Il y a quelques temps, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres un bien étrange objet. Tout scintillant au soleil, c’était « La Quête du Saint Grind », dernier concept-album du groupe français Ethmebb. Après cette aventure musicale, j’avais quelques questions à poser à cette bande de joyeux lurons. Je leur ai donc envoyé une interview. Maintenant que j’ai reçu leurs réponses, je peux enfin vous en dire un peu plus sur Ethmebb et leur fameuse quête !

Tout d’abord, que veut dire Ethmebb ? Comment avez-vous choisi ce nom pour le groupe ?

Ethmebb c’est l’anagramme de The Bemb.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Pourriez-vous nous faire un petit topo sur la genèse du groupe ? Qui êtes-vous, d’où venez-vous ? Quelles ont été vos motivations pour créer ce groupe ?

Le groupe a un peu démarré comme une blague à l’initiative de Rémi Molette à la fin de sa puberté. Il a toujours voulu faire de la musique pour se la raconter et impressionner les meufs.

Au départ c’était un groupe de Grind tout pété qu’on avait nommé Ethmeb. Plusieurs line-ups de joyeux drilles se sont succédés jusqu’en 2013 avec l’arrivée d’un line-up stable ainsi qu’un claviériste pour donner une dimension un peu plus épique à notre musique. C’est aussi à ce moment-là qu’Ethmeb est devenu Ethmebb, abandonnant le Grind pour faire des trucs plus stylés.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Quel était le projet de base, l’histoire derrière « La Quête du Saint Grind » ?

L’idée c’était de faire un concept album qui raconte une aventure tout au long des morceaux.

La Quête du Saint Grind parle des aventures de Tathor, un chevalier qui se réveille un matin et qui a perdu son “Grind”. Il est super vénère et on comprend rapidement que son Grind lui permettait de draguer toutes les minettes du royaume. Il va donc entreprendre un voyage pour tenter de le retrouver jusqu’à se rendre compte qu’en fait il n’en n’a pas besoin et que sa vie est meilleure sans.

Au final c’est un peu l’histoire d’Ethmebb qu’on raconte, avec ses débuts en Grind et son évolution musicale sans limite !

Quand on s’apprête à écouter « La Quête du Saint Grind », on s’attend à avoir une majorité de Grind dans l’album. Au contraire, le Grind est, selon mon expérience personnelle, assez minoritaire et on retrouve pleins d’influences diverses et variées. Quelles ont été vos sources d’inspiration musicale et pourquoi avoir choisi le « Saint Grind » et pas autre chose ?

Les différences de chacun influencent grandement notre musique, c’est évident.

On est tous issu d’univers différent. Par exemple, Rémi aime bien entasser des figurines de jeux vidéo dans ses vitrines et s’acheter des voitures hors de prix alors que François préfère passer tout son temps à la campagne en charentaises avec un plaid sur les genoux… Damien c’est plus le genre de gars à se buter aux jeux vidéos et à se plaindre quand personne ne l’aide à monter son matos sur scène… Et puis Victor bah il joue de la guitare, c’est pour ça qu’il est super fort.

En dehors de la musique, vous apportez quelques touches de pop culture dans votre « quête ». Quelles ont été vos influences pour l’écriture des textes ?

Parmi les plus influenceurs : La cité de la peur, les Monthy Piton, Dragolebol zed, Enjoyphoenix, l’Assommoir de Zola, et surtout les Feux de l’Amour sur TF1 le midi (en plus dedans y’a Victor Newman, qu’a le même prénom que Victor, quelle histoire…).

Ethmebb, voyage en Etrangerie

On va pas cacher aussi qu’on est aussi (un peu) inspiré par, notamment, l’histoire du gars qui tombe amoureux d’une bague et qui insulte ses potes, ou bien de l’histoire de ceux qui “devraient venir de ce côté parce qu’ils sont trop dans la lumière” mais qui essayent de résister, ou encore – pour finir – de l’histoire du boute-en-train pas très fairplay mais vachement charismatique, qui est dégouté parce que son bateau est dans une bouteille avec un singe zombie miniature.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Aux vues de l’éclectisme de cet album, est-ce qu’il est difficile à jouer en live ou vous parvenez à rendre l’album dans toute sa complexité sur scène ?

On a le droit de dire qu’on a arrêté l’éclectisme depuis longtemps parce que ça fait trop transpirer ? C’est un peu une victoire personnelle de le caler.

Depuis le temps qu’on joue l’album, on commence à maitriser les parties. Par contre, on ne va pas se mentir, y’en a toujours un qui joue plus le rôle boulanger que de musicien.

Mais ce qu’on travaille depuis quelques temps maintenant, c’est tout ce qui est scénographie, création et interaction des personnages, etc. ça rend le spectacle beaucoup plus intéressant pour tout le monde et même si on avait une cape sur scène au début (qu’on a laissé tomber parce que fait trop chaud là dessous), on n’avait jamais vraiment poussé le truc plus loin. Et voir Victor débouler sur scène en mini campeur poilu, ça n’a pas de prix.

J’ai lu sur votre page Facebook que vous recommenciez à fouler les scènes cette année et que le prochain album était en cours d’écriture. Que pouvez-vous me dire de plus aux sujet des futurs concerts et de ce prochain album ?

Après s’être focalisé sur la composition du second album, on voulait reprendre la scène (qui nous manque à tous) et trouver des dates pour se faire plaisir et faire (re)découvrir la quête du Saint Grind à ceux qui auraient le culot de prétendre le contraire !

On avait booké une date à la Boîte de Concerts à Pontault-Combault (qui est un peu le fief d’une partie d’entre nous), dans une salle flambant neuve qu’on a eu le plaisir d’utiliser pour nous entraîner sur scène. Dans le même temps, on était programmé à Rouen au Pagan Nordmanni Fest avec d’autres groupe pas dégueus du tout. On avait tellement hâte de tout ça !

Mais, entre les deux, y’a eu le confinement. Du coup on a dû tout annuler courant mars. Genre juste avant les concerts prévus. Donc on est dégoûtés.

Alors on attend avec impatience la reprise des activités pour jouer de nouveau devant des foules – qui auront triplé de volume à cause du confinement – c’est toujours bon pour nous, ça donne l’impression qu’il y a plus de monde.

Si on se projette encore plus loin quel est le but ultime d’Ethmebb (concert de vos rêves, festival, label, …) ?

J’aimerais tellement qu’on arrive à ranger le matos en moins de trois quart d’heure en répète parce que la moitié du groupe s’est barré à ce moment-là… (on peut voir ici la redondance du sujet)

D’éventuelles dates prévues pour la Belgique cette année ?

Ce serait avec un grand plaisir qu’on viendrait jouer en Belgique. Malheureusement, rien de prévu pour le moment.

Nous arrivons à la fin de cette interview. Je vous laisse le mot de la fin.

Chasuble.

Oui parce qu’en fait, c’est important de le mentionner, et on oublie de le faire la plupart du temps. Je me souviens quand on était petit, on s’en mettait pour courir après une balle. D’ailleurs, je me dois de saluer les designers, qui ont su choisir les bons tissus – ceux qui collent mais qui ne laissent pas de marque.

Ethmebb, voyage en Etrangerie

Ça marque aussi le début de la vraie compétition entre les joyeux bambins, entre ceux qui ont les couleurs flashy tout neufs et ceux qui ont les vieux trucs pourris qui sentent la transpiration de la classe d’avant.

Déjà à l’époque, on faisait une sélection pour une éducation à deux vitesses. Alors qu’en vrai, deux vitesses, ça ne suffit pas. Regardez, on aurait l’air con sur autoroute en voiture si on avait que la première et la deuxième.

Les gars ont été vachement malins sur ce coup. On voit qu’avant, ils réfléchissaient vachement au rapport masse/puissance/célérité qui prend en compte la dérivée de p=mg, avec g = 9,81 quelque chose, et tous les trucs du genre.

Aujourd’hui, on s’en fout que ça roule, faut juste que ça capte la 4G. Ça nous arrange pas mal, parce que tout le monde peut écouter notre album partout comme ça.

Ah, la vie est belle ! On pourra toujours dire que certains tirent les ficelles, que d’autres décident de tout et de rien… Bah nous ce qui nous intéresse surtout, c’est de vendre nos CD, parce que pour être honnête, on n’a pas encore eu le retour sur investissement qu’on espérait, et j’aimerais bien manger autre chose que du céleri.


Photo par Deuskin Photography

Vous voulez en savoir plus sur Ethmebb?