Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Premier Damned Soul Fest de ma vie. Ce petit festival à la (déjà) grande réputation m’intrigue, et je décide donc de m’aventurer dans le magnifique petit village de Bomal sur Ourthe. A mon arrivée, le froid est déjà perçant. Une petite bière pour réchauffer tout ça, et c’est parti ! Je découvre la salle, minuscule mais très chaleureuse et accueillante, avec son côté « underground ». Qui dit petite salle, dit public serré. Mais pas ici ! Malgré la fréquentation importante, nous ne sommes pas les uns sur les autres.

A l’affiche, des groupes belges, mais pas seulement : Luxembourg, France ou encore Pays-Bas, les pays limitrophes sont fièrement représentés. Une diversité qui me plaît. Il y a une diversité de styles aussi : death, hardcore, rock n’roll, ou encore symphonique. Je ne connaissais que trois groupes de l’affiche. Tant mieux, j’aime les découvertes.

Je commence avec Dirty Wolfgang. Première fois que je les vois en live. Récemment, c’est un nouveau batteur qui a rejoint les rangs des « fils de pute » au rock dur version « loud ». La bande offre un set carré et énergique, mais assez peu naturel. Malgré la qualité des enchaînements, on sent que les trois musiciens doivent encore jouer ensemble avant d’acquérir une réelle cohésion. Mais mises à part les petites erreurs rythmiques, c’est prometteur ! Les influences du groupe sont multiples, mais Dirty Wolfgang arrive à les fusionner en un style propre, puissant, et crade à la fois. Bref, on aime !

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique
Les "fils de pute", comme ils s'appellent
Damned Soul Fest III : une affiche éclectique
Nico Mike D. , nouveau batteur de Dirty Wolfgang

Anwynn enchaîne. Première fois que je revois le groupe  depuis que Kelly Thans de Pandora’s Key remplace « Bouc » au growl. C’était justement ce mélange de voix que j’aimais. Je suis donc sceptique. Mais je me rends vite compte que mes doutes étaient infondés, tant l’alchimie entre Kelly et Eline est intense ! Le mélange marche parfaitement bien. Par contre, toujours au niveau des voix, je ne change pas d’avis sur la voix d’Eline au fil des ans : ses notes méritent d’être mieux « posées ». Quant au reste de la bande, c’est toujours aussi bon et précis ! Peut être un petit regret : le set perd en constance et en énergie à sa deuxième moitié.

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique
Anwynn

Ma découverte de cette édition

C’est devant Dysrancor que je prends une claque monumentale. J’avais déjà entendu parler d’eux, mais je ne m’attendais pas à ce que mes yeux soient scotchés à la scène de A à Z. Je suis plutôt du genre distraite. Donc, si le groupe qui joue ne me transporte pas, je décroche et ne raccroche jamais. Ce n’est pas le cas avec Dysrancor ! Pas grand chose à redire de leur set, plus que maîtrisé. Avec une bonne interaction entre musiciens et une énergie débordante, le groupe propose un mélange très original et convaincant de brutal death et de black sympho. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne !

Damned Soul Fest III : une affiche éclectique

Je n’ai qu’un regret : ne pas avoir pu assister au concert des Français de Fractal Universe, qui a bénéficié de très bons échos. Globalement, le son et les lights étaient très bons. Et les prix des boissons et snacks, plus que raisonnables. En résumé, une troisième édition réussie ! Au total, ce sont près de 500 personnes qui ont fait le déplacement cette année.

Pour finir sur un mot de Matthieu Addonisio, l’organisateur : « Mes attentes sont comblées, et au niveau financier, c’est une édition plus que réussie ». Il faudra encore attendre quelques semaines pour savoir si une nouvelle édition aura lieu en 2021. Mais nous, on l’espère !

Valentine Cordier


Ategnatos European Tour

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Le 10 novembre 2019 : Ategnatos European Tour @ Trix avec Infected Rain, Lacuna Coil et Eluveitie

 

C’était un week-end productif ! Après deux soirées intenses passées au Birthdeath à Tohogne, puis au Blood Upon The Castle à Anthisnes, il est temps de repartir à l’autre bout de la Belgique pour une date très attendue au Trix. Ce soir, ce sont trois emblèmes de la scène actuelle qui se donnent la réplique à guichet fermé. Bien que très différents dans leur style respectif, en s’unissant de la sorte, ces trois groupes nous offrent un line-up idéal.

Une fois n’est pas coutume, en tout cas je n’avais personnellement jamais vu ça au Trix, l’entrée est compliquée. Les portes ouvrent à 18h30 et le premier groupe commence à 18h45… Mais, à 18h20, la file est conséquente devant la salle et on se dit qu’on n’entrera jamais à temps. Mais tout est bien qui finit bien, je parviens à atteindre le pit pendant le premier morceau d’Infected Rain.

Infected Rain, donc, ouvre le bal en présentant principalement son nouvel album, « Endorphin », avec des titres tels que « Passerby », « Black Gold », « The Earth Mantra » ou encore « Lure ». On aura également droit à d’anciens morceaux comme « Mold » ou « Orphan Soul ». Quoi qu’il en soit, les fans du groupe sont présents, ils scandent chaque refrain et ne se font pas prier pour bouger. Le set est relativement court, mais de bonne qualité. Où qu’ils soient, ces Moldaves savent définitivement mettre l’ambiance !

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Le changement de plateau est assez rapide et c’est au tour de Lacuna Coil de posséder la scène. Si Lena d’Infected Rain a un certain pouvoir d’attraction, Cristina Scabbia n’a rien à lui envier ! Cette dernière, embrasée par la musique, est hypnotisante. Même si ses acolytes se défendent bien avec leurs maquillages de clowns glauques, il est très difficile de se concentrer sur quelqu’un d’autre qu’elle. Bref, dès le premier morceau le ton est donné : la présence, l’énergie, les chansons, tout est prévu pour passer un super moment. La setlist est bien équilibrée, bien que les Italiens fassent la promotion de leur dernier opus « Black Anima » duquel ils présentent « Layers Of Time », « Reckless », « Sword Of Anger » et le superbe « Veneficum ». Bien sûr, les hits du groupe ne sont pas délaissés et nous avons droit à « Our Truth », « Heaven’s A Lie », « The House Of Shame », leur reprise emblématique de Depeche Mode « Enjoy The Silence », ainsi que « Nothing Stands On Our Way » pour terminer le set en beauté et quitter le public conquis avec un message d’espoir. Pour moi, c’était LA performance de la soirée !

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Place ensuite aux Suisses d’Eluveitie qui sont chargés de couronner la soirée avec leur folk endiablé. Le concert commence sur une touche originale avec une simulation de célébration celtique où trois membres du groupe vêtus de blanc psalmodient à l’avant de la scène tandis que d’autres jouent des percussions en ombres chinoises, placés derrière un drap blanc. Après ce démarrage mystique tout en douceur, c’est la déferlante avec l’enchaînement de « Ategnatos » et « King ». Heureusement que ces morceaux sont longs, cela permet aux photographes présents en nombre de capter au maximum ce qui se passe sur scène. En effet, les musiciens sont nombreux et remuants et personnellement, je ne sais pas trop où donner de la tête. Je suis un peu déçue, ensuite, quand Chrigel annonce « The Call Of The Mountains » et laisse le choix de la version au public. Ce sera donc « De Ruef Vo De Bärge »… Soit, le show est très bon, le groupe joue bien, les chanteurs sont en voix et souriants, rien n’est à signaler en terme de qualité. Aussi, l’ambiance est très bonne côté public : ça se pousse et ça surfe dans la joie et la bonne humeur. Pour ma part, j’ai du mal à entrer dans la danse, même si j’adore Eluveitie et que je suis contente d’entendre quelques-uns de mes morceaux préférés (« A Rose For Epona », « Ambiramus », « Helvetios » ou encore « Rebirth »), les parties ultra folk et/ou acoustiques m’ennuient et j’ose trouver le concert très long. Enfin, après près d’une heure et demie de concert, les Suisses clôturent la soirée sous une ovation avec leur hymne « Inis Mona ».

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Après tout ça, c’est l’heure de débriefer au bar et éventuellement d’aller faire un coucou aux gars d’Infected Rain qui ne sont jamais avares de contact avec leurs fans. On conclut donc une chouette soirée avec quelques bières et un ou deux selfies !


Report Night Fest X - bandeau

Night Fest Metal X: Let there be black !

« Let there be black (& blood) » ! Cela résume pas mal la dixième édition du Night Fest qui s’est déroulée samedi 19 octobre à Arlon. Organisé par l’ASBL Cronos et le Durbuy Rock Festival, on peut dire que l’événement fut une belle réussite vu le nombre de spectateurs s’étant déplacés pour l’occasion.

L’affiche de cette édition était plutôt variée. Du doom/sludge au black metal en passant par une version plus « folk » ou « atmosphérique » de black metal, on peut affirmer qu’il y en avait pour tous les goûts. De manière générale, les échos du public récoltés sur place étaient plutôt bons.

Lethvm a ouvert les hostilités et nous a livré une super performance, riche en émotions notamment grâce à leur frontman, Vincent, qui incarne et vit ses chansons au maximum. Si vous ne les connaissez pas encore, c’est le moment d’aller les découvrir avec leur tout nouvel album, Acedia.

Report Night Fest X - Lethvm

© Photo tous droits réservés à LauPi Photo

Wyatt E., c’est malheureusement le groupe qui m’a le moins plu. Bien qu’excellent dans son genre, je n’ai pas été conquise par le groupe. Je vous recommande tout de même d’aller les écouter, car cela pourrait constituer une belle découverte, comme pour beaucoup de spectateurs du Night Fest X. Je vous propose leur dernière sortie Exile To Beyn Neharot (2017).

Report Night Fest X - Wyatt E.

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D’un point de vue personnel, 1914 a été une belle découverte. Un groupe ukrainien qui nous propose un univers lié à la Première Guerre Mondiale sur fond de « blackened sludge death/doom metal » (selon leur page Facebook). Le chanteur incarnait réellement sa musique et exprimait de manière plutôt fidèle le traumatisme de cette période de notre histoire. Les musiciens nous ont tout droit emmenés en 1914 avec leurs costumes de soldats ainsi qu’un pied de micro fabriqué à partir d’une arme d’époque. Je vous recommande vraiment d’aller jeter une oreille attentive à leur groupe et leur album The Blind Leading The Blind (2018).

Report Night Fest X - 1914

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Les Allemands d’Ultha nous ont donné un chouette concert qui ne m’a cependant pas transcendée, mais comme vous le savez les conditions live sont différentes de l’album studio. Je vous recommande tout de même de les découvrir via leur album The Inextricable Wandering, album qui m’a beaucoup plu. Notez également qu’ils ont sorti un EP nommé Belong. Cela vous permettra de forger votre propre opinion sur le groupe.

Report Night Fest X - Ultha

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Ensuite, c’est Imperium Dekadenz qui a foulé les planches de l’Entrepôt d’Arlon. J’ai adoré leur dernier album When We Are Forgotten. La performance live m’a plu tout en étant, à mon goût, fort différente du rendu de l’album. Je dirais que la version live est plus brute. Selon moi, l’album donne accès à une dimension supplémentaire. Cela peut s’expliquer par le fait que derrière Imperium Dekadenz se cache le duo Vespasian et Horaz pour les albums studio et ils sont rejoints par d’autres musiciens en live. Bien que différentes, les deux expériences valent la peine d’être vécues. Restez attentifs si vous aimez ce groupe, car une interview réalisée lors de l’événement sera très prochainement publiée sur notre site internet.

Report Night Fest X - Imperium Dekadenz

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Nous sommes ensuite passés du côté « folk » ou « pagan » de la force avec tout d’abord Winterfylleth qui a su conquérir la foule avec ses chansons. Je vous recommande leur album The Hallowing Of Heirdoom (2018) que j’apprécie particulièrement.

Report Night Fest X - Winterfylleth

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Saor nous a ensorcelés avec son black atmosphérique à tendance folk/pagan. Bien que j’aie apprécié le live dans son ensemble, j’ai trouvé que les voix et le violon ne ressortaient pas suffisamment du mix. Selon moi, on perdait une partie de la subtilité de la musique, plutôt riche, que le groupe propose. Si vous êtes avides de découverte, vous pouvez aller écouter leur dernier album Forgotten Paths sorti cette année.

Report Night Fest X - Saor

© Photo tous droits réservés à LauPi Photo

La soirée s’est clôturée avec le groupe Endstille. La performance live du groupe ne m’a pas conquise, contrairement aux versions albums que j’aime beaucoup. Selon les divers retours que j’ai eus, Endstille n’a pas livré une performance remarquable aux yeux du public. Peut-être se faisait-il un peu tard pour tout le monde et que l’alcool avait un peu trop coulé à flots ? Malgré cela, Endstille est un groupe qui vaut la peine d’être entendu et je vous propose donc d’écouter leur album Kapitulation (2013) afin de vous faire une idée.

Report Night Fest X - Endstille

© Photo tous droits réservés à LauPi Photo

Concernant l’organisation, je tiens à remercier personnellement l’ASBL Cronos et l’équipe du Durbuy Rock pour l’accueil qu’ils m’ont réservé ainsi que pour la qualité de ces concerts. Même en matière de boissons, il y en avait pour tous les palais et ils proposaient un choix de bières assez varié pour les amateurs de bonnes mousses. Niveau nourriture, là encore, l’organisation a voulu faire en sorte de contenter son public en proposant des paninis et croques-monsieurs (dont une version végétarienne) faits maison et cuits sur place. En matière de tarifs, je pense qu’on peut dire que l’ensemble était relativement raisonnable. Encore merci à eux de faire vivre la scène et de nous proposer de chouettes concerts du genre.


Vous voulez en savoir plus sur les organisateurs de cet événement ?


Oug'Rock

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Bien que l’Oug’Rock en est à sa treizième édition cette année, c’est la première fois que je m’y rends. Ce petit festival organisé au Centre Culturel de Seraing se déroule sur deux jours et, fait rare de nos jours, il est gratuit !

Le samedi 14 septembre, deuxième jour de festival, c’est le black metal de Sercati (lire leur interview ici) qui est chargé de réveiller les troupes. Malheureusement, je manquerai leur prestation, mais les échos à leur égard sont positifs. Je commence donc l’après-midi avec un autre groupe de black : Absolutus. Les Liégeois imposent directement une ambiance sombre avec des compositions plutôt riches. Cependant, les musiciens semblent réservés sur scène, même si le chanteur principal a tout de même fait une ou deux blagues entre les morceaux. D’ailleurs, l’échange de rôles entre celui-ci et l’un des guitaristes est assez intéressant.

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Sachant que l’été touche à sa fin, c’est un peu difficile de quitter la chaleur de ce soleil radieux pour aller écouter Ilydaen. Néanmoins, l’effort est bénéfique, car c’est une perle qui se produit devant nous. Leur musique, partiellement instrumentale, est originale, fouillée et superbement atmosphérique. Ayant à peine découvert ce groupe, Liégeois également, je suis un peu triste d’apprendre que c’est leur dernier concert avant un long moment !

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Si vous ne saviez pas que Black Bleeding jouait ensuite, c’est que vous êtes probablement sourd, parce que quelques secondes avant le début du show l’inénarrable Balmuzette sort en trombe de la salle, muni d’une cloche et simplement vêtu d’un short, pour donner l’alerte. S’ensuit alors une déferlante de riffs, de blasts et de braillements. Si l’on n’y est pas habitué, ce cocktail explosif peut surprendre. Ennemis de l’humour douteux : fuyez ! Malheureusement, pour des raisons médicales, le bassiste ne peut être présent de corps, mais ses collègues ont veillé à sa présence par écran interposé.

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Après ce set flirtant avec l’absurde, on revient à quelque chose de plus sérieux en matière de death metal avec les Français de Balance Of Terror. J’avais découvert ce groupe en 2018, lors du Dreamer Fest à Saint-Omer et j’avais adoré. Mon ressenti est similaire ce soir. Leur son est puissant, leurs riffs agressifs et précis et l’énergie des musiciens est communicative.

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

C’est une tout autre ambiance qui s’installe avec Der Rote Milan. Les Allemands nous emmènent dans les profondeurs avec leur black metal ambiant. C’est puissant mais sombre, lancinant, presque angoissant. La pénombre et la fumée accentuent cet effet.

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Place à une démonstration de death technique à l’ancienne ensuite avec Pestifer qui présente son nouvel album, « Expanding Oblivion », dans son intégralité. Quelle bonne énergie : les musiciens headbanguent dans tous les sens au son des riffs d’une précision presque chirurgicale. Les nouveaux morceaux sont puissants et efficaces, les derniers Liégeois de la soirée nous offrent une superbe prestation. Il n’y a pas encore de date de sortie officielle pour ce nouvel opus, mais j’ai hâte !

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Je trouvais Der Rote Milan dark, mais Cirith Gorgor monte le niveau de quelques crans : maquillage, encens, autel satanique, crânes d’animaux, sang…  Les Hollandais sont à fond dans leur concept. Mais la musique n’en est pas moins mauvaise, que du contraire ! Je suis complètement transportée par leur musique et ne peux détacher mon regard de la prestation. Envoûtant !

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Vous l’aurez compris, le bilan est encore très positif pour cet événement ! Selon moi, le son était très bon et je n’ai rien à redire concernant les lumières. L’ambiance était super et ça m’a fait vraiment plaisir de voir plein de petits potes, ainsi que de rencontrer de nouvelles personnes. J’adore ce genre de festivals ! Bravo à l’Oug’Rock auquel je souhaite encore de bien belles prochaines éditions !


Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Depuis la fermeture du Cercle à Chapelle-lez-Herlaimont, il faut reconnaître que cela faisait un moment que nous n’avions pas profité d’une grosse affiche en terres wallonnes. Ce soir, ce sont des pointures du death metal qui s’apprêtent à faire trembler les murs du Lotto Mons Expo, disposé en petit club pouvant accueillir plus ou moins 300 personnes. L’endroit est cosy, l’accueil par le staff est ultra sympathique, tant à l’entrée qu’au bar.

On ne commence pas la soirée dans la finesse, même si les Suisses d’Omophagia sont fringués comme des gentlemen. Les riffs sont précis, acérés, comme le regard du chanteur qui pourrait nous sauter dessus à tout moment pour nous bouffer. Le groupe vient de sortir un nouvel album, « 646965 », et leur court set leur permet d’en présenter quelques morceaux.

Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Et on ne s’arrête pas en si bon chemin avec les Américains de Vitriol, déterminés à nous coller une tarte monumentale en pleine figure. Mais quelle violence ! Les guitares sont d’une agressivité sans pareille et même si le batteur pourrait passer entre une affiche et un mur sans la décoller, ses blasts sont absolument monstrueux. On apprécie aussi le duo de voix qui apporte de la variété au set.

Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

On accueille à présent un monument du death metal, Hate Eternal, mené par le charismatique Erik Rutan. Le trio balaie la discographie du groupe une heure durant et joue avec une précision rare pour du live. Le public semble ravi. Cependant, la prestation me paraît froide, la communication entre les musiciens étant inexistante. C’est très étrange à observer, d’autant plus qu’il y a très peu de mouvement sur scène. Aussi, le son d’une seule guitare me paraît peu. Enfin, le plus important est que les fans présents aient passé un bon moment à proximité du groupe.

Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Le temps passe toujours trop vite quand on s’amuse ! En effet, c’est déjà l’heure de la tête d’affiche, incarnée ce soir par Nile et ses ambiances égyptisantes. Mais pas question de danse du ventre ici, c’est plutôt le moment de la bousculade en cadence. L’équilibre entre l’agressivité et les mélodies est parfait et une belle ambiance se dégage de la musique. J’aime aussi beaucoup la répartition des voix entre les deux guitaristes et le bassiste. Même si le groupe propose une setlist variée, permettant de balayer sa discographie conséquente, l’accent est naturellement mis sur la présentation du nouvel album à paraître en novembre : « Vile Nilotic Rites ».

Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Personnellement, j’ai passé une très bonne soirée. Le seul point négatif que je relève est l’accès un peu sportif au photopit qui consistait à devoir se faufiler entre les barrières de sécurité. Autrement, les avis divergent beaucoup quant à la qualité du son, certains parlant même de gâchis… Problème technique ? Plafond trop haut ? Le mystère reste entier.


Un dimanche à Lokeren : le Metaldag des Lokerse Feesten

Un dimanche à Lokeren : le Metaldag des Lokerse Feesten

Je suis heureuse de retourner au « Metaldag » des Lokerse Feesten pour la troisième année consécutive. La programmation me semble plutôt soft cette année, mais avec une météo radieuse et de la bonne compagnie, c’est bien assez pour passer un très bon moment.

Les festivités débutent en fin d’après-midi avec les Belges de Brutus et leur rock agressif. Ce trio en pleine ascension est mené par une chanteuse, Stefanie, qui officie également à la batterie. Ce n’est pas commun, mais en la voyant, je ne peux m’empêcher de penser à Jen Ledger du groupe Skillet qui tient les mêmes rôles au sein de celui-ci. Concernant Brutus, leur son est très bon et l’ensemble du set se révèle énergique et puissant. Même si les morceaux me semblent parfois redondants, cela reste malgré tout une chouette découverte.

Je suis ensuite un peu sceptique en voyant les musiciens de Zeal & Ardor prendre place sur scène, l’air si grave. J’ai beaucoup entendu parler d’eux, mais je ne sais absolument pas à quoi m’attendre. Mais quand les trois chanteurs font résonner leurs voix, la magie opère immédiatement et je comprends leur succès. En effet, j’ai l’impression que de tout ce qui se fait sur la scène metal, Zeal & Ardor apporte réellement quelque chose d’inédit. Ces chœurs sombres, profondément imprégnés de blues, sur une trame de fond atmosphérique qui flirte avec le black… C’est le frisson assuré !

Après cette performance un peu hors du temps, on passe en terrain connu avec Life Of Agony et l’inénarrable Mina Caputo au chant. Aujourd’hui, bien qu’elle communique à merveille avec le public au fil des morceaux, elle se montre plutôt sage entre ceux-ci, laissant le rôle d’animateur au guitariste. Quoiqu’il en soit, même si l’on a déjà vu des shows explosifs, le set est propre et ne manque pas de punch.

Place à Alestorm pour poursuivre, que l’on a également connus plus remuants. Idem côté public, un peu plus timide que d’habitude. Leur concept s’essoufflerait-il ? Qu’à cela ne tienne, c’est toujours fun d’entendre leurs tubes en buvant des bières.

Voici maintenant Europe, ces papys du rock qui, pour la majorité des gens, n’ont fait qu’un tube. Ils ont pourtant une belle discographie à leur actif qu’ils ne manquent pas de brasser tout au long de leur set hyper énergique. Le chanteur, Joey Tempest,  est particulièrement en forme et ne manque pas d’occuper l’espace en démontrant sa souplesse et en faisant tournoyer son pied de micro à tout va. Il faudra patienter une dizaine de titres pour arriver au moment probablement le plus attendu de la soirée… Je parle bien sûr de « The Final Countdown » dont l’intro incomparable fait hurler l’assemblée toute entière. Cet instant fédérateur clôture parfaitement le concert des Suédois.

Nous restons dans le passé pour le grand final de ce « Metaldag » en compagnie des légendaires Scorpions. Le groupe enchaîne les tournées d’adieux depuis presque dix ans maintenant et le concept fonctionne à merveille. Cependant, même si c’est toujours un plaisir de les voir et d’écouter leurs plus grands hits en live, je me dis qu’il est peut-être temps pour Klaus Meine de prendre sa retraite. En effet, même si les musiciens se montrent toujours en pleine forme, le chanteur, lui, semble fatigué : il ne bouge presque pas sur scène, sa voix est faible et parfois fausse. J’ai trouvé ça triste, en fait. Hormis ce constat, j’ai tout de même passé un bon moment et ai fait le plein d’émotions.

Finalement, alors que la plaine du festival se vide en grande majorité, il est tout de même possible de prolonger un peu la fête en compagnie des DJ’s Goe Vur In Den Otto qui diffusent nos chansons préférées, tous styles et toutes époques confondues jusqu’à ce que la pluie nous rappelle à l’ordre.

Que dire de plus si ce n’est que le bilan de ce jour de fête était une fois encore très positif ? Affiche sympa, bon son, bonne ambiance et bons potes. Les éternels bémols se situent du côté du bar : les boissons sont toujours trop chères (mais on picole quand même) et il n’y a pas toujours pas de gobelets réutilisables. Ah oui ! J’oubliais presque : s’il n’y a pas de photos de Scorpions, c’est parce qu’il y avait une liste restrictive. Dommage !


Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai

Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai

La dernière fois que j’ai franchi les portes de la prison de l’Alcatraz Festival, c’était en 2015. Ce samedi matin d’août 2019, j’arrive après deux heures de route. Tout a changé. Il y a désormais trois scènes. En quatre ans, tout est devenu plus grand, plus peuplé, plus … cher.

Premier constat : 70 euros la journée. Heureusement que le line-up en vaut la peine.

A l’arrivée, 54 euros pour 20 jetons (une bière coûte un jeton, on ne va pas aller loin), et 15 euros le casier. Mon portefeuille tire déjà la gueule.

Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai

Sanctuary commence sur la main stage. Le son est tellement atroce, qu’au bout de trois minutes, je fuis vers « El Presidio », un grand bar aménagé façon saloon. L’ambiance y est très agréable.

Je me dirige vers Soilwork, n’ayant pas pu les voir lors des Metaldays, en juillet dernier. Et je ne suis pas déçue. Je me retrouve face à des musiciens extrêmement doués. C’est surtout le batteur qui attire mon regard. Bastian Thuusgard n’a que 25 ans lorsqu’il intègre le groupe suédois en 2017. En deux ans, le jeune danois semble avoir trouvé ses marques.

Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai
Soilwork

Prong commence. J’ai bon espoir que le son soit meilleur cette fois. Mais ce n’est pas le cas. Je m’interroge sur la raison d’un tel son. Mais au lieu de m’apitoyer, je fonce voir Black Mirrors sur la scène « La Morgue », petite scène charmante sous chapiteau. Intriguée par l’ « alternative rock shamanic psychedelia » (comme ils se définissent), je suis agréablement surprise devant ce rock dur et mélodique à la fois. Du « rock qui tache » en quelque sorte ! La chanteuse s’agite frénétiquement, comme en transe. Voilà donc d’où vient le terme « shamanic ». Se disant influencée par Janis Joplin, je la comparerais plutôt à une Cherrie Currie, en version moins sage. Ce groupe est une boule d’énergie, et impose son propre style.

Toute cette énergie m’a creusé le ventre. Que vais-je bien pouvoir trouver dans un budget raisonnable ? Trois euros le petit cornet de frites, sept euros les six spare-ribs, huit euros la (petite) pizza. Mon choix se portera donc sur les frites.

Petit tour aux toilettes. Et au risque d’être à contre-courant des commentaires des festivaliers, je les ai trouvées parfaitement propres. Pour m’assurer que ce n’était pas un coup de chance, j’ai tout de même ouvert d’autres portes. Même constat.

Thin Lizzy ne m’intéressant pas du tout, et « La Morgue » étant un lieu très agréable, je m’apprête à découvrir The Spirit. Avec un nom pareil, je m’attends à un groupe de black metal comme les autres. D’autant plus que la formation allemande est très jeune, puisqu’elle n’est active que depuis 2015. Mais dès les premières notes, j’assiste à un mélange très convaincant de blackened death, de doom, voire même de technical. La formation produit plus que du black metal, elle produit une musique sombre, obscure et très mélodique, qui prend aux tripes. Petit bonus pour le jeu de lumières, qui accentue encore davantage le côté sombre de leur musique.

Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai
The Spirit

En direction du concert de Mayhem, une pensée me traverse l’esprit : pourquoi le sol est-il jonché de déchets plastiques et métalliques ? Les poubelles sont rares, mais il y en a quand même. Puis, je me rends compte que malheureusement, en 2019, il y a encore des personnes qui ignorent l’existence des matières biodégradables ou, du moins, des gobelets réutilisables. Je ne peux m’empêcher de comparer cette plaine au sol immaculé des Metaldays

Mais revenons à Mayhem. Le groupe formé en 1984 et à l’histoire sombre que l’on connaît, ne semble pas avoir renouvelé sa musique, malgré le renouvellement fréquent de ses membres. Après trois morceaux, ce black metal « old school » m’ennuie profondément. Il est des projets musicaux qu’il faut avoir le courage d’arrêter lorsque l’inspiration vient à manquer. Direction le bar. Puis direction la main stage.

Avatar est annoncé en grandes pompes par le staff du festival. L’arrivée des membres se fait de manière très théâtrale. Arrivée à la moitié du concert, je comprends que même si la musique du groupe, multi-influencée, ne parvient pas à me convaincre, le show est époustouflant. Les membres du groupe que je définirais de « metal théâtral » ont tous une présence scénique incroyable. Pyrotechnie, feux d’artifice, mises en scène, … C’est un régal pour les yeux.

Encore une fois, c’est le batteur qui me transcende le plus. Son jeu n’est pas incroyablement technique (au sens compliqué du terme), mais ce qu’il le fait, il le fait plus que bien.

Une journée au cœur de l’Alcatraz Festival à Courtrai
Avatar

La journée s’achève sous le signe du doom torturé avec les belges d’Amenra. La foule se presse. L’ambiance sombre est encore accentuée par le fait que le concert se déroule sous chapiteau. Ce concert, c’est ce que l’on pourrait appeler du « grand Amenra ». Des musiciens extrêmement doués, un chanteur à la voix transcendante. Quand le morceau « A solitary reign » retentit, mon ventre se noue, et une larme ruisselle sur ma joue. Et autour de moi, le silence.

Je rentre après avoir passé une très belle journée, avec des découvertes, et le soleil pour compagnie. Mais les points négatifs précédemment cités noircissent le tableau. Des prix élevés, une foule trop nombreuse, un son très mauvais sur la main stage pour les premiers concerts, …

L’Alcatraz Festival se muera-t-il bientôt en nouveau Graspop ? Ou parviendra-t-il à garder son allure de festival « de proximité », en prenant aussi des engagements écologiques ?


Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie

Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie

Chers lecteurs de Metal Overload,

Je vais vous conter mon séjour au cœur de la Slovénie, dans une vallée isolée, j’ai nommé : Tolmin ! C’est là que se déroulent les Metaldays, un festival unique en son genre. Si vous aimez le metal, la bière, le soleil, la nature, l’eau à 10°C et les licornes gonflables, cet article est fait pour vous !

Lundi, notre arrivée est marquée par une longue marche sous un soleil de plomb (qui perdurera tout le séjour). Le camping est immense et espacé, mais ne contient que deux malheureux arbres. On comprend mieux pourquoi les bois alentours sont colonisés par les tentes !
Voyageant avec une autre fille, nous décidons de chercher le camping réservés aux filles. Mais nous nous rendons compte, au bout de quatre demandes de renseignements aux gardes, que ceux-ci ignorent où il se trouve. Ce camping est-il inexistant ? Fatiguées, et accablées par ces 35°C, nous nous résignons à planter notre tente à un endroit au hasard.

A 20h, nous entendons While She Sleeps depuis la rivière Soca, qui longe tout le festival. 23 heures déjà : Arch Enemy retentit. Fan nostalgique de la période où Angela Gossow assurait le chant, le show me laisse une impression d’inachevé. Pas de grande présence scénique, pas de grande interaction. Et dans les yeux des musiciens, nulle trace de plaisir ou d’amusement. Michael Amott surtout, à l’air usé, éteint … tenant péniblement sa guitare. A cela s’ajoutent de nombreuses imprécisions rythmiques. Un peu plus tôt dans la journée, le groupe annulait sa séance de dédicaces aux Metaldays, à la dernière minute et sans une explication.

Le lendemain, je suis réveillée par une chaleur écrasante qui s’immisce doucement dans ma tente, dont j’ai décidé d’orienter l’entrée vers le nord. Tirée du lit (ou plutôt du matelas gonflable) à 7h30, je décide de goûter aux joies de la baignade dans l’eau limpide de la Soca.
Les abords de la rivière font chuter la température. Passer de 36°C à 16°C nous fait le plus grand bien. Je plains sincèrement les personnes vêtues intégralement de noir … L’eau des deux rivières avoisinantes (la Soca et la Tolminka) ne dépassent pas les 10°C. Un peu de courage, et hop, nous voici au milieu de licornes gonflables.

Metaldays

Nous décidons de manger de la pizza. 4€ la part près de la main stage, 8€ la pizza entière près de la deuxième scène. Le choix est vite fait. Cette pizza artisanale nous tiendra fraîches toute la journée.
En milieu d’après-midi, je décide d’assister au concert des compatriotes de Reject the Sickness. Ne connaissant pas du tout la musique du groupe formé en 2010, je m’approche de la scène, un peu hésitante. Mes oreilles repartent plus que satisfaites, nourries d’un son lourd et mélodique aux accents thrash. La voix de Guy Vercruysse me rappelle beaucoup celle de Jean-Philippe Sonnet, chanteur d’Exuviated (encore des belges).

Sur la main stage, la frontwoman d’Infected Rain nous attire instantanément. Le groupe propose un metalcore sans concession et revendicatif, très agréable à écouter.

Suivra à 20 heures le très attendu concert de Rise Of The Northstar. Immédiatement, une violence brutale s’installe, tant sur scène que dans le public. Les français ont réussi à créer une musique à nul autre pareil, avec des codes propres, et cette originalité se ressent aussi dans le show, très prenant.

Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie

Peu après, sans savoir à quoi m’attendre, je me rends au concert d’Architects. Je ne connais pas leur musique, mais tout le monde autour de moi m’a conseillé d’aller les voir. Je m’exécute donc sagement. Après 1h20, le bilan est clair : même si leur musique ne m’a pas attirée, leur show était haut en couleurs à tout point de vue. Bémol : le chanteur est peu charismatique, et on dirait qu’il va cracher un poumon à chaque note. Pourtant amatrice de growl, je me demande pourquoi le groupe n’a pas davantage recours au chant clair, qui ajouterait quelque chose à un style déjà très mélodique mais assez indéfinissable, associant metalcore, post-hardcore et deathcore. Au vu du jeu de lumières impressionnant, pour assister à un concert des anglais, mieux vaut ne pas être épileptique. En résumé, lors de leur concert, c’est tout mon corps qui est pris par les basses et la technicité du batteur.

Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie
Architects sur la main stage

Jour 3 aux Metaldays. Le réveil est rude. Prise d’un mal de nuque terrible (ça m’apprendra à headbanger), je décide d’aller explorer la zone des massages, et découvre avec effroi le prix de l’activité : 15€ les dix minutes, 40€ les trente minutes. A ce prix-là, je préfère encore ne plus headbanger. Même constat pour le tant attendu tournoi de lancer de haches : 12,5€ l’heure.

Je recule et décide de me contenter de repos au soleil. Evidemment, comme 99% des personnes présentes ici, je repartirai avec des coups de soleil. L’après-midi passe à une vitesse phénoménale. Je regarde Kalmah et Kvelertak sur la main stage, et n’en retire rien. Les deux groupes me laissent de marbre. Ils ne sont ni exceptionnels, ni mauvais …

En me plaçant sur l’immense talus bordant la main stage, j’assiste au concert de Rotting Christ dans une autre perspective. Une énergie indescriptible se dégage sur la plaine, dans ce qui se rapproche d’une messe noire. Malgré cet aspect sombre, le chanteur interagit beaucoup avec le public au cours d’un show complet intégrant des effets pyrotechniques. Je n’en attendais pas beaucoup, et je repars en direction de ma tente en ayant pris une claque ! Si, comme certains le pensent, le metal est la musique du diable ; alors Rotting Christ est le diable en personne ! Le concert est déjà fini, et je ne l’ai pas vu passer.

Trente minutes après, je reprends la même place. Enchaîner après une telle ambiance sur un groupe comme Dream Theater peut sembler risqué, voir étrange.
Déjà présents lors de l’édition 2015, les cinq musiciens reviennent en force au cœur de la vallée de Tolmin. Le show débute, et est immédiatement époustouflant, avec des musiciens qui s’amusent visiblement. Le batteur, Mike Mangini, fait sonner et « groover » sa batterie, étant un pilier à part entière d’une musique technique et recherchée. Il convaincra même les plus fervents adeptes de l’ancien batteur, Mike Portnoy.
Dans ce concert, rien de lassant, chaque morceau étant radicalement différent du précédent. Aucun musicien n’est occulté ou mis sur un piédestal.
Quand les premières notes d’ « Illumination Theory » retentissent, mon ventre se soulève, et l’émotion me submerge. Une fine pluie tombe sur des milliers de mains levées, se balançant de gauche à droite, et quelques gouttes, que je le veuille ou non, ruissellent sur mon visage.

On reproche souvent à Dream Theater d’avoir pris « la grosse tête ». Cela ne se voit pas sur scène. Et j’ajouterais que, quand on a atteint un tel niveau d’osmose entre musiciens, et une telle perfection technique, un peu de prétention est pardonnable.

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Jour 4. Aujourd’hui, je suis bien décidée à découvrir de nouveaux groupes. Je m’installe donc confortablement devant la « New Forces stage ».
L’après-midi commence avec les français de Lurking, qui produisent un death metal mélodique puissant et précis. Le groupe plus que prometteur est venu défendre leur premier album, Betrayed. Le groupe à chanteuse et inspiré de l’univers de Lovecraft est parvenu à attirer un certain public, le soleil n’ayant pas empêché les curieux de s’amasser.

Immortal Shadow poursuit avec un blackened death peu convaincant. Le groupe me fait penser à un « Dark Funeral » discount et techniquement inabouti. Je ne chercherai pas à les revoir.
Suivent les Slovènes de Captain Morgan’s Revenge, venus défendre un hard rock mélodique et lourd à l’influence punk très nette. Un concert sans prétention mais convaincant, donc.

Je me déplace vers la main stage pour assister au concert de Bloodshot Dawn, et je ne trouve rien d’exceptionnel. Au bout de 30 minutes pénibles, le groupe laisse l’impression de jouer une musique trop technique pour eux. Même si la deuxième partie du set est un peu plus énergique et mélodique, et que le groupe possède un excellent guitariste soliste, Bloodshot Dawn est un groupe de death comme il en existe des milliers. Un peu plus tard, lorsque je me déplacerai sur la deuxième scène, située au milieu des bois, j’assisterai à un death metal beaucoup plus maîtrisé de la part de Skeletal Remains.

Je sacrifie Soilwork et Hypocrisy, me disant que je pourrai les revoir quand bon me semblera.
Les anglais de Liquid Graveyard, qui suivent Skeletal Remains sur cette même scène, sont bien au point, offrant un death metal progressif carré et mesuré, aux influences grindcore. On voit tout de suite qu’ils savent ce qu’ils font, sans pour autant en faire trop.

Sur la New Forces stage, Swarm of Serpents me transcende avec un black metal maîtrisé, précis et puissant. Je les reverrai avec plaisir.

Arrive le concert tant attendu du mythique Ghaal, avec sa formation, terme qui prend tout son sens, puisque Ghaal se met énormément en avant, laissant ses musiciens (bons par ailleurs) de côté. Ghaals Wyrd offrira finalement un show monolithique et froid, tant au niveau de la musique que de l’interaction avec le public. Une chose effleure mon esprit : le silence quasi-religieux dont fait preuve le public. Comme si cette grande figure du black metal n’avait désormais plus rien à prouver, plus rien à faire, sinon à être écoutée sagement. Je ne suis pas de cet avis : un groupe, un artiste, pour mériter son public, doit chercher à se renouveler, lui prouver qu’il sait qu’il est là et qu’il est reconnaissant de sa présence. En ce 26 juillet 2019, Ghaal semblait fatigué, usé, désabusé. Peut-être en attendais-je trop en me rendant dans les bois ce soir-là …
A ce propos, une déception encore : j’avais comme a priori que voir du black metal dans ce cadre allait ajouter une certaine plus-value. Non seulement il n’en a rien été, mais en plus, les effets lumineux, qui auraient pu (et dû) produire un cadre sombre et intimiste, se sont transformés en effets dignes d’un concert techno, à grands coups de stroboscopes. Mes yeux épuisés m’empêcheront de voir la fin de ce concert que j’attendais tant …

Légèrement fatiguée par la courte nuit que je viens d’affronter, je décide malgré tout de me traîner jusqu’à la main stage, en me disant que le groupe de black metal symphonique qui allait commencer méritait qu’on lui donne sa chance. Je vais nonchalamment chercher un breuvage. Mon dévolu se jette sur un « Sex on the beach ». Je m’assieds assez loin de la scène, quand soudain les premières notes de Winterhorde retentissent. Immédiatement prise aux tripes par l’énergie et le son complexe du groupe, je m’avance. Malgré la trentaine de personnes présentes autour de moi, l’ambiance est au rendez-vous. Le public afflue petit à petit, attiré par le son mélodieux enrichit d’un violon et d’un clavier. Les deux types de voix (claire et growl) rajoutent encore une épaisseur à un son déjà bien riche. Tous les musiciens ont une bonne présence scénique. Je ne vois pas passer la demi-heure. Vous l’aurez compris, Winterhorde n’est pour moi ni plus ni moins que la révélation de cette édition !

Les Metaldays 2019, récit d'un festival unique au cœur de la Slovénie
Winterhorde @Metaldays

En chemin vers la plage, je descends vers la plus petite scène et tombe sur Desdemonia, groupe luxembourgeois de death metal. Avec une musique sans chichis et aux bons riffs, le groupe me semble prometteur !

Korpiklaani ouvre la soirée sur la main stage. Fidèles à eux-mêmes, ils offrent un folk metal amusant mais basique, accessible. L’orage se rapproche et, en plein milieu du concert, c’est le black-out. Le public hurle et réclame le groupe. Le set se termine de manière expéditive, le groupe enchaînant ses morceaux les plus connus.

Dimmu Borgir suit avec vingt minutes de retard. Je dois bien avouer ne pas m’être rendue sur la plaine de la main stage pour y assister, ayant été fortement déçue de leur concert à l’Ancienne Belgique en décembre 2018. Nostalgique de ce que je pourrais appeler le « vieux Dimmu Borgir », c’est-à-dire jusqu’à l’album Abrahadabra (2010), je craignais d’être de nouveau déçue.

Ça y est, le jour du départ a sonné. La pluie se fait de plus en plus forte, comme pour forcer les festivaliers à rentrer chez eux. Mon seul regret est de ne pas avoir vu Alien Weaponry et In The Woods, qui ont tous deux obtenu d’excellents échos.
Mais une chose est sûre : après avoir goûté à l’expérience complète de ce festival, on n’a qu’une envie : y retourner !

Les Metaldays en résumé :

Ce festival pourrait se résumer dans le terme « Vacances metal », alliant nature et musique dans un cadre magnifique. C’est plus qu’un festival, c’est une expérience.
Entendre un groupe alors que tu nages dans une eau d’un bleu limpide est plutôt agréable.
Les alentours proposent de nombreuses activités : kayak, parapente, gorges de Tolmin ou encore la chute « Slap Kojzac » de Kobarid.

De l’eau fraîche est disponible partout au sein du festival, et les sanitaires sont bien plus propres qu’ailleurs. Les stands de fast-food ainsi que les bars affichent des prix très raisonnables, toujours en comparaison avec d’autres festivals.

A propos de l’alternance des groupes sur les trois scènes, une chose me plaît : jamais ne se suivent deux concerts du même genre sur la même scène. Si je devais faire un reproche à la programmation, je dirais que cette année était fortement axée sur le death metal. Avec Testament en tête d’affiche pour 2020, on peut raisonnablement penser que le festival s’apprête à prendre un virage thrash. Le son est excellent sur les trois scènes.

Les Metaldays sont une expérience unique, à vivre au moins une fois dans sa vie. Attention : suite à un projet routier, 2020 sera la dernière édition du festival à Tolmin. Ne reste plus qu’à espérer que ce « metal paradise » ne deviendra pas plus gros en se délocalisant, auquel cas il risquerait de perdre cet aspect intimiste et familial qui fait tout son charme. En effet, il n’est pas rare de voir des enfants, parfois en bas âge, gambader entre les festivaliers.

L’aftermovie, c’est par ici <— !


Hellfest logo festival

Le dossier Hellfest

Après une lutte acharnée en octobre afin d’obtenir des places pour le tant convoité Hellfest, une partie de l’équipe de Metal Overload a également fait une demande d’accréditation qui s’est vue acceptée. C’est ainsi que Délia, Laupi et Guillaume ont pris la route (10h depuis Liège) afin de découvrir l’un des festivals les plus connus d’Europe…

Sommaire :

L’expérience Hellfest vue par Délia

Globalement, mon premier Hellfest s’est bien déroulé, aussi bien en tant que festivalière puisque j’ai quand même pu profiter du festival à ce titre, qu’en tant que reporter. Néanmoins, j’ai quelques petits bémols à souligner. Je vais donc de ce fait scinder mon petit report en deux parties : mon expérience en tant que festivalière et mon expérience en tant que reporter.

Commençons par le côté festivalier. Je vais commencer par énoncer les points positifs et je terminerai par les points négatifs ou des suggestions d’amélioration.

Le décor est effectivement fabuleux, comme un ami me le faisait remarquer c’est un peu le Disneyland des metalleux (ce qui n’est pas ce que tout le monde recherche en festival). J’en ai pris plein les yeux dès le rond-point avec la guitare géante. Et quelle surprise dans le Hell City Square. Tout est thématisé autour de l’univers metal et je me sentais par moment transportée dans le jeu vidéo Brütal Legend, pour ceux qui connaissent. Au niveau du décorum, il n’y a rien à dire.

La deuxième pépite pour moi, c’était l’extrême market qui ne consistait pas uniquement en des échoppes où on vend deux trois conneries liées de près ou de loin à l’univers metal. Je retiens notamment les stands des Acteurs de l’Ombre et d’Antiq, qui sont des plus petits labels et qui proposent du merch de groupes de qualité à prix abordable. Je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site internet. Donc, un point pour la variété du shopping au Hellfest.

Concernant la nourriture et les boissons. Les boissons n’étaient pas vraiment au top et pas hyper abordables. En tant que bonne Belge, impossible de boire de la Kro, je ne voulais pas risquer de mourir (c’est de l’humour). Cependant, j’ai adoré le bar à Muscadet. Au niveau de la nourriture, c’est le paradis : il y en a pour tous les goûts. C’est cher, mais c’est partout pareil et ici la bouffe est excellente donc on n’a pas trop à redire là-dessus.

La programmation, il y avait du choix, un peu trop même, car certains concerts se donnaient en même temps que d’autres. Je pense notamment à la journée de dimanche où j’ai eu beaucoup de conflits horaires. Le son, en revanche, n’était pas toujours de très bonne qualité, je pense notamment à certains groupes jouant plus dans les basses en albums qui se sont retrouvés avec un son trop aigu. Dans l’ensemble, belle programmation, chacun a pu y trouver son compte, sauf les fans de Manowar et Myrkur.

Passons maintenant aux points négatifs. Commençons par le camping : arriver un jour à l’avance et être quasi relayé au dernier camping, c’est un peu relou. Il manque cruellement de points d’eau, il serait judicieux d’en intégrer un par zone de couleur. On ne demande même pas des douches partout, mais au moins des bacs à eaux, surtout par cette chaleur. Les toilettes sèches ne m’ont pas dérangées, mais il faudrait en augmenter leur nombre également.

Le plus gros souci du festival à mon sens : la FILE. Peu importe le besoin, il y avait une file monstre. Et c’est lié à un autre problème, selon moi : il y a trop de gens au m². Impossible d’aller d’un point A à un point B sans être bousculé ou perdre ses amis.

Passons maintenant au côté VIP de ce report. Il y a très peu, voire pas de négatif à dire quant à l’accueil que nous avons reçu pour le webzine. Deux petites notes négatives à mon sens, puis je vous dis tout le bien que j’ai pensé de mon expérience de reporter au Hellfest. Premièrement, la file pour rentrer à l’espace presse et recevoir ses bracelets, c’était l’horreur absolue. Mais le staff semblait complètement débordé, donc on ne va pas leur en tenir rigueur. Et deuxième chose négative : de nouveau, les files pour les toilettes VIP et trop de gens pour un si petit espace.

Le premier point positif, c’est l’accueil qu’on a reçu en tant que petit média. Pas plus et pas moins que d’autres. Il y avait un espace réservé où on pouvait tranquillement assister aux conférences, utiliser un ordinateur… Mais surtout, des boxes privatifs pour faire nos interviews à l’aise.

L’accueil était au top aussi, merci aux filles et au gars dont j’ai oublié les prénoms qui géraient l’attribution des boxes et qui, malgré la chaleur et la pression, étaient toujours hyper adorables avec nous. Vous avez fait un boulot super.

Les attachés presse étaient hyper sympathiques et accueillants, je citerai notamment Blandine, Philippine et Elodie avec qui j’ai collaboré cet été. Merci à vous de m’avoir accordé ces petits moments de bonheur avec vos groupes.

Les groupes ont tous été adorables et riches en découvertes. J’espère qu’ils ont passé un moment agréable aussi et qu’ils seront contents des interviews à venir.

Le décor, à nouveau, était au top. Le Hellfest soigne son image jusqu’au bout.

Je terminerai en remerciant chaleureusement l’organisation, particulièrement Roger qui nous a laissé l’occasion de faire nos preuves dans l’espace presse du Hellfest.

Le point de vue de Guillaume

J’ai vécu ce festival sous deux angles : d’un côté, celui de la presse / VIP du festival et de l’autre, celui de simple festivalier. Ce qui va me permettre de vous raconter ces deux mondes bien différents.

L’arrivée et l’installation furent compliquées : nous sommes partis dans trois véhicules séparés, rejoints ensuite par d’autres amis dont on avait les tentes. Donc, la première étape fut de nous retrouver. Laupi, arrivé en premier, attendait le reste du groupe sur le parking P0. Premier souci rencontré : trouver comment accéder à ce parking précisément. Certes, les parkings étaient indiqués mais leurs noms, eux, ne l’étaient pas. La place n’y manquait cependant pas et du personnel était présent afin d’indiquer les places disponibles.

Après 10 minutes de marche, le camping « Yellow camp » nous ouvrit ses portes. Aucune vérification de bagages à l’entrée et un fossé de 70cm nous séparait de la route par laquelle nous arrivions. Des toilettes sèches nous attendaient au pied d’une tour indiquant le camping. Celles-ci sont restées propres et bien alimentées en papier tout au long des 4 jours du festival et ceci, sans aucune odeur nauséabonde typique des toilettes de festival. On dénote cependant un manque d’arrivée d’eau courante et de douches où les files pouvaient attendre plusieurs dizaines de minutes, voire heures pour y accéder.

Les festivaliers étaient accueillants et sympathiques : quelques mots échangés et les bières commencent déjà à couler. Si vous aimez l’activité nocturne, vous pourrez apprécier les fameuses « joutes de caddies » ainsi que le réveil à 5h du matin le dernier jour par une meute de festivaliers armés de flûtes ! Dans les activités prévues par le festival, des espaces sont prévus afin de prolonger le festival après 2h du matin, mais je n’ai pas eu la force de tester ceux-ci.

Depuis le camping jaune, nous avons rencontré un souci en voulant rejoindre le festival : une partie du camping nécessitait un bracelet que nous n’avions pas encore. Nous avons donc dû contourner cette partie par un chemin de terre non indiqué le long d’une route afin de rejoindre l’entrée. Une fois sur place, des stands d’informations et de grands panneaux nous indiquaient où prendre nos bracelets en fonction de si nous étions VIP, festivalier Knotfest, festivalier Hellfest ou bien les deux.

Malgré le Knotfest, vous pouviez quand même accéder au « Hellcity Square », petite ville comprenant différents commerces, partenaires du Hellfest et une scène où des groupes pouvaient démontrer leur talent. L’air de rien, cet espace annonçait bien la couleur du festival : des décors somptueux vous transportant dans l’univers du metal et une ambiance où l’envie de s’amuser et de passer un bon moment est ce qui prime.

Vis à vis du côté VIP auquel nous avions accès, c’était tout bonnement époustouflant ! Un mur marqué « VIP Area » cachait depuis l’entrée ce qui se passait derrière lui. Une fois celui-ci passé, il vous fallait un moment avant de ramasser votre mâchoire tombée 5 minutes plus tôt. Derrière ce mur, vous pouviez y observer une statue taille réelle de Jack Daniels faisant face à un énorme bassin d’eau se révélant plus tard être une piscine avec, en son centre, un crâne entouré de papillons. Au dessus de celle-ci se tenait la terrasse du bar où trônait une magnifique fontaine d’eau rouge surplombée d’hommes encapuchonnés. Le bar prenait toute la longueur d’un bâtiment dont les arches ressemblaient à des épines dorsales et les lustres semblaient assemblés à partir d’os et de crânes. Une grande tente nommée « Press Area » contenait un auditoire, un espace de travail avec des ordinateurs et de l’électricité ainsi que 12 boxes où nous pouvions réaliser nos interviews. Le Hellfest nous souhaitait la bienvenue de la plus belle des manières !

Une fois sur le festival-même, certains problèmes dus au grand nombre de festivaliers ont fait surface :

  • Des files interminables devant les stands de nourritures, les toilettes et les différents stands de merchandising (Hellfest et artistes)
  • Des soucis de visibilité et de son pour les gens qui, comme moi, ne sont pas particulièrement fans de pogos, de wall of death et autres pratiques du metalleux.  Une fois à l’arrière, la scène étant en contre-bas et étant entourée d’une petite colline, il était impossible de pouvoir l’apercevoir. Et si, quand bien même vous y arriviez, un autre problème arrivait : l’Altar, la Valley et la Temple étant très proches, on entendait plus le son qui en sortait que celui de la Main Stage.
  • Les concerts s’enchaînant presque directement, il était très compliqué de traverser la foule afin de rejoindre une autre scène sans rater 10-15 minutes du concert suivant.

Cela semble bien négatif me direz-vous ? Oui et non, car malgré ces points, on passe un très bon festival :

  • Les gens sont sympathiques et ajoutent à l’ambiance du festival : nombreux sont costumés pour l’occasion et n’hésiteront pas à chanter, discuter et rire avec vous.
  • La diversité de nourriture vous permet de manger sur le festival pendant plus d’un mois sans vous lasser et le tout à un prix relativement raisonnable, comparé aux autres festivals.
  • La diversité des boissons : 3 à 4 types de bières servies en 28cl, 58cl et même 1,5l ! Pour les amateurs de softs, vous pouviez y trouver toute la gamme de boissons Redbull, ainsi que de l’eau et même de l’ice-tea non pétillant ! Ceci étant très rare d’obtenir une boisson non pétillante en festival autre que de l’eau !
  • Les décors… Impossible de vous les décrire tant ils sont beaux, variés et impressionnants : une statue de Lemmy avoisinant les 15m, une grande roue, des stands de merch dans des containers rouillés, l’arbre Hellfest, des engins pyrotechniques dissimulés partout et s’animant une fois la nuit tombée, … Vos yeux ne sauront plus où regarder.
  • Les différents styles de metal rassemblés par scène : les Français sur la Main Stage le vendredi, le psychobilly au Warzone le samedi,…
  • Une affiche composée de groupes où vous en aurez pour votre argent. Il vous sera quasi impossible de ne pas faire des journées allant de 10h à 2h et des contraintes de deux groupes intéressants jouant au même moment seront plus que possible.

Au niveau des concerts, je n’en ai pas vu beaucoup et donc je ne vais citer que ceux qui m’ont marqués !

The Rumjacks : On se serait cru dans un pub irlandais ! La bière coulait à flot et les gens dansaient, riaient et chantaient. Le groupe, lui-même, semblait transporté par l’énergie dégagée par le public.

Ultra vomit : Un show exceptionnel ! Des guests en veux-tu en voilà et des blagues de Manard aussi nulles que drôles. Une heure où vous ne saurez vous ennuyer ! Ils ont couverts les morceaux de « Panzer Surprise » mais aussi beaucoup d’anciens. Ce concert est d’ailleurs visible sur le site d’Arte Concert dans son intégralité et je vous le recommande chaudement !

Coilguns : Mais où est-ce que le chanteur va chercher toute cette énergie ?!

Shaârghot : Un concert avec un jeu de scène et une histoire jamais vu ! Mention spéciale pour le personnage aux panneaux « Break », « Your Body » et « Again » qui m’a vraiment vendu du rêve et qui m’a donné sacrément envie de danser ! Je vous les recommande chaudement si vous aimez le mélange d’électro et de metal.

Whitesnake : Certaines personnes se plaignaient que David Coverdale avait perdu de la voix. J’avoue ne pas avoir fait attention, tant je chantais sur tous les morceaux… En tout cas, la setlist était très bien organisée et je n’ai nullement été déçu de ce concert que j’attendais depuis quelques années.

Alien Weaponry : Un haka en guise d’intro annonçait la couleur et malgré un public toujours endormi, le groupe n’aura eu besoin que de deux chansons pour que celui-ci soit aussi chaud que pour une tête d’affiche.

Les concerts partiellement vus qui étaient vraiment bons : Dagoba, Dropkick Murphys, Diamond Head, Within Temptation, Def Leppard, ZZ Top, Clutch et Lynyrd Skynyrd.

 

Ce festival est plein d’avenir et j’ai hâte de voir ce qu’il deviendra d’ici quelques années. Il est en perpétuelle amélioration et très à l’écoute de ses visiteurs… Vis-à-vis de la presse, c’est un plaisir de voir que celle-ci est bien accueillie et peut travailler dans des conditions presque optimales (petit bémol pour la chaleur dans la tente presse, qui parfois était très éprouvante, tant pour l’interviewé que l’intervieweur). J’en garde un très bon souvenir et je vous recommande chaudement d’y aller si vous en avez l’occasion !

 

Remerciement spécial pour :

  • Roger, sans qui cette découverte n’aurait pas été possible et pour toutes les interviews qu’il nous a donné.
  • HIM Media pour leur accueil, leur bonne humeur et toutes les interviews qu’ils ont réussis à nous planifier.
  • Romain de L.O Communications, pour son aide tout au long du festival.
  • Blandine des Acteurs de l’Ombre, pour sa motivation et son engouement, ainsi que les interviews planifiées.
  • Jessica de Season Of Mist pour sa sympathie et l’interview.
  • Tous les groupes et leurs managers qui nous ont fait confiance.

Conférence de presse donnée par Ben Barbaud, créateur du festival. Seul une partie des questions sont présentes dans cet article.

Bonsoir à tous. Merci d’être venus pour cette quatorzième édition du Hellfest et cette première édition du Knotfest qui s’est déroulée jeudi. Je vous laisserai poser des questions après. Je connais de toute façon les premières questions qui vont être posées.

Encore une fois, on est bénis des dieux depuis six ans avec ce temps extraordinaire qui nous accompagne année après année. On se situe pourtant entre les portes de la Vendée et les portes de la Bretagne. C’est quand même assez exceptionnel qu’on puisse avoir chaque année des conditions comme ça. Vous allez tous vouloir déménager ici en pensant qu’il y a du soleil tout le temps, mais ce n’est pas vrai. J’habite ici et ce n’est pas toujours le cas.

Avant de parler des choses qui ne se sont pas passées et pour lesquelles vous allez me poser des questions, je vais parler des choses qui se sont passées et qui sont encore en train de se passer. J’ai l’impression de répéter les mêmes choses année après année. Depuis maintenant un certain temps, les équipes sont ultra rodées et finalement, je me rends compte que je deviens plus un observateur qu’un acteur de ce qui se passe ici. La façon dont se déroule et s’organise le festival est devenue extrêmement professionnelle. J’en suis moi-même hyper surpris.

Comme vous avez pu le voir si vous vous êtes promenés sur le site, on a encore travaillé d’arrache-pied pour améliorer les conditions d’accueil des festivaliers : la nouvelle zone de restauration, qui nous avait été un peu reprochée les années passées, le bois a été refait… Différentes petites améliorations comme ça. Et c’est vrai, on est toujours dans le même état d’esprit à vouloir continuer à investir. Je ne le redirai jamais assez : le Hellfest, on en est fiers, il est organisé par une association sous la loi de 1901. Evidemment, c’est devenu une grosse machine, je ne vais pas vous le cacher. C’est devenu, en termes de chiffre d’affaire, le premier festival de France avec plus de 27 millions d’euros de chiffre d’affaire. Mais on est extrêmement fiers que, justement, cette particularité nous permette d’investir à destination des festivaliers. Je pense qu’on ne peut pas nous le reprocher. Effectivement, le Hellfest est cher, j’en ai bien conscience, mais j’entends beaucoup de gens venir me voir en disant : « Oui, mais ça les vaut ». Ça les vaut, parce que vous mettez à disposition du public, des artistes, de tout le monde,… Des conditions qui sont vraiment professionnelles et appréciées. Donc, on va continuer à faire ça parce que ça nous plaît vraiment.

Cette 14ème édition, comme la 13ème, comme la 12ème, comme la 11ème, est évidemment encore synonyme de succès : on était complet. 180.000 personnes sur l’édition du Hellfest et on était 37 000 sur l’édition du Knotfest avec nos amis de Slipknot. Il n’y a pas, aujourd’hui, de prévisions de développement de cette marque.

On l’a fait une fois avec eux parce que, comme je vous l’avais expliqué, il y avait eu un concours de circonstances qui faisait qu’effectivement on ne pouvait pas ne pas proposer une date à Slipknot en France sur un tel festival. On avait déjà nos têtes d’affiche, il nous fallait effectivement trouver une façon de les programmer. Il y a donc eu cette idée de Knotfest et cela s’est super bien passé. Enfin, vous me direz ce que vous en aurez pensé après.

La première fois, même pour nous, on est complètement déboussolés. On a ouvert le festival ce jeudi et on s’est cru le lendemain, le samedi, parce que c’est extrêmement déboussolant pour les gens qui travaillent ici, qui ont des habitudes, une journée de plus. Même pour vous qui travaillez, je suppose, ça doit tirer un peu plus sur les pattes qu’à l’accoutumée. C’est une bonne expérience, mais ce n’est pas une expérience qui est vouée à se confirmer année après année. Je l’ai d’ailleurs confirmé aux gars de Slipknot qu’il n’y avait pas cette volonté de notre part.

Aujourd’hui, le terrain, ce qui est monté ici, c’est notre ADN, c’est le Hellfest à 100%. On a été super contents d’accueillir le Knotfest. Je pense qu’il y a des plans qui vont se tramer pour qu’ils puissent essayer effectivement de continuer leur aventure ailleurs. On a pu lancer le mouvement et j’en suis hyper content. De plus, Slipknot et les autres groupes étaient super contents. Donc voilà, c’était la nouveauté de cette année. Il y en a plein d’autres et, malgré la fatigue, on est tous super contents de vous avoir.

Je vais vous laisser poser vos questions. Qui va poser la première question sur Manowar ?

J’ai vu l’affluence qu’il y a eu hier et il y a eu beaucoup de monde. Est-ce que vous pensez agrandir le site ? Quelle taille fait-il actuellement ?

Alors, l’espace des concerts est de 14 hectares exactement.

Effectivement quand on a, sur une journée comme hier qui est, on ne va pas se le cacher, une journée un peu plus grand public avec des artistes mondialement connus tels que Kiss, Def Leppard, Whitesnake, etc. On a deux fois plus d’invités. On travaille avec beaucoup de partenaires : les bénévoles, les gens qui travaillent, etc. Le samedi est déjà, historiquement, la journée la plus facile pour se déplacer, pour se rendre disponible. Bien plus qu’un vendredi ou qu’un dimanche. Beaucoup de gens reprennent le travail le lendemain.

On avait effectivement cette idée d’agrandir. Oui et non. On a déjà des idées sur ce qui reste encore à améliorer : le merchandising au Hellfest qui nécessite beaucoup trop de temps,… On espère pouvoir effectivement agrandir un peu. Après, révolutionner pour répondre véritablement à la demande… Il faut se rendre compte qu’aujourd’hui la demande pour le Hellfest, c’est quasiment le double. On pourrait faire deux Hellfest si on voulait par rapport au nombre de gens qui seraient véritablement intéressés de venir. On n’a pas vocation à faire cela et à agrandir le terrain pour faire 120.000 personnes par jour. Ça serait une logistique absolument démentielle et on ne pourrait pas se le permettre.

Par contre, on essaye de bouger certaines choses sur le terrain pour faire en sorte que la gestion des flux et des attentes soient un peu moins problématiques et un peu moins dérangeantes pour les gens. On y travaille chaque année.

Après, comme vous comme vous l’avez vu, Clisson, c’est du vignoble : il y a plus de vignobles que de terre à vaches ou de terre à cultures. Il n’est pas facile pour nous de trouver des terrains. Vous avez vu le bordel que c’est sur les camping. On arrive à Clisson, les bagnoles sont garées partout. Monsieur le Maire n’en dort pas la nuit. C’est compliqué. On essaye de s’adapter à la particularité de cette petite ville. Clisson : c’est 6000 habitants seulement. Trouver des solutions, ce n’est pas toujours simple, on ne claque pas des doigts en disant : « Tiens je prends ce terrain, je prends ta vigne et je l’arrache pour y mettre un parking dessus ». Non, ce n’est pas aussi simple. Il faut respecter les activités qui sont historiques ici. Si demain il y a plus de Muscadet à Clisson, on est d’accord, ça serait problématique. Il y a donc un travail à faire.

Soyez sûrs que toutes les équipes, je pense qu’on le prouve, année après année, travaillent continuellement dans le sens de l’intérêt des festivaliers en améliorant ce qui peut être amélioré en fonction de nos moyens. On continuera comme ça. On a bien conscience, effectivement, du sentiment d’avoir un festival un peu trop, surtout sur les dernières heures de soirée, « overpacked ». On réfléchit à ça.

Du coup, je vais poser la question puisqu’on n’ose pas la poser. Il y a des fans de Manowar qui ont découvert  que Sabaton arrivait à la place de Manowar. Vous n’avez pas du tout communiqué là-dessus. Les questions sont simples : Pourquoi est-ce que Manowar a annulé et pourquoi est-ce que vous n’avez pas du tout communiqué alors que le groupe, lui-même, a pris des initiatives sur Facebook qui sont d’ailleurs d’un sommet de langue de bois que personne n’a rien compris ? Il y a quand même un mystère autour de ça. Ce n’est pas la première fois que vous avez des groupes qui annulent. Vous avez eu Korn en 2007, par exemple.

Vous me connaissez : je ne suis pas quelqu’un qui a l’habitude d’avoir la langue de bois. Mais effectivement, on arrive dans des sphères où il y a des problèmes contractuels qui regardent l’organisation et l’artiste.

Libre à chacun de se faire sa propre vérité en fonction du communiqué qu’a fait le groupe Manowar qui, clairement, nous accuse. Je l’ai bien vu. On avait tout mis en oeuvre et je pense qu’aujourd’hui pas mal de gens, après avoir lu un certain nombre de commentaires, se sont posés la question en disant : « Le Hellfest a l’habitude d’avoir des artistes d’un certain niveau. Il n’y a jamais eu de souci avec ces artistes là ».

Donc, évidemment, je ne vais pas rentrer dans les détails parce que je m’attends à une longue procédure. Il y aura plusieurs vérités. J’ai cru lire dans leur communiqué : « Soyez sûrs la vérité sortira ». Je ne sais pas dans combien d’années. Mais bon bref, il y a des problèmes contractuels qui ont amené l’artiste à partir du site. L’artiste était vraiment sur le site. Nous, on a fait tout ce qu’on pouvait pour faire en sorte que l’artiste joue. L’artiste a estimé que ce n’était pas suffisant. On n’a pas réussi à se mettre d’accord. Ils sont partis.

C’est langue de bois ce que je dis, mais je ne vais pas rentrer dans les détails. Ce sont des détails qui n’intéressent pas les gens. Et donc aujourd’hui, chacun se fera sa vérité. C’est la première fois que ça nous arrive à un tel point. Aujourd’hui, je pense qu’Hellfest avait fait à Manowar un joli cadeau de leur proposer d’être la tête d’affiche d’un tel festival. On est évidemment hyper déçus, hyper tristes, pour les gens qui sont venus de loin. On a des gens, qui avaient acheté des packages pour rencontrer le groupe, qui sont arrivés ici et qui n’ont même pas pu rentrer. On leur a dit : « Rentrez quand même ». Parce qu’effectivement, le package, vendu par l’artiste, prévoyait qu’il y ait un accès au festival et, quand ils sont arrivés, il n’y avait personne. Des gens venus de loin. C’est évidemment hyper triste qu’on en arrive à un point comme ça alors qu’aujourd’hui, tout le monde le sait, le concert aurait pu se faire.

L’artiste a décidé de partir et je suis le premier à le regretter.

C’était pour prolonger un petit peu la question, pas tellement sur Manowar, mais sur le fait que ça soit Sabaton qui ait remplacé Manowar. C’est-à-dire un groupe qui a quand même écrit une chanson qui s’appelle « Man Of War » en hommage à Manowar. Sacrée ironie. Comment cela s’est fait ? Est-ce que tu penses que c’est ce type de groupes qui sont les futures têtes d’affiche du Hellfest ?

Alors, comment ça s’est fait. Je vais être honnête parce que là je n’ai pas besoin d’avoir de langue de bois et je ne remercierai jamais assez le groupe.

Les gars de Sabaton avaient réservé leur vendredi pour rester regarder, ici, au Hellfest, Manowar. Ce sont des fans du groupe. Ils avaient certainement refusé des dates qu’ils auraient pu prendre en se disant : « Non, on veut rester. On joue le jeudi au Knotfest. On veut rester le vendredi parce qu’on est fan de Manowar ». Lorsqu’ils ont appris effectivement la nouvelle, ils sont venus nous voir pour nous proposer : « Ecoutez on est là. Qui de mieux que Sabaton pourrait coller à l’annulation de Manowar ? » On s’est dit : « Evidemment, c’est une évidence finalement ». On s’est mis d’accord assez rapidement avec eux. Ça s’est fait le matin même en une heure dans un bureau. On s’est emballés. Ça m’aurait embêté de ne pas offrir une compensation au public parce qu’on a bien conscience effectivement qu’il y a quand même des gens qui sont venus pour voir Manowar, qui ont payé pour voir Manowar et qui sont déçus de ne pas voir Manowar. On s’est dit que c’était la bonne opportunité. Je n’y aurais pas pensé. Je me suis dit : « Mais non, le groupe a joué hier soir. Je ne vais pas leur demander de jouer ».

Je pense qu’ils ont gagné en sympathie vis-à-vis du public, vis-à-vis de tout le monde, parce que réussir à faire ça… Malgré les problèmes de voix qu’a eu le chanteur. Ils ont vraiment fait un concert épique. Vraiment. Est-ce que demain ce sont les groupes qui seront les têtes d’affiche ? : c’était déjà une tête d’affiche. Finalement, quand ils reviendront au Hellfest, ce sera évidemment avec la même importance. Je n’avais pas vu leur concert de jeudi étant englué dans des problèmes que vous connaissez et j’ai pu le voir vraiment vendredi. Kiss a fait un concert exceptionnel hier à l’américaine avec des moyens colossaux mais je pense qu’il y a vraiment des choses qui arrivent derrière : des groupes qui se donnent les moyens effectivement d’impressionner le public. On est vachement contents de les accompagner là-dessus et Sabaton en fait partie.

Est-ce exact que c’était parce que Manowar n’avait pas pu faire ses balances le jeudi que le torchon a commencé à brûler ?

C’est beaucoup plus compliqué que cela. C’est une suite de choses et je ne vais pas vous donner des détails parce que ce sont des choses, vous vous rendez bien compte, qui vont être analysées par les deux parties. C’est compliqué dans ce genre de choses : chacun a sa vérité. Comme le dit très bien le groupe : « Soyez sûrs que la vérité sortira » et je l’espère aussi d’ailleurs. Il y a des visions : il y avait la leur et il y avait la nôtre. Eux diront qu’ils ont tout fait pour jouer et moi je dirais que j’ai tout fait pour qu’ils jouent mais ça ne s’est pas fait.

Donc, plutôt que de parler finalement de choses qui ne se sont pas faites, parlons de choses qui se sont faites. Il y a des gros artistes qui ont quand même, malgré tout, joué. Je ne vais pas vous donner les détails des problématiques qui m’opposent au groupe comme le groupe ne vous donnera pas les détails non plus. Ça se gérera comme ça se gérera.

Vous craignez par rapport aux investissements futurs du fait de ce procès ou pas du tout ? Vous êtes plutôt à l’aise ?

Il n’y a pas à être à l’aise ou pas.

C’est qu’effectivement il y a un différend avec un groupe. Il y a un litige. On est sur, quand même, un artiste qui est important. On est sur un festival qui est important. Sur certains sujets il faut savoir raison garder, comme on dit… Et je préfère « raison garder » que de dire que je suis inquiet des suites du truc. Non, non, non. Je n’ai pas à être inquiet. Tout avait été mis en place pour que le Hellfest accueille le groupe dans de bonnes conditions, je vous l’ai redit. Je pense même qu’aujourd’hui le Hellfest avait vraiment offert à l’artiste une opportunité que peu de festivals en Europe lui proposait. Ça ne s’est pas fait. Il a décidé finalement de ne pas la prendre et de ne pas faire ce concert. Ça, ça le regarde. On a déjà été capables de monter des artistes très gros.

J’ai une question plus sur la programmation. J’ai vu des groupes comme Sisters Of Mercy, des groupes de dark rock, des groupes de psychobilly aussi, qui ont été programmés cette année. Ce que je trouve très intéressant parce j’ai le sentiment que l’amateur de metal n’est pas forcément qu’amateur de metal mais qu’il aime aussi plusieurs autres choses. Est ce que c’est quelque chose que tu vois plus comme une expérience ou quelque chose que tu veux poursuivre dans les années qui viennent ?

On l’a toujours fait. Le véritable enjeu et la véritable stratégie pour nous organisateurs, c’est de se renouveler.

Aujourd’hui, vous n’êtes pas sans savoir qu’on entend beaucoup : « Ah encore Slayer, encore Megadeth, encore machin et encore truc… » On essaye, effectivement, au moins sur les artistes un peu moins renommés, d’avoir un renouvellement important. Quand les gens nous disent que ce sont toujours les mêmes groupes au Hellfest, c’est faux. Chaque année, on met un point d’honneur à renouveler au moins 50% de notre programmation avec des groupes qui ne sont jamais venus.

Alors oui, certes, les artistes très importants qui sont notés en caractères gras sur l’affiche sont des groupes qui reviennent régulièrement. Il y a aussi une partie du public qui souhaite les revoir. Je connais des fans du Hellfest pour qui on programmerait Slayer tous les ans, ça leur irait très bien.

Comme je connais aussi une partie du public qui, si elle veut rester fidèle au Hellfest, a besoin de groupes qui sortent de l’ordinaire. On a besoin de se renouveler. Manowar partait dans ce principe là : c’était une tête d’affiche que les gens ne voyaient pas souvent. The Addicts, Sham 69, Sisters Of Mercy,… Des groupes comme ça ne sont pas forcément des groupes qui sont connotés pour participer à un festival où Kiss est la tête d’affiche. Mais c’est important pour nous d’essayer de continuer à trouver ce genre de petits ovnis parce que ces ovnis nous permettent de continuer à fidéliser une partie du public, connaisseurs, qui apprécient effectivement la nouveauté… J’ai plein de copains qui écoutent ce genre de musique depuis 40/50 ans. Ils ont déjà tout vu mais on arrive quand même à leur mettre des trucs où ils disent : « Ça, je n’avais jamais vu ». Il y a des gens qui ont soif de découverte et il y a des gens qui ne viennent voir que ce qu’ils aiment.

Nous, notre job c’est d’essayer de faire les deux. Tant qu’il y aura toujours cette demande on continuera. J’ai cru entendre dire : « Sisters Of Mercy, c’était super bien hier soir ». The Addicts, ça a été super bien aussi. Donc voilà, ce genre de petits ovnis on continuera à aller dessus.


Le Hellfest 2020 aura lieu les 19, 20 et 21. C’est toujours le troisième week-end de juin.

Il va y avoir également un nouveau projet qui va ouvrir normalement en octobre sur Paris : un bar Hellfest qui prend la place de l’anciennement nommé « Docteur Feel Good ». Il va ouvrir et il sera une nouvelle aventure pour nous, pour l’ensemble des acteurs du festival. Vous aurez le temps d’y aller… On ne vous en avait pas parlé parce qu’on ne pouvait pas aujourd’hui officiellement l’annoncer. C’est un petit truc, je m’étais dit qu’il fallait qu’on en parle. Donc voilà, ça fera un point d’ancrage et de rencontres pour les passionnés et les fans du Hellfest sur Paris. J’y serai de temps en temps. Ça s’appellera « Le Hellfest Corner ».

Il n’y a pas d’annonce de groupes ce soir. Non, non, non. Et les annonces pour la mise en vente des places, non plus. On n’en sait rien. Donc, ça sera sensiblement sur les mêmes dates que d’habitude : septembre / octobre. Dans ces eaux-là. Merci à vous tous.

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Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Pour la petite histoire, le Fortarock est un festival qui se déroule depuis dix ans à Nimègue, aux Pays-Bas. Et, bien que ses affiches soient relativement prestigieuses, cela reste un événement à taille humaine. Malgré une météo mitigée l’an dernier, l’expérience vécue là-bas était si positive que je me faisais une joie d’y retourner.

C’est donc très motivée que je suis entrée sur le site du festival le 1er juin dernier pour découvrir en live les Australiens de Ne Obliviscaris et leur metal progressif à tendance expérimentale. En effet, c’est très difficile de qualifier le style de ce groupe tant son univers est vaste. Mais une chose est sûre, ils parviennent à marier une multitude d’influences avec aisance et cohérence. Et, alors que l’on vient à peine d’arriver, le groupe nous emporte déjà dans une autre dimension. Superbe !

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Sans mauvais jeu de mots, le stoner lancinant de Monolord qui suit sur la seconde scène, sous tente, me semble monotone et ne me convainc pas. Je préfère le metalcore, somme toute très facile, des Américains d’Atreyu. Le show est super énergique et les refrains efficaces. Tout semble réglé au millimètre… Et pourtant ! J’apprends dans le photopit que c’est le batteur du groupe qui assure le chant aujourd’hui. Même si les fans l’ont forcément remarqué tout de suite, les novices n’y ont vu que du feu. Chapeau ! J’ai beaucoup aimé leur reprise du tube de Bon Jovi, « You Give Love A Bad Name », qui a fait chanter toute la plaine du festival.

On repart s’abriter du soleil brûlant maintenant pour écouter les Norvégiens d’Enslaved. J’avais déjà eu l’occasion de les voir par deux fois, mais n’avait jamais été réellement conquise. Le son est tellement bon aujourd’hui que l’on peut entendre toutes les subtilités de leur musique et la beauté qui se dégage des morceaux moins typés black. Le voyage astral est assuré, on plane complètement en parcourant la discographie nuancée du groupe.

On ne change pas tellement d’ambiance avec Myrkur qui investit la mainstage. Une fois n’est pas coutume, l’enchanteresse Amalie Bruun se produit en plein jour et, surprise, arbore fièrement son ventre rond. C’est l’occasion aussi d’enfin voir le visage des musiciens qui l’accompagnent. Même si la musique de Myrkur est plus propice à l’obscurité, le show ne manque pas de mysticisme et la voix de la chanteuse me donne toujours autant de frissons, qu’elle soit angélique ou démoniaque. Le moment est splendide.

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Je fais un passage éclair devant les Britanniques d’Uncle Acid And The Deadbeats. Je ne suis pas hyper fan de leur stoner / doom, mais j’ai surtout une interview avec Ne Obliviscaris. Heureusement que le site du festival n’est pas immense, cela me permet de retrouver rapidement le point presse. Je serre un peu les dents quand, en plein entretien, j’entends l’intro de « The Bee » retentir. En effet, je suis en train de manquer le début d’Amorphis… Ce n’est pas si grave, car j’ai largement eu l’occasion de les voir durant ces trois dernières années. Quoi qu’il en soit, je suis quand même heureuse d’assister ensuite à la moitié de leur set pour entendre des morceaux que j’adore, tels que « Silver Bride », « Wrong Direction » ou encore le célèbre et sublime « House Of Sleep » qui conclut cette belle prestation.

C’est à présent au tour de Cult Of Luna et le public semble conquis par leur doom varié et rythmé. Personnellement, cela ne me dérange pas, mais je ne suis pas transportée. Je partais un peu dans le même état d’esprit à l’approche du concert de Children Of Bodom, les ayant déjà vus trois fois sans y prendre réellement de plaisir. Mais ce soir, je trouve ça super ! Outre la bonne humeur apparente des musiciens et l’excellente ambiance qui émane du public, on entend absolument tous les instruments distinctement. Je n’en reviens pas ! Le choix de setlist était aussi judicieux, le groupe naviguant habilement entre ses hymnes, parmi lesquels on compte notamment « Are You Dead Yet », « In Your Face » ou encore « Downfall », et ses nouveaux morceaux issus de son dernier album, « Hexed », sorti en mars dernier.

Bloodbath a beau être une référence du death metal, je n’y connais rien et je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre en voyant débarquer ces drôles de types ensanglantés. Pour la première fois de la journée, les lumières sont catastrophiques, la dominante est rouge et les fumigènes n’arrangent rien. Je râle un peu, mais au-delà de ça, j’en prends plein les oreilles. Quelle ambiance, quelle énergie ! Je ne suis pas certaine d’avoir tout compris, mais j’ai adoré cette prestation.

Ah Behemoth ! J’étais enthousiaste à l’idée de les shooter, ça faisait un bail. Malheureusement, le début du show des Polonais est sensiblement identique à tous ceux que j’ai vus depuis la sortie de « The Satanist ». Avec l’arrivée de « I Loved You At Your Darkest » l’an dernier, dont les morceaux constituaient d’ailleurs la majorité de la setlist, j’espérais autre chose visuellement parlant… J’ai donc été un peu déçue. Néanmoins, que l’on aime ou non leur black mainstream, on se doit de reconnaître le professionnalisme, l’énergie et la précision des musiciens. Cette dernière, sublimée par la qualité du son qui nous est offert. Enfin, mon dépit ne m’empêche pas de faire l’andouille sur certains hymnes du groupe, dont « Blow Your Trumpets Gabriel » ou encore « Chant For Ezkaton 2000 » et son riff infernal. Enfin, c’est sous une pluie de paillettes noires que Behemoth tire sa révérence et clôture la première partie de ce Fortarock.

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Enfin, pas tout à fait… Pour les plus téméraires, il reste la prestation d’un groupe nommé Ploegendienst, qui a l’air de jouer du hardcore. Cela, sur une troisième scène (« Hank’s Garage »), plus petite, que je n’ai pas encore évoquée. Et pour cause, si l’on veut assister entièrement aux concerts sous la marquee, il est impossible de visiter ce podium supplémentaire qui propose des groupes plus underground.

Contre toute attente, la nuit a été agréable et reposante, donc l’enthousiasme est toujours bien présent à l’abordage de ce deuxième jour de festivités qui commence avec les jeunes Anglais de Savage Messiah et leur heavy plutôt efficace.

Cette première prestation a pu sembler banale, mais c’est loin d’être le cas pour la deuxième… Alors que l’on s’attend à voir Allegaeon, ce sont les Américains de Car Bomb qui se présentent à nous avec un metal hyper complexe, destiné aux oreilles averties. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est original. Bien que le groupe n’était pas prévu, leur mathcore semble faire excellente impression. Pour ma part, si je n’avais pas été à jeun, j’aurais sûrement eu le mal de mer…

On s’évade ensuite au pays des licornes avec Gloryhammer et leur power metal transposé dans un univers complètement délirant. Avec son armure en cuir vert et son legging argenté, le chanteur ressemble à une grenouille de l’espace. Malgré sa dégaine, on est tout de même impressionnés par sa performance vocale de haut niveau.

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Changement radical après avec Decapitated dont le death metal acéré me fait l’effet d’une droite en pleine figure. Même si le groupe ne propose pas de mise en scène particulière, les musiciens sont captivants, le chanteur en tête. Quelle énergie ! Un gros coup de cœur pour ce groupe que je n’avais jamais écouté.

L’après-midi est superbe et je profite d’un moment sur l’herbe au détriment du stoner de Kadavar qui résonne au loin. Ce n’était pas plus mal de faire une pause avant le concert le plus glauque de tout l’univers donné par Batushka. La scène s’est transformée en église, il y a des dorures, des icônes et des bougies partout. Bougies, que le chanteur a pris le temps d’allumer une à une avant d’entamer sa litanie diabolique, planté derrière son pupitre devant lequel est posé une sorte de reliquaire contenant probablement des ossements. Et en parlant d’ossements, des crânes humains font également partie du décor. Ça sent l’encens, aussi. On aurait pu croire à un one man show, mais les musiciens sont simplement en retrait, fondus dans les tapisseries et les fumigènes avec leurs costumes de cardinaux. J’avais vu Batushka l’an dernier au Graspop et même si le show était particulier, il n’était pas aussi poussé. Ici, les Polonais sont à fond et j’ai un peu la mâchoire qui pendouille après leur set.

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

L’ambiance s’allège tout de suite avec Symphony X qui ravit son public avec son prog speedé. Je préfère cependant la mélancolie de Katatonia jouant exclusivement son album « Night Is The New Day », sorti il y a dix ans. Mais ce que j’attends avec impatience aujourd’hui s’en vient enfin : Hammerfall ! Les Suédois se montrent en pleine forme et débitent tube sur tube, voyageant dans leur discographie, dans la joie et la bonne humeur : « Hammer High », « Renegade », « Blood Bound », « Any Means Necessary », « Last Man Standing », « Let The Hammer Fall » et « Hearts On Fire ». Aussi, le groupe propose un extrait de son nouvel album, « Dominion », à paraître en août : « (We Make) Sweden Rock ». Un moment de pur plaisir qui m’a semblé beaucoup trop court !

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Par contre, le passage d’Animals As Leaders me paraît, lui, interminable. Même si le trio exécute ses compos instrumentales complexes à souhait avec brio, l’absence de chant à tendance à m’ennuyer. Mais les amateurs du genre, eux, en prennent plein les yeux et les oreilles.

Soudain, un riff familier retentit au loin, c’est Amon Amarth qui déboule de son drakkar avec « The Pursuit Of Vikings » pour enflammer le public. Je ne suis pas spécialement fan de leur death teinté de folk, mais l’effet qu’ils ont sur la foule est impressionnant. Dans le photopit, j’entends les gens chanter en chœur derrière moi. Dans la foule, tout le monde saute et danse. L’amusement est au rendez-vous du début à la fin du set. Ce n’est pas la pluie qui s’abat sur nous en guise de final qui nous gâche le plaisir. Néanmoins, l’avis de tempête est donné et le site du festival est évacué, à peine les Suédois ayant quitté la scène du Fortarock qui se termine déjà.

Live report du Fortarock 2019 @ Nimègue (NL)

Que dire en guise de conclusion si ce n’est que ce festival était une fois de plus génial ? En effet, le Fortarock a beaucoup de qualités : le vaste parking est gratuit et se situe à peine à cinq minutes de marche du site, tout est facilement accessible sur ledit site sans avoir besoin de marcher des kilomètres pour atteindre l’une ou l’autre scène, les bars, la nourriture ou les toilettes. J’ai rarement entendu un son d’une telle qualité de manière générale sur un festival, les lumières étaient également globalement soignées. Une affiche variée, le personnel hyper accueillant et la météo splendide ont aussi contribué à l’excellent week-end passé là-bas. Néanmoins, s’il y a un aspect négatif à signaler, c’est sans doute le prix élevé des tickets boissons (pas loin des 3€), comme lors de nombreux événements. Enfin, même si d’un côté c’est super qu’il n’y ait pas d’attente entre les groupes, d’un autre c’est parfois sportif d’enchaîner concert sur concert. Hormis ces petits détails, le bilan est donc hyper positif et je suis repartie ravie ! On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve, mais comme on dit : jamais deux sans trois… Alors, Fortarock, à l’année prochaine ?!