Cologne. Je n’avais pas prévu de faire deux heures de route, même pour voir The Hu, dont je n’avais entendu parler qu’une ou deux fois. En général, les : « Quoi ? tu connais pas ? Mais c’est un phénomène, tu dois absolument aller écouter ! » ne m’attirent que très peu. Soit, je décide tout de même d’aller voir le groupe.

The Hu a attiré le regard de la planète metal avec un « coup de comm » monumental : personne n’a pu rater « Yuve Yuve Yu » sur ses réseaux sociaux. Et miracle, en scrutant les dates du groupe, on se rendait compte qu’ils passaient un peu partout dans les mois à venir. Très bien vu !

La salle (Die Kantine) est spacieuse, mais nous sommes quand même très serrés. Pour pallier à ça, et sans que je comprenne d’où il vient, un air frais arrive sur le public. Plutôt agréable ! C’est une salle aux activités diverses (discothèque, événements culturels en général, …), et aux très beaux extérieurs, dans un style industriel. Gros bémol : les consommations sont très chères ! Comptez 4,50 euros la bière, caution comprise. Autant dire qu’on n’est pas ressortis saouls.

The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles
Le groupe sur la scène de "Die Kantine"

Mais, après ce petit tour du propriétaire, venons-en au cœur du sujet ! The Hu me laisse un goût bizarre, paradoxal. Un sentiment plutôt désagréable d’inachevé …

Un show en demi teinte

Globalement, et pour ne rien vous cacher, le show manque de puissance ! On pourrait dire que c’est la faute du style, je pense plutôt que c’est le choix du groupe d’enchaîner quatre morceaux très calmes qui laisse à désirer … Le public était malgré tout survolté et l’ambiance très bonne.

On n’entendait pas assez les instruments traditionnels mongols (morin khuur, tovshuur et tumur khuur). Décevant, vu que c’est la marque de fabrique du groupe. Au contraire, en termes scéniques, ils étaient trop mis en avant (RIP le bassiste et le guitariste tapis dans l’ombre toute la durée du concert). Je m’attendais à un groupe ultra soudé, et finalement, j’ai cherché l’interaction comme un GPS cherche la bonne adresse. Par contre, le chant diphonique reste impressionnant et prenant !

En résumé, le concept est excellent, mais mériterait d’être davantage poussé, par exemple via la mise en avant des percussions traditionnelles, ou encore via des décors de scène (il n’y en avait pour ainsi dire pas). Ma crainte principale concernant The Hu est que le public se détourne d’une musique qui pourrait devenir lassante. L’avenir nous dira si le groupe parvient à solidifier sa fanbase tout en renouvelant sa musique.

The Hu m’a malgré tout embarquée dans un voyage, mais un voyage un peu bancal …

Valentine Cordier

The Hu, un voyage au cœur des steppes mongoles