Tersivel : un voyage à travers l'Histoire et les sentiments

Tersivel : un voyage à travers l'Histoire et les sentiments

Né en Argentine en 2004 et maintenant basé en Suède, Tersivel est un groupe de metal indépendant qui évolue dans un registre pagan/folk, pour le dire simplement. C’est Lian Gerbino (chant et guitares) qui nous présente ce projet unique qui mélange habilement Histoire et combats intérieurs sur un fond atmosphérique contrebalancé par des riffs profonds et lourds.

Pour commencer simplement, qui sont Tersivel ?

Nous sommes Franco Robert aux claviers, Danny Ebenholtz à la batterie, et moi-même, Lian Gerbino, au chant et à la guitare.

Que signifie « Tersivel » et comment avez-vous choisi ce nom en particulier ?

Pour faire court, Tersivel est un mot inventé que je rattache au mot « rassemblement ». J’ai beaucoup écrit à ce sujet, depuis des années, en essayant d’en peaufiner le sens et la signification. Une explication exploratoire approfondie sera disponible dans mon livre, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année 2020.

Comment ce nom est devenu celui du groupe… Je suppose qu’au début du groupe, nous étions un peu trop influencés par Tolkien. Personnellement, j’étais fasciné par la création de langues, de mots, de races et de lieux différents et, pour une raison quelconque, il me semblait juste de créer un nom pour le groupe, au lieu d’utiliser quelque chose qui existe déjà. Pour notre premier album, « For One Pagan Brotherhood », j’ai poursuivi cette tendance à créer des noms et des lieux, c’est ainsi que des personnages comme Vosslat et Brënn et des lieux comme Endera et Elveria ont été créés.

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Vous êtes considérés comme l’un des premiers groupes pagan/folk d’Argentine. Qu’est-ce qui vous a amené à ce style en particulier et quelles ont été vos inspirations à cette époque ?

C’était une sorte d’évolution, je suppose. Ce n’est pas comme si j’avais décidé de former un « groupe pagan/folk metal » en soi, je voulais juste faire du bruit, vous savez, faire de la musique, m’exprimer, explorer. Aujourd’hui, 16 ans plus tard, cela a un sens complètement différent. À l’époque, je me souviens que j’étais (et, à bien des égards, je le suis toujours) très fragile émotionnellement et je ne savais pas comment gérer cela. Une sorte de vide me dévorant de l’intérieur. Alors, comme tout autre être humain, j’avais besoin de trouver un moyen de faire face au Chaos. La musique, la poésie et les livres, surtout concernant Rome et la Grèce antiques, ont commencé à combler ce vide et, pour le meilleur ou pour le pire, à me donner des réponses sur moi-même. Ce que j’aime, ce qui m’amuse, etc. En ce qui concerne la musique, je suis accro à la musique. Il y a tellement de disques que j’aime et dont je m’inspire, qu’il serait impossible de tous les évoquer.

Aussi, comment expliquez-vous le fait que vous ayez été les pionniers de ce style dans votre pays ?

Je pense que c’était une question de timing. Dans les années 2000, il y avait une demande de nouveauté. Grâce à la mondialisation, les films, les jeux et, bien sûr, la musique, les gens, surtout les adolescents, avaient plus de possibilités de divertissement. Leur goût était… Sophistiqué, pour ainsi dire, et cela a ouvert une brèche pour le folk metal en Argentine. J’avais l’habitude de dire : « Retirez le Seigneur des Anneaux de l’Histoire et probablement que vous retirez aussi le folk metal », du moins en Argentine, cela semble tout à fait vrai.

À l’époque, il n’y avait que trois groupes, dont nous, qui jouaient ce style de musique dans notre pays. Le terme pagan/folk metal est apparu des années plus tard. Nous étions simplement connus comme le groupe jouant en jupe (prétendus kilts) ou le groupe en costumes.

Vous êtes là depuis un certain temps maintenant, alors ce style est-il plus populaire en Argentine ? Y a-t-il d’autres groupes dans le même registre que vous pourriez nous recommander ?

Je ne pense pas qu’il soit plus populaire qu’avant. J’ose dire qu’il est même moins populaire. Vous vous souvenez de cette brèche pour le folk metal dont j’ai parlé plus tôt ? Eh bien, ce « gap » est vraiment un gap, pas un grand espace. Et à mon avis, ce fossé se referme maintenant que la nouveauté pour les groupes costumés est passée. Bien sûr, il y a des fans purs et durs qui ne laisseront pas le genre tomber dans l’oubli, mais le fossé se referme quand même. En ce qui concerne les groupes argentins : Skiltron, Tengwar, Cernunnos, Vorgrum, Einher Skald, Triddana et Wulfshon me viennent à l’esprit.

Tersivel existe déjà depuis 2004. Quels sont les highlights de votre carrière ?

Je ne sais pas, je suis le genre de gars qui regarde toujours vers l’avenir. Il m’est difficile de considérer quelque chose que j’ai fait comme un moment fort. Je suis fier de ce que nous avons fait jusqu’à présent, bien sûr. Notre catalogue comporte de bons moments. Nous avons aussi des clips sympas. Nous avons fait des tournées et rencontré des gens sympas. Mais encore une fois, je pense que le meilleur de Tersivel est encore à venir.

D’un autre côté, j’ai lu que vous êtes maintenant basés en Europe, que s’est-il passé ? La scène metal et la culture sont-elles différentes ici de celles de l’Amérique du Sud ?

Ce sont juste des aléas de la vie. Aucun d’entre nous ne vit du groupe, donc quand j’ai déménagé en Suède, il était logique de concentrer nos efforts ici. En ce qui concerne les différences entre l’Amérique du Sud et l’Europe, la culture n’est pas si différente. Surtout dans les villes. Je ne sais pas comment c’est dans les endroits reculés, bien sûr, mais en gros, le « Nouveau Monde » est surtout une extension de la civilisation occidentale. Quant aux différences spécifiques, je suis enclin à penser que la musique metal, en général, est bien plus populaire en Europe qu’en Amérique du Sud. Et cette popularité contribue à façonner une scène underground/moyenne plus saine. Vous avez peut-être vu Megadeth jouer à Buenos Aires devant 50 000 personnes, mais 99 % de ce public n’ira jamais voir des groupes underground/moyen. Vous voyez le tableau…

Vous décrivez votre musique comme « toujours changeante, parfois épique et ésotérique » et c’est drôle parce que c’est exactement ce que j’ai ressenti en écoutant votre dernier album « Worship Of The Gods » (2017). Pourriez-vous m’en dire plus sur cet album ? De quoi parle-t-il ?

Eh bien, tout ce qui nous entoure est en constante évolution. Nous, en tant qu’individus, nous changeons constamment. J’embrasse cela au lieu de me tromper sur les absolus. Si la musique est le langage de l’âme, et que mon âme est une manifestation immortelle d’une énergie indestructible, et que cette énergie coule éternellement à travers la rivière du temps, alors la création consciente ou divine d’un morceau de musique est un acte unique. Peut-être que l’aspect toujours changeant n’est qu’une allégorie de l’unicité.

Quant à « Worship Of The Gods », c’est un disque avec Julien l’Apostat comme personnage principal. Ce n’est pas une biographie textuelle mais un reflet des problèmes modernes et des sujets personnels avec lesquels je me débats. Il y a beaucoup de références historiques, mais ce n’est qu’une des couches. L’auditeur peut creuser plus profondément s’il le souhaite. J’ai même inclus une liste complète de biographies dans la version physique de « Worship Of The Gods », pour ceux qui sont assez intrigués pour y plonger.

Vous avez également sorti l’année dernière un single « Satyrs Wine Part II« . Quelle est l’histoire derrière cette longue chanson ?

C’est très personnel. Les paroles reflètent un moment particulier de ma vie. Des choses qui avaient besoin d’être enterrées. D’autres qui avaient besoin de naître. C’est un dialogue intérieur.

Vous aviez prévu de sortir un nouvel album cette année. Que pouvez-vous nous en dire actuellement ?

Nous y travaillons en ce moment même. Nous travaillons également sur un nouveau single indépendant qui ne fera partie d’aucun disque. Avec un peu de chance, il sortira très bientôt.

Enfin, avez-vous d’autres projets pour cette année ? Peut-on s’attendre à vous voir en tournée, par exemple ?

Seuls les dieux le savent maintenant. La crise du Covid fait des ravages. Nous avons ou avions prévu quelque chose dans un futur proche. J’espère que je pourrai bientôt vous donner des nouvelles à ce sujet.


Pour suivre  l’actu de Tersivel :


ShadoWhisperS : Un monde entre rêves et cauchemars

ShadoWhisperS : Un monde entre rêves et cauchemars

Le Luxembourg est un tout petit pays proche de la Belgique mais il semble que chaque groupe de metal qui s’y trouve soit plutôt bon ! Découvrons aujourd’hui l’un d’entre eux avec l’aide de leur chanteuse, Diane, et quelques mots de leur claviériste, Laurent, également : ShadoWhisperS. Le groupe, évoluant dans un registre symphonique teinté de fantaisie, a récemment sorti son premier full album, « Mara », qui explore le subconscient, de la lumière à l’obscurité.

Tout d’abord, pouvez-vous simplement présenter le groupe ?

ShadoWhisperS a été formé en 2009 et après de nombreux changements de line-up et quelques morceaux démo enregistrés en salle de répétition, nous avons sorti notre premier EP officiel, « A Tincture Of Gothic Fiction », en 2017 et notre premier album, « Mara », en 2019. ShadoWhisperS est un groupe de metal symphonique avec une pointe de fiction gothique, qui crée un genre hybride combinant du power metal et des éléments de musique classique orchestrale avec les atmosphères sombres du rock gothique. C’est une obscurité émotionnelle qui raconte des histoires épiques de batailles entre la lumière et l’obscurité, les luttes intérieures, les héros et les anti-héros et bien sûr, la vie et la mort. Nous sommes des ombres qui chuchotent des vérités et qui séduisent en levant le voile de vos yeux. Nous sommes : Diane Frisch (chant), Jean-Claude Sonnen (guitare), Laurent Schleck (clavier), Piquet Jung (basse) et Mot Speller (batterie).

ShadoWhisperS a été fondé en 2009. Quelles sont les grandes étapes de la carrière du groupe ?

En 2015, nous avons commencé à organiser notre festival « Shadows’ Night ». Une autre grande étape a certainement été la sortie de notre premier EP « A Tincture Of Gothic Fiction » en janvier 2017 et le clip vidéo de notre chanson « Slow Death » sorti en mars 2017. La vidéo a atteint la deuxième place des Viewer’s Choice Awards lors des Video Clip Awards du Luxembourg. Nous avons fait beaucoup de chouettes concerts au Luxembourg, en Belgique et en France, comme la convention Steampunk, nous avons participé à la battle du FemME et nous avons fait quelques shows avec des groupes locaux.

En 2017, nous avons fondé l’ASBL « Shadows’ Night » pour promouvoir le rock et le metal au Luxembourg et dans la grande région et avons porté notre festival « Shadows’ Night » à un niveau supérieur en organisant des ateliers pour les enfants, les adolescents et les adultes.

En 2018, ShadoWhisperS était présent sur deux samplers : Imperative Music Compilation Vol. 14 et Finest Noise – Der Luxemburgsampler.

En 2018 et 2019, nous avons lancé notre projet « Metal & Pipes » combinant la musique classique et la diversité de l’orgue à tuyaux avec les riffs sombres et lourds de la musique metal symphonique. Le répertoire des six musiciens comprend des morceaux d’orgue classiques populaires dans une nouvelle interprétation, ainsi que des compositions du groupe ShadoWhisperS réarrangées avec l’orgue et des improvisations libres de Paul Kayser.

Enfin, en 2019, nous avons sorti notre premier album « Mara » et avons eu l’occasion de partager la scène avec le super groupe de death metal mélodique, MaYaN.

Votre direction symphonique est-elle venue naturellement ou est-ce quelque chose que vous avez construit au fil du temps ?

Diane : La direction symphonique est une combinaison de musique classique et de musique rock/metal. C’est donc tout ce que j’aime. Je pense que c’était juste une conclusion logique.

Laurent : J’ai joué dans quelques groupes avant, mais en tant que claviériste, il est difficile de trouver un groupe qui joue de la musique heavy. J’ai donc décidé de fonder mon propre groupe et le choix du metal symphonique m’est venu tout naturellement en tant que claviériste. Mais trouver un line-up stable a été difficile.

Vous avez récemment sorti « Mara », comment décririez-vous personnellement cet album ?

L’album traite de pensées sombres, de rêves et de cauchemars, d’idées horribles, désagréables, sexuelles et curatives dans notre subconscient.

Lorsque vous avez écrit la musique et/ou les paroles de cet album, qu’est-ce qui vous a le plus inspiré ?

Diane : Les rêves en général sont très fascinants pour moi. Nous ne pouvons pas vraiment les contrôler et ils révèlent les pensées de notre subconscient. Tout le monde fait parfois des cauchemars. Et tout le monde a des pensées qu’il essaie de cacher. Nous savons tous combien les rêves peuvent être effrayants et réels. Il y a tellement d’idées de chansons intéressantes en chacun de nous.

Qui est Mara ? Quelle est son histoire ? En regardant l’artwork, je pense que c’est une succube, mais j’aimerais connaître votre version.

Diane : Quand Mara vient vous rendre visite, vous sentez un poids lourd, ça peut commencer par les pieds, mais ça se pose toujours sur votre poitrine, vous laissant paralysé ! Mara – Maere, Mahr, Mahrt, Mårt – quel que soit son nom, c’était et c’est toujours une créature terrifiante qui apporte des cauchemars.

Laurent : C’est bien que tu apprécies notre version, car nous avons essayé de donner à Mara un nouveau visuel, peut-être plus moderne. Nous ne voulions pas utiliser l’image d’une succube. Après un brainstorming dans notre pub préféré, j’ai eu cette idée, en essayant de respecter toutes les idées des autres membres du groupe.

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Et au fait, l’album raconte-t-il une histoire ou les chansons sont individuelles ? Si oui, de quoi parlent-elles ?

L’album n’est pas un véritable album concept. Mais il y a « Mara » ou les cauchemars comme thèmes centraux. Toutes les paroles traitent du sujet des rêves et des pensées subconscientes, du côté sombre qui est en nous tous.

Jusqu’à présent, ma chanson préférée de « Mara » est « Distant Lovers ». En général, les artistes détestent cette question, mais avez-vous une chanson préférée de cet album ?

Diane : C’est une question très difficile, parce que, tout comme lorsque j’écris des paroles et des mélodies vocales, tout dépend de mon humeur. Quand j’écoute un album (même notre propre album), en fonction de mon humeur quotidienne, j’ai différentes chansons préférées. Quand je me sens agressive, ou quand je suis vraiment en colère, bien sûr, ce serait « Ghost Inside ». Quand je suis d’humeur plus mélancolique, je préfère « The Reign » par exemple, …

Laurent : C’est drôle. C’est la chanson que j’aime le moins. Elle a aussi subi beaucoup de changements jusqu’à ce qu’elle ait enfin le bon ton. Pour moi, c’est la plage titulaire. Elle a ouvert de nouvelles voies pour l’écriture de chansons car nous, en tant que groupe, nous avons réussi à jouer une chanson avec beaucoup de changements de tempo typiques et de tonalités. En plus, j’aime beaucoup l’ambiance et la dynamique de la chanson.

Au fait, j’ai remarqué que « Distant Lovers » et « The Last Whisper » sont des chansons sponsorisées, qu’est-ce que cela signifie ?

Quand nous avons commencé les enregistrements de l’album, nous avons remarqué qu’il était beaucoup plus cher de produire un album complet avec des enregistrements en studio qu’un EP avec des pistes de démo. C’est pourquoi nous avons cherché des idées pour réduire notre investissement financier personnel. Nos fans avaient la possibilité d’acheter l’album avant la sortie (une sorte de crowdfunding) ou même de sponsoriser une chanson entière et d’avoir leur nom dans le livret.

D’autre part, une chose amusante que j’ai remarquée sur votre page Facebook, c’est que vous appelez vos fans « Minions ». D’où cela vient-il ?

Laurent : Notre ancienne chanteuse avait commencé ça, bien avant que les petites créatures jaunes qui aiment les bananes soient célèbres, et nous nous y sommes tenus. D’autres groupes le font aussi, Slipknot appelle leurs fans « Maggots » et nous trouvions le terme “Minions” plutôt mignon.

Maintenant, j’aimerais en savoir plus sur toi, Diane, en tant que chanteuse. Quelle est ton histoire avec le chant ? Comment as-tu appris, comment est-tu arrivée au chant classique, etc.

J’ai commencé à jouer de la musique à l’âge de deux ans. Mes parents n’avaient pas de formation musicale, mais ils ont vécu à Vienne pendant quatre ans avant ma naissance. Vienne est connue pour de nombreux musiciens et artistes célèbres et c’est pourquoi l’éducation culturelle et musicale de leur enfant était très importante pour mes parents. J’ai commencé par le violon et j’ai joué de cet instrument pendant de nombreuses années. Mais je n’aimais pas beaucoup cet instrument. Dans ma jeunesse, j’ai essayé différentes choses, comme le saxophone, la batterie et le clavecin. Au Conservatoire de la Ville de Luxembourg, on pouvait intégrer la classe de chant classique à l’âge de 16 ans seulement. C’est là que j’ai commencé à prendre mes premiers vrais cours de chant et que j’ai enfin trouvé MON instrument. Je chantais dans différentes chorales nationales et internationales : « Faust » à la Philharmonie de Berlin ou la 8ème symphonie de Krzysztof Penderecki (décédé il y a quelques jours) pour l’ouverture de la Philharmonie de Luxembourg par exemple. A l’âge de 17 ans, j’ai commencé à chanter dans un groupe de funk/rock appelé Clandestinos. Nous avions des chansons avec des paroles comiques et je me souviens de concerts très drôles à la Kulturfabrik ou à la parade gay « Gay Mat », par exemple. Aujourd’hui, je prends des cours de chant moderne avec mon professeur et amie Hannah White pour apprendre les différentes techniques vocales.

Quels sont les chanteurs (sans genre particulier) qui t’inspirent ou t’influencent ?

C’est aussi une question très difficile… Je n’ai pas de véritable idole. Je dis toujours que je ne fais que choisir les meilleurs chocolats de la boîte au cours de ma vie. En tant que musiciens et artistes, j’aime beaucoup Marilyn Manson en passant par Nina Simone et Ella Fitzgerald jusqu’à J.S. Bach, Henry Purcell et Thomas Arne. J’aime les voix de Simone Simons et de Floor Jansen mais j’aime aussi la façon de chanter d’Ash Costello, de Marilyn Manson ou de Jonathan Davis.

Le chant et la voix elle-même sont quelque chose de très personnel. Ce n’est tout simplement pas quelque chose que l’on peut essayer de copier. Il y a certainement des techniques que vous pouvez apprendre et vous pouvez vous inspirer d’autres personnes. Mais je pense que la voix est différente des autres instruments. On ne peut pas acheter une nouvelle voix, quand on n’aime pas la sienne, on ne peut jamais la modifier de façon à ce qu’elle ressemble à celle d’un chanteur que l’on connaît.

J’ai vu sur Facebook que tu chantes aussi du cabaret. Peux-tu nous en dire plus ?

Comme mentionné précédemment, je prends des cours de chant pour les techniques musicales et rock depuis deux ans maintenant. Avec notre cours de chant, nous avons parfois aussi des concerts. C’est là que j’ai interprété la chanson « When You’re Good To Mama » de la comédie musicale « Chicago », qu’on peut voir sur Facebook. Comme mon mari est aussi musicien, nous essayons aussi de faire des concerts ensemble dans un répertoire classique et musical de temps en temps.

Pour en revenir au groupe maintenant, quels sont vos projets pour l’avenir ?

Pour l’instant, nous travaillons sur deux nouveaux albums. Le premier sera un album pour notre projet « Metal & Pipes » avec orgue à tuyaux. Et il y aura aussi un second album pour ShadoWhisperS, qui sera un album concept cette fois-ci.

Et enfin, avez-vous un mot à dire à nos lecteurs pour terminer cette interview ?

Diane : Chère Isabelle, merci beaucoup pour cette interview.

Laurent : Et, messieurs, merci pour votre soutien !


Photo : J.P. Frisch

Pour en savoir plus sur ShadoWhisperS :


Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Nightwish : Il y a trop de bruit sur Internet !

Nightwish. Véritable monument dans le monde symphonique, le groupe est sur le point de sortir son neuvième album studio, « Human :||: Nature ». C’est probablement l’un des disques les plus attendus de l’année. Pour l’occasion, nous avons eu la chance de rencontrer le mastermind lui-même, Tuomas Holopainen (claviers) et le multi-instrumentiste Troy Donockley pour discuter de cette sortie. Tous deux sont restés assez discrets sur leurs secrets, mais ils nous ont donné quelques indices pour mieux comprendre leur vision du groupe et la façon dont ils ont mené cette entité à ce qu’elle est aujourd’hui.

Vous avez mis cinq ans pour sortir ce nouvel album. Cinq ans pendant lesquels vous avez fait le tour du monde, réalisé des projets personnels, sorti un best-of, refait le tour du monde… Quel voyage ! A-t-il été difficile de revenir à la composition ?

Tuomas : Non, c’était merveilleux, en fait ! Après avoir terminé l’album précédent, « Endless Forms Most Beautiful », je me suis senti satisfait et je savais déjà, à ce moment-là, qu’il fallait prendre un peu de répit pour garder le tout intéressant. J’en ai parlé avec les autres membres du groupe et tout le monde était d’accord : « Prenons une année de congé ! » Parce que nous n’avons jamais pris de pause en vingt ans, c’était le moment. Nous avons donc pris cette année de congé et tous les membres du groupe ont fait leurs propres petits projets. Ensuite, nous avons fait cette tournée nostalgique spéciale, « Decades », en jouant nos morceaux plus anciens. C’était très amusant ! Mais à un certain moment de cette tournée, nous nous sommes à nouveau tournés vers l’avenir et j’ai commencé à composer des chansons, j’ai à nouveau apprécié le processus. Parfois, il faut donner du temps à ces choses, parce que la dernière chose que vous voulez faire est de vous forcer à créer et rien de bon ne sort de cette manière.

En général, comment travaillez-vous sur les nouvelles chansons ? Y a-t-il un secret pour créer un nouvel album de Nightwish ?

Tuomas : Une méthode secrète ? Non… (rires) Il faut juste ressentir quelque chose. Il est nécessaire d’être inspiré, il faut de bonnes histoires à raconter et, comme je viens de le dire, il ne faut pas créer si l’envie n’est pas là. C’est ça le plus important et aussi, il faut le faire pour soi-même, ne jamais suivre les tendances, ne pas imaginer ce que les gens pourraient penser de cela, même les autres membres du groupe. C’est la seule façon de garder l’art, la musique qui est créée, authentique et réelle. C’est le principe de base de mon travail d’écriture et aussi, simplement, apprécier le processus.

Avez-vous écrit cet album l’année dernière ou avez-vous rassemblé les idées au cours des cinq dernières années ?

Tuomas : J’ai commencé à collecter les idées au début de 2018, pendant la tournée « nostalgique ». Cela a pris environ un an, puis j’ai commencé à discuter des thèmes avec les autres membres, j’ai montré quelques paroles, et tout le monde s’est montré favorable. Ce n’était pas vraiment de l’écriture de chansons, c’était plutôt de la collecte d’idées. Puis, l’année dernière, de janvier à mai, j’ai écrit toutes les chansons. Donc, dans l’ensemble, cela a pris environ un an et demi.

Tu es le compositeur principal, mais pour les paroles, as-tu partagé le travail avec quelqu’un d’autre dans le groupe ?

Tuomas : Eh bien, pour cet album, j’ai fait toute la musique et les paroles.

« Human :||: Nature ». Cela sonne vraiment comme un concept, alors que peux-tu me dire à ce sujet ?

Tuomas : Je n’appellerais pas ça un album concept, parce que toutes les chansons sont individuelles, mais c’est un album thématique, car il y a un thème récurrent qui traverse toutes les chansons… En fait, je n’aime pas utiliser le mot « concept ». Nous en avons parlé hier, c’est plus un album thématique, parce que les chansons ne sont pas reliées entre elles de manière à raconter une seule grande histoire.

C’est peut-être plus le cas pour la deuxième partie de l’album, alors ? J’ai lu que c’est une lettre d’amour à la Terre, c’est bien ça ?

Tuomas : C’est une belle façon de le dire. Je pense que c’est la lettre d’amour de Nightwish à la planète Terre. Et je la considère comme une seule chanson, pas huit. Nous mettons juste les index entre les différentes parties si les gens veulent passer à leur partie préférée, ça rend les choses un peu plus faciles, mais il faut vraiment la considérer comme une seule chanson.

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Qu’est-ce qui vous a amené à écrire cela ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

Troy : Nous sommes très intéressés par le monde, l’humanité, la science et tout ce qui s’y rapporte d’une manière holistique. Nous sommes très engagés dans ce domaine. Et nous aimons en parler quand nous sommes ensemble. C’est aussi une sorte de prolongement de « The Greatest Show On Earth », qui était le dernier morceau de notre dernier album (« Endless Forms Most Beautiful », 2015). Et il se transforme magnifiquement en « Human :|| : Nature ». Mais ces choses ont juste évolué. On fait les choses comme elles doivent être aujourd’hui, et ça ne va pas changer. Tout est dans un état de flux, n’est-ce pas ? Un flux musical.

Tuomas : Je suis toujours surpris de constater que les gens pensent que nous calculons ces choses avec beaucoup de soin. Comme si avant de commencer à faire un album, nous pensions à l’avance : faisons un album plus lourd, prenons cette direction, faisons ceci ou cela… Ce n’est jamais comme ça, c’est un flux d’esprit. On choisit juste quelque chose qui nous intéresse et on part de là.

Troy : C’est ça ! Et alors quelque chose de magique se produit. C’est pourquoi, avec cet album, nous avons exploré de nouveaux sons. Il y a beaucoup de directions que nous n’avions jamais prises auparavant. Et encore une fois, ce n’était pas une décision consciente car nous n’avons pas choisi ce que nous allions faire, comme les harmonies en trois parties sur chaque chanson. Cela nous a juste dit ce que nous devions faire. La direction nous a été donnée à travers la musique, à travers les chansons.

Tuomas : C’est une bonne façon de le dire. Vous devez écouter les chansons, ce qu’elles vous disent réellement et comment voulez-vous qu’elles soient présentées. Elles ont une essence qui leur est propre.

Troy : Elles ont une vie qui leur est propre. Une fois que la chanson commence, ce qui est la base de tout, c’est comme le feuillage, les fleurs et les plantes qui commencent à pousser autour, depuis sa source et toutes les fleurs et les plantes représentent tous les arrangements et les couleurs que nous apportons. Mais elles se développent en quelque sorte à partir de la chanson, à partir de la musique. Et c’est l’une des choses vraiment excitantes pour nous dans Nightwish, c’est que nous ne nous voyons pas limités. Avec cela, il n’y a pas de limites pour nous. Je veux dire que le deuxième disque est un contrepoint au premier. Mais certaines personnes peuvent penser qu’il est vraiment bizarre de présenter huit chansons comme une suite orchestrale massive, mais entre nous, c’était la chose absolument naturelle à faire et la seule à faire. Et cela devait être fait comme je le vois, comme une chose à venir. C’était inévitable. On le savait depuis longtemps, surtout sur un sujet aussi noble que la nature et le monde.

Ma question suivante porte sur le titre « Noise ». D’après ce que vous venez de dire, il semble que ce soit un pur hasard que cette chanson sonne vraiment comme du Nightwish ?

Tuomas : Ce n’est pas calculé.

Donc, cela n’a rien à voir avec le fait de vouloir rassurer les fans ?

Tuomas : Non, nous ne pensons pas du tout à ce genre de choses. Mais quand il y a un auteur-compositeur principal dans le groupe, il a ses manières, pour ainsi dire. C’est la même chose avec tous les artistes du monde.

Troy : C’est vraiment le cas et c’est identifiable. C’est intrinsèque à Nightwish que Tuomas écrive les chansons et il serait fou d’essayer de lui enlever son noyau, son essence en essayant d’être autre chose. C’est une autre chose à laquelle nous croyons fortement, c’est la liberté de l’art, la liberté de faire exactement ce que nous voulons sans la considération de la critique ou de l’adulation, des compliments tout le temps. Cela n’a aucun intérêt. Nous devons juste faire la musique que nous aimons pour être nous-mêmes et espérer que les gens aient les mêmes sentiments que nous.

Tuomas : Un groupe ne devrait jamais être emprisonné dans un genre qui doit sonner comme ceci ou cela. Cela n’existe pas. Un groupe, c’est un ensemble de personnes qui font exactement ce qu’elles veulent faire.

Oui, mais je pense qu’il y a des groupes qui ne sont pas comme ça, qui font ce que leurs fans veulent entendre.

Tuomas : Oui, mais je dois juste être poliment en désaccord avec eux. Je ne pense pas qu’un groupe artistique ait besoin d’être lié à un certain genre ou à une certaine façon de faire les choses.

Troy : Nous ne le sommes certainement pas. Et je pense que c’est ce qui fait, même objectivement, de Nightwish quelque chose de vraiment intéressant, une entité. Je n’y pense même plus comme à un groupe. C’est un véhicule pour la liberté de l’art et de la musique.

Donc, vous avez sorti « Noise » au début du mois et vous avez déjà atteint presque 2 millions de vues sur YouTube. Est-ce une surprise ?

Tuomas : Je n’y ai pas pensé à l’avance, donc je ne sais pas. C’est un grand nombre, donc… Ça m’a fait l’effet « waow ». Je ne m’attendais à rien, alors ça m’a juste fait lever les sourcils.

En général, n’êtes-vous pas sensible aux statistiques sur le web, aux commentaires ou aux réactions des fans ?

Troy : Oh, non. Je pense que vous vous mettez dans le pétrin si vous commencez à trop vous impliquer et à croire au battage médiatique, à croire Internet… C’est un monstre ! J’ai regardé les commentaires et des choses comme ça sur le web, et c’est toujours la même chose : celui-là dit que c’est brillant, celui-là dit que c’est de la merde. Celui-là dit que c’est fabuleux, celui-là dit que c’est pourri. Vous devez être en dehors de tout ça pour observer et ne pas se laisser influencer sur ce que vous faites. Sinon, il y a de quoi devenir fou.

Tuomas : Une chose que j’ai faite en écrivant les paroles de la chanson « Noise », et c’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, et je l’ai fait délibérément : j’ai passé environ une semaine dans les forums de discussion et les sections de commentaires de YouTube sur Internet, juste pour me plonger dans cette obscurité, pour pouvoir écrire ces paroles comme elles venaient.

Troy : Vraiment ?

Tuomas : Oui. Je suis allé sur les forums de discussion de Nightwish, j’ai lu tout ce qui était sur notre page Facebook. En étant là pendant une heure, j’avais l’impression d’avoir pris une douche et d’avoir le cerveau rincé, mais il fallait que je le fasse et voir ce monde pour pouvoir créer la chanson.

Troy : Génial ! Je ne savais pas que tu avais fait ça. Vraiment, c’est la façon parfaite de le faire.

Les gens sur Internet sont toujours en train de parler, de donner leur avis,…

Tuomas : Ça en fait partie, non seulement cela, mais aussi le flux constant d’informations en provenance de partout.

Troy : Cela vient de tous les côtés, et trouver seulement un grain de vérité dans tout ce qui se trouve sur Internet… Il y a tellement de bruit pour trouver la vérité, c’est une chose vraiment difficile à faire. C’est une compétence, en fait, il faut l’apprendre. Et l’ironie, c’est que vous ne pouvez pas apprendre à traverser le bruit sans ce bruit. Vous ne pouvez pas le faire sur Internet, vous devez le faire en dehors d’Internet.

Tuomas : Pour certaines personnes, Internet est un oreiller public duquel ils se servent pour hurler. Et comme tu l’as dit, il est très difficile de trouver la vérité dans tout ce bruit. Et les fausses nouvelles circulent beaucoup plus vite que les vraies.

Troy : Oui, les mauvaises et les fausses nouvelles sont celles qui ont le plus de pouvoir.

Je pense qu’on pourrait faire une interview complète sur la vidéo que vous avez sorti. Est-ce que l’idée, l’histoire, vient du groupe, de vous ?

Troy : Oui, ça vient de nous. Et encore une fois, on parle beaucoup de ce genre de choses, ça nous intéresse vraiment et on adore ça. Donc, oui, tout cela est né d’un énorme intérêt de notre part.

Tuomas : Et puis, le réalisateur de la vidéo, Stobe Harju, y a aussi mis beaucoup de ses propres idées en termes d’éléments visuels.

Et pouvez-vous me dire quels sont vos personnages ? Les avez-vous choisis ?

Tuomas : En fait, ils ont été écrits par le réalisateur et c’est à vous de les interpréter. Si nous entrons trop dans les détails ici, cela enlèverait quelque chose à l’expérience du visionnage de la vidéo.

Troy : Cela causerait encore plus de bruit ! (rires)

Même si le sujet est assez sombre ici, je suppose que vous vous êtes amusés pendant le tournage.

Troy : Eh bien, Tuomas avait une très mauvaise toux. Il avait un rhume très agressif. Alors il s’est assis dans le bain, couvert d’huile, se sentant vraiment mal avec un masque à gaz. Et je partais, j’allais prendre mon vol de retour, et je l’ai regardé et il était comme… (Troy a fait une drôle de tête, les deux rient)

Tuomas : J’ai headbangué dans cette baignoire, oui, avec toute cette huile… A la fin de la vidéo, vous pouvez en fait voir un aperçu de moi sans le masque à gaz brandissant mon canard en caoutchouc en dans les airs. C’est donc la révélation que l’on peut voir.

Et vous avez deux nouveaux membres dans le groupe, maintenant ?

Tuomas : Qui ? !

Troy : Elle veut dire la petite fille et la grande fille… Ce sont des actrices qui ont été amenées par le réalisateur.

Je croyais que la petite fille était la fille de Floor.

Tuomas : Oh non, elle ne ferait jamais ça ! Mais en fait, la fille blonde, c’est probablement la plus célèbre star finlandaise d’Instagram, Jessica Edström. Elle a d’ailleurs accepté de venir se parodier dans la vidéo.

D’autre part, vous avez travaillé avec « notre » Tim Tronckoe pour les photos de l’album…

Tuomas : Oui, le bon vieux Tim ! C’est un vrai artiste !

Comment l’avez-vous choisi ?

Tuomas : Nous avions déjà travaillé avec lui pour quelques séances photos et nous avons simplement aimé sa personnalité et sa façon de prendre des photos.

Troy : Et il est rapide, c’est vraiment incroyable ! Parce que nous sommes passés par des photographes qui ont pris des heures et des heures et qui ont pris beaucoup trop de photos parmi lesquelles choisir. Tim s’installe et c’est tout !  C’est vraiment rafraîchissant à voir.

Tuomas : Et il est toujours très bien préparé. Tout avait été mis en place quand nous sommes allés là-bas et cela a pris environ 15 minutes.

Troy : Nous avons fait des prises de vue à différents endroits, mais pour le Musée d’Histoire Naturelle où nous avons fait les prises de vue avec Tim, il y est allé plus tôt quand c’était plein de public, c’était rempli de touristes. Et il a vérifié les angles et allumé les lumières… Il est tout simplement brillant et c’est aussi un gars très gentil.

5e3880435ca35ec3e5ebf9f3_NIGHTWISH 2019 © Tim Tronckoe (19)

C’est une question que la plupart des artistes détestent, mais je la pose quand même : avez-vous déjà une chanson préférée de ce nouvel album ?

Tuomas : Non.

Troy : Non, aucune chance. Nous avons des moments préférés, mais pas de chanson préférée, ce n’est pas possible. En plus, contrarierait les autres chansons. (les deux rient)

Une chanteuse m’a dit un jour que ses chansons étaient comme ses enfants, qu’elle ne pouvait pas préférer un de ses enfants.

Troy : Oh oui, c’est une chose courante chez les auteurs de chansons, ils disent toujours ça.

Tuomas : Ils disent aussi ça à propos de leurs albums, qu’ils sont leurs enfants. Je comprends un peu la métaphore mais c’est un peu ringard, je pense.

Donc, je ne peux pas vous demander si vous avez une chanson préférée de toute l’histoire de Nightwish ?

Tuomas : Ces choses changent avec le temps. Je veux dire, tu pourrais me demander quelle chanson j’apporterais avec moi sur une île déserte, peut-être que je pourrais répondre. Mais une seule favorite, ce n’est pas possible de la choisir.

Sais-tu laquelle tu aimerais emmener sur une île déserte, alors ?

Tuomas : Je pense que ce serait « The Greatest Show On Earth ».

Troy : Pareil.

Vous jouez souvent en Belgique, y a-t-il des choses particulières que vous aimez ici ?

Tuomas : J’aime bien Tim !

Troy : Je l’aime bien aussi. Et j’aimais bien le magasin d’alimentation du coin, vraiment bien. (Je crois qu’il parle du Carrefour Market près de l’hôtel, en fait)

Tuomas : J’aime aussi beaucoup Hercule Poirot, c’est un Belge et c’est probablement mon truc belge préféré. Mais oubliez sa nouvelle version, David Suchet était le meilleur.

J’ai donc eu la chance d’écouter votre nouvel album juste avant, ce qui était un peu difficile. Mais une chanson a particulièrement retenu mon attention : « Harvest ». Elle sonne complètement différemment et m’a presque fait penser à une chanson de Disney, d’une manière positive. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette chanson ?

Tuomas : C’est intéressant de voir que tu la vois de cette façon. C’est une chose merveilleuse dans les interviews, c’est qu’on obtient beaucoup d’approches différentes, beaucoup de réponses différentes aux chansons. Pour nous, personnellement, je ne vois pas ça du tout.

Troy : Je vois quelque chose de plus fédérateur et classique avec « Harvest ». Pour moi, la nature de la chanson, c’est une chanson folk classique, c’est l’essence même de ça. C’est le genre de morceau où l’on attend avec impatience le refrain parce qu’au niveau communautaire, les gens veulent avoir un refrain qu’ils peuvent chanter ensemble et « Harvest » est l’un d’entre eux. J’imagine que ce sera un des moments préférés du public et qu’il sera intéressant de l’entendre chanter. En même temps, « Harvest » est plein de mouvements musicaux incroyables. C’est splendide et c’est délicat, et c’est à la fois bizarre, difficile et vraiment facile. C’est un peu tout ce qu’il y a là-dedans, non ?

Tuomas : Et une fois que tu auras compris les paroles et que tu auras réécouté la chanson, ça peut changer ta perspective sur ce qui se passe. Tout sera certainement plus clair. En fait, ce n’est vraiment pas juste pour tout le monde d’écouter l’album une fois et de devoir s’en faire une opinion.

Je n’ai pas reconnu la voix de Marco sur l’album…

Tuomas : Il chante sur chaque chanson de l’album, sauf sur « Procession » et il fait les chœurs. Il chante également la dernière chanson, « Endlessness ». C’est un peu comme son show solo sur l’album.

Troy : Eh bien, il la chante assez intensément quand on l’écoute à nouveau, il la chante avec un peu de venin dans sa voix, en fait. Mais les refrains sont magnifiques et il y a un merveilleux contraste entre le refrain et les couplets. Quand tu l’entendras à nouveau, tu verras.

Je vous remercie. J’ai donc une dernière question pour vous qui n’a rien à voir avec Nightwish, mais prévoyez-vous une nouvelle sortie avec Auri dans le futur ?

Tuomas : Oui !

Troy : Définitivement oui, nous avons de la matière pour Auri. Quand le vaisseau de Nightwish accostera, nous en descendrons et nous ferons plus d’Auri.

Tuomas : Je pense qu’une sortie en 2021 est possible.

Est-ce que vous prenez parfois de vraies vacances, sans musique ?

Troy : Nous avons eu une année de vacances il y a cinq ans, mais nous avons des aventures en dehors de la musique… Même si la musique est toujours un peu là, nous avons des aventures.


Photos : Tim Tronckoe

Pour suivre Nightwish :


MaYaN passe et la magie opère !

MaYaN passe et la magie opère !

C’est la première fois que je me rends au Centre Culturel René Magritte à Lessines, ce soir du samedi 7 mars. Mais l’occasion est belle, car c’est une affiche de qualité que l’on nous offre avec, en guise de cerise sur le gâteau, MaYaN, le prestigieux side project de Mark Jansen (Epica). Le groupe effectue quelques dates aux Pays-Bas, en Allemagne et chez nous.

Premier constat, le staff est accueillant et la salle est spacieuse. On a le temps de prendre un petit verre avant que les Belges de King Drama ouvrent la soirée. Cette nouvelle formation wallonne, composée tout de même d’habitués du terrain, donne aujourd’hui son premier concert. Avec son rock teinté de folk, parfois un peu plus énervé, le groupe apporte un vent frais sur la scène actuelle. Les mélodies sont légères et entraînantes et les refrains entrent facilement en tête. C’est Ophélie, au chant, qui gère principalement l’animation scénique en sautant et en dansant. Sa voix est appuyée de temps à autres par celle d’Alain, officiant aussi à la guitare, que l’on connaissait jusque là dans un registre plus hard (About:Blank, Spiritual Jack). Hormis quelques petits couacs rythmiques, King Drama s’est très bien défendu pour une première et a fait une belle impression auprès du public. À noter aussi que le groupe a dû pallier l’absence de son bassiste, malheureusement souffrant.

Après une petite pause, ce sont les Français d’Attraction Theory qui entrent en scène. Même s’il s’agit également d’un projet récent (2017), il est aussi porté par des musiciens qui ont de la bouteille, dont Didier Chesnau (Headline) et Constance Amelane (Whyzdom). Cela se voit et cela s’entend également. Le groupe propose un metal moderne, tantôt planant, tantôt plus agressif, porté par la voix très douce de Constance. Le mélange est agréable et se laisse écouter avec plaisir. J’aime beaucoup, même si j’ai cette impression de « déjà entendu ». Mais comme me l’a dit mon amie : quand c’est si bien fait, ce n’est absolument pas dérangeant ! Je retiens la reprise de « To France » qui clôture le set d’Attraction Theory, chanson qui me rappelle de très bons souvenirs.

La suite se fait un peu attendre, mais comme il est encore tôt, ce n’est pas spécialement dérangeant. C’est, en effet, l’occasion de discuter davantage avec les amis présents et boire des bières… Beaucoup de bières ! Au fait, nous sommes étonnamment peu nombreux pour une telle affiche. À se demander si l’aura malfaisante du virus actuel n’a pas joué un rôle. Bref, une fois que MaYaN débarque sur scène… En repensant à ce moment, je ne sais pas quoi écrire. Ce groupe dégage tellement d’énergie, les nombreux musiciens courant dans tous les sens au rythme endiablé de la musique. On ne sait pas où donner de la tête, il se passe quelque chose à chaque seconde, à un endroit différent. Au bout de deux ou trois morceaux, je dis d’ailleurs en rigolant à l’un de mes collègues photographes que ce groupe est fatiguant ! Sans compter que les lumières ne sont pas faciles à gérer non plus, soit dit en passant.

Enfin, au-delà de ces petits détails, pour moi, c’est simplement de la magie qui se produit sous nos yeux. Le set est tout simplement parfait : scéniquement, musicalement, vocalement… Le son est d’une clarté bluffante ! Pendant quelques secondes, j’en viens même à me demander si le groupe ne fait pas du playback. Je suis également hyper admirative face à la prestation de Laura Macri qui assure seule les parties lyriques ce soir, Marcela Bovio étant actuellement en convalescence. Son interprétation d’« Insano » presque seule en scène est à tomber, j’en ai des frissons !

Notons que la setlist est variée, brassant les différents albums du groupe, mais proposant aussi quelques reprises de prime abord surprenantes : « Follow In The Cry » (After Forever), « Nihilism » (God Dethroned) et « At The Mountains Of Madness » (Orphanage). Mais ces groupes font partie de l’histoire de MaYaN et des musiciens qui ont pris part au projet. Enfin, pendant plus d’une heure, MaYaN m’a enchantée et je pense que je ne suis pas la seule à avoir pris une superbe claque en assistant à cet opéra moderne en compagnie d’artistes de talent, heureux d’être ensemble sur scène et au contact du public.

Après ce superbe concert, nous avons pu partager un petit moment avec quelques membres du groupe, toujours souriants et disponibles pour les fans. Un vrai plaisir ! Pour l’anecdote, j’ai essayé d’obtenir quelques informations sur le nouvel album d’Epica, qui paraîtra plus tard cette année, mais cela n’a pas marché ! Pour résumer, même si vous l’avez certainement déjà bien compris : c’était une très bonne soirée, bien organisée… Et, évidemment, bien arrosée !


The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

The Great Tour : Quand Sabaton enflamme le Sportpaleis !

C’est franchement tendue que j’entre dans le Sportpaleis d’Anvers le soir du 2 février. C’était l’enfer pour se garer, il y a du monde partout et je ne sais pas trop où aller malgré les instructions reçues à l’entrée dans une petite enveloppe estampillée. Heureusement que je croise quelques collègues moins stressés qui m’éclairent.

Amaranthe, l’un de mes groupes favoris, ouvre la soirée dans cette immense salle qui ne cesse de se remplir. Avec leur metal électro, les Suédois tombent à point pour chauffer le public. À grand renfort de refrains ultra catchy, la mayonnaise a l’air de prendre au niveau des premiers rangs. Pour me détendre, je chante à tue-tête. On a tellement d’espace dans ce photo pit que je doute fort que les autres m’entendent. Cependant, je suis gênée par le décor de Sabaton déjà installé, tous les groupes sont condamnés à jouer derrière des fils barbelés. Soit, la prestation d’Amaranthe est excellente : énergique à souhait ainsi que musicalement et vocalement impeccable, les trois chanteurs assurent dans leur style respectif. La setlist aussi est bien pensée, regroupant plusieurs chansons de chaque album, parmi lesquelles on retrouve « Digital World », « Hunger », « GG6 », « That Song », « The Nexus » et aussi « Amaranthine », la ballade incontournable pour faire une petite pause dans ce set survolté. Juste génial ! Même si, évidemment, ces 45 minutes passées avec Amaranthe me laissent un goût de beaucoup trop peu.

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Petite pause, petite bière. Au prix où elles sont (3,50€) et sachant que les consignes pour shooter Sabaton sont particulières, on y va mollo. Ensuite, on enchaîne avec les Finlandais d’Apocalyptica qui commencent leur show avec un morceau issu de leur dernier album « Cell-0 », sorti au mois de janvier de cette année. Leur musique est atmosphérique et sombre, elle prend aux tripes. C’est si beau le violoncelle ! Et joué comme ça, c’est vraiment impressionnant. Le groupe propose un show visuel également, des images psychédéliques défilant sur les écrans en arrière-plan. Après trois compositions originales, les musiciens sont rejoints par Elize Ryd d’Amaranthe pour deux titres, dont « Seemann », célèbre morceau de Rammstein. Il faut dire qu’Apocalyptica est surtout connu pour ses reprises et notamment celles de Metallica. Ce soir, le groupe propose « Seek & Destroy » et « Nothing Else Matters » pour le plus grand plaisir du public qui participe avec entrain. Je n’avais jamais vu Apocalyptica en live et je pensais que la musique instrumentale allait m’ennuyer… Je me suis trompée, c’était super !

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Un peu avant LE concert de la soirée, les photographes ont un briefing avec le PR manager de Sabaton, Nick. Il nous explique tout ce qui se passera pendant le concert en termes de pyrotechnie et d’animations. Il nous rappelle également que nous sommes divisés en deux groupes et nous montre la répartition en fonction de la setlist. Je suis dans le groupe A, donc je reste dans le pit pour le début du show. On a beau être prévenus que ça va péter dans tous les sens sur le premier morceau, dans les faits, c’est hyper impressionnant et assez distrayant.

Bref, après une douce introduction (« In Flanders Field »), c’est un coup de canon qui donne le top départ du concert de Sabaton, les musiciens déboulant sur scène, comme souvent, sur « Ghost Division ». Idéal pour commencer dans l’énergie et celle du groupe est une fois de plus débordante ! Après « Great War », qui est aussi le titre de leur dernier album sorti l’été dernier, le combo sort de scène le temps d’une narration et revient en arborant des masques à gaz. Seul Joakim (chant), également équipé d’un ustensile à fumigènes, le gardera tout au long de « The Attack Of The Dead Men ».

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Les morceaux s’enchaînent à une vitesse folle et on ne sait pas où donner de la tête, car il se passe quelque chose presque à chaque minute : des claviers encastrés dans une carcasse de Barron Rouge, des animations et retransmissions sur les écrans, des petites blagues, des riffs connus (Judas Priest, AC/DC, Iron Maiden,…) encore des flammes et des feux d’artifice et… Comme si tout ça ne suffisait pas, nous avons aussi droit à un tir de bazooka sur « Night Witches » ! À la moitié du show, le groupe est rejoint par Apocalyptica pour pas moins de six morceaux. C’est sympa, mais à mon sens, on n’entend pas assez les violoncelles.

Vu des gradins, le spectacle est d’autant plus impressionnant tant la salle est énorme et remplie. Cependant, côté public, c’est un peu étrange. Autant c’est la folle ambiance dans les premiers rangs, il y a même quelques crowdsurfs, autant dans les tribunes, c’est le calme plat… L’un ou l’autre bras se lève timidement de temps en temps, mais à part ça, tout le monde reste assis. Personne ne bouge d’un poil pendant « Carolus Rex », par exemple, qui est pourtant un hymne du groupe.

Enfin, pendant près de deux heures, Sabaton nous en a mis plein les yeux et les oreilles. Quoi qu’on en dise, ce sont de véritables showmen et ce qu’ils font, ils le font parfaitement !

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Pour voir la galerie complète de l’événement, c’est ICI !

Setlist :

01. Ghost Division
02. Great War
03. The Attack of the Dead Men
04. Seven Pillars of Wisdom
05. The Lost Battalion
06. The Red Baron
07. The Last Stand
08. Resist and Bite
09. Night Witches

Avec Apocalyptica :

10. Angels Calling
11. Fields of Verdun
12. The Price of a Mile
13. Dominium Maris Baltici
14. The Lion From the North
15. Carolus Rex

Rappel :

16. Primo Victoria
17. Bismarck
18. Swedish Pagans
19. To Hell And Back


Ategnatos European Tour

Ategnatos European Tour : De la Moldavie à la Suisse en passant par l’Italie

Le 10 novembre 2019 : Ategnatos European Tour @ Trix avec Infected Rain, Lacuna Coil et Eluveitie

 

C’était un week-end productif ! Après deux soirées intenses passées au Birthdeath à Tohogne, puis au Blood Upon The Castle à Anthisnes, il est temps de repartir à l’autre bout de la Belgique pour une date très attendue au Trix. Ce soir, ce sont trois emblèmes de la scène actuelle qui se donnent la réplique à guichet fermé. Bien que très différents dans leur style respectif, en s’unissant de la sorte, ces trois groupes nous offrent un line-up idéal.

Une fois n’est pas coutume, en tout cas je n’avais personnellement jamais vu ça au Trix, l’entrée est compliquée. Les portes ouvrent à 18h30 et le premier groupe commence à 18h45… Mais, à 18h20, la file est conséquente devant la salle et on se dit qu’on n’entrera jamais à temps. Mais tout est bien qui finit bien, je parviens à atteindre le pit pendant le premier morceau d’Infected Rain.

Infected Rain, donc, ouvre le bal en présentant principalement son nouvel album, « Endorphin », avec des titres tels que « Passerby », « Black Gold », « The Earth Mantra » ou encore « Lure ». On aura également droit à d’anciens morceaux comme « Mold » ou « Orphan Soul ». Quoi qu’il en soit, les fans du groupe sont présents, ils scandent chaque refrain et ne se font pas prier pour bouger. Le set est relativement court, mais de bonne qualité. Où qu’ils soient, ces Moldaves savent définitivement mettre l’ambiance !

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Le changement de plateau est assez rapide et c’est au tour de Lacuna Coil de posséder la scène. Si Lena d’Infected Rain a un certain pouvoir d’attraction, Cristina Scabbia n’a rien à lui envier ! Cette dernière, embrasée par la musique, est hypnotisante. Même si ses acolytes se défendent bien avec leurs maquillages de clowns glauques, il est très difficile de se concentrer sur quelqu’un d’autre qu’elle. Bref, dès le premier morceau le ton est donné : la présence, l’énergie, les chansons, tout est prévu pour passer un super moment. La setlist est bien équilibrée, bien que les Italiens fassent la promotion de leur dernier opus « Black Anima » duquel ils présentent « Layers Of Time », « Reckless », « Sword Of Anger » et le superbe « Veneficum ». Bien sûr, les hits du groupe ne sont pas délaissés et nous avons droit à « Our Truth », « Heaven’s A Lie », « The House Of Shame », leur reprise emblématique de Depeche Mode « Enjoy The Silence », ainsi que « Nothing Stands On Our Way » pour terminer le set en beauté et quitter le public conquis avec un message d’espoir. Pour moi, c’était LA performance de la soirée !

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Place ensuite aux Suisses d’Eluveitie qui sont chargés de couronner la soirée avec leur folk endiablé. Le concert commence sur une touche originale avec une simulation de célébration celtique où trois membres du groupe vêtus de blanc psalmodient à l’avant de la scène tandis que d’autres jouent des percussions en ombres chinoises, placés derrière un drap blanc. Après ce démarrage mystique tout en douceur, c’est la déferlante avec l’enchaînement de « Ategnatos » et « King ». Heureusement que ces morceaux sont longs, cela permet aux photographes présents en nombre de capter au maximum ce qui se passe sur scène. En effet, les musiciens sont nombreux et remuants et personnellement, je ne sais pas trop où donner de la tête. Je suis un peu déçue, ensuite, quand Chrigel annonce « The Call Of The Mountains » et laisse le choix de la version au public. Ce sera donc « De Ruef Vo De Bärge »… Soit, le show est très bon, le groupe joue bien, les chanteurs sont en voix et souriants, rien n’est à signaler en terme de qualité. Aussi, l’ambiance est très bonne côté public : ça se pousse et ça surfe dans la joie et la bonne humeur. Pour ma part, j’ai du mal à entrer dans la danse, même si j’adore Eluveitie et que je suis contente d’entendre quelques-uns de mes morceaux préférés (« A Rose For Epona », « Ambiramus », « Helvetios » ou encore « Rebirth »), les parties ultra folk et/ou acoustiques m’ennuient et j’ose trouver le concert très long. Enfin, après près d’une heure et demie de concert, les Suisses clôturent la soirée sous une ovation avec leur hymne « Inis Mona ».

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Après tout ça, c’est l’heure de débriefer au bar et éventuellement d’aller faire un coucou aux gars d’Infected Rain qui ne sont jamais avares de contact avec leurs fans. On conclut donc une chouette soirée avec quelques bières et un ou deux selfies !


NorthTale

Retour à l'essence du power metal avec NorthTale

À travers cette interview, le chanteur suédois Christian Eriksson (ex-Twilight Force) nous présente le nouveau groupe qu’il a formé avec le guitariste américain Bill Hudson (Trans-Siberian Orchestra, UDO, Savatage, …) : NorthTale. À ce moment-là, le groupe composé de musiciens connus et expérimentés s’apprêtait à sortir son premier album, « Welcome To Paradise », et à jouer sa première scène sous ce nouveau nom. Depuis, tout semble rouler pour eux !

Ma première question est très simple : « Welcome To Paradise » sort dans quelques jours… Alors, comment te sens-tu ?

Je commence à être un peu nerveux. Parce que pendant la période où nous avons lancé le projet et enregistré l’album, je n’ai même pas pensé qu’on le sortirait. Et maintenant, c’est dans une semaine… Je commence à sentir mes nerfs. Mais c’est pas grave. C’est beaucoup d’anticipation de ma part. La seule chose que nous pouvons faire maintenant est d’espérer que les gens l’aimeront !

Mais vous avez déjà eu beaucoup de retours sur votre premier single et ils semblent très positifs.

Oui, il y a beaucoup de positivité ! Bien sûr, nous en sommes très heureux. Nous avons également reçu beaucoup de reviews et la majorité d’entre elles nous donnent dix sur dix ou presque. On ne devrait pas se plaindre, je suppose. (rires)

Apparemment, Bill et toi vous êtes rencontrés lors d’un festival en Suède l’année dernière et c’est ainsi que le projet a commencé. À partir de là, peux-tu résumer la formation du groupe ?

Nous nous sommes rencontrés dans ma ville natale cet été-là, en 2017. Mais c’était juste une discussion, au début Bill voulait que je chante sur son album solo, mais j’ai refusé parce que j’étais trop occupé avec Twilight Force et qu’il était aussi trop occupé avec ses affaires. Et puis, après mon départ de Twilight Force, Bill m’a appelé et Patrick (batterie) aussi, parce que Patrick et moi sommes de la même ville et nous parlions de former un groupe depuis 10 ans, mais cela ne s’est jamais produit. Bill et Patrick m’ont donc appelé et m’ont dit la même chose indépendamment l’un de l’autre. Ils ont dit : quand tu seras de nouveau prêt, on fera ça, faisons-le pour de bon. Au début, j’étais tellement fatigué que je ne voulais plus continuer la musique. Mais j’y ai réfléchi et j’ai pensé que si nous pouvions écrire et enregistrer un album dont nous pouvions être fiers, que si nous avions 14 ans, nous aurions fait dans notre froc si nous l’avions entendu, nous devions le faire. C’était le but pour ce groupe. Nous avons donc décidé de le créer, mais nous avions besoin de membres. J’ai donc fait venir Mikael, le bassiste, et Bill a fait venir Jimmy (claviers) parce que nous les connaissions d’avant. Après ça, on avait besoin d’un nom, parce qu’on n’avait rien trouvé. Alors on s’est dit : essayons d’en faire un concours. Nous avons remarqué que nous avions des fans autour de ce groupe qui n’avait encore rien sorti. Nous avons donc annoncé un concours et nous avons pensé que nous pourrions peut-être recevoir 20 noms, mais nous avons reçu 1500 noms ! C’est à peu près comme ça qu’on a fini en tant que groupe et avec le nom NorthTale.

Comment avez-vous fait pour que votre premier album soit prêt si vite ? Pourriez-vous en résumer le processus de création?

En fait, avant-hier, j’ai reçu le CD du label, j’étais assis sur mon canapé et je l’ai tenu dans ma main et je me suis dit : comment on a réussi à faire ça en un an et demi, putain ? (rires) Mais d’une façon ou d’une autre nous l’avons fait ! Principalement, c’était Bill et moi qui écrivions toutes les chansons et nous nous envoyions le matériel en ligne. Le fait est que nous avons exactement la même vision de ce que nous voulons faire avec la musique. Donc, c’était super facile en fait, même si toutes les chances étaient contre nous puisqu’on vit de part et d’autre de la mer.

C’était une question pour Bill en fait, concernant les parties de guitare, mais tu peux peut-être répondre pour vous deux si tu le sais. Qu’est-ce qui vous a inspirés quand vous avez écrit cet album ?

En fait, j’ai aussi composé de la musique. Bill et moi avons écrit l’album et il y a quelques chansons sur lesquelles j’ai écrit toute la musique et toutes les paroles et quelques chansons sur lesquelles Bill a écrit toute la musique et aussi les paroles. Nous pouvons dire qu’il s’agit d’un travail à 50-50 et c’est ce que nous voulions. Si vous regardez le power metal d’il y a 20 ou 30 ans et si vous pensez au power metal aujourd’hui, notre metal peut être tellement de choses différentes. Mais nous voulions revenir à ce que nous, nous appelons le power metal. Je veux dire, cette époque de l’ancien Helloween, Gamma Ray, Stratovarius, mais aussi d’autres influences comme Judas Priest ou Yngwie Malmsteen. Nous voulions un album que nous voulions entendre, avec des éléments des groupes que nous aimons depuis des années.

Concernant ce que tu viens de dire, est-ce que tu trouves que le power metal est moins riche ou moins intéressant de nos jours ?

Non, pas du tout. Je ne sais pas comment dire ça sans avoir l’air grossier ! (rires) Mais je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de groupes essaient de passer à la vitesse supérieure, de s’habiller en costumes, de mettre des tas de trucs sur scène, ou peu importe, mais de tout faire monter en puissance. Mais à mon avis, le sommet a déjà été atteint et pour nous, je pense que nous voulions juste nous concentrer sur de bonnes chansons et non sur du superflu ou… Nous voulons juste jouer de la musique. Je ne dis pas que les autres groupes ne font pas de la bonne musique. Nous n’essayons pas de réinventer la roue parce que nous savons que cela a déjà été fait, mais nous espérons pouvoir saisir l’essence de ce qu’est NorthTale et créer quelque chose de personnel.

Si tu me permets un commentaire personnel, j’ai été vraiment surprise par l’album parce que je m’attendais à une sorte de cliché de power metal, si tu vois ce que je veux dire. Mais la musique est vraiment riche, les guitares sont vraiment folles et les refrains sont incroyables. Tout est très puissant.

Merci, nous apprécions beaucoup cela. C’est exactement ce que nous voulions faire avec cet album. Et si vous écoutez l’album, vous pouvez entendre que c’est un album très diversifié. Nous prenons beaucoup de directions différentes parce que nous ne voulions pas écrire des chansons comme ça ou comme ça, nous voulions explorer et le ciel était la limite. Parce que si vous écoutez des groupes des années 70, il y a une énorme variété dans les chansons, elles ne suivent pas un certain modèle. Et c’est sur cela que nous voulions nous concentrer.

D’autre part, a-t-il été difficile de convaincre Nuclear Blast de vous signer avec ce nouveau projet ?

Non… (rires) C’était aussi un peu surréaliste, parce qu’au début on avait dit qu’on sortirait l’album par nous-mêmes. Parce que, au départ, nous avons écrit un EP et nous l’avons enregistré. Alors on s’est dit : on va le sortir seuls. Mais nous avons commencé à recevoir des offres de petits labels indépendants qui voulaient nous signer sans même entendre un mot ou une note… Nous avons alors réalisé que nous avions de bonnes relations avec Nuclear Blast. Nous avons donc décidé d’essayer. Mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils nous signent, nous n’étions personne, nous sommes un nouveau groupe et nous n’avons rien sorti. Mais ils se sont montrés super intéressés tout de suite. C’était une expérience vraiment cool ! Ensuite, nous avons dû continuer à travailler sur un album complet. Je ne dis pas que cela n’a pas pris de temps, mais nous n’avons pas eu à nous mettre à genoux pour supplier. On se présentait, on leur demandait s’ils voulaient travailler avec nous et ils ont dit oui. Donc oui, nous avons été surpris et très heureux.

Tu en as parlé un peu tout à l’heure, mais si ça n’a pas été si difficile avec la maison de disques, qu’en est-il du public ? Parce que, comme tu l’as dit, c’est un nouveau groupe. Alors, est-ce difficile de démarrer un tout nouveau groupe, surtout de nos jours, et de se construire une nouvelle fanbase ?

Je ne sais pas, en fait. Comme je l’ai dit plus tôt avec le nom et le concours, nous avons vu que nous avions des followers dès le début. Il y a beaucoup de fans et d’amis de longue date, de Twilight Force, et beaucoup de fans du côté de Bill, d’UDO, du Trans-Siberian Orchestra et aussi de Patrick avec Yngwie Malmsteen. Donc nous les avons réunis en quelque sorte et les gens ont commencé à montrer de l’intérêt à nous voir juste ensemble. Mais c’est super bizarre parce que je ne sais pas comment c’est arrivé. Maintenant le single « Higher » a atteint 60 000 vues sur YouTube ou quelque chose comme ça et c’est de bon augure pour l’album.

Justement, l’album s’appelle « Welcome To Paradise », mais la pochette a l’air un peu sombre et froide, ce qui ne représente pas l’idée que nous nous faisons du paradis, ou du moins pour moi… As-tu un commentaire à faire à ce sujet ?

Ouais, c’est exactement ce qu’on voulait ! Je veux dire, qu’est-ce que le paradis pour toi ? Qu’est-ce que le paradis pour moi ? Nous espérons que les gens y réfléchissent. Parce que mon paradis, j’en suis sûr, n’est pas le même que le tien. Le paradis peut être n’importe quoi. Et ce titre est tiré du morceau d’ouverture de l’album où le paradis représente quelque chose de vraiment mauvais selon moi, parce que cette chanson parle de ce que j’appelle une secte dans laquelle j’ai grandi. Mais pour ceux qui s’y trouvaient et qui la dirigeaient, ils y voyaient un paradis parfait. C’est pourquoi nous voulions appeler l’album « Welcome To Paradise », on remarque tout de suite que ce n’est pas le paradis mais ça pourrait l’être pour certaines personnes.

NorthTale Cover

Donc, quand tu écris des paroles, tu t’inspires toujours d’événements ou d’expériences personnels ?

Ouais, toujours. Les sujets font partie de la vie. Par exemple, « Time To Rise », c’est comme si je chantais pour moi-même quand j’étais enfant parce que j’ai été harcelé à l’école pendant un certain temps. Et le message avec cette chanson est qu’il est temps de se lever, ce ne sera pas toujours comme ça. Il y a un avenir meilleur qui se prépare. « Siren’s Fall » parle de la façon dont je vis les crises d’angoisse, parce que j’en ai depuis que je suis enfant et que je peux les gérer aujourd’hui. Mais je voulais aussi mettre cela en parole parce que je crois que si je chante sur quelque chose qui me tient à cœur, c’est émotionnel, je chante mieux, j’espère. (rires)

C’est vraiment intéressant parce que quand on entend les chansons pour la première fois, on ne fait pas particulièrement attention aux sujets. Je le ferai la prochaine fois que j’écouterai l’album. Mais maintenant, tu sais de quoi parlent les chansons de Bill ?

« If Angels Are Real », par exemple, cette chanson est dédiée à son ami décédé. Ils ont joué ensemble dans Circle II Circle et il lui rend hommage. Il s’agit donc d’expériences de la vie réelle. C’est aussi une chose dont nous voulons nous éloigner, nous ne sommes pas un groupe de fantasy. Je respecte les gars qui font ça, mais on veut essayer d’écrire sur des trucs réels.

Et c’est aussi quelque chose qui ne fait pas passer le groupe pour un cliché, en fait. C’est vraiment intéressant. Maintenant voici une question que la plupart des artistes détestent : as-tu une chanson préférée sur cet album ?

En fait, cela dépend beaucoup de mon humeur du jour. C’est dur, mais les chansons que j’écoute le plus sont « Bring Down The Mountain » et « The Rhythm Of Life ». Toutes les chansons sont personnelles, donc c’est très difficile de choisir une chanson préférée mais pour moi aujourd’hui, ce serait « The Rhythm Of Life ».

Vous allez jouer quelques festivals en août et surtout le Sabaton Open Air. Alors comment avez-vous eu l’opportunité d’y jouer ? J’ai eu une interview avec le bassiste de Sabaton il y a quelques semaines qui disait qu’il est très important pour lui de soutenir de nouveaux groupes pour garder la scène vivante.

Sabaton et moi avons grandi dans la même ville, j’ai même chanté avec Sabaton à l’époque. Nous avons toujours été amis. Ils ont créé quelque chose, Sabaton est un groupe unique, il y a quelque chose de spécial avec eux. Ils ont créé un grand festival et ils ont toujours voulu travailler avec des produits locaux, de la nourriture locale aux groupes locaux. C’est formidable pour nous qu’ils croient en nous et qu’ils aient voulu nous accueillir pour notre première mondiale.

Alors, comment vous préparez-vous pour ce premier show ?

Tout d’abord, ça commence à devenir réel : on va vraiment jouer ce premier concert ! Nous étions dans cette bulle où on se disait que nous allions jouer en live plus tard… Et là, c’est déjà dans trois semaines ! (rires) Maintenant, nous devons commencer à répéter pour de bon, tout le monde répète à la maison pour l’instant, puis nous nous retrouverons une semaine avant le festival pour quelques répétitions de production. Et j’espère qu’on ne sera pas merdiques ! (rires)

Au fait, penses-tu qu’on peut vous qualifier de super groupe ?

Non ! (rires) Je sais que nous avons été étiquetés comme un super groupe. Mais le fait est que nous ne nous sommes jamais définis comme super groupe et nous ne le ferons jamais. Mais qu’est-ce qu’un super groupe ? On est juste cinq gars qui aiment la même musique et qui travaillent ensemble.

Donc, après quelques festivals que vous allez jouer le mois prochain. Avez-vous déjà des projets de tournée après la saison ?

Oui, on y travaille. Je peux dire que nous avons une agence de booking qui veut travailler avec nous, mais je ne peux pas mentionner les noms pour le moment. Mais les choses s’annoncent bien !

J’en ai maintenant terminé avec mes questions, alors je te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs…

La seule chose que je peux dire, c’est que j’espère vraiment que vous allez aimer l’album. Et j’espère vous voir bientôt ! Notre travail est terminé. Maintenant, nous ne pouvons qu’espérer. Je ne vais pas dire « si vous nous aimez faites ceci ou cela blablabla… » Jetez-y juste une oreille si ça vous dit de le faire !


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The Agonist

« Tout va bien se passer à la fin de la journée » : une interview avec Vicky Psarakis de The Agonist à propos d’« Orphans »

Le mois dernier, les Canadiens de The Agonist ont sorti leur sixième album studio, « Orphans », via Napalm Records. C’était l’occasion pour nous de discuter de cet opus avec leur chanteuse américaine Vicky Psarakis. Le groupe vient juste de terminer quelques release shows et se prépare maintenant à partir en tournée européenne avec leurs comparses de Jinjer.

« Orphans » est sorti depuis quelques jours maintenant, comment te sens-tu ? Quels en sont les feedbacks jusqu’à présent ? Aussi, vous venez juste de finir quelques concerts de release, alors comment c’était ?

C’était fantastique, en fait ! C’est probablement la première fois que je suis aussi excitée pour un album et après sa sortie. Les retours ont été vraiment très positifs et ce que j’ai lors des release shows, c’est que nous avons joué de nouvelles chansons et le public connaissait déjà les paroles. La foule chantait en choeur, ce qui était fou à voir parce que je ne pense pas que ça m’était jamais arrivé auparavant. Alors oui, tout a été très positif jusqu’à présent, c’est super !

C’est génial ! Avez-vous des attentes particulières avec cette nouvelle sortie ?

J’espère le meilleur, évidemment. Chaque fois qu’un groupe sort un nouvel album, il y a toujours cette anticipation de voir comment les fans et les auditeurs en général vont le recevoir. Et il semble que c’est le meilleur feeback que nous ayons jamais eu. Beaucoup de gens disent que c’est notre meilleur album. Donc, nos attentes sont de plus en plus grandes à cause de cela. Maintenant, nous espérons tourner autant que possible et visiter des endroits que nous n’avons jamais visités auparavant, peut-être et… Ouais, nous espérons vraiment le meilleur !

Plus à propos de l’album maintenant. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai entendu « In Vertigo » c’était : OMG ça me rappelle les débuts de The Agonist, pour ainsi dire ! Et j’étais vraiment excitée à cette idée. Tu en penses quoi ? Etait-ce un choix délibéré de revenir aux racines du groupe ou c’est arrivé comme ça, pendant le processus de création ?

Je pense que c’était une combinaison des deux. Je pense que tout le monde dans le groupe a eu le sentiment que pour cet album, nous devions rester fidèles à nous-mêmes et faire ce qui nous semble naturel. Et c’est ce que je pense, comme tu l’as mentionné, qu’il y a des éléments d’anciens albums, peut-être mélangés à quelques nouveaux éléments aussi. Et je pense que c’est un son très mature pour ce groupe. C’est la direction qui nous convient et vers laquelle nous devrions nous diriger à partir de maintenant. Et pour moi, c’était vraiment un défi parce que les chansons étaient plus lourdes et plus rapides que tout ce que j’avais fait au chant jusqu’à présent. Mais c’était aussi très gratifiant. Je veux dire, quand je terminais une chanson et que je l’écoutais, je me sentais vraiment très bien, très fortement positive. Donc, je pense que c’est un bon sentiment à avoir. Tu sais, quand tu as fini quelque chose et que tu te sens à l’aise et heureuse avec ça.

Oui, je pense que c’est vraiment plus violent que les albums précédents ! Tu viens de parler de ton chant, alors parlons-en davantage. Je suis vraiment très impressionnée et j’ai l’impression que tu fais de plus en plus de choses avec ta voix et je pense surtout aux growls profonds et démoniaques que tu fais parfois, ils sont énormes ! Mais comment as-tu travaillé sur ces nouvelles compétences ? Tu as travaillé avec quelqu’un ?

Non, je suis complètement autodidacte. Je pense que c’est juste que j’ai toujours été très curieuse en tant que chanteuse de connaître les différentes techniques vocales, tant pour chanter que pour crier. Et je pense qu’après de nombreuses années à chanter et à comprendre exactement ce que je fais, j’ai décidé de me concentrer davantage sur mes cris ces dernières années. J’ai observé d’autres chanteurs de metal que j’admire et dont j’adore les compétences, leur façon de crier etc. J’ai ensuite essayé de comprendre comment ils s’y prennent et, comme tout, je pense qu’il est important d’essayer des choses et d’expérimenter. Il faut aussi se rendre compte que ça ne va pas toujours bien sonner au début, il faut y travailler. Et c’est essentiellement ce que j’ai fait. Je pense qu’une combinaison de cette mentalité que j’ai avec le chant et l’écriture de ces chansons-là spécifiquement, ont permis ça. J’ai senti que la musique me poussait à le faire, comme si c’était évident. Je devais le faire, je l’ai fait ! Ça convenait vraiment à l’ambiance d’ici.

Ok, c’est vraiment impressionnant ! On a parlé que des growls, mais tu chantes aussi des parties plus lyriques, si tu vois ce que je veux dire. Tu as aussi travaillé ces parties seules ?

Oui ! Tout ce que j’ai fait est autodidacte ! J’ai l’impression que chanter et crier, c’est un peu comme être actrice, mais avec la voix, tu sais, ton oreille doit capter certaines choses et ensuite tu dois trouver comment les transmettre avec ta propre voix. Et je pense que j’ai toujours eu cette curiosité et que j’aime énormément de genres musicaux différents, donc, bien sûr, j’ai toujours envie de le faire moi-même. Et je pense que cet album était un très bon album pour montrer cette diversité vocale.

Parlons maintenant du processus de création de l’album. Vous avez beaucoup tourné entre la sortie de « Five » et celle-ci, alors comment avez-vous travaillé sur ce nouvel album ? Combien de temps cela a-t-il pris ?

Je ne sais pas pour la musique, parce que de la façon dont on travaille, c’est Danny qui fait la plupart des instrumentaux. Il les écrit à la maison et nous les envoie ensuite. Donc, il m’envoyait constamment des chansons, mais je n’ai vraiment commencé à travailler dessus qu’une fois que j’ai eu neuf ou dix chansons. Là, je me suis dit qu’il était temps de commencer à travailler sur le chant et les paroles. J’ai peut-être commencé vers février 2018 et j’ai probablement fini vers avril, donc ça m’a pris peut-être trois à quatre mois, je dirais, pour faire le chant et les paroles de cet album.

Est-ce que « Orphans » est un concept album ? Sinon, quels sont les thèmes que tu as choisis d’aborder cette fois-ci ?

Ce n’est pas un album concept. Il y a beaucoup d’histoires différentes. Certaines d’entre elles sont basées sur des expériences personnelles ou des expériences avec le groupe. Beaucoup d’entre elles sont basées sur des histoires fictives, des livres et d’autres choses du genre, et certaines sont basées sur des tragédies de la vie réelle qui se sont produites dans le monde. Donc, ce sont juste des chansons différentes et des ambiances différentes. Mais je dirais que le point commun entre toutes les chansons est qu’il y a généralement ce thème très sombre, une sorte de violence sinistre, dans les paroles. On parle de quelque chose de désagréable en général, mais il faut en parler. Et je pense que le point commun est qu’il y a toujours une partie de la chanson qui transmet de la positivité et le sentiment que tout ira bien à la fin de la journée, ce qui est, je pense, le message le plus important qu’on peut transmettre dans nos chansons. Je parle de quelque chose de sérieux et c’est quelque chose à laquelle tout le monde peut s’identifier, mais au bout du compte, je veux donner l’espoir et la foi que tout ira bien.

C’est un beau message ! As-tu déjà une chanson préférée de « Orphans » ou il est encore trop tôt ?

Oui, c’est toujours difficile de choisir. Et j’ai l’impression que plus l’album est vieux et plus on écoute les chansons, plus on réalise lesquelles on préfère. Tu découvres aussi que tu pourrais te lasser, il y en a qui sont plus rapides que d’autres. Je dirais que dans l’ensemble, selon mon goût personnel, je choisirais probablement « Orphans » comme chanson préférée. C’est vraiment très « Vicky », je suppose ! (rires)

D’ailleurs, as-tu une chanson préférée de toute la discographie du groupe, peut-être une que tu aimes chanter sur scène ?

C’est encore plus difficile à choisir. En fait, je dirais que les chansons que nous avons jouées en concert ne sont pas forcément mes préférées, peut-être parce que nous les jouons énormément et parfois on en a marre d’elles. Il y a beaucoup de bonnes chansons live, donc c’est assez difficile à choisir. Si je devais choisir une chanson que j’aime vraiment et que nous n’avons jamais jouée en concert, je pense que c’est une belle chanson, je dirais « As Above So Below » qui est sur « Eye Of Providence ».

Et donc, tu en as marre de certaines chansons, on peut en connaître une ?

Oh tu sais quand je dis que j’en ai marre, je veux dire que je suis juste un peu lassée. Peut-être que les chansons plus anciennes comme celles que je n’ai pas écrites, parce que ce sont surtout celles que nous avons le plus jouées. Mais, je ne sais pas, peut-être « Thank You Pain ». C’est une super chanson, ne vous méprenez pas, mais nous l’avons jouée tellement de fois…

Je comprends, le public s’attend toujours à ce que vous jouiez celle-là.

Exactement ! Et évidemment, au moment où tu la joues, c’est chouette. Mais quand tu le mets sur la setlist, tu es comme : cette chanson, encore ?! (rires)

D’un autre côté, avez-vous travaillé avec de nouvelles personnes les enregistrements etc. pour cet album ?

Non, en fait, pour celui-ci, nous sommes retournés vers notre producteur de longue date Christian Donaldson du The Grid Studio. Et à chaque fois que nous travaillons avec lui, c’est de mieux en mieux. On a ce sentiment d’être à l’aise avec lui parce qu’il est pratiquement le sixième membre du groupe maintenant. Nous voyons aussi qu’avec le temps, il s’améliore de plus en plus dans ce qu’il fait et il nous dit que nous nous améliorons dans ce que nous faisons aussi. Il semble donc que chaque fois que nous faisons un nouvel album avec lui, c’est toujours mieux.

As-tu un commentaire à faire sur l’artwork qui est vraiment sympa mais aussi très simple cette fois-ci ?

Oui, c’était un peu intentionnel. Nous avons eu toute une discussion sur l’artwork par le biais d’une chaîne de courriels et personne n’a vraiment trouvé une idée folle qui convenait à la musique. Et je ne me souviens pas exactement, mais je pense que c’est Danny qui nous a demandé ce qu’on pensait de faire un fond noir basique avec notre logo dessus et d’avoir juste quelques images dans le livret. Et nous avons pensé que c’était la voie à suivre pour cet album, comme pour laisser la musique parler d’elle-même et avoir une pochette appropriée, pas trop flashy ou folle. Peut-être que ce n’était pas la peine cette fois-ci.

The-Agonist-Orphans

Sinon, vous êtes sur le point de tourner avec Jinjer. Comment s’est passé le deal ? Et je suis juste curieuse, mais que penses-tu de leur musique ?

Tout a commencé lorsque nous avons joué un concert avec eux en 2016 en Europe et nous nous sommes tout de suite connectés en tant que personnes et nous sommes restés en contact depuis lors. Nous avions cette discussion depuis longtemps, nous devions tourner ensemble, nous devions faire quelque chose ensemble et c’est tout simplement arrivé : les étoiles se sont alignées et nous avons sorti un nouvel album. Leur album sort très bientôt et nous avons entendu via leur management, qui est le même que le nôtre, qu’ils planifiaient une tournée européenne mais qu’ils n’avaient pas encore de groupe en réserve. Nous les avons donc contactés directement et leur avons demandé et ils étaient très heureux de nous avoir. Alors, c’est génial. Je pense que ça va être une très bonne tournée parce que les deux groupes ont certaines similitudes, mais nous sommes aussi très différents en même temps. Donc, je pense que ce sera bon pour le public, ils vont avoir une ambiance différente avec nous et une autre avec Jinjer, donc c’est plutôt rafraîchissant. Et puis, personnellement, je dirais que j’aime beaucoup leur musique. Je pense qu’à chaque sortie, ils s’améliorent de plus en plus. Et ils ont vraiment trouvé leur propre style qui fonctionne vraiment pour eux, les gens aiment vraiment ça. C’est génial de voir des groupes qu’on a rencontrés grandir, gagner une fanbase etc.

D’un autre côté, il y a un sujet dont j’aimerais discuter avec toi, mais je comprendrai si tu ne le souhaites pas. Malheureusement, tu as vécu une sorte de mauvais buzz récemment. Comment tu t’en es sortie ? Je veux dire, les gens peuvent être horribles et surtout sur internet…

Je pense que c’est une combinaison des deux, tu sais. Lorsque tu mets quelque chose sur internet, ça génère un large éventail de réactions. Il y en aura d’extrêmement horribles, comme tu l’as mentionné, mais il y en aura aussi d’extrêmement positives et d’un grand soutien. Et tu sais, quand c’est arrivé, j’étais ok avec ça. J’ai vu une énorme réaction de nos fans et d’autres pairs de l’industrie, comme les gens avec qui nous avons tourné… Nous ne parlons pas trop, mais ils m’ont contactée et m’ont envoyé des messages et m’ont dit des choses très positives. C’était donc vraiment bon de voir qu’à la fin de la journée, on n’est pas seul dans quoi que ce soit. Comme beaucoup de gens m’ont dit qu’ils avaient vécu des expériences similaires et qu’ils comprenaient vraiment. Alors, c’était vraiment bien. Je ne me sens pas mal à propos de ça. Je pense que tout le monde doit pouvoir être libre et être soi-même et accepter tous les commentaires que vous recevez, qu’ils soient critiques ou positifs lorsqu’ils se présentent à vous.

Ce qui est triste, c’est que tu n’as rien dit de mal et ça a dérapé… Mais heureusement, tout va bien maintenant !

Ouais, c’est le truc classique du clickbait : vous faites une interview complète et ils vont prendre cette petite chose et la faire exploser de façon disproportionnée pour que les gens fassent des commentaires et likent. Mais je m’attendais à ce que cela se produise un jour et ça se reproduira à l’avenir. Tu sais, quand tu es une personnalité publique, il n’y a aucun moyen d’y échapper. Donc, je suis vraiment ok avec ça.

Maintenant, comme nous avons encore un peu de temps, veux-tu prendre une minute pour parler de ta passion pour les puzzles ?

Oh les puzzles ! Je ne m’attendais pas à ça ! Tu as fait tes recherches ! (rires) Mais c’est juste une de ces choses que j’aime faire quand je veux m’échapper de tout. Je ne fais pas ça souvent, ce n’est pas comme si chaque semaine je faisais un nouveau puzzle. Mais je pense que lorsqu’on travaille sur un casse-tête, notre cerveau est vraiment concentré là-dessus et on ne pense pas vraiment dans toutes ces autres pensées. Je pense que c’est une combinaison de ma capacité à me couper de tout ce qui se passe dans le monde, mais c’est aussi un retour à mon enfance et peut-être à l’enfance de beaucoup d’enfants des années 90, avant toute cette ère de technologie. Il fallait faire des choses comme ça, jouer à des jeux de société, faire des puzzles ou à d’autres jeux de divertissement. Donc oui, c’est un mélange de nostalgie et d’évasion de tout ce qui se passe.

Plus sérieusement, veux-tu ajouter quelque pour vos fans belges pour finir cette interview ?

Je veux juste remercier nos fans belges et je verrai tout le monde très bientôt, car nous allons jouer en Belgique. Je me souviens que nous avons joué là-bas et que ça a toujours été fantastique et que le public est formidable, alors j’ai vraiment hâte d’y être. Et finalement, un grand merci pour votre soutien au fil des ans et j’espère que vous apprécierez vraiment « Orphans ».


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Oug'Rock

Oug’Rock XIII : black VS death ?!

Bien que l’Oug’Rock en est à sa treizième édition cette année, c’est la première fois que je m’y rends. Ce petit festival organisé au Centre Culturel de Seraing se déroule sur deux jours et, fait rare de nos jours, il est gratuit !

Le samedi 14 septembre, deuxième jour de festival, c’est le black metal de Sercati (lire leur interview ici) qui est chargé de réveiller les troupes. Malheureusement, je manquerai leur prestation, mais les échos à leur égard sont positifs. Je commence donc l’après-midi avec un autre groupe de black : Absolutus. Les Liégeois imposent directement une ambiance sombre avec des compositions plutôt riches. Cependant, les musiciens semblent réservés sur scène, même si le chanteur principal a tout de même fait une ou deux blagues entre les morceaux. D’ailleurs, l’échange de rôles entre celui-ci et l’un des guitaristes est assez intéressant.

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Sachant que l’été touche à sa fin, c’est un peu difficile de quitter la chaleur de ce soleil radieux pour aller écouter Ilydaen. Néanmoins, l’effort est bénéfique, car c’est une perle qui se produit devant nous. Leur musique, partiellement instrumentale, est originale, fouillée et superbement atmosphérique. Ayant à peine découvert ce groupe, Liégeois également, je suis un peu triste d’apprendre que c’est leur dernier concert avant un long moment !

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Si vous ne saviez pas que Black Bleeding jouait ensuite, c’est que vous êtes probablement sourd, parce que quelques secondes avant le début du show l’inénarrable Balmuzette sort en trombe de la salle, muni d’une cloche et simplement vêtu d’un short, pour donner l’alerte. S’ensuit alors une déferlante de riffs, de blasts et de braillements. Si l’on n’y est pas habitué, ce cocktail explosif peut surprendre. Ennemis de l’humour douteux : fuyez ! Malheureusement, pour des raisons médicales, le bassiste ne peut être présent de corps, mais ses collègues ont veillé à sa présence par écran interposé.

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Après ce set flirtant avec l’absurde, on revient à quelque chose de plus sérieux en matière de death metal avec les Français de Balance Of Terror. J’avais découvert ce groupe en 2018, lors du Dreamer Fest à Saint-Omer et j’avais adoré. Mon ressenti est similaire ce soir. Leur son est puissant, leurs riffs agressifs et précis et l’énergie des musiciens est communicative.

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C’est une tout autre ambiance qui s’installe avec Der Rote Milan. Les Allemands nous emmènent dans les profondeurs avec leur black metal ambiant. C’est puissant mais sombre, lancinant, presque angoissant. La pénombre et la fumée accentuent cet effet.

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Place à une démonstration de death technique à l’ancienne ensuite avec Pestifer qui présente son nouvel album, « Expanding Oblivion », dans son intégralité. Quelle bonne énergie : les musiciens headbanguent dans tous les sens au son des riffs d’une précision presque chirurgicale. Les nouveaux morceaux sont puissants et efficaces, les derniers Liégeois de la soirée nous offrent une superbe prestation. Il n’y a pas encore de date de sortie officielle pour ce nouvel opus, mais j’ai hâte !

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Je trouvais Der Rote Milan dark, mais Cirith Gorgor monte le niveau de quelques crans : maquillage, encens, autel satanique, crânes d’animaux, sang…  Les Hollandais sont à fond dans leur concept. Mais la musique n’en est pas moins mauvaise, que du contraire ! Je suis complètement transportée par leur musique et ne peux détacher mon regard de la prestation. Envoûtant !

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Vous l’aurez compris, le bilan est encore très positif pour cet événement ! Selon moi, le son était très bon et je n’ai rien à redire concernant les lumières. L’ambiance était super et ça m’a fait vraiment plaisir de voir plein de petits potes, ainsi que de rencontrer de nouvelles personnes. J’adore ce genre de festivals ! Bravo à l’Oug’Rock auquel je souhaite encore de bien belles prochaines éditions !


Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Une soirée mortelle à Mons : Nile, Hate Eternal, Vitriol et Omophagia

Depuis la fermeture du Cercle à Chapelle-lez-Herlaimont, il faut reconnaître que cela faisait un moment que nous n’avions pas profité d’une grosse affiche en terres wallonnes. Ce soir, ce sont des pointures du death metal qui s’apprêtent à faire trembler les murs du Lotto Mons Expo, disposé en petit club pouvant accueillir plus ou moins 300 personnes. L’endroit est cosy, l’accueil par le staff est ultra sympathique, tant à l’entrée qu’au bar.

On ne commence pas la soirée dans la finesse, même si les Suisses d’Omophagia sont fringués comme des gentlemen. Les riffs sont précis, acérés, comme le regard du chanteur qui pourrait nous sauter dessus à tout moment pour nous bouffer. Le groupe vient de sortir un nouvel album, « 646965 », et leur court set leur permet d’en présenter quelques morceaux.

Omophagia

Et on ne s’arrête pas en si bon chemin avec les Américains de Vitriol, déterminés à nous coller une tarte monumentale en pleine figure. Mais quelle violence ! Les guitares sont d’une agressivité sans pareille et même si le batteur pourrait passer entre une affiche et un mur sans la décoller, ses blasts sont absolument monstrueux. On apprécie aussi le duo de voix qui apporte de la variété au set.

Vitriol

On accueille à présent un monument du death metal, Hate Eternal, mené par le charismatique Erik Rutan. Le trio balaie la discographie du groupe une heure durant et joue avec une précision rare pour du live. Le public semble ravi. Cependant, la prestation me paraît froide, la communication entre les musiciens étant inexistante. C’est très étrange à observer, d’autant plus qu’il y a très peu de mouvement sur scène. Aussi, le son d’une seule guitare me paraît peu. Enfin, le plus important est que les fans présents aient passé un bon moment à proximité du groupe.

Hate_Eternal

Le temps passe toujours trop vite quand on s’amuse ! En effet, c’est déjà l’heure de la tête d’affiche, incarnée ce soir par Nile et ses ambiances égyptisantes. Mais pas question de danse du ventre ici, c’est plutôt le moment de la bousculade en cadence. L’équilibre entre l’agressivité et les mélodies est parfait et une belle ambiance se dégage de la musique. J’aime aussi beaucoup la répartition des voix entre les deux guitaristes et le bassiste. Même si le groupe propose une setlist variée, permettant de balayer sa discographie conséquente, l’accent est naturellement mis sur la présentation du nouvel album à paraître en novembre : « Vile Nilotic Rites ».

Nile

Personnellement, j’ai passé une très bonne soirée. Le seul point négatif que je relève est l’accès un peu sportif au photopit qui consistait à devoir se faufiler entre les barrières de sécurité. Autrement, les avis divergent beaucoup quant à la qualité du son, certains parlant même de gâchis… Problème technique ? Plafond trop haut ? Le mystère reste entier.