Persona fait un retour surprenant en cette fin d’année avec un troisième album intitulé Animal. J’ai eu l’occasion de le découvrir quelques jours avant sa sortie officielle qui avait lieu ce samedi 23 octobre.

Animal, premières impressions

Ayant en tête les premiers succès du groupe comme Blinded ou Forgotten, il m’aura fallu un peu de temps pour me convaincre que j’étais bien en train d’écouter Persona. La formation prend ici un virage à 180 degrés et propose sur ce nouvel opus des sonorités plus modernes et agressives que sur les deux précédents albums, Elusive Reflections (2016) et Metamorphosis (2017). En octobre 2020 on découvrait déjà un premier single, Alpha, qui annonçait le retour de Persona en grande forme avec une toute nouvelle section rythmique et l’envie de prendre une nouvelle direction (une news à ce sujet est disponible ici).

En se penchant sur la distribution de l’album, on peut supposer que la collaboration avec le producteur allemand Marco Meyer n’est pas totalement étrangère au nouveau style adopté par Persona. Si une grande partie des textes sont toujours signés par la chanteuse, Jelena Dobric, les musiques sont quant à elles majoritairement réparties entre Marco Meyer et le nouveau batteur du groupe, Simon Schröder (également parolier sur quelques titres).

Persona 'ANIMAL' (2021) cover
Concrètement, qu’en est-il de ce nouveau Persona ?

Surprenant oui, mais pas pour autant décevant. Passée la frustration de ne pas retrouver l’univers mélodique voire symphonique de l’ancien temps, on se laisse assez rapidement embarquer dans le voyage sauvage proposé dans Animal. Dix titres pour quarante minutes de musique, c’est selon moi le format idéal pour en profiter sans ressasser. L’album attaque d’entrée sur des samples rappelant l’univers carcéral déjà exploité dans le clip de Alpha. Exit les solos de guitare mélodiques des précédents albums, ici c’est plutôt un enchaînement de samples électro et de riffs saccadés flirtant avec le death metal, mélangés avec des refrains plus catchy comme sur Hurricane ou Shout Out Loud. Le milieu de l’album est marqué par la masterpiece Shadows, une magnifique balade de près de six minutes tout en douceur qui tranche complètement avec le reste de l’album. La musique, subtile et discrète, nous laisse presque en tête à tête avec la superbe voix de Jelena. Ce titre est un vrai régal dès la première écoute. Mes autres coups de cœur se sont portés sur You Can’t Stop Me et Oracle pour leur côté groovy-funky, et la dynamique et efficace Alpha qui m’avait déjà interpellée à sa sortie l’année dernière. J’ai eu un peu plus de mal avec Animals, sans pour autant détester, mais c’est peut-être trop moderne pour moi. A la toute fin de l’album, je me suis laissée envoûter par Swallow The Night qui vaut le détour rien que pour son ambiance mystique, on croirait traverser une boutique de magie noire.

En écoutant ce nouvel album, j’ai rapidement eu à l’esprit Amaranthe, même si je connais assez mal le groupe (mais promis, je vais m’y intéresser prochainement). Avis aux fans des Suédois qui liront cette chronique, qu’en pensez-vous ?

Un second clip est paru la semaine dernière sur le titre Ghost, la toute première piste de l’album.

Après quatre ans d’absence et un déménagement de la Tunisie vers l’Allemagne, Persona a tout simplement mûrit. On sent effectivement une volonté de passer à l’étape suivante, de monter d’un cran. Le growl a pris une place importante dans les parties de chant de Jelena, peut-être trop pour les fans de la première heure, et la musique a gagné en agressivité. Ce qui est sûr, c’est que le groupe a su se renouveler et prendre des risques. Reste à voir ce que le nouveau Persona donnera sur scène. Si la setlist mélange des titres tirés des trois albums, ça promet un sacré moment de diversité !

 

Line-up:
Jelena Dobric – Chant
Melik Melek Khelifa – Guitare
Yosri Ouada – Guitare
Eike H. Nehen – Basse
Simon Schröder – Batterie