Asylum Pyre fait partie de ces groupes qui ne laissent pas indifférent et dont on a peu de mal à se souvenir. Découvert pour ma part il y deux ans lors de leur unique date dans le Nord de la France, je me rappelle avoir été impressionnée par leur capacité à s’approprier les lieux et à captiver le public. Dès les premières secondes du show, le groupe déverse une énergie époustouflante dans toute la salle, sans jamais la relâcher. Et plus les titres défilent, plus on en redemande. Il en est de même pour leur quatrième album intitulé tout simplement « N°4 », sorti il y a un peu plus d’un an chez M&O Music.
« N°4 » est un concept album qui nous propulse en 2052 dans un monde dévasté. Chaque membre du groupe représente un personnage d’une association de résistants, défenseurs de Mère Nature. L’album nous raconte leur histoire, leur combat. L’intro sonne comme la première page d’un livre qui s’ouvre tout en douceur, on sent que c’est le calme avant la tempête. Avec ses allures de comptine, cette première piste nous permet très rapidement de faire connaissance avec les deux voix principales de cet album. Il s’agit du premier opus avec la chanteuse Ombeline Duprat, alias Oxy Hart. Avec les onze titres qui suivent, on est ballottés entre des morceaux très puissants comme « Dearth », « Lady Ivy » ou « The Right To Pain », et d’autres petites douceurs comme « Into The Wild » ou « On First Earth » (qui a récemment fait l’objet d’une « vidéo de confinement »). Deux singles sont sortis peu de temps avant l’album : « Sex, Drugs & Scars », sous forme de lyrics video, avec la participation du chanteur de Beast In Black, Yannis Papadopoulos, et « One Day » avec un clip digne des plus grosses productions, où l’on peut découvrir les différents personnages incarnés par les membres du groupe.

Musicalement parlant, cet album regorge de surprises. A la batterie, oubliez les tapis de double ou les blast beats, c’est à coup de gros patterns groovy qu’on vous botte les fesses. La basse est bien présente et donne toute la profondeur au son, tout en s’accordant une chouette petite partie solo sur « One Day ». Côté guitare, on est clairement sur de l’incisif à grosse disto, avec une mention spéciale pour le début fracassant de « Lady Ivy ». Les solos sont réalisés par Nils Courbaron (Sirenia, T.A.N.K). Le tout est agrémenté de nombreux sons de synthé qui donnent un côté électro moderne à l’album. Au niveau des voix, Oxy nous dévoile ici l’étendue de ses capacités. On la sent à l’aise aussi bien sur des parties calmes et posées où on a presque l’impression qu’elle chuchote à notre oreille, que sur des passages où elle peut laisser éclater toute sa puissance comme sur l’après-solo de « Lady Ivy ». Les parties vocales masculines sont assurées par Johann Cadot, guitariste, principal compositeur et auteur, et autant dire que la symbiose entre les deux chanteurs est remarquable.
L’album s’achève sur « Cemetary Road », une pépite selon moi, qui nous permet une fois de plus d’apprécier la diversité du chant d’Oxy et le travail de nuances apporté par l’ensemble du groupe.
En résumé, ce « N°4 », c’est l’album qu’il te faut quand tu as besoin d’une grosse claque musicale … Mais attention, futur « Fighter », lorsque tu auras appuyé sur « play », tu ne pourras plus t’en passer.

Asylum Pyre No4 pochette

Il y a quelques jours j’ai rencontré virtuellement Ombeline, confinée en Bosnie, et Johann. Ils nous en disent un peu plus sur le groupe et les projets à venir.

Asylum Pyre a 10 ans ! Johann, lorsque tu as démarré le projet, tu imaginais que ça irait aussi loin ?

J. En fait ça n’a jamais été vraiment réfléchi, je n’ai même jamais pensé avoir de groupe quand ça s’est fait. C’était juste des gens que j’ai rencontré plusieurs fois par hasard, on a fait un bœuf un jour, et peu à peu on a amené une compo, on s’est trouvé un nom, on a fait une démo … Aujourd’hui on pense quasiment à l’album d’après alors qu’on est en train d’enregistrer l’actuel mais au début pas du tout, on ne savait pas du tout ce qu’on faisait, où on allait … On ne savait pas jouer … (rires)

Si tu devais recommencer, est-ce que tu referais tout de la même manière ? Que voudrais-tu changer ?

J. Je pense que je travaillerais un peu plus la théorie et l’instrument avant de me lancer. Il y a eu pas mal d’erreurs dans l’histoire du groupe. Certains choix de personnes n’ont pas été les bons à un certain moment, certains comportements non plus, moi y compris. Prendre plus de recul, essayer d’avoir plus confiance à certains moments … Je n’ai pas la réponse en fait. A part un album qu’on aurait dû arrêter en cours d’enregistrement, se reposer et recommencer depuis le début (Spirited Away), le reste finalement c’était l’évolution naturelle des choses.

J’aurais aimé que le premier bassiste, Julien, puisse rester dans le groupe. J’adore les membres du groupe aujourd’hui, je n’ai aucun problème, au contraire, mais c’est vrai que c’est quelqu’un avec qui on a construit le groupe et qui apportait quelque chose d’autre au projet, quelqu’un d’intéressant, et je regrette d’avoir perdu ce contact-là. J’aimerais l’avoir en plus mais je n’en enlèverais aucun dans l’équipe actuelle.

Ombeline, tu as rejoint le projet assez récemment, il y a deux-trois ans je crois ?

O. Même d’avantage maintenant, fin 2016. Ça commence à dater ! J’ai l’impression effectivement que c’était il y a deux ans mais ça va faire quatre ans cette année. Johann commençait juste à faire les maquettes de N°4 quand on s’est rencontrés.

Qu’est-ce qui t’as donné envie d’intégrer le groupe ? Comment cela s’est -il passé : est-ce que c’est toi qui t’es positionnée ou est-ce que c’est le groupe qui est venu vers toi ?

O. Ça a été une recommandation. Je connaissais déjà Asylum, j’avais vu le groupe jouer auparavant et j’étais super contente quand Johann m’a contactée. C’est un ami, Steve, bien connu de la scène metal parisienne, qui a dit à Johann de s’adresser à moi quand il recherchait une chanteuse. Un jour j’étais au travail et j’ai reçu un message de Johann : « Bonjour, j’aimerais te parler » [lol]. Ensuite j’ai passé une audition. Ce jour-là je suis partie de chez Johann je faisais plus que la gueule, je n’étais pas du tout contente. Il faut quand même dire que Johann a une façon assez particulière de faire passer des auditions. Je suis arrivée chez lui et il m’a présenté les nouveaux morceaux. Il m’en a donné un et m’a dit « tiens vas-y, chante ! ». En gros ça s’est passé un peu comme ça. Je pense qu’on est restés au moins deux ou trois heures ensemble et je suis repartie sans même lui dire au revoir [lol]. Ce n’était pas envers lui c’était envers moi, je pensais vraiment ne pas avoir été à la hauteur.

Vous avez une belle équipe avec vous, pouvez-vous nous parler un peu des autres musiciens ?

J. Non … [lol]

O. On les aime beaucoup, ils nous manquent énormément.

J. En fait le plus ancien dans le groupe après moi c’est Thomas, qui est arrivé 7-8 mois avant Ombeline, quand on préparait les deux tournées avec Stream of Passion et Luca Turilli. Excellent batteur qui amène une touche rock et énormément de groove dans la musique.

O. Et tribal, une touche Rock et Tribal je dirais.

J. Il apporte vraiment quelque chose d’intéressant à Asylum. C’est d’ailleurs à partir d’un de ses patterns de batterie qu’on a quasiment revu toute la copie sur Dearth qui est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Au début il y avait un truc dont on n’était pas contents. On a revu certains passages avec Thomas, et puis le refrain et d’autres passages avec Ombeline, et finalement le morceau n’a plus rien à voir avec sa première version.

Ensuite il y a notre ami P.E à la basse … Alors à la basse et puis maintenant à la guitare, puisqu’il est arrivé d’abord en tant que bassiste, puis il est parti, puis il est revenu. Il a dû partir à cause de problèmes personnels, nous n’étions pas fâchés, il n’avait plus le temps. Et puis finalement il a de nouveau eu le temps et il est revenu en tant que guitariste, ce qui a été une grosse surprise. On l’a réintégré et on est ravis de pouvoir le retrouver. Il a une grosse expérience, il a été dans un groupe qui s’appelle Heavenly très connu des amateurs de Power Metal, il a fait des grosses tournées avec Stratovarius par exemple, ou Edguy à l’époque. Excellent musicien aussi.

Et le petit dernier, Fab, autrement appelé « Le Saumon », qui nous a rejoint depuis notre petite expédition en Slovénie pour les MetalDays où il avait dû justement remplacer P.E à la basse, et qui, depuis nous a rejoint en tant que fier bassiste. Excellent musicien, super sympa également.

Asylum Pyre band

De quoi êtes-vous le plus fier concernant Asylum Pyre ? Qu’est-ce qui fait votre force, selon vous ?

O. Alors si je peux me permettre, je ne peux évidemment pas parler pour toute la carrière du groupe, mais à titre personnel c’est le dernier album et surtout le fait que, pour celui qui arrive, on a tous appris à se connaître. Avec N°4 on a fait un premier essai des influences des uns et des autres, et Johann a réussi à se les approprier et à les combiner tout en gardant le style Asylum Pyre. Parfois quand tu as un compositeur, tu reconnais sa propre patte et c’est tout, mais Johann est hyper ouvert sur ce qu’on peut apporter. Il inclut toutes les idées, on les retravaille, et ça c’est vraiment chouette. Du coup, il y a quand même la patte de Johann qu’on reconnait parfaitement en tant qu’auteur et essentiellement compositeur, mais aussi par exemple le côté un peu fusion, rythmique africaine de Thomas dont je parlais tout à l’heure. Johann est très ouvert par rapport à ça et c’est un vrai plaisir de pouvoir avoir des patterns … tu vois « Toum toukoutou koum » [Ombeline nous chante une rythmique de percussions africaines … un vrai bonheur].

J. Effectivement, je dirais réussir à mélanger les influences de tout le monde. Je viens de nulle part niveau musical, je n’ai aucune base, je n’ai pas pris de cours, je suis parti de zéro … Comme disais un très bon pote qui est passé dans Asylum en tant que bassiste : « Etre arrivé là où tu es avec ce que tu connais c’est incroyable ». C’est peut-être un peu ça la fierté du groupe, en partant de rien du tout et avec très peu de bases, d’arriver à faire quelque chose de sympa et d’avoir pu faire des albums (notamment le dernier) qui ont de la gueule, d’avoir pu jouer l’année dernière dans des salles de 1500 personnes avec un accueil chaleureux, ça c’est une vraie satisfaction pour le groupe.

O. Petit aparté, je rebondis sur ce que disais Johann, il y a quand même aussi quelque chose de très franco-français où tu dois avoir fait des études de musique etc. Tu as toujours le syndrome de l’imposteur : parce que tu n’auras pas fait telle classe de musique, on va te le faire remarquer parfois. Pour moi c’est une question d’écoute, d’assimilation de ce que tu as déjà pu écouter, après bien sûr il y a la part de talent qui fait que tu vas savoir assembler les choses. C’est aussi le rôle de Johann, le chef d’orchestre, de parvenir à mélanger tout ça.

Avec l’album N°4 vous avez amené tout un univers avec des tenues de scène qui sont plutôt d’actualité. D’où est venu ce concept ?

J. C’est une évolution depuis le début du groupe. Quand on regarde les paroles dès le début ça parlait déjà un peu de ces choses-là. L’année dernière on a d’ailleurs fait un historique de ce que raconte chaque album, et même si ce n’était pas forcément conscient on se rendait compte qu’il y avait une évolution des thématiques assez naturelle depuis la prise de conscience jusqu’au futur proche, jusqu’à une hypothèse du futur plus ou moins proche. Et après ça a été des échanges, des discussions sur ces sujets liés à l’environnement, à la protection de la planète qui me touchent beaucoup. On parle souvent de ces choses-là dans le groupe, on peut déconner un instant et puis tout d’un coup parler politique ou de l’avenir du monde. On ne s’ennuie jamais niveau sujet de conversation. On a beaucoup échangé sur cet univers-là, notamment en discutant de la pochette et de ce que les paroles traduisaient. Donc c’est un peu une maturation longue et commune.

O. C’est ça, ça suit aussi l’évolution de la société, les prises de conscience plus ou moins récentes. De mon côté déjà avant de rejoindre le groupe j’étais déjà consciente, je militais pour WWF notamment, donc les thèmes abordés par Johann ce sont des problématiques que je connais depuis une dizaine d’années voire plus. Il y a une conscience écologique et de devenir du monde, c’est l’avantage de cet album et aussi de l’album à suivre et des prochains, c’est que nous suivons nos propres cheminements. Concernant le masque et le fait que ça ait été designé comme ça pour la pochette, on a un esprit assez cynique, il faut le reconnaître. Pas dans le mauvais sens du terme à toujours tout critiquer, mais plutôt mettre les choses en observation, les confronter. J’avais vu que Louis Vuitton proposait des masques en Chine avec leur acronyme, et c’est assez intéressant de voir que cet outil qui n’est pas du tout esthétique était finalement devenu un outil fashion. C’est complètement cynique quand tu regardes la façon dont ils sont fabriqués, c’est proprement toxique, c’est une catastrophe écologique, mais à côté de ça tu restes quand même dans le côté Fancy et ça corrobore exactement ce qu’on pouvait dire dans les paroles. Il y a toujours des messages à double sens, tu peux comprendre les paroles de façon détachée comme si c’était une histoire, mais si tu creuses un peu tu as énormément de références à plein de choses actuelles.

J. C’est vrai que le coup du masque qui devient un accessoire de mode on ne pensait pas qu’il viendrait aussi vite !

J’ai entendu dire que le prochain album était déjà bien avancé. Que pouvez-vous nous dire sur celui-ci ?

J. Déjà il est très probable qu’il y ait une part I et une part II parce qu’on a déjà pas mal de titres initialisés. Donc même si on va certainement retravailler dessus il y a au moins la base pour une vingtaine de titres. On va les enregistrer comme deux albums, mais comme thématiquement ça va se rapprocher, il y a l’idée d’avoir deux parties. Niveau histoire ça va être la suite de ce qu’on a fait sur N°4. Niveau musique il y a encore des évolutions, encore un peu plus de tribal. On s’était amusés à trouver un nom de style un jour. Comme on n’arrivait pas à définir notre style on disait modern power metal, mais c’est très résumé. Alors on avait dit qu’on faisait du modern and traditionnal power speed electro pop metal avec des touches tribales. Donc ça va être à peu près ça.

Ombeline, sur l’album N°4 tout était déjà quasiment fait quand tu es arrivée, cette fois est-ce que c’est toi qui va composer les parties de chant intégralement ?

O. Non c’est Johann parce qu’il a de bien meilleures idées que moi en matière de chant, si j’ai des propositions bien sûr je vais lui en faire part. Là où je ne suis pas mal c’est pour faire tout ce qui est double voix, et les petits arrangements du fait de mes influences mais ça ça viendra après, dans un second temps.

J. Il y a une vraie touche World que Ombeline apporte sur certains passages.

O. Et Jazz ! C’est ce que Johann appelle « Oxyser » le morceau. Je suis saxophoniste de formation, donc forcément il y a des trucs un peu … ça swing ! C’est ma spécialité.

J. Il y aura encore plus de mélange qu’avant en fait, il y aura quelques petits passages qui vont surprendre les gens je pense.

O. On pourra dire à nouveau qu’on fait du « putassier ».

Quelles sont vos ambitions pour ce nouvel album, et de manière plus générale, pour le groupe dans les quelques années qui viennent ?

O. En toute logique évidemment ça serait de pouvoir défendre l’album. Ensuite je pense que ce sur quoi il faut qu’on mûrisse ce sont les éléments scéniques, renforcer le visuel qui a déjà été développé. Ce n’est pas donné à tout le monde, il faut pouvoir penser les choses graphiquement, il faut avoir une idée de la scénographie, et quand ce n’est pas ton métier ce n’est pas toujours évident de l’envisager.

J. Pour l’instant on ne sait pas trop quand les concerts vont pouvoir revenir. On a un certain nombre de concerts qui sont tombés à l’eau, on en a un en Angleterre normalement en septembre mais il y a de gros risques pour qu’il soit annulé aussi. Donc c’est compliqué aujourd’hui d’avoir cette visibilité-là malheureusement.

O. Je pense aussi qu’en ce qui concerne Asylum, il faut essayer d’utiliser les nouveaux outils médiatiques. Comme l’a dit Johann on ne sait pas quand vont reprendre les concerts, et on devrait profiter de ce temps-là pour mieux se positionner d’un point de vue digital. Ça peut faire partie aussi des projets du groupe.

Cette période de confinement vous a-t-elle permis de réaliser des choses que vous aviez laissées de côté auparavant, pour Asylum Pyre et/ou pour d’autres projets ?

J. Pas mal oui … ranger, déjà ! Et puis personnellement j’ai avancé sur plein de projets, du coup là j’ai 5-6 albums qui n’attendent plus qu’à être enregistrés et arrangés.

O. C’est tout ?

J. Oui je parle pour ceux qui sont finis.

O. J’étais un peu déçue à vrai dire.

J. Non sinon il y en a 17 ! Je ne compte que les chansons qui sont à peu près structurées, si on ajoute toutes les idées, les choses où il n’y a que des bouts ou un refrain, on peut multiplier par deux. Et toi Ombeline ?

O. C’était bien de pouvoir enfin se poser pour pouvoir faire des petits trucs, ne serait-ce que revoir les maquettes, tout ce qui a déjà été fait, etc. En règle générale je manque de temps. Et à côté du groupe, j’ai des projets de série. J’ai enfin pu me poser, et vu que j’avais pris mes caméras avant de partir, j’en profite d’être en Bosnie pour pouvoir tourner ce que j’avais en tête. Finalement c’est du temps de gagner sur la suite, quand il va falloir se remettre à temps plein. J’avais aussi un projet de websérie sur la Bosnie sur lequel on a vraiment bien avancé. Et j’ai remis à jour mon site, bref plein de petites choses. Ça a été profitable pour ça.

On a tous rangé un peu autour de nous finalement …

O. Oui d’un point de vue physique et mental aussi !

Ça a permis de faire un recentrage, de s’apercevoir des petites choses qu’on a tendance à oublier surtout en région parisienne je trouve. Finalement tu t’attaches à des choses beaucoup trop matérielles, des comparaisons avec autrui. Hier il faisait orage, j’étais dans le lit et je me disais « mais ça c’est vraiment le bonheur ultime » quand tu peux commencer à t’endormir avec l’orage et la flotte, qu’est-ce que t’as besoin de plus ! C’est le genre de chose quand tu es trop dans un tumulte, et notamment à Paris, tu finis même plus par l’apprécier, tu ne t’aperçois même pas que tu as ça autour de toi. Le fait que les choses aillent un peu plus lentement, en tout cas de mon côté, ça a permis une espèce de recentrage qui était absolument nécessaire.

J. Je suis assez d’accord avec ce que tu dis là, et ça me fait penser à un jeu de mot que j’ai vu passer il n’y a pas longtemps : « Je ne veux pas revenir à l’anormal » et c’est un peu ça. Quand j’ai vu les gens dans les rues, toutes les voitures, je me suis dit « non je ne veux pas revenir à ça ».

Merci beaucoup d’avoir répondu à ces quelques questions. Nous avons hâte de découvrir ce cinquième album et de vous retrouver sur scène. Un dernier mot pour terminer ?

O. J’ai coutume de dire « restez curieux ». On parlait des effets positifs de la quarantaine, en tout cas pour ceux qui ont eu la chance de ne pas avoir de proches malades, il y a justement le fait d’avoir pu découvrir des choses. Certes il y a des gens qui se sont ennuyés, mais pour la plupart ils ont commencé à apprendre une nouvelle langue, ou à se remettre à un instrument. Donc : essayons de faire en sorte que ce qu’on a pu apprendre pendant la quarantaine puisse continuer, restons curieux.J’ai coutume de dire « restez curieux ». On parlait des effets positifs de la quarantaine, en tout cas pour ceux qui ont eu la chance de ne pas avoir de proches malades, il y a justement le fait d’avoir pu découvrir des choses. Certes il y a des gens qui se sont ennuyés, mais pour la plupart ils ont commencé à apprendre une nouvelle langue, ou à se remettre à un instrument. Donc : essayons de faire en sorte que ce qu’on a pu apprendre pendant la quarantaine puisse continuer, restons curieux.

J. Pas mieux !


Photos : Alban Verneret

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