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Omega Diatribe - Liberating Madness Tour

Il y a quelques temps déjà, j’ai eu l’occasion de me rendre au MCP Apache pour assister à une super chouette soirée de concerts.

Je tenais d’ailleurs à remercier Béa et Yoh pour leur accueil chaleureux (comme toujours). Quant aux groupes, je les remercie aussi pour leur super prestation qui nous a permis, le temps d’un instant, d’oublier que c’était l’apocalypse !

Pour les événements du MCP, consultez leur page Facebook !

Commençons par une petite présentation du groupe, qui êtes-vous ?

Akos : Salut à tous ! Nous sommes Omega Diatribe, un groupe de groove metal extrême de Hongrie. Une bande de folles âmes qui tentent d’échapper à l’ordinaire. Si vous souhaitez en savoir plus sur nous, vous pouvez vous rendre sur www.omegadiatribe.com.

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Qu’est-ce que ça fait de pouvoir tourner à nouveau ?

Hajer : Ça fait tellement de bien, on aime vraiment être sur les routes ! Sans oublier que notre tournée actuelle #LiberatingMadnessTour 2021 rencontre un énorme succès. Le public est génial et les salles sont quasi toutes remplies. On ne pourra jamais assez remercier nos fans pour leur présence à nos shows malgré cette situation pandémique assez folle.

Tamas : Vraiment génial ! Etre à nouveau sur les routes avec ma deuxième famille est toujours amusant.

Akos : Nous venions seulement de commencer à travailler avec notre nouvelle agence de  booking et nous avions dû reporter les dates de tournée à plusieurs reprises. C’est un véritable soulagement que de pouvoir tourner à nouveau.

Si vous deviez décrire Omega Diatribe en quelques mots, que diriez-vous ?

Hajer : Puissance. Énergie. Groove.

Tamas : Des tonnes de litres de bière.

Akos : Thérapie, bulldozer, une deuxième batterie d’énergie dans nos vies.

Dans votre musique, je sens quelque chose qui ressemble un peu à du Meshuggah. Est-ce qu’il s’agit d’une de vos sources d’inspiration musicale ? Sinon, qu’est-ce vous inspire musicalement parlant ?

Daniel : En réalité, certains d’entre nous sont fans de Meshuggah. Surtout moi, car je suis un fan inconditionnel de Thomas Haake. Je pense que nous puisons nos influences principales dans le nu-metal et le groove des années 90, ainsi que dans certains sous-genres metal qui comportent un son progressif/low.

Hajer : Oui, Meshuggah est clairement un groupe favori pour la majorité d’entre nous ! Mais, au fil du temps, nous essayons de trouver notre propre identité et nous tentons de laisser cette étiquette de « Meshuggah hongrois » derrière nous. Je pense que nous commençons à trouver notre propre style depuis notre troisième sortie Trinity. Cette identité sonore s’est vraiment cristallisée dans notre dernier album Metanoia, où je pense que nous avons trouvé cette vibe spéciale qui nous définit en tant que groupe.

  Vous êtes ici en Belgique pour défendre votre album Metanoia, quel en est le sujet principal, y-a-t-il une sorte de fil rouge ?

Akos : Metanoia est une pierre angulaire importante dans notre cheminement en tant que groupe. Je pense que c’est l’album où nous avons enfin trouvé notre propre voix. Ce n’est pas un concept album, mais il parle de tous nos combats et difficultés au quotidien.

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Si vous deviez recommander 1 à 3 chansons à nos lecteurs pour leur faire découvrir Omega Diatribe, que choisiriez-vous ?

Hajer : Je leur conseillerais de faire tourner ‘Parallel’, ‘You Can’t Save Me’ et ‘Trinity’. Ces chansons reflètent, selon moi, nos meilleurs vibes. En plus, ce sont des morceaux qui fonctionnent très bien en live !

Tamas : Je choisis ‘Divine of Nature’, ‘Global Fire’, et ‘Mirror Neuron’. Je pense que ces trois morceaux montrent bien ce qu’est Omega Diatribe en 2021.

Akos : Ok, alors je choisis ‘Global Fire’, ‘Replace Your Fear’ et ‘Contrist’ pour décrire le groupe.

Que peut-on attendre d’Omega Diatribe en 2022 ?

Daniel : Je ne sais pas si je peux en parler, mais, nous serons en tournée une grande partie de l’année si cette foutue pandémie nous le permet.

Akos : Nous avons aussi d’autres plans comme de nouvelles chansons et un vidéoclip. Nous verrons ce que l’on peut accomplir concrètement.

 Quelles sont vos attentes personnelles pour l’année à venir ?

Tamas : Tourner le plus possible, nous essayons d’aller dans de nouveaux endroits, dans lesquels nous ne nous sommes pas encore rendus. Nous aimerions faire monter le groupe au niveau supérieur.

Qu’avez-vous pensé de votre show en Belgique ?

Hajer : Nous aimons toujours voyager dans des pays où nous n’avons pas encore eu l’occasion de jouer. C’était notre premier concert en Belgique et c’était le feu ! Le public était vraiment avec nous dans cette performance live et ils nous ont soutenus en achetant beaucoup de notre merchandising. Belgique, nous nous reverrons ! À bientôt.

Akos : Nous avons passé un excellent moment en Belgique avec vous. Merci pour votre accueil.

  Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Hajer : Merci à tous ceux qui soutiennent le groupe depuis toutes ces années et qui nous maintiennent en vie ! Ça signifie beaucoup pour nous ! On se revoit en tournée, continuez à diffuser nos morceaux !

Daniel : N’hésitez pas à nous amener un peu de « médecine locale » et venez faire la fête avec nous !

Akos : Chers amis du monde entier, on se retrouve sur nos réseaux sociaux. Nous essayerons de vous rejoindre en vrai pour faire la fête avec vous en live ! Prenez soin de vous et soutenez la musique live.

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Photos Omega Diatribe

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Montserrat "Plymouth Under Ashes"

Début du mois, j’ai reçu un mail de la part de M&O Music pour me faire découvrir un groupe assez original : Montserrat. Montserrat késaco ? L’instigateur du projet nous vient tout droits des Caraïbes, plus précisément de Plymouth qui fut ravagée par une éruption volcanique en 1997. Marqué par les évènements de l’époque, l’enfant devenu un homme a décidé de mettre des notes sur son ressenti. Aidé d’un chanteur de session, c’est ainsi que le premier EP Plymouth Under Ashes de Montserrat est né.

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En ouvrant le presskit je lis « Extreme Caribbean Music ». Ni une ni deux, je me prépare déjà psychologiquement avec une piña colada à la main et faute de plage, un transat dans mon jardin. Je démarre donc cet EP de trois titres Plymouth Under Ashes et paf me voilà transportée, l’espace d’une intro, sur une plage des Caraïbes grâce aux petites percussions exotiques. Puis BAM, je me prends un gros chant viscéral dans les mirettes et ma piña colada et moi nous retrouvons au milieu d’un pit.

Plus sérieusement, dans l’ensemble je pense que le projet Montserrat a un concept à creuser et à peaufiner. Il y a de l’idée derrière ce mélange de metal extrême mélangé à des rythmiques plus exotiques, de quoi se créer une véritable identité sonore. Je reprocherais à Plymouth Under Ashes quelques petits faux pas, tout à fait acceptables pour un premier EP. Les morceaux manquent parfois de liant entre leurs différentes parties, les transitions sont un peu abruptes entre les variations rythmiques.

De manière générale, j’ai tout de même bien apprécié cet EP. Un bon début pour une première production qui se montre un peu timide en terme d’explosion et de violence. À plusieurs reprises, on attend cette explosion, on se prépare à tout casser mais après la montée en énergie, on revient presqu’à l’intro. L’EP évoque l’histoire d’une catastrophe naturelle, qui plus est d’une éruption volcanique, on s’attend à quelque chose de soit plus violent en termes rythmiques, soit plus représentatif de la désolation causée par une telle force de la nature.

Mon morceau préféré reste Plymouth Under Ashes, le premier titre de l’EP du même nom car je trouve l’identité sonore vraiment intéressante et je pense que le groupe devrait travailler sur ce mélange de sons des îles et de metal extrême. Montserrat propose un concept innovant avec une véritable histoire derrière et ils ont tout à gagner en peaufinant cela.

En résumé, si vous avez envie de découvrir et de donner sa chance à un groupe qui se lance, je vous recommande d’y jeter une oreille bienveillante et de surveiller la production future de Montserrat. Je vous laisse avec Plymouth Under Ashes !

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Interview Pensées Nocturnes 1

Pensées Nocturnes, l'orchestre infernal

Pensées Nocturnes, aussi étonnant que cela puisse paraître compte-tenu de la complexité et de la finesse de cette musique, c’est le projet d’un seul homme, Vaerohn. Il a accepté de répondre à quelques questions concernant Pensées Nocturnes, un projet qui vous retournera certainement le cerveau et vous transpercera l’âme. Amateurs de Freak Show et de Black Metal à l’âme torturée, leur dernier album « Grand Guignol Orchestra » est fait pour vous !

Pour commencer, quelle est l’histoire de Pensées Nocturnes ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette paire de mots bien mystérieuse ?

PN est initialement un projet solo et ce n’est qu’en 2017 que d’autres membres ont rejoint le projet pour les lives, le studio restant pour le moment un travail majoritairement solitaire. Le projet s’autorise toutes les libertés possibles et imaginables pour peu qu’une matière cohérente et logique résulte de ce travail.

De nombreux instruments et des influences diverses sont ainsi employés pour obtenir des effets relativement surprenants pour une musique ayant pour racine le Black Metal. Ayant débuté en 2008, la dernière sortie, « Grand Guignol Orchestra », est le sixième album de PN et développe une ambiance de cirque maudit.

Pourquoi as-tu choisi de monter ce projet seul ?

En parallèle des groupes dans lesquels j’évoluais à l’époque (il y a presque 12 ans !) je ressentais le besoin de pouvoir produire en totale liberté, d’être totalement satisfait de tous les choix effectués sans avoir à négocier ni avoir à justifier toutes les décisions.

Œuvrer à plusieurs est une démarche évidemment plus créative mais implique d’accepter les concessions, ce qui est peu évident dans le domaine artistique. PN me permet de laisser libre cours à mon imagination, sans avoir à prendre en compte d’autres facteurs que mes divagations. Y prennent donc place les genres avec lesquels j’ai des affinités, l’objectif étant de coller au mieux à mes aspirations.

Malgré son efficacité indiscutable, le Black Metal tourne autour d’un spectre d’émotions trop restreint et diversifier les sonorités permet de coller au mieux à l’esprit. Le fait d’être seul entraîne une liberté indéniable, au niveau de la composition mais surtout dans le choix des instruments.

Interview Pensées Nocturnes 3

On note une évolution, musicalement et stylistiquement parlant, chez Pensées Nocturnes, c’est passé d’un DSBM à une sorte de cirque-opéra black metal grandiose. Qu’est-ce qui t’a poussé à « changer de cap » ?

Une œuvre est toujours à l’image d’un artiste, d’un point de vue culturel évidemment mais aussi en termes d’équilibre émotionnel. Les 3 premiers albums, et plus particulièrement le premier, « Vacuum », sont l’œuvre d’une personne en recherche de définition de soi, des autres, c’est l’expression d’un profond vide et le besoin de l’exprimer.

Aujourd’hui j’ai réellement honte de ce petit pleurnichard et de ces albums car en grandissant, en prenant du recul, on se rend rapidement compte que tout le monde se moque des pleureuses de service et de leur déjections.

Les gens suivent ceux envers qui ils ont un intérêt, les leaders, les puissants, les gens forts, en bonne santé, rayonnants et souriants.

Ainsi au final, quitte à vivre, autant répondre à ce vide existentiel par le rire, la moquerie, la destruction des certitudes ancrées des formalismes. Un rire moqueur, provocateur et belliqueux. Voilà ce qu’est PN aujourd’hui. Sans pour autant perdre de vue l’aspect vain de tout cela finalement, en conservant une vision tragique de la vie.

Bien que tu sois seul derrière Pensées Nocturnes, tu as choisi de t’entourer de musiciens pour rendre le projet vivant en concert. Comment as-tu effectué le choix des musiciens qui t’accompagnent pour emmener le public dans un cirque malsain le temps d’une soirée ?

Il s’agit uniquement de véritables tueurs dans leurs domaines respectifs. Je les connaissais déjà personnellement pour avoir pas mal évolué ensemble dans d’autres formations et c’est ce lien qui permet d’obtenir cette cohésion et cette fluidité aussi rapidement, tant sur scène que dans la vie de groupe.

Le public ressent cette volonté commune de lui démonter la cervelle dans le même sens et cela fonctionne vraiment très bien. Il y a pas mal de parties d’impro en live et il était nécessaire de développer cette complicité et cette fluidité pour que la mayonnaise prenne.

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Pour « Grand Guignol Orchestra », le dernier album, tu as choisi l’univers d’un cirque d’une époque passée allié à un genre de jazz et à un black metal torturé. D’où te viennent tes inspirations et comment parviens-tu à faire se rassembler des univers si différents pour créer un tout cohérent et harmonieux ?

Je dirais que la trame des morceaux est en général définie par la place qu’ils tiennent dans l’album mais que les détails sont eux pensés secondairement, durant la composition : un peu comme un peintre tracerait les gros traits de son tableau avant d’emprunter les pointes fines. Pour schématiser, la destination est connue mais pas forcément les chemins à emprunter, le parcours se dessinant au fur et à mesure. L’expérimentation étant prédominante dans PN il est pratiquement impossible de savoir à quoi ressemblera un morceau et c’est d’ailleurs tout ce qui fait le charme du projet : le fond est déjà pensé, ne reste plus qu’à lui trouver la forme la plus adéquate.

Pour « GGO », certains passages datent de plus de deux ans. Fidèle à mon habitude, je pétris, travaille, retouche et remodèle sans arrêt les différents passages. PN est une pâte feuilletée que je ne cesse de plier, les couches s’empilent et s’additionnent sans répit. Jamais un morceau ne tombe du ciel tout cru, tout est le résultat d’un travail de tous les instants. La conséquence en est une densité certaine mais également un contrôle parfait de chaque détail. Tout est traité, jaugé, écouté et réécouté des dizaines de fois.

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Pourrais-tu me citer entre 3 et 5 albums ou groupes qui ont marqué et influencé ta carrière musicale en expliquant pourquoi ?

Diapsiquir – « ANTI » : pour le côté ultra dissonant / crade et cette créativité hors normes.

Peste Noire – « L’Ordure à l’Etat Pur » : pour cette provocation permanente et le manque de respect total pour la scène et le genre qui l’a bercé.

Unexpect – « In a Flesh Aquarium » : pour la créativité et la multitude d’instrus et de couches dans tous les sens, sans aucun répit.

Circus contraption – « Our Latest Catalogue » : la révélation pour moi en termes de d’influence cabaret / cirque.

Shostakovitch – 1er concerto pour violoncelle : pour la folie qui se dégage du début à la fin.

Lors des concerts, et sur l’album aussi, de « Grand Guignol Orchestra », tu utilises un mégaphone en guise de micro à certains moments. D’où t’est venue cette idée et comment gères-tu ce petit outil capricieux ? Tu es satisfait du rendu ?

Il s’agit effectivement de l’outil avec lequel j’ai le plus de soucis techniques en concert car sur scène, on n’a absolument pas de retour de ce qui en sort, ou pas… Il m’est arrivé à plusieurs reprises de donner tout ce que j’avais à travers l’engin pour au final me rendre compte qu’un mauvais contact bloquait tout, et pendant un moment…

En live il n’est pas vraiment utile de reprendre le mégaphone au micro et cette liberté est assez plaisante. Un peu comme avec la trompette dans une petite salle où il n’est pas utile de repiquer le son.

Mais au-delà de l’aspect bricolage et bourrin de l’ustensile, c’est le timbre et l’aspect saturé / très compressé, de la voix qui en ressort qui m’intéresse. Une voix chantée, avec pas mal de grain, saturée par le mégaphone s’intègre à mon sens vraiment très bien à un mix BM.

Quelle est la chanson que tu préfères jouer en live, celle sur laquelle tu te sens le plus à l’aise ou dont tu es le plus fier ?

Pour la préférence, cela dépend du contexte et du public. Rien de plus exaltant que de jouer du reggae sur une affiche de BM pur et dur avec « Le Marionnettiste », par exemple ! Ou du tango avec « Poil de Lune ». Mais en termes de plaisir et d’aisance personnels je pencherais sûrement pour « Les Yeux Boiteux » avec une montée en puissance de la musique, du tempo et des chœurs pour un final du set bien costaud, après avoir enchaînés les passages très lents et complètement pétés.

Tu as fait pas mal de dates avec Pensées Nocturnes en 2019, est-ce que l’une d’entre-elles t’a particulièrement marquée et pourquoi ?

Nos meilleurs souvenirs de concerts, et qui le resteront pendant un bon moment je pense, sont nos deux participations à Beltane, dont la dernière en mai 2019. Nous avions surpris tout le monde en 2017 entraînant une réaction vraiment hors norme et exaltante de la part du public.

En 2019, lors de notre deuxième apparition au fest, nous étions attendus et la fête a bien été au rendez-vous. Il est un peu triste de se dire que ce petit fest si particulier a pris fin aujourd’hui, mais je suppose que c’est pour laisser place à encore plus très prochainement.

Quelle est la suite du programme pour Pensées Nocturnes ?

Le COVID a un peu stoppé notre lancée mais nous a moins affectés que le reste de la scène car nous étions en période de creux, entre deux albums. Il a dû être fatal aux groupes qui venaient de sortir leurs albums ainsi qu’aux labels qui les produisent.

Nous travaillons donc plus paisiblement sur la composition et l’enregistrement du prochain album, sans trop de distraction et c’est plutôt agréable. Nous reprendrons ensuite la route une fois que tout sera finalisé.

C’est la dernière « question ». Je te laisse champ libre pour laisser un dernier mot de ton choix, quelque chose qui te tient à cœur ou que je n’ai pas abordé.

Merci à toi pour le temps consacré à PN. Bonne continuation à Metal Overload et à très bientôt sous le chapiteau !


Photos Pensées Nocturnes & Les Acteurs de l’Ombre Production

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Interview Slaughter Messiah 5

Slaughter Messiah's "Cursed to the Pyre"

Il y a déjà un moment, j’ai eu l’occasion d’interviewer Slaughter Messiah à l’occasion de la sortie de leur dernier album « Cursed To The Pyre ». Confinement oblige, c’est par clavier interposé que T. Exhumator, second guitariste du groupe, a pris un peu de son temps pour répondre à mes questions concernant ce nouvel opus.

En tant que grande amatrice de Black et de Thrash, je ne peux que vous recommander de vous laisser séduire par ces hommes vêtus de cuir dont la musique vous fera pousser des couilles cloutées (même si vous êtes une gonzesse) et adorer Satan.

Interview Slaughter Messiah 5

Qui êtes-vous et quel est votre rôle dans Slaughter Messiah ?

Je suis THOMAS (THE BLASPHEMOUS) EXHUMATOR, acté comme second guitariste dans ce groupe à l’an 2012 !

Comment le groupe est-il né ? Quelle est son histoire ? Quel était votre but, vos envies derrière ce projet ?

SLAUGHTER MESSIAH a vu la nuit vers 2008. À l’époque, Rod Ironbitch Desecrator (guitares, dictature) et E. Sodomaniak (batterie, perversion) voulaient créer un groupe de black metal. Après avoir galéré avec d’obscurs membres, ils se rendirent compte qu’un bassiste/chanteur/leader était ce qui faisait défaut à ce groupe pourri. Ils ont finalement pris le pli d’enrôler SABATHAN au chant et à la basse. Le gars accusait déjà un solide CV du fait de son implication dans quelques autres hordes maudites (MORBID DEATH, ENTHRONED, DAWN OF CRUCIFIXION…).

Le groupe a finalement pris une tournure plus “old school” en voulant célébrer les grands noms du metal. Ça s’est ressenti dans le style qui a viré sur quelque chose de plus speed metal. Leur idée était de raviver la flamme du metal pur – et de botter des culs aux côtés du diable. Une première démo a vu le jour…

J’ai troqué mon âme au projet en 2012, car ils voulaient renforcer le tranchant des guitares en ajoutant un quatrième membre. Ils m’ont appâté avec de la bière bon marché et la promesse de virées nocturnes sauvages. Nous avons sorti 3 EPS avec ce line up.

En 2015, Sodomaniak était devenu assez incontrôlable et menaçait sa propre intégrité (physique/psychique) et celle du groupe. John Berry (batteur de GAE BOLGA) nous est venu des Flandres et a rapidement récupéré le trône de cuir qui est posé derrière la Gatling.

Depuis, nous sillonnons l’Europe avec notre black/death/thrash metal et nous avons sorti notre premier album il y a peu.

Interview Slaughter Messiah 3

D’où vous est venue l’idée de « Slaughter Messiah » comme nom pour le groupe ?

Les deux fondateurs en état d’ébriété voulaient, je cite : “un nom qui ne pique pas aux oreilles”. Le premier nébuleux chanteur/bassiste proposait, je cite : “Infernal Messiah Of Hell” (« infernal » et « of hell » ramenant à la même chose, il me semble). Ils se seraient fait remarquer, mais le nom était un peu exagéré peut-être, ils ont donc opté pour SLAUGHTER MESSIAH.

Quelles sont vos influences musicales (metal ou non-metal) et artistiques (cinéma, littérature ou autre) pour Slaughter Messiah ?

Nos huit oreilles sont sensibles à beaucoup de créations metal et non-metal; mais dans le cadre de SLAUGHTER MESSIAH cela reste clair : il s’agit du point G, équidistant entre le death, le black et le thrash metal. En bref toutes les extensions les plus sauvages du heavy metal primordial. Citons HOLY TERROR, HELLHAMMER, SADISTIK EXEKUTION, VENOM, MORBID ANGEL, SODOM,…

Le groupe a été relativement inspiré par des œuvres obscures (surtout à l’époque de Sodomaniak qui portait alors la casquette de parolier). Ça allait piocher dans le Lovecraft, et aussi de nombreux films d’horreur. À titre personnel, je ne suis pas avide de ces œuvres dites cultes pour les amateurs de l’ombre. J’aime surtout les récits d’exploration, d’aventure, de contemplation,…

A l’instar de la bouffe, j’adore écouter la musique spécifique de l’endroit où je me trouve, tous styles confondus… Elle fait partie de l’âme des lieux. Enfin, niveau metal, je suis assez sensible au black metal scandinave, et aux scènes extrêmes d’Amérique latine et d’Australie ; ces deux dernières partagent la furie.

Parlons maintenant de votre dernier album « Cursed To The Pyre ». D’abord, quelle est la thématique abordée ? Y a-t-il une sorte de fil rouge ou d’histoire liée à cet album ?

Pas vraiment de fil rouge, c’est plutôt un recueil de nos riffs les plus sauvages, et de textes qui ont jailli à l’écoute des premières rushes. De manière générale ça envoie de la mort, du feu et du chaos. J’ai écrit la majorité des paroles de cet album. C’est une ode au carnage, une pierre à l’édifice du metal extrême, bourré de gnole et de flammes.

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Avez-vous gardé la même recette pour « Cursed To The Pyre » que pour vos autres productions ou avez-vous modifié certains ingrédients ? Si oui, lesquels ?

On peut dire que les morceaux sont plus matures, et on voit pointer une touche plus écrasante de death metal. Dans l’ensemble on sent qu’on a toujours affaire au même groupe, mais comme le répète un pote de POSSESSION : on a retiré du “yeah!” pour ajouter du “ugh!”.

Le travail à deux guitares a été plus pensé afin de créer davantage de (non) harmonies et de profondeur. Y’a aussi quelques passages lents, ça c’est nouveau !

Enfin, ce sont les premiers morceaux sur lesquels John Berry peut s’exprimer pleinement, car il a fait partie intégrante de la composition. Son jeu plus old school a pu éventuellement aérer les morceaux et ouvrir de nouvelles portes.

« Cursed To The Pyre » est sorti au mois de février. Est-ce que vous avez eu l’occasion de présenter l’album en live avant le confinement ? Si oui, qu’avez-vous pensé du rendu de l’album en live ? Le public a-t-il été réceptif à ce nouvel album ?

Certains morceaux étaient déjà présentés en live (« From The Tomb », « Pouring Chaos », « The Hammer », …, etc.). Mais à part ça, nous n’avons pas vraiment eu l’occasion de défendre et répandre l’album dans le contexte de concerts. Le release show officiel devait avoir lieu début avril.

Avant tout ce bazar, nous avons juste eu l’occasion de jouer à Eindhoven avec l’album dans les mains. De manière générale, les gens semblaient contents et bourrés; et la table de merch a attiré l’attention.

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Qu’en est-il des critiques et feedbacks reçus pour « Cursed To The Pyre » ? Est-ce que vous prêtez attention à ce genre de retours ou pas du tout et pourquoi ?

Depuis sa sortie, nous recevons de nombreuses critiques positives de « Cursed » ! On sait qu’il s’agit de l’avis de personnes pas toujours objectives, et a priori d’emblée sensibles au style dont il est question, mais ça fait toujours plaisir à lire. Ça fait aussi plaisir de lire ceux qui n’ont pas aimé, afin de savoir pourquoi.

Dans les deux cas : certains avis sont éclairés et enrichissants pour se voir dans la glace et prendre du recul. Et d’autres sont des torchons !

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cet album et du futur de Slaughter Messiah ?

L’idée était de répandre notre humble réalisation, et écumer les bars et les salles pour s’arracher la gueule et faire des concerts violents. On a quelques dates prévues qui ont sauté. On essayait de prévoir une tournée dans les Balkans et une en Amérique du sud, mais tout semble compromis pour cette année maudite. De nombreux groupes sont dans cette situation, mais je pense que d’autres entités et surtout personnes sont dans des travers bien plus réels et merdiques que l’annulation de quelques joyeusetés.

Je dirais qu’on va en profiter pour se consacrer à nous-mêmes. Et aussi pour concevoir une petite sœur pour « Cursed » !

Dans toute votre production musicale, y a-t-il un morceau en particulier que vous aimez plus que les autres ? Si oui, lequel et pourquoi ?

C’est difficile à dire, sur cet album on les apprécie tous car ils sont nouveaux et l’enthousiasme de notre premier full lenght est encore vibrant. Je me fie donc aux auditeurs, ce qui nous amène à la chanson “Hideous Affliction” : ce titre-là est souvent ressorti dans les reviews.

Période de confinement oblige, nous sommes quasi tous enfermés à la maison. Si vous deviez nous recommander 3 albums à découvrir pendant cette période, lesquels serait-ce et pourquoi ?

J’ai récemment écouté le dernier AGGRESSIVE PERFECTOR (« Havoc ») qui est une pure branlée. Pour parler du Plat Pays, nos compère des BÜTCHER ont sorti une tuerie (« 666 Goats ») et intéressez-vous tout de suite à TERRIFIANT et son album éponyme ! Je triche, quatre, mais j’adore le dernier Misþyrming, n’efface pas ça, j’ai galéré pour trouver le “þ” !

Et n’oubliez pas d’écouter MOTÖRHEAD de temps en temps !


Crédits photos SLAUGHTER MESSIAH

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Ethmebb, voyage en Etrangerie

Il y a quelques temps, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres un bien étrange objet. Tout scintillant au soleil, c’était « La Quête du Saint Grind », dernier concept-album du groupe français Ethmebb. Après cette aventure musicale, j’avais quelques questions à poser à cette bande de joyeux lurons. Je leur ai donc envoyé une interview. Maintenant que j’ai reçu leurs réponses, je peux enfin vous en dire un peu plus sur Ethmebb et leur fameuse quête !

Tout d’abord, que veut dire Ethmebb ? Comment avez-vous choisi ce nom pour le groupe ?

Ethmebb c’est l’anagramme de The Bemb.

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Pourriez-vous nous faire un petit topo sur la genèse du groupe ? Qui êtes-vous, d’où venez-vous ? Quelles ont été vos motivations pour créer ce groupe ?

Le groupe a un peu démarré comme une blague à l’initiative de Rémi Molette à la fin de sa puberté. Il a toujours voulu faire de la musique pour se la raconter et impressionner les meufs.

Au départ c’était un groupe de Grind tout pété qu’on avait nommé Ethmeb. Plusieurs line-ups de joyeux drilles se sont succédés jusqu’en 2013 avec l’arrivée d’un line-up stable ainsi qu’un claviériste pour donner une dimension un peu plus épique à notre musique. C’est aussi à ce moment-là qu’Ethmeb est devenu Ethmebb, abandonnant le Grind pour faire des trucs plus stylés.

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Quel était le projet de base, l’histoire derrière « La Quête du Saint Grind » ?

L’idée c’était de faire un concept album qui raconte une aventure tout au long des morceaux.

La Quête du Saint Grind parle des aventures de Tathor, un chevalier qui se réveille un matin et qui a perdu son “Grind”. Il est super vénère et on comprend rapidement que son Grind lui permettait de draguer toutes les minettes du royaume. Il va donc entreprendre un voyage pour tenter de le retrouver jusqu’à se rendre compte qu’en fait il n’en n’a pas besoin et que sa vie est meilleure sans.

Au final c’est un peu l’histoire d’Ethmebb qu’on raconte, avec ses débuts en Grind et son évolution musicale sans limite !

Quand on s’apprête à écouter « La Quête du Saint Grind », on s’attend à avoir une majorité de Grind dans l’album. Au contraire, le Grind est, selon mon expérience personnelle, assez minoritaire et on retrouve pleins d’influences diverses et variées. Quelles ont été vos sources d’inspiration musicale et pourquoi avoir choisi le « Saint Grind » et pas autre chose ?

Les différences de chacun influencent grandement notre musique, c’est évident.

On est tous issu d’univers différent. Par exemple, Rémi aime bien entasser des figurines de jeux vidéo dans ses vitrines et s’acheter des voitures hors de prix alors que François préfère passer tout son temps à la campagne en charentaises avec un plaid sur les genoux… Damien c’est plus le genre de gars à se buter aux jeux vidéos et à se plaindre quand personne ne l’aide à monter son matos sur scène… Et puis Victor bah il joue de la guitare, c’est pour ça qu’il est super fort.

En dehors de la musique, vous apportez quelques touches de pop culture dans votre « quête ». Quelles ont été vos influences pour l’écriture des textes ?

Parmi les plus influenceurs : La cité de la peur, les Monthy Piton, Dragolebol zed, Enjoyphoenix, l’Assommoir de Zola, et surtout les Feux de l’Amour sur TF1 le midi (en plus dedans y’a Victor Newman, qu’a le même prénom que Victor, quelle histoire…).

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On va pas cacher aussi qu’on est aussi (un peu) inspiré par, notamment, l’histoire du gars qui tombe amoureux d’une bague et qui insulte ses potes, ou bien de l’histoire de ceux qui “devraient venir de ce côté parce qu’ils sont trop dans la lumière” mais qui essayent de résister, ou encore – pour finir – de l’histoire du boute-en-train pas très fairplay mais vachement charismatique, qui est dégouté parce que son bateau est dans une bouteille avec un singe zombie miniature.

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Aux vues de l’éclectisme de cet album, est-ce qu’il est difficile à jouer en live ou vous parvenez à rendre l’album dans toute sa complexité sur scène ?

On a le droit de dire qu’on a arrêté l’éclectisme depuis longtemps parce que ça fait trop transpirer ? C’est un peu une victoire personnelle de le caler.

Depuis le temps qu’on joue l’album, on commence à maitriser les parties. Par contre, on ne va pas se mentir, y’en a toujours un qui joue plus le rôle boulanger que de musicien.

Mais ce qu’on travaille depuis quelques temps maintenant, c’est tout ce qui est scénographie, création et interaction des personnages, etc. ça rend le spectacle beaucoup plus intéressant pour tout le monde et même si on avait une cape sur scène au début (qu’on a laissé tomber parce que fait trop chaud là dessous), on n’avait jamais vraiment poussé le truc plus loin. Et voir Victor débouler sur scène en mini campeur poilu, ça n’a pas de prix.

J’ai lu sur votre page Facebook que vous recommenciez à fouler les scènes cette année et que le prochain album était en cours d’écriture. Que pouvez-vous me dire de plus aux sujet des futurs concerts et de ce prochain album ?

Après s’être focalisé sur la composition du second album, on voulait reprendre la scène (qui nous manque à tous) et trouver des dates pour se faire plaisir et faire (re)découvrir la quête du Saint Grind à ceux qui auraient le culot de prétendre le contraire !

On avait booké une date à la Boîte de Concerts à Pontault-Combault (qui est un peu le fief d’une partie d’entre nous), dans une salle flambant neuve qu’on a eu le plaisir d’utiliser pour nous entraîner sur scène. Dans le même temps, on était programmé à Rouen au Pagan Nordmanni Fest avec d’autres groupe pas dégueus du tout. On avait tellement hâte de tout ça !

Mais, entre les deux, y’a eu le confinement. Du coup on a dû tout annuler courant mars. Genre juste avant les concerts prévus. Donc on est dégoûtés.

Alors on attend avec impatience la reprise des activités pour jouer de nouveau devant des foules – qui auront triplé de volume à cause du confinement – c’est toujours bon pour nous, ça donne l’impression qu’il y a plus de monde.

Si on se projette encore plus loin quel est le but ultime d’Ethmebb (concert de vos rêves, festival, label, …) ?

J’aimerais tellement qu’on arrive à ranger le matos en moins de trois quart d’heure en répète parce que la moitié du groupe s’est barré à ce moment-là… (on peut voir ici la redondance du sujet)

D’éventuelles dates prévues pour la Belgique cette année ?

Ce serait avec un grand plaisir qu’on viendrait jouer en Belgique. Malheureusement, rien de prévu pour le moment.

Nous arrivons à la fin de cette interview. Je vous laisse le mot de la fin.

Chasuble.

Oui parce qu’en fait, c’est important de le mentionner, et on oublie de le faire la plupart du temps. Je me souviens quand on était petit, on s’en mettait pour courir après une balle. D’ailleurs, je me dois de saluer les designers, qui ont su choisir les bons tissus – ceux qui collent mais qui ne laissent pas de marque.

OMEGA_DIATRIBE_Interview 3

Ça marque aussi le début de la vraie compétition entre les joyeux bambins, entre ceux qui ont les couleurs flashy tout neufs et ceux qui ont les vieux trucs pourris qui sentent la transpiration de la classe d’avant.

Déjà à l’époque, on faisait une sélection pour une éducation à deux vitesses. Alors qu’en vrai, deux vitesses, ça ne suffit pas. Regardez, on aurait l’air con sur autoroute en voiture si on avait que la première et la deuxième.

Les gars ont été vachement malins sur ce coup. On voit qu’avant, ils réfléchissaient vachement au rapport masse/puissance/célérité qui prend en compte la dérivée de p=mg, avec g = 9,81 quelque chose, et tous les trucs du genre.

Aujourd’hui, on s’en fout que ça roule, faut juste que ça capte la 4G. Ça nous arrange pas mal, parce que tout le monde peut écouter notre album partout comme ça.

Ah, la vie est belle ! On pourra toujours dire que certains tirent les ficelles, que d’autres décident de tout et de rien… Bah nous ce qui nous intéresse surtout, c’est de vendre nos CD, parce que pour être honnête, on n’a pas encore eu le retour sur investissement qu’on espérait, et j’aimerais bien manger autre chose que du céleri.


Photo par Deuskin Photography

Vous voulez en savoir plus sur Ethmebb?


Les Acteurs de L'Ombre -INTERVIEW-2

Rencontre avec Gérald du label Les Acteurs de L'Ombre

Il y a quelque temps, nous avions contacté Les Acteurs de L’Ombre et c’est Gérald, label manager, qui a pris le temps de répondre à nos questions concernant ce label français axé black metal et metal extrême. En fin d’interview, vous pourrez consulter les liens vers leurs réseaux et leur catalogue où vous trouverez certainement de quoi ravir vos oreilles ! Nous avions publié précédemment plusieurs interviews de groupes liés aux Acteurs de L’Ombre dont Hyrgal, Aorlhac et SETH.

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein des Acteurs de L’Ombre ?

Bonjour, je suis Gérald, label manager du label que j’ai créé en 2008.

Les Acteurs de L'Ombre -INTERVIEW

Les Acteurs de l’Ombre, comment avez-vous choisi ce nom ?

J’ai créé Les Acteurs de L’Ombre en 2001 avec 3 amis. J’ai proposé ce nom lors de notre première réunion. L’idée était de trouver un nom qui rappelle à la fois les acteurs de la scène underground et ceux qui la défendent dans l’ombre. Un nom qui nous rassemble dans notre passion et notre activisme pour la défendre et la faire vivre.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement l’histoire du label ?

Suite à une mutation professionnelle en 2008, j’ai dû laisser la présidence de l’association LES ACTEURS DE L’OMBRE créée en 2001, et j’en ai profité pour lancer le label pour l’association de manière autonome. Je suis un passionné de black metal depuis 94. Je n’ai jamais cessé de m’investir dans la scène, au travers de groupes, un fanzine, un webzine, une organisation de concerts et de festivals. En 2011, la branche organisation de spectacles et le label ont été scindés en 2 entités différentes et autogérées.

En quoi la situation actuelle qui plonge le monde dans un certain sommeil a une incidence sur le label ?

Nous sommes impactés comme tout le monde dans l’industrie de la musique et du spectacle. Tout est en standby, comme si le monde s’était endormi. Outre le fait que la distribution physique est presque à l’arrêt car les magasins sont fermés, les gens commandent moins sur internet et j’ai appris qu’Amazon se mettait en pause. Du fait de l’annulation des tournées, des festivals, nous ne pourrons pas tenir les stands prévus. Cela va engendrer un énorme manque à gagner qui met en péril les sorties qui suivent l’été. Nous devons trouver une solution pour générer assez de trésorerie pour ne pas les reporter.

Quels sont les critères de LADLO concernant les groupes que vous intégrez au label ?

Il y a beaucoup de critères à prendre en compte, bien évidemment la qualité artistique et musicale d’un groupe est la chose la plus déterminante. Mais nous devons avoir une vision globale, car ce qui a souvent fait la différence chez nous, c’est le sérieux du groupe allié à sa motivation. Le feeling dans nos échanges prend aussi une bonne part d’importance. Lorsqu’un groupe vient vers nous en démontrant une vraie volonté de collaborer avec nous tout en abordant notre collaboration éventuelle de manière professionnelle, cela nous laisse porter plus de crédit à chaque application. J’entends par là, un groupe qui vient avec un concept et univers graphique abouti, une vision à moyen et long terme de sa carrière, une volonté de faire du live avec une vraie scénographie et qui a su s’entourer de personnes compétentes pour développer son art. Il doit aussi s’engager à nous appuyer dans la promotion et se montrer disponible. À contrario, il nous arrive de signer des groupes qui ont besoin de management, ainsi, nous les mettons en contact avec des graphistes, photographes, studios d’enregistrement, bookers et nous les accompagnons à différents niveaux.

Y a-t-il un groupe auquel vous n’avez pas cru dès le départ mais qui vous a plus qu’agréablement surpris au niveau de son évolution ?

Nous ne collaborons pas avec des groupes qui nous proposent un album qui ne nous plairait pas, nous croyons dans chaque sortie. Y compris les groupes dans notre roster car nous ne nous engageons que pour un seul album à la fois. Nous sommes tous bénévoles et puisque nos avis ont tous le même poids, nous choisissons nos sorties en votant à la majorité. Ainsi, certains travaillent sur des sorties dont ils ne sont pas particulièrement fans, mais ça tourne puisque à l’image de nos goûts, nous produisons des albums très variés. Cependant, il peut arriver que des groupes dépassent nos espérances en termes d’accueil et de retour du public.

Quelles sont les 3 meilleures sorties de cette année au sein de LADLO ?

De mon point de vue, nous proposons un panel plutôt large de ce que l’on peut trouver dans le metal extrême à tendance black metal et toutes nos sorties méritent la même attention. Je pense qu’il y en a pour tous les goûts ou presque. J’ai le sentiment que notre catalogue propose de la qualité et une vraie diversité. C’est le retour que nous font les gens qui nous suivent, ils peuvent acheter nos sorties les yeux fermés. Je n’ai jamais de regret sur nos choix de sortie, même ancienne, car nous menons le label avec sincérité.

Aussi, je ne pourrais te dire telle sortie est meilleure qu’une autre, elles sont toutes différentes, et je suis fier de chacune d’entre elles. J’ai mis beaucoup de temps à répondre à ton interview puisque envoyée fin 2019, du coup, j’adapte ma réponse. Actuellement, nous avons 3 sorties réalisées en 2020 :

MONOLITHE, huitième album, « Okta Khora », sorti le 31 Janvier 2020 (progressive doom metal)

SONS OF WANTED MAN, premier album, « Kenoma », sorti le 7 Février 2020 (blackened post metal)

BORGNE, neuvième album, « Y », sorti le 6 mars 2020 (industriel black metal)

Et je bloque pas mal sur l’album à venir de GRAVE CIRCLES, « Tome II ». GRAVE CIRCLES est l’un de nos artistes qui restent les plus fidèles au style originel, sans s’y limiter. S’il ne révolutionne pas le genre, il a su trouver son identité à travers diverses influences. Il en résulte un black metal torturé à l’image des thèmes abordés dans les paroles. Un album intense et varié, aux structures parfois complexes et aux riffs brutaux, mais aussi lancinants ou mélodiques, aux ambiances aériennes et occultes. Une bête souterraine, rampante et dissonante, rythmée par une batterie infaillible et des incantations presque rituelles.

Si vous pouviez changer une chose à l’industrie musicale, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Je dirais qu’à la fois c’est un rouage qui s’est fait avec le temps, qu’il est difficilement modulable, et aussi, qu’il essaye de s’adapter au mieux à l’évolution continuelle des modes de communications et diffusions. Il y aurait plein de choses à changer car il y a beaucoup d’inégalités, mais à notre niveau, le problème auquel nous sommes régulièrement confrontés est celui des droits des artistes et de leurs rétributions. Beaucoup chez nous ne sont pas affiliés SACEM, ça peut poser des soucis à certains niveaux, à contrario nous avons des frais supplémentaires pour ceux qui le sont. Et ce n’est pas toujours évident car nous fonctionnons en totale autogestion, et du fait que nous ne sommes pas dans le circuit, et ne bénéficions pas des aides et accords avec les différents organismes, pour nous c’est un coût. Sans compter que les artistes un peu novices ont un peu de mal à récupérer leurs droits du fait de leur désorganisation. Et je ne parle même pas des royalties ridicules sur le streaming…

Est-ce qu’il vous arrive de travailler avec d’autres labels ? Comment est l’entente entre les différents labels français ?

Oui, plusieurs fois, mais cela n’a jamais été une bonne expérience. Collaborer sur une sortie implique une certaine organisation, rigueur et synchronisation entre les deux labels. Malheureusement, les choses sont telles que les fonctionnements internes de chacun ne sont pas forcément en adéquation et compliquent le processus général. On a souvent de mauvaises surprises avec des malfaçons suivant qui a géré quoi. Et puis, il faut se mettre d’accord sur les deals, les visuels, les supports, le merchandising, la distribution… Toujours assez galère.

L’entente entre les labels français est plutôt bonne, on se file des coups de main, on fait la bringue ensemble. Nous ne sommes pas concurrents et nous nous connaissons pour beaucoup de longue date.

Quels sont vos attentes et vos objectifs pour l’année à venir ?

Je souhaite juste que nous puissions continuer notre activité autant de temps que cela nous sera possible avec la même ferveur. Je rêve de toujours plus de collaborations enrichissantes et de moments mémorables. Étant donné la conjoncture actuelle, notre priorité est de trouver le moyen de pouvoir maintenir les sorties prévues après l’été. Nous réfléchissons actuellement à des alternatives, et relançons en ces temps de confinement, des projets restés en sommeil depuis des années. Il ne nous reste plus qu’à garder la foi et espérer que nous arriverons à combler le déficit au moins partiellement.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Merci à toi et à Metal Overload pour votre soutien. J’encourage juste les lecteurs à venir jeter une oreille à notre roster : https://ladlo.bandcamp.com Je pense que nos groupes sont encore trop largement méconnus et pourtant très méritants.


Photo de Gérald par Thomas Orlanth

Vous voulez en savoir plus sur Les Acteurs de L’Ombre et leur programmation ?


Campaign For Musical Destruction 2020

Campaign for Musical Destruction 2020 @Trix

Dimanche soir, j’ai bravé la tempête et affronté la météo pour me rendre au Trix d’Anvers afin d’assister au Campaign For Musical Destruction Tour 2020 regroupant BAT, Rotten Sound, Misery Index et Napalm Death.

Report 16022020 BAT

Les Américains de BAT ont ouvert la soirée avec un excellent thrash qui nous a mis en jambe pour le reste des hostilités. Ce fut une excellente découverte pour ma part. Je connaissais déjà Ryan Waste dans Municipal Waste et bien que ce soit un groupe que j’affectionne beaucoup, je trouve que BAT a un petit quelque chose en plus qui fait son petit effet. J’ai trouvé que la voix était bien mise en valeur, que ça collait bien avec la musique et Ryan a su conserver toute l’énergie et l’intensité de sa voix tout au long du concert. Si vous ne connaissez pas BAT mais que vous êtes amateur de thrash à la sauce Municipal Waste et cie., c’est le moment de vous y atteler.

Report 16022020 Rotten Sound (2)

C’est ensuite Rotten Sound (Finlande) qui a foulé les planches. La dernière fois que je les avais vus, c’était dans une petite salle à Liège (La Zone) avec Implore et Brutal Sphincter. Malgré un son pas très propre et un public extrêmement mou, Rotten Sound a envoyé une déferlante d’énergie et de violence dont ils ont le secret. Cependant, j’avais préféré leur prestation à La Zone où l’intimité et la proximité avec le public correspond plus à l’atmosphère qu’on retrouve dans les concerts de grind où ça sue, ça se pousse et ça pue la violence. Ici, dans la grande salle du Trix d’Anvers, c’était impossible de recréer une ambiance similaire. Par contre, on peut dire que Rotten Sound a rempli sa part du contrat et qu’ils se sont donnés à fond pour faire bouger un public qui avait sûrement confondu l’énergisant et les somnifères.

Passons au troisième concert et pas des moindres : Misery Index (Pays-Bas). Les Néerlandais nous ont proposé un show oscillant entre leurs classiques et des nouvelles chansons. Bien que le groupe ait proposé un excellent set alliant propreté et violence pure et dure, le public n’a pas semblé plus motivé que ça. Il a fallu attendre les deux derniers morceaux pour voir quelques petits mouvements semblables à des débuts de pogos dans la foule. Même le micro était plus ambiancé que le public, il en est d’ailleurs tombé à la renverse pendant le dernier morceau. Cela a fait rire le public mais the show must go on, le concert s’est terminé en beauté. Je tiens à souligner que Misery Index a relevé la barre d’un cran comparé à leur prestation au Turock d’Essen avec Wormrot (06/04/2019). Je les ai trouvé plus énergiques et plus efficaces sur scène.

Report 16022020 Eye Hate God (38)

Dans un tout autre registre, nous sommes ensuite passés à Eye Hate God et son espèce de stoner/rock psyché un peu grindé. Une chose est certaine, on n’était plus dans le même monde. J’ai trouvé le groupe bien plus introspectif que les trois premiers, il fallait vraiment être dans leur trip pour pleinement profiter du concert. En regard des trois autres groupes de la soirée, leur univers ne collait pas et pour moi, c’était extrêmement compliqué de me mettre dans l’ambiance. C’est à cause de cela que je trouve qu’Eye Hate God dénotait un peu de l’affiche. Cela a créé un décalage dans le public d’ailleurs : il y avait ceux venus pour Eye Hate God qui se fichaient des autres groupes et ceux venus pour Napalm Death qui étaient plus attirés par le style des premiers groupes. Cependant, il faut saluer la performance et j’ai tout de même apprécié le côté sale mais groovy du son proposé par le groupe. Je terminerai en disant qu’Eye Hate God c’est venimeux, c’est viscéral et niveau sensation, c’est un peu comme quand tu craches de la bile, ça vient du fond des tripes.

Napalm Death nous a proposé un show du feu de Dieu. Le groupe nous a annoncé la sortie de son prochain album dans quelques mois. Nous avons eu un aperçu de ce nouvel album avec un morceau : « Logic Ravaged By Brute Force » qui allie le chant clean et le chant gueulé tantôt punk et tantôt grind. Pour le reste du concert, c’était comme à chaque fois que j’ai vu Napalm Death : violent, rapide, efficace et tellement bon ! Si vous n’avez jamais vu Napalm Death en live n’hésitez plus ! Surtout si vous devez rattraper une séance de gym parce que Barney c’est le seul mec qui peut te péter le compteur des 10 000 pas par jour en un seul concert.

Concernant le public, la foule était en délire à la simple mention des classiques comme « Scum ». Napalm Death a fait bouger tout le monde, ça remuait dans toute la salle (ENFIN !). Nous avons eu droit à un concentré d’énergie et de violence comme je n’en connais pas d’autres. Napalm Death va jusqu’au bout des choses et ce sans compromis, tout en restant fidèle aux idées qu’ils défendent fièrement. C’est peut-être un groupe qui a de la bouteille mais ils soulèvent toujours une quantité d’énergie impressionnante, le tout à une vitesse plus grande que celle d’un Boeing. T’as un coup mou ? Oublie Nalu et reprend une dose de Napalm Death. Enfin, le nouveau morceau a été bien accueilli même si ce sont les classiques qui remportent le plus grand succès auprès du public. Le concert s’est clôturé avec deux reprises : une des Dead Kennedys, « Nazi Punk Fuck Off » qui a fait bouger tout le monde, et l’autre de Sonic Youth, « White Kross », qui elle a moins conquis le public.

En conclusion, ce fut une excellente expérience de concert avec des groupes de bonnes qualité, un son pas toujours parfait mais chacun a tout donné pour transmettre un concentré d’énergie et de violence à sa manière. Big up à BAT, le groupe d’ouverture qui, je vous le rappelle, en vaut vraiment la peine. Voilà, je crois que « All Is Said And Done » !



Antiq-interview

Rencontre avec Léon d'Antiq Records

Aujourd’hui, nous avons décidé d’aborder d’autres acteurs de la scène musicale : les labels. Nous vous proposons l’interview d’Antiq Records, un label français qui propose des groupes divers et variés en valorisant aussi la scène locale. Avides de découvertes ? Feuilletez leur catalogue !

Tout d’abord, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein du label Antiq ?

Je suis Léon et mon rôle pourrait s’assimiler à celui d’un label manager, couplé à celui d’un directeur artistique. Je suis accompagné d’Adrien et de Joanna.

Brièvement, comment est venue l’idée de créer ce label ? Quelle est son histoire ?

Antiq est au départ venu d’un besoin de produire nos projets selon notre vision du monde de la musique.

Un petit collectif en quasi-autarcie, sans presque aucun lien avec le reste du monde professionnel de la musique. Au départ, nous étions trois, dont Adrien et moi, et gravitaient autour de nous plusieurs de nos amis impliqués dans des projets personnels.

Puis, assez rapidement, nous sommes passés à deux pendant 4 ans avant d’intégrer Joanna. Mais nous avions déjà ouvert notre ligne éditoriale dès la deuxième année.

Quels sont vos maîtres-mots ou vos valeurs ?

L’œuvre d’art totale, et tendre vers la cohérence entre les paroles, l’imagerie et le concept avec les sentiments que véhicule la musique.

Comment se passe la sélection des groupes chez Antiq ? Les groupes posent-il leur candidature pour être soutenus ou est-ce vous qui les contactez ?

Les deux cas de figure peuvent se présenter. Mais malgré notre statut et notre taille de tout petit label, il faut bien comprendre que notre sélection est draconienne : aujourd’hui nous recevons entre 3 et 5 candidatures par semaine, cela fait beaucoup.

D’abord, parce qu’il y a de plus en plus de groupes, et d’autre part, avec notre évolution nous touchons plus de monde. La sélection est difficile car il y a beaucoup de groupes. Nous voulons rester à une cadence de 6 à 8 sorties par an, notre planification est maintenant vue longtemps à l’avance.

Et enfin, il faut que le groupe rentre dans notre ligne éditoriale, en gros qu’il soit compatible avec l’univers que nous voulons promouvoir. Ah, et aussi, il faut qu’il nous plaise, ça paraît évident.

Quel est votre top 3 dans les groupes (et leurs albums) que vous avez produits en 2019 ?

Oh alors là, impossible de te répondre en n’en gardant que trois en tête. J’adore Véhémence et Malenuit, et l’univers musical développé par Dorminn, le son et les compos, si particuliers, qui me happent dans Tan Kozh. Je suis aussi très fier du split Incipient Chaos / Defenestration.

Mais cela, c’est en faisant abstraction de Grylle, modestie oblige, et d’une autre sortie qui n’est pas encore arrivée. En fait, j’aime de façon égale toutes nos sorties, car il y a une cohérence commune entre les projets, sinon nous ne les ferions pas. Donc, pas de top 3, plutôt un top-tout !

Quelle est la chose que vous préférez au sein d’Antiq ?

Le frisson de la créativité. Tu le ressens quand un groupe connu (et bon) te contacte ou te répond, quand un groupe moins connu t’envoie des pistes qui tuent, quand un nouveau visuel d’une production à venir, dont tu fredonnes déjà les chansons, tombe dans ta boîte et que tu es scotché par la force du truc. Quand tu envoies les fichiers à la fabrication avec cette légère appréhension, normale au demeurant, d’avoir tout bien fait. Quand les paquets arrivent enfin et que tu les ouvres, fébrilement, comme un kid qui reçoit son premier disque. Quand les chroniques tombent et qu’elles sont bonnes, quand les clients viennent te voir et te remercient pour ces nouveautés.

En fait, là encore, tout. À chaque étape, tu te dis que le vrai plaisir c’est ce que tu es en train de faire, avant de découvrir que l’étape d’après est encore plus agréable. C’est un enchaînement de frissons crescendo, tous différents mais avec chacun leur part d’inconnu, et cela se renouvelle sans cesse.

A tout travail, il y a des points positifs et négatifs. Nous avons abordé ce que vous préférez dans votre travail. Qu’en est-il de la pire chose ou de ce que vous détestez le plus faire au sein du label ?

Hmm… Comme tu as pu le comprendre, ça va être difficile de répondre, compte tenu que j’adore chaque volet de mon travail. La pire chose, c’est probablement devoir quitter l’ambiance d’un festival quand on vient en exposant. L’atmosphère d’un festival, les petites routines du stand et les discussions avec les clients, c’est un tel plaisir du partage, le quitter c’est toujours un peu déroutant.

Quand j’interviewe des groupes, je leur demande quels sont leurs projets pour l’année à venir. Je suppose que même au sein des labels, vous avez des attentes et des projets chaque année… Qu’en est-il pour Antiq pour l’année à venir ?

Oh, oui, plein de gros, de beaux et de fascinants projets. Là nous avons notre dernière sortie de l’année qui arrive, un split d’un style ambiant particulièrement bien exécuté. Ah, et aussi, l’édition double vinyle de Grylle, un très très bel objet qui voit le jour. Pour l’an prochain, du black d’avant-garde, du black un peu punk plus crade, du black à ambiance d’un pays froid, et toujours de l’ambiance.

Existe-t-il un groupe que vous auriez rêvé d’inclure dans votre label mais qui n’y est pas ? Si oui, pourquoi ce groupe en particulier ?

Ça doit faire au moins dix ans que je réponds Borgia. Ce maelstrom de black death alchimique, servi par des paroles historicistes déclamées, n’avait rien à voir avec les concepts boiteux auxquels on assimile souvent le style. C’était faire de l’histoire sans faire un cours d’histoire, c’était écouter une violence dont le raffinement élevait le groupe au degré du sublime.

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

Interview originale, je me suis bien plu à y répondre, je crois que tu as tout abordé. Je voudrais ajouter que toutes nos productions sont faciles à trouver pour les écouter et qu’elles ne demandent qu’à ce qu’on s’y penche pour en découvrir les attraits, et que malgré quelques difficultés actuelles notre site sera bientôt rénové pour un fonctionnement optimal. Merci à tous les lecteurs, merci à toi Délia.

Nous terminons cette interview avec un extrait musical de Grylle, groupe produit par Antiq Records.


Photo d’Antiq sur la page Antiq Label

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SETH-Interview

SETH célèbre ses 20 ans de blasphème

SETH, groupe de black metal français, fête les 20 ans de son album « Les Blessures de l’Âme ». A cette occasion, le groupe a sorti une édition live de cet album appelée « Les Blessures de L’Âme – XX ans de Blasphème » sous le label Les Acteurs de l’ombre. Je vous emmène dans leur univers avec une interview de Heimoth, un des membres fondateurs du groupe.

Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ? Qui êtes-vous et quel est votre rôle dans SETH ?

Heimoth, membre originel, guitares.

En quelques mots, qu’est-ce que SETH ? Quelle est l’histoire du groupe ?

En quelques mots ? Un peu difficile de résumer une carrière de 25 ans. On a débuté dans le sud-ouest de la France à répéter du black metal, chose que peu de monde connaissait en 1995. Il y avait des groupes qui se distinguaient tels que Marduk ou Emperor. C’était très motivant de naître dans une époque où les groupes dans le style pouvaient encore se manifester authentiquement sans être trop éclipsés par la quantité de formations environnantes.

Après une démo nous avons été approchés par Season of Mist, parmi ses premiers groupes, pour arriver sur Osmose lors de notre deuxième album en 2000. On a eu pas mal de reconnaissance dès les premières années du groupe car je pense qu’on se distinguait des autres Français grâce à un BM très intense, rapide dont les mélodies restaient très assumées. Notre chant en français a su également s’établir comme pierre angulaire du style dès 1998.

En d’autres termes, on est sorti naturellement de l’underground quand certains groupes de l’époque critiquaient ouvertement nos interviews sollicitées par de gros magazines. Par la suite, tous les groupes ont suivi ces mêmes traces. Aujourd’hui, certains parlent de nous comme les pionniers français.

Pourquoi avoir choisi de rendre honneur à cet album en particulier, 20 ans après sa sortie ?

Le groupe a sorti des albums très différents les uns des autres à travers toutes ces années. Après vingt ans, il nous a semblé naturel de rendre hommage à ce qui constituait la source vivante de notre périple, en ravivant les racines de notre entité, en célébrant un anniversaire entièrement fidèle à l’essence de l’esprit de l’époque. Une époque trop souvent caricaturée qu’on a souhaité faire revivre de manière assumée. C’est un plaisir pour nous de pouvoir proposer ce spectacle.

A l’occasion de cet anniversaire tout particulier, vous avez décidé de sortir une édition live des « Blessures de l’Âme » appelée « Les Blessures de L’Âme – XX ans de Blasphème ». Pourquoi avoir choisi d’enregistrer l’album aux Feux De Beltane (mai 2019) ?

On ne l’a pas prémédité c’est en fait une idée de LADLO. Suite à notre prestation, on nous a fait écouter un enregistrement, Gérald du label nous a proposé de lui-même de sortir ceci sous version CD par son label. On a gardé notre ingé son live pour remixer les bandes et nous avons été séduits par la qualité de l’enregistrement.

Aujourd’hui nous pouvons enfin présenter cet album sous une version différente, bien loin du son très compressé du CD originel. C’est très enthousiasmant de pouvoir proposer un nouveau son à ces morceaux, légèrement plus actuels et bien meilleur à mon goût.

En 1998, « Les Blessures de l’Âme » était sorti chez Season of Mist. Pourquoi avoir choisi le label Les Acteurs de l’ombre pour l’édition live de 2019 ?

Comme je l’ai dit plus haut, c’est un concours de circonstances, une idée des Acteurs à la base. Gérald a contacté Season par la suite et il n’y a eu aucun souci.

En 2012, Season of Mist a sorti une réédition de l’album. Était-ce suite à votre demande ou à celle du label ? Pourquoi avoir remasterisé l’album ?

Nous avions fait un break de quelques années avant de 2012. On avait prévu de revenir sur Season qui a proposé de rééditer cet album car je crois savoir qu’il n’était plus disponible. Par la suite, on a sorti notre cinquième album, « The Howling Spirit ».

Certains groupes me disent parfois qu’ils se lassent de jouer tel ou tel morceau de leur set mais qu’ils continuent de le faire pour satisfaire leur public. Et vous, y-a-t-il un morceau (ou plusieurs) dont vous vous lassez mais que vous jouez malgré tout ?

Pas vraiment car on ne fait pas partie des groupes qui sont toujours sur la route. On joue assez occasionnellement donc on ne se sent pas forcément las de jouer tel ou tel titre.

Comment fait-on pour faire garder cette même fraîcheur, cette même puissance émotionnelle à un album qui a 20 ans ?

On a réfléchi quelque peu à la meilleure des manières de magnifier l’esprit représenté par cet album. On a privilégié la sobriété avec quelques cierges et un backdrop rappelant directement la pochette. Il n’était pas de notre souhait d’apporter une quelconque touche de modernité – pas de kakemonos ni d’artifices trop récents. Tout ceci s’est fait naturellement grâce entre autres au charisme de notre chanteur Saint Vincent. Certains de nos membres récents ont aussi en effet poussé à raviver la flamme des « Blessures ».

Lors de l’écoute d’un album, il nous arrive souvent d’avoir notre petit morceau préféré, cette petite pépite qui nous fait voyager encore plus loin que les autres. Qu’en est-il pour vous ? Y-a-t-il un morceau en particulier sur « Les Blessures de l’Âme » qui vous fait plus vibrer que les autres et pourquoi ?

« A la mémoire de nos frères » ne me laisse bien sûr pas indifférent car c’est celui qui avait été mis en avant en 1998. C’est pour beaucoup un titre incontournable de la scène BM française et ça se ressent lorsque nous sommes sur scène.

Vous avez déjà pas mal de belles dates à votre actif, une certaine expérience aussi… Est-ce qu’il vous reste tout de même des rêves à réaliser, des objectifs à atteindre avec SETH ? (Concert ultime, label de vos rêves, groupe(s) avec qui vous rêveriez de jouer, …)

C’est toujours sympa de pouvoir faire de bons festivals sans perdre de vue l’aspect intimiste des petites salles. Cette année on nous propose le Hellfest pour faire « Les Blessures de l’Âme » et c’est franchement un certain aboutissement que de pouvoir présenter cet album devant des dizaines de milliers de personnes sur le sol français. Vivement ! Il n’y a pas de label ultime, il n’y a que des maisons de disque qui soient motivés à sortir un groupe spécifiquement. C’est ça qu’on recherche, un label dont la motivation se ressent.

Je vous laisse le dernier mot de cette interview afin de vous permettre de la clore comme bon vous semble et en vous laissant l’opportunité de délivrer un message qui vous tient à cœur.

Cet anniversaire de l’album se finit cette année, ne manquez pas nos dernières prestations pour faire vivre à jamais « Les Blessures de l’Âme » !

Je clos cette interview avec une vidéo du live donné par SETH au Tyrant Fest en 2019.


Photo par © Thomas Mazerolles

Vous voulez en savoir plus sur SETH ?


SCD - interview

SCD's Misleading Weapons au MassDeathtruction 2019

Au MassDeathtruction 2019, j’ai rencontré et interviewé le charmant Seb, chanteur du groupe de death grind français Sublime Cadaveric Decomposition (SCD). Via ces quelques lignes, je vous propose d’en apprendre un peu plus sur le groupe mais aussi sur l’univers musical qui les inspire à travers des extraits musicaux des groupes dont nous parle Seb pendant l’interview. N’oubliez pas d’aller jeter un œil à leur page Facebook mais surtout de les soutenir en allant les voir en concert s’ils passent près de chez vous.

Avant d’enchaîner sur l’interview de Seb, je souhaite remercier Pedro, l’organisateur du MassDeath pour son accueil et pour m’avoir permis d’interviewer Seb dans un cadre professionnel. Soutenez les orgas locales comme celle de Pedro et du MassDeath, c’est grâce à tous ces gens qu’on peut encore assister à d’excellents événements abordables près de chez nous !

Commençons par les présentations. Qui es-tu et quel est ton rôle dans Sublime Cadaveric Decomposition ?

Je suis Seb, chanteur de SCD depuis 1996. Donc ça va bientôt faire 25 ans, sachant que depuis 25 ans, il y a eu des petits changements de line-up au sein du groupe. Le guitariste et le batteur actuels sont présents depuis 16 ans environ.

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, qu’est-ce que SCD ?

Donc, on vient de Paris. On a fait le groupe avec des potes qu’on avait rencontrés en concert quand on était ados et puis on a décidé de monter SCD sachant qu’à l’époque dans le même groupe il y avait le batteur et le guitariste qui ont fait Arkhon Infaustus (black metal) et Antaeus (black metal), donc on partageait le même studio vu qu’on avait des membres en commun. À l’époque pour SCD, c’était vraiment toute la scène underground grind, crust, gore, porno gore avec des groupes comme Catasexual Urge Motivation, Gut, Last Days of Humanity, etc. Plus toute la scène death qu’on a écoutée quand on était gamins. On était dans la scène depuis pas mal d’années et on avait envie de participer au truc sans savoir que des années plus tard on continuerait à le faire.

Comment vous sentez-vous après ce passage sur scène ? Qu’avez-vous pensé de votre prestation, de l’ambiance et du public ?

C’est sympa de venir ici parce que c’est la troisième fois qu’on fait le MassDeath. On a joué l’année où il y avait Entombed (2011) et on l’a fait l’année suivante (2012) avec Obituary. À l’époque, ce n’était pas dans le même endroit. Puis le MassDeath s’est arrêté quelques années et quand on a vu que Pedro a recommencé à le faire, on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on y soit. Maintenant on est des habitués. On avait aussi envie de découvrir le nouvel endroit. Si j’ai bien compris, c’est le troisième concert qui se fait ici. On nous a dit qu’il y avait eu Casse-Noisette avant. Donc il nous semblait qu’après Casse-Noisette, il fallait au moins SCD, sinon ce n’était pas un vrai baptême de la salle. Donc, on est super contents de venir ici.

Et puis en plus quand on a commencé à écouter du grindcore, du death, etc, il n’y avait pas énormément de concerts en France et on venait souvent en Belgique à Ypres, Gand, etc, où on allait voir plein de groupes. C’étaient des petites salles super underground mais il se passait beaucoup plus de choses en Belgique qu’en France à l’époque. Il y avait très très peu de choses. Enfin, il y avait tous les gros groupes qui jouaient mais dans les scènes vraiment underground extrêmes, il n’y avait pas grand-chose. C’était principalement en Belgique que ça se passait. Il y avait notamment Agathoclès qui organisait le festival Wee Lawaat à Zichem où on allait tous les ans.

On finissait par faire plus de concerts en Belgique qu’en France sur certaines années. Ça a pas mal changé ces dernières années. Il y a eu beaucoup plus de hardcore qui est arrivé, j’ai l’impression, et du coup moins dans la scène goregrind. Là je crois que pour cet album, par exemple, c’est le premier concert qu’on fait en Belgique alors qu’on a déjà fait une tournée aux États-Unis, des dates au Canada, le Hellfest pour la deuxième fois, l’Obscene Extreme Festival pour la troisième fois et le SWR Barroselas Metalfest au Portugal pour la troisième fois.

Franchement, on était super contents de revenir en Belgique parce que c’est quand même un festival où il y a plein de monde, où les conditions sont vraiment géniales. Et puis en plus ça fait pas mal de temps qu’on n’était pas venus finalement. Ça fait toujours plaisir de revenir et puis, on est quand même voisins donc on se considère un petit peu chez nous.

Vous voulez voir ce que donnait SCD au MassDeath en 2011 ? C’est par ici et c’est filmé par 666Vassil.

A l’occasion de ce MassDeaththruction 2019, avez-vous joué « Misleading Weapons Of Mass Destruction » (Inventory of Fixtures, 2007) ?

On ne l’a pas jouée aujourd’hui, il faudra qu’on revienne. C’était un des prétextes qu’on avait imaginés. Pour la setlist d’aujourd’hui, on a commencé par des morceaux des premiers albums puis chronologiquement on avançait. On a quand même joué deux morceaux d' »Inventory of Fixtures ». Ensuite, on a poursuivi pendant à peu près la moitié du set avec des morceaux du dernier album.

2019 a été une année riche en très belles dates avec notamment le Hellfest et l’Obscene Extreme Festival. Du coup, y a-t-il encore des endroits après des dates aussi grosses où vous rêveriez jouer ?

Franchement, il y en a encore plein. Disons qu’en Allemagne il y a quand même énormément de gros festivals et on n’y joue pas énormément. On a fait le Berlin Deathfest il n’y a pas longtemps mais les très grands festivals, on ne les a pas faits. Donc, ça serait super sympa d’y jouer. Le Japon, on était en train d’en discuter parce qu’on a fait la tournée américaine avec Viscera Infest, un groupe japonais. Et en fait, leur manager c’est Naru qui était dans C.S.S.O., qu’on connaît depuis des années. On s’est rencontrés en Allemagne au Fuck the Commerce où on jouait en 2001 avec C.S.S.O. notamment. Donc ça commence aussi à faire un petit paquet d’années.

Donc aux États-Unis, Naru accompagnait Viscera Infest. On a parlé de refaire des dates Japon, ce qui est un peu plus compliqué parce qu’aujourd’hui, clairement la scène européenne, c’est une des meilleures au monde entre le nombre de festivals, le nombre de personnes qui viennent à chaque concert et festival, les gens qui achètent du merch, les conditions d’accueil qui sont presque incomparables avec d’autres endroits…

On se dit souvent que les Etats-Unis c’est génial mais ce n’est pas la même chose non plus. Même le Maryland Deathfest où on a rejoué pour la deuxième fois, ce n’est pas pareil, je dirais qu’il y a 3 000 personnes peut-être. Quand on compare avec ce qu’on peut avoir avec le Hellfest où on a environ 50 000 personnes sur trois jours… Même le Motocultor je crois que c’était 42 000 personnes l’année dernière.

Nous, ce qu’on aimerait vraiment faire aussi, c’est tout le nord de l’Europe avec la Norvège, la Finlande,… On n’a pas souvent été là-bas et ce sont des endroits qui ont plein de trucs géniaux dans la scène crust et death. Donc oui, ce sont des scènes où on n’a pas encore été suffisamment.

Quelle est la date qui vous a le plus marqués cette année ?

Le Hellfest, honnêtement ça reste extraordinaire. Quand on écoute les groupes, c’est quand même un truc qu’on ne voit pas tout le temps. Il faut savoir que maintenant les tentes Altar et Temple c’est environ 10 000 personnes. De plus, avec l’écran géant au fond de la salle, il y a encore du monde derrière et c’est rempli. C’est juste incroyable parce que même des gros groupes qui tournent beaucoup, ils jouent rarement devant 10 000 personnes.

C’était la deuxième fois pour nous donc on a pu le savourer différemment que la première fois où on était un peu pris dans le machin. Là, on l’avait anticipé, on a pu faire filmer par les gars d’Arte, enfin, Sombrero Production qui travaillent pour Arte. On a fait prendre le son par l’ingénieur son de la salle. Donc il y avait un peu d’organisation en amont et c’est très minuté aussi pour pouvoir le faire. Ce n’est pas qu’il y ait une pression particulière c’est juste qu’on sait que le Hellfest, il faut partir en se disant que ça s’est bien passé.

De plus, ça dépasse complètement le milieu du metal. Ce festival-là au boulot, ou n’importe où d’ailleurs, il y a des gens qui n’écoutent pas du tout, qui ne connaissent pas le metal mais connaissent complètement le Hellfest et en parlent. Donc en y jouant, il y avait vraiment tout le monde qui savait qu’on allait y jouer et qui voyait ce que c’était.

L’Obscene Extreme c’est génial aussi parce que c’est plus orienté dans le style qu’on fait. Et puis c’est une ambiance différente. Le public peut monter sur scène donc on est encore dans autre chose. Cela étant, on est beaucoup plus habitués à ce festival vu que c’est la troisième fois qu’on y joue. On commence à vraiment bien le connaître.

À chaque fois, c’est différent, ce ne sont pas du tout les mêmes choses mais on en garde un souvenir super mémorable.

Le Hellfest, c’est génial mais à la fois je suis presque sûr que tu mets un groupe qui joue aux échecs sur scène, tu as 10 000 personnes qui viennent les voir. Au Saint Vitus, tu es dans une salle où les gens se sont déplacés pour voir la tête affiche à New York. Donc, ça, c’est un super souvenir.

New York m’a plus plu que le Maryland Deathfest. New York c’était vraiment sympa parce qu’on était tête d’affiche au Saint Vitus, une salle à Brooklyn où Joan Jett a joué, par exemple. Donc, tu es content d’y aller parce que c’est une salle qui a marqué la musique et c’était rempli, on avait un super son et en plus les gens venaient vraiment nous voir.

Votre dernier album « Raping Angels In Hell » est sorti en 2017. Du coup, à quoi peut-on s’attendre pour 2020 ?

On a encore plein de concerts. Certains sont annoncés, d’autres sont encore en négociation mais on a encore plein de trucs en 2020. Je pense qu’on va tourner toute l’année. En revanche, on commence déjà à se projeter et à se dire qu’ il faudrait quand même qu’on commence à imaginer se mettre en mode composition aussi. C’est assez compliqué actuellement avec toutes les dates qu’on a parce qu’on joue quasiment tous les week-ends. Donc on il est compliqué de réussir à bosser plus ces nouveaux morceaux mais on commence à l’avoir dans un coin de la tête et c’est devenu une actualité.

Avec un nom comme Sublime Cadaveric Decomposition, je me demande où vous trouvez votre inspiration et quels sont les thèmes que vous abordez dans vos chansons ?

On a eu une période plutôt orientée crust qui reste aussi une grosse influence qu’on avait à l’époque. Ensuite on est devenus un peu plus death, on va dire, et sur le dernier vraiment on a essayé de revenir aux racines. Donc, un mélange de tout mais avec des textes plutôt porno gore.

C’est principalement du porno gore sur le dernier album. Cependant, ça a changé pas mal au niveau de la dénomination du style. Les trois premiers albums n’avaient pas de textes donc c’était vraiment que les pochettes et les graphismes qui donnaient la teinte avec en plus la musique. Là, on était vraiment dans du porno gore.

En matière d’influences, je dirais que ça concerne tout ce qui a trait à la sale ambiance que même-moi je retrouvais dans des groupes qui m’ont hyper influencé comme Gut qui a vu le jour en Allemagne et avec qui on a d’ailleurs joué en Hollande. C’est la première fois qu’on a joué avec eux. C’était culte comme moment. On s’est rencontrés dans les loges, je ne les connaissais pas. Du coup j’ai été porter des T-shirt religieusement pour leur donner. Du coup ils nous ont proposé de nous servir dans leur merch et on a fait des photos ensemble. Franchement ils sont super sympas en plus. D’ailleurs le guitariste a joué avec notre T-shirt sur scène,  un grand moment d’émotion. C’était l’accomplissement total. Maintenant ce qu’on fait, c’est un peu toutes ces influences qu’on avait quand on a commencé.

C’est quoi votre meilleur et votre pire souvenir en tant que membre de SCD ?

Alors, c’est à la fois le meilleur et aussi le pire parce qu’avec le recul on a fini par en rire. On avait une tournée qui devait faire Canada, Etats-Unis, Canada. C’était vers 2008, un truc comme ça. Cette tournée devait durer environ 4 à 5 semaines. On prenait l’avion pour aller à Montréal, on avait des dates au Canada. Ensuite, on devait prendre l’avion pour les États-Unis puis on avait les dates aux États-Unis. Après ça, on retournait au Canada pour y jouer quelques dates avant de revenir en France. Jusque-là, tout est impeccable.

On prend l’avion, on arrive à Montréal et on nous indique que les instruments de musique sont à récupérer sur l’autre tapis roulant. Donc, on y va, on récupère les instruments de musique et là, des flics en civil nous arrêtent pour nous emmener à la douane. Arrivés à la douane on nous demande si on est bien Sublime Cadaveric Decomposition et si on va bien jouer à tel et tel endroit.

Pour remettre les choses dans leur contexte, à l’époque, il ne fallait pas les mêmes autorisations pour jouer dans des salles qui vendaient de l’alcool ou de la bouffe.

Donc pour en revenir à la douane, on leur répond « Oui, peut-être, ça dépend des organisateurs. Il faut leur poser la question. » Là ils nous ont dit d’arrêter de les bassiner et ils nous ont placés en détention et nous avons été interdits de territoire au Canada. Ils nous ont mis en cellule derrière le truc de la douane à l’aéroport. On a eu droit aux photos avec les petites plaquettes puis on a passé la journée en cellule.

À la fin de notre détention, ils nous ont dit: « Soit on vous envoie ce soir à Marseille puis vous vous démerdez pour revenir à Paris et vous êtes interdits de territoire. Soit, vous discutez, vous êtes interdits 10 ans de territoire. Soit, vous voulez repartir à Paris et on vous garde une semaine en détention. » Finalement on est repartis à Marseille et sans avoir dormi on a fait Paris-Montréal, une journée à Montréal. Puis, Montréal-Marseille et de Marseille, on a repris le train pour revenir à Paris et la tournée était terminée.

On est quand même allés à l’ambassade canadienne à Paris pour essayer de négocier. Ils nous ont dit: « Vous n’êtes pas Aznavour alors c’est fini. »

L’année dernière, quand on y est retournés, même si on avait tous les papiers en règle et que la réglementation avait complètement changé, on n’était pas rassurés.

Aujourd’hui c’est beaucoup plus simple mais quand on est passé à la douane, on a encore été bloqués. Les douaniers nous ont demandé si on était déjà venus. On leur a expliqué qu’on avait été expulsés et on a présenté les papiers. Comme les lois n’existent plus aujourd’hui dans le Code canadien, ils ne trouvaient pas le motif de l’expulsion et ils ne comprenaient pas pourquoi on avait été expulsés donc nous avons été à nouveau bloqués pendant un petit moment. C’est donc un bon et un mauvais souvenir à la fois pour nous.

Quel est le morceau, l’album qui vous rend complètement dingue ?

Alors, il y en a plusieurs. D’abord, l’album « The Global Cannibal » (2003) de Behind Enemy Lines qui est vraiment génial du début à la fin. Ensuite, il y a toujours Nasum avec l’album « Helvete » (2003). Puis, il y a « Bolt Thrower » qui du début à la fin est un chef d’œuvre. Enfin, il y a aussi Napalm Death et son fabuleux « The Harmony Corruption » (1990).

Je vous laisse le dernier mot de l’interview.

On se quitte avec un extrait vidéo de la prestation de SCD au MassDeathtruction 2019 filmée par Yohann Thibaut.

Je souhaite d’abord dire merci à tous les lecteurs dont certains nous suivent peut-être maintenant depuis pas mal d’années. Sinon, aujourd’hui j’ai 45 ans dont 24 ans de chanteur de Sublime Cadaveric Decomposition et ce que j’espère c’est que dans 24 ans je ferai encore la même chose. Et ça c’est grâce à tous ceux qu’on rencontre ici. Merci à tous.


Vidéo de SCD au MassDeath en 2011 par 666Vassil.

Vidéo de SCD au MassDeath en 2019 par Yohann Thibaut.

Photo par SCD

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