La campagne débute le 5 avril par un live chat avec Anna Murphy, Ivo Henzi et Merlin Sutter, le groupe répond aux diverses questions des fans. Parmi les vidéos suivantes, on retrouve notamment des playthroughs, des versions acoustiques de « Under The Oak Tree » et « Death », des vidéos « A day in the lockdown of … » avec Ivo Henzi et Merlin Sutter, ou encore une version voix/vielle à roue du titre « The Spell » par Anna Murphy.

La nouvelle date annoncée pour le live streaming est le 3 mai, et cette fois, elle est maintenue. Il est proposé un système de « Pay As You Want » pour soutenir le groupe, mais la vidéo est également accessible gratuitement. À noter que si on contribue à hauteur de 15€, nous recevons une carte postale dédicacée.

Le Live-Streaming

Dimanche 3 Mai, aux alentours de 20h20, nous retrouvons le groupe au Soundfarm Studio, en Suisse, dans une ambiance chaleureuse. Un post Facebook annonce quelques minutes avant « Nous avons branché environ cent câbles, quatre caméras, vingt-quatre canaux audio et connecté le tout sur Internet. Mais rien n’a été pré-enregistré et tout sera en direct ! ».

Le concert commence presque tout de suite après le lancement du streaming avec le titre « Pain ». Une caméra est braquée sur Anna Murphy qui jongle entre la vielle à roue, la flûte et le clavier en plus du chant, une autre caméra sur la batterie de Merlin Sutter, une troisième sur le duo guitare/basse Ivo Henzi et Nicolas Winter (bassiste de session du groupe), et une dernière fait un plan large du studio. Le son est très agréable avec beaucoup de reverb notamment sur la batterie, tous les instruments sont distincts, on assiste à un vrai live de qualité. Les titres s’enchaînent : « Death » (avec son magnifique solo de flûte), « Love », « The Spell ». L’absence d’applaudissements et de jeux de lumière entre les chansons surprend un peu au début, mais l’enchaînement se fait rapidement. Anna Murphy prend la parole après ce quatrième titre. On la sent stressée, et c’est d’ailleurs ce qu’elle explique durant son intervention : ils sont nerveux et elle a perdu sa voix pendant les balances.

C’est ensuite les titres « Insomnia » et « Freeze » qui sont joués. Puis, une nouvelle intervention où le groupe lit quelques commentaires sur le chat YouTube pour avoir le ressenti du public : « Parle plus ! », ce à quoi la chanteuse répond « Mon cerveau est en train de fondre ! ». Ah ah !

Le titre « Black Moon » prend la suite, puis « Hullaballoo », « Starcrucher », « Fire Wind And Earth » et « Six Days ». Avant le dernier titre, Anna annonce : « C’est le moment de la question : est-ce que vous en voulez encore ? ». Le groupe nous offre alors un « Avalanche » magistral pour clôturer le concert qui aura duré un peu plus d’une heure, le tout sans incident technique. Environ 30 minutes après le début du live nous étions 1500 connectés. Ce live streaming est, selon moi, une belle réussite. Les quatre musiciens se sont donnés à fond et sont restés souriants et enthousiastes du début à la fin, ce qui a largement permis de combler les caméras et lumières fixes.

Le direct se termine sur une dernière intervention d’Anna qui remercie assez longuement le public qui a regardé le live et ceux qui ont contribué pour permettre au groupe de « survivre » pendant cette période de crise. Elle est ensuite prise d’un fou-rire lorsqu’elle ajoute : « Je ne sais pas si nous le ferons à nouveau, peut-être pas, nous devons réfléchir à ce qu’il vient de se passer », ce qui laisse à penser que cette expérience a été une véritable aventure pour eux. Quelques minutes avant, elle avait déjà laissé échapper un : « C’est incroyable ! ».

Pour ceux qui ont raté le live, il est toujours disponible sur la chaîne YouTube de Cellar Darling (lien ci-dessous), ainsi que toutes les vidéos de la Lockdown Content Campaign.

Cellar Darling en campagne puis en live !

Crédit photo : Urs Gantner


MaYaN passe et la magie opère !

MaYaN passe et la magie opère !

C’est la première fois que je me rends au Centre Culturel René Magritte à Lessines, ce soir du samedi 7 mars. Mais l’occasion est belle, car c’est une affiche de qualité que l’on nous offre avec, en guise de cerise sur le gâteau, MaYaN, le prestigieux side project de Mark Jansen (Epica). Le groupe effectue quelques dates aux Pays-Bas, en Allemagne et chez nous.

Premier constat, le staff est accueillant et la salle est spacieuse. On a le temps de prendre un petit verre avant que les Belges de King Drama ouvrent la soirée. Cette nouvelle formation wallonne, composée tout de même d’habitués du terrain, donne aujourd’hui son premier concert. Avec son rock teinté de folk, parfois un peu plus énervé, le groupe apporte un vent frais sur la scène actuelle. Les mélodies sont légères et entraînantes et les refrains entrent facilement en tête. C’est Ophélie, au chant, qui gère principalement l’animation scénique en sautant et en dansant. Sa voix est appuyée de temps à autres par celle d’Alain, officiant aussi à la guitare, que l’on connaissait jusque là dans un registre plus hard (About:Blank, Spiritual Jack). Hormis quelques petits couacs rythmiques, King Drama s’est très bien défendu pour une première et a fait une belle impression auprès du public. À noter aussi que le groupe a dû pallier l’absence de son bassiste, malheureusement souffrant.

Après une petite pause, ce sont les Français d’Attraction Theory qui entrent en scène. Même s’il s’agit également d’un projet récent (2017), il est aussi porté par des musiciens qui ont de la bouteille, dont Didier Chesnau (Headline) et Constance Amelane (Whyzdom). Cela se voit et cela s’entend également. Le groupe propose un metal moderne, tantôt planant, tantôt plus agressif, porté par la voix très douce de Constance. Le mélange est agréable et se laisse écouter avec plaisir. J’aime beaucoup, même si j’ai cette impression de « déjà entendu ». Mais comme me l’a dit mon amie : quand c’est si bien fait, ce n’est absolument pas dérangeant ! Je retiens la reprise de « To France » qui clôture le set d’Attraction Theory, chanson qui me rappelle de très bons souvenirs.

La suite se fait un peu attendre, mais comme il est encore tôt, ce n’est pas spécialement dérangeant. C’est, en effet, l’occasion de discuter davantage avec les amis présents et boire des bières… Beaucoup de bières ! Au fait, nous sommes étonnamment peu nombreux pour une telle affiche. À se demander si l’aura malfaisante du virus actuel n’a pas joué un rôle. Bref, une fois que MaYaN débarque sur scène… En repensant à ce moment, je ne sais pas quoi écrire. Ce groupe dégage tellement d’énergie, les nombreux musiciens courant dans tous les sens au rythme endiablé de la musique. On ne sait pas où donner de la tête, il se passe quelque chose à chaque seconde, à un endroit différent. Au bout de deux ou trois morceaux, je dis d’ailleurs en rigolant à l’un de mes collègues photographes que ce groupe est fatiguant ! Sans compter que les lumières ne sont pas faciles à gérer non plus, soit dit en passant.

Enfin, au-delà de ces petits détails, pour moi, c’est simplement de la magie qui se produit sous nos yeux. Le set est tout simplement parfait : scéniquement, musicalement, vocalement… Le son est d’une clarté bluffante ! Pendant quelques secondes, j’en viens même à me demander si le groupe ne fait pas du playback. Je suis également hyper admirative face à la prestation de Laura Macri qui assure seule les parties lyriques ce soir, Marcela Bovio étant actuellement en convalescence. Son interprétation d’« Insano » presque seule en scène est à tomber, j’en ai des frissons !

Notons que la setlist est variée, brassant les différents albums du groupe, mais proposant aussi quelques reprises de prime abord surprenantes : « Follow In The Cry » (After Forever), « Nihilism » (God Dethroned) et « At The Mountains Of Madness » (Orphanage). Mais ces groupes font partie de l’histoire de MaYaN et des musiciens qui ont pris part au projet. Enfin, pendant plus d’une heure, MaYaN m’a enchantée et je pense que je ne suis pas la seule à avoir pris une superbe claque en assistant à cet opéra moderne en compagnie d’artistes de talent, heureux d’être ensemble sur scène et au contact du public.

Après ce superbe concert, nous avons pu partager un petit moment avec quelques membres du groupe, toujours souriants et disponibles pour les fans. Un vrai plaisir ! Pour l’anecdote, j’ai essayé d’obtenir quelques informations sur le nouvel album d’Epica, qui paraîtra plus tard cette année, mais cela n’a pas marché ! Pour résumer, même si vous l’avez certainement déjà bien compris : c’était une très bonne soirée, bien organisée… Et, évidemment, bien arrosée !


Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts

Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts

Direction le Luxembourg cette fois (contrée fort fort lointaine pour la petite Belge francophone que je suis). Les fans de death des environs se sont donnés rendez-vous le samedi 29 février au Rock Box, lieu emblématique de la région proposant des soirées musicales diversifiées.

Une fois l’entrée (qui ressemble à celle d’une boîte de nuit) passée, une fois le petit escalier en bois grimpé et une fois le tampon d’accueil apposé sur ma main, je me retrouve dans une magnifique petite salle, à mi-chemin entre un grenier et un saloon. Comme d’ordinaire, tout le monde est accoudé au bar et tout le monde semble se connaître. L’ambiance est excellente.

Les presque deux heures de trajet me font arriver en retard et je rate malheureusement trois quarts du concert de Theophagist.

Kraton commence, proposant un death féroce et maîtrisé. Le groupe offre un set précis, à l’atmosphère planante et parfois pesante (le groupe dit vouloir inviter les spectateurs à une réflexion sur la condition humaine). Clin d’œil à la batteuse, dont l’énergie dégouline de ses cymbales ! Kraton signe définitivement ma découverte de cette soirée.

Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts
Véronique derrière la batterie
Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts

C’est au tour d’Infected de grimper sur scène. J’ai toujours eu tendance à dire que les groupes qui avaient seulement l’air d’une bande de copains d’école n’iraient pas loin. Mais dans le cas d’Infected, on fait face à une bande de potes composée de musiciens doués ! Si chez certains groupes on cherche la cohésion, l’amusement et parfois même, un sourire, avec Infected, on est inondés de fraternité et de joie. On peut se dire que le chanteur manque parfois un peu de sérieux, mais est-ce vraiment un problème ?

Le groupe, composé de musiciens ayant d’autres projets (Coalition, Ardenne Heavy, …) propose un mélange intéressant de thrash / death / groove, qui fonctionne très bien et m’a beaucoup plu. Au public aussi, au vu des acclamations.

Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts
Le Headbanger Tour offre une affiche death à réveiller les morts

Retour oblige, je n’aurai pas l’occasion de revoir Desdemonia, que j’avais découvert aux Metaldays 2019 et qui m’avait laissé une impression géniale.

Le Headbanger Tour propose donc une affiche d’extrême qualité, dans un endroit bien choisi !

Valentine Cordier


Campaign For Musical Destruction 2020

Campaign for Musical Destruction 2020 @Trix

Dimanche soir, j’ai bravé la tempête et affronté la météo pour me rendre au Trix d’Anvers afin d’assister au Campaign For Musical Destruction Tour 2020 regroupant BAT, Rotten Sound, Misery Index et Napalm Death.

Report 16022020 BAT

Les Américains de BAT ont ouvert la soirée avec un excellent thrash qui nous a mis en jambe pour le reste des hostilités. Ce fut une excellente découverte pour ma part. Je connaissais déjà Ryan Waste dans Municipal Waste et bien que ce soit un groupe que j’affectionne beaucoup, je trouve que BAT a un petit quelque chose en plus qui fait son petit effet. J’ai trouvé que la voix était bien mise en valeur, que ça collait bien avec la musique et Ryan a su conserver toute l’énergie et l’intensité de sa voix tout au long du concert. Si vous ne connaissez pas BAT mais que vous êtes amateur de thrash à la sauce Municipal Waste et cie., c’est le moment de vous y atteler.

Report 16022020 Rotten Sound (2)

C’est ensuite Rotten Sound (Finlande) qui a foulé les planches. La dernière fois que je les avais vus, c’était dans une petite salle à Liège (La Zone) avec Implore et Brutal Sphincter. Malgré un son pas très propre et un public extrêmement mou, Rotten Sound a envoyé une déferlante d’énergie et de violence dont ils ont le secret. Cependant, j’avais préféré leur prestation à La Zone où l’intimité et la proximité avec le public correspond plus à l’atmosphère qu’on retrouve dans les concerts de grind où ça sue, ça se pousse et ça pue la violence. Ici, dans la grande salle du Trix d’Anvers, c’était impossible de recréer une ambiance similaire. Par contre, on peut dire que Rotten Sound a rempli sa part du contrat et qu’ils se sont donnés à fond pour faire bouger un public qui avait sûrement confondu l’énergisant et les somnifères.

Passons au troisième concert et pas des moindres : Misery Index (Pays-Bas). Les Néerlandais nous ont proposé un show oscillant entre leurs classiques et des nouvelles chansons. Bien que le groupe ait proposé un excellent set alliant propreté et violence pure et dure, le public n’a pas semblé plus motivé que ça. Il a fallu attendre les deux derniers morceaux pour voir quelques petits mouvements semblables à des débuts de pogos dans la foule. Même le micro était plus ambiancé que le public, il en est d’ailleurs tombé à la renverse pendant le dernier morceau. Cela a fait rire le public mais the show must go on, le concert s’est terminé en beauté. Je tiens à souligner que Misery Index a relevé la barre d’un cran comparé à leur prestation au Turock d’Essen avec Wormrot (06/04/2019). Je les ai trouvé plus énergiques et plus efficaces sur scène.

Report 16022020 Eye Hate God (38)

Dans un tout autre registre, nous sommes ensuite passés à Eye Hate God et son espèce de stoner/rock psyché un peu grindé. Une chose est certaine, on n’était plus dans le même monde. J’ai trouvé le groupe bien plus introspectif que les trois premiers, il fallait vraiment être dans leur trip pour pleinement profiter du concert. En regard des trois autres groupes de la soirée, leur univers ne collait pas et pour moi, c’était extrêmement compliqué de me mettre dans l’ambiance. C’est à cause de cela que je trouve qu’Eye Hate God dénotait un peu de l’affiche. Cela a créé un décalage dans le public d’ailleurs : il y avait ceux venus pour Eye Hate God qui se fichaient des autres groupes et ceux venus pour Napalm Death qui étaient plus attirés par le style des premiers groupes. Cependant, il faut saluer la performance et j’ai tout de même apprécié le côté sale mais groovy du son proposé par le groupe. Je terminerai en disant qu’Eye Hate God c’est venimeux, c’est viscéral et niveau sensation, c’est un peu comme quand tu craches de la bile, ça vient du fond des tripes.

Napalm Death nous a proposé un show du feu de Dieu. Le groupe nous a annoncé la sortie de son prochain album dans quelques mois. Nous avons eu un aperçu de ce nouvel album avec un morceau : « Logic Ravaged By Brute Force » qui allie le chant clean et le chant gueulé tantôt punk et tantôt grind. Pour le reste du concert, c’était comme à chaque fois que j’ai vu Napalm Death : violent, rapide, efficace et tellement bon ! Si vous n’avez jamais vu Napalm Death en live n’hésitez plus ! Surtout si vous devez rattraper une séance de gym parce que Barney c’est le seul mec qui peut te péter le compteur des 10 000 pas par jour en un seul concert.

Concernant le public, la foule était en délire à la simple mention des classiques comme « Scum ». Napalm Death a fait bouger tout le monde, ça remuait dans toute la salle (ENFIN !). Nous avons eu droit à un concentré d’énergie et de violence comme je n’en connais pas d’autres. Napalm Death va jusqu’au bout des choses et ce sans compromis, tout en restant fidèle aux idées qu’ils défendent fièrement. C’est peut-être un groupe qui a de la bouteille mais ils soulèvent toujours une quantité d’énergie impressionnante, le tout à une vitesse plus grande que celle d’un Boeing. T’as un coup mou ? Oublie Nalu et reprend une dose de Napalm Death. Enfin, le nouveau morceau a été bien accueilli même si ce sont les classiques qui remportent le plus grand succès auprès du public. Le concert s’est clôturé avec deux reprises : une des Dead Kennedys, « Nazi Punk Fuck Off » qui a fait bouger tout le monde, et l’autre de Sonic Youth, « White Kross », qui elle a moins conquis le public.

En conclusion, ce fut une excellente expérience de concert avec des groupes de bonnes qualité, un son pas toujours parfait mais chacun a tout donné pour transmettre un concentré d’énergie et de violence à sa manière. Big up à BAT, le groupe d’ouverture qui, je vous le rappelle, en vaut vraiment la peine. Voilà, je crois que « All Is Said And Done » !



The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

C’est franchement tendue que j’entre dans le Sportpaleis d’Anvers le soir du 2 février. C’était l’enfer pour se garer, il y a du monde partout et je ne sais pas trop où aller malgré les instructions reçues à l’entrée dans une petite enveloppe estampillée. Heureusement que je croise quelques collègues moins stressés qui m’éclairent.

Amaranthe, l’un de mes groupes favoris, ouvre la soirée dans cette immense salle qui ne cesse de se remplir. Avec leur metal électro, les Suédois tombent à point pour chauffer le public. À grand renfort de refrains ultra catchy, la mayonnaise a l’air de prendre au niveau des premiers rangs. Pour me détendre, je chante à tue-tête. On a tellement d’espace dans ce photo pit que je doute fort que les autres m’entendent. Cependant, je suis gênée par le décor de Sabaton déjà installé, tous les groupes sont condamnés à jouer derrière des fils barbelés. Soit, la prestation d’Amaranthe est excellente : énergique à souhait ainsi que musicalement et vocalement impeccable, les trois chanteurs assurent dans leur style respectif. La setlist aussi est bien pensée, regroupant plusieurs chansons de chaque album, parmi lesquelles on retrouve « Digital World », « Hunger », « GG6 », « That Song », « The Nexus » et aussi « Amaranthine », la ballade incontournable pour faire une petite pause dans ce set survolté. Juste génial ! Même si, évidemment, ces 45 minutes passées avec Amaranthe me laissent un goût de beaucoup trop peu.

The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

Petite pause, petite bière. Au prix où elles sont (3,50€) et sachant que les consignes pour shooter Sabaton sont particulières, on y va mollo. Ensuite, on enchaîne avec les Finlandais d’Apocalyptica qui commencent leur show avec un morceau issu de leur dernier album « Cell-0 », sorti au mois de janvier de cette année. Leur musique est atmosphérique et sombre, elle prend aux tripes. C’est si beau le violoncelle ! Et joué comme ça, c’est vraiment impressionnant. Le groupe propose un show visuel également, des images psychédéliques défilant sur les écrans en arrière-plan. Après trois compositions originales, les musiciens sont rejoints par Elize Ryd d’Amaranthe pour deux titres, dont « Seemann », célèbre morceau de Rammstein. Il faut dire qu’Apocalyptica est surtout connu pour ses reprises et notamment celles de Metallica. Ce soir, le groupe propose « Seek & Destroy » et « Nothing Else Matters » pour le plus grand plaisir du public qui participe avec entrain. Je n’avais jamais vu Apocalyptica en live et je pensais que la musique instrumentale allait m’ennuyer… Je me suis trompée, c’était super !

The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

Un peu avant LE concert de la soirée, les photographes ont un briefing avec le PR manager de Sabaton, Nick. Il nous explique tout ce qui se passera pendant le concert en termes de pyrotechnie et d’animations. Il nous rappelle également que nous sommes divisés en deux groupes et nous montre la répartition en fonction de la setlist. Je suis dans le groupe A, donc je reste dans le pit pour le début du show. On a beau être prévenus que ça va péter dans tous les sens sur le premier morceau, dans les faits, c’est hyper impressionnant et assez distrayant.

Bref, après une douce introduction (« In Flanders Field »), c’est un coup de canon qui donne le top départ du concert de Sabaton, les musiciens déboulant sur scène, comme souvent, sur « Ghost Division ». Idéal pour commencer dans l’énergie et celle du groupe est une fois de plus débordante ! Après « Great War », qui est aussi le titre de leur dernier album sorti l’été dernier, le combo sort de scène le temps d’une narration et revient en arborant des masques à gaz. Seul Joakim (chant), également équipé d’un ustensile à fumigènes, le gardera tout au long de « The Attack Of The Dead Men ».

The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

Les morceaux s’enchaînent à une vitesse folle et on ne sait pas où donner de la tête, car il se passe quelque chose presque à chaque minute : des claviers encastrés dans une carcasse de Barron Rouge, des animations et retransmissions sur les écrans, des petites blagues, des riffs connus (Judas Priest, AC/DC, Iron Maiden,…) encore des flammes et des feux d’artifice et… Comme si tout ça ne suffisait pas, nous avons aussi droit à un tir de bazooka sur « Night Witches » ! À la moitié du show, le groupe est rejoint par Apocalyptica pour pas moins de six morceaux. C’est sympa, mais à mon sens, on n’entend pas assez les violoncelles.

Vu des gradins, le spectacle est d’autant plus impressionnant tant la salle est énorme et remplie. Cependant, côté public, c’est un peu étrange. Autant c’est la folle ambiance dans les premiers rangs, il y a même quelques crowdsurfs, autant dans les tribunes, c’est le calme plat… L’un ou l’autre bras se lève timidement de temps en temps, mais à part ça, tout le monde reste assis. Personne ne bouge d’un poil pendant « Carolus Rex », par exemple, qui est pourtant un hymne du groupe.

Enfin, pendant près de deux heures, Sabaton nous en a mis plein les yeux et les oreilles. Quoi qu’on en dise, ce sont de véritables showmen et ce qu’ils font, ils le font parfaitement !

The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

Pour voir la galerie complète de l’événement, c’est ICI !

Setlist :

01. Ghost Division
02. Great War
03. The Attack of the Dead Men
04. Seven Pillars of Wisdom
05. The Lost Battalion
06. The Red Baron
07. The Last Stand
08. Resist and Bite
09. Night Witches

Avec Apocalyptica :

10. Angels Calling
11. Fields of Verdun
12. The Price of a Mile
13. Dominium Maris Baltici
14. The Lion From the North
15. Carolus Rex

Rappel :

16. Primo Victoria
17. Bismarck
18. Swedish Pagans
19. To Hell And Back


The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles

The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles

Cologne. Je n’avais pas prévu de faire deux heures de route, même pour voir The Hu, dont je n’avais entendu parler qu’une ou deux fois. En général, les : « Quoi ? tu connais pas ? Mais c’est un phénomène, tu dois absolument aller écouter ! » ne m’attirent que très peu. Soit, je décide tout de même d’aller voir le groupe.

The Hu a attiré le regard de la planète metal avec un « coup de comm » monumental : personne n’a pu rater « Yuve Yuve Yu » sur ses réseaux sociaux. Et miracle, en scrutant les dates du groupe, on se rendait compte qu’ils passaient un peu partout dans les mois à venir. Très bien vu !

La salle (Die Kantine) est spacieuse, mais nous sommes quand même très serrés. Pour pallier à ça, et sans que je comprenne d’où il vient, un air frais arrive sur le public. Plutôt agréable ! C’est une salle aux activités diverses (discothèque, événements culturels en général, …), et aux très beaux extérieurs, dans un style industriel. Gros bémol : les consommations sont très chères ! Comptez 4,50 euros la bière, caution comprise. Autant dire qu’on n’est pas ressortis saouls.

The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles
Le groupe sur la scène de "Die Kantine"

Mais, après ce petit tour du propriétaire, venons-en au cœur du sujet ! The Hu me laisse un goût bizarre, paradoxal. Un sentiment plutôt désagréable d’inachevé …

Un show en demi teinte

Globalement, et pour ne rien vous cacher, le show manque de puissance ! On pourrait dire que c’est la faute du style, je pense plutôt que c’est le choix du groupe d’enchaîner quatre morceaux très calmes qui laisse à désirer … Le public était malgré tout survolté et l’ambiance très bonne.

On n’entendait pas assez les instruments traditionnels mongols (morin khuur, tovshuur et tumur khuur). Décevant, vu que c’est la marque de fabrique du groupe. Au contraire, en termes scéniques, ils étaient trop mis en avant (RIP le bassiste et le guitariste tapis dans l’ombre toute la durée du concert). Je m’attendais à un groupe ultra soudé, et finalement, j’ai cherché l’interaction comme un GPS cherche la bonne adresse. Par contre, le chant diphonique reste impressionnant et prenant !

En résumé, le concept est excellent, mais mériterait d’être davantage poussé, par exemple via la mise en avant des percussions traditionnelles, ou encore via des décors de scène (il n’y en avait pour ainsi dire pas). Ma crainte principale concernant The Hu est que le public se détourne d’une musique qui pourrait devenir lassante. L’avenir nous dira si le groupe parvient à solidifier sa fanbase tout en renouvelant sa musique.

The Hu m’a malgré tout embarquée dans un voyage, mais un voyage un peu bancal …

Valentine Cordier

The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Premier Damned Soul Fest de ma vie. Ce petit festival à la (déjà) grande réputation m’intrigue, et je décide donc de m’aventurer dans le magnifique petit village de Bomal sur Ourthe. A mon arrivée, le froid est déjà perçant. Une petite bière pour réchauffer tout ça, et c’est parti ! Je découvre la salle, minuscule mais très chaleureuse et accueillante, avec son côté « underground ». Qui dit petite salle, dit public serré. Mais pas ici ! Malgré la fréquentation importante, nous ne sommes pas les uns sur les autres.

A l’affiche, des groupes belges, mais pas seulement : Luxembourg, France ou encore Pays-Bas, les pays limitrophes sont fièrement représentés. Une diversité qui me plaît. Il y a une diversité de styles aussi : death, hardcore, rock n’roll, ou encore symphonique. Je ne connaissais que trois groupes de l’affiche. Tant mieux, j’aime les découvertes.

Je commence avec Dirty Wolfgang. Première fois que je les vois en live. Récemment, c’est un nouveau batteur qui a rejoint les rangs des « fils de pute » au rock dur version « loud ». La bande offre un set carré et énergique, mais assez peu naturel. Malgré la qualité des enchaînements, on sent que les trois musiciens doivent encore jouer ensemble avant d’acquérir une réelle cohésion. Mais mises à part les petites erreurs rythmiques, c’est prometteur ! Les influences du groupe sont multiples, mais Dirty Wolfgang arrive à les fusionner en un style propre, puissant, et crade à la fois. Bref, on aime !

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique
Les "fils de pute", comme ils s'appellent
Damned Soul Fest III : une affiche éclectique
Nico Mike D. , nouveau batteur de Dirty Wolfgang

Anwynn enchaîne. Première fois que je revois le groupe  depuis que Kelly Thans de Pandora’s Key remplace « Bouc » au growl. C’était justement ce mélange de voix que j’aimais. Je suis donc sceptique. Mais je me rends vite compte que mes doutes étaient infondés, tant l’alchimie entre Kelly et Eline est intense ! Le mélange marche parfaitement bien. Par contre, toujours au niveau des voix, je ne change pas d’avis sur la voix d’Eline au fil des ans : ses notes méritent d’être mieux « posées ». Quant au reste de la bande, c’est toujours aussi bon et précis ! Peut être un petit regret : le set perd en constance et en énergie à sa deuxième moitié.

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique
Anwynn

Ma découverte de cette édition

C’est devant Dysrancor que je prends une claque monumentale. J’avais déjà entendu parler d’eux, mais je ne m’attendais pas à ce que mes yeux soient scotchés à la scène de A à Z. Je suis plutôt du genre distraite. Donc, si le groupe qui joue ne me transporte pas, je décroche et ne raccroche jamais. Ce n’est pas le cas avec Dysrancor ! Pas grand chose à redire de leur set, plus que maîtrisé. Avec une bonne interaction entre musiciens et une énergie débordante, le groupe propose un mélange très original et convaincant de brutal death et de black sympho. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne !

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Je n’ai qu’un regret : ne pas avoir pu assister au concert des Français de Fractal Universe, qui a bénéficié de très bons échos. Globalement, le son et les lights étaient très bons. Et les prix des boissons et snacks, plus que raisonnables. En résumé, une troisième édition réussie ! Au total, ce sont près de 500 personnes qui ont fait le déplacement cette année.

Pour finir sur un mot de Matthieu Addonisio, l’organisateur : « Mes attentes sont comblées, et au niveau financier, c’est une édition plus que réussie ». Il faudra encore attendre quelques semaines pour savoir si une nouvelle édition aura lieu en 2021. Mais nous, on l’espère !

Valentine Cordier


Ategnatos European Tour

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Le 10 novembre 2019 : Ategnatos European Tour @ Trix avec Infected Rain, Lacuna Coil et Eluveitie

 

C’était un week-end productif ! Après deux soirées intenses passées au Birthdeath à Tohogne, puis au Blood Upon The Castle à Anthisnes, il est temps de repartir à l’autre bout de la Belgique pour une date très attendue au Trix. Ce soir, ce sont trois emblèmes de la scène actuelle qui se donnent la réplique à guichet fermé. Bien que très différents dans leur style respectif, en s’unissant de la sorte, ces trois groupes nous offrent un line-up idéal.

Une fois n’est pas coutume, en tout cas je n’avais personnellement jamais vu ça au Trix, l’entrée est compliquée. Les portes ouvrent à 18h30 et le premier groupe commence à 18h45… Mais, à 18h20, la file est conséquente devant la salle et on se dit qu’on n’entrera jamais à temps. Mais tout est bien qui finit bien, je parviens à atteindre le pit pendant le premier morceau d’Infected Rain.

Infected Rain, donc, ouvre le bal en présentant principalement son nouvel album, « Endorphin », avec des titres tels que « Passerby », « Black Gold », « The Earth Mantra » ou encore « Lure ». On aura également droit à d’anciens morceaux comme « Mold » ou « Orphan Soul ». Quoi qu’il en soit, les fans du groupe sont présents, ils scandent chaque refrain et ne se font pas prier pour bouger. Le set est relativement court, mais de bonne qualité. Où qu’ils soient, ces Moldaves savent définitivement mettre l’ambiance !

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Le changement de plateau est assez rapide et c’est au tour de Lacuna Coil de posséder la scène. Si Lena d’Infected Rain a un certain pouvoir d’attraction, Cristina Scabbia n’a rien à lui envier ! Cette dernière, embrasée par la musique, est hypnotisante. Même si ses acolytes se défendent bien avec leurs maquillages de clowns glauques, il est très difficile de se concentrer sur quelqu’un d’autre qu’elle. Bref, dès le premier morceau le ton est donné : la présence, l’énergie, les chansons, tout est prévu pour passer un super moment. La setlist est bien équilibrée, bien que les Italiens fassent la promotion de leur dernier opus « Black Anima » duquel ils présentent « Layers Of Time », « Reckless », « Sword Of Anger » et le superbe « Veneficum ». Bien sûr, les hits du groupe ne sont pas délaissés et nous avons droit à « Our Truth », « Heaven’s A Lie », « The House Of Shame », leur reprise emblématique de Depeche Mode « Enjoy The Silence », ainsi que « Nothing Stands On Our Way » pour terminer le set en beauté et quitter le public conquis avec un message d’espoir. Pour moi, c’était LA performance de la soirée !

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Place ensuite aux Suisses d’Eluveitie qui sont chargés de couronner la soirée avec leur folk endiablé. Le concert commence sur une touche originale avec une simulation de célébration celtique où trois membres du groupe vêtus de blanc psalmodient à l’avant de la scène tandis que d’autres jouent des percussions en ombres chinoises, placés derrière un drap blanc. Après ce démarrage mystique tout en douceur, c’est la déferlante avec l’enchaînement de « Ategnatos » et « King ». Heureusement que ces morceaux sont longs, cela permet aux photographes présents en nombre de capter au maximum ce qui se passe sur scène. En effet, les musiciens sont nombreux et remuants et personnellement, je ne sais pas trop où donner de la tête. Je suis un peu déçue, ensuite, quand Chrigel annonce « The Call Of The Mountains » et laisse le choix de la version au public. Ce sera donc « De Ruef Vo De Bärge »… Soit, le show est très bon, le groupe joue bien, les chanteurs sont en voix et souriants, rien n’est à signaler en terme de qualité. Aussi, l’ambiance est très bonne côté public : ça se pousse et ça surfe dans la joie et la bonne humeur. Pour ma part, j’ai du mal à entrer dans la danse, même si j’adore Eluveitie et que je suis contente d’entendre quelques-uns de mes morceaux préférés (« A Rose For Epona », « Ambiramus », « Helvetios » ou encore « Rebirth »), les parties ultra folk et/ou acoustiques m’ennuient et j’ose trouver le concert très long. Enfin, après près d’une heure et demie de concert, les Suisses clôturent la soirée sous une ovation avec leur hymne « Inis Mona ».

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Après tout ça, c’est l’heure de débriefer au bar et éventuellement d’aller faire un coucou aux gars d’Infected Rain qui ne sont jamais avares de contact avec leurs fans. On conclut donc une chouette soirée avec quelques bières et un ou deux selfies !