Cellar Darling

Live Report : Cellar Darling + Kassogtha - Paris - 17.04.22

La galerie photo complète de la soirée est disponible iciCellar Darling + Kassogtha – Paris – 17.04.22

Cette date je l’attendais avec impatience, et sans vouloir spoiler la suite du report, je peux déjà te dire que ça en valait la peine. D’abord annoncée en septembre 2021, puis reportée en mars 2022 pour cause de restrictions sanitaires, puis à nouveau reportée en avril 2022 pour cause de travaux dans la salle initialement prévue, c’est finalement le 17 avril 2022 sur la scène du O’Sullivans Backstage que Cellar Darling se produit à Paris.

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore le groupe, Cellar Darling c’est un trio folk metal suisse formé par trois anciens membres d’Eluveitie : Anna Murphy au chant, flûte, claviers, vielle à roue, Ivo Henzi à la guitare, et Merlin Sutter à la batterie. Sur scène, ils sont accompagnés par Nicolas Winter à la basse.

En arrivant sur place quelques minutes avant le début du concert, je suis surprise de voir que les musiciens sont déjà au stand de merch. Chacun prend le temps d’échanger avec les fans venus nombreux pour l’occasion. La dernière fois que le groupe a joué à Paris, c’était en 2019. Les retrouvailles semblent très attendues. Pour ma part, ce sera la toute première fois « en vrai ». J’ai en effet découvert Cellar Darling assez tard et je me suis intéressée réellement à eux lors de la « Lockdown Content Campaign » lancée juste avant leur premier live streaming, en mai 2020. C’était d’ailleurs l’objet de l’un de mes premiers articles dans le webzine (à retrouver juste là https://www.metal-overload.com/cellar-darling-en-campagne-puis-en-live/ ).

Cellar Darling Kassogtha

Kassogtha, une première partie sans concessions

Mais avant la pizza, il y a l’apéro. En guise de Mojito, c’est Kassogtha qui ouvre la soirée. Le quintet Suisse ne m’est pas inconnu puisque nous avions partagé l’affiche sur une date belge de leur tournée en 2018. Deus Ex Machina (c’est ainsi que la formation s’appelait à l’époque) a fait du chemin depuis quatre ans, je suis ravie de les retrouver et de constater l’évolution du groupe. Outre le changement de nom, Stephany met aujourd’hui beaucoup plus en avant la voix clean et c’est le guitariste, Mortimer, qui prend les growls.

Kassogtha
Kassogtha

Avec un death metal à tendance mélodique, le style musical de Kassogtha est assez éloigné de la tête d’affiche de la soirée. Pour autant, le groupe est bien accueilli pour leur première date parisienne avec un public réceptif et enthousiaste. En juin 2020 déjà, ils avaient côtoyé la même scène que Cellar Darling lors du live streaming Tohuwabohu Festival aux côtés d’Illumishade et Samael. Kassogtha envoie du lourd sur un set maîtrisé et s’en donne à cœur joie pour chauffer la salle. Pendant le concert, on découvre en avant-première le titre « Before I Vanish » qui est sorti avec un clip quelques jours plus tard (https://www.youtube.com/watch?v=2X4zFyjwcY8). Il s’agit du deuxième extrait de l’album « rEvolve » qui paraîtra à l’automne 2022 sous le label Klang Machine Records dont fait partie Merlin Sutter, le batteur de … Cellar Darling. Après une quarantaine de minutes de set dans une ambiance lumineuse plus que tamisée (ingé light en grève ?), Kassogtha quitte la scène sous les applaudissements. Une petite photo souvenir avec le public puis direction les backstages et le stand de merch. Une première partie de qualité qui aura ravi l’audience.

Kassogtha

Changement de plateau, on se rafraîchit rapidement et retour dans la « fosse » pour pouvoir ramener quelques clichés. Je prie pour que la scène soit plus éclairée et moins enfumée que sur la prestation de Kassogtha.

Cellar Darling, la grosse claque folk

Un peu avant 21h, Cellar Darling monte sur scène, chacun s’installe puis les premières notes de « Pain » viennent percer le silence. Une formidable énergie se dégage rapidement et, dans les premiers rangs, on ressent le souffle de la grosse caisse martelée par Merlin Sutter. Le son est vraiment top et ça fait plaisir d’entendre enfin en direct ces morceaux passés en boucle pendant près de deux ans. Les albums studios de Cellar Darling sont très bien, mais en live on récupère en plus toute l’émotion des musiciens, c’est juste magnifique. Globalement, les titres sont très nuancés, à l’image de « Death » qui te fait passer de la grosse disto à un solo de flûte parfaitement interprété qui semble suspendu dans le temps. Le mélange des instruments classiques avec les riffs metal est épatant et apporte légèreté et subtilité.

Cellar Darling
Cellar Darling

Les titres s’enchaînent rapidement, pas le temps de se laisser distraire. On entend notamment « The Spell » puis « Insomnia » avec un solo de vielle à roue épique d’Anna Murphy acclamée par le public. Je fais une pause sur les photos pour profiter pleinement de « Freeze », un titre assez court avec un refrain très puissant qui reste mon préféré depuis mes premières écoutes. Instant magique, je reste sous le charme.

La chanteuse prend un peu timidement la parole en milieu de set pour remercier l’audience et expliquer qu’ils sont très heureux de pouvoir être sur scène alors que le monde va mal. Malgré une certaine notoriété acquise ces dernières années, les quatre musiciens paraissent simples et accessibles. Pas de superflu ici. Sur scène, il y a le groupe en jeans noirs et baskets et leurs instruments. Peu de mouvements sur scène également, hormis les déplacements de la chanteuse vers ses différents instruments. Chacun reste à sa place et les interactions entre les membres se font plutôt par le biais de regards complices. Bref, une configuration efficace qui laisse toute la place à la musique et à l’émotion qu’ils dégagent ensemble. Cellar Darling fait partie de ces groupes qui n’a pas besoin d’artifice pour captiver.

Cellar Darling
Cellar Darling

Vient ensuite « Dance » , une masterpiece de dix minutes qui n’apparaît sur aucun des deux albums mais qu’on a pu découvrir avec un clip l’année dernière. Anna Murphy jongle subtilement entre le chant, la flûte, la vielle à roue et le clavier, c’est impressionnant. Retour sur le premier album avec « Black Moon » et « The Hermit » qui viennent compléter la setlist et c’est déjà malheureusement la fin du show. Bien entendu, on réclame un rappel, impossible de se quitter comme ça. Après quelques mots de remerciements, Cellar Darling entame une ultime chanson. Les premières notes de la très attendue « Avalanche », premier single du groupe sorti en 2017 (https://www.youtube.com/watch?v=NWMiBj0yDJg), résonnent sous les applaudissements du public qui chante chaque refrain avec ferveur et engouement.

Tu l’auras compris, j’ai passé une excellente soirée avec Kassogtha et Cellar Darling. Vu l’affluence qu’il y avait au stand de merch, je pense que nous étions nombreux dans ce cas-là. En toute logique, on termine la soirée au bar du O’Sullivans Backstage où, un peu plus tard, on sera surpris de voir passer difficilement parmi la foule, de manière totalement incognito, le trio Anna Murphy, Merlin Sutter et Ivo Henzi avec leurs instruments pour charger eux-mêmes leur van devant la salle.

 

Les prochaines dates pour Kassogtha seront exclusivement locales : le 14 mai 2022 à Frauenfeld, le 18 juin 2022 à Pratteln et le 27 août 2022 à Lausanne, villes suisses. On espère les revoir en France ou en Belgique rapidement.

Cellar Darling, quant à eux, seront de nouveau en France à l’occasion du Rock Your Brain Fest qui se déroulera le 24 juillet prochain à Sélestat en Alsace.

Plus d’infos sur les groupes :

Kassogtha : https://kassogtha.com/

Cellar Darling : https://www.cellardarling.com/

 

Galerie photo complète du concert ici : Cellar Darling + Kassogtha – Paris – 17.04.22


Noise On Stage - Le Tetris 26.02.22 - Live Report

Noise On Stage - Le Tetris 26.02.22 - Live Report

La galerie photo complète est disponible ici.

 

Le dernier weekend de février, j’ai mis les voiles direction Le Havre pour une soirée rock 100% féminin organisée par l’association New Noise. Et comme c’était dingue, je me suis dit qu’il fallait que je te raconte.

Noise on Stage

L’événement baptisé « Noise on Stage » a lieu au Tetris, une structure culturelle implantée dans le fort de Tourneville qui surplombe Le Havre. Les concerts de ce soir se tiennent dans la « petite » salle, le Rubik’s Club, dont la capacité d’accueil est tout de même de 200 personnes (debout). Et nom d’une pinte, ça fait quand même du bien de se retrouver le cul dans le vide et posé sur ses baskets pour un concert !

A l’affiche, on retrouve trois girls bands aux styles différents, la soirée s’annonce variée. Anarchicks est un quatuor de punk rock venu tout droit de Lisbonne, Jades débarque de la région parisienne avec des titres typé hard rock, et enfin, Les Filles d’Odin sont originaires de Rouen et proposent un set de covers rock/punk d’artistes principalement féminines comme L7 ou Joan Jett.

Noise on stage

Un pari risqué donc pour New Noise puisqu’aucun groupe local ne se produit ce soir-là. Il faudra compter sur la curiosité du public aux alentours pour remplir la salle. Avec un tarif d’entrée relativement élevé (mais justifié) pour les billets achetés sur place (16€), le pari est d’autant plus risqué.

Au cours de la soirée, j’échange quelques mots avec Nicolas de New Noise qui m’explique comment ils ont monté ce plateau : « J’ai découvert les groupes sur YouTube, j’ai tenté ma chance et elles ont toutes accepté. On a essayé de trouver d’autres dates sur la route pour Anarchicks mais on a eu peu de réponses, et celles qu’on a reçues étaient négatives malheureusement ».

 

Le live

A 20h30 pile Les Filles d’Odin donnent le coup d’envoi. Nous sommes seulement quatre quand les premières notes retentissent mais le public arrive rapidement. Le départ est un tantinet timide, les Filles n’ont visiblement pas l’habitude de grandes scènes, mais elles ont le sourire et les applaudissements leur donne petit à petit confiance en elle. La formation reste très statique sur une moitié de la scène tandis que de l’autre côté on s’autorise un peu plus de mouvement. Les titres s’enchaînent de manière fluide sur des classiques du rock, et on aura également droit à une version revisitée du célèbre « Partenaire Particulièr(e) » qui semble avoir fait l’unanimité côté spectateurs.

Les Filles d'Odin

En trente minute, Les Filles d’Odin relèvent donc le défi de chauffer la salle pour la soirée. Le public est réceptif, les cinq musiciennes ont l’air comblé.

Les Filles d'Odin
Les Filles d'Odin

C’est l’heure du changement de plateau. Le bar n’étant pas dans le Club, celui-ci se vide entre les prestations des groupes, laissant le temps aux musiciennes de s’installer tranquillement.

Pour la suite, Jades ne m’est pas inconnu et je suis ravie de les retrouver sur la chouette scène du Tetris. Les franciliennes commencent leur set devant un public un peu plus dense, tout le monde est chaud et impatient après la prestation des Filles d’Odin. On change de style ici : chapeaux et paillettes sont de la partie et les guitares se font plus agressives, nous faisant basculer, semblant de rien, vers le hard rock voire une pointe de metal. L’ambiance dans la salle va crescendo, les interventions régulières de Lyndsay (bassiste chanteuse) et Cherry (guitariste choriste) entre les titres créent un lien privilégié avec les spectateurs. On aura même droit à quelques secondes de pogo en milieu de set.

Sur scène, ça bouge aussi pas mal malgré les chaussures à talon haut. Les quatre musiciennes jouent entre elles et se lancent des regards complices, une osmose qui fait plaisir à voir et se ressent dans la dynamique du groupe.

Jades

Le set d’une heure s’achève traditionnellement avec la célèbre reprise des Runaways, « Cherry Bomb ». La guitariste Cherry prend le chant principal, laissant le loisir à Lyndsay d’aller s’offrir un petit bain de foule dans la salle.

Jades
Jades

Deuxième pause. Après toutes ces émotions, direction le bar, histoire de se rafraîchir avant Anarchicks. Les portugaises entrent en scène pour clôturer comme il se doit cette folle soirée. Le voyage depuis Lisbonne n’a visiblement pas épuisé les 4 musiciennes survoltées qui jouent à fond la carte de la provoc’ et on est rapidement mis dans le bain. A peine sont-elles montées sur scène que la chaleur monte encore d’un cran dans la salle. Inutile de demander au public de s’approcher, ils sont déjà en front de scène ! Ça fait plaisir pour le groupe, mais je ne te raconte pas la galère pour prendre des photos ! Anarchicks sera ma bonne surprise de la soirée. Les quatre nanas sont hyper à l’aise sur scène et dégagent une énergie communicative impressionnante. Si elles passent près de chez toi un de ces jours, tu peux prendre ton billet les yeux fermés. C’est promis tu ne le regretteras pas.

Anarchicks

Et c’est déjà la fin de soirée. Pari réussi pour New Noise puisque la salle était bien remplie et le public du Havre semble avoir été conquis par Les Filles d’Odin, Jades et Anarchicks qui ont enflammé la scène du Tetris. Le stand de merch affiche une bonne fréquentation et, après un dernier verre, on repart le sourire aux lèvres en fredonnant quelques refrains.

DSC03117r
DSC02754r

Un grand bravo aux trois groupes et aux équipes de New Noise et du Tetris qui nous ont offert un show de qualité sans accroc. Au total ce sont treize musiciennes qui ont tout donné, une jolie scène, un super son et une orga au top, bref une soirée dingue, je te l’avais dit !


You Look Nice Today

“You Look Nice Today”, le petit bijou de The Streamliner

C’est le grand jour pour The Streamliner ! Aujourd’hui sort “You Look Nice Today”, le second EP du power trio francilien. Et pour ne rien te cacher, il s’agit là de mon coup de cœur pour ce début d’année 2022. Boucle ta ceinture, on embarque tout de suite avec The Streamliner pour découvrir ce petit bijou.
C’est en 2013 que le trio aux influences rock stoner/garage voit le jour à Meaux, en Seine-et-Marne. Quelques années plus tard, en 2016, l’EP “Green Sun” pointe le bout de son nez et sera un premier essai déjà convaincant.
Il aura ensuite fallu attendre six ans (et une pandémie, rappelons-le) pour ce second EP autoproduit, “You Look Nice Today”. Oui, six ans, mais l’attente en valait finalement la peine. Pas de travail bâclé ici, cette galette a été concoctée aux petits oignons par les trois musiciens, et on sent qu’ils y ont mis toutes leurs tripes.

The Streamliner

Quatre titres pour une vingtaine de minutes de musique, c’est court me direz-vous ? Non, c’est efficace. Si on devait résumer ce disque par un seul mot, ça serait tout simplement : “efficace”. Au niveau du son, pas de fioriture, The Streamliner nous rappelle qu’en 2022 on peut encore faire de la bonne musique avec une batterie, une basse, une guitare, un chant, et qu’avec “juste” ça, tu peux envoyer la patate qu’il faut et ravir ton public. Malgré ce côté roots, le groupe propose des ambiances variées sur les quatre titres et on oscille ainsi entre lourdeur et riffs entraînant, souvent même au sein de la même piste.

Alors qu’y a t-il dans “You Look Nice Today” ?

Une batterie propre et carrée au service de la musique, s’autorisant quelques secondes de breaks solo de temps en temps, comme sur Mind Fuck (arf ces quelques secondes sont magiques !). Derrière ses fûts, Benjamin reste sur des patterns assez simplistes sans en faire trop, juste ce qu’il faut pour te rappeler qui est le patron du rythme. La basse est bien présente, il aurait été dommage de ne pas en profiter étant donné la place qu’il y avait à prendre en l’absence de guitare rythmique. Malgré le fait que Darkim assure basse et chant, aucune des deux parties n’est en reste. Cette basse ne se contente pas juste de créer une assise, ce sont des lignes mélodiques à souhait qu’on distingue très bien dans le mix avec un son creusé et incisif. Pour compléter le trio instrumental, une guitare avec beaucoup de grain, des riffs accrocheurs et des solos aux multiples effets. Axel est créatif et à l’aise aussi bien en accompagnement qu’en lead guitar. La voix de Darkim vient se poser là-dessus tantôt avec douceur comme sur les couplets de Incubus, tantôt avec rage comme sur la deuxième partie de “Moon’s Bride”. La chanteuse se fait plaisir sur différents registres, et ce n’est pas pour nous déplaire.

You Look Nice Today

J’ai particulièrement apprécié ce son brut qui est vraiment très proche de ce que propose le groupe en live. Chaque instrument est mis en valeur, on distingue tout, comme une impression d’être dans le studio avec eux. On aime ou on n’aime pas, personnellement, j’adore. En écoutant “You Look Nice Today”, j’ai rapidement eu à l’esprit les Black Sabbath des années 70-80 avec cette guitare très baveuse et les rythmes ternaires omniprésents. Si je te dis “Children of the Grave”, tu vois de quoi je parle ?
Il est difficile de choisir un seul titre préféré. Je dirais plutôt que j’ai beaucoup aimé la raclée de “Moon’s Bride”, le solo tellement « waouh » de “Incubus”, la pêche de “Mind Fuck” et la diversité d’ambiances de “Tyre’s Smokes”. Ces vingt minutes se dévorent d’une traite, comme une œuvre unique qui te fera passer par plusieurs états et te donnera envie de remettre le couvert à la première occasion.
Pour parfaire le tout, la pochette du disque a elle aussi été soignée. Le petit plus qui fait plaisir, l’artwork aux couleurs Rock n’Roll a été réalisé par Darkim, chanteuse bassiste du groupe.

Alors oui, on en voudrait plus, mais quelque chose me dit que The Streamliner ne va pas s’arrêter en si bon chemin et qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux.
« You Like Nice Today » est disponible dès aujourd’hui sur les plateformes de streaming (Deezer et Spotify), sur Bandcamp, et en version physique auprès du groupe.
A ce propos, ils seront en concert le 04 mars avec Krokodil Dental Plan à Mouroux en Seine-et-Marne (77). Si tu veux ton exemplaire dédicacé, c’est l’occasion ! Toutes les infos ici.

Et si tu as manqué l’interview de The Streamliner à l’occasion de la sortie du clip « Moon’s Bride » en début de mois, jette un œil ici.

Affiche concert

Pour suivre The Streamliner sur les réseaux :


The Streamliner

The Streamliner présente "Moon's Bride"

En septembre dernier je découvrais pour la première fois en live The Streamliner, un power trio rock stoner de la région parisienne. Je me souviens avoir pris une grosse claque sonore et visuelle avec leur prestation au Dropkick Bar de Reims ce soir-là, et il me tardait de pouvoir retrouver le groupe à d’autres occasions (une galerie photo du concert est d’ailleurs disponible ici).

Vendredi dernier, le trio sortait son tout premier clip sur le titre “Moon’s Bride”, extrait de l’EP “You Look Nice Today” annoncé pour la fin du mois de février. La vidéo est superbement réalisée et musicalement, on en prend plein la gueule à coup de grosse disto baveuse. En bref, “Moon’s Bride” te donne la patate pendant un peu plus de quatre minutes, et tu te surprendras certainement à balancer la tête et hurler sur certains passages. The Streamliner a mis les petits plats dans les grands pour offrir à son public une première vidéo de qualité qui mérite d’être vue, revue et partagée. Et ça fait du bien de voir des groupes comme ça se sortir les doigts de là où tu sais.

J’en ai donc profité pour interpeller les trois musiciens dans une interview afin d’en savoir un peu plus sur le groupe, le clip, et leurs projets à venir.

The Streamliner

Présentez nous The Streamliner en quelques mots.

Le nom The Streamliner est inspiré des dragsters et des voitures de courses de vitesse sur les lacs asséchés de l’ouest américain. Cela symbolise la recherche de vitesse et un attrait pour le désert et les grands espaces. C’est là que sont les origines du desert-rock et du stoner des 90’s.
On prône un certain esprit de liberté, de création et de construction collective, sans barrières. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est vraiment un travail d’équipe, d’écoute et de partage.

The Streamliner c’est trois musiciens, trois personnages. Qui êtes-vous ?

On est un power trio et on a voulu rester sur cette configuration pour garder un son brut. 
Darkim à la basse et au chant, qui paraît toute douce quand elle monte sur scène mais te balance un scream dès les premières notes. Ça annonce direct la couleur pour la suite ! Axel à la guitare est notre riff maker. On l’appelle aussi Peï Meï (Kill Bill) quand il est en mode tyran de la répéte. Et enfin Benji, notre bûcheron à mi-temps, qui un jour passera à travers les peaux de ses fûts de batterie !

A quel point êtes-vous impliqués dans la réalisation du clip de « Moon’s Bride » ?

« Moon’s Bride » est notre premier clip et on l’a voulu à l’image de notre groupe et de notre son, c’est-à-dire brut avec un montage très cut et un visuel fort. 
On s’est complètement investis dans le clip, de A à Z, en mode Do It Yourself. Il a été tourné en co-réal entre notre bassiste-chanteuse Darkim et Felix Dumas, un pote de longue date vidéaste avec qui on a déjà partagé la scène.
Au niveau du lieu on cherchait un endroit roots, typé underground. Le hangar juste à côté de notre studio de répète et de notre asso Eightball Society, qui est un peu notre source, (ON est nés là-bas quoi! ) était tout indiqué.
Pour l’idée de la séquence dans la boîte noire, on souhaitait quelque chose de plus monochrone, éthéré, avec une couleur rouge sang qui fait écho à la pochette du CD. La réalisation de cette scène a été possible grâce à David Wibaux et toute sa science des lumières. Il y a une bonne inspiration post-apo et SF qui est globalement le fil conducteur de l’EP et de The Streamliner de manière générale, tant au niveau des textes que du son.
Il existe bien sûr une trame derrière ce clip liée à ce que raconte le morceau mais nous préférons laisser au spectateur sa libre interprétation.

Le titre « Moon’s Bride » est issu de votre second EP qui doit sortir bientôt. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet EP ? Pourquoi avoir choisi « Moon’s Bride » pour l’illustrer ?

On voulait un premier morceau qui reflète pleinement les deux facettes de notre son. D’un côté faire du catchy et rythmé, et de l’autre du lourd et puissant. Clairement, on est en plein dedans avec celui-ci. « Moon’s Bride » est un concentré de The Streamliner.
De plus Darkim avait vraiment des images précises sur ce qu’elle souhaitait faire sur ce morceau avec ce côté “grosse claque” sur la deuxième partie.
Concernant l’EP, il a été enregistré en plusieurs sessions pendant la période Covid avec Duff de Mejej Studio, qu’on embrasse tendrement. Il a su mixer sonorités vintage et lourdeurs lovecraftiennes avec un chant entre fragilité et scream écorché.

Que peut-on attendre de The Streamliner en 2022 ?

Déjà la sortie de notre EP, « You Look Nice Today », pour le 25 février prochain. Ensuite, le plus de dates possibles pour remonter sur scène après deux années de semi-vide musical. Le contact avec le public et les moments live nous ont manqué. Évidemment nous ne sommes pas restés dans notre cave à attendre que le temps passe. On a eu le temps de préparer pas mal de surprises pour les futurs scènes et on a hâte de partager notre énergie, distribuer des gros riffs, et défendre cet EP comme il se doit.


Photos par Kevin Dicop

Le premier EP de The Streamliner est disponible sur Bandcamp :

https://thestreamliner.bandcamp.com/releases

 

Pour suivre leur actualité :


Black Cosmic Elements, une première réussite pour Aran Angmar

Black Cosmic Elements, une première réussite pour Aran Angmar

Pour terminer l’année en douceur, je vous propose une chronique de l’un de mes coups de cœur de 2021, Black Cosmic Elements, le premier album d’Aran Angmar.

Black Cosmic Elements est sorti au printemps dernier sous le label français Time Tombs Production. Ce n’est donc pas vraiment une nouveauté, mais si tu es passé à côté, je ne pourrais que te conseiller de lui consacrer un peu de temps.

Il s’agit du premier album d’Aran Angmar, un trio black/death metal qui a vu le jour courant 2019. Les membres du groupe ne sont pas inconnus de la scène metal : les parties vocales ainsi que certaines parties de basse sont assurées par Lord Abagor, qui officie notamment dans Saille et que j’avais pour ma part découvert dans Dunkelnacht il y a quelques années ; à la batterie on retrouve Michiel Van Der Plicht, également batteur pour Pestilence et qu’on a pu voir sur scène avec Carach Angren ; Maahes, quant à lui, s’est chargé des guitares et de la basse, ainsi que de la production de l’album en coopération avec Roberto Priori.

Aran Angmar band

Enregistré à Bologne en Italie, Black Cosmic Elements est un album assez court puisqu’il ne contient que sept titres pour environ trente minutes de musique. Pour autant, le format est parfaitement adapté pour découvrir le groupe et si, comme moi, tu n’es pas habitué au black metal, tu n’auras pas le temps de te lasser, juste d’apprécier. Pour ma part, j’ai pris une claque dès la première écoute, transportée de suite par l’univers mélo-dark d’Aran Angmar. L’album attaque fort d’entrée de jeu avec Sovereign qui te saute à la gueule dès les premières secondes. Ce titre restera mon préféré même après plusieurs mois d’écoute. En milieu de parcours, Portals To The Universe est un interlude instrumental de deux minutes qui marque une petite pause tranquille avant de reprendre un rythme soutenu sur les deux excellents derniers titres : The Scion et Black Cosmic Elements.

Black Cosmic Elements

Au niveau du son, Black Cosmic Elements est un disque de qualité qui a semble-t-il été travaillé dans le détail. C’est propre et distinct, chaque instrument est mis en valeur, bref rien ne vient polluer l’écoute des mélodies occultes d’Aran Angmar. On peut donc féliciter Giuseppe Orlando pour le mix et le mastering aux petits oignons.

Parmi les influences de cet album, on citera Dissection, Mayhem ou encore Dark Funeral. Aran Angmar propose un black/death metal très mélodique qui le rend accessible à un large public tout en satisfaisant les connaisseurs du genre. La voix de Lord Abagor est tout de suite identifiable et se plaît à merveille sur le gras des guitares de Maahes et les nombreux blast beats de Michiel Van Der Plicht.

Black Cosmic Elements se positionne donc parmi mes pépites de l’année 2021. Aran Angmar a construit son propre univers au travers des sept titres qui composent l’album. Un projet prometteur sur lequel on garde un œil.

Assez parlé, il est temps de passer à l’écoute. Accroche toi bien et savoure !


Persona

Animal, la mutation de Persona

Persona fait un retour surprenant en cette fin d’année avec un troisième album intitulé Animal. J’ai eu l’occasion de le découvrir quelques jours avant sa sortie officielle qui avait lieu ce samedi 23 octobre.

Animal, premières impressions

Ayant en tête les premiers succès du groupe comme Blinded ou Forgotten, il m’aura fallu un peu de temps pour me convaincre que j’étais bien en train d’écouter Persona. La formation prend ici un virage à 180 degrés et propose sur ce nouvel opus des sonorités plus modernes et agressives que sur les deux précédents albums, Elusive Reflections (2016) et Metamorphosis (2017). En octobre 2020 on découvrait déjà un premier single, Alpha, qui annonçait le retour de Persona en grande forme avec une toute nouvelle section rythmique et l’envie de prendre une nouvelle direction (une news à ce sujet est disponible ici).

En se penchant sur la distribution de l’album, on peut supposer que la collaboration avec le producteur allemand Marco Meyer n’est pas totalement étrangère au nouveau style adopté par Persona. Si une grande partie des textes sont toujours signés par la chanteuse, Jelena Dobric, les musiques sont quant à elles majoritairement réparties entre Marco Meyer et le nouveau batteur du groupe, Simon Schröder (également parolier sur quelques titres).

Persona 'ANIMAL' (2021) cover

Concrètement, qu’en est-il de ce nouveau Persona ?

Surprenant oui, mais pas pour autant décevant. Passée la frustration de ne pas retrouver l’univers mélodique voire symphonique de l’ancien temps, on se laisse assez rapidement embarquer dans le voyage sauvage proposé dans Animal. Dix titres pour quarante minutes de musique, c’est selon moi le format idéal pour en profiter sans ressasser. L’album attaque d’entrée sur des samples rappelant l’univers carcéral déjà exploité dans le clip de Alpha. Exit les solos de guitare mélodiques des précédents albums, ici c’est plutôt un enchaînement de samples électro et de riffs saccadés flirtant avec le death metal, mélangés avec des refrains plus catchy comme sur Hurricane ou Shout Out Loud. Le milieu de l’album est marqué par la masterpiece Shadows, une magnifique balade de près de six minutes tout en douceur qui tranche complètement avec le reste de l’album. La musique, subtile et discrète, nous laisse presque en tête à tête avec la superbe voix de Jelena. Ce titre est un vrai régal dès la première écoute. Mes autres coups de cœur se sont portés sur You Can’t Stop Me et Oracle pour leur côté groovy-funky, et la dynamique et efficace Alpha qui m’avait déjà interpellée à sa sortie l’année dernière. J’ai eu un peu plus de mal avec Animals, sans pour autant détester, mais c’est peut-être trop moderne pour moi. A la toute fin de l’album, je me suis laissée envoûter par Swallow The Night qui vaut le détour rien que pour son ambiance mystique, on croirait traverser une boutique de magie noire.

En écoutant ce nouvel album, j’ai rapidement eu à l’esprit Amaranthe, même si je connais assez mal le groupe (mais promis, je vais m’y intéresser prochainement). Avis aux fans des Suédois qui liront cette chronique, qu’en pensez-vous ?

Un second clip est paru la semaine dernière sur le titre Ghost, la toute première piste de l’album.

Après quatre ans d’absence et un déménagement de la Tunisie vers l’Allemagne, Persona a tout simplement mûrit. On sent effectivement une volonté de passer à l’étape suivante, de monter d’un cran. Le growl a pris une place importante dans les parties de chant de Jelena, peut-être trop pour les fans de la première heure, et la musique a gagné en agressivité. Ce qui est sûr, c’est que le groupe a su se renouveler et prendre des risques. Reste à voir ce que le nouveau Persona donnera sur scène. Si la setlist mélange des titres tirés des trois albums, ça promet un sacré moment de diversité !

 

Line-up:
Jelena Dobric – Chant
Melik Melek Khelifa – Guitare
Yosri Ouada – Guitare
Eike H. Nehen – Basse
Simon Schröder – Batterie

Persona band

Mennecy Metal Fest

Une soirée au Mennecy Metal Fest

La galerie photos complète est disponible ici.

Souvenez-vous, début septembre c’était la rentrée pour bon nombre d’écoliers, et quelques jours plus tard, avait lieu le Mennecy Metal Fest. Un événement qui a pris toute son importance pour la jeune rédactrice et photographe que je suis puisque je signais ce jour-là ma toute première accréditation officielle sur un fest’. C’est donc avec une certaine excitation que j’ai pris la route ce vendredi 10 septembre vers Mennecy. Après plus d’un an et demi de privation de concerts et de restrictions, autant vous dire que j’étais dans les starting blocks. Le MMF se tenait sur trois jours. Pour une reprise en douceur, je n’ai participé qu’à la soirée du vendredi.

Mennecy Metal Fest

Qui dit région parisienne dit forcément embouteillages, j’arrive donc sur le site du festival bien après l’ouverture des portes et je rate le premier groupe, Chaos E.T. Sexual. C’est la première fois que le MMF a lieu en extérieur et bien entendu, il pleut des cordes. Octane, qui passait juste après sur la Main Stage, se voit contraint d’interrompre le concert pour des soucis techniques liés à la pluie. Qu’à cela ne tienne, le public est déjà au rendez-vous, s’abritant sous les parapluies et les arbres, et le groupe termine son set une fois la météo calmée.

DSC02086r

Vient ensuite Akiavel. C’est LE groupe que j’attendais sur cette soirée, et je ne suis pas déçue ! Découvert au printemps dernier avec la sortie de leur single Frozen Beauties, je guettais leurs dates de concerts en espérant pouvoir assister à l’un d’entre eux. Le groupe n’existe que depuis 3 ans mais compte déjà un EP et deux albums à sa discographie. Ça travaille dur chez Akiavel, et le résultat est là. Les quatre musiciens enchaînent les titres avec une aisance déconcertante et embarquent de suite le public dans leur monde. Je reste captivée et fascinée par ce quatuor survolté sur toute la durée du set.

Mennecy Metal Fest Akiavel

On enchaîne avec les allemands de MasterPlan, la touche power metal de la soirée. Le quintet semble bien se connaître, le set est rodé et on distingue une certaine complicité entre les musiciens.

Mennecy Metal Fest MasterPlan

Et c’est l’heure de manger (oops, désolée si je te donne faim). Après toutes ces émotions, il est temps de se rassasier. On saluera la patience et la bonne humeur des bénévoles qui s’occupent de la restauration et de la buvette. Ça grince un peu des dents dans la file quand les frites se font désirer, mais on est agréablement servis avec le sourire. (Et il y avait même des crêpes pour le dessert, c’est pas royal ça ?)

Une fois le menu englouti, direction la Main Stage pour retrouver No One Is Innocent. Un classique auquel je ne m’étais jusqu’à présent pas intéressée, ça tombe bien, ils sont en pleine forme ce soir ! Ça saute de partout, ça tourbillonne et les effets de lumière sur la scène ajoutent encore plus de peps au set. Il faut être réactif pour espérer prendre en photo le chanteur ou les deux guitaristes qui se font une joie d’occuper tout l’espace qui leur est dédié.

Mennecy Metal Fest No One Is Innocent

Je fais ensuite une halte au niveau de la Eye_Stage, proposée par l’association MusikO_Eye. Une scène plus petite (mais pour autant pas en reste !) dédiée aux groupes locaux, et qui permet de se maintenir en condition le temps du changement de plateau sur la scène principale. C’est Heavyction qui s’y produit à mon arrivée, un groupe de thrash metal de la  région parisienne qui tranche bien avec le groove de No One Is Innocent dont je sors.

Mennecy Metal Fest Heavyction

Pour terminer la soirée (déjà !!!), retour à la Main Stage avec Phil Campbell and The Bastard Sons. Tout comme No One Is Innocent, je ne connaissais ce groupe que de nom grâce à la réputation du guitariste de Motorhead. Et c’est encore une chouette découverte, dans un style encore différent de tout ce qui s’est fait ce soir. On aura bien entendu droit à quelques reprises de Motorhead, notamment Ace of Spades et Killed by death. Parfait pour clôturer ce premier jour de fest.

Mennecy Metal Fest Phil Campbell

J’ai particulièrement apprécié la diversité de l’affiche et la qualité du travail des ingés son et lumière. Autant que je me souvienne, pas un seul larsen n’est venu titiller mes petites oreilles et on entendait distinctement tous les instruments, pas de crachouillis, c’était propre, la scène était vraiment superbe avec des ambiances différentes pour chaque groupe. Bref, un régal pour les yeux et les oreilles. Bravo !

Le MMF accueillait aussi des exposants tout au long du weekend. On retrouvait notamment Invaders Amp, un fabricant belge d’amplis et cabs guitare/basse qui proposait à l’essai quelques modèles ainsi qu’une masterclass le samedi matin. J’ai ensuite fait la connaissance de Saad Jones, un écrivain masqué (également batteur) avec qui on pouvait échanger via un protocole assez particulier mais cependant très pratique dans un environnement bruyant. Sur le même stand un représentant des éditions Flammes Noires, spécialisées dans le metal et le metal extrême, exposait de nombreux livres tous aussi dark les uns que les autres. Et enfin, j’ai rencontré Fred, alias Fred’Art, en  pleine séance de dessin, qui exposait ses superbes toiles des signes du zodiaques.

Mennecy Metal Fest Saad Jones
Mennecy Metal Fest
Mennecy Metal Fest
Mennecy Metal Fest

Rendez-vous en 2022 pour une nouvelle édition du Mennecy Metal Fest !


Firemaster Convention

Les coulisses de la Firemaster Convention, entretien avec Joffrey et Elodie

Il y a quelques temps on vous avait rapidement parlé de la Firemaster Convention qui avait pris place au début du mois de mai à Châteauroux, dans le Centre de la France (ici, dans cette news). Cette deuxième édition était déclinée en version “online” afin de respecter les restrictions en vigueur à cette période. Ce format nous avait donné l’occasion d’y participer virtuellement malgré la distance, et comme on a aimé, on a voulu en savoir un peu plus sur le sur le sujet.

Pour satisfaire notre curiosité, on s’est entretenu avec Joffrey Dériaud et Elodie Briffard, respectivement directeur et attachée de presse de la Firemaster Convention.

Firemaster Convention

Pour commencer, pourriez-vous nous parler un peu du concept initial de la Firemaster Convention. D’où est venue cette idée d’événement et quelles sont ses valeurs ?

Joffrey (directeur de la FireMaster Convention) : L’idée de départ était de proposer un événement avec une forte valeur ajoutée. L’association pour laquelle je travaille, Tonnerre Productions, organise des concerts Musiques Actuelles depuis fin 2012. L’équipe a toujours eu l’envie de proposer et de porter des concepts via ses divers événements, c’est une façon de toujours mettre en action nos neurones et nous pousser dans la voie du développement. Aussi, avec notre ami Kermhit de France Metal, nous voulions organiser un projet ensemble. Après une courte réflexion, offrir un événement qui puisse d’une façon large s’enquérir du sujet « metal » via d’autres spectres que celui du pur live nous paraissait pertinent. Cette culture et sa communauté ont tellement de choses à partager qu’il semble qu’un programme varié d’activités et d’animations pour pouvoir la saisir ou la développer est une bonne chose. Les valeurs que nous souhaitons insuffler à cet événement sont bien sûr celles prônées par le metal en général : le partage et l’amitié. Cet événement est donc un lieu où nous souhaitons accueillir le plus grand nombre de headbangers pour le simple plaisir de se rencontrer et d’échanger. La convention se tient chaque année à Châteauroux pour une question d’opportunité économique et logistique. La ville se situe en plein cœur de France donc c’est un emplacement idéal, loin de rien, proche de tout.

Cette année l’événement a eu lieu en streaming. Hormis le fait qu’il n’était pas possible d’accueillir le public sur place, quels changements avez-vous dû apporter pour cette édition ?

Elodie (attachée de presse de la FMC) :  Je laisse Joffrey te raconter les changements scéniques mais de mon côté à la promo, c’est devenu n’importe quoi ! Comme on ne pouvait pas inviter les journalistes bénévoles (qui sont très nombreux) à cause des normes sanitaires, j’ai repris mon premier métier de journaliste et j’ai fait les interviews de l’ensemble des groupes de la convention. C’était super cool de préparer ces interviews et je pense que cela a pu apporter un petit plus pour le public.  C’était aussi l’occasion de repenser la partie animation de la convention. On avait même un Bingo où tu pouvais gagner plein de trucs cool y compris une guitare dédicacée de Didier Wampas. 

Joffrey : Il a fallu repenser entièrement l’événement tout en essayant de garder son intégrité, mais aussi son intérêt. Si nous n’avions pas pu assurer cela, nous aurions annulé. Le projet de digitalisation nous plaisait bien pour son côté challenge d’une part, mais aussi pour son intérêt professionnel pour tous les intervenants. Bien sûr, à deux mois de la date, garder le bateau à flot et ne pas être submergé par les éléments négatifs extérieurs fut très complexe. Nous ne sommes pas des professionnels de l’audiovisuel, mais du spectacle vivant, donc pour réussir notre projet, il a fallu compléter nos équipes par des spécialistes qui ont fait un travail remarquable (réalisateurs, cadreurs…). Nous avons alterné lives et enregistrements dans une danse constante et équilibrée durant les trois jours. Pour cela, il a fallu partir durant les deux mois précédant le rendez-vous pour faire des reportages et des captations afin de créer des contenus originaux. À réfléchir, c’était complètement dingue voir presque inconscient de faire cela…

FMC_guitare

La première édition a eu lieu l’année dernière il me semble. Avez-vous déjà pu apporter des améliorations par rapport à la convention de 2020 ?

Elodie :  L’équipe a grandi ! Typiquement l’année d’avant je donnais juste une conférence. C’était le cas aussi pour Corentin Charbonnier (auteur et anthropologue) qui s’est occupé de toute la programmation des conférences par exemple. Je pense que cette nouvelle équipe plus nombreuse a pu permettre à l’équipe déjà en place de moins se disperser et de mieux gérer tout ce qu’ils avaient à faire.  

Joffrey : Effectivement, nous avons complété notre équipe et agrandi la famille. Néanmoins, comme l’événement a eu lieu en digital, les choses ont été pensées différemment. Les véritables améliorations, nous les verrons en 2022, en présentiel. Nous y réfléchissons d’ores et déjà car ça arrive vite. Ce qui est sûr, c’est que nous voulons rendre la convention plus attractive et plus scénographiée dans le but de s’évader de ce monde anxiogène. Le metal est aussi un exutoire pour beaucoup, alors cet outil doit être en accord avec cela.

Le choix des intervenants de cette année a-t-il été impacté par le format streaming : y a-t-il eu des intervenants qui ont décliné à cause du format ? La période de confinement a-t-elle posé problème pour certains intervenants ?

Joffrey : Nous avons gardé le format identique au niveau des intervenants. Comme je disais, il s’agit de conserver le programme initial pour respecter cette édition. Après, effectivement, des artistes n’ont pas souhaité venir pour des raisons qui leur sont propres et respectables comme Titan ou même Heavenly. Sur les douze groupes, seuls trois ont décliné leur venue. Pour le coup, les artistes ont vraiment joué le jeu et c’est rien de le dire. Pour le reste, nous avons dû annuler quelques ateliers, car le format digital ne permettait pas d’être cohérent. Par exemple, l’atelier sérigraphie doit se faire en physique, les participants doivent pratiquer et cela ne peut se faire que sur place. La période de confinement a été vécue différemment par les intervenants, mais les plus impactés sont les artistes qui ne pouvaient plus se rencontrer dans le cadre de leur pratique musicale. Donc le défi fut immense pour eux, ils ont pris énormément de risques.

Firemaster Convention

Les intervenants de la convention 2021 étaient tous français. Est-ce une volonté de votre part de ne promouvoir que des artistes français ou était-ce une restriction du fait de la période de pandémie ?

Elodie :  En ce qui me concerne c’est une volonté. Mais ce n’est peut-être pas ce que le chef va dire, hein chef ?

Joffrey : Nous avons de très bons groupes Français, il faut donc les mettre en valeur. Nous souhaitons aussi inviter des groupes étrangers mais la crise du COVID ne le permettait pas donc c’est bien sûr du 100% Français que nous avons proposé. Nous souhaitons aussi promouvoir les groupes de la Région Centre-Val de Loire qui a de très bonnes formations en punk et hardcore notamment.

Financièrement, avez-vous dû faire face à des pertes conséquentes par rapport au format “présentiel” ? Le streaming a-t-il engendré des coûts supplémentaires ?

Joffrey : C’est ce que l’on peut appeler clairement un événement non-rentable (rires) ! Mais là n’était pas le but. L’idée était de se prouver et de se sentir capable de relever de nouveaux défis, en somme de se sentir vivant après des mois de rien. Nous avons souhaité un événement gratuit et accessible à tous car en format payant, je pense que ça n’aurait que moyennement fonctionné. Le point positif avec un événement sans revenu particulier à part les partenariats privés et publics, c’est que le budget est cadré dès le départ, très peu de ressources sont basées sur des recettes aléatoires en relation avec la consommation du public (bar, billetterie, merch…). Donc théoriquement il y a peu d’impondérables financiers si on anticipe les charges. Le streaming coûte cher, très cher. Il ne suffit pas de venir avec une caméra et un ordinateur et de se brancher sur la prise RJ45 de sa box, il y a tellement de choses à mettre en place. Le plus difficile, c’était notamment de garantir un flux important de qualité pour envoyer les données sur Internet et ça, ça coûte cher…

Avez-vous été confrontés à des incidents techniques ?

Elodie:  Évidemment ! Mais pas tant que ça pour une première fois. On a par contre eu un vrai problème avec la diffusion de clips sur le flux de facebook. On a été coupé pendant presque 1h le dimanche à cause de ça.  

Joffrey : Comme le dit fort bien Elodie, oui, il y en a eu. Parfois le public ne le savait pas, parfois ça se voyait. Mais rien de bien grave. C’est là le résultat du travail d’une équipe de choc composée de professionnels. Lorsqu’on est bien entouré, on diminue grandement les problèmes, ou tout au moins on augmente les chances de les solutionner rapidement.

La diffusion en streaming de cette édition a permis de rallier un public plus large qui n’aurait peut-être pas pu se déplacer jusqu’à Châteauroux. Est-ce que vous songez à faire un double format pour les prochaines éditions, présentiel/streaming ?

Joffrey : Nous ne savons pas encore ce que nous ferons en 2022 concernant le digital. Ce qui est sûr c’est que nous voulons revoir notre public. Le numérique coûte cher et à moins d’avoir de grandes ressources, c’est un investissement fort pour les petites structures comme la nôtre. Nous avons ce désir de pouvoir garder une part de numérique, mais comment ? Nous ne le savons pas encore. Ce que nous ne souhaitons pas, c’est en tout cas supplanter le live par le numérique à distance.

Elodie :  Le format hybride reste une possibilité, mais on est des fervents défenseurs du live. Du coup, c’est évident que nous ne proposerons pas les mêmes choses à ceux qui se déplacent.  

Firemaster Convention

Auriez-vous quelques chiffres à nous communiquer concernant le nombre de participants sur le weekend ?

Elodie :  C’est dommage que Karen ne soit pas venue ! (Ndlr : la responsable communication de la convention et également la modératrice de cette édition 2.0). Patron un petit mot ?

Joffrey : Nous avons fait presque 14 500 clics sur les trois jours. Un clic peut être la conséquence d’une ou plusieurs personnes et une vidéo peut être vue dix secondes comme une heure donc potentiellement 21 000 personnes peuvent avoir vu ne serait-ce que quelques secondes de nos productions (lol).

Pour terminer, quel bilan tirez-vous de cette édition online ? Les points positifs et les points négatifs ? Avez-vous des regrets ou au contraire êtes-vous totalement satisfaits d’avoir pris la décision de maintenir l’événement en l’adaptant à la situation ?

Elodie :  On regrette de ne pas vous avoir vu … Néanmoins, je suis presque sûre qu’on aurait pas eu les 5000 personnes du vendredi si on l’avait fait en réel. Je pense que la direction de la Firemaster Convention a bien fait de choisir dès janvier de passer au format livestream. On ne risquait plus de se faire annuler ainsi et du coup nous avons pu avancer et tout préparer pour que l’événement se passe au mieux.  

J’espère à titre personnel que cette édition particulière vous donnera envie de venir l’année prochaine ! En tant que parisienne, je peux te dire que c’est juste à trois heures de chez toi pour un week-end super sympa !

Joffrey : Une grande satisfaction du travail accompli, mais surtout un plaisir énorme et indescriptible d’avoir revu des amis, des artistes, des techniciens, et des gens s’affairer pour la réussite d’un projet. C’était énorme de voir cette ruche dynamique s’agiter partout et de voir le plaisir émaner des gens. Alors oui, même si nous aurions pu faire plus de connexions, nous avons été utiles pour beaucoup. Je pense que nous avons aussi été pionniers en France sur ce format-là : trois jours de livestream gratuit, soit plus de vingt-et-une heures de vidéos avec des concerts en direct, c’était inédit. Alors nous sommes satisfaits de cela. Les retombés se feront ressentir en 2022 peut-être. Juste un peu déçu que certains grands médias rock/metal ne se soient pas plus emparés du projet mais rien d’étonnant ici. On a eu Augustin Trapenard et ça, ça vaut de l’or. Merci Elodie et Karen !

Firemaster Convention

Si tu as manqué la Firemaster Convention Online, les replays des concerts et des documentaires sont publiés chaque mardi depuis quelques semaines. Ils restent accessibles sur le site internet de l’événement. On peut également s’y procurer des t-shirts, gobelets et médiators à l’effigie de cette édition 2021 pour soutenir le projet.

Rendez-vous sur https://www.firemaster-convention.fr/

Et sur la page Facebook : https://www.facebook.com/firemasterconvention

Et à l’année prochaine !

 

 

Vanessa & Délia


Petroleum, le premier album chaud bouillant de Burnt Umber

Petroleum, le premier album chaud bouillant de Burnt Umber

J’ai découvert Burnt Umber fin 2019 à l’occasion d’un concert acoustique sur Paris. Quelques minutes à peine avaient suffi au quintet francilien pour attirer toute mon attention et m’emmener dans leur univers. C’est donc avec une joie non dissimulée que je déballais il y a quelques jours “Petroleum”, leur tout premier album, sorti le 12 mars dernier.

Le CD repose dans une double pochette cartonnée, de couleur “Burnt Umber”, dans laquelle on retrouve également un petit livret avec les paroles. Pas de fioriture, c’est simple, classe et bien suffisant. L’artwork est signé Saturne Mezzasalma, également parolière sur cet album.

Petroleum comporte quatorze titres dont une interlude instrumentale à mi-parcours et une reprise arrangée du célèbre « Calling You » de Bob Telson, extrait de la bande originale du film Badgad Café.

Petroleum

Sitôt le bouton “play” enfoncé, on attaque par un break de batterie qui donne le ton de ce premier opus : légèreté et précision. L’équilibre entre les différents instruments et la voix est parfait, avec une grosse ambiance reverb, si bien qu’on a l’impression que les cinq musiciens jouent en même temps, dans la même pièce. La batterie sonne très naturelle, on distingue toutes les petites subtilités, personnellement j’aime beaucoup ce type de son et ça devient assez rare pour le souligner.

Ne cherchez pas de solo de guitare interminable et ennuyeux sur cet album, ce n’est clairement pas le style de la maison. Les guitares oscillent entre grosse disto, en adéquation avec la basse, et sons d’ambiance avec différents effets. Les quelques solos qu’on retrouve sont relativement courts mais mélodiques et efficients. Une grande place est laissée à la voix, aussi bien à l’aise sur les passages très doux que sur les moments où elle laisse exploser toute sa puissance. C’est nuancé et on passe parfois de l’un à l’autre en une fraction de seconde. Surprenant. Pour parfaire le tout, Abby n’a pas oublié de mettre une bonne dose d’émotion dans ses parties de chant, on n’écoute pas Petroleum, on le vit avec le groupe.

En faisant défiler les titres dans l’ordre, on est amenés sur trois registres différents. Les premiers extraits sont ce que j’appellerais du rock modéré, énergiques mais ponctués de passages planant, puis en milieu d’album on sera bercés par quelques ballades jusqu’à la reprise de « Calling you » et enfin, les trois derniers titres plus pêchus, avec notamment quelques riffs agressifs empruntés au metal dans « X-Chromosome », terminent la setlist en beauté.

Burnt Umber

J’ai apprécié l’album dans son intégralité et le fait que les titres soient plutôt courts (grossomodo entre trois et quatre minutes pour la plupart) donne une certaine fluidité dès la première écoute. Mes coups de cœur ont été pour “I will miss you” avec ce petit thème de guitare mystique sur le couplet, “Rainy Sunday” qui surprend en démarrant avec un blast beat bien violent (et ce break de batterie WTF au milieu de la chanson !), la magnifique ballade “Drowning” bien sûr, et enfin “X Chromosome” qui m’a carrément botté les fesses en fin d’album.

Après plusieurs écoutes, Petroleum me laisse l’impression d’un album abouti. Burnt Umber semble avoir pris le temps qu’il fallait pour ne rien laisser au hasard sur ces presque cinquante minutes de musique. Malgré le contexte actuel, on sent une réelle volonté de proposer un premier opus de qualité. Même si le style global reste le rock, on retrouve des touches de pop, de soul et de metal, ce qui rend l’album accessible à un large public.

Un clip du titre Drowning accompagnait la sortie de l’album le 12 mars. Un bon choix pour un premier single selon moi puisqu’il s’agit d’une chanson plutôt brève et efficace avec une superbe ligne de chant. Je te mets au défi d’écouter Drowning ne serait-ce qu’une seule fois et de ne pas l’avoir en tête pendant plusieurs jours.

Il ne reste plus qu’à espérer que le groupe puisse rapidement défendre ce premier album sur scène. Selon l’évolution de la situation sanitaire, on pourrait retrouver Burnt Umber à Paris le 6 juin prochain à l’occasion du Ladies Metal Fest et, à plus long terme, en première partie de Klone en mars 2022.

Petroleum est d’ores et déjà disponible sur les plateformes de streaming et il est également possible de le commander en version physique. J’ai entendu dire qu’une version vinyle pourrait peut-être voir le jour … Retrouvez toutes les infos sur la page linktree de Burnt Umber : https://linktr.ee/burntumber .

Pour suivre l’actualité de Burnt Umber :


Jades

Retour sur le premier live streaming de Jades

Je dois avouer que je n’ai pas franchement l’habitude de m’imposer un horaire pour me mettre devant la télé. Pourtant, le 22 janvier dernier, je ne me faisais pas prier pour m’installer confortablement dans le canapé à 19h pétantes, une chope de mon breuvage favori à la main. Et pour cause, cela faisait quelques jours que je trépignais d’impatience de découvrir enfin sur scène Jades, un groupe de Rock’n’Roll exclusivement féminin de la région parisienne que j’ai découvert au printemps dernier avec la sortie de l’excellent clip « Be My Freak ». Pandémie oblige, c’est à l’occasion d’un live streaming dans les locaux de Regietek et Newloc que le groupe remonte sur scène après plus de 10 mois sans concert.

En attendant le début du show, le public est mis en attente avec la vidéo d’un serpent se trémoussant sur les magnifiques guitares du groupe. Pas de doute, on est au bon endroit !

Jades

Petit problème de synchro en régie ou souci technique, la diffusion du live démarre malheureusement quelques minutes après le début du concert. On doit alors se contenter d’un écran noir avec le son du live, puis on découvre finalement la scène sur les dernières secondes du titre « Misnake » qui ouvre la setlist.

Le son est plutôt bon. On entend distinctement les instruments et les voix, de quoi augmenter rapidement de quelques crans le volume de la télé pour apprécier pleinement le concert. La scène est superbement bien équipée avec de nombreux effets de lumières et des écrans dans le fond. Les équipes de Regietek et Newloc n’ont pas fait les choses à moitié ! Les différentes prises de vue donnent de la dynamique à la vidéo et permettent d’avoir tantôt une vision globale de la scène, tantôt des plans rapprochés sur les musiciennes. On regrettera par contre une qualité d’image plutôt moyenne rendant le visionnage sur grand écran moins agréable. Le live streaming a tout de même ses limites … (Ah la la, la meuf qui chipote !)

Jades
Cherry - photo Nicolas Chaigneau
Jades_Stage
photo Nicolas Chaigneau

Une fois passée la frustration d’être dans le canapé plutôt que devant la scène à encaisser les décibels, on profite de l’instant. Les demoiselles en imposent dès le début du live et occupent tout l’espace qui leur est dédié avec une certaine aisance. Malgré des déplacements limités dû aux contraintes de micros et de pedalboards, le show est assuré de bout en bout par les quatre musiciennes aux personnalités bien marquées. Elles semblent assez détendues et heureuses de se retrouver à nouveau ensemble sous les projecteurs, je les trouve tout simplement rayonnantes. Et autant te dire qu’elles ne sont pas venues pour caresser des licornes ! Des riffs accrocheurs, des solos mélodiques efficaces, des refrains qui restent en tête, bref un bon cocktail Rock’n’Roll avec, cerise sur le gâteau, cette touche de féminité qu’on ne peut s’empêcher de souligner.  Le son me paraît très proche de ce que l’on peut entendre sur leur EP. Pas de déception donc, ça sonne Jades et ça déboîte ! La recette explosive est là : un duo de guitares avec le son gras et baveux teinté de wah de Taïphen, complété subtilement par le son tranchant et moderne de Cherry (qui assure également les chœurs), la voix puissante de Lyndsay et ses lignes de basse qui te font vibrer jusqu’aux orteils, le tout posé sur le groove et la frappe précise de Chloé, alias « JazzySnake » à la batterie. Je reste juste admirative de chacune d’elles.

Jades
Taïphen - photo Nicolas Chaigneau
Jades
Lyndsay - photo Nicolas Chaigneau

Une poignée de chanceux devant la scène permettent au groupe de voir quelques visages familiers. Pour autant, les téléspectateurs ne sont pas en reste puisque Lyndsay et Cherry s’adressent régulièrement à nous entre les chansons, comme si nous y étions. Ça fait plaisir, on est contents de partager ce moment tous ensemble !

Le milieu du set est marqué par un interlude instrumental bien sympa, oscillant entre moments planant et rythmiques groovy. Si ce n’est que de l’impro (et ça y ressemble bien), celle-ci laisse deviner une vraie complicité au sein du groupe et une excellente maîtrise des instruments. Une fois de plus, chapeau Mesdames !

Jades
Chloé - photo Nicolas Chaigneau
Jades
Jades - photo Nicolas Chaigneau

Les 50 minutes de concert passent à une allure folle. Les dix titres (uniquement des compositions) sont relativement courts et s’enchaînent de façon très fluide. Jades a l’habitude de la scène et ça se voit. On retrouve dans la setlist notamment l’intégralité de l’EP « Misnake » sorti en 2018, mais aussi un tout nouveau titre interprété pour la première fois en live : « Scream For The Devil ». L’inspiration ne semble pas s’essouffler chez les franciliennes, ce dernier né annonce un avenir prometteur. Le set s’achève énergiquement avec « For Rock N’Roll », puis le groupe propose de rejouer “Misnake”, amputée de ses premières minutes en début de live.

Jades
Cherry - photo Nicolas Chaigneau
Jades
Jades - photo Nicolas Chaigneau

Il me tarde désormais de retrouver Jades en chair et en os. Pour te donner une idée du style, je dirais que c’est une formation qu’on aimerait voir en première partie de Guns n’Roses, Alice Cooper ou encore Halestorm. Alors, tu aurais aimé y être ? Rendez-vous sur la page YouTube de Jades pour une séance de rattrapage (lien ci-dessous, le concert commence vers 21’45).

Un grand merci à Nicolas Chaigneau, présent dans la salle pendant le concert, pour ses superbes clichés ! Et enfin, merci à tous ceux qui continuent de faire vivre le monde du spectacle et de la musique malgré la situation difficile. Stay Rock’n’Roll !

Juste après le concert, j’avais rendez-vous avec Taïphen, Cherry, Lyndsay et Chloé en visio pour leur poser quelques questions. L’interview est disponible en vidéo sur la page Facebook de Metal Overload, juste ici .

Et si vous l’avez manqué, retrouvez Chloé « JazzySnake » dans une interview croisée spécial batteurs parue en début d’année => Chloé, Max, et leurs histoires de fûts …