Après une lutte acharnée en octobre afin d’obtenir des places pour le tant convoité Hellfest, une partie de l’équipe de Metal Overload a également fait une demande d’accréditation qui s’est vue acceptée. C’est ainsi que Délia, Laupi et Guillaume ont pris la route (10h depuis Liège) afin de découvrir l’un des festivals les plus connus d’Europe…

Sommaire :

L’expérience Hellfest vue par Délia

Globalement, mon premier Hellfest s’est bien déroulé, aussi bien en tant que festivalière puisque j’ai quand même pu profiter du festival à ce titre, qu’en tant que reporter. Néanmoins, j’ai quelques petits bémols à souligner. Je vais donc de ce fait scinder mon petit report en deux parties : mon expérience en tant que festivalière et mon expérience en tant que reporter.

Commençons par le côté festivalier. Je vais commencer par énoncer les points positifs et je terminerai par les points négatifs ou des suggestions d’amélioration.

Le décor est effectivement fabuleux, comme un ami me le faisait remarquer c’est un peu le Disneyland des metalleux (ce qui n’est pas ce que tout le monde recherche en festival). J’en ai pris plein les yeux dès le rond-point avec la guitare géante. Et quelle surprise dans le Hell City Square. Tout est thématisé autour de l’univers metal et je me sentais par moment transportée dans le jeu vidéo Brütal Legend, pour ceux qui connaissent. Au niveau du décorum, il n’y a rien à dire.

La deuxième pépite pour moi, c’était l’extrême market qui ne consistait pas uniquement en des échoppes où on vend deux trois conneries liées de près ou de loin à l’univers metal. Je retiens notamment les stands des Acteurs de l’Ombre et d’Antiq, qui sont des plus petits labels et qui proposent du merch de groupes de qualité à prix abordable. Je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site internet. Donc, un point pour la variété du shopping au Hellfest.

Concernant la nourriture et les boissons. Les boissons n’étaient pas vraiment au top et pas hyper abordables. En tant que bonne Belge, impossible de boire de la Kro, je ne voulais pas risquer de mourir (c’est de l’humour). Cependant, j’ai adoré le bar à Muscadet. Au niveau de la nourriture, c’est le paradis : il y en a pour tous les goûts. C’est cher, mais c’est partout pareil et ici la bouffe est excellente donc on n’a pas trop à redire là-dessus.

La programmation, il y avait du choix, un peu trop même, car certains concerts se donnaient en même temps que d’autres. Je pense notamment à la journée de dimanche où j’ai eu beaucoup de conflits horaires. Le son, en revanche, n’était pas toujours de très bonne qualité, je pense notamment à certains groupes jouant plus dans les basses en albums qui se sont retrouvés avec un son trop aigu. Dans l’ensemble, belle programmation, chacun a pu y trouver son compte, sauf les fans de Manowar et Myrkur.

Passons maintenant aux points négatifs. Commençons par le camping : arriver un jour à l’avance et être quasi relayé au dernier camping, c’est un peu relou. Il manque cruellement de points d’eau, il serait judicieux d’en intégrer un par zone de couleur. On ne demande même pas des douches partout, mais au moins des bacs à eaux, surtout par cette chaleur. Les toilettes sèches ne m’ont pas dérangées, mais il faudrait en augmenter leur nombre également.

Le plus gros souci du festival à mon sens : la FILE. Peu importe le besoin, il y avait une file monstre. Et c’est lié à un autre problème, selon moi : il y a trop de gens au m². Impossible d’aller d’un point A à un point B sans être bousculé ou perdre ses amis.

Passons maintenant au côté VIP de ce report. Il y a très peu, voire pas de négatif à dire quant à l’accueil que nous avons reçu pour le webzine. Deux petites notes négatives à mon sens, puis je vous dis tout le bien que j’ai pensé de mon expérience de reporter au Hellfest. Premièrement, la file pour rentrer à l’espace presse et recevoir ses bracelets, c’était l’horreur absolue. Mais le staff semblait complètement débordé, donc on ne va pas leur en tenir rigueur. Et deuxième chose négative : de nouveau, les files pour les toilettes VIP et trop de gens pour un si petit espace.

Le premier point positif, c’est l’accueil qu’on a reçu en tant que petit média. Pas plus et pas moins que d’autres. Il y avait un espace réservé où on pouvait tranquillement assister aux conférences, utiliser un ordinateur… Mais surtout, des boxes privatifs pour faire nos interviews à l’aise.

L’accueil était au top aussi, merci aux filles et au gars dont j’ai oublié les prénoms qui géraient l’attribution des boxes et qui, malgré la chaleur et la pression, étaient toujours hyper adorables avec nous. Vous avez fait un boulot super.

Les attachés presse étaient hyper sympathiques et accueillants, je citerai notamment Blandine, Philippine et Elodie avec qui j’ai collaboré cet été. Merci à vous de m’avoir accordé ces petits moments de bonheur avec vos groupes.

Les groupes ont tous été adorables et riches en découvertes. J’espère qu’ils ont passé un moment agréable aussi et qu’ils seront contents des interviews à venir.

Le décor, à nouveau, était au top. Le Hellfest soigne son image jusqu’au bout.

Je terminerai en remerciant chaleureusement l’organisation, particulièrement Roger qui nous a laissé l’occasion de faire nos preuves dans l’espace presse du Hellfest.

Le point de vue de Guillaume

J’ai vécu ce festival sous deux angles : d’un côté, celui de la presse / VIP du festival et de l’autre, celui de simple festivalier. Ce qui va me permettre de vous raconter ces deux mondes bien différents.

L’arrivée et l’installation furent compliquées : nous sommes partis dans trois véhicules séparés, rejoints ensuite par d’autres amis dont on avait les tentes. Donc, la première étape fut de nous retrouver. Laupi, arrivé en premier, attendait le reste du groupe sur le parking P0. Premier souci rencontré : trouver comment accéder à ce parking précisément. Certes, les parkings étaient indiqués mais leurs noms, eux, ne l’étaient pas. La place n’y manquait cependant pas et du personnel était présent afin d’indiquer les places disponibles.

Après 10 minutes de marche, le camping « Yellow camp » nous ouvrit ses portes. Aucune vérification de bagages à l’entrée et un fossé de 70cm nous séparait de la route par laquelle nous arrivions. Des toilettes sèches nous attendaient au pied d’une tour indiquant le camping. Celles-ci sont restées propres et bien alimentées en papier tout au long des 4 jours du festival et ceci, sans aucune odeur nauséabonde typique des toilettes de festival. On dénote cependant un manque d’arrivée d’eau courante et de douches où les files pouvaient attendre plusieurs dizaines de minutes, voire heures pour y accéder.

Les festivaliers étaient accueillants et sympathiques : quelques mots échangés et les bières commencent déjà à couler. Si vous aimez l’activité nocturne, vous pourrez apprécier les fameuses « joutes de caddies » ainsi que le réveil à 5h du matin le dernier jour par une meute de festivaliers armés de flûtes ! Dans les activités prévues par le festival, des espaces sont prévus afin de prolonger le festival après 2h du matin, mais je n’ai pas eu la force de tester ceux-ci.

Depuis le camping jaune, nous avons rencontré un souci en voulant rejoindre le festival : une partie du camping nécessitait un bracelet que nous n’avions pas encore. Nous avons donc dû contourner cette partie par un chemin de terre non indiqué le long d’une route afin de rejoindre l’entrée. Une fois sur place, des stands d’informations et de grands panneaux nous indiquaient où prendre nos bracelets en fonction de si nous étions VIP, festivalier Knotfest, festivalier Hellfest ou bien les deux.

Malgré le Knotfest, vous pouviez quand même accéder au « Hellcity Square », petite ville comprenant différents commerces, partenaires du Hellfest et une scène où des groupes pouvaient démontrer leur talent. L’air de rien, cet espace annonçait bien la couleur du festival : des décors somptueux vous transportant dans l’univers du metal et une ambiance où l’envie de s’amuser et de passer un bon moment est ce qui prime.

Vis à vis du côté VIP auquel nous avions accès, c’était tout bonnement époustouflant ! Un mur marqué « VIP Area » cachait depuis l’entrée ce qui se passait derrière lui. Une fois celui-ci passé, il vous fallait un moment avant de ramasser votre mâchoire tombée 5 minutes plus tôt. Derrière ce mur, vous pouviez y observer une statue taille réelle de Jack Daniels faisant face à un énorme bassin d’eau se révélant plus tard être une piscine avec, en son centre, un crâne entouré de papillons. Au dessus de celle-ci se tenait la terrasse du bar où trônait une magnifique fontaine d’eau rouge surplombée d’hommes encapuchonnés. Le bar prenait toute la longueur d’un bâtiment dont les arches ressemblaient à des épines dorsales et les lustres semblaient assemblés à partir d’os et de crânes. Une grande tente nommée « Press Area » contenait un auditoire, un espace de travail avec des ordinateurs et de l’électricité ainsi que 12 boxes où nous pouvions réaliser nos interviews. Le Hellfest nous souhaitait la bienvenue de la plus belle des manières !

Une fois sur le festival-même, certains problèmes dus au grand nombre de festivaliers ont fait surface :

  • Des files interminables devant les stands de nourritures, les toilettes et les différents stands de merchandising (Hellfest et artistes)
  • Des soucis de visibilité et de son pour les gens qui, comme moi, ne sont pas particulièrement fans de pogos, de wall of death et autres pratiques du metalleux.  Une fois à l’arrière, la scène étant en contre-bas et étant entourée d’une petite colline, il était impossible de pouvoir l’apercevoir. Et si, quand bien même vous y arriviez, un autre problème arrivait : l’Altar, la Valley et la Temple étant très proches, on entendait plus le son qui en sortait que celui de la Main Stage.
  • Les concerts s’enchaînant presque directement, il était très compliqué de traverser la foule afin de rejoindre une autre scène sans rater 10-15 minutes du concert suivant.

Cela semble bien négatif me direz-vous ? Oui et non, car malgré ces points, on passe un très bon festival :

  • Les gens sont sympathiques et ajoutent à l’ambiance du festival : nombreux sont costumés pour l’occasion et n’hésiteront pas à chanter, discuter et rire avec vous.
  • La diversité de nourriture vous permet de manger sur le festival pendant plus d’un mois sans vous lasser et le tout à un prix relativement raisonnable, comparé aux autres festivals.
  • La diversité des boissons : 3 à 4 types de bières servies en 28cl, 58cl et même 1,5l ! Pour les amateurs de softs, vous pouviez y trouver toute la gamme de boissons Redbull, ainsi que de l’eau et même de l’ice-tea non pétillant ! Ceci étant très rare d’obtenir une boisson non pétillante en festival autre que de l’eau !
  • Les décors… Impossible de vous les décrire tant ils sont beaux, variés et impressionnants : une statue de Lemmy avoisinant les 15m, une grande roue, des stands de merch dans des containers rouillés, l’arbre Hellfest, des engins pyrotechniques dissimulés partout et s’animant une fois la nuit tombée, … Vos yeux ne sauront plus où regarder.
  • Les différents styles de metal rassemblés par scène : les Français sur la Main Stage le vendredi, le psychobilly au Warzone le samedi,…
  • Une affiche composée de groupes où vous en aurez pour votre argent. Il vous sera quasi impossible de ne pas faire des journées allant de 10h à 2h et des contraintes de deux groupes intéressants jouant au même moment seront plus que possible.

Au niveau des concerts, je n’en ai pas vu beaucoup et donc je ne vais citer que ceux qui m’ont marqués !

The Rumjacks : On se serait cru dans un pub irlandais ! La bière coulait à flot et les gens dansaient, riaient et chantaient. Le groupe, lui-même, semblait transporté par l’énergie dégagée par le public.

Ultra vomit : Un show exceptionnel ! Des guests en veux-tu en voilà et des blagues de Manard aussi nulles que drôles. Une heure où vous ne saurez vous ennuyer ! Ils ont couverts les morceaux de « Panzer Surprise » mais aussi beaucoup d’anciens. Ce concert est d’ailleurs visible sur le site d’Arte Concert dans son intégralité et je vous le recommande chaudement !

Coilguns : Mais où est-ce que le chanteur va chercher toute cette énergie ?!

Shaârghot : Un concert avec un jeu de scène et une histoire jamais vu ! Mention spéciale pour le personnage aux panneaux « Break », « Your Body » et « Again » qui m’a vraiment vendu du rêve et qui m’a donné sacrément envie de danser ! Je vous les recommande chaudement si vous aimez le mélange d’électro et de metal.

Whitesnake : Certaines personnes se plaignaient que David Coverdale avait perdu de la voix. J’avoue ne pas avoir fait attention, tant je chantais sur tous les morceaux… En tout cas, la setlist était très bien organisée et je n’ai nullement été déçu de ce concert que j’attendais depuis quelques années.

Alien Weaponry : Un haka en guise d’intro annonçait la couleur et malgré un public toujours endormi, le groupe n’aura eu besoin que de deux chansons pour que celui-ci soit aussi chaud que pour une tête d’affiche.

Les concerts partiellement vus qui étaient vraiment bons : Dagoba, Dropkick Murphys, Diamond Head, Within Temptation, Def Leppard, ZZ Top, Clutch et Lynyrd Skynyrd.

 

Ce festival est plein d’avenir et j’ai hâte de voir ce qu’il deviendra d’ici quelques années. Il est en perpétuelle amélioration et très à l’écoute de ses visiteurs… Vis-à-vis de la presse, c’est un plaisir de voir que celle-ci est bien accueillie et peut travailler dans des conditions presque optimales (petit bémol pour la chaleur dans la tente presse, qui parfois était très éprouvante, tant pour l’interviewé que l’intervieweur). J’en garde un très bon souvenir et je vous recommande chaudement d’y aller si vous en avez l’occasion !

 

Remerciement spécial pour :

  • Roger, sans qui cette découverte n’aurait pas été possible et pour toutes les interviews qu’il nous a donné.
  • HIM Media pour leur accueil, leur bonne humeur et toutes les interviews qu’ils ont réussis à nous planifier.
  • Romain de L.O Communications, pour son aide tout au long du festival.
  • Blandine des Acteurs de l’Ombre, pour sa motivation et son engouement, ainsi que les interviews planifiées.
  • Jessica de Season Of Mist pour sa sympathie et l’interview.
  • Tous les groupes et leurs managers qui nous ont fait confiance.

Conférence de presse donnée par Ben Barbaud, créateur du festival. Seul une partie des questions sont présentes dans cet article.

Bonsoir à tous. Merci d’être venus pour cette quatorzième édition du Hellfest et cette première édition du Knotfest qui s’est déroulée jeudi. Je vous laisserai poser des questions après. Je connais de toute façon les premières questions qui vont être posées.

Encore une fois, on est bénis des dieux depuis six ans avec ce temps extraordinaire qui nous accompagne année après année. On se situe pourtant entre les portes de la Vendée et les portes de la Bretagne. C’est quand même assez exceptionnel qu’on puisse avoir chaque année des conditions comme ça. Vous allez tous vouloir déménager ici en pensant qu’il y a du soleil tout le temps, mais ce n’est pas vrai. J’habite ici et ce n’est pas toujours le cas.

Avant de parler des choses qui ne se sont pas passées et pour lesquelles vous allez me poser des questions, je vais parler des choses qui se sont passées et qui sont encore en train de se passer. J’ai l’impression de répéter les mêmes choses année après année. Depuis maintenant un certain temps, les équipes sont ultra rodées et finalement, je me rends compte que je deviens plus un observateur qu’un acteur de ce qui se passe ici. La façon dont se déroule et s’organise le festival est devenue extrêmement professionnelle. J’en suis moi-même hyper surpris.

Comme vous avez pu le voir si vous vous êtes promenés sur le site, on a encore travaillé d’arrache-pied pour améliorer les conditions d’accueil des festivaliers : la nouvelle zone de restauration, qui nous avait été un peu reprochée les années passées, le bois a été refait… Différentes petites améliorations comme ça. Et c’est vrai, on est toujours dans le même état d’esprit à vouloir continuer à investir. Je ne le redirai jamais assez : le Hellfest, on en est fiers, il est organisé par une association sous la loi de 1901. Evidemment, c’est devenu une grosse machine, je ne vais pas vous le cacher. C’est devenu, en termes de chiffre d’affaire, le premier festival de France avec plus de 27 millions d’euros de chiffre d’affaire. Mais on est extrêmement fiers que, justement, cette particularité nous permette d’investir à destination des festivaliers. Je pense qu’on ne peut pas nous le reprocher. Effectivement, le Hellfest est cher, j’en ai bien conscience, mais j’entends beaucoup de gens venir me voir en disant : « Oui, mais ça les vaut ». Ça les vaut, parce que vous mettez à disposition du public, des artistes, de tout le monde,… Des conditions qui sont vraiment professionnelles et appréciées. Donc, on va continuer à faire ça parce que ça nous plaît vraiment.

Cette 14ème édition, comme la 13ème, comme la 12ème, comme la 11ème, est évidemment encore synonyme de succès : on était complet. 180.000 personnes sur l’édition du Hellfest et on était 37 000 sur l’édition du Knotfest avec nos amis de Slipknot. Il n’y a pas, aujourd’hui, de prévisions de développement de cette marque.

On l’a fait une fois avec eux parce que, comme je vous l’avais expliqué, il y avait eu un concours de circonstances qui faisait qu’effectivement on ne pouvait pas ne pas proposer une date à Slipknot en France sur un tel festival. On avait déjà nos têtes d’affiche, il nous fallait effectivement trouver une façon de les programmer. Il y a donc eu cette idée de Knotfest et cela s’est super bien passé. Enfin, vous me direz ce que vous en aurez pensé après.

La première fois, même pour nous, on est complètement déboussolés. On a ouvert le festival ce jeudi et on s’est cru le lendemain, le samedi, parce que c’est extrêmement déboussolant pour les gens qui travaillent ici, qui ont des habitudes, une journée de plus. Même pour vous qui travaillez, je suppose, ça doit tirer un peu plus sur les pattes qu’à l’accoutumée. C’est une bonne expérience, mais ce n’est pas une expérience qui est vouée à se confirmer année après année. Je l’ai d’ailleurs confirmé aux gars de Slipknot qu’il n’y avait pas cette volonté de notre part.

Aujourd’hui, le terrain, ce qui est monté ici, c’est notre ADN, c’est le Hellfest à 100%. On a été super contents d’accueillir le Knotfest. Je pense qu’il y a des plans qui vont se tramer pour qu’ils puissent essayer effectivement de continuer leur aventure ailleurs. On a pu lancer le mouvement et j’en suis hyper content. De plus, Slipknot et les autres groupes étaient super contents. Donc voilà, c’était la nouveauté de cette année. Il y en a plein d’autres et, malgré la fatigue, on est tous super contents de vous avoir.

Je vais vous laisser poser vos questions. Qui va poser la première question sur Manowar ?

J’ai vu l’affluence qu’il y a eu hier et il y a eu beaucoup de monde. Est-ce que vous pensez agrandir le site ? Quelle taille fait-il actuellement ?

Alors, l’espace des concerts est de 14 hectares exactement.

Effectivement quand on a, sur une journée comme hier qui est, on ne va pas se le cacher, une journée un peu plus grand public avec des artistes mondialement connus tels que Kiss, Def Leppard, Whitesnake, etc. On a deux fois plus d’invités. On travaille avec beaucoup de partenaires : les bénévoles, les gens qui travaillent, etc. Le samedi est déjà, historiquement, la journée la plus facile pour se déplacer, pour se rendre disponible. Bien plus qu’un vendredi ou qu’un dimanche. Beaucoup de gens reprennent le travail le lendemain.

On avait effectivement cette idée d’agrandir. Oui et non. On a déjà des idées sur ce qui reste encore à améliorer : le merchandising au Hellfest qui nécessite beaucoup trop de temps,… On espère pouvoir effectivement agrandir un peu. Après, révolutionner pour répondre véritablement à la demande… Il faut se rendre compte qu’aujourd’hui la demande pour le Hellfest, c’est quasiment le double. On pourrait faire deux Hellfest si on voulait par rapport au nombre de gens qui seraient véritablement intéressés de venir. On n’a pas vocation à faire cela et à agrandir le terrain pour faire 120.000 personnes par jour. Ça serait une logistique absolument démentielle et on ne pourrait pas se le permettre.

Par contre, on essaye de bouger certaines choses sur le terrain pour faire en sorte que la gestion des flux et des attentes soient un peu moins problématiques et un peu moins dérangeantes pour les gens. On y travaille chaque année.

Après, comme vous comme vous l’avez vu, Clisson, c’est du vignoble : il y a plus de vignobles que de terre à vaches ou de terre à cultures. Il n’est pas facile pour nous de trouver des terrains. Vous avez vu le bordel que c’est sur les camping. On arrive à Clisson, les bagnoles sont garées partout. Monsieur le Maire n’en dort pas la nuit. C’est compliqué. On essaye de s’adapter à la particularité de cette petite ville. Clisson : c’est 6000 habitants seulement. Trouver des solutions, ce n’est pas toujours simple, on ne claque pas des doigts en disant : « Tiens je prends ce terrain, je prends ta vigne et je l’arrache pour y mettre un parking dessus ». Non, ce n’est pas aussi simple. Il faut respecter les activités qui sont historiques ici. Si demain il y a plus de Muscadet à Clisson, on est d’accord, ça serait problématique. Il y a donc un travail à faire.

Soyez sûrs que toutes les équipes, je pense qu’on le prouve, année après année, travaillent continuellement dans le sens de l’intérêt des festivaliers en améliorant ce qui peut être amélioré en fonction de nos moyens. On continuera comme ça. On a bien conscience, effectivement, du sentiment d’avoir un festival un peu trop, surtout sur les dernières heures de soirée, « overpacked ». On réfléchit à ça.

Du coup, je vais poser la question puisqu’on n’ose pas la poser. Il y a des fans de Manowar qui ont découvert  que Sabaton arrivait à la place de Manowar. Vous n’avez pas du tout communiqué là-dessus. Les questions sont simples : Pourquoi est-ce que Manowar a annulé et pourquoi est-ce que vous n’avez pas du tout communiqué alors que le groupe, lui-même, a pris des initiatives sur Facebook qui sont d’ailleurs d’un sommet de langue de bois que personne n’a rien compris ? Il y a quand même un mystère autour de ça. Ce n’est pas la première fois que vous avez des groupes qui annulent. Vous avez eu Korn en 2007, par exemple.

Vous me connaissez : je ne suis pas quelqu’un qui a l’habitude d’avoir la langue de bois. Mais effectivement, on arrive dans des sphères où il y a des problèmes contractuels qui regardent l’organisation et l’artiste.

Libre à chacun de se faire sa propre vérité en fonction du communiqué qu’a fait le groupe Manowar qui, clairement, nous accuse. Je l’ai bien vu. On avait tout mis en oeuvre et je pense qu’aujourd’hui pas mal de gens, après avoir lu un certain nombre de commentaires, se sont posés la question en disant : « Le Hellfest a l’habitude d’avoir des artistes d’un certain niveau. Il n’y a jamais eu de souci avec ces artistes là ».

Donc, évidemment, je ne vais pas rentrer dans les détails parce que je m’attends à une longue procédure. Il y aura plusieurs vérités. J’ai cru lire dans leur communiqué : « Soyez sûrs la vérité sortira ». Je ne sais pas dans combien d’années. Mais bon bref, il y a des problèmes contractuels qui ont amené l’artiste à partir du site. L’artiste était vraiment sur le site. Nous, on a fait tout ce qu’on pouvait pour faire en sorte que l’artiste joue. L’artiste a estimé que ce n’était pas suffisant. On n’a pas réussi à se mettre d’accord. Ils sont partis.

C’est langue de bois ce que je dis, mais je ne vais pas rentrer dans les détails. Ce sont des détails qui n’intéressent pas les gens. Et donc aujourd’hui, chacun se fera sa vérité. C’est la première fois que ça nous arrive à un tel point. Aujourd’hui, je pense qu’Hellfest avait fait à Manowar un joli cadeau de leur proposer d’être la tête d’affiche d’un tel festival. On est évidemment hyper déçus, hyper tristes, pour les gens qui sont venus de loin. On a des gens, qui avaient acheté des packages pour rencontrer le groupe, qui sont arrivés ici et qui n’ont même pas pu rentrer. On leur a dit : « Rentrez quand même ». Parce qu’effectivement, le package, vendu par l’artiste, prévoyait qu’il y ait un accès au festival et, quand ils sont arrivés, il n’y avait personne. Des gens venus de loin. C’est évidemment hyper triste qu’on en arrive à un point comme ça alors qu’aujourd’hui, tout le monde le sait, le concert aurait pu se faire.

L’artiste a décidé de partir et je suis le premier à le regretter.

C’était pour prolonger un petit peu la question, pas tellement sur Manowar, mais sur le fait que ça soit Sabaton qui ait remplacé Manowar. C’est-à-dire un groupe qui a quand même écrit une chanson qui s’appelle « Man Of War » en hommage à Manowar. Sacrée ironie. Comment cela s’est fait ? Est-ce que tu penses que c’est ce type de groupes qui sont les futures têtes d’affiche du Hellfest ?

Alors, comment ça s’est fait. Je vais être honnête parce que là je n’ai pas besoin d’avoir de langue de bois et je ne remercierai jamais assez le groupe.

Les gars de Sabaton avaient réservé leur vendredi pour rester regarder, ici, au Hellfest, Manowar. Ce sont des fans du groupe. Ils avaient certainement refusé des dates qu’ils auraient pu prendre en se disant : « Non, on veut rester. On joue le jeudi au Knotfest. On veut rester le vendredi parce qu’on est fan de Manowar ». Lorsqu’ils ont appris effectivement la nouvelle, ils sont venus nous voir pour nous proposer : « Ecoutez on est là. Qui de mieux que Sabaton pourrait coller à l’annulation de Manowar ? » On s’est dit : « Evidemment, c’est une évidence finalement ». On s’est mis d’accord assez rapidement avec eux. Ça s’est fait le matin même en une heure dans un bureau. On s’est emballés. Ça m’aurait embêté de ne pas offrir une compensation au public parce qu’on a bien conscience effectivement qu’il y a quand même des gens qui sont venus pour voir Manowar, qui ont payé pour voir Manowar et qui sont déçus de ne pas voir Manowar. On s’est dit que c’était la bonne opportunité. Je n’y aurais pas pensé. Je me suis dit : « Mais non, le groupe a joué hier soir. Je ne vais pas leur demander de jouer ».

Je pense qu’ils ont gagné en sympathie vis-à-vis du public, vis-à-vis de tout le monde, parce que réussir à faire ça… Malgré les problèmes de voix qu’a eu le chanteur. Ils ont vraiment fait un concert épique. Vraiment. Est-ce que demain ce sont les groupes qui seront les têtes d’affiche ? : c’était déjà une tête d’affiche. Finalement, quand ils reviendront au Hellfest, ce sera évidemment avec la même importance. Je n’avais pas vu leur concert de jeudi étant englué dans des problèmes que vous connaissez et j’ai pu le voir vraiment vendredi. Kiss a fait un concert exceptionnel hier à l’américaine avec des moyens colossaux mais je pense qu’il y a vraiment des choses qui arrivent derrière : des groupes qui se donnent les moyens effectivement d’impressionner le public. On est vachement contents de les accompagner là-dessus et Sabaton en fait partie.

Est-ce exact que c’était parce que Manowar n’avait pas pu faire ses balances le jeudi que le torchon a commencé à brûler ?

C’est beaucoup plus compliqué que cela. C’est une suite de choses et je ne vais pas vous donner des détails parce que ce sont des choses, vous vous rendez bien compte, qui vont être analysées par les deux parties. C’est compliqué dans ce genre de choses : chacun a sa vérité. Comme le dit très bien le groupe : « Soyez sûrs que la vérité sortira » et je l’espère aussi d’ailleurs. Il y a des visions : il y avait la leur et il y avait la nôtre. Eux diront qu’ils ont tout fait pour jouer et moi je dirais que j’ai tout fait pour qu’ils jouent mais ça ne s’est pas fait.

Donc, plutôt que de parler finalement de choses qui ne se sont pas faites, parlons de choses qui se sont faites. Il y a des gros artistes qui ont quand même, malgré tout, joué. Je ne vais pas vous donner les détails des problématiques qui m’opposent au groupe comme le groupe ne vous donnera pas les détails non plus. Ça se gérera comme ça se gérera.

Vous craignez par rapport aux investissements futurs du fait de ce procès ou pas du tout ? Vous êtes plutôt à l’aise ?

Il n’y a pas à être à l’aise ou pas.

C’est qu’effectivement il y a un différend avec un groupe. Il y a un litige. On est sur, quand même, un artiste qui est important. On est sur un festival qui est important. Sur certains sujets il faut savoir raison garder, comme on dit… Et je préfère « raison garder » que de dire que je suis inquiet des suites du truc. Non, non, non. Je n’ai pas à être inquiet. Tout avait été mis en place pour que le Hellfest accueille le groupe dans de bonnes conditions, je vous l’ai redit. Je pense même qu’aujourd’hui le Hellfest avait vraiment offert à l’artiste une opportunité que peu de festivals en Europe lui proposait. Ça ne s’est pas fait. Il a décidé finalement de ne pas la prendre et de ne pas faire ce concert. Ça, ça le regarde. On a déjà été capables de monter des artistes très gros.

J’ai une question plus sur la programmation. J’ai vu des groupes comme Sisters Of Mercy, des groupes de dark rock, des groupes de psychobilly aussi, qui ont été programmés cette année. Ce que je trouve très intéressant parce j’ai le sentiment que l’amateur de metal n’est pas forcément qu’amateur de metal mais qu’il aime aussi plusieurs autres choses. Est ce que c’est quelque chose que tu vois plus comme une expérience ou quelque chose que tu veux poursuivre dans les années qui viennent ?

On l’a toujours fait. Le véritable enjeu et la véritable stratégie pour nous organisateurs, c’est de se renouveler.

Aujourd’hui, vous n’êtes pas sans savoir qu’on entend beaucoup : « Ah encore Slayer, encore Megadeth, encore machin et encore truc… » On essaye, effectivement, au moins sur les artistes un peu moins renommés, d’avoir un renouvellement important. Quand les gens nous disent que ce sont toujours les mêmes groupes au Hellfest, c’est faux. Chaque année, on met un point d’honneur à renouveler au moins 50% de notre programmation avec des groupes qui ne sont jamais venus.

Alors oui, certes, les artistes très importants qui sont notés en caractères gras sur l’affiche sont des groupes qui reviennent régulièrement. Il y a aussi une partie du public qui souhaite les revoir. Je connais des fans du Hellfest pour qui on programmerait Slayer tous les ans, ça leur irait très bien.

Comme je connais aussi une partie du public qui, si elle veut rester fidèle au Hellfest, a besoin de groupes qui sortent de l’ordinaire. On a besoin de se renouveler. Manowar partait dans ce principe là : c’était une tête d’affiche que les gens ne voyaient pas souvent. The Addicts, Sham 69, Sisters Of Mercy,… Des groupes comme ça ne sont pas forcément des groupes qui sont connotés pour participer à un festival où Kiss est la tête d’affiche. Mais c’est important pour nous d’essayer de continuer à trouver ce genre de petits ovnis parce que ces ovnis nous permettent de continuer à fidéliser une partie du public, connaisseurs, qui apprécient effectivement la nouveauté… J’ai plein de copains qui écoutent ce genre de musique depuis 40/50 ans. Ils ont déjà tout vu mais on arrive quand même à leur mettre des trucs où ils disent : « Ça, je n’avais jamais vu ». Il y a des gens qui ont soif de découverte et il y a des gens qui ne viennent voir que ce qu’ils aiment.

Nous, notre job c’est d’essayer de faire les deux. Tant qu’il y aura toujours cette demande on continuera. J’ai cru entendre dire : « Sisters Of Mercy, c’était super bien hier soir ». The Addicts, ça a été super bien aussi. Donc voilà, ce genre de petits ovnis on continuera à aller dessus.


Le Hellfest 2020 aura lieu les 19, 20 et 21. C’est toujours le troisième week-end de juin.

Il va y avoir également un nouveau projet qui va ouvrir normalement en octobre sur Paris : un bar Hellfest qui prend la place de l’anciennement nommé « Docteur Feel Good ». Il va ouvrir et il sera une nouvelle aventure pour nous, pour l’ensemble des acteurs du festival. Vous aurez le temps d’y aller… On ne vous en avait pas parlé parce qu’on ne pouvait pas aujourd’hui officiellement l’annoncer. C’est un petit truc, je m’étais dit qu’il fallait qu’on en parle. Donc voilà, ça fera un point d’ancrage et de rencontres pour les passionnés et les fans du Hellfest sur Paris. J’y serai de temps en temps. Ça s’appellera « Le Hellfest Corner ».

Il n’y a pas d’annonce de groupes ce soir. Non, non, non. Et les annonces pour la mise en vente des places, non plus. On n’en sait rien. Donc, ça sera sensiblement sur les mêmes dates que d’habitude : septembre / octobre. Dans ces eaux-là. Merci à vous tous.

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